• CHouQueTTe & BéBé...

    CHouQueTTe & BéBé - MyLHeNN...


                                    ...Mylhenn sort à peine de l'adolescence lorsqu'elle fait la connaissance de Christian. Celui-ci devient rapidement son époux. Le côté pervers narcissique, manipulateur et cynique de son mari se révèle dès les premiers jours de leur union, mais il est trop tard pour faire machine arrière. Dès lors, servant de punching-ball à cet homme selon ses contrariétés ou ses délires, la vie de Mylhenn est un cauchemar. Pendant plus de trois ans, celle-ci subira un enfer façonné de coups, de lubies et de harcèlement moral dont l'accable jour après jour son compagnon. Une dernière et cruelle agression la laisse pour morte et la libère enfin de cet homme dangereux. S'ensuivent de longs et douloureux mois en centre de rééducation, au terme desquels, totalement désemparée, Mylhenn s'expatrie en Amérique du Sud. Elle fuit afin d'échapper à ceux qui à leur tour, veulent la punir, la rendant responsable de l'incarcération de son mari. S'ensuit un parcours initiatique jalonné d'errances sans fin et emplies d'extravagances risquées. Elle s'octroie dix-sept mois de totale liberté qui ne parviendront cependant pas à apaiser les stigmates profonds qu'ont laissés les coups sur son mental. Cauchemars et panique l'assaillent à nouveau dès son retour en France. Arrachée à sa Provence natale pour des raisons de sécurité, elle se sent perdue et adoucit son mal-être pendant un temps parmi les gens de la rue. Un hasard bienveillant lui fera croiser la route de son âme sœur, sa jumelle de cœur, mais son bonheur sera de courte durée. Sonia meurt un matin de juin, laissant Mylhenn totalement effondrée. Puis, de drames en heureuses rencontres, elle reprend peu à peu courage et entreprend avec difficulté de s'intégrer au monde qui l'entoure. Au terme d'une affligeante ''liaison'' virtuelle,  honteuse d'avoir agit comme une personne qui n'était pas elle, Mylhenn prend conscience de sa passion pour l'écriture. Elle parvient enfin à se projeter dans l'avenir et nourrit le rêve de devenir écrivain. Malgré un diagnostic inquiétant  qui assombrit soudain son avenir, celle-ci se lance courageusement dans un cycle d'études littéraires couronné de succès après deux années de labeur intense. U
    n héritage opportun, lui permet de se réapproprier ses racines, puisant la force nécessaire à sa véritable reconstruction dans un passé tourmenté qui remonte à sa plus tendre enfance. Elle reprend goût à la vie sous l’œil bienveillant de son ami Sam qui, tel un grand frère, veille sur elle avec patience et philosophie. Sous forme d'un journal intime virtuel, aidé d'un langage écrit qui lui est bien particulier, elle va se confier régulièrement et sans concessions aux anonymes qui suivent sa page. ''Chouquette'' y narre un quotidien fait de doutes et d'espoir, de réminiscences chagrines et de situations cocasses, entraînant les lecteurs dans un monde saupoudré de fantaisies épicées.''Bébé'', son complice des bons et des mauvais jours depuis sept ans, la conduira-t-il vers cette sérénité à laquelle elle aspire tant? Le parcours atypique de cette jeune femme pourrait bien confirmer qu'inévitablement la vie reprend ses droits, quelles que soient les blessures qu'elle nous inflige...                                                                                         

  •    

     

     


  •  

     

       …Le grand jour est dans moins d’une semaine.  Je ne parviens plus à contenir mon impatience!

    Je commence à trouver le temps long sans Mon Fripon qui sera de retour dans la soirée de mercredi, ce sont ses frères qui passeront le récupérer à l’aéroport. Nous n’aurons pas vraiment la possibilité de nous retrouver car la famille nous a concocté un emploi du temps ou traditions et innovations vont se rencontrer. Je m’attends déjà au p… à l’inventivité de tou(te)s. Papa J m’a carrément banni du domaine jusqu’à samedi matin. Ensuite je vais être consigné à l’intérieur avec interdiction de m’approcher des fenêtres qui donnent sur l’arrière de la maison. De plus, Bébé et moi devrons faire chambre à part pour notre dernière nuit en tant que ‘‘célibataire’’. De toutes ses exigences, il en ressort qu’en cochant la liste des préparatifs, je me suis rendu compte que tout était prêt. La famille a abattu un sacré travail et je dois le reconnaître, sans eux je ne me serais pas aussi bien débrouillé. Les cousines sont venues chercher nos tenues afin qu’elles soient impeccables pour samedi. Je les sens un tantinet excitées toutes. Lors de mon enterrement de vie de jeune fille, elles sont décidées à me faire exécuter la danse des sorcières autour de la fontaine du village, uniquement vêtue d’une longue chemise -comme celle des condamnées au moyen-âge- et parée d’une couronne de fleurs blanches. Je les ai calmées. Je veux bien me rendre ridicule pour la bonne cause, mais il est hors de question que je me balade en vêtement de nuit sous les regards des villageois déjà trop contents de bavasser sur mon compte. Depuis le temps, il en est encore qui me nomment ‘‘la rescapée’’, c’est sympa! Je ne sais pas si je gagne au change, car il en est une qui n’est pas triste dans le genre, Fortunée! Je vais devoir faire le guignol devant… boh après tout il n’y aura que mes amies et mes cousines. Les garçons vont perpétuer la tradition en un lieu que Sam a refusé de me dévoiler. Sans doute de peur que je ne le révèle à Bébé. Je m’inquiète un peu pour Hylam et Sodishan, quoi que, ils sont parfois surprenants dans certaines de leurs conversations. Ashanti est très ‘‘européen’’ et il ne craint pas les blagues de potache. Bébé tenait absolument à ce que le frère de son meilleur ami soit présent. J’avoue que la présence de Penjÿ aurait enjolivée notre fête. Je sais que Bébé versera de grosses larmes dans son cœur en pensant à lui, tout comme moi pour ma Sonia. Il faut que je fasse des efforts de communication avec les frères de Bébé si je ne veux pas passer mon temps à pester contre leur côté ‘‘balai dans le Q’’ comme dit Patricia. Je vois bien Bébé affublé d’une corde autour du cou, occupé à passer la frange espagnole pour débuter les festivités de leur journée de machos. Mon pain d’Épice, comme il me manque…

    Pratiquement toute ma famille de la rue a répondu présent à l’invitation. Sauf Martine qui ne viendra pas car elle a de gros soucis de santé, mais elle pensera très fort à nous. Anne, Carlos et Livianne nous rendrons visite plus tard, la petite -sept mois- craint la chaleur. Je crois aussi que, tout comme moi, Anne craint de se retrouver en société. Qui a dit que retrouver une vie stable après avoir été SDF était simple? Les séquelles sont nombreuses et il arrive que d’aucun(e)s aillent pendant un certain temps, chaque jour, en pèlerinage à leur ancien squat. Fortunée m’avait expliqué qu’elle ne parvenait pas à faire sa vaisselle dans son évier, tous les matins elle se rendait à la petite fontaine du square avec sa cuvette.  Je me qualifierai d’ancienne SDF d’opérette parce que j’avais choisi ce mode de vie pour me cacher, mais quelque part en moi, j’ai un regret du temps où je me contentais de peu de chose. Page tournée. Quant à Amhed, il nous a fait parvenir un superbe présent. Ses six enfants -dix-neuf petits-enfants- ont organisé un séjour dans un grand parc d’attraction pour son anniversaire, et cela tombe pile pendant notre mariage. La grande ruée des ‘‘charlies’’ se fera dans la journée de jeudi et dans la foulée, la soirée de Bébé et la mienne. Vendredi l’on nous octroie avec générosité quelques heures en amoureux. Qu’est-ce que ça cache? Ils vont probablement mettre la barre très haut…

    Je ne sais pas où placer tout le monde à Palavas? J’envisage de louer un grand marabout, mais je dois demander une autorisation à la mairie puisque nous sommes en bord de mer et… it’s too late! Le mieux sera la ‘‘Petite Paix’’, mais cela fera plus de route pour nous rendre au domaine. J’ai réfléchi, ceux qui craignent la promiscuité d’un camp de fortune iront s’installer au petit hôtel près du camping. Mike nous réserve toujours quelques chambres pour les clients de dernière minute. Patricia et Fortunée prennent l’intendance en mains dès leur arrivée m’ont-elles dit et elles rejoindront les tantines au domaine pour la suite. Ça promet, le vin d’honneur risque d’être épicé. Comme il faut bien nourrir tout ce petit monde en dehors du repas de mariage, Flo m’a empli le réfrigérateur et les deux congélateurs. Au cas où il y aurait de l’incruste à ‘‘Phébus’’, je suis paré. Aux dernières nouvelles Hailie sera accompagnée par Annet la nurse de Terrence et Camilla. L’épouse d’Hylam a en charge les enfants qu’elle parraine à l’orphelinat pour dix jours pendant les grandes vacances en août. Elle n’a pas eu son mot à dire pour la date d’accueil. Aussi, soit elle restait en Angleterre, soit elle obtenait une dérogation pour emmener les petits. Je vais donc faire la connaissance de Francis, Peter, dit Puppy, Mérédith et Rudyard, un petit bout d’à peine trois ans. D’où la nurse. J’aurais aussi la satisfaction de supporter les humeurs destructrices de Camilla la peste de service. Il est vrai que miss Annet se fait obéir au doigt et à l’œil, alors tout devrait bien se passer. Terry est le témoin de Bébé pour la cérémonie, mais vu son âge il m’étonnerait fort qu’il soit invité vendredi. Donc nous lui avons réservé sa journée pour une visite du parc du levant et un stage de paddle, il va adorer. Sa mère aussi je n’en doute pas! Mes oncles vont se faire un plaisir de la ‘‘débalaisé’’ si vous me comprenez. Ils me rendent un peu brelot tous autant qu’ils sont à jouer du yoyo avec ma liste d’invités. Le traiteur veut confirmation ferme au plus tard mardi et je passe mon temps à modifier ce fichu listing. Ce sera menu enfants ou coquillettes pour tous les clampins, -retardataires- na! Ce matin, papa J m’a demandé de ne pas chercher à comprendre et de lui confier un sac avec quelques affaires de rechange pour mon chéri. Il ne veut toujours pas me dire où ils comptent se rendre? J’ai comme dans l’idée que Bébé va souffrir vendredi. D’ici à ce que Laurent -le boy friend de ma cousine Audrey- déguisé en policier sexy débarque au saut du lit pour m’arrêter et me faire passer une tenue orange de prisonnière USA, il n’y a qu’un pas.

    Je commence à stresser car je sais qu’ils ont l’imagination débordante du côté de la famille de Mr J…


    1 commentaire
  • ...Lors de mes séjours en ''thérapie'' ponctuelle, je devais assister à des séances collectives. Le texte qui va suivre m'a été inspiré à la suite d'une révélation particulièrement douloureuse de l'une des participantes aux travaux de ''largage''. C'est ainsi qu'est nommé le fait de confier -à une assistance restreinte- le vécu d'épreuves passées. En écoutant les supplices qu'avaient subi cette très jeune femme, j'ai pris conscience que malgré les coups, les cris, le rabaissement et le chantage dont j'avais été victime, je n'étais pas l'une des plus à plaindre. Le texte brut écrit par le passé a disparu au profit de celui-ci. Il est tout aussi déstabilisant, je me devais d'en garder les termes populaciers afin d'en faire ressortir la cruauté. Violentée et humiliée cette personne avait déjà fait deux tentatives de suicide lorsqu'elle a rejoint notre groupe. Il lui a fallu beaucoup de courage pour se livrer à nous...

    ...Ce Jour où ma vie est devenue cauchemar,
    il avait voulu que je passe cette tenue qu’il venait de m’acheter.
    Il la trouvait sexy, alors qu’elle n’était qu’obscène.
    Pendant une dizaine de minutes, le regard concupiscent il m'a observé.
    Il s’est levé afin d’installer des coussins sur le lit, Son regard devint invite.
    Et je compris aussitôt ce que cela voulait dire.
    Je ne devais pas discuter, mon corps était son joujou
    Ses lèvres sur les miennes il a commencé à me caresser,
    Puis son sexe contre ma hanche m'a éclairé sur ce qui m'attendait.
    Il m'a poussé avec brutalité sur la couche, il s’est emparé de mes chevilles,
    et il m’a attiré brutalement à lui, puis il a glissé une main entre mes cuisses.
    Á peine eut-il ôté son pantalon qu'il m'a arraché ma petite culotte.
    "Ma salope je vais te baiser" furent ses tendres mots d'amour.
    En moi il entra brutalement en grognant comme un animal.
    "Petite pute tu es bonne" dit-il en me badigeonnant de son sperme.
    Puis il me retourna sur le ventre et frappa mes fesses en riant.
    Presque avec douceur il glissa un coussin sous mon ventre.
    Puis un autre et mon fessier fut bien en vue à sa disposition.
    Aucun son ne sortait de ma bouche car il aurait pris sa savate.
    Il effleura lentement ma croupe de son sexe avide et mouillé.
    Puis il agrippa mes hanches et s'insinua très profondément.
    "Hurle fort petite pétasse sinon je défonce ton joli cul après"
    Mes gémissements n'étaient pas simulés car il me faisait très mal.
    Il me lima pendant une éternité, cherchant uniquement son plaisir.
    "Viens me sucer petite putain, ta chatte est sèche comme le foin,
    je n’arrive à rien’’. Il jouait du tam-tam sur mes fesses pendant que je le pompais.
    Puis il me fit rouler sur le lit dès que son jus inonda ma bouche.
    "Je vais te sauter putasse et mets-y de la bonne volonté cette fois"
    Ainsi encouragée, je le laissais me torturer en remuant des hanches.
    Essoufflée, humiliée je tentais de resserrer mes cuisses souillées.
    "Laisse-moi regarder ce petit cul que j'ai chauffé. Je veux le lécher"
    Il me souleva en passant mes mollets par-dessus ses épaules.
    M'ayant bloquée il se mit à me fouiller de sa langue vorace.
    Tétant mon bourgeon, aspirant mon nectar et se vautrant entre mes plis,
    Il parvint à me donner cet orgasme que lui-même était incapable d’atteindre.
    J’en étais presque reconnaissante, apaisée d'avoir été baisée.
    J’allais enfin pouvoir être tranquille et faire une toilette bien méritée.
    Un sourire satisfait barrait ses lèvres tandis qu’il me regardait entrer
    dans la salle de bain. Il semblait persuadé que j'avais apprécié...
    "C'est bon les gars vous pouvez entrer, j'ai ouvert le passage elle est à vous"
    C’est alors le schéol m’a englouti…


    votre commentaire
  •    …Qu’il est doux de se laisser vivre en attendant le grand jour! 

    Pendant une semaine, je me suis nourri uniquement de raisins, de melons, de pastèques et de tomates! Et je devais être la seule à porter une tunique à manches longues en plein cagna. La canicule, connais pas! Entre frissons et sudation, je n’arrive plus à stabiliser ma température corporelle. J’ai toussé pire qu’une tuberculeuse en sanatorium et j’ai un mal d’estomac pas possible à cause des antibiotiques. Rassurez-vous, à part cela tout va bien! Quoi qu’il se passe, je deviendrais madame Bébé dans dix jours! Je ne lui ai pas parlé de mon pneumocoque, il serait capable de rentrer illico, ce serait ballot vu qu’il revient dans huit jours! Lors de notre avant dernière connexion ‘‘Skippie’’, Ma Canaille m’a trouvé très pâle et ma toux l’a alarmé. Droite comme un i, je lui ai affirmé que c’était à cause de la chaleur parce que j’avais un peu trop abusé de la clim. C’est passé comme une lettre à la poste. Cela dit, il peut parler. Sa barbe le fait ressembler au prophète fou dans ‘‘Tintin et l’étoile mystérieuse’’ et je sens qu’il va me revenir avec la chevelure de Radagast le brun en prime! Ses joues sont… creuses, le riz- poisson-épices quotidien commence à le perturber. La purée de lentilles ou de patates douces, les haricots en sauce avec du poulet ‘‘allégé’’, cela commence à bien faire aussi. Les gallinacées sont au régime là-bas. Les petits pains de mademoiselle Françoise lui manquent m’a-t-il dit. Avec des mangues, bananes, melons et noix de coco râpée en guise de dessert depuis un mois, il va me faire une déprime au retour, ça c’est sûr! Il tente de me le cacher, mais je le trouve au bord de l’épuisement. Comme à chaque fois, il se donne à fond et oublie de penser à lui. Je crois qu’il se fait du souci pour sa Chouquette également, je me demande maintenant s’il a vraiment cru à mon bobard? Les garçons ont prévu son enterrement de vie de garçon la veille du mariage soit le lendemain de son retour. Ils vont finir par me gâcher ma nuit de noce tous, lui y compris! Je me fais rare car je me repose avant la grande fête afin d’être au top. L’écriture me rappelle à elle et je passe -quand il fait moins chaud- une heure ou deux à travailler de nouveaux textes dont vous aurez la primeur en septembre et je lis, je lis, je lis! Je ne tousse presque plus…
    Vendredi, il faisait trente-cinq sur la plage et en rajoutant du bain mousse dans l’eau, la mer se serait transformée en baignoire géante. Des imprudents qui tentaient le large en croyant y découvrir l’Alaska ont monopolisé les sauveteurs. Ceux-ci ont été obligés de secourir quelques-uns de ces imbéciles qui, voulant braver le courant du chenal, s’étaient trop éloignés du bord. Ensuite ils leur étaient impossible de revenir! L’amende a dû être salée, d’autant qu’au tableau du poste de secours, un placard indiquait le danger. Cela m’a amusé un temps, puis mes yeux se sont posés sur deux gamins au comportement ignoble. Toute une génération de psys s’entend à dire que les gosses qui arrachent les ailes des mouches à cinq ans, lapident les oiseaux à dix ans et enterrent des chats vivants à treize sont des psychopathes en devenir. Qu’en est-il de ceux qui se cachent pour torturer leurs proies? Or donc, les minots -douze, peut-être quatorze ans, mais pas plus- chassaient les gros crabes qui, portés par les rouleaux, s’échouaient près des rochers. Ils collectaient ceux qu’ils attrapaient dans un seau en plastique transparent et semblaient ravis. Jusque-là rien de terrible me direz-vous? J’étais certaine qu’une fois leur pêche terminée ils allaient s’en servir avec un malin plaisir sur la plage pour agacer les cousines, les copines, les frangines -un certain lyrisme me gagne parfois- puis remettre les bestioles à l’eau. Au lieu de cela, ils se sont dirigés vers le sentier près de la piste cyclable, bien à l’abri des regards -sauf du mien car ils ne pouvaient pas m’apercevoir d’où je me tenais- et ils se sont acharnés sur les pauvres bêtes. L’un après l’autre, ils les sortaient du seau, arrachaient les pattes des crustacés, puis les regardant gigoter de douleur, les laissant ensuite pourrir au soleil. Munis de pierres coupantes, ils en écrasaient d’autres, perforaient leur carapace en riant à s’en faire exploser la vessie. Ces saloupiots ont même essayer d’en faire flamber un avec un briquet. Les deux guignols trouvaient cela vraiment rigolo. Franchement? Cela m’a donné envie de vomir! S’ils s’étaient dissimulés, c’est bien parce qu’ils savaient que ce qu’ils allaient commettre était mal non? Que pouvais-je dire, ce n’était pas à moi de faire le gendarme, mais tout de même. Lorsqu’ils sont passés en contrebas de la terrasse, ils ont compris que j’avais suivi toute la scène. Un éclair quasi venimeux dans les yeux, ces petites racailles m’ont défié du regard, espérant un commentaire de ma part. Ils ont été déçus, cela aurait été leur faire trop d’honneur. Samedi, j’ai eu droit à la visite de Sam et Édith. Ils se rendaient à Mauguio afin de récupérer leurs amis jordaniens. Du coup je les ai invités à venir passer le lendemain avec moi. Nous sommes allés profiter de l’air du large avec mon cousin Gérard. Il est vrai que l’eau était rafraîchissante à souhait, pas comme la ‘‘soupe’’ du rivage. Toutefois, tenant à être présente aux côtés de Bébé le jour de mon mariage, je n’ai fait qu’y tremper mes orteils. Une salade de tomates aux petits ampuisais verts et oignons blancs, des tartines de bûches chèvre avec du miel et herbes de Provence et un crumble cru aux fruits de l’été, Édith nous a concocté un super pique-nique. Ce devait être le premier vrai repas que je faisais depuis une semaine. Bien obligé, Évelyne a menacé de cafter sur mon ‘‘anorexie’’ au retour de Bébé. Ma cousine est une salle bête na! Certes je ne me nourris pas correctement, mais entre toux et nausées il m’était difficile de prendre un repas complet. Il ne s’agirait pas non plus que ma tenue godaille…                                                          Alors que la météo hurle à la canicule, le front de mer a frôlé la catastrophe dimanche soir vers vingt heures. En l’espace de quelques minutes, le ciel s’est chargé de nuages inquiétants. Certains étaient bordés d’un halo blanchâtre, je n’avais jamais vu cela. Des éclairs bleutés se sont mis à zébrer l’horizon et le vent s’est soudain levé avec fureur. De la terrasse où nous nous trouvions, l’on apercevait les gens qui fuyaient la plage en toute hâte. L’on aurait dit qu’un mur de sable assiégeait l’avenue. Les rares gouttes énormes qui marquaient la plage se sont transformées en déluge. Le tonnerre grondait méchamment. La toile d’un auvent de caravane nous est passée sous le nez ainsi que des bouées, un parasol désarticulé et une énorme branche de pin. La tempête a duré plus de quarante-cinq minutes. Au matin j’ai appris que le camping avoisinant avait été rudement touché. Des vacanciers ont dû être hébergés dans une salle spéciale pour le reste de la nuit. Heureusement, rien d’irréparable. J’aime les lendemains d’orages car la mer est d’huile et il règne une odeur marine exquise comme si toute la pollution du monde avait été balayée. 

    Huit heures du matin et déjà trente degrés! Je me sens mieux…


    votre commentaire
  •  

       …L’orage gronde au loin, alors que nous, nous séchons sous un petit trente-cinq!

    Je crains déjà énormément le froid, dès douze degrés c’est le pôle Nord pour moi. Mais je crois que la chaleur c’est encore pire. Palavas est un four. Depuis quatre jours et nous avons plus de trente-trois degrés en journée et la nuit la chaleur stagne, à tel point que même la brise qui vient de la mer ne rafraîchit pas. Et je me plains encore! Je dois vous dire que je suis très fatiguée et, ne voulant pas prendre le risque de faire faux bond au marié le jour venu, je suis allé m’installer -Flo les a appelé- auprès des tantines. Je dois mettre mes lunettes de soleil jusqu’à point d’heure tellement mes yeux me font souffrir. Je ressemble à un lapin albinos me dit Mam’adeine. C’est sympa. En toute innocence je pensais que c’était à cause des rayons mordants du soleil, mais lorsque mes talons se sont mis de la partie, j’ai compris qu’une crise s’annonçait. La nouveauté c’est qu’à présent, en dehors de ce fichu piranha qui dévore mes articulations, j’ai un point lancinant dans une fesse. La dose d’anti inflammatoires ne me soulage plus, ni mon tapis. J’ai aussitôt appelé l’infirmière car j’avais beaucoup de mal à respirer, m’imaginant déjà que mon cœur faisait à nouveau des siennes. Ma cage thoracique est comme rouillée! Bingo, me voilà sous perfusion car je risque une pneumonie? En plein été? J’en ai déjà eu une il y a quelques années, c’est costaud. Je ne tousse pas? Je suis essoufflé, j’ai mal à la tête, à la poitrine… de partout en fait. Je ne me suis même pas aperçu que j’avais de la température et que mes ganglions étaient enflés. La personne qui pratique régulièrement mes soins, Anne, est très réactive et j’ai une grande confiance en elle. Le médecin a confirmé…

    Je me repose en lisant et en rêvassant du jour prochain où je serais uni à Ashlimd. Je suis à la fois inquiète et impatiente. Je vais laisser Ma Canaille dans l’ignorance de mon souci de santé. Je sais que ce n’est pas honnête, mais il s’alarmerait et serait capable d’écourter son séjour. Je ne veux en aucun cas priver ces gens de ses compétences, ils comptent sur lui. Les tantines sont adorables, je le reconnais. Deux mères poules qui couvent un unique poussin, -les leurs se sont éloignés du nid il y a bien longtemps et elles ne parviennent plus à les regrouper, rires- cela en devient fatiguant pour ledit oisillon. Je me suis retiré dans la maison de bord de mer afin de goûter au charme de l’isolement. Cinquante-trois minutes après mon installation, c’était monsieur J qui venait me casser les pieds. Ceci est une façon de parler bien sûr, il s’inquiète d’autant plus qu’il n’est pas totalement instruit de l’évolution possible de ma maladie. Je ne me sentais pas de lui faire un exposé sur la spondylarthrite ankylosante, étant moi-même assez préoccupé par mon état. Je l’ai rassuré du mieux que je pouvais. Une bonne dose de respect envers lui a dû croître en moi puisque je l’ai accueilli avec gentillesse. De la véranda, nous nous sommes distraits en observant les vacanciers sur la plage. Je sais maintenant d’où me vient cet esprit mordant, voire médisant. Malgré sa soixantaine bien engagé, papa est resté très soigné de sa personne. Selon lui, l’on se forge le corps que l’on mérite. Il n’admet pas que l’on se laisse aller et ses commentaires sur les papy-bières me rendent le sourire. Il est certain -je ne désire pas brocader les vacanciers, mais c’est une réalité- qu’il y a beaucoup plus de ‘‘jésus cuits’’ que de ‘‘brindilles sèches’’ sur le sable. Cela dit du moment que la personne se sent bien dans ses baskets… papa ne voit pas les choses ainsi. Un grand merci aux deux gamins -quatorze ans, pas plus- qui se roulaient des pelles à l’abri des rochers, ils ont coupé court à la diatribe contre les obèses par choix dans laquelle se lançait monsieur J. Euh… mononucléose?, MST?, chlamydiae?, stop papa, je n’ai plus quinze ans bondieu! Pour ce qui est du relationnel et de la conversation, papa a encore du boulot. Je lui ai parlé d’une rencontre que j’ai faite au village et là, je n’ai pas su s’il fallait en rire ou ignorer ses remarques. Je viens de m’apercevoir que mon père est une véritable commère et… ça me plaît!

    Certains des habitants du petit bourg ont reçu les invitations au vin d’honneur qu’a envoyé mon père. Les commères ont commenté à langues déliées l’évènement du siècle lors de leur sieste en bande organisée si bien qu’à présent personne ne peut ignorer que je vais convoler en justes noces. En revenant de chez mon fleuriste je suis tombé sur la jeune génération des jacasses, à savoir Isabelle. Souvenez-vous la bonne copine qui bavait sur ma BMW. Á peine m’avait-elle aperçu qu’elle s’est approchée de moi en courant.
    - Je suis super contente de te voir Mylhenn! Je voulais te féliciter pour ton mariage, tu as l’air vraiment radieuse!
    - Je te remercie! J’étais abasourdi de l’entendre me complimenter. Ce n’était pas normal.
    - Tu as tiré le bon numéro dis donc! La véritable Isabelle était de retour. Je me disais aussi…
    - Il paraît qu’il gagne bien sa vie, au moins tu n’auras pas besoin de travailler! J’ai préféré rester muette et vexée par mon silence elle a poursuivi.
    - Remarque qu’avec ta famille tu n’as jamais connu les fins de mois difficile toi! Serait-ce que cette teigne commence déjà à radoter à son âge? Elle m’avait déjà balancé cela à la figure la dernière fois. J’allais mettre fin à SA conversation et disparaître lorsqu’elle a changé de sujet.

    - La vieille Sarah dit à tout le monde que vous allez faire une belle fête au domaine?
    - Oui c’est vrai, mais en famille uniquement! Sa question sous-entendait le : pourquoi ne suis-je pas invité? à plein nez alors j’ai pris les devants.
    - Depuis quand t’es-tu réconcilié avec tes parents? Seul mon regard lui a répondu.
    - Excuse-moi, je ne voulais pas être indiscrète!
    - Je dois rentrer Isabelle alors je te laisse, à plus! J’allais la planter là au milieu du trottoir, mais cela aurait été trop facile.
    - Sarah dit aussi que c’est ta famille et toi qui organisez tout? Il existe des professionnels pour cela tu sais? Il y en a même qui sont spécialisés dans les mariages orientaux!
    Je l’ai regardé bêtement -mariage orientaux?-avant de lui répondre vertement.
    - Qu’est-ce que tu veux vraiment savoir? Cela nous évitera de prendre une insolation!
    - Rien, rien, pourquoi le prends-tu avec autant d’animosité? Elle a posé sa main moite sur mon bras en signe d’apaisement, je n’avais qu’une envie, c’était de la voir partir.
    - Je n’aime pas les codes, je veux de l’inédit et mon mari aussi! Je n’ai pas besoin d’un conseiller pour m’aider à choisir des fleurs ou un gâteau! J’aurais du me taire.
    - J’ai fait une bourde, tu n’es plus avec ton asiatique, c’est çà hein? Cela a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
    - La prochaine fois que tu m’aperçois Isabelle, passe loin de mon chemin! Très loin! Et je lui ai carrément tourné le dos pour décamper fissa.
    - Christian a raison, tu es vraiment devenu une sacrée bêcheuse! Je n’ai pas relevé, mais maintenant je sais d’où elle tient les ragots qui la nourrissent.

    Cela a bien fait rire monsieur J qui m’a appris que les parents d’Isabelle ont divorcé il y a un an et demi de cela et que son frère s’est ‘‘fait la malle’’ avec la petite bonne qui remplaçait madame cancan, autrement dit Sarah. Je comprends mieux son aigreur à mon encontre à présent. De potins en rumeurs, de qu’en-dira-t-on en papotages, nous en sommes arrivés sur mon addiction à la vodka. Papa J m’a félicité en apprenant que cela ferait trois ans en septembre que je faisais abstinence. Je mentirais si je jurais n’avoir jamais absorbé une gorgée d’alcool. Parfois je me laisse tenter par un cocktail lorsque nous séjournons dans l’hôtel parisien qui nous accueille Bébé et moi lors de nos escapades. Il m’arrive aussi, lorsque nous recevons des invités à la ‘‘Petite Paix’’ de me servir un verre de vin de Champagne rosé. Cela s’arrête là. Quant à la vodka pure, je n’ai pas vaincu mon addiction, mais je l’ai dompté et je n’en suis pas peu fière. Je reconnais que certaines fois je dois serrer les dents et vite penser à autre chose, mais je n’ai plus besoin d’appeler à la rescousse. J’explique à monsieur J que j’ai commencé à boire quand Christian m’a ‘‘récupéré’’ malgré une injonction d’éloignement, après mon séjour en maison d’arrêt. L’alcool doux amer qu’est la vodka était devenue la panacée idéale pour calmer mon angoisse et mes douleurs. Parfois je devrais tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler. Oooops, je viens de me souvenir qu’il n’était pas au courant de cet épisode de ma vie!
    Je pense que Bébé a dû le briffer sur pas mal de mes infortunes, car s’il ignorait que j’étais allé six mois en prison, il semblait parfaitement au courant de mes dépendances, beuh y compris. En soirée, dès que les derniers ‘‘estivants’’ eurent déserté la plage, papa est allé nous chercher un énorme plateau de petits légumes puis a confectionné un super aïoli. Je me suis gavé de petites asperges vertes, de cubes d’avocats, de tomates cerises et de pain au sésame. Après deux pêches pour dessert, j’étais rassasié. Pourtant cela semblait insuffisant pour monsieur J qui m’a ramené un thé blanc au jasmin pour faire glisser une poignée de navettes qu’il avait grapillée au passage chez les tantines. Heureusement que je ne dîne pas tous les soirs en sa compagnie car je deviendrais vite un… ‘‘jésus cuit’’. Ce matin j’ai une sinusite du diable et je commence à tousser. En consultant mes résultats sur le site du laboratoire –j’ai oublié de le faire hier- qui a effectué mes analyses médicales je crois comprendre que c’est une bactérie qui a forcée mon système immunitaire affaibli par une énième crise de ma S.A. Je suis dégoûté. L’on va m’ôter ma perfusion, mais je vais devoir ingurgiter des tonnes de comprimés. Avec un peu de vodka? Je plaisante.

    Je me suis endormi dans le jacuzzi lundi soir et j’étais ‘‘fraîche’’ en me réveillant…


    2 commentaires
  •    …Il est encore des soirs où ses paroles venimeuses résonnent dans ma tête! 

    Depuis longtemps, je vous dévoile par bribes ce qu’a été mon calvaire entre les griffes de Cricket -joli surnom pour un monstre- mais je n’ai jamais été capable de mettre les bons mots sur ce qui m’est arrivé. Jamais voulu serait plus exact! Bien enfouies profondément dans ma tête, les cicatrices de mon âme tentent de guérir par elles-mêmes. Je crois qu’il est temps pour moi d’exprimer ma colère et ma frustration de n’avoir pas été secouru et protégé efficacement lorsque je demandais de l’aide. Ici je me permets de parler de ma petite personne, mais sachez que tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son compagnon. Ce que j’ai vécu est mon enfer, pourtant je sais que certaines ont subi des sévices encore plus terribles que les miens. Récemment j’ai lu ‘‘Acquittée’’ d’Alexandra Lange et visionné ‘‘L’emprise’’, le film tiré du livre. Je crois pouvoir dire que si une personne a bien mérité son acquittement, c’est elle. Il ne suffit plus de penser à celles nombreuses -ceux- qui souffrent et tentent d’échapper à l’être malfaisant qui les torture. Il faut agir, mais apparemment nos politiques ont toujours d’autres chats à fouetter!

    Or donc Mylhenn vous disiez? La toute première fois -et l’unique- où j’ai essayé de m’éloigner de lui, c’est notre chère puterelle -ce n’est pas une tourterelle- de voisine qui lui a indiqué où je me trouvais. Ensuite… je me suis bien gardé de recommencer croyez-moi. Je vous épargne les détails sordides, mais il possédait une ceinture en cuir véritable dont mes reins se souviennent encore. Je ne viens pas me raconter ici pour faire pleurer dans les chaumières. Ma page est lue et je voudrais que ceux qui la lisent prennent conscience que le drame qui se joue dans ces foyers ne devrait plus -moins- apparaître dans la chronique faits-divers des journaux. C’est en se mobilisant et non pas en se voilant la face que ce fléau diminuera.

    Mylhenn vous vous éparpillez! Non je retarde l’instant où il va me falloir poser par écrits le jour où j’ai failli mourir, le jour où une partie de moi est morte. Ma thérapeute m’a permis d’estomper les stigmates du passé, mais nul ne parviendra à les effacer totalement. Pas même Bébé je le crains. Il est présent à mes côtés, pétri d’empathie et empli d’amour les jours où l’orage gronde dans ma tête. Cela me suffit. Par hasard l’écriture m’est devenu thérapie: elle m’a empêché de sombrer et libéré ma parole. Grâce à cela j’ai pu enfin confier mon parcours chaotique à ma psy. Je reconnais n’avoir pas le talent d’un écrivain confirmé -tu as raison Bébé, je suis une tiny brain- toutefois il ne se passe pas un jour sans que je flatte mon clavier. Je travaille encore et encore car il fut un temps où le champ sémantique et le champ lexical me rendaient dingue. -Oooops, je crois bien l’avoir écrit ‘‘chant’’ quelque part maintenant que j’y pense- A mes débuts, j’ai été encouragé par un maitre -de l’illusion- et je l’en remercie. Son envie pressante de me saut… connaître l’obligeait à m’encenser à chacune des nouvelles créations que je publiais ce qui m’a poussé à me dépasser. Je m’appliquais pour lui faire plaisir -de la daube sera toujours de la daube et j’en étais bien consciente- puis peu à peu, de vulgaires et décousus, mes textes sont devenus corrects et étoffés. Alors que j’avais obtenu mon bac mention AB avec un an d’avance, ma chère Patricia, avec tout son amour de mère, a été obligé de me servir d’institutrice lorsqu’elle m’a recueilli. Je n’avais plus aucune notion de ce qu’était la conjugaison et la grammaire. Mon vocabulaire s’était tellement appauvri qu’à vingt-cinq ans elle me força à lire une série de livres pour enfants. (Alice) J’avoue que cela a été un grand choc pour moi.

    Allons Mylhenn un peu de courage voulez-vous? D’accord allons-y! 

    ‘‘Cricket’’ était la douceur même. Plein de bonnes intentions, il lui arrivait de me boucler dans le réfrigérant pendant une dizaine de minutes afin de me rafraîchir les idées disait-il. Au fil du temps, ses punitions devinrent plus rudes et le pervers qu’il était, poussait la mise en scène jusqu’à me frapper sur la mélodie de l’adagio d’Albinoni. Le moins que je puisse dire c’est qu’il n’a jamais manqué d’originalité dans sa cruauté. Ses crises étaient imprévisibles. J’étais tranquillement assise à réviser mes cours et soudain il arrivait par derrière et il me soulevait par les cheveux et je devais lui demander pardon. J’ignorais pourquoi, mais je le faisais et cela lui donnait l’occasion de m’accuser de tout et n’importe quoi. Après ma mise en détention l’on était parvenu à me faire obtenir une injonction d’éloignement. Seulement qu’est-ce que cela vaut contre une arme chargée que l’on dépose sur ma tempe? Le ‘‘si tu me quittes, je t’explose ta belle petite gueule’’ résonne encore dans ma tête. C’était très dissuasif. Je suis persuadé qu’il aurait trouvé l’alibi parfait afin de se dédouaner. Le jour où il ma marqué au fer -à repasser-
    personne ne s’est posé de question, alors une balle dans la tête cela aurait passé aussi. ‘‘Ma pauvre chérie était souvent dépressive et suicidaire’’…
    Il est certain que j’avais compris depuis longtemps que si je voulais survivre à ma belle histoire je devais m’éloigner de cet amour toxique mais j’étais terrorisé et tétanisé. Et comme cela ne se commande pas, j’ai aimé Christian de tout mon cœur. Je vais écrire le pire, bien que je m’en sois longtemps défendu, une miette de ma petite personne gardera à jamais de l’affection pour celui qui a été mon bourreau. C’est terrible à admettre et j’ai mis des années à en convenir. Son physique s’est un rien alourdi -si peu- mais ses yeux sont toujours les mêmes et je comprends que les femmes s’y laissent encore piéger. Bébé a toujours été conscient qu’une infime partie de mes sentiments subsiste à l’égard de mon ex-mari. Toutefois il sait que je ne suis plus qu’aversion, amertume et ressentiment envers celui que je qualifiais de monstre. Mon monstre. Quelque part je suis encore chagriné de n’avoir pu le changer, ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé. Les nombre de fois où j’ai versé des larmes de sang -Mylhenn, cherchez dans le dictionnaire ce que veux dire pervers narcissique- parce que cela échouait, je ne les compte plus! Christian m’aimait de tous ses coups. Entre morsures, ecchymoses, fractures, gifles, œil poché, côtes cassées, coup de pieds et autres humiliations, il y aurait eu de quoi en écrire tout un poème. Certains lendemains j’aurais été bien incapable de tenir un stylo…

    Pour clore une bonne fois pour toute la ronde des souvenirs, venons-en au jour fatidique où mon tendre ‘‘Cricket’’ a voulu se débarrasser de moi. Lors du procès les avocats a basé la défense sur le fait que mon ex-mari était un sanguin et non pas un meurtrier en puissance. Je vous laisse en juger. A son regard glacial quand il est rentré ce jour-là, j’ai immédiatement su que j’allais souffrir, vraiment souffrir. Sans un mot, il m’a attrapé par les cheveux et m’a jeté au sol puis il m’a roué de coups de pieds. Il s’est mis à m’insulter et répéter que je méritais ce qui m’arrivait. Je suis parvenu à me relever avec peine car j’étais déjà bien sonné. Il aimait me voir pleurer -çà le calmait m’avait-il dit plusieurs fois- alors la souffrance aidant mes sanglots et mes larmes sont devenues intarissables. Mes cris aussi, je voulais me faire entendre des voisins. Pour la peine j’ai reçu deux coups de poing dans la trachée, cette fois-ci mes pleurs énervaient monsieur. La douleur ressentie est imprimée à jamais dans mes neurones. Ma frayeur aussi, en constatant que je ne pouvais plus émettre un seul son. Juste des borborygmes ensanglantés qui m’étouffaient car des caillots de sang obstruaient ma trachée. Du sang j’en étais couverte des pieds à la tête. Je crois qu’à un moment il a tenté de m’étrangler en répétant sans cesse qu’il me rendait au centuple, comme promis, ce qu’il avait reçu -à ce moment-là je ne savais pas de quoi il parlait- Mon instinct me criait de me protéger tant que je le pouvais car cette fois-ci était la bonne: j’allais y passer. Espérant lui faire croire que j’avais perdu connaissance, je me suis laissé choir lourdement au sol. J’ai senti comme une explosion quand mon crâne a touché le carrelage. J’étais sonné mais encore consciente. Ma ‘‘diversion’’ n’a pas calmé Christian, au contraire, il s’est mis à me rouer de coups de pied dans le ventre et j’ai perdu connaissance au moment où son quarante-cinq a explosé mon arcade sourcilière. Il n’avait même pas réalisé que j’étais inconsciente. Comme je l’espérais, les voisins avaient composé le dix-sept et lorsque les policiers et le SAMU sont arrivés il a été surpris qu’ils se déplacent pour si peu. Il a eu le cran de dire que ce n’était pas la première fois qu’il me corrigeait, et que d’habitude je ne faisais pas ce cinéma. J’étais inanimé et je baignais dans mon sang, mais il attendait tranquillement que je me relève. Il paraît qu’il insultait tout le monde, ne comprenant pas pourquoi on lui avait passé les menottes. J’ai appris ceci bien plus tard car l’on m’a maintenu une bonne semaine dans le coma pour résorber un hématome. Lors de mon réveil, c’est en soins intensifs que l’on m’a appris que j’avais échappé de justesse au pire. Mes cordes vocales étaient définitivement détériorées sans espoir d’opération, j’aurais parfois d’épouvantables migraines à cause de la fracture du crâne sévère qui m’avait clouée au sol et jamais je n’aurais d’enfant car une hystérectomie avait été pratiquée afin d’endiguer l’hémorragie interne qui me vidait de mon sang. Je crois me souvenir avoir pleuré pendant plusieurs heures. Le plus tragique dans tout cela, c’est que je m’inquiétais encore de ce qui allait arriver à mon ex-mari alors que moi je risquais de rester paralysé. J’ai pris conscience de mes blessures lors de la première douche -assise- que l’on m’a fait prendre, c’était comme si j’étais passé sous un rouleau compresseur -la stroumphette et la créature du Dr Frankenstein réunies- là le déclic s’est produit, j’ai haï mon cher Cricket de toute mon âme. Alors, avec cette voix démente qui serait désormais mienne, je me suis mise à hurler comme un animal blessé. Mais même cela m’était interdit, il ne sortait de ma gorge que des gémissements désespérés. C’est ce qui m’a été le plus long a accepté. Il est vrai que grâce à l’orthophonie j’ai récupéré un timbre de voix plus gracieux mais je ne suis toujours pas à l’aise lorsque je dois m’exprimer devant des inconnus. La bonne mère m’a évité une vilaine cicatrice à l’arcade sourcilière aussi je m’estime heureuse de n’avoir que des ‘‘empreintes’’ de la folie de Christian dans le bas du dos et sur mon omoplate. Un jour, je pense trouver le courage d’aborder le sujet avec mon agresseur, mais je suis encore trop bouleversé lorsque je le croise sur ma route. Il n’a été condamné qu’à quinze ans de détention, dont cinq avec sursis, Celui-ci n’a effectué que six ans de sa peine. Bravo la justice. Lors de sa récidive -giflé violemment une ‘‘amie’’- il n’a même pas fait le sursis, ils lui ont mis un bracelet électronique avec la reprise de ses obligations de soins. Monsieur J serait venu une fois me rendre visite quand j’étais dans le coma, ensuite… rien! Un brin de culpabilité? Je ne veux pas me prononcer, mais comprenez-vous à présent pourquoi je ne puis faire l’impasse sur cette partie de ma vie? Selon Ash, mon père mérite l’amnistie, pourtant je ne suis pas encore prête à effacer toutes ses années qui certes ont forgées mon caractère, mais ruinées mon enfance et mon adolescence. Le pardon? Il s’insinue lentement dans mes veines. Dans moins d’un mois, je serais l’épouse d’un homme extraordinaire de bonté, d’amour et de compréhension -beau comme un jour de printemps ce qui ne gâche rien- alors je viens de clore le dernier chapitre de ce qui a été ma vie antérieure! Cette partie malheureuse de mon existence n’a plus lieu de paraître dans mes narrations futures. Reset…

    Sachez que suivant l’heure d’été ou l’heure d’hiver, le décalage horaire avec le Sri Lanka n’est pas le même. Il est de trois heures trente en ce moment. Arrivé la veille au soir, Bébé m’a appelé samedi des locaux de l’ONG vers quatre heures trente -heure locale où il se lève habituellement m’a-t-il dit- ce qui fait qu’à une heure du matin, la douce sonnerie -j’ai le sommeil léger- de ‘‘skypie’’ m’a prévenu de la visite virtuelle de Bébé. Nous avons pu papoter longuement. Il a beaucoup de travail, mais il lui arrive de prendre du temps pour lui. Ses interventions ne sont pas répétitives, mais il doit compter avec la chaleur et les pluies diluviennes qui s’invitent sans crier gare! C’est pour cela que ses journées débutent tôt. Vers quatorze heures il n’est plus possible de rester sur cible. Sa famille d’accueil est très attentive à son bien-être m’a-t-il dit. Je suis rassuré. Il a fait la connaissance d’un ingénieur en assainissement, Pierre-Jean, qui participe à la conception du réseau sanitaire des nouveaux villages -dont l’édification n’a débuté que cinq ans après le tsunami qui a décimé des milliers de personnes- situés sur la côte. Celui-ci est plein de ressources et Bébé a plaisir à lui demander quelques tuyaux -sans jeu de mot- pour avancer dans son relationnel avec la population. Ces gens ont énormément souffert et ils deviennent carrément agressifs parfois. Il faut dire que beaucoup d’argent s’est ‘‘volatilisé’’ au moment de la distribution. Par chance Mon Fripon a la bonne couleur de peau. Cela dit entre Sri Lankais et Indiens il arrive que ce soit un peu comme entre chien et chat. Je suis rassuré sur son sort maintenant, alors la seule chose qui me préoccupe réellement, c’est que Bébé soit rentré pour la mi-août!

    Je dois encore réfléchir à la façon dont je vais nourrir mes hôtes du lendemain…


    2 commentaires

  • …Finalement elles m’ont eu à l’usure. Ce sont les tantines qui organiseront le vin d’honneur!

    Ce n’est pas une si mauvaise idée que cela, le traiteur aura plus de temps à consacrer à la mise en place de la réception. Papa J a lancé de nouvelles invitations à mon insu. Ses anciens «collègues» gradés, nos employés -c’était déjà fait, que croit-il?- quelques amis et des voisins proches! Gardons un œil sur la concurrence -rires- Il a tout compris lorsque je lui ai expliqué que la foule m’angoissait. Bref, le connaissant, cela risque de prendre des allures de brunch! J’espère qu’il n’a pas oublié que le banquet fait suite au vin d’honneur? J’admets, je suis l’unique fille qu’il mariera! Il a l’air vraiment heureux -il l’est- de m’avoir au domaine, et je ne suis pas loin de lâcher prise. J’ai laissé perdre tellement de belles années que maintenant je m’en sens un peu coupable. Les tantines ont raison, il paraît dix ans de moins. Cela dit, nous nous parlons encore souvent comme chiens et chats, mais il paraît que c’est normal. J’ai beaucoup de querelles père-fille à rattraper, m’a dit Bébé un soir que nous évoquions de mes rapports houleux avec mon père. De toute façon, avec ma voix éraillée ce n’est plus moi qui crie le plus fort. Cependant une part de moi-même reste sur sa réserve, effrayée d’être déçue une fois encore. Jeudi nous avons eu droit à la visite de Jocelyne. Son infirmière était au bord de la crise de nerfs tellement cette chameau l’a fait tourner en bourrique par ses nombreux caprices. Monsieur J s’en rendait bien compte, mais il faisait celui qui ne voyait rien. Lorsque pour la troisième fois, au cours du dîner la pauvre fille -une jeunette sans trop d’expérience des vieilles peaux- les larmes aux yeux, dut lui changer son verre, j’ai montré les dents, calmement. Paraît-il que des moucherons surnageaient dans le thé glacé de madame. J’ai demandé à la jeune femme de rester à sa place, je me suis levé pour prendre le verre de la Joce avec un grand sourire. Celle-ci piaillait comme une bartavelle -j’avoue, j’ai récemment regardé La Gloire de mon Père- J’ai vidé son verre sur la pelouse et je l’ai rincé avec un peu d’eau. Je l’ai resservi en thé et je me suis assise sans un mot. Jamais papa J n’a trouvé les étoiles aussi attractives qu’à ce moment-là. Nous avons été tranquille pour le reste du repas. Enfin tranquille c’est vite dit, elle s’est mise à renifler comme une gosse que l’on a privé de dessert. Cela va être formidable si elle s’amuse à faire ce genre de pitreries le jour de notre mariage. Maman, même au plus mal, n’a jamais été insupportable à ce point. Certes je suis partiale, mais tout de même...

    Je croise les doigts pour qu’il fasse un temps superbe le jour de notre cérémonie car ils se donnent tous à fond en notre honneur et un repli aux hangars de séchages en cas de pluie serait la cata. Je n’ai plus trop à me fatiguer, ma famille a pris le relais pour la suite des préparatifs, surprises inclues je suppose? Ça y est l’escalier qui conduit à l’étage est reluisant après le deuxième passage des employés de la société de nettoyage. Pendant qu’ils opéraient au rez-de-chaussée, mes oncles et mes cousins ont installés deux gigantesques photophores muraux en fer forgé côté opposé de la rampe. Ils contiennent une vingtaine de godets chacun, godets dans lesquels nous avons disposé des bougies à la citronnelle et à la lavande. Ainsi, suivant l’heure de la journée, nous allumerons ces petits lumignons pour parfumer entièrement notre demeure. Les faireparts et les cartes de remerciements m’ont été livrées au domaine hier par l’imprimeur, les cartons et les enveloppes sont sublimes m’affirment mes cousines. L’effigie dorée et discrète d’un couple en habits de mariés sur fond lavande fait bien son petit effet. Quant aux enveloppes, elles sont scellées à nos initiales avec un petit ruban. C’est top mignon. Les photographies de l’avancée des travaux pour la maison de Sam et Édith me sont parvenues par mail. Ils pensent pouvoir aménager fin septembre. Tout est de plein pied, finalement ils ont abandonné l’idée du rooftop. Sam n’aurait pu y accéder que par un monte-charge du genre de celui que j’ai fait installer à la «Petite Paix» mais cela leur aurait pris une partie de la surface du dressing de leur chambre. Et monsieur a besoin d’espace pour se préparer le matin. Pour tout en fait. Les plans ont été remaniés et l’architecte a élaboré une petite salle qui peut s’apparenter à ce que l’on nomme un atrium. Le plafond -invisible de l’extérieur- aux vitres teintées protège une pièce faite de pierres sèches récupérées sur les cloisons vétustes de l’ancien bâtiment. Un petit bassin intérieur, identique à ceux des anciennes casbahs marocaines, accroche la lumière du toit, c’est très beau. Plus tard, Sam et Édith comptent y déposer de belles plantes grasses. Ils rêvent d’un mur végétal. L’ensemble est moderne et original, j’aime bien, mais ce ne serait pas mon premier choix si j’étais en quête d’un nouveau domicile. Je devine que sous peu la maison de «roulette» va faire sensation au sein du nid de commères des environs! Déjà que son retour au pays fait jaser…

    En règle générale, mon père ne rate jamais le défilé du quatorze juillet à Paris. Il y retrouve ses compagnons d’armes pour une journée souvenir. Cette année d’autres impératifs l’ont contraint à rester au domaine -nous l’avons soigneusement évité car il a été grognon une bonne partie de la journée- et il a passé sa matinée à bougonner devant le téléviseur. Je n’ai pas immédiatement compris de quoi il s’agissait, mais heureusement que papa n’est plus en service car selon lui, le malheureux trouffion qui a foiré le chargement des cartouches, aurait dû être fusillé pour haute trahison. Perso, j’ai trouvé cela amusant. Pour celles et ceux -très rares- qui n’ont pas vu le défilé télévisé, sachez que cette année notre drapeau national a été quelque peu ridiculisé de façon originale. L’un des fumigènes de la patrouille de France a été inversé et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec une bande rouge et deux bleues, trois bandes blanches et trois rouges. Les médias en ont fait leurs choux gras! Dimanche, en fin d’après-midi les hommes de la famille ont regardé la finale de la coupe du monde de foot avec Guillaume et Gilles. Papa J a convié les saisonniers au spectacle. Mon estime pour lui remonte encore d’un barreau d’échelle. Dès le premier but ça braillait et lorsque les adversaires ont marqué à leur tour, je me suis isolé car cela devenait grossier. En fait, je désirais fouiller les vieilles malles ou ont été reléguées les affaires de maman. Je suis ressorti complètement cassé du grenier, sale comme un pou et riche de trésors que je croyais perdus à jamais. Vieux, bleu et emprunté me semble-t-il avoir lu quelque part? Là je pense avoir trouvé tout ce qu’il faut à mon bonheur. Deux à un, on ne les tenait plus, et au quatre à deux, c’est devenu très remuant. Après une bonne douche nécessaire, je suis allé rejoindre les cousines et les tantines à l’arrière de la maison où il faisait plus frais. C’était plus calme aussi. Je commence à apprécier ce cocon familial qui cicatrise mes blessures les plus profondes. Nous avons feuilleté les vieux albums photos que j’ai redescendus du grenier. Maman était si belle. Je ressemble au vilain petit canard à côté d’elle. La marâtre avait certainement raison à l’époque, j’étais le poussin ébouriffé de la couvée. En même temps je me rends compte à présent que je lui ressemble, mais je n’ai pas ce plus -la grâce?- qu’elle possédait. Comme à chaque fois que je me dévalorise, Bébé aurait vite fait de me traiter de «tiny brain» -petite cervelle- s’il était là. Et l’écriture dans tout cela me direz-vous?

    Je dois répondre, à ma grande honte, que ce n’est pas tout à fait ma priorité en ce moment. Je travaille une heure tout au plus par jour et cela est insuffisant, je le sais. Je «tape à la babasse» -mots sortis tout droit du vocabulaire imagé de Pappey- sur mon clavier uniquement pour vous livrer l’avancement de l’organisation de ce qui sera -j’ai encore un brin d’appréhension- le plus beau jour de ma vie. L’on m’implore de prendre quelques jours de repos car je suis blanc coton et j’ai l’air épuisé m’a-t-on dit. Il est vrai que je dors mal. Je le savais, l’absence de Mon Fripon est insupportable. Ce n’est pas la même angoisse que lorsqu’il travaille. Au Sri Lanka les membres de certaines ONG sont malmenés. Il faut comprendre ces pauvres gens, ils sont à bout. Je m’en retourne dans le refuge douillet de ma «Petite Paix». Je l’ai énormément délaissé ces derniers temps. Aux dires de mes tantes, Palavas est une véritable fourmilière ou il ne fait pas bon poser le pied. Je rejoindrais donc «Phébus» lorsque mes loulous et les frères de Bébé seront là. Nous remonterons au domaine en convoi. J’appréhende la venue -enterrement de vie de garçon oblige- d’Hylam et encore plus celle de Sodishan, car je devrais les accueillir seule. Bébé ne sera de retour que le lendemain de leur arrivée. Ce n’est pas non plus la fin du monde, toutefois j’espère qu’ils seront bien lunés. Bébé est vraiment celui des trois qui est le plus adorable, voilà c’est dit. Je suis chagriné par le fait que Mum’ et papily ne soient pas là le jour du mariage de leur fils. Ash prend ceci très bien apparemment, il vit les obligations qu’ont ses parents depuis son enfance et il respecte. N’empêche…

    Hailie désirait confier les enfants à leur nurse afin d’être totalement disponible au cas où nous aurions besoin de son aide. Et Hylam? Pourquoi ne s’occuperait-il pas des enfants pendant une heure ou deux? C’est trop facile de faire des minots si l’on compte sur les autres pour les élever. Bonne nouvelle en soi, je crois qu’il y a de l’eau dans le gaz avec Amy. La belle rousse désirerait que son fringant quadra officialise leur liaison et Hylam n’est pas tout à fait prêt à passer au confessionnal. Comme je le comprend. Mumy va faire une attaque après avoir démoli son aîné si elle apprend ses frasques. En grande dame, Hailie jouera à Lady di un temps. Pourtant je crois que cela risque de faire très mal si la tempête se déchaîne. Juste une chose, qu’ils ne règlent pas leurs compte le jour de notre mariage. Aucune raison, Hailie dort profondément et pour longtemps sur le matelas de sa naïveté. Elle est incapable de reconnaître les signes qui lui permettraient de voir que l’on se joue d’elle. Cette situation me navre. Cool Mylhenn, reprends-toi et arrêtes de ragoter! Au contact de mes cousines je suis devenu un véritable poison. Rusé, Ma Canaille a trouvé une parade imparable pour qu’au moins Terry soit présent. Souvenez-vous, Ash l’adore. Celui-ci sera donc le dépositaire de nos alliances et le témoin de son oncle. Il est franc fou le petiot depuis qu’il le sait. J’apprécie réellement le neveu de Bébé, mais je souhaiterais que Ma Canaille ait un fils bien à lui. Lapsus linguae énorme, un fils bien à nous! Serais-je capable d’être mère? Je n’ai jamais eu de modèle jusqu’à présent. Si, ma Pat! Nous verrons cela plus tard voulez-vous? Papa a conduit son SUV avec la lenteur d’un escargot, cela me change de Bébé. J’ai apprécié la clim, croyez-moi. Pendant le trajet, monsieur J m’a confié sa joie de me voir enfin heureuse au domaine, entouré des miens. Tout comme grand-mère Lynette je serais le ciment qui maintiendra notre famille unie. Depuis ma réapparition, ils en prendraient plus volontiers le chemin. S’il avait pu lire mes pensées, il se serait tu immédiatement.

    «Ne rêve pas trop, mon ami, j’éprouve encore beaucoup de peine. Beaucoup trop de ressentiment pour laisser couler librement l’eau sous le pont. Le dossier Jocelyne n’est pas clos et je désire y mettre fin à ma façon. Pourquoi n’as-tu jamais pris ma défense? Cet encensement me fait chaud au cœur, mais lorsque je pleurais dans mon lit à cause de ta femme, tu n’étais jamais là pour essuyer mes larmes. Présent tu la soutenais elle, pire tu m’ignorais. À l’époque tu accordais plus d’attention et d’affection à tes nouvelles recrues qu’à moi. POURQUOI? Pour l’instant je reconstruis avec la bénédiction de Bébé qui, sans que je comprenne pourquoi, t’apprécie énormément. J’ai confiance en ses capacités à cerner ta véritable nature. Tu es quelqu’un de bon m’a-t-il affirmé. Toutefois, ce qui est certain, c’est que je reviendrais prochainement à la charge. Je compatis sincèrement à la souffrance qui t’habite depuis que Jocelyne est mal en point. Seulement je ne peux m’empêcher de songer aux derniers instants de maman. L’as-tu seulement consolé une seule fois ? Elle avait si peur! L’on nous avait éloigné de sa chambre, mais nos oreilles étaient à l’affût de la moindre information. Miriette et moi prions pour que tu viennes lui rendre visite une dernière fois, elle te réclamait chaque jour que la bonne mère faisait se lever. Te pardonner ceci? J’en suis incapable pour l’instant. Peut-être dans quelques années, lors du baptême de mes jumelles. C’est mon désir le plus cher. Deux blondinettes pendues à mon jean et qui m’appellent maman. Je ne pourrais pas leur donner la vie moi-même, mais, dans la mesure du possible, je leur ferais une vie dépourvue d’embûches. C’est un beau rêve, c’est tout. La vérité est que mes griefs ressortent dès que tu dépasses ma ligne de sécurité. Laisse-moi le temps d’apprendre à te connaître papa. Le temps de me connaître aussi. Je suis perdu. Notre union à Ash et moi est un commencement, j’ai zappé sur le fait que lui et moi allions devoir nous bâtir un avenir commun.»

    J’ai bien choisi mon moment pour me prendre la tête avec de telles pensées alors que Bébé imite Albert Schweitzer au bout du monde et que ma psy fait de la plongée sous-marine au-dessus des bancs de coraux d’une île lointaine. Papa J s’est rendu à Palavas, il a des soucis avec l’agence de location qui gère les appartements de l’avenue. Cette année nous cumulons les désagréments. La semaine que j’ai passée aux sources m’a été très riche en émotions et je suis épuisé au moral comme au physique. Triomphante et privilégié également d’avoir repris une routine comme si rien ne s’était passé ces dernières années. C’est ce qui me perturbe je crois. Une fois dans le bain on nage, moi j’ai carrément été flirter avec les fonds, forte d’une confiance que je suis loin de ressentir! Me ferais-je bourgeoise? Fortunée va vite me remettre à ma place à son arrivée si j’attrape la grosse tête. Je voudrais que tout soit parfait pour le grand jour, alors oui je distribue les tâches -donne beaucoup d’ordres- d’un ton péremptoire. Encore cinq minutes sur mon tapis champ de fleurs et ça devrait le faire. Une longue douche tiède parfumée à la poire, un thé blanc brûlant, deux tranches de melon et un bon livre, voilà qui devrait me réconforter.

    Je suis sans nouvelles depuis jeudi dernier. En l’absence de Bébé, j’ai l’impression d’être incomplète…


    1 commentaire
  •   …A écouter leurs doléances, j’ai failli en oublier les faire-parts!

    Je ne voulais pas en arriver là, mais il va me falloir remettre quelques pendules à l’heure. C’est MON mariage et celui de Bébé, alors Je décide de ce qui sera bien pour nous et tant pis si cela heurte des sensibilités. J’estime avoir déjà fait un gros effort en acceptant une apparition exceptionnelle -en guest star- du prêtre du village pour bénir nos alliances et notre union. Ils ne vont pas se mettre à tout chambouler au dernier moment. Sinon ce sera comme Lorré… à Las Vegas, na! Purée, je viens de m’apercevoir que j’ai oublié Lorré et son épouse dans ma liste. Ils vont finir par me rendre dingue tous autant qu’ils sont. Nous atteignons la lisière de la cinquantaine d’invités en comptant les minots. Parfait! Je dirais que cette semaine a été bonne et que j’ai gardé le cap. Deux employés, une journée d’intense décrottage -je ne trouve pas d’autre mot- et l’étage est rutilant, salles de bains comprises. Encore une journée bon poids et le «Château» de mon père sera parfait pour accueillir dignement nos hôtes. Monsieur J tord un peu le nez, mais c’est comme ça! Il est vexé et contrarié depuis qu’il a constaté à quel point la maison de famille est dégoûtante. Ce n’est pas faute de le lui avoir dit, ses sœurs en particulier. Il y avait toujours la même excuse, sa femme ne se sentait pas bien. Il existe des gens très compétents en la matière, la preuve… En parlant de madame, il n’y a pas de mieux pour elle. Ce n’est pas pire non plus.

    Jocelyne va honorer notre cérémonie de sa présence -par respect envers monsieur J, je ne me vois pas ne pas inviter sa femme- mais ma colère est tapie au fond de moi. Colère contre le sort qui a décidé de me priver d’une vengeance à la hauteur des épreuves subies par la faute de cette marâtre. Je m’en accommoderai, j’ai promis. Cela dit, Bébé ne se rend pas compte de la douleur qu’est ma prise de conscience d’avoir perdu toute ses années. Je crois -je suis persuadée- qu’à deux nous aurions pu faire nos deuils plus rapidement. Ma tante m’a laissé entendre qu’afin de stabiliser sa maladie, le psy et le neurologue donnent au dragon -c’est plus fort que moi- un traitement innovant qui la shoote totalement. Avec un peu de chance elle ignorera qui nous sommes. Zut, ici il est question d’un mariage, de MON mariage…

    Comme vous l’aurez compris, je suis montée au domaine afin de me mettre en situation. Il y a tellement de choses à penser, que je dois visualiser. Apéritifs, vins -tricolores- d’excellence, Champagne et autres liqueurs du cru, «cela va faire de la bonne viande de linceul» aurait dit Maë Lynette. Il n’est donc pas question de laisser nos hôtes repartir bourrés. J’ai cherché une solution correcte au problème pendant trois jours et hier soir, papa J -le nommer ainsi est un excellent compromis n’est-il pas?- a trouvé la solution. Grâce à ses relations, nous allons emprunter les mobil home des saisonniers du voisin. Le déplacement ne sera pas dangereux, et avec un bon coup de lessive tout sera impeccable. C’est minimaliste, je sais, mais en même temps pour dormir l’on a pas besoin d’être dans un palace! Il va y avoir une sacrée queue à la porte des trois salles de bains de notre maison, le lendemain. C’est pour la bonne cause.  Je souhaite juste que les jeunes mariés aient droit à une suite nuptiale? Bébé m’a laissé entendre que ce serait ses frangins -donc Sod sera bien présent- Sam et mes «loulous» qui se chargeront d’aménager la pièce. De savoir que Sam sera de l’aventure me perturbe un peu. Les «Charlies» et lui vont dévergonder les british, c’est sûr. Que vont-ils encore imaginer? Ce qui est certain, c’est que dès le jeudi qui précède la cérémonie, ma présence ne sera plus souhaitée au domaine. C’est à ce moment-là que je vais vraiment flipper.

    Mince: Flo et François son mari? Marceau et Hélène? Ils ne sont pas sur la liste non plus. Je sens que je ne vais pas me faire que des amis avec cette histoire. Finalement l’opération traiteur est enfin achevée. Dois-je vous rappeler que je suis une quiche aux poireaux? En consultant une dernière fois la liste des convives pour commander menu et prestations, j’ai gloussé comme une dinde et je n’ai pu calmer mon hilarité qu’au bout de cinq minutes, et encore. Figurez-vous que Bébé et moi ne faisions pas partie du recensement! C’est le comble, je nous ai oublié…

    Conclusion j’ai l’entrées et le dessert. Pour les plats chauds j’hésite encore. Bébé adore les îles flottantes aussi j’ai choisi une farandole XXL de desserts en verrines, genre tiramisu, mousse de fruits, mousse au chocolat, salade de fruits de saison, flans pistache et flancs vanille, cheese cake, et autres coupelles dont je ne me rappelle même plus l’intitulé. Parmi elles, des «œufs à la neige» -Pat et Ash vont adorer, il y a une dentelle en caramel au-dessus- que mes cousines Anaïs et Audrey ont goûté. Ces desserts sont une tuerie m’ont-elles affirmé. Le wedding cake? Ne parlons pas de ce qui fâche! Pourtant je crois avoir trouvé ce qui plaira aux grands et aux petits. Toujours pas de glaçage blanc, de perles argentées, d’angelots ni de figurine, mais une pièce originale. Je leur en réserve la surprise…

    Je suis épuisée de ma semaine alors papa J -ça le fait- a refusé de me laisser partir. Dans un sens ça n’est pas plus mal car la collecte de lavande commence ce week-end. Pas de repos ni de quatorze juillet qui tiennent en été. J’adore l’ambiance qui se rattache à cette cueillette. Mis à part les effluves entêtantes des épis fraîchement coupés qui envahissent tout et le ronronnement agressif des coupeuses! C’est Guillaume qui décide du début de campagne. Pour cela il a un repère infaillible. Chaque jour, depuis mercredi, il s’immerge une heure ou deux en pleine chaleur dans les champs afin de constater si les abeilles sont encore intéressées par les fleurs. Et suivant le nombre de petites bestioles -comptage au mètre carré siouplaît- il donne le signal de la cueillette. Ne comptez pas faire la grasse matinée ce jour-là car cela commence aux aurores pour préserver la qualité de l’essence. Pour le côté fun, mes tantines utilisent parfois de la lavande fraîche pour donner un peu de «piquant» aux mets en préparation. Si comme moi, vous aviez la chance d’ouvrir leur réfrigérateur en pleine saison, vous y découvririez une botte de tiges entouré de papier absorbant humide dans le bac à légumes. Soudain, j’ai été prise de mélancolie. Je vais devoir en parler à Nadège, -actuellement en vacances à l’île Maurice. Pas de commentaires!- mais en attendant c’est à vous que je me confie. Ces vingt dernières années j’ai rejeté en bloc tout ce que j’aimais de ma vie au domaine et à présent j’en ai un peu honte. Certes ma belle-mère a brisé mes rêves de petite fille -Christian les a piétiné ensuite- mais mes racines sont belles et bien restées enfouies en ces lieux. Depuis que j’occupe la maison de ma grand-mère je m’ouvre aux possibilités et maintenant que je franchis régulièrement le portail du domaine, je sens se reconstituer et grandir un patrimoine en moi. J’ai toujours été persuadé que ma famille ne m’aimait pas. Par leurs manigances, Jocelyne et Christian se sont chargé de renforcer ce sentiment. Il fut un temps où j’étais prise de violentes crises d’angoisse rien qu’à la pensée de revenir un jour sur le terrain de mon enfance. Je n’irais pas jusqu’à dire que tout est réglé, pourtant c’est avec un certain plaisir que j’arpente chambres, couloirs, futaies et plantations. C’est comme savourer ce dont l’on m’a privé -je me suis privé- mon instinct me conseille d’assouvir cette pulsion. Les réjouissances se précisent et je côtoie à nouveau le côté noir de la force, à savoir un cercle familial qui ne m’a pas encensé par le passé. Seulement les langues se délient et je m’aperçois qu’ils ne sont pas ce que j’imaginais, des corbeaux, des médisants et d’horribles parents. Je suis surprise de constater que cousines et cousins avec lesquels je n’ai pas réellement de souvenirs d’adolescence en sachent autant sur moi. Tous m’avouent que mon difficile parcours les a souvent attristés. Je m’étonne et la réponse jaillit instantanément : Maë Lynette a veillé au grain et a maintenu une certaine unité entre tous les membres de la famille. Parce que finalement en y réfléchissant, ce sont uniquement les réflexions de Jocelyne qui m’ont rendue aussi paranoïaque envers eux! Chaque fois que désirais m’entretenir avec mon père, sa femme me répondait qu’il était absent, ou qu’il ne voulait pas me parler alors que ma grand-mère m’affirmait qu’il se languissait de moi. Si celle-ci avait su qu’elle énergie cette folle dingue déployait pour nous séparer, je crois bien que mémé aurait atomisée la «Joce». Je prends conscience, petit à petit, que j’ai été trompé par cette mégère et je n’arrive même plus à lui en vouloir -qu’elle crève- car la bonne mère en personne se charge de punir ses actes cruels et malsains. Qu’elle ait haï ma mère je le conçois, mais moi je n’étais qu’une gosse! J’aime ma vie, j’aime mon père -oui je l’avoue enfin- et je redécouvre les membres de ma famille avec bonheur. Mam’adeine m’a confié que son frère était beaucoup plus «abordable» depuis que je faisais partie de son horizon. Mes petites cousines Anaïs et Audrey sont de véritables pestes. Mon cousin Gérard a adopté les filles à un an d’intervalle et elles se sont immédiatement entendues comme larrons en foire. Je les adore…

    Mon Fripon a encore frappé très fort en demandant à sa Chouquette de l’épouser. Cela m’a permis de me rendre compte que j’étais aimé de tous et ils attendent notre mariage avec impatience. Cela fait dix jours que Ma Canaille est partie. Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il me manque déjà beaucoup. Je dors avec l’une de ses chemises et je me dope au Grey Flannel en déposant quelques gouttes de ce parfum sur mon oreiller, ainsi j’ai l’impression de me trouver entre ses bras.

    Un quart d’heure de «skippie» en mode canal+ crypté et puis s’en va…


    1 commentaire
  •  

       …Vous révéler pourquoi Ma Canaille me surnomme parfois Loupette? Hors de question!

    Bébé n’est pas très éloquent dans ce domaine. Il reste fidèle à «Souris» «Chouquette» et  «Loupette». Parfois c’est «petite pomme». Je sais c’est… déroutant, mais la suite de la conversation est très agréable lorsqu’il commence comme cela. Oooops, je n’aurais peut-être pas du en parler de celui-ci? Croquer la pomme vous connaissez? Je serais délicieuse -rire- comme une pomme sucrée et juteuse. Qu’entend-t-il par là?

    Ceux qui me connaissent bien savent que j’adore affubler mon entourage de surnoms plus ou moins heureux. Le pire que j’ai fait pour Sam est roulette, et l’homme de fer. Plus tard Pat m’a appris que c’était l’intitulé d’une série des années soixante-dix. Robert Dacier, -original- le personnage principal menait des enquêtes policières. Ce devait être le précurseur de Caïn en quelque sorte! Il m’est arrivé aussi de le traiter de pauvre petit choupinet. Maintenant qu’il est en couple avec Edith j’évite ce genre de bêtises, mais elle ne le rate pas non plus!

    Avec Bébé je me bonifie à présent, mais à nos débuts de cohabitation, Sonia entendait souvent parler du Maharajah, de mon tandoori ou de Perry Mason. Chaton -que j’emploie pour Fenzhar et Litchy- était pour un ami cher, Ludo. Il adorait quand j’apparaissais à ses heures de bureau. -salut chaton, aujourd’hui il est vert d’eau- Ne vous méprenez pas, ce n’était que de franches rigolades, rien de cochon à lui annoncer la couleur de mon tanga car tout avait commencer par une blague que nous avions lu sur la page de Sam. J’ai vraiment été prolixe lors de ma période «hormones en ébullition». Pour un seul homme j’utilisais du crapaud, musclor, mimipecs et… Bonne mère, en écrivant je viens de me rendre compte qu’une bonne partie des surnoms que je donnais à cet homme me sont sortis de la tête!

    Alzheimer guérirait-il les peines de cœur? Pardonnez-moi cette plaisanterie d’un goût plus que douteux. J’ai tellement souffert de la défection de ce soi-disant ami, alors constater que mon esprit se libère enfin de ces années stupides me rend plus ou moins facétieuse. Quelque part je sais que je n’oublierai jamais totalement et que j’hésiterais toujours entre remerciements et colère. Mon Pain d’Epice est le seul qui m’inspire réellement dans ce domaine. D’autant qu’à voir la tête de belle-maman lorsque je donne du Gingerbread ou du Fripon -my cheeky boy- à son fils cela me conforte dans l’idée de persévérer dans la création exceptionnelle qui me caractérise en matière de surnoms.    

    Ma tendre chérie était elle aussi très inventive. Je ne me rappelle plus du prénom de son petit copain du moment, mais la première fois ou elle l’a baptisé «mon petit pénis» devant moi, j’ai fait pipi dans mon string! J’ai donc des excuses pour ne pas me souvenir du petit nom de ce garçon après l’attribution d’un tel surnom. En fait, cela n’avait rien à voir avec la taille de l’engin de monsieur, -ni avec ses extraordinaires compétences apparemment. Sonia et lui sont restés trois mois collés l’un à l’autre- mais croyez-moi si vous le voulez, selon ma douce, ce garçon avait l’aspect d’un sexe masculin avec sa tête bizarre, ses épaules larges et un corp tout filiforme. Le ridicule ne tue pas, heureusement. Durant toutes mes années malheur, Christian me surnommait sa merveille et on a vu ce que cela a donné! Bichette, c’est l’horreur! Pourtant il m’a fallu supporter cela toute une nuit, je voulais une douche et un bon lit… Quant à Paco, j’étais «mi gata Mylhenn» pour lui. Je n’ai jamais compris à qui il s’adressait dans ces moments-là! Un peu de mystère Mylhenn veux-tu? Bien volontiers…

    Ce chapitre ne sera pas celui dont je serais la plus fière, mais mes professeurs m’ayant conseillé d’écrire un peu chaque jour, j’ai tenté l’exercice difficile du parler pour ne rien dire. Ce soir je vais me contenter d’un bol de gaspacho concombre-petits pois que m’a apporté Mamaiette et d’une part de tarte aux pêches.  Je suis dans la pénombre depuis ce matin car la chaleur est infernale.  Et le mistral n’en parlons pas.

    Une douche, deux peut-être, le ventilo à pleine puissance et me voilà plongé dans un Bussi… 


    2 commentaires
  •    …La pièce d’or et le verre d’eau? J’ai bien peur que rien ne nous soit épargné!

     Les traditions imposent quelques excentricités paraît-il. Franchement? Est-il nécessaire de mettre une pincée de sel dans les poches du costume de Bébé ainsi que dans mes sandales sous prétexte que cela éloignerait les mauvais esprits? Nous ne sommes pas totalement convaincus du bien-fondé de leurs lubies, mais si cela peut rassurer les tantines et la famille, Ma Canaille et moi-même feront avec… Nous ne souhaitons pas particulièrement nous inspirer des coutumes régionales, mais il est vrai que l’organisation de notre journée mérite que nous nous y attardions quelque peu. Mis à part la mairie, l’accomplissement de ces vœux n’aura rien de commun, alors le respect de certaines traditions pourrait être le fil conducteur qui réunit passé et présent. Nous voulons que ce soit une journée fertile en émotions, et qu’à cette occasion, nos familles respectives et nos ami(e)s ressentent l’amour qu’Ash et moi partageons. Il m’a fallu du temps pour dire je t’aime à mon Pain d’Epice et j’avoue que parfois cela m’est encore difficile. Il y a du progrès, je vous rassure. Je n’hésite plus en cherchant comment exprimer de vive voix mes sentiment à Ma Canaille. Je sais aussi le faire autrement qu’avec des mots. Prendre sa main dans la mienne, passer mes doigts dans sa crinière, un bisou a un endroit inattendu et… -je vous vois venir- et bien non, ce sont juste de tendres gestes qu’il perçoit comme tels. Les séances «animaux en rut» sont plaisantes, amusantes et nécessaires pour qu’un couple perdure, mais cela ne fait pas tout. Ce qu’Ash et moi partageons est plus puissant qu’une simple relation. En septembre cela fera huit ans que nous nous connaissons. Que nous apprenons à nous connaître plus exactement! Je lui ai fait vivre de sales moments avec mes lubies et mes déraillements. Il a résisté au cap des un an fatidique en supportant mes extravagances et ensuite nous avons découvert, j’ai découvert que la communication était essentielle pour trouver un certain équilibre pour faire cohabiter nos deux mondes. Christian m’avait, à force de coups, enseigner à dissimuler tout et n’importe quoi. Bébé m’a révélé. Ses nombreuses absences ont failli nous être fatales -je ne me suis pas encore débarrassé de cette parenthèse virtuelle qui s’est soldée par un immense dégoût de ma petite personne- puis au fil du temps j’ai compris que ces éloignements étaient ce qui nous rapprocherait. Cela m’a permis de faire des erreurs, de les corriger, d’avancer la peur au ventre, mais de progresser lentement à mon rythme. Depuis mon retour d’Amérique du Sud, j’ai lutté avec plus ou moins de bonheur contre mes errements et je me suis surpassé. Dépassé? En me retournant sur mon parcours, je suis fière de moi, Bébé est encore plus fier. Dans un mois et demi, je deviendrai sa compagne aux yeux du monde entier. Je sais, cela peut vous paraître excessif, pourtant je ne donnais pas cher de ma vie il y a seulement cinq ans de cela!

    En attendant je rame pour trouver un traiteur. Personnellement les prestations de ceux que j’ai contacté m’auraient plu, mais j’ai fait la bêtise de solliciter l’accompagnement de Mam’adeine lors de mes prospections et selon elle, il y a toujours quelque chose qui ne va pas! Je crois qu’elle a du mal à admettre qu’elle ne sera que convive et pas cuisinière pour la fête? Je n’ai aucun doute sur la qualité du repas que mes tantines nous auraient préparer mais elles sont ma famille et je ne les veux pas aux fourneaux ce jour-là! Je ne veux pas non plus -nous ne voulons pas- de ce gâteau blanc décoré de perles argentées et de colombes en pâte d’amandes au sommet duquel trônent deux figurines représentant les mariés. Ah la la que n’avais-je pas dit?

    Bref, tout s’annonce bien, ce sont les joies des préparatifs. Je peux vous faire une confidence? J’adore ça! Lorsque j’ai raconté ceci à Bébé, il s’est gentiment moqué de moi et a fait une réflexion très pertinente : "Imagine ma Loupette que ce soit ma mère qui te vienne à la rescousse?" Effectivement, cela aurait été festif. Bébé n’étant pas confortablement installé dans un hôtel correct mais chez l’habitant, la connexion wifi tient plutôt de l’expérience «Londres, ici Londres», et dix minutes c’est très court pour être certaine qu’il va bien. Ses yeux sont pétillants alors je me dis qu’il n’est pas encore trop affecté par ce qu’il découvre. Cela fait à peine cinq jours qu’il est parti, il est déjà en mode «Jésus Christ», -tongs et barbe naissante. Pour quand le sarong?- alors je me demande comment il va me revenir? Je ne voudrais pas qu’il sacrifie ses beaux cheveux comme l’année dernière. Il occupe une chambre chez une famille modeste mais d’une propreté exemplaire alors j’ai espoir. La phrase qui tue? "Je n’aurais jamais assez de dentifrice ma chouquette. Anu et sa fille ne connaissent que l’ail l’oignon et le lait de coco pour cuisiner le poisson!"

    Loupette ? Un surnom qui me va comme un gant…


    votre commentaire
  •   …Happiness is the road. Je viens enfin de comprendre ce que l’on voulait me dire!

    Le bonheur n’est pas au bout du chemin, mais c’EST le chemin. Cette chanson des «Marillion» date de plusieurs décennies et il fut un temps où elle était devenue le fil ténu qui devait me guider hors du labyrinthe. Thésée était certainement plus intelligent que moi, car il a immédiatement saisi la ficelle qui allait le rendre libre. Moi, il m’a fallu accepter le fait que j’avais droit au bonheur avant de partir à sa recherche. J’y ai mis le temps, mais j’y suis parvenu. A présent, je tiens des deux mains le filin qui me relie à Bébé et je ne suis pas prête à le lâcher. Ma Canaille est partie hier, tôt dans la matinée, pour prendre son train, car en soirée il devait s’envoler pour le Sri Lanka. J’ai énormément de peine, je ressens son absence dans tout mon être. Jamais je ne me serais imaginé que c’était cela aimer quelqu’un. J’ai rendu Flo complètement folle car ma chanson à pleurer -Unchained Melody des Righteous Brothers- a retentit dans la maison une bonne partie de la journée. J’aime mon Bébé de toute mon âme! Flo en a eu plein les oreilles, mais elle a compris mon besoin de noyer mon chagrin dans cette mélodie. Ma Canaille sera de retour aux alentours de la mi-août, alors en attendant il faut que je me bouge car notre cérémonie aura lieu trois jours après son retour!

    Les jours défilent avec une telle rapidité, que jamais je n’aurais le temps de tout préparer? Ma Canaille a couché sur papier uniquement ce dont elle n’avait pas envie. Et en son absence, je ne sais pas si mes choix seront judicieux malgré ses conseils? Bien sûr que si, je suis un chef né a-t-il dit à mon père.En y réfléchissant, ce n’est pas aussi catastrophique que cela en a l’air…

    - Du moment où tu seras à mes côtés à la mairie, le reste c’est du bonus! Un bisou, et çà c’est dit. Voilà comment mon futur époux conçoit le partage des tâches. En gros, cela se traduit par: tu pilotes en solo ma chérie, je te fais entièrement confiance! Ne vous méprenez pas, mais mon Pain d’Epice ne se moque pas de ce que nous organisons. C’est seulement qu’il a un timing très serré à respecter pour sa collaboration avec l’ONG. Il ne doit rien laisser au hasard parce qu’une fois là-bas cela retarderait les démarches qu’il a lancé pour venir en aide aux personnes qui en ont besoin. Il est vrai que pour le plus important, nous avons tout «tchéké» sur la liste. L’administratif est prêt côté France et Papily nous a envoyé par mail les documents d’adoption car on ne sait jamais… Côté R.U c’est un peu plus compliqué, toutefois grâce aux collègues de Bébé l’on ne s’en sort pas trop mal et je ne suis pas obligé de prendre la nationalité Britannique comme nous l’avons cru tout d’abord. Cinq mois à Londres et sept en France font que je suis autorisé à rester une mangeuse de grenouilles! Quant au nom de famille, et bien je serais bi -c’est élégant- madame F/J Mylhenn. J’aurais pourtant bien aimé ne porter que le nom de famille de Bébé, mais il paraît que gardant ma nationalité, je doive accoler mon patronyme à celui de mon époux pour l’état-civil. Ce n’est pas non plus une catastrophe en soi.

    La liste des invités est close. Cela n’a pas été sans mal, mais nous sommes parvenus à un compromis. Si l’on avait écouté les tantines nous serions remontés aux aïeux… Une petite cinquantaine de personnes c’est déjà bien trop pour moi et cela inquiète Bébé. Il était prêt à sacrifier ses amis et collègues proches pour que je ne sois pas oppressé. C’est son grand jour aussi, je ne veux pas qu’il se sente mis de côté. Je suis une quiche, jamais je n’aurais dû lui dire que cela faisait beaucoup…

    Papa est aux anges! J’ai accepté -sous conditions- que la célébration et les réjouissances se déroulent au domaine. Je crois que Bébé était encore plus heureux que lui! Il me semble bien avoir décelé un rien de connivence entre eux à ce propos et je suis quasi certaine qu’ils avaient comploté pour me forcer la main. Je ne peux pas me l’expliquer, mais depuis que j’ai pris ma décision, je me sens… sereine. Le problème était que nous ne puissions pas résilier notre dossier à la mairie de mon domicile. Heureusement, ils n’avaient pas encore préparé l’acte, donc j’ai pu récupérer les documents de Bébé. Sinon… nous aurions été mal barrés! La notoriété de Monsieur J fait qu’il a obtenu sans problème la poursuite des démarches à la municipalité à laquelle appartient le domaine et à la date prévue: ouf!

    De son côté, monsieur J me laisse carte blanche pour l’organisation du moment que cela n’interfère pas avec le fonctionnement des activités de la propriété. Maintenant il me faut trouver une entreprise spécialisée dans le nettoyage chez un particulier et ce n’est pas simple vu l’ampleur des dégâts. Papa tient à recevoir la parentèle de Bébé dans notre maison de famille, je suis d’accord, mais que ce soit dans de bonnes conditions. Cela me tracasse vraiment que Mumy et Papily ne soient pas présent pour la cérémonie. Ash ne le montre pas, mais je sais qu’il en est affecté. Malgré nos «querelles», je vais en parler à Hylam lorsqu’il se rendra à Palavas. Il peut bien se séparer de sa… Amy pendant une demi-journée non? Sa façon d’agir m’énerve chaque jour un peu plus, j’espère sincèrement ne pas mettre les pieds dans le plat. Mais bon j’ai promis à Ash de rester cool sur le sujet.

    Mon écriture me manque, mais je ne peux pas être au four et au moulin….


    2 commentaires
  • ( I ) - De L’uN… 

       ...Un soir de fin Février, Myrella grimpa résolument dans le T.G.V. Elle avait jeté pêle-mêle quelques vêtements chauds, un nécessaire à toilette -se limitant à une brosse à dents et une gamme de produits de la marque à l’olivier- une vieille chemise usée jusqu’à la trame, cadeau d’Aschyanno, dont elle ne se séparait jamais, et Pouf, sa peluche mi chien mi Pokémon, dans un petit bagage. Elle avait claqué la porte d’entrée aussitôt déposée une brève missive sur la table du salon, à l’adresse de son compagnon. «Je t’aime, mais il me manque! Je sais que tu m’auras pardonné à mon retour! Mille baisers de ta Chouquette» Ainsi il saurait que ce n’était rien de plus que l’une de ses escapades d’où elle rentrerait penaude et embarrassée. Rien n’était prémédité, mais depuis sa rencontre avec Dante, elle ressentait parfois le besoin impérieux de rejoindre celui-ci. Elle avait croisé Dante au détours d’une rue à Aix-en-Provence, et le soir même , elle s’était abandonnée à la chaleur de ses bras. Elle adorait Aschyanno, son compagnon depuis quatorze mois déjà, mais elle avait un tel besoin d’amour qu’elle n’avait pas penser à mal en se donnant à un inconnu. Dante était ce que l’on nomme un être solaire, et il avait été immédiatement conquis par cette jolie jeune femme de vingt ans sa cadette. Á l’un comme à l’autre, elle n’avait pas caché que son cœur battait simultanément pour deux hommes. Aschyanno était son yin, une force brute qui lui faisait découvrir sa féminité longtemps mise de côté, tandis que Dante, son yang, lui insufflait la force de se révéler. Ces deux hommes étaient devenus complémentaires et nécessaires à son équilibre, Myrella ressentait un besoin viscéral d’étreindre Dante pour se persuader qu’il était bien réel. Et, trop longtemps loin d’Aschyanno, elle s’étiolait et se morfondait. Celui-ci aurait pu tout simplement la rejeter en apprenant sa trahison, mais un brin de culpabilité causé par ses nombreux déplacements, le poussa à accepter les excursions sentimentales de sa Chouquette. D’ailleurs, elle ne restait jamais partie bien longtemps… 

    Lorsqu’elle descendit du train, Myrella chercha Dante du regard. Elle le vit qui attendait patiemment adosser à l’un des grands piliers du hall d’entrée. Il regardait, sans réellement les voir, les voyageurs qui pressaient le pas pour rejoindre les quais de départs. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser sur la joue. Il sursauta, surpris en flagrant délit de rêveries. Dante enserra la taille fine de Myrella d’un bras ferme et posa ses lèvres en un doux baiser qui s’éternisa sur celles de la jeune femme. Puis, le chaud ballet de leurs langues emmêlées aimanta leurs corps et les transporta si loin qu’ils en oublièrent où ils se trouvaient.

    - «Tout de même il y a des chambres d’hôtel pour cela!» entendirent-ils prononcer d’une voix furieuse tout près d’eux. Ils s’écartèrent l’un de l’autre en souriant à la femme qui avait prononcé ces paroles acerbes. Dante récupéra le sac de voyage de Myrella, et main dans la main ils se dirigèrent vers le parking. Myrella frissonnait, mais ce n’était pas la température extérieure qui l’embarrassait ainsi. D’autant que sa coquette veste longue, bleue, en mohair, lui tenait bien chaud. Myrella s’était vêtue sagement car la température n’était pas forcément très clémente en cette saison dans le Sud, et cela même si le soleil se montrait généreusement. Des leggings gris perle assortis à ses bottines fourrées parachevaient sa tenue. Pourtant, la jeune femme avait la chair de poule. Le baiser de Dante l’avait bouleversé jusqu’au tréfonds de son ventre.

    - Tu vas devoir patienter petite friponne! Dante savait parfaitement ce qui tourmentait sa compagne puisqu’il se trouvait dans les mêmes dispositions.  Une fois derrière le volant, Dante démarra, la main de Myrella posée sur la sienne actionna le levier de vitesses…

    Le voyage ne fut pas long, mais très fatigant car cette fois-ci Dante avait loué un petit refuge perdu dans un des profonds vallons jouxtant le Garlaban. Entre nationale et départementale, seul un chemin de terre bosselé sur trois kilomètres y conduisait. Isolés au plus près de la nature et bercés par le murmure discret des minces filets d’eau de sources oubliées qui se révèlent seulement la nuit, les deux amoureux, d’un commun accord avaient choisi l’option Provence pour se retirer de la multitude. Le chalet était certes petit, mais fonctionnel et confortable au possible. Il s’ouvrait sur une grande pièce à vivre dont la cheminée occupait les trois-quarts d’un pan de mur.  La chaleur qui régnait dans la salle principale était digne d’un après-midi de juillet, cela était même trop. Ils se mirent à l’aise avant de poursuivre la visite. Une banquette repas recouverte d’épais coussins était disposée sous un abri terrasse vitré qui devait donner l’impression de se retrouver en pique-nique sous les pins à chaque repas. Le grand sofa, devant la cheminée, était plus qu’accueillant avec ses trois édredons d’assises. Une cloison en briques, dans laquelle plusieurs niches servaient de buffet, dissimulait la cuisine. Le mobilier de la chambre était spartiate, mais largement adapté au peu que leur bagage contenait. Quant à la salle-de-bains, elle se limitait à une vasque et une douche à l’italienne.  Le matelas leur parut très confortable. Si confortable, qu’à peine la literie installée ils se laissèrent choir sur la couette recouverte d’une housse sur laquelle étaient imprimées des branches de pins. 

    Myrella se laissa rouler au-dessus de Dante et commença à l’embrasser langoureusement. Celui-ci caressa ses fesses et la fit culbuter sous lui, l’écrasant de toute sa vigueur. Le baiser qu’il lui rendit la laissa pantelante.

    - Serait-ce une invitation ma chipie? Myrella s’abstint de toute réponse, mais elle mordilla doucement les lèvres de Dante par petites pressions de ses dents. Leur langue se joignirent. Avec des exercices dignes des plus habiles contorsionnistes ils ôtèrent tout ce qui les gênait. Myrella adorait ce moment d’intense passion où il se faisait brutal et tendre à la fois. Le ventre en feu, elle se laissait rudoyer gentiment tandis qu’il écartait ses cuisses du plat de la main avec tendresse. Il caressa lentement chaque centimètre de peau, lui interdisant tous mouvements sous peine d’être fessée comme une enfant turbulente. Lorsque ses halètements devinrent trop soutenus, il la retourna sur le ventre et la chevaucha de tout son poids, lui murmurant des mots passionnés à l’oreille. Les plaintes rauques de la jeune femme furent le signal qu’il attendait pour la faire jouir une première fois. Elle rampait à chacun de ses violents coups de reins, criant son plaisir dans l’épaisseur de la couette. Il retenait ses épaules avec force, allant à chaque fois plus profondément en elle. Tétanisée par le plaisir qui la submergea, le corps de Myrella se détendit en de violentes convulsions. Elle avait à peine repris son souffle qu’elle se retourna et se mit à flatter de sa langue et de ses doigts le membre turgescent de Dante. Après quelques minutes de cet intense traitement il hoqueta bien prêt de la jouissance. Elle l’enfourcha avec grâce et se laissa glisser sur son sexe douloureux. Il gémissait sourdement, faisant osciller son bassin malgré lui. La force de ses baisers leur meurtrissait les lèvres, mais elle poursuivit longuement ce châtiment avant de lui permettre de se mouvoir en elle. Dans un râle animal il s’abandonna à la volupté, entraînant Myrella dans les flammes ardentes de ce brasier qui les consuma tous deux. Moites de sueur et humides de leurs spasmes, ils s’endormirent du sommeil du juste. Privés de dîner la veille au soir, le petit-déjeuner fut pantagruélique. Ainsi commença ce qui s’annonçait comme une agréable villégiature. 

    Pendant près de trois semaines, les amoureux se saoulèrent des rayons de l’astre lumineux qui s’exerçait pour la belle saison, des senteurs que la terre exhalait aux prémices du printemps et des couleurs contrastées que leur offrait la végétation qui ébauchait son renouvellement. Indifférents à l’hiver qui s’effritait, ils profitèrent de l’air frais des collines, des champs d’oliviers en dormance, et des villages perchés le long des à-pics vertigineux de la montagne. Les futurs champs de lavande violettes dont les feuilles reverdissaient déjà, l’éternuement des marmottes se dissimulant dans les bosquets touffus, et le chant tonitruant des cigales aux heures chaudes, viendraient plus tard. Ils crapahutèrent dans le massif de la Sainte-Baume puis ils allèrent visiter la crypte de la basilique gothique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume où se trouve le sarcophage attribué à Marie-Madeleine, épouse de Jésus-Christ ressuscité. Dante et Myrella avaient des journées bien remplies et des soirées paisibles passées à cuisiner de solides repas pour récupérer l’énergie brûlée au cours de leurs excursions. Exténués ils s’endormaient blottis l’un contre l’autre jusqu’au lendemain. Au petit matin, leurs joutes amoureuses leur apportaient la touche de sensualité dont ils nourrissaient leur unité. Les jours se succédant les uns aux autres, il en vint un où Dante surprit une grande tristesse dans le regard de Myrella. Alors qu’elle se croyait seule, elle laissa échapper un long soupir et deux larmes roulèrent sur ses joues. Il fit comme s’il n’avait rien vu. Accablé par le doute, les jours qui suivirent, il se rendit compte que sa compagne devenait de plus en plus taciturne et réservée. Un soir où il la trouva plus silencieuse et morose que d’habitude, redoutant la réponse, Dante se risqua tout de même à poser la question.

    - Il te manque autant que cela?

    Myrella sursauta au son de sa voix. En une fraction de seconde, un beau sourire barra ses lèvres et ses yeux s’illuminèrent.

    - Je suis bien ici avec toi, mais trop longtemps loin de la ville je m’étiole un peu tu sais! Dante traduisit sa phrase par un «loin d’Aschyanno je suis malheureuse» et cela l’affecta.

    - J’ai besoin de mon coiffeur, de faire du shopping, de me perdre dans la foule et ma minette va bientôt ressembler à la fourrure de ce plaid!   Myrella cherchait à se justifier en plaisantant, mais cela sonnait faux. Son dilemme était insurmontable car elle ne se voyait pas quitter Aschyanno pour Dante qui lui était pratiquement aussi indispensable que l’air qu’elle respirait. Celui-ci avait saisis depuis bien longtemps qu’il devait la laisser partir s’il voulait conserver la relation privilégiée qu’il entretenait avec la jeune femme.

    Ce soir-là, pour la première fois depuis leur arrivée Dante alla se coucher sans Myrella. Celle-ci avait ressenti le besoin de s’isoler alors qu’elle aurait voulu se blottir entre les bras de Dante afin de lui prouver qu’elle l’aimait de tout son cœur.

    Allongée sur le ventre à l’extrême bord du lit -comme si elle cherchait à s’interdire tous contacts avec lui- ses longs cheveux blonds cachant en partie son visage et ses épaules se soulevant légèrement au rythme de sa respiration, c’est ainsi qu’il la découvrit le lendemain matin. Le drap avait glissé et dévoilait un peu plus que la cambrure de ses reins. Dante observa longuement Myrella. Il était heureux de la voir aussi paisible alors il hésita à la réveiller. Mais ses doigts, comme dotés d’une vie propre, furent attirés malgré lui par la douceur de la peau nue de Myrella. Ils y dessinèrent de petites circonvolutions allant lentement du haut de son dos à la rondeur de ses fesses.  Le corps alangui de sa jolie maitresse lui était un si beau spectacle qu’il en devint imaginatif.  Ses caresses se firent plus appuyées, tous comme les baisers dont il couvrait sa nuque. Myrella soupira d’aise, mais n’ouvrit pas les yeux. Un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Elle appréciait tout particulièrement ses tendres instants où il quémandait, par d’affectueux effleurements, son approbation avant de passer aux choses sérieuses. Une fois la déferlante de leurs sens, apaisée ils se maintinrent peau à peau, les yeux dans les yeux. Ils ne parlaient pas. Elle répondit à ses questions muettes par un torrents de larmes qui empourpra ses joues.

    Sur le quai de la gare, les yeux embués, Dante regardait le train s’éloigner. Il n’avait pas la force d’agiter la main comme le faisait Myrella derrière l’une des vitres du compartiment B102. Elle décocha un dernier baiser de sa paume ouverte en soufflant dans sa direction. Le convoi s’ébranla et elle ne fut bientôt plus qu’une silhouette indistincte. Au mépris du qu’en dira-t-on, les hoquets se transformèrent en sanglots douloureux qu’il livrait à ceux qui le croisaient dans le grand hall de la gare. Son cœur venait de se briser.

    * Pour comparer ce texte avec le tout premier, allez dans l'onglet "Relectures", CHouQueTTe ( 1 ) & ( 2 )...


    2 commentaires
  • ( II ) - À L'auTRe...

     

    Le cœur lourd, Myrella songeait qu’une fois encore, Dante payait au prix fort cette escapade en pleine nature. Les yeux embués, le front appuyé contre l’une des vitres froides du compartiment, la jeune femme regardait défiler le paysage. Comme si celui-ci avait pouvoir de la rendre plus clairvoyante, elle serrait «Pouf» contre sa poitrine. Elle était plongée en plein dilemme et aucune solution ne lui venait à l’esprit.

    Auprès D’Aschyanno, elle se languissait de retrouver Dante, et lorsqu’elle se trouvait en compagnie de celui-ci, Aschyanno lui manquait horriblement. L’un était son yin et l’autre son yang, pour son bonheur, ils étaient indissociables l’un de l’autre.

    Une pluie glaçante tombait à verse lorsque le train entra en gare. Hors de question qu’elle se mêla aux gens pressés qui rentraient sur le tard par le métro. Ni à ceux, coincés comme des sardines dans les tramways, baignant dans des odeurs désagréables de chiens mouillés. Le taxi la déposa en bas de la copropriété où habitait Aschyanno, et elle n’eut plus qu’à s’engouffrer dans l’ascenseur. Avec appréhension, elle introduisit la clef dans la serrure. Aschyanno l’avait-il fait changer en son absence? Le petit bout de métal tourna sans difficulté.

    Soulagée elle pénétra dans l’entrée. Comme à son habitude, elle se délesta de son sac au milieu du couloir. Encore ruisselante d’une bonne douche brûlante, elle passa l’une des chemises d’Aschyanno. Impeccable, la cuisine semblait n’avoir jamais servie. Le réfrigérateur confirma l’hypothèse. Après avoir avalé trois grains de raisins et le quart d’un pain au lait, elle alla s’installer sur le canapé, un mug de thé au jasmin en main. Son regard se posa sur le bar. Un peu de vodka l’aiderait à se détendre. Elle y renonça. Elle s’en était passée pendant quatre semaines, elle pouvait encore faire un effort ce soir.

    Myrella déposa son mug sur le visage papier glacé de maître Vergès, qui l’instant d’après s’enorgueillit d’une superbe auréole flavescente. Aschyanno déposait ses revues çà et là, et la table basse n’échappait pas à l’envahissement. Myrella alluma la chaine stéréo, Aschyanno ne connaissant que le surround, les baffles vibrèrent, Haendel n’était pas top pour bruit de fond, mais elle baissa le son sans changer d’ambiance. Comme il était hors de question qu’elle alla s’allonger dans le lit d’Aschyanno, elle se laissa choir sur les coussins moelleux du canapé. Quelques notes plus tard, ses yeux se fermèrent. Curieusement ce fut le silence qui la réveilla. Elle découvrit l’attaché-case de son compagnon posé à côté de la table basse, le mug avait disparu et Vergès faisait bien triste mine. Elle se leva d’un bon, mais ses jambes refusèrent de la porter. Quant à son cœur il faisait de tels bons qu’il allait bientôt quitter sa poitrine.

    Aschyanno, son adorable sourire aux lèvres, se tenait dans l’encadrement de la porte. 

    - Tu fais fort pour ton retour ma Chouquette, le moins que l’on puisse dire c’est que l’on ne s’ennuie jamais avec toi!

    Sa voix chaude fit fondre Myrella. Il vint s’asseoir près d’elle et la gronda gentiment.

    - J’ai bien failli me viander dans le couloir à cause de ton sac qui trainait en plein milieu, tu m’as saccagé la revue dont j’ai besoin pour le briefing demain, et… depuis quand ma Cerutti te sert-elle de nuisette? Il énuméra la liste de ses exploits sans aucune animosité dans le timbre de sa voix. Machinalement, il glissa tendrement sa main sous la gorge de Myrella afin de lui donner un baiser. Celle-ci savait qu’elle n’avait rien à craindre de lui, mais elle tressaillit violemment au contact de ses doigts, elle s’écarta vivement. Il comprit que ce simple geste de tendresse rappelait des moments douloureux à la jeune femme, et il s’en voulu de ne pas s‘en être souvenu.

    D’un bras protecteur, il la saisit par la taille avec infiniment de douceur et la jucha sur ses genoux. Elle passa un bras derrière sa nuque, se pelotonna contre son torse, puis l’embrassa sur la joue.

    - I’m so sorry darling! Pardonne-moi! S’excusa-t-il. Il déposa un léger baiser sur ses lèvres.

    - Ce n’est rien Dante je ….! Myrella stoppa net sa phrase, mordillant sa lèvre inférieure.  Elle sentit les muscles d’Aschyanno se contracter tandis qu’il la repoussa doucement.  

    - Je suis très tolérant Myrella, mais aie au moins la décence de le laisser en dehors de cet appartement. Tu veux bien? Il plongea ses yeux noirs dans ceux, noyés de larmes, de Myrella. Certes il était mécontent, l’amertume se devinait dans sa voix, mais nulle colère.

    Elle se sentait tellement sotte qu’elle essaya de se justifier.

    - Mais bébé je ne l’ai pas fait exprès! Dévastée, elle posa timidement une main sur le bras d’Aschyanno. Celui-ci ne s’en dégagea pas.  

    - Assume Chouquette, je sais que tu n’es pas en mesure de faire un choix pour le moment! En attendant, j’ai droit au respect et je ne veux plus t’entendre prononcer son nom en ma présence! Elle acquiesça d’un signe de tête, ne sachant quel comportement adopter. Il l’attira tout contre lui et la serra fort dans ses bras. Le visage de Dante traversa fugitivement l’esprit de Myrella.

    Celle-ci avait énormément manqué à Aschyanno et il en fut maladroit. La soulevant dans ses bras, il emporta son précieux fardeau dans la chambre où il la laissa choir doucement sur le lit.  Il s’installa près d’elle et glissa ses doigts sous la chemise, couvrant son visage de tendres baisers.  Il câlina délicatement ses seins, mais elle n’eut aucune réaction, pas plus qu’au baiser langoureux qu’il lui donna. Le regard fixé au plafond, elle demeurait de marbre. Paupières closes, elle le laissa vagabonder à son gré. La passivité de Myrella lui fit comprendre que son rival occupait encore toutes les pensées de la jeune femme.

    - Ok chouquette les parties à trois ça n’est pas pour moi! Tu te poses en martyre du devoir conjugal là et j’apprécie moyennement!

     Irrité et vexé il s’éclipsa dans la salle de bains en claquant la porte qu’il rouvrit pour la refermer silencieusement. Elle ne put s‘empêcher de sourire en songeant que même hors de lui, Aschyanno veillait à ne pas l’inquiéter.

    - Et retire ma chemise bon sang, ce n’est pas un vêtement de nuit! Vociféra-t-il à travers la porte. Là, il était réellement en colère… 

    Rageuse, Myrella ôta ladite chemise et la jeta sur la moquette. Elle s’allongea sous les draps, tournant le dos à la porte de la salle de bains. En rejoignant la chambre, Aschyanno s’abstint de tous commentaires. Il plaça sa Cerutti sur un cintre dans le dressing. Elle ne remarqua pas le regard furieux qu’il lui lança pour la bonne raison qu’elle s’obstinait à garder les yeux clos. Aschyanno s’étendit près d’elle, avec tendresse il déposa un baiser sur son épaule nue puis il éteignit.

    Agenouillée, la cuisse de Dante entre les siennes, Myrella choyait son membre turgescent de ses doigts délicats.  Ses lapements de chaton et le mouvement de balancier qu’elle infligeait à leurs corps, le faisait tressaillir. Lui, effleurait tendrement la poitrine de Myrella de ses paumes, puis s’intéressait, par petites touches, au délicat fanion soyeux qui dissimulait joliment son intimité. Les yeux dans les yeux, attentifs au plaisir de l’autre, ils prenaient leur temps.  Lorsqu’elle le sentit tout près de la jouissance, elle s’allongea sur son torse, savourant un interminable baiser qui apaisa un temps les battements de son cœur et les vibrations de sa chair gonflée.

    La patience ayant ses limites, il crocheta ses hanches avec vigueur et la fit rouler sous lui. Elle ronronna d’un plaisir anticipé qui lui inspira aussitôt l’envie d’un jeu plus élaboré que la simple position du missionnaire. Il s’enfonçait déjà avec béatitude dans la torride miellée de son intimité lorsqu’elle le délogea d’un brutal coup de rein. Surpris il poussa un cri rauque, mais il comprit de suite que sa fougueuse partenaire l’invitait à quelque chose de bien plus ludique lorsque, s’installant à genou, elle lui présenta son joli postérieur. Instinctivement, les mains de Dante agrippèrent la taille de Myrella, et il la posséda rudement. Ils n’eurent pas besoin d’une longue chevauchée pour atteindre le firmament.

    Myrella se sentit comme aspirée à l’intérieur d’une tornade, un violent sursaut l’éveilla. Son rêve était si réel, qu’elle mit un moment avant de réaliser que c’était Aschyanno qui dormait à ses côtés. Elle adorait cet homme, alors pourquoi rêver d’étreintes torrides avec un autre? Comme s’il avait deviner qu’elle songeait à leur situation, Aschyanno vint, dans un demi-sommeil, appliquer étroitement son corps chaud contre celui de la jeune femme. Celle-ci cala sa tête contre son épaule, frôla sa joue d’une main affectueuse et déposa un bisou léger sur la peau couleur épices de son torse. Il replongea aussitôt dans un profond sommeil. Ayant beaucoup de mal à se rendormir, Myrella gardait les yeux grands ouverts sur l’obscurité ambiante. Ses pensées vagabondèrent à nouveau loin des bras affectueux qui l’enserraient, loin de ce cœur qui battait sourdement sous son oreille, loin d’Aschyanno qu’elle aimait beaucoup trop pour continuer à le faire souffrir ainsi. Bien vite ses éclats de rire résonnèrent aux abords de la crique aux galets bleus.  Enlacée telle une liane au corps de Dante, elle se vautrait dans les herbes folles. Le réveil bourdonna plusieurs fois, suffisamment fort pour réveiller Aschyanno. Myrella, étendue au-dessus des couvertures, avait posé sa tête contre son flanc et l’un de ses bras sur son ventre. Il vit les traces des larmes qui barbouillaient ses joues et il en déduisit que son sommeil avait dû être agité. Il se dégagea de son étreinte, se pencha un très court instant au-dessus d’elle, juste le temps d’un baiser furtif au creux de ses reins. Ignorant la soudaine érection naissante et l’envie d’une chevauchée fantastique comme elle seule savait le faire, il se précipita sous la douche. Les encouragements aux allures de mantra de sa Chouquette résonnaient à ses oreilles. "Encore Bébé! Encore, encore, je t’aime tellement!"

     Lorsqu’il sortit de la salle de bains, Myrella n’était plus dans le lit. Tout en s’habillant il songea à la toute première fois où elle était allée rejoindre Dante. Troublée et l’air coupable, elle lui avait avoué éprouver de tendres sentiments pour cet homme. D’un choix impossible entre eux deux. Et elle lui avait demandé pardon. Conscient que s’il s’était agit d’une autre personne, il l’aurait rapidement expédié., mais Myrella était son petit rayon de soleil et il ne se voyait pas la quitter. Quitte à la partager avec un autre.  Il récupéra ses dossiers dans son bureau et une fois son attaché case verrouillé, il rejoignit Myrella dans la cuisine.  Celle-ci, les cheveux en bataille, le visage ravagé par la fatigue et vêtu de son peignoir, trouvait encore le moyen d’être sexy en diable. Elle livrait un combat acharné contre le presse-agrume, n’obtenant que quelques gouttes de jus de pamplemousse malgré ses efforts. Il l’attira à lui et l’embrassa tendrement. Elle répondit à son baiser avec entrain. Lascive elle apprécia lorsque glissant ses doigts sous le peignoir, il effleura ses seins. Elle se suspendit à sa nuque et… la bouilloire se mit à siffler, les faisant sursauter tous deux. L’instant magique était derrière eux.

    - Je dois y aller, je suis presque en retard! Dit-il en l’embrassant sur le front tandis qu’elle se rajustait.

    - Je serais là de bonne heure ce soir, promis! Il s’empara de sa mallette et sortit rapidement de l’appartement.

    Le regard de Myrella s’était éteint. Elle expédia sans ménagement le verre de jus de pamplemousse qui se brisa dans l’évier. Le presse-agrume allait suivre quand elle remarqua le panache de fumée gris et malodorant qui se dégageait de la bouilloire. Agacée, elle déposa celle-ci sur la plaque froide, maudissant toute la gent masculine pour sa stupidité. Il fallait qu’elle prenne l’air avant de devenir totalement cinglée. Aschyanno dévala les marches trois par trois, Pourquoi l’avait-il quitté aussi rapidement? Il se traita mentalement d’idiot en réalisant que cette boisson elle ne la préparait pas pour elle, mais pour lui. Il déverrouilla la portière de sa voiture, lança son attaché-case sur le siège passager et s’apprêta à s’installer derrière le volant. Au lieu de cela, il claqua la portière, verrouilla le véhicule et partit en courant en direction de la cage d’escaliers. Il gravit rapidement les volées de marches, se jeta sur la porte, puis la referma d’un coup de talon.

    Assise sur le canapé, Myrella le vit débouler tel un diable hors de sa boîte. En sous-vêtements et bas prune, la jeune femme liait les attaches de ses bottines. Sa robe en laine épaisse occupait l’un des bras du sofa. Une telle sensualité se dégageait d’elle qu’il hésita, presque intimidé, à s’approcher.

    - Tu as oublié quelque chose Bébé? Un sourire emplit de malice illumina ses yeux. Elle décocha ses chaussures au milieu du salon. Il n’attendait qu’un signe de sa part et elle venait de le lui donner. Il fondit sur elle tandis que son blouson atterrissait sur la bibliothèque et que ses chaussures à lui, pulvérisèrent le grand vase posé sur la console.  L’un comme l’autre ignora le fracas des morceaux qui s’éparpillaient sur le parquet. Nus come au jour de leur naissance, à une exception près, Myrella avait gardé ses bas prune, ils grognaient de plaisir. Tels deux animaux, en rut, ils se rudoyaient violemment. Myrella s’abandonnait sans retenue aux chocs puissants de son bassin qui cognait contre le sien. Couverts de sueur, ébouriffés, les sens exacerbés, il ne leur fallut pas longtemps avant d’atteindre le premier orgasme, puis un second tout aussi cataclysmique.  La peau de Myrella s’était teintée d’un délicieux rose et elle avait du mal à reprendre son souffle.  Qu’à cela ne tienne, blottie contre Aschyanno elle se laissa glisser dans une douce torpeur. 

    - Tu me rends fou Chouquette! Je t’aime, je t’aime, je t’aime! Il couvrait son visage de baisers, l’étouffant pratiquement sous la pression de ses bras.

    - Je t’aime aussi Bébé! Elle n’avait plus assez de force pour le lui prouver, mais ses yeux brillaient de milles feux.

    Elle prit soudain conscience qu’à aucun moment son esprit ne s’était évadé auprès de  Dante.  La réponse s’imposa d’elle-même. Elle aimait les deux hommes, de cela elle était certaine., mais de façon différente. Dante était un artiste qui se nourrissait de rencontres et de lectures, il l’apaisait par son érudition et le sexe était ludique avec lui. Pourtant il manquait quelque chose à leurs ébats.  Aschyanno lui, était un être pragmatique emplit d’idéaux qui recherchait la perfection dans chacune de ses actions. Il lui permettait les erreurs et les grains de folie sans en faire toute une histoire. Leurs joutes amoureuses étaient empreintes de brutalité tendre qu’il savait doser avec délicatesse.

    - N’avais-tu pas une réunion importante ce matin? Elle se risqua à lui rappeler ceci alors qu’il venait d’exprimer le désir de poursuivre leurs retrouvailles dans la chambre. Il ignora la question, se contentant de la soulever sur son épaule comme un sac de pomme de terre.  Une fois auprès du lit, il la catapulta sur le matelas. Ses rebonds la firent rire aux éclats. Il se demanda alors depuis combien de temps il ne l’avait pas entendu rire d’aussi bon cœur? Ses yeux brillants d’excitation et ses longues jambes gainées de prune l’incitèrent à renouveler la farandole des sens qu’ils venaient à peine de conclure. Un brin lubrique avec un soupçon de paillardise, il entama la gamme des caresses érotiques qui les conduirait bientôt au bonheur. Leurs langues exécutèrent un long ballet sensuel au cours duquel Myrella et Aschyanno, peau contre peau, s’exerçaient à souffrir sous le joug du plaisir. Ses hanches ondulaient chaque fois qu’il passait vigoureusement sa langue sur son intimité ruisselante. Quand ce fut son tour, elle lui rendit ses caresses avec savoir-faire et lorsqu’il s’insinua en elle, Myrella le remercia par un grand cri de satisfaction. Dante fut relégué à des années-lumière de leurs ébats. Elle se retrouva à califourchon sur Aschyanno, jouissant d’intenses sensations. Elle le chevaucha, joignant ses mains aux siennes, s’agitant et hurlant comme la plus redoutable des walkyries.  Les bras levés au ciel elle entama une radieuse cavalcade comme si cela devait être la dernière. Toutes tensions apaisées, Myrella s’endormit d’un sommeil de plomb car elle avait compris qu’Aschyanno serait toujours auprès d’elle à chacun de ses réveils.  Quant à Aschyanno, l’espoir s’était insinué dans en lui. L’espoir qu’un jour viendrait, proche, où Myrella oublierait jusqu’au souvenir de Dante…

    * Pour comparer ce texte avec le tout premier, allez dans l'onglet "Relectures", CHouQueTTe ( 1 ) & ( 2 )...

     


    votre commentaire
  •  

       ...La Bretagne est magnifique, je n’en connaissais que les passages obligés pour rejoindre l’E-T lorsque nous nous rendons aux Aspidies, mais là c’était le côté Saint-Nazaire et il faisait un temps superbe. En Région Parisienne, tu sais ce qu’il en est, lol, mon chéri choisi toujours le même hôtel hyper select et vraiment tranquille alors cela a été du repos. D’autant que leur spa est…. paradisiaque, carrément oui! Puis, il part bientôt pour le Sri Lanka, alors nous sommes allés passer quelques jours à Menton chez l’une des personnes qui l’a aiguillé pour sa spé. Je n’étais jamais allé à Porquerolles, ça vaut le détour. Oh vacation je ne sais que trop bien ce que cela veut dire crois-moi! Elle et sa copine disponibilité sont inséparables hahahaha! Cela dit, j’ai toujours su à quoi m’en tenir dès le début de notre relation alors je ne me plains pas. Et puis les retrouvailles n’en sont que plus festives n’est-il pas? Ash et moi avons toujours fonctionné ainsi alors je ne vois pas pourquoi cela deviendrait un problème lorsque nous serons mariés. Il part cinq semaines au Sri Lanka, et moi pendant ce temps je vais préparer notre cérémonie avec toute ma smala. Je ne suis pas triste de son départ car mon grand homme ne va pas en promenade sans moi, mais se rendre utile à des gens défavorisés. Il m’a demandé de choisir une destination pour l’année prochaine, alors j’ai le temps d’y réfléchir. Il apprécie la façon dont je gère ses absences et il m’en est reconnaissant. Je ne dis pas qu’il ne me manque pas, certaines fois plus que d’autres, mais grâce à mon écriture je reste stoïque et notre relation n’en est que plus intense. Plus encore qu’un couple en harmonie. (je ne parle de sexe là) Les yeux dans les yeux, nous avons des centaines de conversations, parfois même des divergences d’opinion. Il fut un temps où je lui ai vraiment mené la vie dure. J’adore le taquiner. Chaque fois que nous allons à la supérette du coin, je passe mon temps à lui faire remarquer combien les filles des caisses ne le lâchent pas des yeux. Je crois que le hâle de sa peau deviendrait rouge si cela se pouvait. Je me demande encore pourquoi il m’a choisi moi, au point que parfois cela me tracasse.  

    Euh… tu disais quoi au fait? Je crois que je me suis laissé emporter. Bien frisquette l’eau en BRETAGNE, pas Normandie, et de la soupe (28°) dans la piscine du mentor de mon chéri. C’est promis, je serais moins bavarde la prochaine fois. Je bénéficie d’une rémission (Mon scorpion ne me pique pas trop en ce moment. Peut-être est-ce ce nouveau traitement ou tout simplement les préparatifs de notre journée?) alors je profite de ce semblant d’autonomie pour me créer de beaux souvenirs pour plus tard.

    Ne te tue pas non plus à la tâche, ce qui ne se fait pas le jour-même se fait le lendemain, c’est mon ami Sam qui dit cela lorsque ses corrections le barbent. Cette fois je me carapate pour de bon. Madame Mymy cela va le faire ?

    Bisouilles et embrassouilles cher Bruno.

     


    votre commentaire
  • …Cela fait six ans aujourd’hui que ma tendre chérie est partie pour le grand voyage. Mes larmes ne se sont pas tout à fait taries!

    - Hééé la souris fais attention, tu vas décoller avec cette trottinette! Pat et Marcel m’ont enlevé pendant six jours. Bébé a eu un dossier important et imprévu à traiter à Cologne ce qui fait que je me suis retrouvé à sillonner la France en direction de la Bretagne pour le rejoindre en Région Parisienne. Les deux tourtereaux se sont offert un camping-car cinq étoiles pour remplacer l’ancien qui leur servait à se faire la main depuis trois ans. Je crois qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que je me fasse à cette vie-là ! Un six places pour deux c’est top. Plus tard ils comptent emmener leurs petits-enfants, et je suis sûre que les minots vont s’éclater. La «chambre», avec ses lits superposés, se situe à l’arrière. Ensuite il y a un salon-cuisine et une salle d’eau assez spacieuse si l’on aime prendre sa douche seule tout en se lavant les dents…
    J’ai adoré ce transport en mode nomade. Pat et Pappey s’essaient chacun à leur tour à la programmation du GPS et c’est folklorique! C’est comme cela qu’en direction de Nantes, nous nous sommes paumés et retrouvés dans un petit village dont le nom est Bléré. Il se trouve à côté du cher je crois, le camping est vraiment superbe avec beaucoup d’essences végétales centenaires! C’est ici que je me suis amusé comme une gamine avec la trottinette électrique de Pat. Elle a été obligée de s’en acheter une car certaines fois, ses talons sont extrêmement douloureux depuis son opération et elle a des difficultés pour marcher. Or donc j’ai emprunté son joujou pour faire le tour des lieux et j’ai failli l’exposer en passant trop rapidement sur un dos d’âne. Ce bidule peut foncer à trente kilomètres heure tout de même!
    Je tiens à préciser que je ne me permettrai jamais de juger qui que ce soit sur son apparence un peu… extra-terrestre. Seulement, grâce à Marcel, je viens de comprendre ce que veut dire «le ravi de la crèche». J’ai découvert cette expression pour la première fois lors de conver-sations virtuelles avec une personne de vingt-cinq ans mon aîné. Il employait souvent cette locution sans que j’en comprenne réellement la signification, mis à part qu’on le prenait pour un con je crois. Alors que Marcel et moi allions faire la vaisselle, nous avons croisé un monsieur, le regard béat devant un oiseau qui picorait des miettes sur le sol. Il n’était plus sur terre, la bouche ouverte et les yeux éclatés… Le terme idiot du village m’est soudain venu à l’esprit en le voyant aussi ravi du spectacle. Il n’a même pas répondu à notre salut, c’est vous dire. Marcel m’a soufflé doucement que c’était le «ravi de la crèche». Dans le genre ils ont aussi le «crétin des Alpes»! Apparemment, il existe de belles épithètes pour qualifier la balourdise en Rhône-Alpes. Au terme d’un parcours agréable, Marcel m’a déposé à quelques kilomètres de Brest. Guipavas exactement. C’est un aéroport et je me suis envolé pour Orly afin d’y retrouver Bébé à l’hôtel où il nous a réservé une suite pour quatre jours. Un peu de shopping-tourisme c’est agréable aussi. Et puis rien ne vaut un bon lit dans un trois étoiles -en fait c’est un cinq étoiles, mais certain(e)s vont encore trouver ceci prétentieux- Nous sommes loin l’un de l’autre depuis début juin, aussi les réjouissances sont assurées!
    One more thing, j’ai passé six jours très agréables, mais, désolé ma Patoche -je sais que tu lis ma prose- je suis dégoûté à vie de Brother Louie, du Gitan et d’En rouge et noir! Mais qui connaît encore Modern Talking, Daniel Guichard et Jeanne Mas de nos jours? Juju à raison, bientôt ce sera la croisière des années quatre-vingt (sourire)…
    Après ma visite chez monsieur J, j’avais besoin de réfléchir quant à la suite à donner à ce nouveau départ qui nous est offert. Bébé m’a félicité pour mon approche de la fontaine. Il a tellement confiance en mes capacités de guérison qu’il est réceptif à chacun de mes progrès. Mon futur petit mari -tout est relatif- est un joyau. Je n’ai envie que d’une chose, me blottir contre lui. Mes fesses sur le haut de ses cuisses, mes bras autour de sa taille, ma tête contre son épaule et je me moque bien que le monde s’écroule. Comment ça je mens? Oui bon, peut-être que de gros câlins sont au programme, mais ce sera notre secret à Bébé et à moi.
    Quand je pense réconciliation, cela ne veut pas dire que ce soit aussi simple que cela. J’ai trop souffert. Il y a peu encore, je me disais qu’il était hors de question de pardonner à ces «gens-là». Il se pourrait qu’à présent j’excuse une petite partie du comportement de mon père, sachant qu’il est «homme de terrain» dans l’âme et qu’il le restera jusqu’à sa mort. Je suis prête à admettre que personne n’est parfait, toutefois ayant gardé le souvenir de maman avec mon cœur de petite fille, il m’est impossible de croire qu’elle ait pu faire des erreurs -je suis consciente qu’elle a mal agi- mais c’est à papa que j’en veux pour les lui avoir laisser faire. Je ne vous ai jamais caché que j’étais compliqué. Monsieur j va devoir mériter ce pardon que, quelque part au plus profond de moi, je lui ai déjà accordé. Son histoire avec Jocelyne m’a tout de même exposé à une enfance très chaotique à cause du comportement de la marâtre qu’elle était. Malgré tout le mal que je lui souhaitais, je me refuse à me réjouir de sa déchéance à présent. Je constate que papa est malheureux et… je ne sais plus, tout est trop confus. C’est pour cela que je dois y réfléchir. Je ne veux pas m’attacher pour souffrir à nouveau plus tard. Lorsque je me retourne pour observer le chemin parcouru, je me dis que je suis à des années-lumière du temps ou mon «je ne ferais rien pour mourir, mais rien pour vivre non plus» m’avait valu un suivi psychiatrique draconien totalement… inefficace. Depuis que ma reconstruction est en bonne voie, je savoure l’instant présent et je verrais bien ce que cela donne. Je remercie sincèrement la personne -sans ironie aucune- qui m’a jeté au bord du chemin un jour de janvier, car grâce à elle j’ai touché le fond pour remonter définitivement à la surface. Merci infiniment d’avoir choisi pour moi.
    Si je m’étais imaginé, ne serait-ce qu’une minute, la besogne qui m’attendait avec la préparation de notre cérémonie, je crois que j’aurais été moins prompte à dire oui. Ce n’est pas vrai, je suis euphorique et Bébé complètement gaga. Je pourrais abuser, il dit oui à tout. Nous avons enfin fixé une date, ce sera à son retour du Sri Lanka, en août. Et cerise sur le gâteau, mes «loulous» seront présents à la «Petite Paix» ! Il est clair que je ne veux pas de réjouissances solennelles, mais d’une journée conviviale avec famille et ami(e)s. Hylam sera là avec femme et enfants, Sodishan fera la tronche, mais il a promis sa présence à son frère. Mumy et Phillip? Ils sont trop concentrés sur la réception qu’ils organiseront en septembre, alors je ne pense pas avoir droit à leurs félicitations de vive voix. Dire que cela me chagrine, franchement non. Je suis presque certaine que Ma Canaille aurait pourtant bien aimé que ses parents entendent son oui et… le mien!
    La pause curée c’est niet. Ferme et définitif. Tout comme moi Bébé préconise le «go fast» pour ce qui est du rituel obligatoire -je veux parler du passage en mairie- et ensuite nous nous laisserons guider par la cérémonie de nos vœux et promesses puis des compliments des invités. Les tantines, tradition oblige, nous ont compliqué la vie pour trouver une date qui satisfasse tout le monde. Selon elles, -plutôt les coutumes des années cinquante- pour un mariage heureux, il ne faut jamais s’unir en mai, juillet, septembre et novembre. Idem pour les lundis et vendredis, les neuf, dix-neuf et vingt-neuf! Pas simple croyez-moi, surtout lorsque je devais y inclure la visite des «loulous».
    Monsieur J, papa, souhaiterait que cela se passe au domaine. Je pense qu’il voudrait que «maman» ait un œil sur mon bonheur. Du coup, la mairie? J’ai encore une semaine ou deux pour réfléchir et Mon Fripon a reçu via l’ambassade tous les documents traduits. Nous sommes au top. Bébé est conquis par la tenue que je lui ai choisie. En août c’est léger et décontracté avec un rien de classe tout de même. J’aurais aimé les ensembles que nous avons achetés en Inde, mais je ne crois pas que cela fasse plaisir à tout le monde. Quant à moi, c’est secret d’état. Sachez seulemnt que j’ai banni le blanc de ma garde-robe pour ce jour-là. La nuit de noce, il me fallait y penser aussi. J’ai découvert un délicieux petit ensemble de lingerie qui devrait redonner de l’allant à mon Gingerbread après une longue journée de ripailles.
    Quand je disais qu’ils ne nous l’avaient encore jamais fait, je parlais de nos hôtes. Les bouées trempées des gosses sur les lits -joli- et les chaises pliantes «oubliées» sur la plage -normal- ils vont nous rendre chèvre cette année! Flo est catastrophée, j’avais omis de rentrer le châle écossais de maman que j’ai laissé sous la varangue, et skatter en a profité pour se faire les griffes dessus. Il est très abimé, mais pas irrécupérable m’a-t-elle affirmé. La nuit tombée je suis allée rendre hommage à ma chérie avec une lampe tempête à la main. Les amoureux qui se bécotaient contre l’olivier -je n’avais pas remarqué la voiture garée dans le chemin de terre en arrivant- ont dû me prendre pour une fada de la nuit. Bécoter, le terme est beaucoup trop soft vu la tenue décontractée de la demoiselle et la ceinture détachée de monsieur. Cela ne laissait aucun doute quant à la façon dont ils allaient occuper les dix prochaines minutes. Désolé mes chéris, vous ne connaissez pas les banquettes arrières?

    Je me moque de passer pour une hallucinée avec ma lanterne et il manquerait plus que je mette le feu à tout le quartier…

     


    votre commentaire
  •    …Je devais y retourner au printemps avec Bébé. C’est Monsieur J qui m’a réconcilié avec la fontaine!

    Lorsque j’ai commencé la rédaction d’un journal virtuel, j’ai fait ceci par défi, (suis-je capable d’écrire trois mots à la suite sans me ridiculiser?) puis par thérapie. Je livrais mes sentiments profonds à de parfait(e)s inconnu(e)s. Ensuite sont venus se greffer des lecteurs «intimes». Mon Sam, plus tard ma chère Pat (J’ai été fâché pendant de longs mois avec celle qui, maternellement, a œuvré à ma reconstruction) et enfin Bébé. Quasi quotidiennement, ces personnes se retrouvent dans mes écrits, aussi il est normal qu’elles en soient les lectrices. Aucune d’elle n’a à me donner permission, aucune. Ma Canaille sait que jamais je ne dévoilerais les dessous de ses activités. Il me fait confiance. Bonne mère, je me souviens la façon dont on m’a «fliqué» et cela me hérisse le poil à présent. Devoir rendre des comptes après chaque absence et chaque pétage de plomb m’était insupportable. Cette pression qui constamment me dévorait, je me suis aperçu du mal qu’elle me faisait le jour où je n’ai plus eu à la subir. Sous prétexte que j’étais en ruine… non je ne veux pas être méchante. Ce que j’ai accepté un temps, trop longtemps, comme la panacée, n’était en fait qu’une prison de plus. J’ai gagné ma liberté par mes larmes et mes erreurs. Á présent, je vis! Je mène mon petit bonhomme de chemin sans que Bébé soit toujours derrière moi pour me dire fais ceci ou fais comme cela ! Il accepte mes bêtises et mieux, il accepte que j’en fasse. Grâce aux séances de thérapie, j’ai compris pourquoi, pendant de longs mois, j’étais autant attaché à une personne bien plus âgée que moi. Pourquoi j’acceptais ses conseils et l’érudition qu’elle me prodiguait. Je voulais un père à tout prix! Comme cela ne se pouvait, j’ai laissé le pas à ce que je croyais être des sentiments plus profonds. Carrément licencieux oui ! Je sais maintenant que si rapprochement il y avait eu, cela ce serait terminé dès la première rencontre avec monsieur J! Le choc des pères en quelque sorte. Mon seul regret, et il est imprimé à vie dans ma mémoire, c’est de m’être comporté si mal. Je crois bien que je m’en excuserai encore pendant des décennies. Samedi en soirée, j’ai fait lire quelques-unes de mes compositions à monsieur J, à papa! Ai-je donc été aussi cruelle que cela dans mes mots pour qu’enfin il en soit touché? C’est vraiment triste pour lui, mais je n’en suis pas désolé. Je ne regrette rien de ce que j’ai écrit même si cela doit détruire ce qu’il a commencé à recréer. Une vraie relation père-fille. Malgré ce qu’il m’a appris récemment, une partie de moi se refuse à pardonner. Je sais, je suis une tête de mule, (mioule, dirait Bébé) mais l’accumulation de trop de souffrances rend parfois hermétique à celles des proches. L’on m’a pourtant souvent parlé de mon don d’empathie, alors, pourquoi est-ce qu’avec mons… papa, je reste dans l’incapacité de compatir? Je sais que ce que j’éprouve envers «la Joce» le rend malheureux. Pourtant, je suis catégorique, jamais je n’oublierai ce que cette femme a fait endurer à la petite fille puis à l’adolescente que j’étais. J’ai promis que le mieux que je puisse faire c’est ignorer ses provocations. Et encore… Il reviendra certainement à la charge, ma réponse restera la même. Je me connais, je vais pleurer à l’enterrement de cette chameau. De joie! En fait, je crois que la bataille est perdue d’avance, je la hais c’est clair, mais en l’observant dans sa chaise roulante samedi en fin d’après-midi, mon regard s’est soudain fait compatissant. Pour monsieur J, accablé de la voir dans cet état, et, jamais je n’aurais cru dire ceci, pour la pauvre personne qu’elle est devenue. Je crois que je préférais lorsqu’elle était en mesure de m’asticoter. Son regard est éteint, elle a beaucoup de mal à s’exprimer et elle s’est alourdie d’une bonne quinzaine de kilos en quelques mois. Chose qui inquiète les médecins, elle «yoyotte du ciboulot» fréquemment. Pardon, un peu de correction. Côté neurologique cela deviendrait alarmant et la bipolarité n’expliquerait pas ces symptômes. Sa capacité à se déplacer est restreinte, ce n’est pas son poids car elle n’est pas obèse non plus, mais il se pourrait que ses fonctions motrices et cognitives soient mises en cause. Le neurologue pencherait plutôt pour un léger AVC. Elle a eu droit à toute une batterie d’examens, pourtant aucune réponse vraiment claire n’en ressort. En attendant le mieux, un kinésithérapeute, une ergothérapeute, une orthophoniste et un psychologue se succèdent à son chevet dans la maison de soins où elle réside. Tous les quinze jours elle vient, en compagnie d’une infirmière privée, passer un week-end au domaine et malheureusement je crois que ce n’est bon ni pour elle ni pour mon père. Je comprends qu’il erre fréquemment comme une âme en peine chez les tantines. Je l’y ai croisé vendredi en soirée et du coup, il a exprimé le besoin de me conduire au domaine. Et bien figurez-vous que j’ai accepté l’invitation. Monsieur J a un SUV confortable alors…

    Il me suffit d’admettre que grâce à ses croyances, Bébé a perçu celle pour qui mon cœur saigne encore…


    votre commentaire
  • …Guillaume a eu soixante-sept ans en avril de cette année et il tient encore le cap!

    La retraite ce sera pour plus tard dit-il. Je veux bien le croire, les ans en plus, il est resté tel que dans mon souvenir. Qu’aurait fait monsieur J sans lui? Il faut le reconnaître, c’est ce brave Guillaume qui a géré le domaine lorsque mons.. papa était en mode GI Joe! Toutes minots, nous lui en avons fait baver Miriette et moi. Quand je me suis retrouvé seule avec la marâtre qui me poussait à bout, j’allais me réfugier aux remises. Lui, peut dire le nombre de fois ou je m’y suis caché pour pleurer. Au moment des fêtes je l’avais aperçu de loin, mais là, il est venu me saluer et je crois que son cœur battait aussi fort que le mien! Lui parce qu’il était heureux de ma visite et moi parce que Bébé n’était pas là pour me protéger. C’est la première fois que je revenais seule au domaine. Je ne sais pas exprimer ce que je ressens. Une victoire sur moi-même? La promesse d’un avenir plus serein? Des liens qui se retissent? Franchir la première marche de la rédemption? Quoi qu’il en soit, j’ai une confiance inébranlable dans le discernement de Ma Canaille. Il savait que j’étais prête… Cela fera vingt-quatre ans en septembre que la source aura cessée de chanter. Dans une semi-obscurité teintée de brume de chaleur, j’aperçois le bassin asséché de la fenêtre de notre ancienne chambre où je suis allé me réfugier. La maladie de Jocelyne ( juste un peu de courtoisie) me déstabilise. Ce n’était pas au destin de la punir de sa méchanceté, mais à moi et je suis persuadée que malgré ma haine, j’aurais été moins féroce. J’ai assisté à l’un de ses malaises et j’en suis bouleversé. Entre convulsions, apathie, et plaintes de détresse, elle s’est oubliée sous elle. Jamais je ne pourrais faire l’impasse sur le regard qu’elle m’a lancé en découvrant ma présence. Question vengeance, là j’aurais du me sentir mieux. Je ne suis que tristesse pour papa et je crois que j’éprouve même de la compassion pour cette femme. Je suis sûre à présent que monsieur J est venu me chercher parce qu’il ne voulait pas rester seule avec sa femme ces deux jours! Plusieurs fois il m’a fait comprendre que si je désirais venir me ressourcer je serais la bienvenue. Je le désire tellement, mais cela se passerait mal. Maman n’aimerait pas que je laisse sa maison dans cet état. Tous les ocres des murs sont à refaire, chacun des meubles devraient être dépoussiérés et passés à l’encaustique et… un grand ménage s’impose! Je suis désespéré de constater combien notre maison a été malmené par madame J! Les faïences de la cuisine et des salles de bains ont une telle épaisseur de crasse que cela en est repoussant. Il faudrait du décapant pour restaurer les couleurs lavande et ocre. Je me moque de sentir le loup en partant d’ici, mais il est hors de question que je prenne une douche dans cette porcherie! Pourtant à Noël cela ne m’avait pas paru aussi souillé? Samedi en fin de matinée, pendant que madame était à la sieste après sa toilette, j’ai fait le tour des chambres et des couloirs, tous les textiles d’ameublement tissés aux écussons du domaine seraient à refaire et quant aux tentures provençales je ne parlerai pas de leur état. Je sais que monsieur J n’était pas souvent présent, mais là tout de même? Franchement je ne tiens pas à le vexer alors j’évite d’en parler cette fois-ci, toutefois, je serais partante pour qu’une société de nettoyage passe remettre à neuf la pauvre maison de maman. Je prendrais volontiers les frais à ma charge si cela pouvait lui rendre son aspect d’antan. Je saisis pourquoi à présent, les membres de notre famille rendent visite à papa de loin en loin. Ce sont les cousines et mes tantes qui avaient fait le ménage pour Noël me dit la personne qui prépare les repas lorsque la marâtre est au foyer. Il y aurait bien besoin d’une personne comme Flo pour prendre soin de mon père. Du moins de son confort car, merci bonne mère, il a une santé de fer. Samedi après-midi je suis allée chercher un quad au garage. Après une courte prise en mains au cours de laquelle j’ai failli emboutir une moto garée devant l’entrée, je suis parti me balader. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mise à pleurer comme une madeleine. J’ai été obligé de m’arrêter, je n’y voyais plus rien et évidemment il a fallu que je me fasse surprendre. Gilles (enchanté de faire votre connaissance) blond, la quarantaine, beau garçon (et il le sait), est le régisseur en second du domaine depuis mars. Il apprend les ficelles du métier avec notre Guillaume. (accessoirement l’on aurait pu me tenir au courant) J’ai eu le bon sens de stopper près de la nouvelle figueraie où il inspectait les pousses d’avril. Après les politesses d’usage où je lui fait savoir que je suis la fille du boss, (ça remet les choses à leur place) il m’offre son dernier mouchoir en papier et une conversation portant sur la météo du jour, (scoop: la moto que j’ai failli écrabouillé devant le garage lui appartient) conversation brève au terme de laquelle je suis reparti comme si j’avais vu le diable! Malgré l’immensité du domaine, je n’ai trouvé qu’un seul endroit pour sécher les larmes de ma liberté retrouvée… Ivre d’avoir reconquis l’indépendance de mon enfance sur le terrain de mes racines, j’ai pratiquement vidé le réservoir du quad. J’ai divagué des vignes aux oliviers, de la chapelle aux mûriers, puis du long de la rivière à la lisière des terrasses. Toutefois j’ai soigneusement évité l’allée de pins qui conduit à la fontaine. Pourtant, malgré moi quelque chose m’y attirait. Je me suis souvenu de ce qu’avait dit Ash lors de notre balade à Noël: au printemps tu devais aller au bassin, seule. Dans douze jours nous sommes en été! Bébé est intuitif, mais là je crois qu’il s’est bel et bien planté ! J’ai redémarré le quad et tenté une approche, mais à l’orée de la frondaison, j’ai capitulé. Je ne pouvais pas aller plus loin, c’était plus fort que moi. J’ai rebroussé chemin. Un quad, même bien entretenu, est un quad. Le moteur pétarade et ce n’est pas propice à l’écoute des chants d’oiseaux ou à la méditation. Je veux dire par là que c’est très bruyant. Alors que je slalomais entre les troncs noueux, soudain pressé de rentrer, j’ai entendu un… appel? Je dois certainement être parano, mais cette plainte m’a un bref instant coupé le souffle, comme si elle venait de l’intérieur de moi-même. Je comparerais ceci à une explosion. Prière? Supplication? Invitation? Colère?

    Le rire des deux fillettes insouciantes que nous étions Miriette et moi a envahi ma tête…


    votre commentaire
  • …Je hurle en regardant le fantôme de Miriette s’enfoncer dans l’onde glacée du bassin!

    Une fois encore Gilles a du me prendre pour une folle. Il enfourchait tranquillement sa moto lorsque j’ai déboulé comme une tornade. Il a vu que quelque chose n’allait pas, mais je ne lui ai pas laissé le temps de poser des questions. J’ai garé mon engin, (enfin quand je dis garer cela tiendrait plus du poser au milieu de l’entrée des boxes) et je suis partie en trombe vers la maison. Oui Gilles, mademoiselle J a un pet au casque! Fermez le portail… Il paraît que j’étais blanche comme un suaire lorsque je suis arrivé. Monsieur J inquiet a demandé à l’infirmière de la «Joce» de m’examiner et évidemment, elle n’a rien descellé de terrible. Ma tension était certes un peu élevé et j’étais épuisé. Je me suis endormi sur le sofa après avoir avalé un demi litre d’eau. J’étais tout simplement déshydraté. C’est ce fichu cauchemar qui m’a réveillé… Le repas a été éprouvant en compagnie de Jocelyne qui a passé son temps à faire damner mon père et sa garde-malade. On ne lui avait pas fait sa toilette ni donné les bons médicaments, son potage était froid, (euh… c’est le principe du gaspacho je crois?) il n’y avait pas assez de jambon dans la quiche (c’était des lardons fumés) et elle voulait du miel avec sa faisselle! Bref ma compassion en a pris un sacré coup. Ce qu’il y a de bien c’est qu’elle ne m’adresse plus la parole. Enfin tranquille à vingt et une heure, j’ai rejoint Bébé sur «skippie». Il est extrêmement fier de moi. Lui ayant fait part de ma frayeur de l’après-midi, il m’a encouragé à me rendre à la fontaine. Pourquoi pas avec monsieur J? Il était tard, mais je suis allé rejoindre mon père au salon. (il ne doit pas beaucoup dormir quand sa femme est là) Nous avons parlé de tout et rien, puis il s’est intéressé à mes écrits alors il a eu droit à une séance de lecture qui je crois lui a donné à réfléchir. En fait, l’idée de Ma Canaille a fait son chemin, et… Le ciel n’est pas de la partie, mais je dirais qu’il est en parfaite harmonie avec ce que nous ressentons papa et moi. Il est nuageux et nos cœurs aussi. Le sentier sous les pins est trop court à mon goût car nous atteignons rapidement la frondaison. Mes jambes se font soudain de plomb. Jamais je n’aurais imaginé qu’il nous connaissais aussi bien Miriette et moi, si monsieur J ne s’était pas mis à égrener nos bêtises de petites filles que seule maman était censé connaître! J’ai fait un pas, puis deux, captivé par la narration des trop rares moments de bonheur qu’il a connu avec nous trois. Le bassin était là, devant moi, à la fois attirant et effrayant. Un rayon de soleil a percé les nuages et illuminé les marches en pierres de taille. Papa a pris ma main et ensemble, nous avons gravi l’escalier sans difficulté. La mousse a disparu, desséchée par le manque d’eau. Anxieuse, j’ai failli trébucher. J’ai pourtant lâché la main de mon père pour parcourir les dalles, et je me suis assise jambes pendantes dans le réservoir vide. Le chagrin bienfaisant que j’avais retenu si longtemps se répandait silencieusement sur mes joues. Je ne sais pas à quel moment Monsieur J s’est éclipsé, mais lorsque je me suis retourné il n’était plus là. Quelque part je lui en suis reconnaissante car ce que j’exprimais était destiné à Miriette et rien qu’à elle. J’étais épuisé émotionnellement en quittant les lieux, mais je marchais d’un bon pas. Ce n’était plus une fuite mais le désir de me protéger des rayons ardents du soleil! Alors que je venais de rejoindre l’ombre des pins, je me suis retourné une dernière fois pour m’assurer que personne ne me suivait. Je sais, les provençaux sont parfois un peu toqués! Ma sœur ne rôde pas sur nos terres, j’en ai conscience. Elle est dans mon cœur et dans celui de tous ceux qui l’ont aimé. Cependant, mon besoin de prolonger le moment de sérénité qui m’a envahi depuis que j’ai fait la paix avec moi-même me fait apercevoir le tableau qu’affectionnait ma chère maman. Dans un halo transparent de chaleur, Miriette et moi rions aux éclats en nous éclaboussant. En y regardant bien c’est mon avenir que j’aperçois ici… De retour vers seize heures nous avons assisté au départ de Jocelyne qui a gratifié mon père d’un gros caprice en remerciement du week-end! Cela ne me regarde pas… Accablé, papa a suivi des yeux le VSL qui la reconduit au centre de soins. Il ne m’a pas dit trois mots en me ramenant à la «Petite Paix». Je n’enterre pas encore totalement la hache de guerre, mais je me dois de lui offrir l’hospitalité car je n’ai pas envie de le savoir sur la route, en pleine détresse. Il ne restait pas grand-chose dans le réfrigérateur, mais «moins d’ingrédients il y a, meilleur est le plat» dit souvent Mamaiette. Salade de tomates aux cubes d’avocat, jambon cru-bleu d’auvergne sur toasts et pêches blanches. De toute façon nous n’avions pas très faim ni l’un ni l’autre. Puis côte à côte, bien installés dans le canapé, nous regardons l’un de mes DVD.

    Instants précieux où je souhaite de tout cœur que bonheur rime avec chaleur…


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique