• A TRiP FoR TWo ( III )...


    …Bleu outre-mer, bleu azuré, bleu céleste, bleu turquoise. Le temps est superbe!
    Les journées en excursion sont épuisantes car très intenses. Musées, monuments, macaques surexcités, églises, parcs végétaux, ports de renom, vestiges, châteaux, rocher extraordinaire, rues de caractère et… jour après jour nous découvrons des villes stupéfiantes, des paysages magnifiques et les spécialités culinaires qui vont avec. Grandiose et émouvante, j’en ai eu les larmes aux yeux. Je ne sais pas d’où Gaudi tenait son inspiration, mais au pied de la Sagrada Familia je me suis senti fourmi. Bébé n’aime pas. Même inachevée -peut-être en deux mille vingt-deux à ce que dit le guide- la structure est fabuleuse et utopique à la fois.
    Les vagues se sont faites joueuses pour notre dernière journée en pleine mer. Bébé et moi trouvons cela amusant de les voir danser. Personne n’aura le mal de mer, tout bon navire de croisière qui se respecte à un stabilisateur performant. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Amal présent dans notre coursive afin de rassurer certains passagers inquiets. Ce cher Amal, -je l’ai surnommé ‘‘cinq euros’’- nous a finalement obtenu une table pour quatre personnes dans la salle de restaurant. Nous la partageons avec un couple de britanniques déjà d’un âge, mais tous deux sont charmants. Peter et Henry. Chaque soir nous les rejoignons avec plaisir. Et pas question de quitter la table avant le dessert.
    Comme dans le dessin animé de Hayao Miyazaki, je suis devenu la petite fille qui découvre sa cité dans les airs. Une ville de quatre mille quatre cent cinquante âmes qui fourmillent à toute heure du jour et de la nuit. Je ne sais pas comment fait le personnel, mais ils n’ont que sept heures de sommeil et une heure trente de pause dans la journée. Ils m’impressionnent. La plupart des corps de métiers sont présents sur le navire, il y a même un cordonnier dans l’une des boutiques chaussures luxe. Bars à thèmes, casino, restaurants, tout est fait pour que les passagers se sentent à l’aise. Et l’on s’y sent. Les spectacles du navire sont de bonne qualité, mais Bébé et moi sommes en voyage de noces, alors nous nous adonnons à des divertissements qui ne se réalisent qu’en huis clos.
    J’ai fréquenté ponctuellement le spa et ce que j’y ai découvert me pousse à m’enquérir dès mon retour d’un établissement qui pratique ce genre de soins. Dans l’hôtel où Bébé et moi allons parfois nous faire cocooner en région Parisienne, ils ne connaissent pas. Ici l’on m’a proposé un soin régénérant associant aromathérapie, huiles essentielles et massage par de puissants jets d’eau de mer. C’est fabuleux. J’en suis ressorti prête à …m’envoler! Il en est de même pour la stone therapy que j’appréhendais un peu. Certes les pierres sont chaudes, voire brûlantes, mais leur manipulation rapide évite les éventuelles cloques. En sortant de là, je me suis senti vidé. La Bébéthérapy me fait le même effet. Oups!
    Petite anecdote? L’instant libertin que les deux dévergondés que nous sommes se sont offerts dans une ruelle peu passante a failli nous faire rater l’embarquement de dix-neuf heures. C’est la faute de Bébé aussi. Quel besoin avait-il de m’enlacer d’aussi près? Ma Canaille sait se faire très sensuel quand il veut m’aguicher, et ma cuisse entre ses jambes n’a pas calmé le jeu. Je n’aurais pas aimé que l’on nous surprenne, lui les fesses à l’air et moi mon string sur les cuisses.
    Oui, ben quand c’est demandé aussi gentiment je n’ai jamais su dire non. Nous étions enlacés très étroitement vu le peu de place dont nous disposions. ‘‘Je vais visiter ton temple ma chérie’’, espèce d’idiot nous sommes en pleine rue! Il trouve encore le moyen de me faire rire cet affreux jojo. Ses petits mouvements sont très agréables, bref, le pas de porte dudit temple est plus que sollicité et le résultat est assez violent. Je dois dire, sans m’en défendre, que cela n’est pas déplaisant d’être aux aguets, cela démultiplie les sensations. Deux animaux, plaisir assuré…
    Nous savourons chaque instant de ce voyage.
    Notre seul regret sera de n’avoir pu assister à l’évolution des dauphins autour du navire. Bébé et moi les avons souvent guettés de notre balcon, mais ils se sont faits discrets, c’est dommage, l’on nous avait vanté cette attraction. Par contre nos amies les mouettes accompagnent le navire aux arrivées et aux départs des ports. Elles sont flippantes lorsqu’elles volent à hauteur de balcon, elles attendent qu’on leur jette des gâteaux ou des fruits. L’on nous a recommandé de ne pas le faire. N’en déplaise à monsieur Grey, j’aime la désobéissance. Un matin, l’une d’entre elles s’est carrément posée sur la balustrade et guignait sur ma grappe de raisin. Elle a apprécié que je lui en lance des grains. Il fallait voir avec qu’elle vélocité elle les attrapait en vol. Franchement, nous avons adoré ces onze jours. Cependant, toute bonne chose a une fin.
    Ce soir c’est la soirée du Commandant. Dress code oblige, Bébé a revêtu son beau costume et moi une robe de cocktail. Je ne veux pas me vanter, mais grâce à l’huile revitalisante que m’a conseillé une amie, mes cheveux -très abimés par les médicaments que je prends au quotidien- se sont fortifiés et ont bien repoussé. Daenerys a du souci à se faire. Le coiffeur du bord m’a confectionné un apprêt très original. Cela consiste en une queue de cheval dont la partie supérieure est tressée puis nouée de façon à réaliser un beau nœud kiki. C’est vraiment réussi.
    Le Commandant? An iron fist in a velvet glove. Il serait estimé par tout l’équipage dixit Amal. Une fin de cinquantaine, trapu, l’air avenant, toutefois le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne se perd pas en salutations inutiles. Ça me va. Cela a été une excellente soirée et nous en avons profité pour prendre correctement congé de Peter et Henry.
    Un brin nostalgique, nous préparons nos bagages et les mettons sur un chariot dans la coursive car ils vont être enlevés dans la nuit puis nous profiterons une dernière fois du terrain de jeux magique qu’est notre cocon.
    Après un dernier tour du propriétaire nous allons attendre dans le salon prévu pour les occupants des suites. Vérification faite des factures, après avoir fait supprimer les frais de charges de notre compte, Ash avait largement gratifié le personnel à notre service. D’ailleurs je trouve plus équitable que les pourboires aillent aux personnes qui ont faits de notre croisière une superbe expérience. Enfin ce n’est que mon avis. Amal a eu un plus car il s’est vraiment investi dans son travail avec efficacité et discrétion.
    Déjà l’ultime scan de notre carte de bord, puis nous allons récupérer les bagages qui nous attendent au terminal. Ils sont pesants de bons souvenirs.
    Je ne veux pas paraître inconvenante, mais notre retour de voyage de noces est gâché…

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