• Le MaNoiR

       …En maugréant contre la stupidité des hommes, la jeune femme gara sa voiture sous l’un des vieux hêtres, à l’entrée du parc. Au beau milieu du chemin qui conduisait au parking du manoir, se trouvait un énorme 4/4 de chantier et personne derrière le volant. Elle verrouilla sa petite mini en tempêtant contre ce sans gêne puis elle remonta l’allée à pied en direction de l’encombrant véhicule. En passant près du pick-up elle lu sur la portière le nom et la raison sociale de l’indésirable. Aubyn VENEL, espaces verts et jardins d'agréments.

    – « Encore un ! » se dit-elle furieuse.
    Son oncle devait avoir de nouveau contacté un artisan pour façonner en un bel aménagement la prairie en jachère qui jouxtait le parc. Cette bande de pré laissé à l’abandon depuis des années commençait à dénaturer les lieux et empiéter sur le jardin paysager bien entretenu devant le castel. Une demi-douzaine de techniciens paysagistes de la région avaient déjà étudiés la parcelle mais aucun des projets n’avaient abouti, trop compliqués à réaliser, trop coûteux pour le rendu, trop inesthétiques ou trop prétentieux pour l’endroit. Comme à chaque fois l’oncle Jules râlait puis mettait les plans sous la liste de travaux remis à l’année suivante. Leyxhia aimait beaucoup cet endroit à cause du méandre de la rivière qui bordait la prairie en friches. Un buisson d’aubépine y avait poussé d’aventure et il était si beau que Leyxhia l’avait photographié à toutes les saisons. Elle avait même fait un cliché une nuit d’été et sous la lumière du flash le bosquet ressemblait à l’un de ces monstres que l’on décrit aux enfants le soir pour qu’ils ne se lèvent pas la nuit. Protégée du soleil par les arbres, l’herbe de la pâture abandonnée était toujours verte, suivant l’heure de la journée elle tirait entre le vert malachite ou le vert sauge. Luisante et mouillée les jours de pluies elle était d’un vert sapin chatoyant. Leyxhia contourna le 4/4 puis monta le chemin d’un pas décidé en direction de l’imposante bâtisse. Elle gravit le monumental escalier qui l’amena directement sur l’immense terrasse devant l’entrée principale et elle entra en claquant la porte derrière elle. Leyxhia aurait aimé avoir ce malotru devant elle, la jeune femme lui aurait signifié sa façon de penser. Le lendemain matin, Aubyn s’était réveillé très tôt car il voulait étudier une dernière fois le terrain avant le lever du soleil et examiner les courbes de la prairie aux premiers rayons naissants. Perfectionniste celui-ci voulait disposer le bassin au bon endroit afin qu’il sublime le pâtis à toute heure de la journée. Dans sa tête tout était déjà en place et il voulait en informer rapidement son éventuel client. Il faisait déjà très doux mais la rosée perlait encore sur les feuilles et donnait à l’herbe cet aspect de mer calme les soirs d’été. Le regard étudiant la perspective et tout à ses calculs, il ne vit pas immédiatement la jeune femme qui approchait dans sa direction. Leyxhia avançait lentement, profitant de la fraîcheur matinale pour cette promenade solitaire qu’elle s’octroyait avant de rejoindre les invités de son oncle Jules. En effet, pendant les trois mois d’été, le manoir était investi par les randonneurs qui visitaient la région riche en monuments et ruines moyenâgeuses. Jules Brismont louait les vingt deux chambres du manoir familial afin d’entretenir correctement celui-ci. Chaque matin dès huit heures, Leyxhia s’appropriait la salle à manger du manoir transformé en maison d’hôtes et officiait comme une parfaite maîtresse de maison. Elle proposait aux invités des boissons chaudes, des jus de fruits fait maison, des viennoiseries, des fruits, et des céréales, le tout agrémenté de sa bonne humeur et de son sublime sourire. Ayant remarqué que certaines personnes préféraient le salé plutôt que le sucré elle avait innové cette année en faisant rajouter au buffet des œufs, du fromage, du beurre frais moulé et elle s’était offert les services d’un cuisinier pour qu’il confectionne des charcuteries, des salades composées et divers pains de campagne. Les hôtes ne quittaient pas les tables avant neuf heures trente tellement ils étaient conquis par sa convivialité et l’excellence des produits qu’elle proposait. Son oncle Jules avait bien essayé de protester au début, car la mise en place représentait un investissement de départ important. Mais quand Leyxhia lui présenta la recette de la première quinzaine rien que pour les petits déjeuners, il lui laissa carte blanche pour la suite de la saison. Las de devoir jeter les restes car il était interdit de les resservir le lendemain Leyxhia cherchait une idée pour n’avoir pas à balancer de la nourriture à la poubelle alors que trop de gens en était privé. Un matin elle eut une idée de génie en voyant un gamin mettre dans sa poche le reste de sa brioche entamée.
    – « Elle est bonne, c’est pou’ mon goûter ! » Avait dit le bambin à sa mère qui le réprimandait.
    Depuis, pour une poignée d’euros, Leyxhia proposait un pic nique correct à ceux de ses pensionnaires qui partaient en randonnée pour la journée. Ainsi, emballés proprement, fruits, jus de fruits, tartes, pains, salades composées et charcuteries ne finissaient pas à la poubelle et tout le monde y trouvait son compte.
    Lorsqu’Aubyn découvrit Leyxhia dans son champ de vision, il n’en crut pas ses yeux. Chaussée de bottines jaunes citron, ses longues jambes gainées d’un jean très moulant, la jeune femme progressait à petits pas dans l’herbe, jouant à laisser des traces comme pour y graver un sentier que de temps en temps elle suivait en revenant sur ses pas. Sous la lumière du petit matin, la masse de ses cheveux bruns divisée en deux couettes tressées, lui donnait l’aspect d’une squaw. Elle cachait ses mains dans les manches longues d’un large pull bleu qui lui recouvrait les fesses. Toute à ses arabesques elle ne remarqua pas Aubyn et poursuivit sa dance insolite autour d’un arbuste d’aubépine fort imposant. Elle en fit plusieurs fois le tour, imitant un rite païen venu du fond des âges ou comme les adeptes la jeune femme dansait pour la régénération des végétaux. Leyxhia virevoltait en faisant le tour de l’aubépine puis recommençait ses signes cabalistiques au sol. Aubyn suivait son manège du regard tout en se demandant à quoi rimait ses allées et venues, tout comme ses contours et détours qu’elle exécutait dans l’herbe humide. Soudain il se rendit compte qu’elle esquissait des lettres et il déchiffra un L majuscule suivi d’un e puis d’un y et ensuite peut être un s, mais comme il ne distinguait pas parfaitement alors il supposa que la jeune femme écrivait sans doute le prénom de son amoureux dans la pâture détrempée. Aleyxhia aperçut enfin Aubyn qu’elle salua d’un signe de la main avant de poursuivre son chemin, il lui rendit son salut et la regarda s’éloigner. Pendant un court instant il regretta presque que la jolie jeune femme n’ait pas interrompu ses dessins pour lui tenir conversation. Sa concentration s’effilochant, il rentra à son tour au castel pour préparer correctement ses plans. Jules Brismont lui avait prêté gracieusement une chambre pour deux ou trois jours et il comptait bien en profiter pour travailler au calme et dans un cadre sympathique. Il plongea sous la douche, se changea et se fit monter un succulent petit déjeuner avant de s’immerger dans ses annotations, calculs et agencements. Le soir même, si tout allait bien il serait peut être en mesure de présenter son projet à son client. Leyxhia finit son service et libre pour le reste de la journée elle alla s’installer sur la grande terrasse. Allongée sur un bain de soleil, à l’abri des regards, elle retrouva avec plaisir la page cent quatre vingt seize de « l’écume des jours ». Boris Vian avait écrit : « Il s’assit au bord du trottoir et pleura encore. Ça le soulageait beaucoup et les larmes gelaient avec un petit crépitement et se cassaient sur le granit lisse du trottoir ». Des petites perles d’eau salée coulaient malgré elle sur ses joues à chaque fois qu’elle lisait ce passage, et deux à trois fois par an elle aimait relire cet ouvrage. Elle essuya ses larmes d’un revers de la main et tourna la page. Aubyn descendit les marches quatre à quatre et il déboula sur le côté droit de la terrasse dont il admira le sol aux tommettes impeccablement posées. Il s’approcha de la balustrade et il ne put s’empêcher de s’exclamer haut et fort :
    – « Mais oui bien sûr Versailles et la perspective de ses jardins, voilà ce qu’il me faut ! ».
    Satisfait de sa trouvaille, il s’assit sur le granit de la rambarde et découvrit alors Leyxhia à l’abri de la glycine, étendue sur un moelleux coussin. Assoupie, la jeune femme tenait un livre dans sa main droite posée sur son ventre, son bras gauche pendait négligemment en dehors du transat; cette pose alanguie le remua quelque peu d’autant qu’une légère brise soulevait la jupe de Leyxhia, découvrant ses cuisses parfaites et même un peu plus de son anatomie au gré du souffle plus où moins fort. L’une des bretelles de son docker avait glissé de son épaule et la naissance de ses seins était plus que dévoilée. A plusieurs reprises lorsque une légère bouffée effleurait ses cheveux de jais, une mèche brune venait caresser sa joue délicatement, Aubyn aurait aimé avoir son nikkon sous la main. Silencieusement, il s’esquiva, laissant un rêve à ses rêves.
    Leyxhia avait été réveillée par l’exclamation d’Aubyn mais elle fit semblant d’être toujours endormie afin de pouvoir l’observer entre ses paupières. Elle ne savait pas quel âge lui donner mais proche de la cinquantaine certainement. Elle lui trouvait belle prestance et un petit quelque chose d’attirant dans son regard.
    En fin de journée Aubyn Venel exposa en termes clairs à Jules Brismont ce qu’il envisageait pour ce lopin de terre en friches. Tout d’abord il lui parla de la situation du champ qui offrirait un panorama magnifique vu de la terrasse, il avait donc décidé de travailler en fonction de cela. Au fur et à mesure qu’il proposait ses agencements, Leyxhia voyait son oncle Jules se détendre. Il n’y avait pas de terrassements compliqués à faire, Venel utiliserait la déclivité naturelle pour aménager un bassin au centre du terrain, il garderait en partie les plantes de la rivière puisque c’est son eau qui allait alimenter le petit canal qui remplirait le réservoir. Leyxhia ne savait pas si l’artisan avait deviné qu’elle aimait l’aubépine mais il l’avait incluse dans la déco près du plan d’eau. Elle était conquise par l’association de l’eau du végétal et de la pierre. Décidemment il avait tout compris et la vision de cet ensemble de la terrasse était le plus qui fit que son oncle Jules approuva le projet, trois jours plus tard Venel apporterait le devis. Songeuse Leyxhia allait sortir du bureau de son oncle lorsque qu’elle l’interpella :
    – « Mr Venel ? Je suis très heureuse que vous n’ayez pas sacrifié l’aubépine et… ! » Commença-t-elle.
    – « Aubyn, je vous en prie, appelez moi Aubyn ! » La coupa-t-il aimablement.
    – « Alors merci…Aubyn, j’aime tout particulièrement ce cenellier et de voir que vous l’avez intégrer dans la partie repos de l’aménagement, cela me ravit ! » Conclu-t-elle. Puis elle reprit :
    – « Dites moi vous venez de dire à mon oncle que votre devis serait prêt dans trois jours, aimeriez-vous nous le confier lors de la soirée que nous organisons vendredi pour les clients, nous vous y invitons avec plaisir ! » Elle avait lancé l’invitation sans concerter son oncle mais elle savait que celui-ci n’y verrait pas d’inconvénient.
    – « Je vous remercie Lexy, ce sera avec plaisir ! »Répondit-il. Surprise Leyxhia accusa le coup, personne ne l’avait appelé ainsi depuis que sa mère était morte, mais elle se reprit rapidement.
    – « Ce sera une soirée habillée Mr Ve … euh … Aubyn ! » Précisa-t-elle en butant encore sur son prénom.
    – « Alors je sortirai ma jolie cravate ! » Prononça-t-il en la gratifiant d’un clin d’œil complice. Elle s’éclipsa, laissant les deux hommes entre eux pour spécifier les dernières modalités d’une ébauche de contrat et juste avant qu’elle ne referme la porte, elle entendit son oncle Jules proposer une chambre à demeure au second étage à l’entrepreneur le temps des travaux. Leyxhia ne s’expliqua pas pourquoi la réponse affirmative d’Aubyn la rendit si heureuse.
    La soirée avait débuté à dix neuf heures trente; le lunch était dressé sur la grande table de la salle à manger et les hauts parleurs diffusaient une musique reposante pour le moment convivial que proposaient les habitants du manoir à leurs hôtes. Dispersés sur la terrasse ou dans les bergères disposées le long des murs, les pensionnaires de Jules et Leyxhia Brismont semblaient tous parfaitement à l’aise. L’espace vide créé au milieu de la pièce était occupé par quelques danseurs amateurs de slows romantiques. Leyxhia, en parfaite maîtresse de maison, déambulait entre chaque groupe, proposant à ses invités de s’approcher du buffet ou de prendre une boisson fraîche. Elle papillonnait des uns aux autres, lorsque grand, mince et vêtu avec correction, elle vit arriver Aubyn Venel. Un grand sourire illumina ses lèvres et elle se dirigea immédiatement vers lui pour le saluer. La jeune femme qui venait à sa rencontre était splendide; les cheveux relevés en chignon et sa robe de soirée fendue jusqu’à mi-cuisse donnait l’air un peu plus âgé à Leyxhia, Aubyn en avait le cœur qui battait la chamade. Ils passèrent une demi-heure à échanger des propos communs puis la jeune femme retourna à ses hôtes.
    Passé minuit Leyxhia commençait à trouver que la soirée s’éternisait en longueur, tous s’amusaient et sa présence n’était e8492c97plus indispensable alors dès qu’elle en eut l’opportunité, elle s’éclipsa sur la terrasse, près de la glycine où régnait une obscurité apaisante. Assise dans le noir sur la balustrade, elle recréait en image dans sa tête ce qu’allait façonner Aubyn pour l’aménagement du futur jardin de détente. Un petit canal, creusé à partir de la rivière et tapissé de pierres du Rhône, agrémenté tout du long de plantes aquatiques prélevées directement dans le lit du ruisseau, dévalerait la déclivité naturelle du terrain. Il contournerait l’arbuste d’aubépine avant de se jeter dans un réservoir en pierres naturelles empli d’eau cristalline. Le trop plein reprendrait son parcours pour aller se déverser de nouveaux dans le cours d‘eau, de l‘autre côté du méandre. Le bassin ovale en pierres de taille plates serait conçu de façon à ce que leur poids fasse joints entre elles; rien que du naturel avait dit l’artisan. Les jambes pendant dans le vide, elle contemplait le ciel étoilé, imaginant la pièce d’eau faisant miroiter les étoiles les nuits de pleine lune, faisant dévaler en cascade le flux les jours d’orage, ou alors se refléter les nuages cotonneux emportés par le vent du sud. Quelques arbres seraient plantés de chaque côté du canal et des bancs en bois naturel viendraient compléter l’ensemble. Ses réflexions la conduisirent vers un état de somnolence bienfaisant.
    Elle sursauta lorsqu’elle sentit une présence derrière elle et elle se retourna vivement.
    – « Désolé si je vous ai fait peur ! » articula Aubyn calmement en se rapprochant de Leyxhia.
    – « Ce n’est rien je vous en prie ! Vous aussi vous avez eut besoin de fraîcheur et de silence ? » Questionna Leyxhia avec gentillesse histoire d’engager la conversation.
    – « Je suis un grand romantique, j’adore contempler les étoiles les nuits d’été ! » répliqua-t-il et Leyxhia devina son beau sourire à l‘intonation de sa voix.
    Elle passa ses jambes de l’autre côté de la rambarde, atteignant presque les cuisses d’Aubyn de ses genoux et discerna la délicate senteur de son parfum. Elégant, avenant, cultivé et distingué, Aubyn plaisait aux femmes et Leyxhia malgré son jeune âge n’échappa pas à l’attrait qu’il provoquait bien malgré lui.
    Elle aurait été incapable d’expliquer pourquoi mais en examinant Aubyn à la clarté de la lune, elle eut une envie folle de l’embrasser. La friponne attira celui-ci auprès d’elle par sa cravate puis noua ses jambes sur ses fesses pour l’immobiliser. Surpris il se récria.
    – « Je ne crois pas que nous devrions faire ce genre de….! » Commença-t-il, mais Leyxhia posa un doigt sur ses lèvres en lui enjoignant tendrement l’ordre de se taire. Elle passa ses bras autour de son cou et se mit à lui embrasser tout le visage en prenant bien soin d’éviter sa bouche. Elle déposa simplement ses lèvres quelques secondes sur son cou, sur sa nuque puis revint sur ses joues, son front et enfin ses yeux. Elle le sentit se détendre contre elle et il laissa courir ses doigts sur sa taille puis malgré lui sa main droite se posa sur la cuisse nue de Leyxhia découverte par le tissu fendu de sa robe de soirée. Elle appliqua alors ses lèvres à la commissure de celles d’Aubyn puis elle bécota sa bouche tout doucement, centimètres après centimètres, elle grignota légèrement sa lèvre supérieure puis celle du bas et elle renouvela plusieurs fois ses agaceries. Elle sortit un petit bout de langue et le passa délicatement sur les lèvres fermés d’Aubyn qui se laissait faire sans protester. Elle l’embrassa alors lèvres contre lèvres en appuyant bien puis elle se remit à parcourir son visage en revenant glisser sa langue contre celle d’Aubyn qui se mit à lui rendre ses caresses buccales. Littéralement embrasé, il savourait l’instant qui les menait à une félicité réciproque. Pourtant prenant sur lui, il dénoua les mollets de Leyxhia qui enserraient ses fesses, puis saisissant la jeune femme par la taille, il la déposa debout contre lui.
    – « Tu es superbe, adorable et douée mais s’il te plaît pas ici, pas comme cela, tu mérites mieux ! » déclara-t-il tendrement. Elle ne protesta pas, sachant qu’il avait raison, elle se sentait ridicule et embarrassée maintenant.
    – « Mais qu’est-ce qui m’a pris de me jeter à votre cou ainsi ? Je suis impardonnable ! Je vous demande pardon Monsieur Venel ! » S’excusa-t-elle. Elle se dégagea de ses bras, et partit en courant vers la maison. Il la regarda s’enfuir sans faire un geste, pourtant le mal était fait, il percevait encore sur ses doigts la douceur de sa peau et sur ses lèvres celle des lèvres de la jeune femme. Son odeur persistait à ses narines, une senteur de chèvrefeuille et de vétiver mêlés à celle plus délicate de son épiderme qu‘il associait maintenant aux baisers passionnés qu‘elle lui avait offert. Il savait qu’il aurait du mal à s’endormir cette nuit. Lexhia se traita mentalement de tous les noms, en colère contre elle-même la jeune femme se précipita sous la douche et n’ouvrit que le robinet d’eau froide. Elle hoqueta sous la pluie glacée des jets puis commença à s’apaiser, mais ses réflexions la conduisirent à prendre conscience de ce que qu’elle venait de faire. Son esprit lui disait qu’elle n’avait aucune raison de se comporter ainsi avec Aubyn, il lui soutenait même qu’elle n’était qu’une petite allumeuse de bas étage. Mais son corps lui dictait une toute autre attitude et l’eau fraîche ne soulageait en rien sa conscience. Subitement, elle éteignit le robinet, égoutta ses cheveux et se sécha avec soin puis elle enduisit longuement son corps d’une crème à l’huile d’argan et alla choisir dans sa penderie le vêtement qui ferait le petit plus. Au moment de prendre des chaussures, coquine elle pensa au matin ou il l’observait dans la prairie et elle enfila les bottines jaunes citron sans hésitation. Certes ce n’était pas glamour mais il n’y aurait personne dans le couloir à cette heure ci et elle savait qu’Aubyn apprécierait le clin d’œil. Elle descendit l’étage silencieusement et alla discrètement frapper à la porte de la chambre de son hôte, soudain déconcertée elle allait s’éclipser lorsque le battant s’ouvrit et laissa apparaître Aubyn plutôt étonné de sa présence. Il la dévora des yeux sans retenue et se demanda s’il ne rêvait pas, Leyxhia avait passé une petite robe noire qui la moulait comme une seconde peau et déposé un petit châle en dentelles sur ses épaules. En apercevant les bottines ses lèvres s‘étirèrent en un large sourire, mais bien vite il redevint sérieux.
    – « Ce n’est pas une bonne idée Lexy, tu devrais remonter dans ta chambre ! » Lui suggéra-t-il le souffle court.
    Sans se démonter, Leyxhia le repoussa affectueusement dans la chambre, refermant l’huis d’un coup de talon sur la porte. Elle se plaqua contre lui, faisant glisser ses doigts sur son torse nu et commença à frôler ses lèvres des siennes et lui donna l’un de ses baisers dont elle avait le secret, nouant sa langue à la sienne et jouant de ses lèvres possessives. Leyxhia le sentit frissonner contre elle, Aubyn l’enveloppa de ses bras et l’étreignit puissamment, elle apprécia contre son ventre la rigidité du membre d’Aubyn qui emprisonné dans son caleçon ébauchait quelques signes de satisfaction. Il déplaça ses doigts de ses épaules à ses fesses, les faisant courir lentement le long de sa colonne vertébrale, Leyxhia passait ses mains sur ses flancs, faisant mine de les insinuer sur ses fesses et elle remontait ensuite sur ses omoplates, le faisant languir de caresses plus osées. Ainsi collés l’un à l’autre ils goûtaient à de merveilleuses sensations mais Aubyn n’était pas homme à profiter de la situation et ses derniers remparts avaient du mal à tomber.
    – « Lexy tu es bien sûre que c’est-ce que tu veux ? Interrogea-t-il.
    Celle-ci ne lui répondit pas, elle le fit reculer lentement jusque vers le rebord du lit et seulement lorsqu’il se retrouva acculer contre le matelas elle le regarda et lui sourit.
    – « Oui c’est-ce que je veux ! » Affirma-t-elle résolument.
    Leyxhia s’installa sur le lit; assise elle attira Aubyn entre ses jambes écartées. Elle se mit à caresser son ventre avec sa langue, puis elle se pencha et passa la pointe de son appendice sur chacune de ses cuisses, remontant ses doigts sur ses aines prenant bien soin de ne pas toucher le sexe d’Aubyn qui pointait fièrement sous la ceinture élastique de son caleçon. Elle faisait des allées et venues de sa poitrine à ses cuisses avec les extrémités de ses doigts et léchait son ventre par petites lampées. Aubyn avait plongé ses doigts dans la masse brune de ses cheveux et il jouait avec les longues mèches soyeuses qu’il roulait entre ses doigts. Elle tira lentement sur les jambes du caleçon d‘Aubyn, le faisant coulisser le long de ses cuisses et prenant toujours un malin plaisir à éviter son sexe dont le gland était devenu violacé. Ce faisant, quelques mèches de sa chevelure vinrent caresser le bâton de chair qu’elle frôla enfin de sa joue. Les sens exacerbés par la frustration, Aubyn cria de plaisir à ce contact. Elle le regarda les yeux coquins, puis elle lui montra un petit bout de sa langue appréciant la tension de son corps et ses soupirs sous la pression de ses doigts qui enserraient maintenant le sexe d’Aubyn, dur comme de la pierre. Il en tremblait d’impatience mais la mutine fit mine encore une fois de déposer ses lèvres sur le bout turgescent de son sexe en feu pour aller embrasser son ventre de petits baisers très doux. Il caressait ses épaules tendrement et la supplia presque de continuer, Leyxhia, sa langue recouverte de salive commença par lécher le membre fièrement dressé d’Aubyn, puis elle le prit dans sa bouche et effectua un mouvement de va et vient simulant parfaitement une pénétration. En l’entendant gémir au dessus d‘elle, elle fut parcourue de longs frissons d’excitation. Fière et altière, jambes ouvertes, assise comme sur un trône elle se consacrait à lui procurer de divines sensations. D’instinct, à ses contractions de plus en plus violentes, Lexhia jugea qu’il était temps de le laisser à son tour la faire plonger dans la tempête des sens qu’elle avait provoqué. Elle se releva, blotti contre lui ses bras passés autour du cou de son amant; ses lèvres soudées aux siennes frottant son bassin contre son sexe rigide; et lui murmura amoureusement au creux de l’oreille l’itinéraire du chemin qui les conduirait à la volupté.
    Elle se réveilla seule le lendemain matin, mais aucune tristesse ne vint la bouleverser car elle savait que dans quelques jours Aubyn serait de retour…Mylhenn…


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  • PRoMeSSeS TeNueS

     

    ...Depuis le départ d’Aubyn, Leyxhia avait eu fort à faire et cela ne lui laissait que peu de temps pour penser à ce charmant gaillard aux yeux verts qui l’avait ensorcelé. Souvent en fin de journée son esprit la conduisait dans le grand lit qui attendait Aubyn à l’étage et elle y rejouait en pensées les ébats tumultueux de la merveilleuse nuit qu’ils avaient passée ensemble. Avec un petit pincement au cœur elle esquissait dans sa tête la silhouette aimée mais la place vide à ses côtés dans sa propre couche spacieuse venait sans cesse lui rappeler son absence. Il était partout dans ses songes, elle imaginait ses baisers sauvages, sa fougue à la faire sienne et la rudesse de ses coups de reins qui l’emportait au paroxysme du plaisir.

    En revenant de la ville, quinze jours plus tard, jour pour jour comme il l’avait promis, Leyxhia découvrit l’allée de nouveau bloquée cette fois ci par divers engins de chantier. Elle aperçut le 4/4 d’Aubyn garé sur le parking des visiteurs. Son cœur se mit à battre rapidement. Elle le chercha des yeux. Elle l’entrevit de dos parmi un groupe d’ouvriers auxquels il distribuait les tâches et remettait des plans qu’il avait certainement annotés de son écriture de médecin. Elle attendit que les hommes se dispersent sur le terrain puis elle s’approcha d’Aubyn en s’efforçant de marcher le plus lentement possible pour ne pas courir se jeter dans ses bras. Il du sentir son regard sur lui car il se retourna vivement et lorsqu’elle entra dans son champ de vision, Aubyn eut un choc : la jeune femme à la silhouette gracile qui venait à sa rencontre était encore plus belle que celle dont il avait souvenir. Ses cheveux bruns en bataille dans son dos et ses yeux d’un bleu étoilé qui illuminaient son visage le subjuguèrent. Son petit nez mutin, ses lèvres retroussées en un adorable sourire de contentement finirent de l’achever. Tant pis pour son autorité, il lui tendit les bras et l’agrippa fortement comme si elle risquait de lui échapper. Leyxhia passait alternativement de la pâleur à la rougeur et tremblait de tout son corps. Il devina qu’elle devait se languir de lui depuis quelques jours déjà puisque lui-même comptait les heures qui le rapprochaient d’elle. Vêtue d’un minuscule short en jean et d’un débardeur tout aussi court elle paraissait à peine sortit de l’adolescence pour ses vingt cinq ans. Il l’avait emprisonné entre ses bras. Il se contentait de l’embrasser sur les joues et le front, Lexy elle, effleurait son cou et son visage de ses lèvres. D’instinct elle avait compris qu’il était inutile de se donner plus en spectacle. Les câlineries d’Aubyn l’avaient amplement rassurée quand aux sentiments qu’il éprouvait pour elle. D’ailleurs la jeune femme n’avait nul besoin d’autre confirmation que le membre d’Aubyn qui s’érigeait sous ses vêtements, elle était persuadée que ce n’était pas le téléphone portable de celui-ci qui formait une bosse lorsqu’elle plaqua son abdomen contre le bassin de son galant.
    Nue, allongée à plat ventre, la tête posée de côté sur ses bras repliés, Leyxhia souriait à Aubyn dans une pose alanguie et ronronnait sous les caresses enjôleuses de son tentateur. Après une soirée passée à se chercher du regard, à s’envoyer des myriades d’œillades enflammées et à lire des promesses alléchantes dans leurs prunelles brillantes Leyxhia l’avait rejoint dans sa chambre et ils avaient fait l’amour comme si leur vie en dépendait.
    En deux semaines d’éloignement ils s’étaient découverts un tel besoin l’un de l’autre qu’ils n’avaient même pas songé à résister à l‘attraction qui les unissait. Étendu près d’elle, sa tête soutenue de son bras gauche accoudé sur l‘oreiller, Aubyn parcourait le dos de Lexy de la pointe de ses doigts, ses fesses du plat de sa main et sa gracile nymphée de son index pèlerin. Elle frissonnait au contact de ses extrémités tout au plaisir de son bassin qui s’agitait tendrement en une invitation qu’il ne pouvait se permettre d’ignorer. Comprenant le message, Aubyn vint s’allonger sur le dos de Lexy et incrusta étroitement son bassin à celui de la jeune femme qui entama un mouvement tournant de ses hanches à la façon d’une danseuse orientale. Sentant l’ascension du plaisir de son amant sous sa dance langoureuse, Leyxhia se dégagea et attrapa d’une main le sexe raidit de son compagnon puis se penchant elle en goba le gland d’où suintait déjà ce coulis blanc salé qu’elle dégusterait avec sensualité dès qu’elle l’aurait conduit à la volupté. D’aspirations profondes en va-et-viens rapides, elle introduisait son pal de plus en plus loin dans sa bouche décuplant ainsi le plaisir d’Aubyn. Comprenant qu’il n’était pas loin d’inonder sa bouche, elle s’écarta de lui puis s’installa alors sur le lit en une pose qui était un véritable appel à la débauche. À genoux, prosternée, les bras allongés de part et d’autre de sa tête et ses seins reposant sur le drap de lin, elle l’invita d’un miaulement plaintif à la rejoindre pour une union dévastatrice. Il ne la fit pas languir. Il vint s’agenouiller à son tour derrière elle et fusionna son palis avec sa féminité offerte, brûlante et inondée. Ardents et passionnés ils suivaient le même rythme. Aubyn caressait ses seins et faisait rouler entre ses doigts les tétons exacerbés par le plaisir. Il la maintenait par les hanches et se perdait en elle par de lentes poussées. Elle criait à chaque fois que la main de son galant s’infiltrait entre ses cuisses ruisselantes puis soudain elle laissa échapper une longue plainte et tout son corps se tendit. Suffocant presque, elle s’abandonna à l’orgasme qui la submergea. Alors Aubyn l’allongea sur le dos puis il se campa entre ses jambes qu’il remonta en pliant ses mollets contre l’arrière de ses cuisses. Il pénétra d’une seule poussée son antre chaud et moite. Bien au fond il s’arrêta pour regarder Leyxhia dont les yeux et le visage rayonnaient de bonheur. Il se mit à la pilonner sans préambule, faisant monter leur jouissance qui finit par les envahir. Lexy bloqua sa respiration au moment ou il s’anéantit en elle. Aubyn s’allongea sur le dos et voulut attirer Leyxhia dans ses bras mais celle-ci se déroba pour s’étendre de tout son long sur son corps. Par de savants mouvements elle se mit à masser son torse avec ses seins ronds et pleins, puis elle emprisonna le sexe de son amant de la fourche de ses cuisses et ondula sensuellement du bassin. Après un tel traitement la virilité retrouvée d’Aubyn inspira Lexy qui se plaça en levrette, faisant comprendre à Aubyn ce qu’elle désirait en frôlant d’un doigt tentateur son bourgeon au fourreau soyeux. Il se plaça derrière elle et appliqua son gland sur l’œillet convoité. Ensuite il poussa lentement sur le pertuis serré qui s’ouvrit comme par magie. La vision érotique du dos fin, des hanches étroites et des cheveux défaits qui masquaient le visage de sa maîtresse le mirent en transe. Il accéléra ses mouvements dans la gaine étroite qui écrasait avec souplesse son sceptre de chair. En à peine quelques minutes, leur jouissance fut explosive. Ils hurlèrent simultanément avant de se laisser emporter par la vague qui déferla en eux. Repus, ils s’endormirent l’un contre l’autre.
    Le jour venait de pointer lorsqu’Aubyn se réveilla. Leyxhia était serrée étroitement contre lui, un bras au dessus de son torse et la main de la belle endormie caressait machinalement son flanc. Il sentait ses seins faire corps avec sa poitrine, peau contre peau. Dans le clair obscur de la chambre il distinguait le visage de Lexy, celui-ci affichait une parfaite quiétude. Comme souvent le matin, son membre se gonflait de sève. Rigide il devenait lourd sur son ventre. Les tendres caresses de Lexy lui donnait envie de la prendre, là, sans préliminaires, juste pour entendre ses plaintes d’amour et la sentir rouler des hanches sous lui. Comme si elle avait deviné ses pensées, dans un demi sommeil la jeune femme s’agita un peu et sa main glissa sur le ventre d’Aubyn jusqu’à venir se saisir de son pieu qu’elle mignota de sa paume. Amoureusement la belle amazone enfourcha son fier destrier, se ficha sur le pal doux et chaud qu’elle se mit à masser de son fourreau, tout en effleurant lentement son torse de sa poitrine et bécotant son cou de petit bisous doux. Il hésita entre sensualité et luxure pour qualifier le traitement qu’elle lui infligeait et sous les assauts lascifs de la belle son plaisir monta crescendo pour éclater, violent et ardent. Il s’anéantit en elle dans un râle de satisfaction, alors Leyxhia glissa ses bras sous ses épaules et posa sa tête contre son cou puis lui murmura malicieusement dans l’oreille :
    – « Petit cadeau pour vous Mr Venel, un petit échauffement avant la rude journée qui vous attend ! »
    Fiché en elle il la maintint dans ses bras et l’embrassa tendrement. Elle grogna un peu lorsqu’il se sépara d’elle, libérant le flot de liqueur encore chaude qui s’écoula le long de ses cuisses, mais nullement gênée Leyxhia se retourna sur le côté et rejoignit le pays des rêves, un joli sourire flottait sur ses lèvres. Il la contempla quelques instants puis déposa sa bouche sur sa hanche, griffant exprès sa peau avec sa barbe du matin, remonta le drap jusqu’à sa taille avant de réussir à s’arracher du gracieux tableau qu‘elle lui offrait. Pendant une fraction de seconde il se vit mettre le bassin en eau, signe que les travaux seraient finis et son cœur se serra. Mais il serait bien temps de penser à son départ le moment venu alors son esprit se focalisa sur le travail qui l’attendait.
    Aubyn et Leyxhia n’eurent pas l’occasion de se rejoindre les jours suivants. Il avait profité de la main d’œuvre du début des travaux pour faire élever un dépôt de fortune afin d’abriter le matériel nécessaire à l’ouvrage et réussi à convaincre ses employés de décharger, à la main les parpaings en pierre de taille dans l’ordre où ils devaient être emboîtés les uns dans les autres pour bâtir le bassin et son déversoir. Le soir lorsque son personnel était parti, il annotait chacune des pierres de récupération, leur gabarit et leur emplacement. Le temps d’une douche et d’un bon repas, Leyxhia y veillait personnellement, il ne lui restait que peu d’heures pour se reposer. Quand à Leyxhia, elle devait s’occuper des commandes, de récupérer les courses, du petit déjeuner et vérifier que les consignes de son oncle avaient été bien suivies. Cela ne lui laissait pas beaucoup de temps pour retrouver Aubyn dans la journée. Elle ne voulait pas non plus le déranger le soir car elle savait que son travail était rendu encore plus difficile par la chaleur étouffante du mois de Juillet. Cependant la jeune femme s’accordait une pause en début d’après midi, en short et t-shirt ultra courts. Elle s’allongeait sur l’épais coussin du bain de soleil qu’elle avait placé sur la murette de la terrasse pour observer Aubyn et ses ouvriers à cent mètres en contrebas. Étendue sur le ventre, les mollets posés sur les cuisses, elle grignotait une pomme en lisant et jetait un œil de temps en temps sur Aubyn et ses ouvriers qui s’échinaient en pleine étuve. Son chapeau de paille et ses lunettes noires lui permettait de les regarder sans vergogne mais elle savait qu’Aubyn n’était pas dupe car parfois il lui faisait un signe de la main. Elle s’était risquée à y répondre une seule fois, mais les quolibets et les sifflements admiratifs des hommes l’avaient dissuadée de réitérer son geste. Malgré la chaleur éprouvante les travaux de terrassement avançaient bon train, l’ébauche du canal avait été tracée sur toute sa longueur et le piquetage du bassin marqué momentanément sur la terrasse à peine façonnée qui devait le soutenir. Ce vendredi après midi la canicule était telle qu’un léger voile transparent recouvrait le paysage. Leyxhia avait l’impression que les manœuvres travaillaient au ralenti, la chaleur modérait leurs gestes et paralysait leurs actions. Elle avait demandé à deux de ses employés d’apporter de l’eau fraîche toutes les heures aux ouvriers. La configuration du terrain faisait qu’ils devaient se trouver comme dans un véritable sauna, beaucoup n’avaient que leur gilet fluorescent sur le haut du corps et certains avaient même osé le bermuda au lieu du pantalon de toile réglementaire. Il était environ seize heures lorsqu’au loin le ciel commença à se charger d’épais nuages noirs, une soudaine brise étouffante se leva faisant voler la poussière et rendant l’air irrespirable.
    Lorsque les premiers grondements du tonnerre se firent entendre au loin, Aubyn décida de faire stopper les travaux, préférant que tout soit rangé au moment où l’orage éclaterait.
    Les premières gouttes de pluie vinrent s’aplatir sur le sol poussiéreux à peine les derniers outils remisés. La terre, déjà sèche des sentiers creusés dans l’après midi, reçut les énormes larmes cristallines et brûlantes comme une offrande providentielle. Les hommes descendirent rapidement vers leurs véhicules tandis qu’Aubyn se dirigeait lui vers la cabane de chantier pour vérifier une dernière fois que tout était rangé correctement. Les éclairs bleutés zébraient le ciel sans discontinuer et dans la clarté de cette apocalypse, Aubyn aperçut Leyxhia qui venait à sa rencontre. Il aurait du se douter qu’il fallait plus qu’une tempête pour arrêter la jeune femme. Elle se mit à courir car la pluie commençait à s’abattre avec force. Leyxhia adorait l’orage et elle aimait se couler sous l’averse chaude qui accompagnait les bourrasques avant que la pluie ne devienne rafraîchissante. Elle du cependant obéir aux injonctions d’Aubyn qui plus sage la sommait de venir se mettre à l’abri. Ses vêtements et ses cheveux étaient trempés mais elle riait aux éclats, essayant d’entraîner Aubyn sous le déluge. Le craquement sinistre d’un coup de tonnerre qui résonna plus fort que les autres la surprit et malgré elle, elle se lova dans les bras d’Aubyn pour y trouver protection. Le regard qu’il lui lança la fit frissonner des pieds à la tête. De ses prunelles insolentes, il lui signifia clairement le sort qu’il lui réservait. Il l’abandonna le temps de bloquer les battants de la porte du petit hangar et revint près d’elle pour la presser sans ménagement contre lui. Leyxhia soutint son regard sans ciller, consentante et aguicheuse elle se pendit à son cou et un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres :
    – « J’ai comme l’impression que je risque pire que l’orage en restant ici avec vous Mr Venel ? » Prononça-t-elle la mine innocente.
    – « Mon impression à moi est différente, je crois que tu vas apprécier ma façon d’utiliser ces sacs de fertilisant ma petite chipie ! » renchérit-il en la soulevant sans effort. Elle se débattit en riant lorsqu’Aubyn la saisit par la taille pour la soulever et d’un seul élan la faire rouler sur la bâche qui recouvrait des sacs de terre végétale et de compost. Elle atterrit comme dans un cocon confortable et douillet, les jambes pendantes contre les sacs. Elle cessa aussitôt de s’agiter. Aubyn se cala debout entre ses cuisses, juste à la bonne hauteur pour ce qu‘il préméditait.
    À l’extérieur le feu du ciel était déchaîné et les trombes d’eau ruisselaient le long de la petite colline mais les deux amants n’en avaient cure car le brasier qui consumait leurs corps était beaucoup plus ardent. La fureur des sens qui les agitait était plus violente que les rafales du vent qui projetaient la pluie contre les battants de la porte. Aubyn défit les boutons du short de Leyxhia puis il fit glisser le vêtement mouillé le long des jambes de celle-ci avec douceur. La jeune femme fermait les yeux, immobile, les bras en croix, elle avait compris où il voulait en venir et elle soupira d’aise lorsqu’il insinua ses doigts sous le léger tissu de sa petite culotte. Plusieurs fois il effleura légèrement la tendre fente douce qui s’échauffa rapidement aux passages répétés de ses doigts puis il roula le tissu du sous vêtement sur le côté et plongea sa tête entre les cuisses d’une Leyxhia déjà bien excitée. Il s’appliqua à la faire gémir sous les salves répétées de sa langue qui fouillait son sillon trempé. La jeune femme passa ses jambes sur les épaules de son tourmenteur lui donnant ainsi libre accès à ses fesses qu’il s’empressa de caresser de la paume de ses mains. Abandonnant un instant le fruit juteux dont il se délectait, Aubyn lécha l’intérieur de ses cuisses, passant sa langue comme s’il s’agissait du meilleur des sorbets, puis il s’attaqua à son ventre qu’il frôla de la pointe de son appendice, appréciant les râles puis les cris de sa victime consentante. Ses baisers devinrent sensuels et violents à la fois comme s’il voulait imprimer ses lèvres dans la chair brûlante de Leyxhia qui l’implorait de la prendre. Il joua une nouvelle fois de sa langue qu’il insinua dans le miel abondant qu’elle lui prodiguait, puis il s’empara du bout des lèvres de son bourgeon épanoui et d’un suçotement délicat il la conduisit au sommet. À la dernière estocade, elle se tordit en le suppliant encore. Il baissa alors son pantalon et son boxer à mi cuisses, libérant son sceptre énorme qui se dressa fièrement. Il lui arracha sa petite culotte plus qu’il ne l’ôta et l’attirant à lui par les cuisses il l’empala brutalement en lançant un cri guttural :
    – « Petit cadeau pour toi ma gentille Lexy ! » souffla-t-il ensuite en la pénétrant encore plus profondément.
    – « Tu es ma petite chienne et maintenant je vais te couvrir comme telle ! » gronda-t-il en accentuant les poussées de son bassin. Presque bestialement il la transperça à chacun de ses coups de reins, sortant et entrant toujours plus rapidement, grossissant encore en elle, puis soudain adoptant un rythme tendre et doux il l’amena à un premier orgasme, puis un second et ses coups s’enchaînèrent dans un rugissement de volupté. L’union du sceptre de chair et de la grotte d’ambroisie les conduisit droit au jardin d’Eden. Essoufflée, les joues en feu, Leyxhia laissait couler ses larmes sans chercher à les cacher.
    Dehors l’orage avait laissé place à une pluie fine qu’ils bravèrent main dans la main. Elle le rejoignit dans sa chambre en fin de soirée, mais la chaleur étouffante de la journée et la séance de l’après midi les avaient fatigués aussi allongés l’un contre l’autre, ils se laissèrent sombrer dans un sommeil réparateur, bercés par la fraîcheur de l’averse bienfaisante…Mylhenn…


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  • DéSiRS

    …La fraîcheur du petit matin les surprit en fin de nuit et les força à se réchauffer l’un contre l’autre. Il ne pleuvait plus et le faible souffle du vent qui agitait les voilages en dentelles de la fenêtre ouverte finissait de chasser les derniers nuages. Enlacés comme un lierre à sa treille, les deux amants allongés sur le flanc et jambes emmêlées se serraient étroitement peau contre peau. Ils s’embrassaient tendrement depuis de longues minutes isolés dans la pénombre de la chambre ou seul le chant matinal des oiseaux les reliait au monde extérieur. Baignés de caresses sensuelles une douce chaleur les envahit. Ils se frôlaient, se respiraient et freinaient les cris de leurs corps qui devenaient murmures dans l’attente du plaisir qu’ils allaient se donner. Lentement le feu se propageait en eux sous les piques du désir et de l’envie qu’ils ressentaient à chaque attouchement. Petit à petit leurs baisers devinrent voraces, Leyxhia caressait le visage d’Aubyn et celui-ci la serra très fort contre lui Ses mains s’aventurèrent dans son dos puis s’accrochèrent à sa taille comme s’il avait peur qu’elle disparaisse. Il l’attira plus près encore, collant son bassin au sien, lui faisant sentir ainsi à quel point il a envie de lui faire l’amour. À son tour elle laissa descendre ses mains le long du corps d’Aubyn sentant son sexe gonflé tout contre elle, Leyxhia posa ses doigts sur les fesses de son compagnon. Leurs hanches commencèrent à onduler, vagues sensuelles jouant avec ce rocher de désir qui ne cessait de croître entre eux et qui accompagnait par sa danse chacun de leurs mouvements. Leurs lèvres se détachèrent, pourtant ils n’échangèrent aucun mots, leur corps s’épousèrent dans une parfaite harmonie, la peau de Leyxhia se fondant à celle d’Aubyn. Impatiente elle aurait voulu s’emparer de son sexe car un océan grondait déjà dans son ventre et le geyser brûlant entre ses cuisses ne demandait qu’à jaillir. Du bout des doigts il partit à la découverte de ses seins, les effleurant, dessinant le contour des aréoles, s’attardant sur les pointes fermes et sensibles. Leurs lèvres et leur langue se joignirent à nouveau tandis qu’il honorait désormais sa poitrine à pleines mains, emprisonnant un téton, le faisant rouler sous ses doigts puis sous sa langue. Elle soupira et à son tour de ses mains et de ses lèvres elle voyagea sur sa peau, le dégusta de mille bisous et s’approcha sournoisement de ce mât dressé qui s’offrait à elle. Aubyn flatta ses tétons de sa langue experte alors que sa main descendait plus bas, encore plus bas pour prendre possession de son sexe en une lente caresse. Sans retenue elle céda à ses envies, ses cheveux frôlaient son ventre et ses lèvres avides effleuraient avec tendresse le gland gorgé et gonflé de désir. Elle en dessina le contour de la pointe de sa langue, le faisant gémir et la supplier de le prendre dans sa bouche. Leyxhia ne se fit pas prier longtemps, elle emprisonna sa chair douce et commença à la savourer, elle le suça, le lapa avec gourmandise, percevant les palpitations de ses veines gonflées sous sa langue espiègle. Elle le sentit se contracter et elle n’eut aucune envie d’attendre désirant l’emmener immédiatement au bout de son plaisir. Dans un spasme il jaillit dans sa bouche la gorgeant de son élixir chaud qu’elle savoura jusqu’à la dernière goute. Reprenant souffle il l’enlaça les yeux flamboyants, la faisant se blottir contre lui et caressant tendrement son visage. De nouveau leur bouche s’offrirent l’une à l’autre, gourmandes et passionnées, allumant des vagues de désir dans le ventre de Leyxhia.
    Aubyn la fit basculer sous lui, l’enveloppa de son regard et, à la recherche de la fontaine ardente, presque timidement il faufila sa main entre ses cuisses qu’elle ouvrit doucement. Le tendre massage de ses doigts agiles sur ses rivages intimes attisa ses plaintes et vaincue elle lui accorda un jeu torride avec la perle du sanctuaire. Elle perdit souffle sous le délicieux traitement et s’empara du membre dressé d’Aubyn qu’elle dirigea vers l’entrée de son antre. Elle se pendit à son cou et retrouva sa bouche pour un baiser incendiaire tandis qu’il s’engageait avec lenteur en elle faisant s’animer son bassin de tendres vagues autour de son sexe. Leyxhia le caressa de tout son corps, l’accompagnant dans ce ballet dont il dirigeait le rythme sans le lui imposer. Ils s’embrasèrent, ils s’envolèrent, leurs lèvres s’abandonnèrent le temps d’un râle puis se reprirent, langues affamées, peaux enflammées entretenant le séisme qui grondait entre leurs reins. La vague les souleva, leurs cris jaillirent tonitruants et leur corps éclata en milliers de fragments de volupté. Dans une communion d’esprit et de corps, le regard lumineux Aubyn guetta la jouissance et le plaisir qui allait les ravager. Emportés par une vague de chaleur mélangée à des frissons d’extases Aubyn et Leyxhia atteignirent l’orgasme, l’un criant sa jouissance, l’autre râlant son plaisir. La houle qui les submergea les laissa pantelant et la jeune femme sombra dans une semi torpeur qui la conduisit au sommeil.
    Aubyn fila sous la douche et s’habilla rapidement car il voulait aller se rendre compte des dégâts qu’avait fait l’orage. Il ne pouvait pas profiter de ce long week-end de trois jours, lundi férié oblige, sans s’être assuré avant que tout était en place et sécurisé. Prêt à se rendre sur le chantier il jeta un dernier coup d’œil à la jeune femme qui dormait encore profondément dans son lit. Leyxhia était à moitié couverte et le tableau qu’elle lui offrait était un véritable ravissement pour ses yeux. Soudain une idée germa dans sa tête : et s’il l’emmenait avec lui pour le week-end ? Oui c’était cela dont il avait envie, qu’elle l’accompagne pour qu’il lui montre son cadre de vie. Et il devait bien se l’avouer, cela lui devenait presque impossible de passer une journée sans avoir vu Leyxhia.
    À part quelques bords de terrasses qui s’étaient effondrés et le canal gorgé d’eau terreuse il n’y avait rien d’irréparable ni de dangereux. C’est ainsi qu’une fois rassuré, ses bottes rincées et rangées dans le coffre arrière de son véhicule tout terrain, il passa par la salle de restaurant pour récupérer un plateau qu’il chargea de fruits, de jus de fruits, de céréales au miel et de deux grandes tasses de thé brûlant.
    Leyxhia s’étira longuement faisant bouger ses orteils et allongeant ses bras loin au-dessus de sa tête. Elle soupira de contentement, Aubyn avait été grandiose ce matin. D’ailleurs où était-il maintenant ? Elle allait se lever lorsque la porte s’ouvrit pour livrer passage à celui qui occupait toutes ses pensées. Il déposa le plateau qui encombrait ses mains sur le lit puis il alla refermer la porte et il vint s’assoir près de Leyxhia.
    – « Petit déjeuner, douche pour mademoiselle et ensuite en route ! » dit-il mystérieux. Devant le regard interrogatif de la jeune femme il poursuivit :
    – « Il me semble t’avoir entendu dire que tu étais en congé pendant trois jours non ? »
    Immobile, elle acquiesça d’un signe de tête, ne comprenant toujours pas où il voulait en venir.
    – « Si tu mettais deux petites culottes et ta brosse à dents dans un sac de voyage, tu pourrais venir avec moi ? » La questionna-t-il.
    Les yeux de Leyxhia se mirent à briller, elle venait enfin de comprendre mais n’osait y croire.
    – « Tu me demande de … t’accompagner ? » L’interrogea-t-elle en butant sur les mots.
    – « Oui c’est décidé, je t’enlève ! » Confirma-t-il dans un grand sourire.
    Oubliant qu’elle était nue et au risque de renverser le petit déjeuner sur les draps elle se jeta sur lui pour le couvrir de baisers.
    – « Merde Lexy si tu commences comme cela nous ne sommes pas encore partis ! » Protesta-t-il en tentant de la repousser sans grande conviction, la jeune femme se mit à l’embrasser et il en oublia jusqu’à sa date de naissance.
    Elle se devait cependant d‘avertir son oncle de son absence et elle le rejoignit dans la cuisine où il donnait ses dernières directives. Jules Brismont ne refusait jamais rien à sa nièce et cette fois ci encore il donna son accord.
    – « Je n’y vois aucun inconvénient petite, mais rappelle toi que Mardi tu dois conduire un groupe de quinze personnes aux trois fontaines ! » Lui rappela-t-il avec un grand sourire.
    – « Dis moi Leyxhia, tu as l’air de vraiment apprécier Monsieur Venel ? » La questionna-t-il sans préambule, mais aucun reproche ne perçait dans sa voix. Prise au dépourvu Leyxhia rougit jusqu’à la racine des cheveux.
    – « Oui je l’aime bien, il est sympathique, agréable, séduisant et tellement délicat, rien à voir avec les freluquets de mon âge ! » de défendit-elle.
    – « Beaucoup plus âgé que toi cependant ! Tu devrais y réfléchir quand même ma chérie ! » suggéra-t-il calmement. Leyxhia prit la mouche aussitôt.
    – « Que préfères-tu oncle Jules ? Les convenances ou mon bonheur ? Quoi que je ne vois pas ce que l’âge d’Aubyn a d’inconvenant ? » s’énerva-t-elle.
    – « Non ma Leyxhia ne te méprends pas ! Je pensais juste qu’à ton âge on a des rêves et qu’ils ne sont pas forcément associés à une personne plus mûre, c’est tout ma petite ! » La rassura-t-il. Elle lui sourit, s’approcha et se blottit contre lui.
    – « Oncle Jules ! » Commença-t-elle affectueusement.
    – « Quoi que tu fasses tu ne remplaceras jamais totalement mes parents, mais tu m’apportes tellement d’affection chaque jour que je t’aime infiniment ! » Poursuivit-elle en l’embrassant tendrement sur la joue.
    – « Je suivrais toujours tes conseils parce que je sais que tu me les donnes pour mon bien, mais la, je désire me débrouiller seule et oui Aubyn, euh monsieur Venel me plaît beaucoup ! » Confirma-telle en l’embrassant une nouvelle fois.
    – « Alors je te laisse poursuivre ta romance, mais tu sais dans quelques semaines il sera parti ! » affirma-t-il comme une sentence.
    – « Nous verrons à ce moment la oncle Jules ! » déclara Leyxhia soudain pensive.
    Elle aussi songeait au départ d’Aubyn et cela lui devenait de plus en plus douloureux d’envisager qu’il ne serait plus la pour la faire rire, pour leur promenade du matin, pour la prendre dans ses bras. Son absence serait intolérable.
    – « Aubyn à cinquante ans, la belle affaire ! » Se résonna-t-elle silencieusement, comme si elle cherchait à s'en persuader elle-même.
    – « Je lui ôte au moins quinze années chaque nuit ! » Se dit-elle convaincue.
    « Et pour le service de midi, dis aux serveurs de penser à changer les napperons des plateaux à chaque clients bon sang ! » lança-t-elle à son oncle avant de disparaître. Elle prit congé de son parent d’un signe de la main qu’elle accompagna d’un clin d’œil se voulant rassurant.
    Jules Brismont était inquiet mais il n’en laissa rien paraître devant sa nièce. Il songeait au chagrin qu’elle avait déjà du affronter au décès de ses parents et il ne voulait plus qu’elle souffre inutilement. Dans sa tête germa une idée et il avait tout le week-end pour l’exécuter.
    Aubyn attendait déjà près de la voiture lorsque Leyxhia déboula sur le parking en courant. Il faisait déjà très chaud et sa tenue lui donna encore plus chaud. Elle avait relevé ses cheveux en arrière et ses vêtements, choisis avec soin, laissaient une mince part à l’imagination. Il attrapa son sac qu’il jeta sur le siège arrière à côté du sien. Leyxhia grimpa sur le siège avant impeccablement propre du véhicule de chantier et boucla sa ceinture.
    – « Je suis prête monsieur Venel ! » Annonça-t-elle joyeuse.
    – « Alors, c’est parti ! » Renchérit-il en démarrant.
    Aubyn qui aurait pu faire le trajet en une heure et demi de route prit les chemins de traverse pour lui montrer la région et quelques-unes de ses réalisations. Ils s‘accordèrent le déjeuner dans un petit restaurant planté dans un village médiéval que seuls les habitués connaissaient. Leyxhia compris qu’Aubyn avait contribué à mettre la beauté des lieux en valeur. Après le repas il la conduisit dans les allées, lui faisant découvrir sa passion à travers les massifs et les vielles pierres qui agrémentaient la futaie environnante. Pas à pas il la guida ainsi vers l’endroit le plus reculé du lieu pour finalement atteindre une petite clairière ou gisait un énorme rocher couvert de mousse.
    – « Il ne manque plus que Excalibur fichée dans la roche et l’on se croirait à l’époque d’Arthur ! » Plaisanta Leyxhia en s’approchant de la pierre monumentale.
    – « Tu as raison, cela y ressemble beaucoup ! » Affirma Aubyn qui vint se coller contre elle sournoisement.
    – « Dites donc Monsieur Venel, vous me semblez avoir le regard lubrique soudain ? » Dit-elle câlinement en se retournant vers lui.
    Soudain, avec emportement, il la plaqua contre le rocher et se mit à l’embrasser voracement. Elle lui rendit ses baisers, déposant de petites caresses sur la tête, le cou et les épaules d’Aubyn. Une vague de désir les submergea, leur ôtant toute prudence et toute raison.
    - « Dois-je comprendre Mademoiselle Brismont que vous m’invitez à poursuivre »Demanda-t-il le plus sérieusement possible.
    Sans attendre la réponse de la jeune femme, il releva sa courte jupe, se saisit de sa jambe gauche sous le genou et vint la placer contre sa hanche. Leyxhia posa son mollet contre les fesses d’Aubyn pour s’abouter solidement à son amant puis elle passa ses bras autour de son cou. Leurs lèvres étaient scellées en un baiser qui n’en finissait pas. Aubyn avait passé ses mains sous le léger tissu du top de Leyxhia et il cajolait sa poitrine par de savantes rotations du bout des doigts sur la pointes exacerbés de ses mamelons durcis par le plaisir. Ils gémissaient tous deux, leur corps réclamant le grand feu d’artifice. N’y tenant plus Aubyn déboutonna son pantalon qui glissa le long de ses cuisses, écartant à peine l’élastique de son boxer il libéra son membre qui semblait pourvu d’une vie propre tellement il enflait sous la caresse du ventre de Leyxhia. Celle-ci, au comble de l’excitation remuait ses hanches. Aubyn écarta la petite culotte de Leyxhia en tirant sans ménagement sur le fin tissu et il pénétra la jeune femme en poussant un râle puissant. À peine un coup de reins ou deux que l’orgasme les faucha en pleine ascension. Leur jouissance fut rapide et vive, leur coupant le souffle et les jambes.
    – « Aubyn, tu es bien meilleur guide que moi ! » Le complimenta-t-elle en l’embrassant tendrement.
    Il était presque seize heures lorsqu’ils arrivèrent dans le vieux bourg. Le paysage était plus ou moins montagneux et Leyxhia compris immédiatement pourquoi Aubyn utilisait un tel véhicule pour ses déplacements. Le chemin qu’il prit était taillé à flanc de coteau et toutes les habitations environnantes étaient juchées sur un promontoire végétal, elles étaient pratiquement dissimulées par la végétation, cernées par des racines, des bosquets et de grands arbres aux branches tombantes. Chaque maison était ainsi protégée des yeux indiscrets du voisin le plus proche. Leyxhia fut très étonnée lorsqu’Aubyn recula son véhicule sous un petit appentis en plein milieu de nulle part.
    - « Nous y sommes ! » dit-il enjoué. ….Mylhenn…


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    Une HiSToiRe

     

    - « Nous y sommes ? » Répéta Leyxhia bêtement en fixant Aubyn.
    – « Mais nous sommes où ? Il n’y a pas de maison ! » Insista-telle en scrutant les environs du regard.
    – « Bienvenue chez moi Lexy ! Je te fais visiter ? » Proposa-t-il. Un grand sourire éclairait son visage et il fit signe à Leyxhia de descendre du véhicule.
    Celle-ci crut tout d’abord à une plaisanterie de son facétieux compagnon car ils étaient au bout de nulle part et un magnifique parc de verdure mettait fin à la chaussée. Elle se laissa glisser lentement du siège tout en découvrant le panorama. La remise était tapissée d’un superbe chèvrefeuille aux fleurs jaunes tachetées de rouge. Les effluves du parfum envoûtant qu’il diffusait chatouillèrent les narines de la jeune femme. Elle vint se nicher contre Aubyn qu’elle avait rejoint, passa ses bras autour de sa taille, puis se fit câline
    – « Tu sais que je déteste le camping alors pas question que tu me fasses dormir à la belle étoile ! Ce n‘est pas ton intention hein ?» Minauda-telle en se serrant contre lui. Avant qu’il puisse lui répondre elle s’empara de ses lèvres et lui donna un de ses baisers dont elle avait le secret.
    – « Moi aussi je tiens à mon confort ma toute belle et il y a quelques endroits très confortables à l’intérieur pour nous détendre ce soir ! » dit-il en lui rendant tendrement son baiser.
    Il prit la jeune femme par la main et l’entraîna vers une volée de marches en pierres qu’elle n’avait pas remarquées parmi la végétation. Intriguée, les yeux brillants de curiosité, Leyxhia découvrit une fenêtre dissimulée par un épais rameau de glycine. Leyxhia à sa suite, Aubyn gravit les cinq marches suivantes et ils se retrouvèrent sous une véranda recouverte de la même glycine énorme qui habillait le pan de l’habitation tout entier, protégeant l’entrée de ce lieu privilégié. Devant la porte arrondie, Aubyn avait juste déposé une table de jardin et trois chaises en bois peint sous l’abri végétal afin d’y accueillir d’éventuels visiteurs.
    Il révéla alors à Leyxhia que, pour une bouchée de pain, il avait acheté ce vaste terrain dont aucun promoteur ne voulait. Ensuite pour se faire un pécule afin de mener à bien son projet il en avait revendu des parcelles en expliquant aux futurs propriétaires comment il envisageait l’agencement du lieu. Il s’était réservé la meilleure en bout de route et Leyxhia avait devant elle la première maison Hobbit du vingt et unième siècle.
    – « C’est magnifique, j’ai hâte de voir l’intérieur ! » s’exclama-t-elle, en battant des mains comme une gamine qui découvre le nouveau jouet qu’on lui a offert.
    Il ouvrit la porte et la jeune femme resta bouche bée sur le seuil. S’attendant à pénétrer dans un logis austère, elle se retrouva dans une excavation aérée et lumineuse. Une fois la porte refermée, l’espace baignait dans une agréable fraîcheur et ils se retrouvèrent dans un cocon protecteur qui les isola du reste du monde. Avec ses parois et son plafond recouverts de briques rouges polies et ouvragées la cavité n’avait rien d’un sinistre trou à rat. Confortablement meublée et avec beaucoup de goût la pièce était accueillante et agréable à l’œil. Une grande bibliothèque campée entre deux larges banquettes moelleuses aux coussins épais couleurs ocre et sable emplissait en partie un pan de mur. Près de la fenêtre un ficus d’une hauteur considérable jouxtait une vieille table instaurée en bureau sur laquelle trônaient un ordinateur et des classeurs de couleurs rangés impeccablement. Une planche à dessin bien encombrée avoisinait le bureau et elle y reconnut, déposée bien à plat, les plans du jardin qu’Aubyn composait pour son oncle. Malgré elle, Leyxhia caressa le dossier d’une vieille bergère à la tapisserie élimée qui obstruait le centre du grand hall d‘entrée. Elle y imagina Aubyn nu, assis les jambes écartés et elle se voyait, installée à genoux sur le douillet tapis, la tête entre les cuisses de son amant, exécutant une petite gâterie dont il raffolait. Un sourire coquin étira ses lèvres et croisant le regard d’Aubyn elle lu dans ses yeux que celui-ci avait eu la même pensée. Il lui rendit son sourire malicieux.
    – « Viens, on continue la visite ! » Dit-il en l’entraînant dans le couloir qui prolongeait l’habitation. D’autorité il avait glissé un bras protecteur autour de sa taille et Leyxhia se pelotonna un peu plus contre lui.
    Cinq mètres plus loin, Aubyn se déporta un peu pour livrer passage à Leyxhia qui entra dans ce qui était l’office. Elle admira la disposition des meubles, fonctionnels et pratiques. L’électro ménager était intégré aux cloisons, en harmonie avec la structure des lieux. Aubyn avait disposé le plan de travail en face d’une vitre ronde cerclée de bois qui donnait sur le jardin de plantes grimpantes. Comme un hublot l’ouverture laissait entrer dans la pièce les derniers rayons du soleil en fin de journée. Pour les repas quatre chaises hautes de bar étaient disposées autour du plan de travail. Au fur et à mesure qu’ils progressaient dans la maison, la jeune femme se rendit compte que chacune des pièces communiquaient avec le couloir. Après la cuisine il lui fit découvrir la salle de bain et Leyxhia en resta pratiquement extatique. Lorsqu’il poussa la porte, la jeune femme eut sous les yeux la plus originale des salles d’eau. Quatre larges marches permettaient de descendre dans une vasque d’environ deux mètres de diamètre sur quatre vingt dix centimètres de hauteur. Le réservoir servait à la fois de sol et de baignoire. Un énorme robinet qui devait libérer des litres d’eau à la seconde pour la remplir était fixé sur le rebord. Coloré en ocre, bleu lavande, sable et bleu cobalt l’émail opaque faisait paraître le bassin encore plus spacieux qu’il n’était. Une bonde se trouvait au centre du réservoir pour permettre à l’eau de s’écouler. Le miroir triptyque dont les volets ouverts embellissaient la pièce par un rajout de clarté, était fixé au mur de briques juste au dessus d’un lavabo carré et de plusieurs petits meubles surélevés. Ceux-ci garantissaient un rangement soigné et hors de portée des colonnes de douche. Comme pour la cuisine un hublot faisait jaillir la lumière du jour dans la pièce. Servant de rideau naturel, Leyxhia distingua un jasmin de belle taille aux fleurs odorantes d’un blanc éclatant.
    – « Si tu es partante demain tu auras droit à ton bain ma mie ! » Aubyn guetta l’approbation de Leyxhia dans son regard mais celle-ci sembla dubitative.
    – « Ta baignoire est une vraie piscine, je ne vais pas te faire gaspiller autant d’eau voyons ! » Leyxhia chercha à l’en dissuader mais Aubyn ne voulut pas renoncer à son projet.
    – « À invitée exceptionnelle, traitement particulier ! » Répondit-il enjoué.
    – « D’ailleurs personne n’a dit que ce bain t’étais exclusivement réservé, je vais le partager avec toi et mon imagination est débordante pour l’agrémenter ! » Conclu-t-il. Les mains sur les fesses de Leyxhia, Aubyn plaqua la jeune femme contre lui et l’embrassa avec fougue.
    – « Je vois, je vois ! » Fit Leyxhia pantelante.
    – « Monsieur Venel vous êtes toujours plein de ressource, vous finirez bien par trouver le moyen de recycler cette eau après tout ! » convint-elle en s’amusant à exécuter une petite danse du ventre son corps ajusté à celui d’Aubyn. Ses hanches ondulaient dans un balancement lascif et sa bouche chercha celle de son compagnon. Sa langue se fit douce, parcourant le contour de ses lèvres, s’insinuant entre ses dents et courtisant celle d’Aubyn. Elle poursuivit sa danse sensuelle jusqu’à ce qu’elle sente le corps de son amant parcouru de décharges, elle l’enlaça un peut plus, prête à faire l’amour debout dans la vasque. Aubyn repoussa tendrement la jeune femme, puis il la souleva dans ses bras, il remonta les escaliers avec sa délicieuse prise et prenant garde de ne pas l’assommer contre le chambranle de la porte il sortit rapidement de la salle de bain. Par jeu elle se débattait mollement, l’invectivant d’une voix enjôleuse. À chaque soubresaut sa courte jupe dissimulait de moins en moins son anatomie et les bras nus d’Aubyn glissèrent sur sa peau douce.
    – « Alors la, tu n’y couperas pas petite sorcière ! Arrête de tortiller du popotin comme cela ou je vais te laisser tomber ! » Protesta-t-il en l’étreignant plus solidement encore.
    D’un adroit coup de coude il ouvrit la dernière porte au fond du couloir et entra légèrement chancelant sous les assauts de la rebelle qui s’agitait dans ses bras. Leyxhia cessa net son jeu en découvrant la chambre dans laquelle ils venaient de pénétrer. Elle ferma les yeux puis les rouvrit se demandant si elle ne rêvait pas. Comme dans tout l’appartement des briques polies servaient de revêtement aux murs et au plafond. Le sol recouvert de tomettes de Salernes restituait à l’ensemble un aspect suranné. Mais ce qui avait captivé le regard de Leyxhia, c’était le grand lit à baldaquin aux rideaux de lin écrus et à la literie couleur sable qui trônait dans la pièce. Au pied du lit un majestueux coffre corsaire aux ferrures noircies parachevait la décoration. Non loin de la porte, au pied du mur, le flux intense d’une superbe fontaine d’appartement en pegmatite libérait un son cristallin. Deux bougainvilliers roses, fixés sur palissages, montaient la garde de chaque côté d’un vaste vitrage et diffusaient un parfum entêtant à travers les battants entrouverts. Soudain Leyxhia prit conscience que plusieurs des ouvertures étaient béantes à leur arrivée. Elle s’éjecta des bras d’Aubyn et prête à lui faire une scène elle attaqua :
    – « Pourquoi les fenêtres sont ouvertes ? Tu ne les as pas laissées comme cela toute la semaine tout de même ? Tu vis avec quelqu’un ? » Elle débita ses questions en rafales ne laissant pas à Aubyn le temps de répondre. Celui-ci laissa passer l’orage et partit d’un formidable éclat de rire.
    – « Eh bien dis moi tu démarres au quart de tour petite aguicheuse ! »
    – « Pour aérer ! Non ! Et encore non ! » Énonça-t-il distinctement. Leyxhia le dévisagea comme si elle avait à faire à un fou.
    – « Les fenêtres sont ouvertes pour faire aérer, elles ne le sont pas restées pendant sept jours et non je n’ai personne dans ma vie ! » Énuméra-t-il calmement. Leyxhia comprit qu’elle avait abusé, elle se rapprocha d’Aubyn et elle l’embrassa sur les lèvres.
    – « Pardon, je suis désolée d’avoir réagit comme cela! » Murmura-t-elle embarrassée. Elle passa ses bras autour de son cou et l’embrassa de nouveau.
    – « Je n’ai rien à te pardonner Lexy, tu es trop vive c’est tout ! C’est le voisin qui vient une fois par semaine quand je suis absent et hier je l’ai appelé pour qu’il aère ! Cela répond-t-il à tes questions ? » La jeune femme hocha de la tête affirmativement puis désirant lui faire oublier son mauvais caractère elle entreprit de déboutonner la chemise d’Aubyn. Mais celui-ci se baissa promptement et la saisit par les cuisses. Il la souleva jusqu’au lit et la laissa choir sur le matelas de toute sa hauteur. La jeune femme rebondit dans une pose des plus alléchantes pour lui. Il la débarrassa de ses vêtements en un rien de temps et ôta les siens dans la foulée. Peau contre peau, lèvres contre lèvres les deux amants se goûtaient, se savouraient, se ressentaient. Leyxhia étendue de tout son long sur le ventre d’Aubyn caressait ses flancs, ses bras puis ses épaules tandis qu‘il lui rendait les mêmes effleurements à la différence près qu‘il cajolait ses fesses par instant. Leurs lèvres se frôlaient, leurs langues s’enroulaient et leurs corps brûlaient du même feu. Leyxhia se dégagea de l’étreinte d’Aubyn qui protesta mais elle avait une idée en tête qui risquait fort de lui plaire. Elle attrapa un des oreillers moelleux qu’elle glissa sous les reins de son compagnon puis elle se campa à genoux entre ses jambes écartées. Elle se saisit délicatement de son sexe entre ses paumes comme si elle voulait le réchauffer puis elle souffla dessus très doucement. Fixant Aubyn droit dans les yeux Leyxhia se mit à faire coulisser la douce colonne de chair entre son pouce et son index accompagnant l’agréable massage de quelques coups de langue. Elle le vit se tordre de plaisir sous ses yeux, il râlait et gémissait à chacune de ses caresses et ses doigts s’ancrèrent dans les draps lorsqu’elle frotta plusieurs fois sa joue contre le membre turgescent de son compagnon qui palpitait entre ses doigts. Il était au bord de l’explosion mais la diablesse ne voulait pas en finir aussi rapidement. Elle posa ses mains sur les cuisses d’Aubyn et délaissa un instant le palis souple et dur qu’elle mignotait avec raffinement pour taquiner le ventre et le torse de sa victime consentante, du bout de la langue. Puis le buste à hauteur du sexe de son amant, Leyxhia répéta ses va et viens vigoureux entre ses doigts et se mit à le sucer avec application. Sa langue virevoltait en faisant des mouvements circulaires, puis le long de ce sceptre pulpeux qui laissa enfin se répandre un filet blanchâtre à son extrémité. Alors la jeune femme badigeonna sa poitrine de ce surprenant onguent et enserra le membre viril entre ses seins. Elle entama de longs mouvements d’avant en arrière, léchant le gland violacé à chaque passage. Aubyn râlait sans discontinuer et la vision de son sexe dans la bouche étroite de Leyxhia et tanguant entre les seins ronds et fermes de la jeune femme décupla son excitation. Dans un cri d’extase il laissa un geyser laiteux jaillir sur la poitrine de Leyxhia qui s’en enduisit avec délectation. Le ventre en feu elle rampa sur Aubyn, s’agrippant à ses épaules. Elle s’empara des lèvres de son amant, le torturant des siennes pour un baiser torride. En remuant son bassin elle parvint à s’empaler
    sur la puissante virilité d’Aubyn qui avait encore belle prestance. Il la conduisit à la volupté en quelques coups de reins. Elle cria sous l’onde de plaisir qui l’engloutit et laboura de ses ongles les bras d’Aubyn auxquels elle se cramponnait. Toujours en elle, celui-ci la fit rouler sous lui. Il la pilonna de nouveau, possédant son corps avec vigueur, voulant lui prouver ainsi qu’il saurait la combler à chaque instant. Leyxhia criait à chacune de ses poussées et elle sentit l’orgasme arriver dans une explosion de sensations intenses. Leurs cris se mêlèrent dans un spasme commun et, couverts de sueur, essoufflés, rassasiés de sexe, ils restèrent pratiquement prostrés.
    – « Je crois que je suis amoureux de toi Lexy ! » Parvint à articuler Aubyn en l’enserrant de toute la force de ses bras.
    – « Non je ne crois pas, j’en suis sûr, je t’aime à la folie gamine ! » Continua-t-il en la couvrant de baisers.
    Stupéfaite, Leyxhia eut tellement peur d’avoir mal compris qu’elle ne releva pas. Son cœur battait à se rompre et pendant un instant elle en eut le souffle coupé. Figée, trop effrayée pour faire un geste qui aurait pu briser l’enchantement, Leyxhia, un sourire vissé sur ses lèvres se laissa glisser dans un sommeil réparateur.
    Aubyn, dont la déception se lisait sur son visage, la laissa aller à une douce torpeur. Il pensa qu’après tout avec la chaleur, le voyage, l’excitation de découvrir les lieux et leurs facéties elle devait être épuisée. Cependant un doute s’insinua dans son esprit : et s’il n’était qu’une passade pour elle ?
    – « Réveille-toi marmotte ! » Aubyn la secouait légèrement pour la tirer de son sommeil.
    – « Je t’ai laissé dormir une petite heure, mais si tu restes trop longtemps assoupie, tu ne rejoindras pas le pays des rêves cette nuit ! Lève-toi paresseuse ! » Insista-t-il en la bousculant de nouveau.
    Oblongs et phosphorescents des néons diffusaient une lumière tamisée dans la chambre, Leyxhia se rendit compte qu’il faisait déjà nuit à l’extérieur.
    – « Bon sang mais qu’elle heure est-il ? » S’exclama-t-elle en se redressant d’un bond.
    – « Dans deux minutes il sera vingt et une heure trente ! » répondit-il en imitant un regard sur le cadran imaginaire d’une montre.
    – « Va te doucher et à table je nous ai préparé une petite dînette ! »
    La jeune femme, nue comme au jour de sa naissance, se précipita à la salle de bain. Il entendit claquer la porte et trente seconde plus tard le jet puissant de la douche. Il aurait bien aimé la rejoindre mais ce n’était pas le bon moment.
    Fraîche et pimpante, vêtue seulement d’un tanga et d’une brassière vert tendre en dentelles elle débarqua dans la cuisine, Leyxhia paraissait troublée.
    – « Aubyn dis-moi ? D’où provient la lumière ? Il y a des néons de partout mais l’éclairage n’est pas lumineux ? » Demanda-t-elle avec curiosité.
    – « Ça c’est mon secret, je te le dévoilerais demain matin ! » Lui répondit-il mystérieux. Elle n’insista pas.
    – « Installe-toi et bon appétit ma chérie ! » Aubyn invita Leyxhia à prendre place et une fois assise la jeune femme posa son regard sur Aubyn à qui elle sourit tendrement. Pour la première fois depuis le décès de ses parents, elle se sentait enfin chez elle…Mylhenn…

     


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  • Au NoM De L’aVeNiR

     

    Il était presque huit heures lorsque Leyxhia ouvrit les yeux. Le chant des oiseaux la tira du sommeil en douceur et après s’être étirée façon chat des villes, elle sauta du lit. Nullement gênée par sa nudité, elle s’approcha de la baie vitrée pour se rendre compte du temps qu’il allait faire. Le spectacle qu’elle découvrit la ravit au plus haut point. Un magnifique jardin s’étirait sur une centaine de mètres jusqu’à la lisière de la forêt. Un entrelacement de plantes vivaces, d’arbustes nains et de graminées composait un parterre aux couleurs chatoyantes de l’été. Sur des treilles aux formes étudiées des plantes grimpantes élaboraient de belles tonnelles qui confectionnaient un sentier végétal couvert. Leyxhia voulait admirer cette merveille sans attendre, elle se précipita sur les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, attacha ses cheveux en arrière sans même les peigner, laissant une mèche rebelle orner sa joue gauche. Pressée elle laça à moitié ses sandales, risquant la chute à tous moments.
    En passant elle jeta un œil dans la cuisine pour voir si Aubyn s’y trouvait et ne l’y voyant pas elle poursuivit jusqu’à l’entrée. Accoudé, la tête sur sa main gauche, il tapait sans grande conviction sur les touches du clavier de son ordinateur. Leyxhia l’observa un moment en silence et elle se rendit compte que son regard était perdu dans le vide. Elle sourit et s’approcha à pas de loup.
    – « Ton parfum te trahi Lexy ! » dit-il en se retournant alors qu’elle était presque contre lui.
    – « Mais je n’en ai pas mis ! » Protesta-telle.
    – « Ta peau et les effluves de ta féminité restent gravées dans ma mémoire olfactive ma tendre amie ! » Prononça-t-il en l’attirant à lui.
    – « Héééé ! Dis tout de suite que je sens le négligé ! » Gronda-t-elle en lui résistant.
    – « Arrête de râler, j’aime ton odeur et je l’aimerais encore même si tu allais te rouler dans un carré de mousse verte en totale décomposition, na ! » Affirma-t-il en l’asseyant de force sur ses genoux. Il couvrit sa nuque de baisers et Leyxhia se détendit sous les caresses puis lorsqu’il relâcha son étreinte elle se releva d’un bond en riant.
    – « Aubyn je veux aller dans le jardin, il est superbe ! » Déclara-t-elle impatiente. Elle se dirigeait déjà vers la porte lorsqu’il la rattrapa par la taille.
    -« Tu viens déjeuner avec moi, je t’ai attendu ! Ensuite nous irons faire la visite des environs ! Hier au soir tu voulais savoir d’où provenait l’éclairage me semble-t-il ! » D’une pression de la main Aubyn la dirigea vers la cuisine ou elle se laissa guider sans protester.
    – « Oui ta maison est un vrai bonheur Aubyn, comme j’aimerais y….! » Comprenant qu’elle allait dire une bêtise elle stoppa net sa phrase et changea de sujet.
    – « Que veux-tu pour accompagner ton thé ! » demanda-telle en sortant le jus d’orange du réfrigérateur.
    – « Je me débrouille, choisis ce qui te plaît ! » Lui répondit-il en pelant une banane.
    Leyxhia se pencha dans le frigidaire pour se saisir d’un yaourt et la vision qu’Aubyn eut de ses fesses moulées dans le petit short bleu l’émoustilla quelque peu. Et lorsqu’elle se retourna, le regard de celui-ci s’attarda dans le décolleté plongeant du minuscule top blanc qui lui servait de haut. Il pensait maintenant à toute autre chose qu’à avaler ses céréales aux framboises.
    « Mince, mais qu’elle quiche je suis ! » S’exclama-t-elle en lui faisant remarquer la trainée de fromage blanc au coulis d’abricot qui ornait son maillot blanc immaculé et la ceinture de son short.
    La mine contrite elle poussa un soupir de déception. Elle retira le plus gros de la crème avec une serviette en papier mais cela ne fit qu’empirer les dégâts.
    – « J’en ai mis partout je dois absolument nettoyer ça, je n’ai rien d’autre à me mettre ! » Se lamenta-telle. Il la vit se précipiter dans le couloir, l’entendit grommeler dans la salle de bain et resurgir au bout de quelques minutes en sous vêtements dans la cuisine. Leyxhia était revêtue d’un soutien gorge minuscule qui couvrait à peine sa poitrine et d’une petite culotte en dentelle blanche qui ne cachait que l’essentiel. Aubyn ne pouvait détacher son regard du déhanchement de la jeune femme en petite tenue.
    – « Je les ai mis à tremper, j’irais les étendre tout à l’heure, en attendant tu n’as pas un t-shirt à me prêter s’il te plaît ? » Demanda-t-elle en s’approchant d’Aubyn pour récupérer son pot de yaourt. Elle livra ses jolies petites fesses rebondies au regard d’Aubyn.
    Elle ne prêta pas attention au sourire malicieux qui étira ses lèvres ni à la convoitise qui fit briller ses prunelles. Celui-ci la saisit par le bras pour l’attirer à lui, il l’adossa à la table tout en se plaquant contre elle. Cette fois ci elle se badigeonna le ventre de fromage blanc sucré en une longue trainée qui allait de sa poitrine à son ventre. Leyxhia maugréa contre Aubyn, mais celui-ci ne se démonta pas, il se pencha au dessus de la jeune femme et amorça un nettoyage en règle de la pointe de sa langue. Leyxhia cessa net de rouspéter et lorsque les mains d’Aubyn se posèrent sur ses hanches, sa respiration s’accéléra. Le sillon crémeux disparaissait sous la dentelle du sous vêtement et la langue humide d’Aubyn suivit le même chemin. De ses mains qui se faisaient tendres, il fit glisser la petite culotte de Leyxhia le long de ses cuisses. Celle-ci caressait les épaules de son amant et fermait les yeux tout en ronronnant au rythme de ses caresses délicates. Il plaça ses mains sous ses fesses et la souleva en se relevant pour la déposer sur la table. Redressant la tête, étendue sur le dos, elle s’accouda superbe et sensuelle. D’un regard moqueur elle l’invita à continuer, envoyant promener sa petite culotte d‘un revers du mollet.
    – « Aubyn, lorsque tu m’as parlé de petit déjeuner je ne savais pas que c’était moi que tu allais déguster ! » Minauda-t-elle.
    – « Et si tu l’avais su, cela aurait changé quelque chose ? » Ses prunelles la dévoraient.
    Mutine elle se garda bien de répondre, écartant les jambes en balançant ses hanches en une invitation lascive et impudique. Juste à la bonne hauteur pour le divertissement voluptueux qu’elle envisageait, elle enlaça la taille d’Aubyn, ses mollets croisés sur les reins de celui-ci et le bloqua entre ses cuisses. Il reprit ses assauts de douceur, griffant tendrement les flancs de sa geôlière du bout des ongles pour remonter en direction de sa poitrine. D’une main il dégrafa son soutien gorge et de l’autre il maintint sa nuque, lui donnant un baiser torride. Le petit bout de tissu blanc vola à travers la cuisine pour atterrir sur la grille pain qui fort heureusement était éteint. Il se saisit alors du pot de yaourt et le regard salace il en racla les pourtours et le fond jusqu’à la dernière goutte, étalant à l’aide de la petite cuillère le fromage blanc à l’abricot sur les seins, le ventre et le terrain de jeu voluptueux qui s’offrait impudent à ses yeux gourmands.
    – « On ne va pas gaspiller n’est-ce pas ? » Conclu-t-il en plongeant son visage entre les seins de sa victime qui éclata de rire en le voyant maculé du menton au front et se pourléchant avec gourmandise.
    Il couvrit ses seins de baisers et s’attaqua aux tétons fièrement dressés de sa compagne, les mordillant, les picorant et les léchouillant avec passion. Il enduisit de fromage blanc l’extrémité de l’un de ses doigts et il caressa son petit bourgeon avec lenteur, la faisant ondoyer des hanches au rythme de ses attouchements. Lorsque la fine faille de son intimité commença à se gorger du miel onctueux de son désir, Leyxhia posa son pied sur le pantalon de son partenaire. De sa semelle, elle flatta avec adresse le sexe d’Aubyn qui gonflait avantageusement le tissu de son jean. Seuls ses yeux parlaient, et à la lueur de la flamme qui les illuminait, Aubyn comprenait qu‘elle ne se contentait plus de ses frôlements et cajoleries. Cependant il ignora l’invitation, se délectant de la pose torride de cette nymphe nue et en sandalettes. Il se contenta de reprendre activement le travail de sa langue sur le parcours sucré qu’était le ventre de Leyxhia. Il s’immergea entre ses cuisses et goûta à sa liqueur intime parfumée au fromage blanc. Après de longues minutes de caresses exquises il ôta enfin son maillot moucheté de yaourt, il dégrafa son pantalon qu’il laissa choir sur ses talons, puis il baissa son caleçon, libérant ainsi son bâton de chair. L’injuriant affectueusement sous l’effet du désir, Leyxhia renonça à toute pudeur. Elle replia ses jambes sur ses seins, sollicitant ainsi en elle la force de son amant qui après plusieurs tendres glissades la pénétra fougueusement. Il disparaissait en elle encore et encore, allant toujours plus profond exhorté par ses râles d’encouragements. Orgasmes mêlés, corps en sueurs arc-boutés, ils leur fallut du temps pour récupérer. Comme à chaque fois ils savouraient les précieux instants de l’après blottis l‘un contre l‘autre, l‘un dans l‘autre.
    Leyxhia se tenait, impatiente, dans l’entrée. Vêtue d’une des chemises d’Aubyn elle attendait que celui-ci lui dévoile les secrets et les beautés de la maison Hobbit. Ils avaient du se doucher pour éliminer les traces de leur récréation lactée et elle en avait profité pour étendre ses vêtements au soleil déjà ardent pour une fin de matinée. Comme un feu follet, avec sa chemise couleur safran elle entrait et sortait de la maison, invitant Aubyn à se presser. Un tantinet malicieux il suivait avec amusement ses allées-venues et se décida enfin à la rejoindre. Les tablettes en pierre enchâssées dans la terre de la colline passaient inaperçues. Il fallait être sur la première marche pour découvrir les suivantes. Presque gravé au sol et dissimulé par l’herbe, le passage calculé pour de petites enjambées conduisait au sommet du vaste tumulus qui intégrait la maison sous sa masse. Prairie fleurie naturelle, parsemé de fleurs des champs, l’ensemble était magnifique. Émerveillée Leyxhia en restait sans voix, elle avançait comme dans un sanctuaire : avec respect et précautionneusement. De temps en temps elle frôlait de la paume de la main les pétales des fleurs vivaces mêlées subtilement aux graminées. Les centaurées et les zinnias embrasaient le champ de leurs couleurs chaudes et vivifiantes à la fois. Parvenus au sommet de la colline, Aubyn guida Leyxhia vers une gloriette recouverte de lierre d’Irlande.
    – « Voici l’un de mes secrets ! » Dit-il en lui faisant découvrir l’implantation de trois panneaux solaires camouflés dans l’entrelacs végétal. Pas assez épais pour couvrir totalement l’installation, juste une tricherie pour être soustrait aux regards et permettre aux rayons du soleil de faire leur office.
    – « D’accord, va pour l’électricité mais cela n’explique pas la lumière des néons ? » demanda-t-elle intriguée et attentive à ses explications. Aubyn prit la main de Leyxhia dans une des siennes et il la dirigea sur ce qui aurait du être la toiture de l’édifice pour une maison ordinaire. Un parterre de lumière protégé par une palissade de bignones mordorées se révéla à ses yeux éblouis. Lorsqu’elle fut habituée à la luminosité elle remarqua que la source lumineuse se jetait directement dans un puits baigné d’un rayonnement éclatant. Captivée, elle l’interrogea du regard.
    – « Réflecteurs et détecteurs de présence ! » Expliqua-t-il brièvement. Il savait que cela ne lui suffirait pas.
    – « Tu ne crois pas t’en tirer à si bon compte tout de même ! » S’insurgea-t-elle.
    – « Je veux que tu m’expliques, et je veux comprendre alors s’il te plaît pas de mots trop savant ! » Aubyn lui fit partager chacun des rouages de l’aménagement, il la savait capable de tout saisir. Explications d’où il ressortit que la lumière était capturé par d’énormes bocaux en verre et ensuite redistribuée par des réflecteurs suivant la luminosité ambiante de la maison. Pour ne pas gaspiller cette énergie, l’ensemble de la structure était dotée de détecteurs de présence et les néons phosphorescents ne se déclenchaient que lorsque l’on passait d’une pièce à l’autre avec seulement la luminosité requise suivant l’heure de la journée. En soirée le système électrique pur prenait le relais. Ce système ingénieux avait été conçu par l’un des amis d’Aubyn qui travaillait sur les nouvelles formes d’énergie domotique. inka476
    – « je suis ignorante en la matière mais j’imagine que tout cela ne se transforme pas en électricité et en éclairage d’un claquement de doigts ! » Aubyn était ravi d’entendre les questions pertinentes de sa jeune amie et il lui répondait avec plaisir.
    – « Non évidemment que non ! » Confirma-t-il en l’entrainant sur l’autre versant de l’habitation. La vue en hauteur qu’elle avait du jardin était un véritable enchantement. En contrebas, les vaguelettes du petit torrent miroitaient de milles éclats et le tapis de plantes grimpantes façonnait un tableau végétal passant du vert tendre au vert intense en l‘espace d‘un instant. Des larmes de béatitude perlèrent à ses paupières et elle parvint in extrémis à les masquer aux yeux scrutateurs d’Aubyn. Dans ses pensées elle se voyait ancrer de nouvelles racines en ces lieux si reposant.
    Il l’entraina dans un petit local attenant à la chambre à coucher et dès qu’il ouvrit le vantail elle eut devant elle tout un appareillage sophistiqué. Des voyants verts et rouges qui clignotaient et des cadrans aux aiguilles disciplinées composaient une partie de l’assemblage compliqué de la machinerie qui devait se piloter pratiquement seule. Elle remarqua aussi des leviers et des robinets puis des mètres de tuyauteries qui se perdaient dans les cloisons de la construction. Un grand bac muni d’une pompe captait l’eau de la rivière proche et elle comprit qu’elle avait sous les yeux une station d’épuration en miniature et que ce système fournissait l’édifice souterrain en eau potable. Admirative elle resta sans voix. Son compagnon disposait d’un logement qui se gérait en totale autarcie.
    – « Je savais que cela te plairait ma Lexy ! » dit-il en la serrant contre lui.
    – « Me plaire, le mot est faible tu sais ! » répondit-elle.
    – « Ta maison est un vrai bonheur, je te le redis ! » Leyxhia se blottit contre Aubyn et souhaita l’entendre répéter les mots qu’ils avaient prononcés quelques heures plus tôt. Maintenant elle aurait su quoi répondre.
    Baignés des senteurs envoutantes du jasmin, du chèvrefeuille et de la glycine ils traversèrent le jardin et atteignirent le bord de la rivière où les fougères arborescentes leurs servirent de haies d’honneur. La encore, l’esprit créatif d’Aubyn avait fait des merveilles. Il avait aménagé une grande plate-forme sur pilotis au dessus des flots impétueux de la rivière. Celle-ci venait briser ses rouleaux d’écume contre les énormes troncs qui soutenaient les lattes de la terrasse. Les jours d’orage le fracas du flux devait être impressionnant car déjà dans le calme ensoleillé de cette journée d’été le courant heurtait les pylônes de soutien avec force. Du même bois Aubyn avait confectionné des sièges et des bancs ainsi qu’une table, le tout arrimé solidement au plancher. Leyxhia savait sans qu’il le lui dise que c’était lui qui avait créé et construit ce radeau qui semblait flotter au dessus de l’eau. Malgré la canicule extérieure, l’humidité et la fraicheur ambiante des frondaisons poussèrent Leyxhia à se réfugier contre Aubyn. Vêtue d’une seule chemise elle frissonnait comme feuille morte au vent. Absorbée par la magie des lieux elle sursauta lorsqu’elle sentit la main d’Aubyn glisser sous sa chemise et s’infiltrer entre ses fesses. Il jouait les explorateurs avec application et lorsque ses doigts stoppèrent sur son fessier elle cambra les reins lui donnant ainsi l’autorisation de poursuivre son manège. Elle plaça ses bras autour de son cou et se plaqua contre lui en l’embrassant tendrement. Aubyn insinua son bras sous l’aisselle de sa compagne pour venir la saisir par l’épaule et de l’autre main il écarta le léger tissu de sa petite culotte. Malgré une légère douleur Leyxhia le laissa visiter l’entrée de service. Lorsqu’il rajouta un doigt elle sentit une douce chaleur l’envahir et le plaisir naissant se diffuser dans son corps. Sa petite culotte était trempée et elle sentait le sexe dur d’Aubyn prêt à jaillir de son carcan d’étoffes. Ni l’un ni l’autre n’avait envie de jouer les prolongations, elle retira rapidement son sous vêtement pendant qu’il ouvrait sa braguette. Il l’adossa presque brutalement à la rambarde et la posséda d’un coup de reins puissant. Elle se cramponna à lui et à chaque mouvement de son bassin il la cognait contre le bois dur. Leyxhia ne ressentait pas de douleur juste cet énorme bout de chair qui lui labourait les entrailles. Cinq minutes de ce traitement énergique puis il l’abandonna en plein vol. Sans parler il alla s’assoir sur l’un des bancs de bois poli et il lui enjoignit de déposer ses petites fesses rondes sur ses cuisses. Bien calée, le dos abouté au torse d’Aubyn, les mains posées à plat sur le banc Leyxhia laissa son partenaire la maintenir fermement par les hanches. Il fit coulisser plusieurs fois son membre dans la liqueur d’amour qui luisait entre les cuisses de Leyxhia et commença à investir avec délicatesse le tunnel étroit de son fondement. Son corps agité de spasmes, elle avait du mal à garder l’équilibre mais trop excitée et avides de ces sensations nouvelles elle ressentait un plaisir intense. Dans son dos les grognements d’Aubyn lui indiquait qu’elle n’était pas la seule à apprécier. Ses fesses claquaient contre les cuisses d’Aubyn, et centimètre par centimètre il s’enfonçait si profondément que ses sphères d’amour venaient frapper sa rivière dégoulinante. Accélérant le rythme il vint masser énergiquement de deux doigts la petite fleur au comble de l’excitation. Au septième ciel, Leyxhia feulait telle la panthère en chasse et Aubyn explosa en elle dans un cri rauque. L’épais liquide chaud se répandit en elle, intensifiant la force de son orgasme. Tous deux essoufflés et encore assommés par l’intensité de leur plaisir ils s’abandonnèrent un instant à la quiétude des lieux. Une nouvelle fois Leyxhia permit à ses larmes d’inonder ses joues de bonheur.
    – « Lexy quelque chose m’intrigue, voudrais-tu me répondre ? » Questionna-t-il en la regardant tendrement.
    – « Dis toujours, je verrais si je peux satisfaire ta curiosité ! »
    – « Pourquoi as-tu pleuré lorsque je t’ai fait l’amour dans le hangar ? Et pourquoi maintenant ? » Curieux de connaître la réponse de la jeune femme il la couvait des yeux.
    – « C’est idiot, mais je me sens tellement bien qu’il me parait impossible de pouvoir retrouver cette sensation ! » Lui répondit-elle en se lovant contre lui.
    – « Lexy je te l’ai dit hier mais tu ne m’as pas répondu ! Je t’aime comme un fou alors pourquoi imaginer la fin de ce bonheur ? » Il la tenait serrée contre lui comme si elle risquait de disparaitre subitement. Pantelante et presque apeurée de ce qu’elle allait répondre Leyxhia bégaya sa réponse sous le coup de l’émotion.
    – « Je… je t’aime aussi Aubyn ! Je t’aime depuis ce pre … premier baiser sous la lune rappelle toi ! Mais j’ai peur aussi ! »
    – « Mais de quoi grand dieu ! » Jura-t-il.
    – « Mais de notre différence d’âge, d’affronter les regards, de mon sale caractère, de notre trav… ! »
    – « Dossier clos ! » La coupa-t-il en l’embrassant voracement.
    – « Ne pense pas à cela, vis cet amour comme un cadeau et ensuite nous adapterons au fur et à mesure ma petite chienne ! »
    Leyxhia était sur un nuage et elle lui prouva sur le champ ses capacités à s’adapter.
    Les heures qui suivirent furent une ode au bien être et à la félicité. Oubliant tout ce qui n’était pas eux, les deux tourtereaux s’isolèrent dans la petite maison Hobbit jusqu’au Lundi après-midi. Pendant le voyage du retour Leyxhia échafauda diverses stratégies pour se ménager un petit coin de paradis au Manoir en compagnie d’Aubyn. Depuis qu’ils avaient gouté aux joies d’une bulle d’amour ils ne se voyaient pas rester plusieurs jours sans se toucher.
    Ils arrivèrent au Manoir en fin de journée. Alors qu’ils longeaient le mur d’enceinte, Leyxhia fut surprise de voir l’ancienne loge des gardiens ouverte.
    – « Tiens oncle Jules à fait aérer la conciergerie ! » Remarqua-t-elle en passant devant la maisonnette aux volets verts olive.
    – « Cela faisait des mois que personne n’y avait mis les pieds, c’est bizarre ! » La jeune femme semblait troublée.
    Aubyn se gara sur le parking et après un dernier baiser ils se séparèrent. celui-ci s’engouffra dans l’escalier qui conduisait aux étages, déjà prêt à s’immerger dans les travaux prévus pour la semaine chargée qui s’annonçait. Rêveuse, la jeune femme flânait avant de monter quand soudain l’une des femmes de chambre vint précipitamment à sa rencontre.
    – « Leyxhia ! Votre oncle veut vous voir à la loge, c’est urgent je crois car il m’a fait vous attendre depuis plus d’une heure déjà ! »
    – « Allez-y vite, il est impatient de vous voir ! » Conseilla la jeune fille.
    Leyxhia en resta perplexe. Son oncle savait bien pourtant qu’elle n’avait jamais pu retourner au cottage depuis la disparition de ses parents…Mylhenn…


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  • UN CaDeau iNaTeNDu

     

    … De grosses larmes roulèrent sur ses joues lorsque Leyxhia se retrouva devant la bâtisse qui avait abrité ses jeunes années. Les souvenirs heureux affluèrent à sa mémoire et elle se mit à trembler comme une feuille à mesure qu’elle gravissait les marches du perron. Commença alors à résonner à ses oreilles l’écho des éclats de rire de sa mère répondant aux siens lorsqu’elles entamaient de folles courses poursuites dans toute la maison. Cela se terminait généralement sur le grand canapé du salon ou Leyxhia gigotait avec ravissement en piaillant sous les chatouilles de sa maman complètement décoiffée, les joues rouges lumignon. En y mettent du sien, Leyxhia perçut encore les effluves de l’eau de toilette de son père qui flottaient dans la grande entrée. Quinze ans avaient passé depuis le drame, mais dès que Leyxhia franchit le seuil de la maisonnette, elle ressentit immédiatement la présence de ses parents. Cette fois ci elle serra les dents et entra courageusement.

    Son oncle l’attendait dans le hall.
    – « N’ai aucune crainte ma chérie ! » dit-il en l’embrassant sur les deux joues.
    – « Il n’y a plus rien pour te faire du mal, nous avons tout enlevé hier ! » Effectivement, il n’y avait plus aucun meuble et les pièces étaient rutilantes du sol au plafond. La jeune femme n’en était pas pour autant réconfortée mais au moins plus rien ne venait raviver ses tendres souvenirs. Son oncle s’adressa à elle le plus sérieusement du monde :
    – « Je ne sais pas comment votre histoire se poursuivra avec Mr Venel mais ce qui est sûr c’est que tu dois avoir un logement bien à toi ! » Jules Brismont observa sa nièce quelques instants et devant son manque de réactions il poursuivit :
    – « Á ton âge on a besoin d’indépendance et je pense aussi à nos clients ! »
    – « Quoi nos clients ? » S’insurgea-t-elle soudain.
    – « Tu pourrais peut-être faire preuve d’un peu plus de discrétion non ? » Leyxhia lança un regard noir à son oncle car pour la première fois il la décevait énormément.
    – « Il me semble avoir été réservée et décente devant eux ! » Protesta-t-elle vivement.
    – « Jamais Aubyn et moi-même n’avons eu de gestes déplacés devant eux ! Comment peux-tu me reprocher ceci alors que ce n’est pas vrai ! » Continua-t-elle en haussant le ton.
    – « Calme-toi ! Je ne te reproche pas d’être inconvenante vis-à-vis de nos hôtes, ni une quelconque incorrection dans le comportement de Mr Venel, je dis simplement qu’il est temps que tu aies un peu d’intimité ma petite ! ».
    Puis calmement il lui expliqua que la grande maison était propre de la cave au grenier et qu’elle pouvait la meubler à son goût et s’y installer dès qu’elle le souhaiterait. Abasourdie Leyxhia hésita entre allégresse et mélancolie. D’un côté être indépendante la tentait beaucoup, mais se fixer dans la maisonnette signifierait qu’elle avait enfin tourné la page.
    L’intimité l’emporta sur le chagrin et elle emménagea deux semaines plus tard. Son nid douillet prit effectivement corps le soir où après une journée de travail épuisante Aubyn vint la rejoindre. Á peine arrivé, endiablé, il clama haut et fort qu’il avait envie de lui faire l’amour. Qu’il avait besoin de caresser sa peau chaude et douce, en l’embrassant sauvagement il jura qu’il avait soif de ses baisers, qu’il était avide de se frotter contre son corps nu si délicieux et qu’il convoitait ses tétons afin de les griffer tendrement. Il proclama aussi son désir d’un corps à corps enragé en la plaquant avec vigueur contre l’imposant bahut du couloir. Il murmura tendrement à son oreille en un mot peu gracieux mais si alléchant, qu’il voulait la baiser. Il affirma qu’il avait envie de transpirer de plaisir, d’enchaîner les jouissances, d’explorer le kamasutra et de jouer de leurs deux corps. Il le lui prouva illico et prise dans le tourbillon des sens de son amant Leyxhia se laissa lécher, humer, toucher et …baiser. Épuisés par leur corps à corps déchainé ils s’endormirent serrés l’un contre l’autre, l’un dans l’autre.
    Il avait fallu presque quatre heures pour emplir le bassin puis le trop plein se déversa en une bondissante petite cascade qui allait se noyer dans la rivière par le biais du deuxième canal. La plus belle des récompenses pour Aubyn fut la succession d’applaudissements de ses employés quand le chantier fut officiellement terminé. Leyxhia et son oncle le félicitèrent avec chaleur et Jules Brismont le complimenta de nombreuses fois pour son efficacité.
    Le moment tant redouté par Leyxhia était arrivé, elle savait qu’Aubyn allait s’effacer peu à peu de son horizon au profit de ses nouveaux clients. Aubyn la devinant créative lui suggéra une association mais la jeune femme était entièrement dévouée au castel. Le Manoir était ses racines. Alors pendant quelques temps ils se fabriquèrent de beaux souvenirs au rythme des déplacements d’Aubyn que Leyxhia rejoignait dès qu’elle en avait le temps. Parfois ils faisaient l’amour sur une aire d’autoroute bien à l’abri des regards dans le 4/4 ou alors aux abords du fleuve près du vieux cyprès. Aux douches coquines dans la chambre sept du motel du pont neuf se succédaient les tendres sucettes qui se terminaient en ébats sulfureux sur le parking des oliviers. Les semaines passèrent puis la lassitude commença à se faire sentir et Aubyn émit l’idée qu’ils pourraient unir leur destinée. Leyxhia qui avait renoncé à tellement d’heures de sommeil pour son travail dont elle commençait à recueillir les fruits, refusa de quitter Le Manoir très prisé des touristes. Croyant la faire réagir Aubyn lui posa un ultimatum qu’elle ignora et trois semaines plus tard il accepta un contrat de cinq ans en Indonésie pour une grande chaîne d’hôtels. Leyxhia le laissa s’en aller sans chercher à le retenir.
    Plus tard au cours de ses longues nuits d’insomnie la jeune femme avait les tempes martelées par les dernières paroles de son amant.
    – « Je t’aime Lexy, tu ne veux pas prendre de décision …. » Avait-il dit. 2840243i
    – « La mienne c’est maintenant : je pars cela te donnera du temps pour réfléchir encore et encore ! »
    Elle savait qu’il avait une force de caractère hors du commun et qu’il était capable d’ignorer les attraits pulpeux des femmes d’Asie, mais un homme est un homme.
    Alors elle se réconforta en pensant que, même séparés par des milliers de kilomètres cela ne signifiait pas que leur amour allait s’éteindre du jour au lendemain.
    Au fil des semaines elle ignora les appels de son corps et poursuivit sa route seule, liée au destin d’Aubyn par le fil ténu des quelques mails, lettres et albums photographiques que celui-ci lui envoyait avec parcimonie.
    Il se passa quatre ans, onze mois et dix sept jours avant que Leyxhia ne revit Aubyn.
    Lorsque le pli contenant le billet d’avion arriva au Manoir, la jeune femme resta plusieurs jours avant de l’ouvrir puis prenant son courage à deux mains elle déchira l’enveloppe et découvrit les quatre pages qu’avait tartiné Aubyn de son écriture pattes de mouche pour la convaincre de le rejoindre quelques semaines. Le ticket frappé du logo d’une compagnie aérienne très connue lui brûlait les doigts et elle était prête à le déchirer.
    Soudain lui revinrent en mémoire les heures passées sous l’aubépine à pleurer l’absence de son amant, les nuits assise sur le rebord du bassin à guetter sa silhouette derrière elle dans le miroir de l’eau et surtout l’immense place vide nuit après nuit à ses côtés dans son grand lit.
    Sa gorge se noua lorsque l’avion se posa sur la piste, elle regrettait déjà d‘avoir acceptée l‘invitation, mais il était trop tard pour faire marche arrière. Elle était partie de Londres à dix huit heures pour arriver à Jakarta quatorze heures plus tard. Mais au lieu de huit heures du matin, avec le décalage horaire elle se retrouva en Malaisie à treize heures, en pleine chaleur, étouffante et humide. Heureusement elle n’eut pas à attendre longtemps, Aubyn la guettait près du portail de débarquement. Lorsqu’il découvrit la silhouette filiforme de la jeune femme parmi les autres passagers un grand sourire éclaira son visage. Elle marchait d’un pas gracieux en de longues enjambées pour le rejoindre. Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre mais elle se contenta d’un baiser sur la joue pour le saluer. Cela ne l’empêcha pas de la serrer avec effusion, la détaillant de haut en bas.
    – « Tu as fait bon voyage ? » demanda-t-il en la dévorant du regard.
    – « Oui assez bien jusqu’à ce que nous changions d’avion pour ce charter, mais bon j’ai connu pire ! » Elle ignora son regard appuyé et ôta son gilet qu’elle noua autour de sa taille fine.
    Dix minutes plus tard ils avaient récupéré son lourd bagage et étaient installés dans la grosse Range Rover Noire garée sur le parking de l’aéroport.
    – « Je dois te prévenir Lexy, nous avons un long trajet avant d’arriver à l’île, pratiquement cinq cent kilomètres, et ensuite plus d’une demi-heure de ferry ! » Il guetta sa réaction mais elle resta de marbre, se contentant de hocher de la tête, un pâle sourire étira ses lèvres. Elle était fatiguée et surtout déroutée par le climat éprouvant. Elle aurait aimé changer son pantalon pour une jupe mais elle n’osa pas le lui demander.
    – « Alors c’est parti pour cinq heures de route, j’ai de l’eau fraîche dans la glacière à l’arrière ainsi que des fruits alors dès que tu te sens déshydratée tu demandes ! »
    – « Oui Aubyn, je ne suis pas en sucre tout de même ! » Déclara-t-elle mi-agacée, mi-amusée.
    – « En sucre non, mais bien maigrichonne ! Une vraie haridelle ! » Elle lui lança un de ses regards noirs dont elle avait le secret, regard prometteur du meilleur comme du pire. Cependant elle s’abstint de tout commentaire sachant qu’il avait raison. Elle ne mangeait plus correctement depuis longtemps, trop occupée de ses journées et préoccupée les nuits. Il était presque vingt heures lorsqu’ils arrivèrent à Lembah Matahari, une petite île recouverte d‘une immense palmeraie sur laquelle Aubyn louait une magnifique demeure. Les trois hôtels de luxe dont il avait la charge se trouvaient à dix minutes de son domicile.
    Épuisée Leyxhia prit une longue douche, se restaura légèrement et ils se dirent bonne nuit comme de vieux amis. La jeune femme s’endormit aussitôt qu’elle eut posé la tête sur l’oreiller.
    Toute pimpante elle rejoignit Aubyn le lendemain matin. Autre pays mêmes habitudes. Il préparait tranquillement le petit déjeuner lorsque Leyxhia entra dans la cuisine. Grâce à son travail il pouvait se procurer toutes sortes de produits européens, certes les touristes aiment le dépaysement mais jusqu’à un certain point. C’est ainsi qu’elle échappa aux goreng épicé et au bakmi pour le petit déjeuner. Il lui avait même dégoté une boîte de son thé favori.
    Campé contre l’évier, près de l’énorme réfrigérateur, une bouteille d’eau minérale entre ses doigts elle l’observait silencieusement. Il allait et venait au gré de ses besoins. Il lui promit un excellent gado gado pour le déjeuner et il avait déjà commencé à le cuisiner. Il manquait plus que l’eau bouillante pour le thé du petit-déjeuner. Il attrapa un litre d’évian dans le frigo et lorsqu’il se mit au dessus de l’évier pour emplir la bouilloire, sans réfléchir Leyxhia se laissa aller le dos contre son dos, juste le temps de se rendre compte combien son geste était ridicule.
    – « Pardon excuse-moi, je suis idiote ! » Dit-elle confuse. Elle avait rougit et elle s’empressa de changer de place.
    – « Tu peux même faire un remake si tu le désires, je n’y vois aucun inconvénient ! » Il rit franchement de son embarras et leurs pensées suivirent le même chemin pendant un instant. Les petits-déjeuners coquins dans la maison Hobbit était encore bien présent à leur mémoire. Il répondit à la question muette de Leyxhia :
    – « Je l’ai prêté à un collègue jusqu’à mon retour, ensuite je pense que je la vendrais ! »
    – « Mais cette maison est ta création, tu as tant travaillé pour tout mettre au point ! »
    – « Et alors ? Je n’ai pas l’intention d’y vivre longtemps à mon retour, trop de projets pour m’en occuper correctement ! »
    Leyxhia le regarda presque durement mais ne dit rien.
    – « Je peux te la laisser si tu le désires ? » Aubyn connaissait déjà la réponse.
    – « Non merci, j’ai le castel plus mon pavillon alors cela fait déjà beaucoup ! » Affirma-t-elle. Puis elle poursuivit mal à l’aise :
    – « Je crois comprendre que tu vas bientôt rentrer ? »
    – « Oui dans quelques mois, j’avais un contrat de cinq ans ! » Et il poursuivit :
    – « Les espaces verts des trois hôtels sont pratiquement terminés et la formation des jardiniers et paysagistes du groupe est à son terme aussi alors tu vois je serais bientôt en France ! »
    Leyxhia ne releva pas mais dans ses yeux parut de l’inquiétude.
    – « Lexy ? Je perçois comme une contrariété dans ton regard ? »
    Elle avait oublié combien Aubyn savait la percer à jour et elle sursauta à la question.
    – « Non je ne suis pas contrariée mais c’est juste que te savoir à l’autre bout du monde est moins difficile que… ! » La jeune femme ne termina pas sa phrase et elle essuya rageusement ses yeux avec le torchon à vaisselle.
    Aubyn s’avança vers elle puis d’une main affectueuse il souleva délicatement son menton.
    Il la regarda droit dans les yeux.
    – « Leyxhia, c’est toi qui ne voulait pas de notre histoire. Tu as trouvé mille excuses pour ne pas poursuivre et maintenant tu me fais comprendre que tu as du chagrin à cause de mon retour ! » Il l’embrassa tendrement sur la joue mais la jeune femme se recula vivement.
    – « Ce sont seulement de douloureux souvenirs, ne te donne pas autant d’importance ! » Avec colère elle attrapa sa tasse de thé si rapidement qu’elle manqua se brûler.
    – « Je n’ai pas passé une seule journée sans penser à toi et moi je n’ai pas peur de te dire que je t’aime ! »
    Á ces mots, elle frémit de la tête aux pieds, mourant d’envie de se jeter au cou de son amant mais son fichu orgueil la retint. Toutefois son silence avait parlé pour elle et Aubyn s’en contenta.
    – « Allez bois ton thé avec moi ma mie et oublions ça ! Je te fais visiter ensuite les abords de la maison ! » Proposa-t-il.
    – « Oui je veux tout voir ! » dit-elle enjouée comme si la conversation n’avait pas eu lieu.
    La jeune femme suivit Aubyn à l’extérieur et découvrit un éden qui frisait la perfection et l’originalité.
    L’habitation en elle-même était toute simple et de plein pied, juste fonctionnelle. Mais nichée comme il l’était au pied des terrasses qui la surplombaient, le bâtiment semblait flotter sur un océan de verdure. Un semblant de barrière délimitait le terrain tout autour, simplement jalonnée de yuccas géants qui ressemblaient à des cerbères en faction. Sur le devant de la maison un énorme magnolia lesté d’un superbe hamac donnait l’impression que tout ici respirait la tranquillité et que le temps s‘y était arrêté. Après une visite guidée dans les règles, Leyxhia et Aubyn déjeunèrent dehors.
    – « Je fais un aller-retour pour vérifier que le travail est fait correctement ! » dit-il une fois le repas terminé.
    – « Veux-tu venir avec moi ? » Proposa-t-il.
    – « Non merci mais j’aimerai profiter du hamac si cela ne te dérange pas ? » Elle n’était pas encore habituée à la chaleur humide et étouffante.
    – « Pas de problème, repose toi un moment, je reviens dans une petite heure ! » Aubyn partit, elle alla s’allonger sur la confortable couchette et ferma les yeux pour mieux écouter les bruissements ambiants de la palmeraie. Sa respiration se fit plus lente et le sommeil la gagna. Aubyn resta absent beaucoup plus longtemps que prévu et lorsqu’il revint il trouva Leyxhia endormie, totalement abandonnée en une pose des plus charmante. Sa longue chevelure brune encadrait son doux visage, son bras gauche et sa jambe droite pendaient hors du hamac et sa jupe entrouverte dévoilait le galbe parfait de ses cuisses. Il resta un moment à la contempler, imaginant leurs retrouvailles si elle n’avait pas mit cette barricade invisible entre eux, et se rapprochant, presque malgré lui sa main se posa sur la peau délicate de la cuisse de la jeune femme qui dormait. Ses doigts reconnurent la délicatesse de l’épiderme dont ils avaient été si longtemps privés et Aubyn frissonna de plaisir à ce contact. Il remonta doucement ses doigts sous le tissu puis les glissa entre les cuisses de la jeune femme, guettant ses réactions. Leyxhia laissa échapper un soupir d’aise et écarta un peu plus ses jambes. Elle s’offrait à lui, se livrait à ses caresses et acceptait l’effleurement de ses lèvres avec lesquelles il parcourait la chair tendre qu’elle lui livrait. Il remonta lentement sa jupe et découvrit sa toute petite culotte. Tendrement il insinua ses doigts sous le satin bleu et caressa son sexe qui l’attira comme une délicieuse friandise à laquelle il ne put résister. A chacun de ses coups de langue, il sentit peu à peu le plaisir envahir la jeune femme, il vit sa respiration s’accélérer et il entendit ses faibles gémissements. Les yeux fermés, s’appliquant à lui donner ce qu’il espérait en retour, il ne vit pas qu’elle se réveillait. Elle s’assit brusquement, coinçant sa tête entre ses jambes et l’invectiva rudement.
    – « Mais cela ne va pas chez toi ? Qu’est-ce qui a pu te faire croire que tu pouvais prendre de telles privautés bon sang ! » Cependant sa colère s’estompa en le voyant ainsi retenu et rouge comme un coquelicot. Elle le libéra et éclata de rire.
    – « Mais tout simplement tes plaintes langoureuses ma chérie ! » répondit Aubyn loin d’être contrit.
    – « Mes … plaintes ? Je vais t’en faire des plaintes tiens ! » Surenchérit-elle en le poussant du pied, Aubyn alla s’affaler sur la pelouse en riant.
    Leyxhia comprit que c’était surtout cette complicité qui lui avait autant manqué durant ces cinq dernières années.
    Une union parfaite du corps et de l’esprit, une association de l’intelligence et des sens et l’accord total de deux êtres sensibles et charmeurs. Les regrets étaient inutiles mais une légère ombre vint voiler son regard. Aubyn le remarqua et aussitôt il la détourna de ses pensées.
    – « Allez paresseuse, va mettre des chaussures confortables, nous allons marcher un peu ! Je vais te montrer quelque chose et pour cela il faut escalader les terrasses ! »
    Durant une heure trente ils gravirent les terrasses de la palmeraie et pas après pas Leyxhia découvrait un panorama grandiose. La côte lui apparut dès la quatrième terrasse et les trois hôtels où Aubyn délivrait son art et son savoir se profilèrent hors de la végétation. Tels des phares au lointain les innombrables baies vitrées brillaient aux premiers rayons du couchant. Le blanc des façades se détachait, presque phosphorescent, sur la verdure des hauts frangipaniers aux fleurs blanches à cœur jaune ou rouge qui entouraient les bâtiments démesurés. Aubyn expliqua à Leyxhia que le plumeria alba, au parfum envoutant, était un arbre sacré dont les fleurs étaient déposées en offrande aux divinités devant chaque temple. Puis à la dernière terrasse vint le merveilleux : l’océan se peignit à son regard tel un tableau de Van Gogh, composé de vagues larges et ondulantes dont le mouvement se devinait grâce aux éclats brillants de l’écume. L’intensité lumineuse, moindre à cette heure de la journée, rendait façon kaléidoscope les différents tons de bleus. La jeune femme en resta tétanisée puis sans réfléchir elle se jeta au cou d’Aubyn pour le remercier de lui faire partager une telle beauté. Le simple baiser chaste sur la joue d’Aubyn se transforma alors en une longue caresse de leurs lèvres soudées. La jeune femme eut du mal à s’extraire des bras de son amant mais elle se reprit au moment où il glissait ses doigts à même la peau nue de ses hanches.
    De retour à la maison il faisait pratiquement nuit. Epuisés, en sueur et des étoiles plein les yeux les deux amants finirent ensembles sous la douche. Leyxhia se réveilla en pleine nuit un peu confuse de se retrouver dans le lit d’Aubyn, mais elle avait toujours su que cela se terminerait ainsi. Cela dès le jour où elle avait accepté de venir le rejoindre. Elle avait envie de l’aimer, elle avait envie d’être aimé et surtout ce besoin de sexe avec son amant la taraudait depuis trop longtemps.
    Leyxhia rampa sur Aubyn et commença à l’embrasser. Son corps nu épousait celui de son amant à la perfection. Sa poitrine collée à son torse elle l’embrassait tendrement, lèvres contre lèvres et langues emmêlées elle noua ses bras autour de son cou lui faisant un oreiller de ses avant-bras. Leurs bassins soudés se mouvaient au rythme de leur envie, emprisonnant la virilité dressée d’Aubyn. Le ventre de Leyxhia n’était plus que braises enflammées et son doux fruit se consumait de désir. Ils avaient été privés de ce plaisir depuis tellement longtemps, qu’emplit de frissons, il la fit rouler sous lui, déviant le poids de son corps en prenant appui sur ses bras pour ne pas l‘écraser. Ils reprirent leurs baisers avec avidité et Aubyn se glissa en elle avec tendresse, faisant ouvrir sa féminité gonflée telles les pétales d’une fleur. Elle entoura son membre de sa douce chaleur, et par sa liqueur d’amour elle fit luire sa verge aux rythmes de ses pénétrations de plus en plus profondes. Chaude à tisonner, la mâtine roulait frénétiquement des hanches telle une danseuse orientale. Elle contractait ses muscles pour le presser comme dans un étau et elle l’encourageait de ses cris rauques. Le souffle court Aubyn tremblait de plaisir et la vague puissante qui lui déchira le ventre lui arracha un hurlement terrible. Magnifique et vulnérable il la vit partir à son tour sur un nuage de volupté et son sourire satisfait la rendit encore plus belle. Elle se nicha entre ses bras et n’en bougea plus de la nuit. Les semaines défilèrent à un rythme effréné et déjà il lui fallait songer à son retour mais aucune tristesse car elle savait qu’Aubyn allait la rejoindre et cette fois ci elle ne laisserai pas passer sa chance.
    Leyxhia avait précautionneusement déposé l’anneau argenté surmonté d’une pierre de mellite incrustée de fils d’or sur son coussin de velours puis refermé le coffret grenat et elle déposa religieusement la petite boîte au fond de son sac. Aubyn savait qu’elle n’aimait pas les bijoux mais celui-ci n’était que le gage de son retour alors elle l’accepta mais à condition de ne le porter que lorsqu‘Aubyn serait auprès d‘elle. Elle ne voulait rien précipiter, seulement regagner le Manoir et attendre fébrilement le bonheur qui leur était promis. Pourtant il restait une ombre au tableau et pas des moindres, mais Leyxhia avait été incapable d’en parler à Aubyn. La jeune femme et son amant passèrent leur dernière soirée à se projeter dans l’avenir et Leyxhia trouva ce qui pouvait faire qu’Aubyn n’oublierai pas de rentrer. Elle maîtrisait avec finesse le plaisir égoïste qu’est la fellation et elle arrivait à en faire culpabiliser Aubyn tellement il en était dingue à chaque fois. Le secret du savoir faire pour que ce soit aussi divin était tout simplement d’aimer cela lui avait-elle confié. Elle était récompensée lorsqu’il hurlait à ses oreilles sous l’effet du plaisir subtil et intense, juste avant la jouissance. Elle adorait le voir perdre tout contrôle, entièrement hypnotisé par la sensation de ses lèvres qui se posent sur son sexe. La certitude d’un bonheur assuré lui faisait fermer les yeux et se concentrer sur cette langue qui l’embrassait, le découvrait, le léchait puis sur ses lèvres qui le suçaient, provocantes et enfin ses dents qui le mordillaient de façon divine. Ce soir la encore elle le regarda livré à ses caprices, retenant sa respiration pour ne pas craquer sous ses coups de langue. Mais en vain car muscles tendus et raidis il se livra à elle en un flot doux et chaud qu’elle recueillit dans sa bouche. Épuisé par l’orgasme qui l’a ravagé, il sent sa langue parcourir encore son sexe rendu sensible à l’extrême, le faisant se cambrer. Perdu l’espace d’un instant il reprit ses esprits et retrouva les gestes d’antan comme si leur longue séparation n’avait entamé aucun de leurs rites. Le lendemain seulement entre Asie et Europe Leyxhia s’autorisa à penser à son petit rayon de soleil. Stella qui avait hérité des cheveux blonds de sa grand-mère et des yeux clairs de son père avait du mener la vie dure à son « tatoo » pendant son absence.
    Trois semaines plus tard en fin de matinée, un taxi s’arrêta au grand portail de l’hostellerie « Le Manoir ». Le regard curieux d’une petite fille observa avec attention, cachée derrière un bosquet de lilas, le ballet des deux hommes. Le chauffeur ouvrit la portière à son client puis récupéra son bagage dans le coffre. Une fois la course payée, le véhicule s’éloigna lentement et l’inconnu s’approcha de la grille. Le regard lumineux de l’homme attira malgré elle la gamine hors de sa cachette. Du haut de ses presque cinq ans la fillette aux cheveux dorés le toisa sans aucune crainte et lui fit cadeau de son plus beau sourire. Elle trouva au visiteur un air de ressemblance avec le portrait de l’homme que sa mère gardait précieusement sur la commode de sa chambre. Stella sut d’instinct qu’elle n’avait rien à craindre.
    Stupéfait Aubyn découvrit le petit bout devant lui, copie conforme de Leyxhia mais blonde. Et tout à coup il comprit pourquoi la jeune femme n’avait pas mis la bague qu‘il lui avait offerte. Sa fille fit jouer le pêne de la serrure en tournant la grosse clé bien huilée du portail de service et abaissa la poignée. Aubyn referma le portail derrière lui et emprunta alors machinalement le sentier qui conduisait à la conciergerie. Trop hébété par ce qu’il venait de découvrir pour être en colère, perdu dans ses pensées il ne remarqua même pas les efforts que faisait la gamine pour rester à sa hauteur.
    – « Monsieur, tu vas trop vite, attend moi ! » L’attendrissante petite voix le ramena à la réalité. Il stoppa net et enfin il prit le temps de la dévisager. La petite avait ses yeux, ce qui lui interdisait de la renier tellement ils étaient identiques aux siens. L’attache de l’une de ses sandalettes était défaite, ses couettes étaient de travers et sa jolie robe fleurie tachée de ce qui devait être une trace de confiture d’abricot, mais il avait devant lui la plus jolie frimousse qui soit au monde et son cœur explosa d’amour.
    – « Comment t’appelles-tu jolie petite fleur ? »
    – « Stella ! » La petite baissa les yeux et avait répondu presque timidement comme si elle avait peur de lui déplaire.
    – « C’est un prénom magnifique tu sais ! » La fillette retrouva le sourire instantanément. Il la saisit par la taille et la déposa sur ses épaules. Il reprit sa marche en direction du pavillon, se délectant des éclats de rire de sa fille.
    – « Tatoo y veut jamais que je monte sur ses népaules ! » Babillait la petite entre deux rires.
    – « Tatoo ? » demanda Aubyn surpris.
    – « Maman l’appelle tatoo Jules ! »
    – « Ah, tatoo c’est tonton Jules ! » La reprit-il.
    – « Mais noooooon, juste tatoo voyons ! » et elle se remit à rire, gigotant sans peur sur les larges épaules de son père aux anges.
    Leyxhia entendit arriver sa fille et elle sortit sous la véranda.
    – « Stella grand dieu mais qui es-tu encore en train d’ennuyer ? » Lorsqu’elle vit Aubyn, elle resta sans voix et son regard capta le sien. Elle n’y lu aucune colère juste le besoin de comprendre. Elle savait que le plus dur était passé mais il était temps d’expliquer. Aubyn déposa sa fille à terre et elle alla se nicher dans les jambes de sa mère.
    – « Va te laver les mains ma chérie, je t’ai préparé un croque monsieur comme tu les aime avec beaucoup de béchamel ! » Stella partit en courant vers la salle de bain, mais se ravisant elle revint près de Leyxhia.
    – « Maman le monsieur il va rester la ? Il est gentil tu sais ! » Leyxhia jeta un regard inquiet à Aubyn. Celui-ci lui sourit et s’amusa de sa déconvenue.
    – « Tu n’avais pas prévu cela hein je pari ? »
    – « Je serais encore la quand tu aura mangé ton croc après nous déciderons ensemble de ce que je ferai ! » Rassurée la petite s’engouffra dans la maison en piaillant sa joie.
    – « Maintenant que nous sommes seuls, dites voir Mademoiselle Brismont, quand comptiez-vous me dire que j’avais une fille ? ». Nulle trace d’emportement dans sa voix, seulement de la curiosité.
    – « J’ai essayé pendant ces cinq dernières années, mais j’ai eu peur que tu ne rentres uniquement pour ta fille ! Je ne trouvais pas cela juste pour toi ! »
    – « Et bien ! Même si cela avait été ? J’aurais pu la voir devenir cette jolie petite fille, je t’aurais aidé pendant ta grossesse, j’aurais été la tout simplement ! » Devant la logique de ses paroles Leyxhia n’avait pas grand-chose à répondre.
    – « Je savais que tu reviendrais un jour ou l’autre ! » dit-elle d’une toute petite voix.
    – « Et je me contente de cela ? » Insista-t-il.
    Leyxhia haussa les épaules, incapable de trouver les mots pour persuader Aubyn de sa bonne foi. Elle rejoignit sa fille à l’intérieur, Stella attendait assise à la table de la cuisine. Lorsqu’il entra dans la maisonnette Aubyn fut agréablement surpris. La jeune femme avait emménagé l’endroit de manière très confortable et avec goût. Il resta un moment dans le couloir à écouter Leyxhia et Stella puis il se décida à se joindre à elles. Le repas fut très agréable et pour la première fois depuis cinq ans Leyxhia respira librement. Surexcitée par l’annonce qu’Aubyn était son père Stella fit un caprice à l’heure de la sieste refusant nette d’aller s’allonger. Aubyn eut l’immense honneur de faire valoir ses droits de père sous le regard attendri de Leyxhia.
    – « Nous sommes tranquilles pour deux petites heures ! » Annonça Leyxhia en allant s’abattre sur le canapé. Aubyn l’avait naturellement suivi et il l’a fit glisser sur ses genoux.
    – « Largement assez pour commander un petit frère à Stella ! » Leyxhia regarda Aubyn et comprit qu’il ne plaisantait pas.
    – « Celui-ci au moins je le verrais pousser depuis le début ! » Poursuivit-il très sérieux. La jeune femme se releva promptement comme mordue par un serpent venimeux. Aubyn éclata de rire devant sa mine désemparé et l’attira de nouveau à lui.
    – « Tu vois je sais moi aussi faire mon petit effet ! » Il l’embrassa avec douceur puis ses baisers se firent plus passionnés.
    – « J’ai envie de voir le parc ! Tu crois qu’on peut laisser la petite un moment seule ? » S’enquit-il en serrant Leyxhia contre lui.
    – « Oui vient elle ne va pas s’envoler et notre fille est très indépendante tu sais ! » Leyxhia scruta le regard d’Aubyn et ce qu’elle y lut la poussa à sortir rapidement.
    Ils n’allèrent pas bien loin, juste sous la tonnelle derrière la maison et Aubyn noua sa langue gourmande à celle de Lexy, quémandant le plaisir dont il était privé depuis quelques semaines. Les seins de Leyxhia pointaient à travers le fin tissu de sa robe légère, elle haletait sous les caresses de son amant. Il posa ses mains sur sa poitrine et sentit ses tétons dressés à travers l’étoffe, la jeune femme n’y tint plus elle passa sa robe par-dessus tête et se colla à Aubyn en gémissant, impatiente. Ses doigts glissèrent partout sur elle profitant de sa peau si douce. Caresses et baisers se succédèrent sans retenue, intenses et prémices au corps à corps qui se faisait de plus en plus ressentir.
    Elle l’aida à ôter son t-shirt puis tout en ondulant des hanches elle se frotta langoureusement contre lui. Il la fit s’adosser au tronc de l’énorme glycine qui ombrageait la tonnelle et il releva sa jambe, écarta sa petite culotte, ouvrit sa braguette et plongea en elle son membre fièrement dressé. Le tronc lui râpa les fesses mais il lui paraissait aussi doux qu’un coussin. Son dos buta l’écorce à chacun des violents coups de reins que lui infligeait Aubyn mais ses cris furent des râles de plaisir. Elle avait passé ses bras autour de son cou et le laissait libre de ses envies, la jeune femme se contentait de dévorer les lèvres de son compagnon qui grondait tel un animal. Elle gémissait sous la progression rude de son bâton de chair en elle et elle se délectait du frottement de son corps contre le sien. Ils ne leur fallut pas longtemps pour atteindre la volupté. Détendu Aubyn observa le petit fauve qui avait hanté chacune de ses nuits en Asie et il la trouva magnifique même essoufflée, les cheveux emmêlés et son essence de vie lui coulant entre les cuisses
    – « Finalement je crois que Stella va l’avoir ce petit frère ! » Dit-il taquin et cette fois ci Leyxhia ne protesta pas.
    Le soir même la jeune femme portait fièrement l’anneau d’argent à son annulaire et enfin apaisée elle contemplait sa famille. Son pouce entre ses lèvres, Stella s’était assoupie sur son père. Blottie contre lui, la tête posée sur sa poitrine, la petite était maintenant profondément endormie comme le prouvait sa respiration régulière. Aubyn laissait courir son regard l’une et l’autre et il souhaita que ce moment fut éternel…Mylhenn…


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