• ... Pour beaucoup de femmes, Daniel était un être mystique et compliqué, mais pour celles qui se donnaient un tant soi peu la peine de le connaître, l’expérience de sa rencontre était magique….

    Kathlyn avait fait la connaissance de cet érudit lors d’une lecture des œuvres d’un auteur méconnu qui faisait la tournée des grandes bibliothèques. Ils avaient sympathisés lorsque la jeune femme avait demandé à Daniel de lui expliquer certaines tournures de phrases un peu ardues pour elle.
    Pourquoi s’était-elle tournée vers lui ? Elle serait bien incapable de répondre !
    Il avait facilement vingt trois ans de plus qu’elle, mais elle sut immédiatement qu’elle pouvait lui faire confiance. A la fin de la conférence, ils échangèrent leur mail et se promirent de papoter afin de faire mieux connaissance. D’instinct, ces deux-la savaient qu’ils seraient amenés à se rencontrer de nouveau.
    Pendant des semaines, ils se connectaient chaque soir, parfois même dans la journée et passaient ainsi des heures à dialoguer de sujets comme l’art, l’architecture, les voyages et … le sexe. Non, pas de grivoiseries mais des friponneries qui parfois les obligeaient à se censurer eux-mêmes pour ne pas avoir à être réprimander par les modérateurs du web.
    Néanmoins vint un jour ou les échanges par messagerie interposée ne les satisfirent plus, Daniel invita Kathlyn avec l’engagement d’une rencontre toute platonique.
    Cependant dès qu’il aperçut la jeune femme à la descente du train, Daniel sut que la promesse faite au détour des touches d’un clavier serait impossible à tenir. Il se souvenait d’une jeune femme en tailleur strict et chignon serré. Il avait maintenant devant lui une sirène aux longues jambes bronzées, chaussée de sandalettes spartiates, habillée d’une petite robe d’été, fleurie, qui couvrait à peine ses cuisses. Sous les chauds rayons du soleil d’été, la chevelure libre de la jeune femme lui faisait un halo doré. Le sourire de Kathlyn ôta les derniers doutes de Daniel. Dès le premier regard, Kathlyn comprit à son tour qu’il lui serait très difficile de respecter leur pacte si l’envie prenait à Daniel de reprendre sa parole.
    Après les politesses d’usage, Daniel emmena Kathlyn visiter les environs puis lui proposa d’aller s’installer afin de pouvoir être tranquille pour le reste de la journée.
    La chaleur était déjà plus qu’étouffante en cette fin de matinée, aussi Kathlyn désira se mettre à l’aise pendant que Daniel préparait des boissons fraîches.
    La chambre qu’il lui avait préparée était plongée dans une semi-obscurité rafraichissante, cela grâce aux volets à moitié fermés. Elle commença par ôter ses chaussures, puis sa robe et c’est en petite culotte qu’elle se mit à chercher son short et un débardeur dans son sac. Toute à ce qu’elle faisait, elle n’entendit pas quand Daniel frappa à la porte et lorsqu’il entra, elle resta planté la sans réagir. Daniel eut alors la vision d’une des plus belles choses qu’il lui fut donné de contempler. De la superbe jeune femme émanait une sensation de fragilité, mais en l’observant plus attentivement, il s’aperçu qu’elle ne se dérobait pas à l’examen détaillé qu‘il lui faisait subir. De ses yeux bleus irisés, elle soutint sans sourciller le regard admiratif de son hôte. Elle ne chercha nullement à dissimuler sa presque nudité, savourant fièrement cet inventaire en règle qu’il lui faisait endurer. Daniel contemplait chaque détail de son corps et ce qu’il voyait le mettait dans un état de ravissement total. Une mèche de ses longs cheveux blonds comme les blés lui recouvrait le sein gauche. Le droit, dévoilé, était une invitation au crime, rond, haut placé et agrémenté d’une aréole brune d’où pointait un mamelon hardiment dressé. Le reste de la chevelure de Kathlyn retombait souplement en cascade dans son dos jusqu’à ses reins. Sa taille était si fine qu’il était sûr de pouvoir l’entourer en touchant ses pouces et index réunis de chaque côté. Le minuscule tanga lilas qui ceignait ses fesses rondes, donnait à sa silhouette un aspect torride. Tout était harmonie chez cette jeune femme qui semblait avoir été créée pour le plaisir d’un amant qui saurait la faire vibrer.
    Daniel en avait profité pour se mettre à l’aise et le fait de le voir torse nu alors qu’elle-même était offerte à sa vue excita soudain la jeune femme. Féline elle s’approcha de lui et effleura de ses doigts délicats son torse doux comme de la soie. Leurs regards se croisèrent et ils ne se quittèrent plus des yeux. Il l’attira alors à lui en posant ses mains sur ses fesses et elle s’abandonna totalement à son baiser. Elle se rendit compte alors qu’elle attendait cela depuis son arrivée.
    Entre effleurements et mordillements, leurs langues et leurs bouches se goûtaient en un échange voluptueux les invitants à des jeux plus charnels.
    Comme le lit de kathlyn était encombré de ses affaires, Daniel la guida vers un grand fauteuil. Il s’assit et invita la jeune femme à se jucher sur ses cuisses. Au passage il fit glisser lentement sa petite culotte en frôlant ses fesses, ses cuisses puis ses mollets. Il jeta le petit bout de tissu par terre, installant la jeune femme à califourchon, leurs poitrines scellées étroitement. Il resserra encore son étreinte, l’enlaçant comme s’il avait peur de la voir disparaître ou tout simplement changer d’avis. Elle enroula ses bras autour du torse musclé de Daniel et ils recommencèrent à s’embrasser. Un baiser long et profond qui fit monter d’un cran le désir qu’ils avaient l’un de l’autre tout en les mettant dans un état de profonde excitation. De tendre, la bouche de Daniel devint fougueuse, goûtant, mordillant, léchant et suçant chaque parcelle des lèvres de la jeune femme. Prenant plaisir à ses infinies caresses, ils ne s’en privèrent pas, ils avaient tout leur temps…..Daniel voulait imprimer chaque fibres du corps de sa belle sirène au bout de ses doigts, il la choyait comme une princesse.
    Découvrant le contact soyeux de ses cheveux, il enfoui son visage en eux. Ses doigts câlinaient la nuque de Kathlyn, puis il l’embrassa dans le cou, toujours serré l’un contre l’autre. Elle profitait des ces instants magiques, le laissant la découvrir. Elle frissonna de plaisir, laissant même échapper un gémissement, lorsqu’il cajola ses épaules et vint déposer ses mains sur ses seins. Il passa sa langue sur la pointe de chacun de ses deux seins et continua son exploration. Elle s’écarta un instant de lui pour plonger ses yeux dans les siens et elle s’étira de tout son long, les bras levés au ciel pour manifester son bien être. Il continua à descendre dans son dos, puis sur ses reins il imprima des cercles du bout des doigts, la faisant onduler du bassin sous la pression légère. Il étreignit ses hanches, puis mignota longuement ses fesses biens fermes. Il ne savait pas s’il devait maintenant s’aventurer plus loin, mais ce fut elle qui lui donna la réponse. Kathlyn se leva, elle l’attira à elle et se mit à déboutonner son jean, puis elle le fit descendre en même temps que son boxer le long de ses jambes d’athlète en se baissant en même temps. Accroupie au sol, elle lui souleva l’un après l’autre les pieds afin de le débarrasser de ses vêtements devenus inutiles. Ceci fait elle se releva lentement, effleurant délicatement les jambes de son amant. Elle se maintint un moment les mains sur les fesses de son compagnon et pris délicatement le membre dressé de celui ci dans sa bouche, juste le temps de lui faire sentir que c’était elle qui décidait. Après un léger coup de langue sur le gland gonflé par l’excitation elle continua son ascension, déposant de petits baisers légers tels des ailes de papillons sur le torse d’un Daniel complètement retourné. Elle mit à nouveau ses lèvres sur celles de son doux caprice près à escalader des montagnes pour elle.
    Cette jeune femme était un don du ciel pour lui qui aimait tant ces moments de complicité avec ses partenaires. Elle le repoussa alors sur le fauteuil, lui enjoignant de bien se caler contre le dossier puis elle s’installa de nouveau sur lui. Elle se mit à genoux, les mains posées en arrière sur les cuisses de Daniel, lui présentant ainsi sa poitrine à hauteur de ses lèvres. Il ne se priva pas d’en titiller les rondeurs avec sa langue ni de câliner les pointes en les suçant à pleine bouche aux dents parfaites. Dents avec lesquelles il tirait tendrement les sensibles mamelons de la jeune femme qui gémissait sous la caresse.
    Elle ondulait du bassin en une invitation qu’il ne put ignorer plus longtemps. Il se remit à caresser ses fesses d’une main, tandis que de l’autre il partit à la conquête de sa toison dorée complètement détrempée par le désir. Elle eut un soubresaut et poussa un cri de bien être lorsque les doigts de Daniel s’enfoncèrent légèrement en elle. Il joua un moment avec son petit bouton gonflé par ce plaisir tant désiré puis n’y tenant plus, il l’a fit basculer sur son sexe pour l’empaler sans résistance. Sa pénétration presque chirurgicale, la laissa ivre de sensations puissantes.
    Ils restèrent ainsi quelques minutes sans bouger, puis la jeune femme se redressa et prenant appui sur ses genoux ébaucha une danse qui consistait à faire se déplacer son bassin en des mouvements plus qu’excitants pour un Daniel conquis d‘avance. Il avait laissé ses deux mains la où peau est sensible, glissant ses pouces entre la chair tendre de ses lèvres en feu. Elle prit l’initiative de mener le bal en soulevant et en abaissant son bassin, tout en faisant un mouvement circulaire sur le sexe de son compagnon qu’elle comprimait fortement. Elle le conduisit ainsi à la limite de l‘orgasme. Mais il reprit le contrôle en apposant ses mains de chaque côté des hanches de sa cavalière. Daniel temporisa l’ardeur de sa douce amazone qui le chevauchait avec toute la fougue de sa jeunesse. Il lui imposa un rythme du bassin beaucoup plus lent, l’initiant ainsi à la patience. A son tour il fixa les règles du jeu et Kathlyn n’y perdit pas au change car le lent va-et-vient de Daniel lui labourait son tunnel d’amour, s’enfonçant à chaque fois plus profondément en elle. Elle sentait le ventre dur de son amant coulisser contre le sien lui procurant une impression inoubliable. Le frottement du membre érigé de son partenaire contre son clitoris la rendait folle et la lenteur même des coups de reins assénés leur procurait une salve de plaisir à chaque fois. Vint le moment où ils ne purent faire autrement que de se laisser submerger, ils s’embrassèrent fougueusement avant de jouir, lui d’abord et elle ensuite en recevant la décharge puissante de sa semence entre ses reins. Leur râle de plaisir retentit à l’unisson. Eux qui se targuaient d’être les pros du self-control, se laissèrent porter par la vague qui les lamina dès le premier orgasme. Ils restèrent ainsi soudés l’un à l’autre avec l’impression d’avoir atteint un parfait sentiment de plénitude.
    Délivrés de la pression mise sur leur première joute amoureuse, les deux amants étaient maintenant libres d’exprimer pleinement leurs envies...Mylhenn...

     


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    ...Kathlyn était étendue sur des dalles en bois encore tièdes qui recouvraient la terrasse à l’arrière de la maison. Allongée sur le ventre, les jambes repliées, les talons sur ses fesses, elle lisait, une main sous son menton, soutenant sa tête et l’autre posée sur la page du livre. De temps en temps elle étirait ses jambes, à chaque fois qu’elle changeait de page en fait. Daniel était certain que Van Gogh aurait aimé la peindre, tellement le tableau qu’elle offrait dans le soleil couchant était délicat et coloré. La vitalité physique et spirituelle de la jeune femme aurait immédiatement séduit le regard du grand peintre.
    Pour se donner bonne conscience, Daniel avait ouvert son ordinateur portable devant lui, mais son attention était toute entière portée sur la jeune femme exposée à sa vue à quelques pas de lui. Son esprit vagabondait au rythme des mèches blondes de la crinière dénouée de sa jeune maîtresse, que la légère brise du soir proche faisait voleter le long de son dos.
    Il essayait de comprendre pourquoi la jeune femme avait trouvé aussi facilement sa place dans son univers. Nulle explication ni complication après leur belle expérience de la fin de matinée. Comme s’il avait été naturel qu’ils aient ce doux moment. En cet instant, il n’avait qu’une seule peur, c’est quelle disparaisse d’un clignement d’yeux et qu’il s’aperçoive qu’il avait rêvé.
    Kathlyn savait qu’il la contemplait, mais elle le laissa à ses tourments. Elle-même ne savait plus très bien la conduite à tenir, ses certitudes envolées dès lors que leur intimité avait été scellée.
    La canicule redoutable de l’après-midi les avait empêchés de sortir et ils avaient eu tout le temps pour se découvrir. Non pas qu’ils aient réédité leur communion de la matinée, mais ils avaient tellement bavardé que chacun d’eux profitaient maintenant de cet instant de calme.
    Le ciel par endroit se zébrait de nuages noirs et au loin il leur sembla voir des éclairs de chaleur. De pénombre, la soirée était devenue obscurité et après un grignotage en règle Kathlyn exprima l’envie de se coucher. Daniel l’accompagna jusqu’au seuil de la porte de sa chambre et lui souhaita une bonne nuit.
    Les cheveux noués sur la nuque, elle entra dans la douche, se glissant sous l’eau à peine tiède et resta ainsi à sentir les gouttes lui fouetter la peau. Elle songeait à son hôte qui un étage plus bas devait lui aussi se préparer à aller se coucher. Prise d’une impulsion subite, elle se lava rapidement, se sécha puis sortit de la salle de bain tel un diable de sa boîte. Elle enfila le premier vêtement qui lui tomba sous la main, en l’occurrence un long T-shirt bleu ciel, et elle se précipita vers les escaliers.
    Déçue, elle ne trouva Daniel nulle part et s’apprêtait à remonter dans sa chambre, lorsqu’elle entendit des pas sur la terrasse. Elle le vit apparaître, beau comme un apollon, des perles d’eau gouttant de son torse musclé. Daniel sortait certainement de la piscine. Elle admira sa silhouette impeccable lorsqu’il se retrouva nez à nez avec elle. Loin de baisser les yeux, elle continua son examen en règle, le toisant de haut en bas. Pendant un très court instant elle se posa la question, à savoir s’il lui avait bien dit la vérité sur son âge. Mais elle le savait honnête alors son amant était tout simplement quelqu’un qui aimait le sport et qui savait prendre soin de sa personne. Kathlyn aurait volontiers croqué dans ses superbes tablettes de chocolat blanc mais au lieu de cela elle lui tendit la serviette de bain qu’il s’était préparé et elle le regarda s’essuyer. Daniel lui souriait si tendrement que de nouveau, elle n’écouta que son instinct. Elle ôta prestement son T-shirt et couru en direction de la piscine où elle fit un plongeon impeccable.
    Son corps nu remonta à la surface et elle flotta telle une étoile de mer, jambes et bras écartés. Il ne put ignorer l’invitation et à son tour il retira son slip de bain et se jeta dans l’eau aux reflets verts du bassin. Il réapparut la tête entre ses pieds, ce n’était pas un mauvais calcul de sa part mais uniquement pour stimuler l’imagination et le puits d’amour de sa compagne. La pose délicieuse de sa sirène avait largement contribué à le mettre lui en condition, et de la voir ondoyer, offerte, il l’agrippa par une cheville et la déplaça jusqu’à ce qu’il ait pied. Elle riait aux éclats, faisant semblant d’appeler à l’aide, et elle se débattait mais sans grande conviction. Il happa au passage un coussin gonflable et le déposa sous son cou. Inutile de la noyer. Il se pencha et l’embrassa fougueusement puis la repoussa. Il lui ouvrit grand les cuisses, façon présentation petite grenouille, admirant au passage sa toison blonde et liquéfiée, était-ce seulement l’eau ? Une main sous les fesses l’autre sur son clitoris, il l’a fit accoster au port. La légèreté du corps de Kathlyn décuplait leurs sensations. Tantôt elle se donnait, tantôt elle se retirait en serrant très fort le membre de son compagnon. Ils restèrent ainsi dans leur bulle de très très longues minutes avant qu’une vague brûlante ne les emporte, puis une autre et encore une autre. Ils se donnèrent dix minutes, le temps d’aller se rincer et de passer quelque chose de confortable, avant de se rejoindre. Au moment de s’esquiver, se ravisant Daniel revint sur ses pas, et embrassa tendrement Kathlyn.
    Elle s’assit sur le canapé en l’attendant et la fatigue se faisant sentir, elle s’y allongea même. Ils n’avaient prévu ni l’un ni l’autre le coup de fil d’un ami de Daniel et elle s’endormit pour de bon. Elle ne se réveilla même pas lorsqu’il la souleva pour la porter dans son lit, ni quand il lui ôta son T-shirt qu‘elle avait remit. Il se glissa près d’elle sous les draps frais, la serrant contre lui, s’enivrant de son parfum, écoutant sa respiration calme et goûtant à la soie de sa peau en l’enlaçant, une main posée sur son ventre et l’autre sur sa poitrine. Daniel dormait toujours nu et même allongé contre Kathlyn, il ne dérogea pas à sa tenue favorite.
    L’orage éclata vers deux heures du matin. Un fracas épouvantable les tira du sommeil. Le tonnerre grondait et les éclairs illuminaient la pièce comme si ils avaient oublié d’éteindre. Il fallu quelques minutes à Kathlyn pour se rappeler où elle était et surtout comprendre qui se trouvait dans son lit. Daniel la rassura et elle se blotti à nouveau contre lui de tout son long, elle frissonnait à chaque éclair et sursautait au roulement fracassant des nuages qui jouaient à chat perché dans les cieux. A s’agiter ainsi elle fini par réveiller totalement le félin qui se tenait derrière elle. L’orage fut oublié dès la minute où Daniel recommença ses attouchements et se nicha tout contre elle. Peau à peau, allongés en chien de fusil sur le côté, il explorait sensuellement le côté pile de sa jeune maîtresse qui se laissait faire sans bouger ni protester. Seule sa respiration devenait plus rapide. Lorsque les doigts de l’explorateur se posèrent sur sa douce toison, Kathlyn gémit doucement et elle passa l’une de ses cuisses sur l’une de celles de Daniel, l’encourageant à devenir plus hardi. Il la pénétra, la faisant rouler de côté sur son bassin, la forçant ainsi à mener elle-même la cadence des va-et-vient. Il caressait ses fesses et son dos, n’oubliant pas sa poitrine. Les ondes de plaisir les faisaient tressauter et les gémissements de Kathlyn s’étaient transformés en râles intenses. Elle le chevaucha ainsi longuement, se soulevant et lui imprimant un véritable mouvement de roulis, elle le sentit partir. Fine mouche, elle cessa ses mouvements et attendit qu’il se calme, puis elle recommença à monter et descendre le long de son membre, le couvrant de sa chaleur et de la moiteur de son antre magique. Elle s’accrocha alors à ses genoux, les pieds ancrés sur la couverture et se mit à faire rouler ses hanches en cercle tout en montant et descendant le long du membre en feu de Daniel. Ils ne purent tenir beaucoup plus longtemps à ce rythme infernal et aucun mot ne pourrait décrire ce qu’ils ressentirent à ce moment là.
    Depuis quelques jours, ils vivaient dans une totale harmonie et chacun prêtait attention aux désirs de l’autre. Kathlyn aimait parfois s’isoler ce que Daniel acceptait tout en étant jamais bien loin. Il avait lui aussi son jardin secret et un lourd fardeau à porter mais elle ne posa aucune question. Il n’avait tout simplement pas besoin de se confier à elle. Ils se promenaient main dans la main, parcourant en de longues promenades la campagne environnante ou installés confortablement à l’ombre ils jouaient aux échecs. La lecture les éloignait mais les faisait aussi sûrement se rapprocher puisqu’elle se blottissait contre lui pour dévorer des pages entières des auteurs qu’il lui faisait découvrir.
    Lorsque son regard se portait au loin sur les sentiers parcourus, elle souriait de ce sourire si secret de la Joconde en repensant aux douces folies qu’ils s’octroyaient lors de leurs randonnées parfois, souvent même. La veille, ils avaient visité un vieux château et au détour d’un couloir, Daniel l’avait conduit dans un renfoncement à l’écart des touristes, l’invitant à un interlude plus que coquin. Elle avait profité de ce moment fripon avec une totale confiance en son amant. Musclé et solide comme un roc, il s’était adossé au rempart, ayant au préalable déboutonné son pantalon qui était devenu un peu exigu, pour libérer ce qu’il réservait à sa dulcinée. Coquine comme pas, elle avait tout de suite compris ce qu’il voulait et elle avait retiré très rapidement sa petite culotte. Relevant sa courte jupe, il l’avait soulevé par les fesses, l’arrimant bien à lui, les cuisses de la jeune femme bien serrées autour de ses hanches et ses bras s’accrochant à ses épaules. Ainsi suspendue, elle l’avait conduit en un lieu où ils retournaient aussi souvent que l’endroit visité le leur permettait.
    Ils s’étaient construit un cocon et ils en jouissaient comme un vieux couple. Le temps leur était malheureusement compté car la jeune femme devait repartir le lendemain.
    Ce soir là quand Kathlyn passa près de lui pour aller déposer son verre dans l’évier, Daniel la saisit en insinuant une main entre ses cuisses, juste à la lisière du mini short, et l’attira à lui. Il la fit passer entre ses jambes et la maintint par les hanches de ses deux mains. Elle le fixa un moment, lisant dans ses beaux yeux une immense tristesse. Elle savait que les adieux étaient proches. Cependant elle n’eut aucun doute quand à ses intentions. Il la provoqua alors en lui donnant de petits baisers légers à la naissance de sa poitrine, là ou s’arrêtait le tissu de la courte brassière qui lui servait de haut. Il suscita une réaction fulgurante chez sa partenaire, que se mit à l’embrasser sauvagement. Il leur restait si peu de temps pour profiter de ces moments d’intimité.
    Il la savait tellement réceptive à ses envies qu’il ne se posa pas de question. Aucun des deux n’aimaient le grossier et le cruel dans l’acte d’amour, mais à ce moment précis cela leur paru comme une échappatoire au temps qui s’enfuyait inexorablement. Daniel laissa courir ses doigts le long du dos de Kathlyn, faisant glisser sur ses fesses le short et le minuscule string qu’elle avait en dessous, il les lui ôta en deux temps trois mouvements. Il la déposa sur la table, fesses nues et jambes écartées. Il baissa simplement son pantalon et son caleçon sans les enlever, puis il se rassit. Un pied sur chacune des cuisses de Daniel, Kathlyn balançait son bassin d’avant en arrière en une invitation que son compagnon accepta avec fougue. Il plongea sa tête entre ses cuisses et de par ses stimulus, il la conduisit proche de l’orgasme. Il se releva, et crocheta fortement les hanches de sa compagne, de ses mains solides, la pénétrant d‘un violent coup de reins, elle enroula ses jambes autour de sa taille et l’aida à aller toujours plus profond en elle. Il se pencha sur elle pour l’embrasser, étouffant ainsi les hurlements de plaisir qu’elle poussait. Ils aimaient la communion et la douceur, mais ce fut la rage qui les emporta cette fois-ci. Comme si leur survie dépendait de cet acte bestial.
    Les dix jours qu’ils s’étaient accordés avaient filés à la vitesse de l’éclair et vint le moment ou il fallu que Daniel raccompagne Kathlyn à la gare. Sa main resta longtemps en l’air pour saluer sa belle d’un au revoir qui au bout du compte ramènerai un retour, et le baiser pleins de promesses dont elle l’avait gratifié, avait réconforté Daniel au moment du départ de Kathlyn. Il avait même cru apercevoir des larmes dans les yeux de la jeune femme.
    Le lendemain, Daniel s’aperçut que l’adresse mail qu’ils utilisaient avait été supprimée. Pendant trois jours il guetta son écran mais nul message de sa sirène. Le quatrième jour, au courrier, il reçut une enveloppe très épaisse qu’il se hâta de décacheter. En prenant la lettre manuscrite qu’elle contenait il laissa choir une photographie tiré d’un appareil numérique qu’il s’empressa de récupérer. Lorsqu’il porta les yeux dessus, la lettre lui glissa des doigts.
    Depuis, chaque fois qu’il relit ces maudites lignes, des larmes brûlantes s’échappent de ses beaux yeux verts. Sa peine est toujours aussi vivace, et parfois pour se redonner de l’allant, il ressort la petite photo qui lui sert de marque page pour son agenda. Photo sur laquelle une magnifique jeune mariée à la chevelure blonde lui sourit...Mylhenn...

     


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  • SCèNe I : La PiSCiNe

    ...Solanh lisait étendu sur sa chaise longue et d’une main câline il flattait paresseusement la croupe halée de sa compagne. Harmony étalée à plat ventre sur son drap de bain à damiers blancs et noirs rêvassait en contemplant les miroitements de l’eau bleue de la piscine. Les volants du parasol qui les protégeaient des rayons brûlant du soleil s’agitaient faiblement tout comme les branchages des pins blancs qui bordaient la terrasse où ils s’étaient installés. Après un énième effleurement coquin de la main de Solanh entre ses cuisses, la jeune femme se releva avec la souplesse d’un félin. Harmony, nue comme au jour de sa naissance, entreprit une séance d’assouplissement sous les yeux concupiscents de son mari qui avait abandonné illico le pavé qu‘il bouquinait. La propriété privée, isolée au sommet de la colline de Nans-les-Pins, permettait cette insouciance vestimentaire. Lors de leurs séjours à la villa Matisse, Harmony passait la plupart de ses journées uniquement vêtue de sa tenue d’Ève ou d’un paréo noué à la taille.
    Harmony se mit à danser langoureusement au son d’une chanson silencieuse, jouant de sa chevelure pour tantôt offrir la vision de ses seins fièrement dressés, tantôt les dissimuler dans la parure dorée et soyeuse qui lui retombait le long du dos. Elle relevait les bras, croisant les doigts sur sa nuque et ondulait des hanches, en s’accroupissant adroitement puis se relevant les jambes serrées. Elle se retourna, livrant ses fesses au regard de Solanh qui commençait à sérieusement s’échauffer. Elle remuait lentement son joli petit derrière, les mains sur les hanches en imitant le miaulement d’un chat. Soudain elle se courba en avant, jambes écartées, la tête à hauteur des genoux, elle l’invita à s’approcher d’une main tendue. De l’autre, elle excitait son exquis petit fruit en de longs et agréables passages. Solanh devint plus entreprenant, il se leva à son tour et s’approcha de sa belle qui aussitôt se redressa, et courut se jeter dans la piscine.
    Îlot d’azur au sein d’une terrasse végétale, le bassin orné d’un Poséidon bleuté offrait un spectacle à couper le souffle. L’eau était à température parfaite, idéale pour se rafraichir. Détendue Harmony se laissait porter par la surface translucide et écoutait le chant des cigales tout en guettant Solanh dont la haute silhouette se découpait dans la clarté estivale. La jeune femme savait que son mari était musclé à la perfection mais elle ne se lassait pas de le contempler. Son visage au regard si doux était pour l’instant tourné vers elle, il lui fit un clin d’œil coquin et ôta prestement son maillot de bain. Son corps ne souffrait d’aucun défaut et Harmony sentit monter en elle la douce chaleur du désir. Sans prononcer une parole il plongea impeccablement et se trouva à côté de la jeune femme en quelques brasses. Il passa lentement sa main dans le dos d’Harmony déclenchant en elle une onde de désir. Il l’attira la ou les dalles supporteraient leur poids et se mit à l’embrasser. Harmony, n’y tenant plus, s’empara avidement des lèvres de son amant, unissant sa langue à la sienne en un baiser fougueux et passionné. La jeune femme s’agrippa à ce corps musclé tel le lierre à sa treille, enveloppant de ses jambes celles de Solanh. Parcourant le dos de sa victime consentante, elle le caressait de ses mains légères, sentant sa peau frémir au contact de ses doigts. Solanh fixa solidement ses mains sous les fesses de sa femme puis la remonta contre lui tandis que de sa langue vorace il jouait avec les mamelons durcis de sa poitrine qu’elle lui offrait sans aucune pudeur. Juste enlacés dans la fraîcheur du bassin ils se laissèrent aller au plaisir de longs baisers, bercés par le léger mouvement de leur deux corps tantôt flottant à la surface du bassin, tantôt ancré sur un œil du Poséidon qui les observait. L’audacieuse jeune femme laissa glisser nonchalamment l’une de ses mains le long du corps de Solanh puis sans en avoir l’air elle posa fermement ses doigts sur le membre viril de son Apollon qui émit un soupir de plaisir. Bientôt elle sentit les doigts de Solanh s’insinuer entre ses cuisses et son ventre s’embrasa à ce contact.
    D’une caresse à la fois ferme et douce il faisait palpiter sa petite fleur de désir et elle s’approchait inexorablement des portes de l’orgasme. Elle crut jouir lorsqu’il la pénétra d’un de ses doigts, caressant son sexe de l’intérieur. Elle accorda le va et vient de sa main sur le membre raide de son mari au rythme de ses délicates flatteries et elle se mordait les lèvres pour ne pas hurler. Il connaissait le moindre de ses désirs, alors il retira son doigt et la soulevant par la taille il l’entraina vers le bord de la piscine et il la hissa sur le rebord. Assise face à sa bouche avide, son sexe offert, il la maintenait fermement cuisses ouvertes. Elle agrippa la tête de Solanh lorsque celui-ci entreprit d’approfondir son exploration de sa langue gourmande. Ses gémissements s’intensifièrent dès qu’il se mit à jouer avec passion de ses lèvres à l’entrée du territoire chaud et humide de sa grotte inondée. Pantelante Harmony se cambra et elle laissa la vague l’emporter. Solanh en profita pour venir s’allonger près d’elle, alors sans se faire prier la jeune femme empoigna son sexe d’une main audacieuse. Elle fit aller et venir sa bouche le long de cette énorme verge prête à exploser de laquelle s’écoulait le miel qui la gonflait. Il râlait, rugissait et haletait sous la vigueur des baisers de sa sirène pendant qu’elle léchait à petites lampées le désir que son mari avait de la prendre.
    Excitée à la vue du gland violacé, tendre et délicate friandise exposée à sa faim de sexe, Harmony plongea encore plus profondément le sexe de son mari au fond de sa gorge. Les yeux mi-clos il s’abandonna au plaisir et cria sa volupté de toutes ses forces. Tenant toujours son phallus entre ses doigts dégoulinants de sa crème d’amour, elle se mit à califourchon sur lui, s’empalant d’une unique poussée. La virilité de son mari ne semblait exister que pour la conduire à la jouissance. Entamant une chevauchée sauvage, elle remua des hanches avec passion, sentant à chaque mouvement de ses reins le sexe de son chéri la transpercer de plus en plus profondément. Solanh décida alors qu’il était temps de reprendre le contrôle. Avec douceur il se dégagea de son étreinte et il l’entraina un peu à l’écart de la piscine. Solanh fit allonger Harmony sur un transat à l’ombre d’un pin et plaqua sur elle son corps brûlant de désir. Elle sentait contre son ventre son membre rigide et souple à la fois. D’un coup de reins elle dirigea l’objet de sa convoitise la ou elle voulait qu’il soit. Dès le premier mouvement elle hurla son bonheur et elle accepta avec délice les frottements de cette tige chaude qui lui labourait les entrailles.
    Son mari allait et venait en elle avec force et fougue, accélérant le mouvement pour la conduire à l’orgasme et le ralentissant dès qu’elle s’en approchait.
    Mais il fut pris à son propre piège et Harmony sentit ses soubresauts tandis qu’il déversait son précieux liquide au creux de son ventre.
    De petites morsures en baisers, toujours fixé en elle solidement, Solanh reprit ses va et vient embrasant le corps de sa femme tout entier.
    Essoufflée, au comble de l’excitation, Harmony se courba sous l’effet de la jouissance, entrainant son amant dans une étreinte éperdue.
    Ils retombèrent épuisés sur le transat et tendrement enlacés ils s’abandonnèrent à la douceur de l’instant présent.
    La jeune femme, les yeux clos, la tête appliquée sur le torse de son mari laissa vagabonder son esprit vers d’autres jeux qu’elle lui proposerait dans le cocon moelleux de leur lit...Mylhenn...

     


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  • SCèNe II : Le ReSTauRaNT

    ...L’étoffe chatoyante de sa longue jupe noire bruissait à chacun de ses pas. Dès qu’il perçut les friselis du vêtement Solanh abandonna le canapé pour aller à la rencontre de sa femme. Il émit un sifflement admiratif en découvrant la tenue qu’elle avait choisi pour leur soirée coquine. Fendue tout du long de la jambe gauche, le tissu laissait se révéler la peau mordorée de sa cuisse à chaque foulée. La mâtine savait utiliser son baume doré Dior à bon escient pensa-t-il. Le minuscule caraco en soie qui complétait l’ensemble épousait son buste à la perfection, et l’échancrure de son décolleté était vertigineuse. La seule touche de couleur que s’était autorisé Harmony fut les deux gouttes d’eau, fines perles bleutées, montées en boucles d’oreilles et leur discret bracelet assorti. Solanh commença à se trouver à l’étroit dans son jean. Cinq ans de mariage derrière eux, et le regard qu’il portait sur elle était toujours aussi attentif et passionné. Diabolique fut le mot qui lui vint à l’esprit pour qualifier sa femme. Certes il lui faisait honneur dans son jean Calvin Klein qui moulait ses fesses à souhait et avec sa fine chemise saharienne en toile écru qui s’appliquait parfaitement sur ses pectoraux, mais la virtuose du sensuel, c’était elle sans contexte. Afin de faire monter la pression, comme à son habitude chaque fois qu’ils prévoyaient leurs veillées friponnes, Harmony oublia de mettre une petite culotte et il lui demanda à vérifier cet oubli sur l’instant. Enthousiaste la jeune femme s’exécuta sans difficulté et relevant sa jupe elle lui dévoila son doux nid rose parfaitement épilé et ses petites fesses rondes et sans défaut.
    Le restaurant dans lequel ils se rendirent était à peine à un kilomètre en traversant le parc. Le fond de l’air étant devenu parfaitement acceptable ils s‘y rendirent à pied. L’agencement de l’hostellerie était convivial et ils affectionnaient tout particulièrement les lieux. Les petites alcôves privées qui donnaient sur le canal permettaient d’être à l’écart des autres convives, mais conservaient une vue sur la grande salle de restaurant dotée d’une modeste piste de danse. Comme à chaque fois, ils commandèrent un cocktail aux épices, spécialité de la maison. Confortablement assis l’un en face de l’autre devant leur boisson au gingembre /citron vert Solanh et Harmony commencèrent à se détendre. Espiègle, Harmony se délesta de ses sandales, puis déposa son pied gauche sur l’entrejambe de son compagnon et elle le massa doucement jusqu’à ce qu’elle le sentit se contracter. Retenant les spasmes qui n’allaient pas manquer de le secouer, Solanh changea de place et vint s’installer près de la friponne le temps de lire le menu. Sachant déjà ce qu’ils désiraient, l’attention de celui-ci se focalisa sur la jupe de sa femme et il insinua une main sous le tissu partant explorer avec délicatesse la délicieuse estafilade déjà humide de la canaille qui écarta encore plus ses jambes. Il savait où appuyer et comment la pénétrer rapidement de ses doigts souples, elle ne mit pas longtemps à gigoter sur sa chaise, inondant de sa liqueur gluante les plaisants pèlerins qui visitaient sa grotte. Solanh eut juste le temps d’ôter sa main avant l’apparition du serveur et impassible, il lui fit part de ce qu’ils avaient choisi en lui remettant les fascicules du menu. Dès qu’ils furent à nouveau seuls, Solanh eut une façon bien à lui d’exhaler le délicieux arôme de son cocktail. Il se saisit de son verre pour trinquer avec sa compagne et avant d’en boire une gorgée, il passa sa langue sur ses doigts encore poisseux du miel intime d’Harmony. La jeune femme se pencha tout contre lui et elle l’embrassa d’une exquise façon. D’œillades enflammées en caresses hardies, le repas n’étant qu’accessoire, ils décidèrent de faire un trou normand. Pas d’alcool pour eux, la pause serait plus ludique. Harmony se leva et elle annonça le regard malicieux qu’elle allait aux toilettes. Elle n’avait pas remis ses sandalettes et c’est pieds nus qu’elle traversa la grande salle. Altière et sensuelle à la fois, de nombreux regards masculins l’accompagnèrent dans sa progression.
    Depuis un bon moment déjà Solanh sentait son membre viril tenter la varappe dans son pantalon devenu soudain très étroit. Il se leva à son tour, fit signe au serveur pour lui signifier qu’il revenait dans quelques instants et se dirigea sans tarder vers le couloir qui conduisait à l‘espace sanitaire. Il passa sans s’arrêter devant la porte bleue et sans hésiter il poussa la rose espérant trouver Harmony seule dans les luxueuses commodités. Face au miroir, son rouge à la lèvre à la main elle le fixa l’œil grivois en le voyant pénétrer discrètement dans la pièce. Calmement elle referma le tube qu’elle remit dans sa pochette, puis elle se tourna vers son mari en relevant sa jupe haut sur ses cuisses et s’assit sur le marbre froid du lavabo. L’injonction muette qu’elle lui lança n’avait rien d’une supplique mais était plutôt de l’ordre du « baise moi mon chéri, et tout de suite ! »
    Harmony n’eut pas à attendre longtemps avant que de voir Solanh faire sauter adroitement les boutons de son jean en la rejoignant. Les préliminaires étaient inutiles, ayant écarté son shorty noir d’une main assurée, il l’a pénétra d’un rude coup de reins s’enfonçant en elle presque avec violence. Leur excitation amplifiée de savoir qu’à tout moment quelqu’un pouvait entrer, ils y mettaient autant d’ardeur que si leur vie en dépendait. Harmony se mordait les lèvres pour ne pas crier sous les assauts de plus en plus énergiques de son mari. Les bras passés sous les aisselles de sa chérie, il avait posé ses mains à plat sur ses omoplates pour la retenir solidement. Il sentait sa poitrine contre son torse en imaginant ses tétons dressés et malgré leurs vêtements cela lui faisait un effet bœuf. Harmony enroula ses jambes autour de ses hanches, elle gémissait et l’invectivait le poussant à la pénétrer encore plus profondément. En quelques minutes ils atteignirent la jouissance et son corps tremblant se relâcha contre lui. L’orgasme d’Harmony avait déclenché celui de Solanh et il l’inonda tel un raz de marée. Il embrassa sa femme sur les lèvres d’un baiser discret et tendre puis il se retira lentement, la barbouillant encore plus de sa semence encore chaude. Il se réajusta et sans un regard il tourna les talons puis sorti de la pièce. Juste comme il entrebâillait la porte un homme se dirigeait vers les toilettes pour homme et celui-ci eut le temps d’apercevoir Harmony encore assise sur le lavabo dans une posture qui dû lui paraitre obscène. Solanh lui fit un clin d’œil et il s’éclipsa sans un mot. Au retour d’Harmony ils finirent leur repas, prenant le temps et se gorgeant de l’ambiance chaude des rythmes latino qu’avait choisi le patron pour charmer ses convives. Après un sorbet citron accompagné de boules de melons à la menthe fraîche les deux amoureux se risquèrent à une danse des plus langoureuse sur la piste exiguë et obscurci par les tentures dépliées pour la rendre plus intime. Peu leur importait les paroles de la chanson, la mélodie à elle seule les entrainait vers un dénouement irréfutable. Aboutés étroitement l’un à l’autre, Harmony avait posé sa tête sur l’épaule de son mari et elle l’enlaçait, ayant faufilé ses mains dans les poches arrières du jean de celui-ci. Profitant de la semi obscurité Solanh avait posé ses doigts sur le bas ventre de sa femme et il la caressait à travers le fin tissu de sa jupe. Ils ondulaient et se trémoussaient lascivement lorsque la jeune femme s’immobilisa et s’appuya contre le corps musclé et sinueux de son mari. Langues emmêlées, lèvres scellées ils s’embrassèrent à ne faire plus qu’un seul corps, rendant jaloux les autres danseurs. Il était temps pour les deux tourtereaux de se mettre à l’abri des regards.
    Tel un voile, la douceur de la nuit tombée les enveloppa. Solanh savait déjà où il allait conduire sa femme et le sourire aux lèvres il la guida lentement vers l’allée du parc qui menait droit vers la fontaine. Deux heures plus tôt en passant devant l’endroit il avait repéré le nid d’amour idéal pour cette escapade coquine en plein air. A mesure qu’ils s’enfonçaient dans le parc les lanternes s’espaçaient fournissant juste un halo aux deux amoureux. Harmony se retrouva adossée aux séraphins qui ornaient la fontaine du parc. Solanh releva sa jupe sans ménagement puis il la souleva pour poser ses fesses sur la pierre rêche de la fontaine. Il s’agenouilla devant elle et passa ses doigts avec délicatesse entre les cuisses trempées de sa partenaire. Alors sa tendre épouse plaça son genou gauche sur son épaule puis agrippa sa tête, l’enfonçant amoureusement vers son jardin secret. Solanh y promena sa langue explorant les pétales épanouis de sa fleur à la recherche du précieux nectar. La chorégraphie de son apex et de ses lèvres soutirait à sa partenaire des plaintes de plaisir. Le désir incendiaire qu’il avait allumé en elle la rendait féroce, surexcitée celle-ci lui griffa profondément les épaules. Il rtiyb2ytoghhutb ibtiu irugit de douleur et mordilla avec application le joyau qu’elle lui offrait en écartant encore plus ses cuisses. Au bout de dix minutes d’un traitement impitoyable il estima qu’il était grand temps de mettre un terme aux subtiles tortures qu’il lui infligeait. Imperturbable, immobile dans sa pose sensuelle qui inspirait plus la luxure que l’amour tendre, sa déesse, cul nu sur la pierre encore tiède de la fontaine, attendait patiemment qu’il eut ôté son pantalon et son sous vêtement. Á peine Solanh déshabillé, la gredine se saisit de son pieu dressé et le guida vers son intimité embrasée. Sous ses doigts impatients elle sentait battre les veines épaisses et violacées gorgées de sang du sexe de son mari. Lorsqu’il l’empala Harmony se cabra et ne chercha pas à retenir le hurlement qui s’échappa de ses lèvres. S’ensuivit un torride ballet de leurs bassins bouillonnants de leurs élixirs mélangés. Dans cette danse folle et violente, leurs hanches s’entrechoquaient, leurs torse s’aboutaient et leurs bouches étaient scellées l’une à l’autre en un baiser torride. Elle avait entrelacé ses doigts à ceux de Solanh à hauteur de ses épaules et ainsi mi captive mi consentante elle les conduisait sur le seuil de la volupté. Il ne chercha nullement à calmer cette passion et accéléra le tempo. Ils avaient toute leur vie pour explorer et inventer mille autres positions, promesses de nouvelles réjouissances à venir. Pour l’instant il s’agissait d’assouvir leur envie de sexe comme deux animaux en chaleur et pour cela le basique était largement suffisant. Délicieusement arrimé dans ce fourreau étroit et chaud qu’il malmenait avec force, Solanh limait de toute son ardeur la fleur de plaisir de sa femme. Ses cris, comme une douce mélodie, berçaient chacun de ses rudes coups de reins et le mot baiser prit tout son sens. Rien de sale, juste une douce déchéance de l’esprit au profit de la volupté à venir. Érotique, lubrique, débauchée, paillarde, obscène et indécente, telle aurait pu paraitre leur danse sauvage aux yeux d’un promeneur tardif, mais l’intensité de leurs sentiments en faisait un tendre corps à corps. Il accéléra encore et le nectar qui les liait les entraina dans un torrent de liqueur explosant au creux de leurs ventres enfiévrés. Exténués les deux amants restèrent quelques instants imbriqués l’un dans l’autre. Harmony ignorant les bleus qui ne manqueraient pas d’orner ses fesses et son dos le lendemain. Solanh faisant l’impasse sur ses genoux déchirés par la pierre de granit rugueuse. Après un dernier baiser, main dans la main, ils prirent le chemin du retour sous la clarté lumineuse des étoiles qui les enveloppa de leur quiétude bienveillante. …Mylhenn...


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    SCèNe III : RePoS CâLiN

    ...Cernés par les senteurs entêtantes des herbes aromatiques de la garrigue et encouragés par le chant des cigales, Harmony et Solanh passèrent la journée à arpenter la lande provençale. Pendant des heures ils parcoururent les sentiers sinueux qui tapissaient le maquis odorant. Ils s’arrêtaient uniquement pour se désaltérer et admirer le paysage somptueux qui s’offrait à leur regard du haut de la grande corniche. Lorsque en fin d’après-midi leurs jambes se firent lourdes et leur sac à dos pesant ils décidèrent de rentrer tranquillement. La nuit était largement tombée quand ils franchirent enfin le portail du mas.
    Harmony précéda Solanh dans la salle de bain et lorsqu’il y entra à son tour, la jeune femme était déjà couverte de mousse et l’eau à peine tiède ruisselait le long de ses courbes parfaites. Il se plaça à son tour sous la brume épaisse et vint se caler contre le dos de sa femme. Il saisit délicatement ses seins au creux de ses paumes, et posa sa tête entre son cou et son épaule. Ainsi blottit, il appliqua son ventre sur la rondeur souple de ses fesses. Ils restèrent ainsi longuement sous le jet d’eau tiède se massant mutuellement avec tendresse. Les effluves du savon parfumé au mimosa les entrainèrent au seuil de l’extase, alors sacrifiant entièrement la savonnette ils se oignirent de mousse de la tête aux pieds. Le jeu sensuel de leurs caresses ouatées les conduisait au plaisir des sens. Aux passages répétés des mains de son mari sur sa poitrine, Harmony avait les seins aussi durs que l’ébène, et ses pointes dressées étaient si sensibles qu’elle en gémissait de contentement. Elle se courba légèrement pour caresser de ses fesses le ventre couvert de mousse de Solanh. Son membre déjà fièrement dressé vint se nicher au creux du sillon qui l’accueillit avec bonheur. La chaleur grimpa de quelques degrés supplémentaires. Bien plaqué contre le dos de sa femme, il caressait toujours sa poitrine de la main droite, malaxant ses seins et titillant les tétons érigés. La jeune femme commençait à être très excitée et elle ondulait ses fesses contre le sexe raidi de son compagnon. Solanh glissa sa main gauche de son ventre à son tendre fruit prêt à l’accueillir. Ses doigts jouèrent avec sa fleur toute épanouie et s’enfoncèrent entre les berges gluantes d’une rivière en crue. Tout en se cambrant avec grâce, Harmony passa son bras droit derrière la nuque de Solanh et attira sa bouche tout contre la sienne. Son souffle s’accéléra au fur et à mesure que son plaisir augmentait sous l’effet conjugué des caresses de son mari sur ses seins et entre ses cuisses. Ivre de désir elle glissa sa main gauche derrières son dos, saisissant son membre raide. Ils maintenaient leurs bouches pressées l’une contre l’autre, à la limite de la suffocation. Avec dextérité Harmony guida son membre entre ses cuisses en faisant aller et venir son bassin d’avant en arrière. Consciencieuse elle appliquait sa liqueur intime sur toute la longueur de son doux jouet puis elle remonta ses doigts à la bouche de Solanh pour que celui-ci puisse goûter à la saveur agréable de son désir. La coquine savait que l’arôme de son sexe le rendait fou et qu’il voudrait la prendre de suite. Elle s’inclina faiblement en avant et de sa main gauche elle guida le membre de Solanh entre ses douces collines puis le fit entrer au cœur de son aven si étroit qu’il entoura, souple et ferme à la fois, le sexe gonflé de son mari. Par petits mouvements elle s’empala complètement sur son pénis, le soumettant à son désir et au balancement de ses hanches. Il en oubliait presque de la caresser mais Harmony joignit ses doigts à ceux de Solanh entre les courbes gracieuses de son petit abricot tout lisse. Avec frénésie ils glissaient leurs phalanges noyées de nectar délicieux entre les plis délicats du sanctuaire. Leur excitation était à son comble et ils atteignirent un orgasme rapide et fulgurant. Gorgé du suc d’amour, son sexe déchargea en elle toute sa semence, baignant les fesses de sa tendre partenaire. Comme s’ils avaient reçu une décharge électrique, leurs corps agités de soubresauts restèrent soudés sous l’effet de la jouissance. Comblés par les prémices d’une soirée qui s’annonçait bien, Harmony et Solanh profitèrent de l’eau de la douche pour reprendre leurs esprits et détendre leurs corps endoloris. Plus tard, confortablement installé sur le lit, Solanh découvrit avec plaisir la petite lueur friponne qui brillait dans les yeux de sa femme lorsque celle-ci vint nonchalamment s’adosser au chambranle de la porte de leur chambre.
    Sa nuisette ajustée à souhait épousait chaque courbe de son corps et elle incarnait ainsi la perfection faite femme. Le caraco, décoré de fleurs multicolores brodées, était fixé entre ses seins par une attache en forme de papillon. Ses reins étaient sertis du même dessin surfilé avec minutie par les petites mains d’un grand couturier. La transparence du tulle blanc sublimait sa peau dorée et laissait deviner plus qu’entrevoir les trésors qui se dissimulaient sous sa lingerie. Roulant des hanches elle s’approcha de lui, puis sans le toucher elle se pencha sur ses lèvres, se jouant de ses envies, le frôlant, le caressant, faisant semblant de lui donner ces baisers dont il avait tellement envie. Mais à ce jeu ils ne survirent pas longtemps. Poussés par ce désir qui brûlait en eux, ils cherchèrent le corps de l’autre. Parfumé comme un brugnon en été celui de la jeune femme se souda à celui de Solanh, immédiatement leurs lèvres se joignirent et leur langue se trouvèrent pour un duo torride. Il caressait ses gracieuses rondeurs, excitant les mamelons dressés de ses doigts aventureux à travers le tissu léger mais cela le frustra tellement qu’il lui ôta prestement son déshabillé. Harmony chercha son sexe à tâtons y faisant glisser ses doigts tandis qu’ili faisait courir sa langue sur ses tétons dressés. Collés l’un à l’autre, ils profitèrent du moment présent. Puis gentiment il la fit rouler sous lui, se plaça entre ses cuisses et la pénétra tendrement. Il joua de cette sensation délicieuse que sont chaque retrait après chaque pénétration, prélude aux rotations de leurs bassins en totale harmonie. Pourtant déjà proche de la volupté, il stoppa net sa chorégraphie nonchalante et les accolades de leurs apex ardents. Solanh se redressa les bras tendus, faisant saillir ses muscles bandés. Emprisonnant le bassin d’Harmony entre ses genoux, il commença à caresser celle-ci de son sexe en érection. En se penchant il le fit glisser sur son ventre, appréciant la douceur de sa peau chaude et douce. Il joua quelques instants à faire le tour de son nombril puis remonta droit vers ses seins. Là, il en effleura les pointes l’une après l’autre, souriant à l’écho du soupir de plaisir qui s’échappa de la gorge d’Harmony. Il frottait son phallus exquis tout contre ses tétons, passant de l’un à l’autre comme s’il dessinait une aquarelle, montant et descendant les monts soyeux de sa fière poitrine. Il continua ensuite son périple, atteignant sa gorge nouée par le plaisir qui la submergeait. Lorsqu’il arriva à ses lèvres, elle ne put s’empêcher d’y déposer de longs baisers délicieux qu’il apprécia en gémissant à son tour. Le spectacle de sa langue qui sortait de sa bouche pour venir se poser sur l’extrémité de son sexe gonflé le conduisit à deux doigts de la jouissance, mais il résista et reprenant le contrôle, il redescendit tout doucement par le même chemin. Dès que le palis démesuré de son compagnon arriva sur son bas ventre, Harmony se mit à balancer ses hanches comme prise de convulsions. Solanh effleura lentement le chemin de halage détrempé qu’était devenu le sexe de sa tendre compagne puis bifurqua en direction de ses cuisses. Pris à son propre jeu, il laissait une trace brillante tout le long de son parcours, empreinte que la jeune femme essuyait d’un doigt habile qu’elle portait ensuite à ses lèvres gourmandes. Ce petit manège le mit dans un tel état que Solanh jugea qu’il était temps de passer aux choses sérieuses, comme la fusion de leurs deux corps abandonnés au plaisir charnel. Pendant un court instant il la dévisagea, lisant dans ses yeux l’envie qui s’était emparée d’elle, le besoin de le sentir en elle. Oubliant les bisous doux et sensuels, il gouta à ses lèvres sucrées en un baiser enflammé et torride, un baiser violent, animal, exprimant un désir si puissant qu’il ne les laissa plus maitre de leurs corps. Harmony dégagea ses jambes pour lui laisser place et dans un râle extatique, partagea langoureusement avec son homme la délicieuse sensation qu’il ressentit lorsqu’il la pénétra. Abandonnée à son plaisir, les cuisses écartées, alanguie, elle remuait son bassin au rythme de ses coups de reins. Il se retenait d’accélérer car il voulait sentir leurs corps prendre feu lentement. Il bougeait en elle en l’observant, elle appréciait, les yeux fermés et la respiration saccadée, crispant ses doigts sur le drap de lin. Tandis qu’il explorait de son sexe la porte des plaisirs, elle posa ses mains sur ses fesses, plantant presque ses ongles dans la peau pour le guider encore plus profondément. Les mouvements de son bassin devinrent plus amples, plus précis et plus puissants. Elle aimait le sentir en elle et elle reprit ses baisers, mêlant leur salive, sa langue jouant avec celle de son mari. Soudain ils furent submergés par l’orgasme qui les dévorait de l’intérieur, délice ou supplice, ils ne savaient plus. Par vagues successives, comme des décharges électriques, le plaisir déferla sur eux sans interruption et ils ne purent retenir leur chant d’amour. Quand enfin ils revinrent à la réalité, Solanh posa sa bouche sur celle d’Harmony et encore imbriqués l’un dans l’autre ils profitèrent de ce moment qu’ils aimaient tant, l’instant magique d’être un seul corps pour deux âmes. Cette délicieuse soirée s’ajouta aux souvenirs de celles qu’ils partageaient depuis si longtemps…Mylhenn...



  • … Complètement épuisée par la chaleur, Marysol était descendue de l’autocar sans grande conviction. Cette matinée n’en finissait pas, le trajet avait duré une éternité et il lui restait encore une dizaine de kilomètres à parcourir avant d’arriver à destination. Elle ajusta son sac à dos et se mit à avancer d’un pas lent et fatigué. En bifurquant au coin d’une rue elle aperçut une cabine téléphonique, aussitôt elle alla composer le numéro qu’elle avait gardé précieusement dans son portefeuille. Comme les fois précédentes, personne au bout du fil. Seul un répondeur à la voix méconnaissable la priait de laisser un message. Retenant ses larmes elle reposa lentement le combiné espérant entendre autre chose que la voix nasillarde de la boîte vocale. Parfaitement immobile, les yeux clos derrière ses lunettes noires, elle se tint adossée à la cabine, les bras pendants et la jambe gauche relevée talon contre cuisse. Son bagage rebondi lui servait de dossier et elle resta longuement ainsi ne sachant quelle décision prendre. Elle était contrariée de devoir faire toute cette marche en pleine chaleur et, qui plus est, alourdie par son sac. Mais il était hors de question de faire du stop car dans le genre psychopathe elle avait déjà donné. Marysol ne retenta pas un appel. Elle savait que c’était une journée comme les autres avec son lot de tourments et de tristesse accumulés. Il ne lui vint même pas à l’idée qu’elle avait de quoi prendre un taxi.

    La fin de la journée s’annonçait lorsqu’elle arriva sur la place du village de bord de mer. Le pas incertain, les yeux brillants et respirant péniblement elle se laissa tomber sur le rebord d’un trottoir. En plus d’un mal de dos épouvantable, elle avait attrapé un superbe coup de soleil. Son visage, ses jambes et ses bras avaient viré au rouge écarlate et la faisaient horriblement souffrir. Le panneau lumineux de la grande ville qu’elle avait traversée, il y a plus de deux heures, indiquait trente huit degrés et cela ne l’avait pas empêchée de poursuivre sa route. Coincée entre mer et lagune, l’agglomération était vaste et s’étendait sur plus de trois kilomètres. Les rares promeneurs qui passaient près d’elle mettaient un point d’honneur à l’éviter car son apparence n’avait rien d’engageante. Ses chaussures étaient élimées et couvertes de poussière, son short en jean, déchiré par endroits et d’une propreté douteuse, n’avait rien de seyant et quand à son docker il tenait plus de la guenille que du vêtement. Ses coups de soleil lui brûlaient la peau mais ce n’est pas ce qui la faisait pleurer. Tout au long du trajet elle avait appelé de nombreuses fois mais sans succès elle tombait toujours sur ce fichu message et elle pressentit qu’il n’y avait personne et qu’elle avait fait tout ce chemin pour rien. De rage elle déchira le morceau de papier où était inscrit le numéro tant et tant composé puis les yeux rougis par la déception et le soleil, elle laissa couler ses larmes. Elle possédait seulement ce numéro de téléphone mais pas d’adresse alors elle comprit qu’elle passerait encore une fois la nuit à la belle étoile. Avec un compte en banque bien garni et une carte bancaire toute neuve il ne lui vint pas à l’idée de trouver un petit hôtel confortable. Sa détresse émue un des passants qui s’arrêta pour lui demander s’il pouvait lui être utile. Marysol était prête à l’envoyer promener, mais quelque chose dans le regard de l’homme la maîtrisa dans les insultes qui allaient franchir ses lèvres.
    - « Non je n’ai besoin de rien, merci ! » S’entendit-elle répondre poliment.
    - « Vous êtes sûr Mademoiselle ! » Insista-t-il. Cette fois-ci elle ne se donna pas la peine de répondre.
    Lorsque son chevalier servant se fut éloigné, la jeune femme se releva et se mit en quête d’un coin plus tranquille.
    Daneelo contourna le bungalow, puis traversa d’un pas sûr le sentier de briques qui conduisait à la rue. Il poussa la grille fermement puis une fois passée il en verrouilla le loquet. Un jour ou l’autre il devrait se résoudre à condamner pour de bon cette partie du parc, mais il aimait cet endroit. La maisonnette lui avait servi de refuge le temps des travaux de construction de sa maison et maintenant il y venait de temps en temps afin de s’isoler pour préparer ses cours.
    Le vent redoubla de violence et une rafale plus forte que les autres secoua les branches basses du vieil if. Le regard de Daneelo fut attiré par une forme allongée à l’abri de la taxacée. Il repassa la grille puis se dirigea avec circonspection vers l’intrus. Protégée sommairement du mistral par les branches basses et la tête posée sur un sac à dos une jeune femme dormait. Il sourit en voyant le tableau qu’elle offrait. Bien qu’elle soit toute ébouriffée, les vêtements chiffonnés et le visage légèrement poussiéreux elle était très belle. Il ne parvint pas à comprendre pourquoi l’inconnue lui paraissait vaguement familière. Se sentant observée Marysol ouvrit grand les yeux et se releva d’un bond. Elle recula vivement les bras en avant comme pour se protéger.
    - « Vous êtes malade de faire peur aux gens comme cela ! » Cria-t-elle.
    - « Désolé si je vous ai effrayé, mais vous êtes un peu chez moi non ? » Lui répondit-il avec un grand sourire.
    - « De plus je m’inquiétais, vous ne bougiez pas ! » Continua-t-il calmement.
    - « C’est le principe quand on dort ! » Marysol haussa les épaules et abandonna enfin sa pose de défense.
    Elle baissa les bras et lui tournant le dos elle commença à rassembler ses affaires.
    - « Excusez-moi je n’aurais pas du entrer chez vous, seulement le portillon était ouvert. » Expliqua-t-elle en faisant disparaitre dans son sac à dos ses effets éparpillés ça et la.
    - « Je sais ce n’était pas une raison, mais la volaille du coin m’avait repéré sur la plage et elle me collait aux basques ! » Poursuivit-elle. Marysol secouait vigoureusement sa couverture pour ôter les herbes sèches qui s’y accrochaient. Enfin il comprit pourquoi il lui semblait la connaitre, devant lui se tenait la jeune femme à qui il avait proposé son aide la veille au soir.
    - « Oui ils sont tenaces cet été, il y a pas mal de personnalités en villégiature dans la région ! »
    Il l’observa dans ses gestes et tout indiquait qu’elle était à la limite de l’épuisement et de la malnutrition.
    - « Voulez-vous vous poser un jour ou deux dans le bungalow ? » S’entendit-il proposer.
    Surprise, Marysol le dévisagea, une moue dubitative déformait ses lèvres.
    - « Je ne peux pas accepter, je n’ai pas d’argent sur moi ! » Prononça-t-elle un peu vivement.
    - « Je ne vous demande rien ! Si vous désirez utiliser ce pavillon qui est inoccupé, vous le pouvez ! » Offrit-il de nouveau.
    - « D’où je viens rien n’est gratuit vous savez ! » Marmotta-t-elle. Ses yeux s’étaient emplis de larmes qu’elle essuya rageusement d’un revers de main.
    - « Fichu vent ! » S’exclama-t-elle. Elle sembla indécise puis :
    - « Oui je veux bien ! » Murmura-t-elle. Marysol venait de le reconnaitre à son tour et ayant appris à juger ses semblables très tôt elle estima qu’il n’était pas un danger pour elle.
    Sans un mot Daneelo saisit le sac de Marysol et la précéda le long du sentier. La jeune femme attachée à ses pas, il grimpa les six marches de la petite terrasse et se baissa près de l’un des deux énormes pots en terre qui montaient la garde de chaque côté de l’avant toit. Chacun contenait un magnifique yucca parsemé de clochettes d‘un blanc doré. Ayant récupéré la clef du pavillon, il déverrouilla la porte d’entrée.
    - « Vous êtes ici chez vous ! » Dit- il. Marysol tendit la main pour y recevoir le petit bout d’acier qu’il lui tendait et remercia d’un signe de tête.
    - « Je fais juste un aller-retour à côté pour vous ramener des serviettes de toilette au cas où vous voudriez prendre une douche et ensuite je vous laisse vous reposer. » Façon délicate de lui faire comprendre qu’elle ne sentait pas la rose.
    - « Installez-vous c’est ouvert ! » Suggéra-t-il en s’éloignant.
    La jeune femme franchit la porte d’entrée et découvrit un salon meublé avec goût. Elle déposa son sac à dos sur un rocking-chair recouvert d’une couverture patchwork puis elle se dirigea vers l’immense baie vitrée.
    En quelques enjambées elle se retrouva face à un paysage paradisiaque sur front de mer. Marysol entrouvrit légèrement les deux battants et le fracas des vagues se brisant sur la grève parvint à ses oreilles. Le mistral agitait les santolines argentées, secouait les arbres aux papillons, et rudoyait les Albizia rouge carminé. D’aussi loin que portait son regard, ce n’était que bonheur et divertissement pour les yeux. Après un dernier coup d’œil au panorama ses pas la guidèrent dans la chambre où elle se laissa choir sur l’épais matelas.
    Dix minutes plus tard Daneelo revint les bras chargés d’un peignoir de bain, de plusieurs serviettes éponge épaisses, de draps et d’un thermos. Il toqua plusieurs fois à la porte mais n’obtint pas de réponse. Il ne voulait pas effrayer son hôte mais il ne voyait pas comment faire autrement qu’entrer pour déposer à l’intérieur ce qui l’encombrait. Silencieusement il tourna la poignée et se glissa discrètement dans la pièce. Il délesta de son fatras de tissus sur le canapé en velours gris et laissa le thermos sur la petite table près du divan. Par la porte de la chambre il aperçut la jeune femme à moitié étendue sur le lit, les jambes pendantes ayant seulement ôtée une de ses chaussures l’autre étant accrochée par le scratch à sa chaussette. Elle dormait profondément.
    Daneelo fut pris d’un dilemme, soit il la laissait dans cette position inconfortable, soit il l’a relevait mais il risquait de la réveiller. Il tenta cependant l’exercice et la manipula avec d’infinies précautions. Marysol poussa un léger soupir lorsqu’il déposa un oreiller sous sa nuque mais son corps resta de plomb. La chaussure rejoignit sa jumelle au sol, puis Daneelo recouvrit la jeune femme d’un des draps qu’il avait apporté. Il contempla Marysol quelques instants puis s’apprêta à sortir.
    - « Bougre d’andouille ! » se morigéna-t-il. Daneelo sortit un flacon de cicabiafine de sa poche et le plaça contre l’oreiller. Son esprit commençait à lui jouer des tours car il s’imagina étaler lui-même la pommade sur les parties du corps de la jeune femme qu’avait brûlé le soleil.
    Marysol se réveilla aux environs de seize heures. Un mal de tête épouvantable lui vrillait le crâne des tempes à la nuque. Il faisait trente cinq degrés à l’extérieur mais elle était parcourue de frissons des pieds à la tête. Elle avait l’impression que ses coups de soleil lui dévoraient la moindre parcelle de peau. Pendant un moment elle se demanda où elle était puis la mémoire lui revint. Elle se mit debout mais elle fut obligée de s’assoir car soudain les murs dansèrent devant ses yeux. Enfin elle parvint avec difficulté à gagner le salon ou elle s’empara du thermos. Elle trouva un verre dans le placard de la cuisine et se servit une bonne rasade de jus d’orange frais qu’elle avala d’un trait. Le fouillis de drap et de serviettes de toilette sur le canapé lui rappela qu’elle devait prendre une douche, il y avait urgence. Elle se donna le temps de faire le lit puis ôtant ses vêtements répugnants elle se traina sous le jet tiède de la douche. Elle apprécia la pluie qui détendait ses muscles et rafraichissait sa peau. Elle venait à peine de se sécher lorsque l’on frappa à la porte. Sa brosse à la main elle alla ouvrir. Daneelo la salua avec gentillesse, Marysol lui rendit ses politesses. Il remarqua immédiatement sa faiblesse et lui conseilla d’aller se rassoir. La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois. Ses jambes flageolaient et de nouveau les murs se rapprochèrent d’elle dangereusement. Marysol perdit connaissance et son hôte eut juste le temps de la cueillir au vol. Il déposa son précieux fardeau sur le lit et tant pis si sa pudeur en prenait un coup mais il s’empressa de la délester de son peignoir de bain humide. Il avait comprit tout de suite où se situait le problème. La jeune femme souffrait d’une sévère insolation et elle avait besoin de soins. Il recouvrit sa nudité avec le drap et l’abandonna le temps de récupérer quelques affaires chez lui. Il revint avec un sac de voyage garni à ras bord duquel il retira une bouteille d’eau minérale glacée. Il se saisit d’un gant de toilette et l’humecta copieusement puis se dirigea vers la chambre. Peau de pêche et couleur de pain d’épice la petite blonde confectionnait à elle seule un dessert gourmand. La jeune femme s’était découverte et ses coups de soleil étaient impressionnants. Il posa le gant de toilette sur son front puis il l’enduisit copieusement ses rougeurs de cicabiafine. Il l’a recouvrit du drap et alla chercher la bouteille d’eau et un verre.
    - « Allez petite vous devez boire beaucoup pour faire baisser la température ! » Daneelo secoua Marysol qui protesta faiblement. Il parvint à lui faire avaler quelques gorgées du liquide glacé puis la laissa se rendormir. Il humecta de nouveau le gant de toilette et le replaça sur le front brûlant de la jeune femme. Ne voulant pas la laisser seule il s’installa assis en tailleur, adossé à la tête de lit. À chaque plainte ou gémissement ses yeux se posaient sur la frêle silhouette assoupie à ses côtés. Il n’alla pas au-delà de la première page du livre qu’il avait pris pour passer le temps car ses yeux étaient rivés sur Marysol enfin endormie. Les heures défilèrent et l’obscurité avait envahi la chambre. Le ressac se faisait discret au loin et même le mistral semblait vouloir s‘apaiser. Daneelo ne quittait pas sa protégée du regard.
    Elle avait les yeux clos mais il savait que Marysol ne dormait plus. Sa pose lascive le poussa à se rapprocher d’elle. Presque malgré lui, Daneelo s’accouda sur le côté gauche et laissa courir paresseusement la pointe de ses doigts sur la cuisse de la jeune femme. Celle-ci ne fit pas le moindre mouvement mais un sourire satisfait étira ses lèvres. Ses paupières étaient toujours closes. Encouragé par son indolence, il s’aventura plus avant. Sa main se hasarda sous le drap, glissant sur son ventre et poussa jusqu’à sa poitrine. Elle geignit tendrement lorsque celui-ci frôla la pointe de ses seins l’une après l’autre. Il se pencha alors sur elle et déposa un baiser sur ses lèvres qu’elle entrouvrit. Elle ouvrit alors les yeux et il perdit son regard dans les paillettes dorées de ses yeux bleus. Marysol entoura son cou de ses bras et l’attira à elle pour lui donner le plus formidable baiser qu’il eut jamais reçu. Plaquée contre lui la danse de leurs lèvres lui parut ne vouloir jamais cesser. Alors Marysol descendit lentement sa main le long de son torse puis de son ventre et continua jusqu’au bouton du pantalon de son partenaire qu’elle dégrafa avec adresse. Elle insinua sa main sous le tissu de son caleçon et s’empara de son sexe dressé et dur comme l’airain. Elle lui infligea de douces pressions puis en effleura le gland avec son pouce pour enfin le maltraiter malicieusement de haut en bas faisant ainsi de ses doigts le réceptacle d’une ambroisie chaude et épaisse. Sa main glissait lentement sur l’objet de sa convoitise. Ses baisers n’avaient pas cessé. Daneelo comprit qu’il avait droit de passage et à son tour il faufila ses doigts entre les cuisses délcates de Marysol et celle-ci se cabra lorsqu’il se mit à flatter tendrement son petit bourgeon. Par petites pressions il faisait coulisser ses doigts entre les rivages mouillés du temple aux mille délices qu‘elle lui offrait en écartant largement ses jambes. Ses plaintes se firent gémissements et bientôt Daneelo eut du mal à supporter ses vêtements, comme s‘ils lui brûlaient la peau. Ils s’en délesta prestement en gloussant comme un gosses qui fait une bêtise.
    Ceci étant fait il revint se placer tout contre elle, passant son avant bras gauche sous sa nuque, recommençant ses baisers sur ses lèvres et ses seins, humectant les pointes dressées de salive et ranimant de ses doigts habiles la fournaise entre les cuisses de la jeune femme. D’une main celle-ci caressait ses reins et ses fesses et de l’autre elle renouvela le traitement infligé à son sexe quelques minutes auparavant. Sa main devint poisseuse en un rien de temps mais elle en avait cure, seuls les gémissements et les soubresauts répétés de son partenaire l’intéressait. Daneelo et Marysol prenaient leur temps, ils s’étudiaient l’un l’autre, se souriaient, et leurs baisers étaient empreints de tendresse. Les doigts de l’homme glissaient sur la peau douce de sa jolie maitresse qu’il se surprenait à vouloir lui vouer un amour sans condition. Il redessinait ses courbes délicieuses parcourues d’agréables frissons. Petit à petit leur désir un temps somnolent se réveilla. L’envie les gagna, réceptifs à leurs caresses respectives, leur bouche se fit plus charnue et leurs baisers plus sensuels. Il frottait son corps contre celui de sa tendre partenaire et humait son odeur en enfouissant son visage dans ses cheveux détachés. Il voulait prendre son temps pour cette toute première fois avec Marysol. Leurs baisers s’accentuèrent pour devenir intenses voir passionnels. Le souffle court elle sentit monter en elle une onde de plaisir tellement puissante qu’elle se pendit au cou de Daneelo, s’y suspendant comme pour éviter la noyade. Son excitation en devenait douloureuse. Sourd à ses suppliques, il la maintint sous lui prenant possession de ce corps délicat et offert entre ses cuisses et sous son torse. Seins tendus et ventre brûlant elle haletait prête à accueillir ce sexe doux et chaud qui explorerait ses délices et se nourrirait de sa source voluptueuse d’ambroisie. Elle en savourait la dureté sur son abdomen dans l’attente du meilleur. Marysol étouffa son cri ses lèvres collées à celles de Daneelo lorsque celui-ci se fraya un passage dans les replis de sa vallée intime. Les doigts de son amant glissaient avec souplesse au cœur de sa source tiède, lui infligeant force massages délicats et effleurant son bouton avec une douceur exquise. Marysol baigna dans une profonde extase. Soudain il cessa son jeu à la fois cruel et sensuel puis il se glissa entre les cuisses de sa belle. Semi-comateuse elle l’accueillit avec un plaisir inouï, entourant fermement ses reins de ses jambes de peur qu’il ne disparaisse. Tout en pénétrant son intimité en douceur, il lui susurra des mots sensuels. Sous les assauts répétés de son membre dur et puissant, son corps se tendit tel un arc, vibrant à se rompre.
    Suffocant, Daneelo émergea de son rêve. Cela lui avait semblé si réel qu’il en frissonnait encore. Il fut incapable de dire à quel moment il s’était endormi. Marysol avait profité de son sommeil pour venir poser sa tête contre son ventre et glisser son bras sous sa cuisse sa main reposant gentiment sur son sexe. Le tissu du jean était tendu par une superbe érection …Mylhenn...


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    ...Trois jours durant Daneelo resta au chevet de Marysol. Trois jours pendant lesquels il la doucha à l’eau froide toutes les deux heures, laissant les gouttelettes s’évaporer à l’air rafraîchissant du ventilateur du plafond. Attentif à ses crampes, à ses nausées, à sa respiration haletante et à ses maux de têtes dont la douleur la faisait sangloter. Trois jours pendant lesquels il la maintint sans la couvrir dans une semi obscurité bienfaisante. Trois jours où il lui fit ingurgiter des litres d’eau, de thé et de bouillons en tous genres. Trois jours où il lui appliqua de la pommade en couche épaisse sur ses coups de soleil et veilla sans relâche à son bien être. Quand enfin le thermomètre se stabilisa sur un petit trente sept deux, il sut que le plus difficile était passé. Marysol dormit dix huit heures d’affilées et Daneelo en profita pour se reposer aussi.

    Lorsqu’elle put enfin tenir sur ses jambes il la conduisit à la grande maison en lui expliquant que ce serait plus simple pour lui d’y surveiller sa convalescence. Il ne lui accorda pas le temps de réfléchir. Ses affaires emballées elle s’était laissé guider comme une enfant. Encore épuisée Marysol était bien incapable de lutter contre la détermination de son hôte. Il l’installa donc confortablement avant de retourner au bungalow pour tout remettre en état. Allongée sur la balancelle, elle s’extasiait devant la vue qui s’offrait à son regard. Devant elle s’étendait à perte de vue un champ de phormium et les herbacés envahissaient tout l’espace entre la maison et la plage. La brise marine faisait balancer les plants et suivant le sens des bourrasques Marysol avait l’impression que les vagues allaient parvenir à lui lécher les pieds sous le caillebotis de l’esplanade en bois. À chaque ressac le mouvement des flots et des végétaux se confondaient. La jeune femme était presque hypnotisée par les ondulations des éléments et il ne lui fallut que quelques minutes pour s’assoupir.
    Lorsque Daneelo revint il la trouva endormie et son corps souple abandonné au sommeil paraissait enfin détendu. Son visage était paisible et sa pose alanguie donnait à penser qu’elle se sentait mieux. Il ne la réveilla pas, se contentant de déposer une couverture sur ses jambes. Il s’engouffra dans la maison, la laissant à ses rêves. À son réveil la jeune femme eut droit à la visite guidée des lieux et retrouva son sac déposé sur le lit dans la plus belle des chambres de l’étage. Elle savait déjà que ses pièces préférées de la maison seraient la cuisine et la bibliothèque. Immense et lumineuse les quatre pans de mur étaient recouverts d’étagères à l’ancienne. Elle eut le temps d'apercevoir les trésors que recelaient les rayonnages et était impatiente, si son hôte le lui permettait, de feuilleter quelques-uns des ouvrages disposés avec soin. Surprise elle était restée sur le pas de la porte de la cuisine. Assurément ce devait être le refuge de Daneelo car la pièce était conviviale et accueillante à souhait. D’ailleurs l’ordinateur portable de celui-ci trônait sur la table avec de nombreuses fiches bristol recouvertes d'une écriture serrée. Sur l’un des côtés de la pièce se trouvait le plan de travail et tout l’électro ménager encastré dans des meubles aux tons clairs. En face une imposante cheminée, encore éteinte pour la saison, se dressait sur toute la surface de la cloison. Disposée entre les espaces, deux banquettes en osiers savamment tressés servaient de sièges agréables avec leurs coussins épais recouverts de tissu provençal. L’énorme plateau de la table était soutenu uniquement par le large tronc d’un olivier vernissé par les ans. Comme pour la plupart des pièces, une baie vitrée éclairait l’ensemble et donnait sur les flots en mouvements. À l’étage elle avait remarqué que la salle de bain et les chambres avaient toutes une grande porte fenêtre et un petit balcon qui permettait d’admirer le paysage. Elle resta ébahie en découvrant que la terrasse extérieure était en fait le prolongement du salon, clos uniquement par de monumentales portes coulissantes dont le rail était fixé sous le carrelage. Elle trouva l’édifice majestueux et la combinaison des deux plans tenait plus de la serre que du living room. S’il n’y avait pas eu le canapé, le buffet bas et la vitrine aux santons, Marysol se serait cru dans un jardin botanique. Trois gigantesques bacs creusés à même le sol abritaient toutes sortes de plantes. Verte, fleurie, haute ou en rocaille, la végétation croissait à foison dans un terreau fertilisant. Le quatrième bassin accueillait une fontaine qui bruissait au rythme du courant qui l’alimentait. Entre nénuphars dorés et joncs auburn, l’onde agitait des pousses de Cyperus longus.
    À la fin de la visite, ils allèrent à la cuisine et devant un bon thé au jasmin, Marysol entreprit de livrer son parcours à celui qui l’accueillait avec autant de gentillesse. Les premiers mots eurent du mal à franchir ses lèvres mais dès qu’elle se sentit en confiance la jeune femme révéla à Daneelo ses années noires, ses mauvaises rencontres, ses sottises, ses longs mois prison et les galères qui avaient jalonnées sa vie. Elle lui parla aussi de sa rédemption grâce au soutien d‘inconnus croisés au hasard de ses voyages. Trop éprise de liberté, plus jamais elle n’avait pu se fixer quelque part après cela. Elle se livra à Daneelo comme à un ami de longue date, sans omettre le moindre détail et sans en avoir honte. Il l’écouta sans dire un mot. Il prit ses mains dans les siennes lorsque cela devint trop éprouvant et l’encouragea à poursuivre lors de ses hésitations. Lorsqu’elle eut terminé Daneelo la réconforta et essuya ses larmes. Il n’y eut aucun jugement dans son regard et ses paroles. Il tenta de lui faire comprendre que ce qu’elle avait subi devait lui servir pour avancer et non pas s’en faire un handicap. Ce soir la elle ne garda en mémoire que le sourire doux et la lueur exquise des yeux verts qui accompagnaient les paroles de Daneelo. Marysol remercia son hôte et rejoignit sa chambre le cœur plus léger.
    La première fois que Daneelo découvrit Marysol assise sur la balancelle, celle-ci était plongée dans une vieille revue tellement maltraitée qu’elle en était toute esquintée. Cependant la jeune femme tournait les pages avec ravissement comme si elle en découvrait pour la première fois le contenu. Immobile il la contemplait, observant son manège avec amusement. Du bout des doigts, elle caressait les lignes, puis du plat de la main comme si elle voulait imprimer le texte dans sa paume. En l’apercevant elle se releva d’un bon, échappant le magazine qui finit sa course sur le sol. Confuse d’avoir empiété sur son espace privé elle s’excusa longuement. Daneelo la rassura en lui expliquant une nouvelle fois qu’elle était son invité et qu’elle pouvait aller où bon lui semblait. Elle le remercia d’un sourire gracieux puis ramassa son périodique qu’elle fourra sans ménagement dans le sac à dos qui ne la quittait jamais. Cela faisait déjà quatre semaines que Marysol séjournait chez son hôte et leur emploi du temps tenait du rituel. Chaque matin Daneelo s’installait à la cuisine, comme l’avait deviné Marysol, et il travaillait à la rédaction de ses manuscrits jusqu’à treize heures. Une fois concentré sur son travail il se détachait de ce qui se passait autour de lui. Ne voulant pas le déranger, la jeune femme allait flâner le long de la plage. Elle avait découvert le petit sentier qui y conduisait sans passer par la rue. Ensuite ils déjeunaient sur la terrasse et sortaient le reste de l’après midi pour une très longue promenade. Après le petit en cas du soir qu’ils préparaient ensemble, cela aussi était immuable, Marysol et Daneelo allaient se poser sur la balancelle et se plongeaient dans leur lecture. Lorsque l’humidité se faisait sentir et que se réfléchissait l’astre de nuit sur la mer d’huile, c’était le signal qu’il était temps d’aller dormir.
    Au fil des jours Daneelo appréciait de plus en plus la compagnie de la jeune femme qui lui semblait si facile à vivre alors qu’elle s’était tellement dénigrée lors de son installation. Lorsqu’elle eut épuisé son stock de livres de poche écornés et cabossés, celle-ci se faufila régulièrement dans la maison pour emprunter un livre parmi ceux de Daneelo. Dès que la jeune femme avait eu le dos tourné, Daneelo était allé récupérer les livres que Marysol avait jetés dans la poubelle et les déposa soigneusement sur l’étagère avec ses propres livres de poche. C’est ainsi qu’une trilogie de King, « l’écume des jours » de Vian et un volume des « enfants de la terre » vinrent côtoyer des vieux bouquins plus sérieux sur l‘une des étagères de la grande bibliothèque.
    Depuis c’était avec un plaisir évident qu’il la voyait régulièrement sortir de la bibliothèque, un livre à la main, les yeux étincelants de sa trouvaille et la mine d’un chat qui a avalé une jatte de crème. Attirée par le contenu ou le titre les choix de Marysol étaient très éclectiques, mais dans l’ensemble tout l’intéressait. Il adorait commenter ses propres lectures avec la jeune femme qui cachait son esprit cultivé sous de faux airs de titi des rues. Ainsi chaque soir, côte à côte ils dévoraient des chapitres entiers avec le clapotis des vagues comme seul bruit de fond. Marysol ne s’était pas aperçue que parfois le regard de Daneelo se posait sur elle avec tendresse et que les pensées de son compagnon étaient à des lieux du manuscrit qu‘il tenait entre ses mains.
    Ce soir la, une semi obscurité les enveloppait et au loin le ressac se faisait berceuse. Le silence était rompu de temps en temps par les stridulations de quelques cigales nichées dans l’écorce encore chaude d’un pin. Accablés par la chaleur, Marysol et Daneelo installés comme à leur habitude, avaient du mal à se concentrer. Pendant que l’esprit de l’un vagabondait dans ses pensées, le corps de l’autre se faisait lourd sur les coussins moelleux. Le livre de Marysol avait glissé de ses mains et une mèche de ses cheveux chatouillait le torse nu de Daneelo contre lequel elle avait niché sa tête inconsciemment. Il se refusait à briser cet instant magique où pour une fois sa jeune protégée lâchait prise. Abandonnée contre lui elle se reposait vraiment, pas de ce sommeil agité ou parfois il l’a découvrait au matin en venant la chercher pour le petit déjeuner. Endormie sur le sol de la chambre, enroulée dans la couverture et souvent pelotonnée dans le refuge incertain de l’angle du mur de la pièce. Les huit mois qu’elle avait passés en prison n’était rien à comparer de ce qui hantait à présent la plupart de ses nuits sans sommeil. Marysol avait avoué à Daneelo qu’à cause d’un geste désespéré elle avait fait connaissance avec l’univers carcéral et tout ce que cela comportait de vicissitudes. Inexorablement, ses cauchemars la guidaient vers ce passé, ces fautes et les punitions infligées.
    Il avait allumé les lanternes solaire qui diffusaient une faible clarté mais bien suffisante pour ce moment privilégié. Son visage tourné vers elle, il l’observait, attendri et un sourire empreint de douceur étirait ses lèvres. Des frissons parcouraient son dos lorsque le souffle chaud et continu de la belle frôlait son torse nu. Tout près dans le port, une rafale marine plus forte que les autres fit claquer les anneaux d’un voilier sur son mat et Marysol sursauta. Daneelo s’empara de sa main pour la rassurer. D’intrépides papillons de nuit voletaient autour des halos lumineux qui les attiraient. La jeune femme se serra un peu plus contre Daneelo et tous deux goûtèrent au bonheur d’être ensemble. Protégés par les étoiles naissantes, ils restèrent ainsi sans bouger. Marysol se sentait en sécurité dans les bras forts et rassurants de Daneelo. Elle tressaillit sous l’effet de l’humidité de la nuit qui envahissait peu à peu leur abri. Daneelo enserra sa taille pour la maintenir contre la chaleur de son corps. Machinalement il caressa ses boucles blondes et y enfouit son visage. Il lui sembla tenir entre ses bras la chose la plus fragile et précieuse qui soit. Avec la luxuriance de ses cheveux blonds et sa peau douce à l’apparence du caramel, Marysol était magnifique dans la lumière tamisée. Elle avait passé une courte chemise docker et le blanc côtelé lui faisait une seconde peau sur le peu qu’il recouvrait. Les quelques gouttes de son délicat parfum qu’elle déposait parcimonieusement chaque matin derrière son oreille lui chatouillèrent les narines et le désir monta en lui brusquement. Délicatement, il passa la main sous son menton et lui releva la tête puis il pressa ses lèvres contre les siennes et lui donna un baiser très doux. Surprise, Marysol fut submergée par un mélange d’émotions qui se situaient entre la crainte, la joie et l’espoir.
    Elle accepta le baiser et le lui rendit presque amoureusement, tout comme elle lui restitua ses caresses. Le temps semblait s’être arrêté. Leurs cœurs battaient la chamade, leurs corps se pressèrent l’un contre l’autre puis plus rien n’exista autour d’eux. Sur sa peau il redécouvrit ses jeux d’adolescent, il retrouva des sensations oubliées, il reconstruisit son monde écroulé et il eut l’impression d’émerger d’une interminable apnée. Sous ses doigts elle retrouva la sensation de chaleur qui avait depuis très longtemps désertée son corps et elle se libéra soudain de la gangue qui emprisonnait ses sens depuis des années. Marysol se sentit enfin vivante. La jeune femme laissa échapper un cri où plutôt une plainte qui stoppa net Daneelo. Il se demanda s’il l’avait blessé mais déchainée celle-ci lui fit savoir qu’elle le désirait de toutes les fibres de son corps. Marysol l’invectivait et l’encourageait à la fois. Sordides et répugnants étaient les mots qui sortaient d’entre ses lèvres, mais ces mots crus étaient le miel qui les englua dans un mode ouaté ou plus rien ne comptait. Se libérant de ses vêtements, et lui ôtant les siens dans la lancée, elle l’enjamba tel un fier coursier, et l’encouragea d’une chevauchée digne d’une amazone. Marysol caracolait sur ses cuisses les bras au ciel, roulait ses hanches de gauche et de droite, enserrait de ses muscles intimes le sexe en fusion de Daneelo qui la tenait par le bassin. Ses baisers lui meurtrissaient les lèvres et elle y mettait tellement de fougue que pour lui éviter une chute brutale, il fut obligé de la maintenir serrée contre lui. La lune et les papillons de nuit assistèrent alors aux ébats prodigieux entre une lionne enragée et un fauve impétueux. Les deux amants furent incapables de dire à quel moment ils s’étaient endormis. Sans doute au dernier cri de volupté de Daneelo ou peut être au moment ou les orgasmes qui les avaient agité s’estompèrent. L‘un dans l‘autre, ils se reposèrent de cette première étreinte charnelle et Daneelo se surprit à souhaiter que sa jolie invitée oublie de partir.
    Le lendemain matin Marysol avait fait son sac…Mylhenn…


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    ...Le matin suivant, mu par un sombre pressentiment, Daneelo se réveilla en sursaut.

    D’un bond il sauta hors du lit et curieusement ce ne fut pas le bruit qui le réveilla mais le silence total qui régnait dans la maison. Pas de radio à fond alors que d’habitude Marysol prenait sa douche en écoutant à plein volume sa station préférée. La porte de la salle de bain était close pourtant la jeune femme la repoussait simplement lorsqu’elle utilisait l’endroit posant ses chaussons entre le battant et le montant. De plus en plus inquiet il se précipita dans la chambre qu’elle occupait mais la pièce était déserte. Daneelo comprit que quelque chose clochait réellement lorsqu’il s’aperçut que la petite couverture que Marysol laissait au bas de la rampe d’escaliers n’était plus à sa place. Sa jeune protégée craignait la chaleur mais le froid bien plus encore. Jamais elle ne se séparait de sa polaire blanche, même en été, elle la déposait n’importe où dans la maison au gré de ses déplacements. Il réalisa soudain que le grand sac à dos fourre tout de Marysol n’était plus sur le coffre en bois de cèdre dans la chambre vide.
    En entrant dans la cuisine, Daneelo ne perçut pas le sifflement de la bouilloire. Elle était bien à sa place sur la plaque à induction mais aucune vapeur ne l’enveloppait. C’est alors qu’il remarqua la feuille blanche posée en évidence sur la coque fermée de son ordinateur portable. Il s’en saisit prestement mais hésita quelques minutes avant de lire. Laconique, la phrase dansait devant ses yeux. Marysol avait griffonné à la hâte un : " je te demande pardon pour cette nuit ? paraphé d’un cœur minuscule. Exaspéré il froissa la feuille et la jeta sur la table. Comment cette petite sotte avait-elle pu croire qu’il y avait une condition à leurs ébats de la veille ? Cela avait été l’un des plus beau moment de sa vie, une douceur abandonnée depuis bien longtemps, mais apparemment Marysol regrettait de s’être laissé aller. Il étouffa un juron et attrapa les clefs de sa voiture pendues à la canne d’un santon en argile posé sur la cheminée. Qu’elle décide de partir il n’y pouvait rien mais qu’au moins elle le fasse au grand jour, pas comme une voleuse. Les baisers de la friponne lui avait fait battre le cœur au-delà de ses espérances et retourner l’esprit à en perdre la raison. Il avait encore devant les yeux la vision de la jeune femme, jambes écartées au dessus de sa tête, posant ses mains à plat sur son torse en l’invectivant malicieusement :
    - « Voyons si tu es aussi doué que tu le prétends ? »
    Il entendait résonner à ses oreilles les cris de plaisir de Marysol qui avait lové ses fesses contre son abdomen et dont la douceur l’avait rendu fou. Sans une hésitation il l’avait pénétré profondément encore et encore, plongeant dans la chaleur brûlante de son sexe qui massait le sien d’une douce friction. Dans une ultime pénétration ils avaient joui en de longs frissons qui les conduisirent à l‘éternité. Les cuisses poissées comme une fille à soldats au petit matin, Marysol rayonnait et s’était endormie en l’étreignant comme si sa vie en dépendait.
    Pendant une semaine, de jour comme de nuit, prenant à peine le temps de se restaurer et de se reposer, il avait sillonné toutes les rues et les avenues de la modeste ville. Il avait parcouru les ruelles, les chemins et les impasses des villages environnants, mais sans succès. Le cœur lourd, Daneelo abandonna ses recherches une fois raison faite puis il reprit ses habitudes de célibataire. Cependant il lui arrivait parfois de mettre deux assiettes sur la table et il se surprenait à guetter les pas légers de Marysol dans la maison, mais le temps aidant, précieusement il la déposa dans un coin de son cœur. Il se jeta à fond dans le travail et soutint ses conférences à un rythme effréné. Lorsqu’il ne faisait pas de recherches il écrivait son mémoire et pour se détendre il marchait pendant des heures sur la garrigue où Marysol aimait tant se rendre. Reprenant son quotidien la où il l’avait laissé, les jours, les semaines puis les mois passèrent l’aidant à enfouir sa peine. Au terme d’un trimestre bien chargé il s’accorda enfin quelques jours de congé. La température automnale avait succédé à celle caniculaire de l’été et en cette fin novembre la brise marine se faisait glaciale. Au loin, la neige qui recouvrait les hauts sommets avait fait fuir les derniers touristes. Engourdi, le littoral redevenait accueillant et Daneelo parti explorer les bourgs à santon comme chaque année en cette saison.
    Il se nourrissait des visites de petits villages aux magnifiques fontaines ouvragées, et des villes qui avaient su garder les vieilles pierres de leur passé. Il adorait crapahuter dans les cités nichées au sommet de collines entourées d’oliviers et dans les agglomérations médiévales perchées sur des pitons rocheux à peine accessibles. Souvent ces lieux offraient à son objectif de magnifiques chapelles aux enluminures fabuleuses et méconnues. Parfois sous ses yeux ébahis se profilaient des sculptures grandioses et ignorées, dissimulées dans des salles que lui seul parcourait au mépris du danger. Il ne dégainait son APN que lorsqu’il découvrait le cliché idéal dont il enrichissait de ces clichés dérobés, le mémoire sur les trésors d’architectures en Provence qu’il rédigeait pour la postérité. C’est ainsi que parmi tant d’autres, la Sainte Victoire, Aigues mortes, Fontvieille et Saint Guilhem s’étaient bonifiés sous son œil. Cette fois ci il avait réservé une chambre dans un charmant petit hôtel au cœur d’une antique citadelle édifiée au sommet d’un à pic vertigineux. Le téléphérique poussif qui conduisait en ces lieux valait à lui seul une page de son livre. À l’arrivée l’endroit était féérique, la lumière grandiose et Daneelo désirait profiter de chaque instant pour en immortaliser les remparts. Ses chaussures de randonnées aux pieds, emmitouflé dans son blouson gris doublé de polaire et les yeux protégés par des lunettes noires, Daneelo escaladait les étroites marches irrégulières qui allaient de la place du village perché sur les dentelles de Montmirail à la fontaine de granit bleu qui ornait la grande terrasse, point de vue unique sur la vallée. Il était près de treize heures et les rayons du soleil n’étaient pas chauds mais la lumière vive qu’ils produisaient éblouissait les quelques visiteurs qui se risquaient à tenter l’escalade. Cinq cent soixante sept marches dans un fond d’air qui n’excédait pas les quatre degrés avait de quoi en faire réfléchir plus d’un. Pour cette première découverte Daneelo voulait juste se rendre compte de ce qu‘il pourrait tirer du paysage et il n‘avait pas pris son appareil. Il grimpait d’un pas sûr, jetant de rapides coups d’œil alentours, préférant se concentrer sur le sentier pierreux. Soudain son regard accrocha une silhouette près du vieil olivier en contrebas sur la place. Il passa encore deux marches puis il stoppa net. Abasourdi il réalisa que c’était celle qu’il croyait avoir perdu qui se tenait dans son champ de vision. Assise sur un muret confectionné en pierres sèches, Marysol lisait à l’abri du vieil olivier bi centenaire qui faisait la fierté des villageois. Malgré la température ambiante elle n’était couverte que d’une veste en laine et ses cheveux se soulevaient sous les assauts de la bise. Quand à sa jupe en jean et ses collants de laine ils ne devaient pas beaucoup plus la protéger de la morsure du froid. Protégés des bourrasques glaciales, ses pieds et ses mollets entourés de sa couverture polaire étaient posés dans son sac à dos aussi gonflé qu’une montgolfière. Il se rappela qu’un soir, en veine de confidences, elle lui avait confié que ce qu’elle craignait le plus c’était d’avoir les pieds gelés. Ses immondes baskets élimées gisaient sur le sol à côté du sac. Malgré la distance il vit son visage rougit par les morsures du froid refléter une immense détresse mais elle lui paraissait en bonne santé. Elle avait tout d’une madone irréelle dans la clarté lumineuse et il regretta de n’avoir pas prit son appareil photo. Immobile, concentrée sur sa lecture, celle-ci ignorait tout ce qui se passait autour d’elle. Même les exclamations joyeuses de deux commères ne lui faisaient pas relever la tête. Il l’a regardait, un léger sourire étirant ses lèvres, se traitant mentalement d’idiot, réalisant soudain qu’elle lui avait dit être apaisée par ces vieux sites de Provence où régnait bien souvent la convivialité. Certainement que s’il y avait réfléchi un tant soit peu, il l’aurait pu la retrouver facilement. Son cœur battait la chamade et il n’arrivait même plus à lui en vouloir de ce qu’elle lui avait fait endurer. Sans doute sentit-elle son regard insistant car soudain elle tourna son visage dans sa direction et ses yeux se firent inquisiteurs. Daneelo n’osa pas bouger et lorsque leurs regards se croisèrent il ressentit une décharge électrique dans tout le corps. Comme si elle venait de le quitter à l’instant elle lui fit un signe amical de la main droite et son plus beau sourire. Il hésita puis à son tour il lui rendit son salut et entreprit la descente. L’irrégularité des marches ne rendait pas l’exercice facile car de peur qu’elle ne disparaisse une nouvelle fois il ne quittait pas Marysol des yeux au risque de s’étaler à chaque pas. Lorsqu’il la rejoignit elle avait remis ses chaussures et fermé son sac. Elle se tenait debout en face de lui, bras ballants, ne sachant pas trop comment se comporter.
    - « Approche un peu jeune sotte ! » dit-il en l’attirant à lui. Elle frissonna au contact de ses mains. Comprenant que Daneelo, n’était pas d’humeur vindicative elle se nicha étroitement contre son torse. Il déposa à un tendre baiser sur sa joue, oubliant les souffrances des derniers mois.
    - « C’est donc ici que tu te cachais ? » Demanda-t-il.
    Sa phrase tenait plus de l’affirmation que de l’interrogation mais elle se sentit obligée de répliquer vertement.
    - « Je ne me cachais pas ! J’ai voyagé c’est tout ! » Puis elle poursuivit d’une toute petite voix :
    - « Je n’ai pas envie d’être une charge pour qui que ce soit alors je me débrouille à ma manière ! »
    - « En t’enfuyant comme une malhonnête ! Je conçois aisément que tu tiennes à ta liberté mais tu aurais pu me prévenir que tu voulais partir !» s’entendit-il répondre amèrement. Inquiète tout à coup elle recula et scruta le visage de son compagnon. Les mots avaient du mal à franchir ses lèvres mais maladroitement elle essaya de se justifier :
    - « Oui je suis partie sans te prévenir, oui je me suis dissimulée, oui je t’ai fait de la peine et moi aussi j’ai eu du chagrin, seulement …! » Hésitant à poursuivre elle saisit la main de Daneelo entre les siennes pour se donner du courage. Ses doigts étaient glacés. Aussitôt il s’empara de son sac et lui enjoignit de le suivre.
    - « Viens, nous serons aussi bien devant un chocolat chaud pour poursuivre cette conversation ! » à peine avait-il esquissé un pas que :
    - « Non, maintenant ! » Les mots claquèrent comme deux coups de fouet. Quelques personnes tournèrent la tête dans leur direction mais le regard noir de Marysol les dissuada sur le champ d’épier leur discussion.
    - « Je dois te dire cela ici ! Tu comprends ? Je ne veux pas que tu penses que je suis une ingrate mais … ! »
    - « Je … j’ai eu peur ! » Avoua-t-elle. Elle lut l’incompréhension dans son regard.
    - « Mais de quoi grand Dieu ? Je ne t‘ai jamais menacé ou forcé en quoi que ce soit ! » S’exclama-t-il.
    Elle secoua la tête vivement.
    - « Je n’ai pas eu peur de toi ! J’ai été effrayé par tout ce que tu m’offrais et je ne savais pas comment te dédommager ! » Daneelo commença à comprendre.
    - « J’ai adoré notre dernière soirée, je ne pensais pas pouvoir encore éprouver de telles sensations avec un homme. Je n’ai rien regretté de nos câlins, tu es doué Dany ! » Elle le gratifia d’un clin d’œil coquin et il songea que sa vraie nature était la : une jeune femme aimant la vie et désirant par-dessus tout avoir quelqu’un à aimer.
    - « Mais plus tard en y repensant j’ai eu l’impression de t’avoir remercié de ta gentillesse par cette nuit, je me suis persuadée que je ne t’étais plus redevable de rien car nous avions fait l’amour. Je n’avais plus de dettes envers toi et j’étais tellement persuadée que tu allais me le signifier de vive voix que … oui je me suis enfuie ! Je ne voulais pas partir définitivement mais ensuite je n‘ai plus pu revenir ! » Marysol se força à poursuivre :
    - « Le problème c’est qu’en t’entendant dire cela j’aurais été malheureuse parce que … enfin je ne voyais plus les choses comme ça, j‘osais penser que tu tenais un petit peu à moi alors…! »
    - « Stop, et si c’est pour dire de telles bêtises…. » Il déposa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.
    - « Jamais tu entends, jamais je n’ai pensé cela un seul instant ! Ma maison t’es ouverte sans conditions ni besoin d’un quelconque remboursement espèce de petite idiote ! Et pour ce qui est de tenir à toi …! » Il laissa sa phrase en suspend et la serra contre lui à l’en étouffer. Marysol tremblait des pieds à la tête mais cette fois ci c’était le froid vif qui la faisait greloter ainsi. Le vent avait forcit et le ciel s’était couvert d’un seul coup.
    - « Et maintenant tu me suis sans discuter ! » Il chargea l’énorme sac à dos de Marysol sur ses épaules, empoigna fermement sa main droite et la conduisit au petit hôtel dans lequel il s’était installé. Il la laissa devant un thé chaud et alla parlementer avec le patron pour lui obtenir une chambre mais même en dehors de la période touristique les réservations étaient complètes. Il ne lui restait qu’une solution mais accepterait-elle ?
    - « Je me damnerai pour une douche tu sais ! » s’exclama-telle lorsqu’il lui proposa la cohabitation. Elle applaudit comme une gamine devant une glace à son offre mais soudain son visage se rembrunit.
    - « On partage le prix de la chambre ! » Sa proposition était sans appel. Et pour bien lui montrer qu’elle ne plaisantait pas elle alla immédiatement régler sa part du séjour. Daneelo installé sur une confortable banquette près de la cheminée attendait Marysol en songeant à sa petite princesse en guenilles. Il avait remarqué qu’en plus de ses chaussures abimées, l’un de ses bas était troué et que sa veste n’était pas très nette mais peu lui importait son aspect il ne souhaitait qu’une chose, la persuader de se poser un moment à ses côtés. Trois quart d’heure plus tard, la Marysol qui le rejoignit avait bien changé. Chaussée convenablement elle arborait une tenue impeccablement propre. Le jean et le pull qu’elle avait passé épousaient ses formes à la perfection. Quand à ses cheveux coiffés en arrière, ils lui donnaient l’air d’une adolescente. Ignorant les regards insistants des autres clients de l’hôtel qui la détaillaient lorsqu’elle traversa le grand salon, la jeune femme vint se laisser choir près de Daneelo sur un grand fauteuil. Grâce à la cheminée centrale il faisait très bon dans la pièce. Comme s’ils étaient seuls, les automatismes revinrent. Au mépris du qu’en dira-t-on elle passa ses jambes sur celles de Daneelo, calant ses fesses à sa cuisse et se pelotonna étroitement contre son torse, l’enserrant de ses bras.
    - « Tu as vu ce qu’il tombe ? » Du menton elle lui montra la pluie mêlée de grésil qui frappait les carreaux des fenêtres avec force.
    - « Oui tu m’as évité une sacré douche glacé ! » Constata-t-il en effleurant sa nuque d‘un léger baiser.
    - « En parlant de cela, une question me taraude ? » Marysol attendit la suite.
    - « Pourquoi ne t’es-tu pas trouvé une petite auberge ? Il y en a trois rien qu’au pied de la crête et toutes ne sont pas complètes ou hors de prix ? » Il attendit la réponse qui tarda à venir.
    - « Je sais que ce n’est pas une question d’argent ! » Continua-t-il.
    - « Je ne comprend pas, tu veux bien m’expliquer ? » Marysol les yeux baissés resta immobile.
    - « Tu as raison le prix je m’en moque, euh … enfin jusqu’à un certain point quand même mais …! » La jeune femme s’obligeait à répondre, cela se sentait au ton de sa voix.
    - « Je ne supporte plus d’être seule dans une pièce depuis mon … mes problèmes ! » Avoua-t-elle enfin.
    - « Je déteste rester enfermée la nuit, cela m’oppresse ! »
    Elle releva enfin la tête vers lui et sans pudeur, sous le regard désapprobateur d’un vieux monsieur qui traversait devant eux, elle colla ses lèvres à celles de Daneelo et l’embrassa pendant une longue minute. Elle crut ainsi lui faire oublier sa question.
    - « Tu sais je crois qu’il y a aussi une cheminée dans la chambre et nous y serions bien plus tranquille pour parler ! » proposa-t-elle en guettant son approbation.
    - « Va pour la chambre, nous pourrons poursuivre sans oreilles indiscrètes et j’ai deux ou trois corrections à faire pour mes cours de janvier. En plus je crois que le temps ne va pas s’élever avant longtemps ! » Dit-il en faisant mine de se lever. Marysol avait espéré qu’il abandonne la conversation mais elle savait que Daneelo ne lâcherait pas si facilement.
    - « Je ne pensais pas à cela mais après tout…! » murmura-t-elle. Elle se déplaça pour le laisser passer et le suivit en silence. À l’extérieur les premiers flocons tombaient drus, du jamais vu aussi tôt dans la saison. Alors qu’il installait avec son portable et le fameux petit carnet qu’il couvrait d’annotations mystérieuses à chacune de ses randonnées, Daneelo reprit ses questions.
    - « Ou allais-tu te réfugier si nous ne nous étions pas rencontrés ? » Insista-t-il. Marysol haussa les épaules :
    - « Je n’en sais rien, ce n’est pas important ! » Voyant son regard dubitatif elle s’énerva :
    - « Tu me soules avec tes questions, tu es entré dans la police ? » Il ignora la remarque et le ton qui montait progressivement. Il redemanda calmement :
    - « Je voudrais simplement que tu me réponde ! Où allais-tu te protéger de ce sale temps ? »
    Les nerfs en pelote, Marysol tournait en rond comme un fauve en cage. Exaspérée elle cria presque :
    - « Sous le porche de la chapelle, la tu es content ? » Elle s’empara avec fébrilité de sa veste, l’enfila puis elle se saisit de son sac.
    - « Bon j’en ai marre de l’interrogatoire je me tire ! » La jeune femme était fermement décidée à sortir dans le froid et il savait qu’elle ne reculerait pas. Il tenta encore de la faire changer d’avis :
    - « Arrêtes, je ne te demande plus rien mais reste au chaud s’il te plaît ? » Elle le repoussa brutalement et se dirigea vers la porte d’un pas sûr. En trois enjambées Daneelo lui bloqua la sortie, la retenant de ses paumes.
    - « Marysol, calme toi et nous allons trouver une …! » Elle ne lui donna pas le temps de continuer sa phrase. Rapide, sans sommation la gifle claqua sur le visage de Daneelo. Surpris celui-ci recula se massant la tempe. Il se rappela qu’elle l’avait mis en garde contre son agressivité mais ayant ignoré les avertissements il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Cependant ce ne fut pas la douleur qui le fit réagir. Marysol s’était laissée choir, recroquevillée sur elle-même contre le battant de la porte protégeant du mieux qu’elle pouvait son ventre et sa tête comme s’il allait la frapper à son tour.
    Effrayée, pâle comme une morte elle tremblait de tous ses membres et Daneelo savait que ce n’était pas à cause de la température. Il s’empressa de la rejoindre et l’aida à se relever. La serrant tendrement entre ses bras il lui murmura de douces paroles à l‘oreille et couvrit son visage de délicats baisers. Le flot continue de ses mots réconfortants parvint enfin à l’apaiser.
    - « Ce n’est rien, ne t’en fait pas ! Ce n’est pas grave, mon petit soleil ! C’est tout simplement la fatigue de ces dernières semaines ! Je n‘aurais pas du insister ! Viens t’allonger cela te fera du bien ! Tu sais que je t’aime petite femme ! » Un pauvre sourire sur les lèvres elle se laissa aller contre lui, cessant d’avoir peur. Il lui ôta sa veste et l’aida à s’allonger sur le sofa. La jeune femme eut du mal à calmer son angoisse, elle sursautait aux bruits extérieurs, vérifiait sans arrêt si Daneelo était toujours prêt d‘elle dès que ses yeux se fermaient. Il finit par s’installer avec elle sur le canapé. Elle posa sa tête sur son épaule, passa un bras sous ses reins et l’autre en travers de son ventre, l’une de ses jambes coincée entre les cuisses de son protecteur. Paupières closes, lovée contre son corps comme dans un cocon, il ne lui fallut que quelques minutes pour s’assoupir. Au moindre de ses soupirs il la câlinait et dès le plus petit gémissement il caressait sa nuque. Serrée étroitement entre ses bras son sommeil se fit plus lourd et elle y entraina Daneelo qui n’osa pas bouger de peur de la réveiller.
    Quand Marysol rouvrit les yeux, l’obscurité régnait à l’extérieur. Un épais tapis blanc recouvrait le sol et la neige scintillait sous la lumière des réverbères. Elle se redressa d’un bond comme si on l’avait piqué avec une aiguille.
    - « Bon sang qu’elle heure est-il ? » Demanda-t-elle. Daneelo sursauta à moitié endormi.
    - « Il fait nuit on dirait ! » Insista-t-elle. Daneelo se leva posément et alla chercher sa montre près du lit.
    - « Il est dix neuf heures quinze ! » Annonça-t-il en attachant le bracelet à son poignet.
    La jeune femme s’était précipitée vers la fenêtre et son sifflement alerta Daneelo. Il la rejoignit et il ne pu s’empêcher de rire en constatant l’étendue de dégâts. La chute des flocons s’amenuisait mais le paysage était digne du pôle nord.
    - « Eh bien au lieu de prendre mon APN j’aurais du me munir d’une paire de skis ! » Plaisanta-t-il.
    - « C’est malin, comment allons-nous redescendre ? » L’inquiétude de Marysol se lisait sur son visage.
    - « J’ai réservé pour quatre nuits alors nous avons largement le temps pour que cela fonde ! » Il se fit rassurant et celle-ci parut soulagée. Après un bon repas chaud elle vit les choses autrement et pendant les trois jours suivants, elle s’autorisa à vivre en complète harmonie avec son compagnon. La neige avait fondu mais le ciel ne fut pas propice à la création d’un album pour son mémoire. Il se promit de revenir arpenter les remparts de la forteresse au printemps. Seulement Daneelo ne redescendit pas bredouille, il fit un superbe album, et il aurait même pu se contenter d’une seule photographie. Le cocon qu’ils se tissèrent les jours qui suivirent les rapprochèrent encore. Au point qu’au court de la dernière nuit, Marysol qui avait toujours beaucoup de peine à s’endormir, réveilla Daneelo en fanfare. Elle le pressa de s’habiller chaudement, allant jusqu’à l’aider à passer son pull et son blouson car il n’allait pas assez rapidement à son gout. Il n’y avait plus de neige mais le fond de l’air était glacial. Elle lui enjoignit, un sourire mystérieux aux lèvres, de prendre son APN et de la suivre. Ahuri il constata qu’à part des chaussons fourrées elle ne portait qu’une robe de chambre et tenait un châle vert pomme dans sa main droite.
    « Tu n’es pas nette toi ! » Il lui montra sa tempe de la pointe de son doigt. Marysol lui tira la langue et l’entraina dans le couloir.
    - « Vieeeeeens ! J’ai eu une idée ! » L’encouragea-t-elle.
    - « Ton génie créatif va faire des merveilles ! » Puis soudain elle parut inquiète :
    - « Il y a bien un flash sur ton appareil, hein ? » Daneelo haussa les épaules et soupira longuement.
    - « Merde Marysol, il est presque deux heures du matin et demain…! »
    - « Chuuuut, tu vas aimer je te le promets ! » Le silence régnait et les veilleuses trouaient faiblement l’obscurité du couloir. Il se rendit compte qu’elle ne devait pas en être à son coup d’essai car elle se dirigeait avec aisance dans les corridors et les conduisit à l’extérieur sans encombre. Le froid le saisit et il eut du mal à respirer l’espace d’un instant. Marysol paraissait à l’aise et nullement gênée par la température.
    - « Vérifie que nous sommes bien seuls et prépare toi à vivre un grand moment ! » Recommanda-t-elle puis elle se délesta de la robe de chambre et des chaussons mais garda le châle dans sa main.
    - « Ça, c’est pour la couleur ! » Assura-t-elle joyeusement.
    Pieds nus, sa nudité révélée, elle avança bravement dans la neige boueuse et escalada le muret près de l’olivier puis jouant avec le châle elle commença à balancer langoureusement son corps. Le temps de la surprise passé, presque avec automatisme, Daneelo commença à immortaliser la jeune femme qui se faisait tantôt boudeuse, coquine, souriante, aguichante et sensuelle sous son objectif. Il en oublia le froid et la guida dans ses poses. La peau de la jeune femme rayonnait sous la lumière des réverbères et ayant ajusté parfaitement son appareil aux contrastes Daneelo faisait des merveilles. Pour finir, d’une savante contorsion Marysol récupéra son châle et offrit à Daneelo LE cliché. Se tenant de profil, une jambe genou plié et l’autre écartée comme une danseuse étoile, bras levés elle faisait flotter le lainage au dessus de sa tête. Les cheveux blonds de la jeune femme virevoltaient au rythme des rafales de la bise et dissimulaient partiellement son visage. Ses seins, dont les pointes s’érigeaient à cause du froid, se dressaient fièrement sur son buste. Ses fesses rondes et souples se découpaient dans la lumière tamisée des halos blancs de l‘éclairage public. Presque irréelle elle ondoyait tel un fantôme et les photographies qu‘en tira Daneelo furent fabuleuses. Vaincue par la température, Marysol abandonna sa pose et se précipita à l’intérieur. Bouleversé par cette séance Daneelo s’empara des vêtements abandonnés par son espiègle compagne et suivit celle-ci. Heureuse, le corps bleuit par la morsure du gel, Marysol se jeta sous le jet brulant de la douche pour se réchauffer. Lorsqu’elle en sortit elle trouva Daneelo assis sur le sofa, celui-ci feuilletait l’album numérique de son appareil. Elle se saisit de l’appareil et appuya sur off puis elle le reposa sur la table basse. La serviette qui la recouvrait glissa au sol et la friponne se jeta dans les bras de Daneelo.
    - « Rien de tel pour se réchauffer non ? » Susurra-t-elle en l’embrassant. Ce n’est pas lui qui allait prétendre le contraire. Par son jeu coquin Marysol avait allumé un incendie et le brasier n’était pas encore éteint. Le trajet de retour fut entrecoupé d’arrêts câlins, de pauses bisous et de haltes récréatives. Ils arrivèrent à la villa aux volets lavande en fin de journée.
    À peine la porte close Marysol se rapprocha de Daneelo, les yeux rivés aux siens et sa bouche à portée de ses lèvres, vint goûter les siennes. Il la saisit par les hanches et l’attira à lui plaquant ses mains sur ses fesses. Il savourait sa langue accrochée à la sienne et se délectait des ondoiements sensuels de son corps contre le sien.
    De ses mains conquérantes Marysol partit à la découverte du corps de son amant. Elle insinua ses doigts sous son pull, déboutonna sa chemise et les infiltra sous son t-shirt, elle frissonna en atteignant sa peau lisse et tiède. Ses baisers l’excitaient intensément et lorsqu’elle se mit à flatter son sexe à travers le tissu de son jean, il l’invita à le lui ôter. Ils en oublièrent qu’ils se tenaient debout au milieu du vestibule. Dégrafant son pantalon, elle s’accroupit lentement devant lui en le faisant coulisser ainsi que son caleçon le long de ses jambes. Celui-ci posa tendrement ses mains sur ses épaules et guida sa tête près de son sexe pas encore tout à fait bandé. Elle posa une main câline sur sa fesse et de l’autre elle se mit à flatter le superbe organe qui commença à grandir sous les effleurements conjugués de ses doigts et de sa langue qui en parcourait lentement la chair gonflée. Non sans lui avoir lancé un regard coquin elle se mit à sucer la friandise violette qu’était le gland humide de Daneelo qui geignait doucement sous le traitement exquis qu’elle lui faisait subir. Sa respiration accélérée donnait à penser qu’il appréciait au plus haut point ces agréables préliminaires. Marysol alternait les mouvements de sa langue et de sa bouche, tantôt avec fougue, tantôt avec délicatesse. Les soubresauts qui le secouèrent lui firent proposer une trêve, il était trop tôt pour libérer entièrement sa sève qui poissait déjà délicatement les lèvres et les doigts de Marysol. Celle-ci se releva lentement, posant sa bouche sur celle de Daneelo, mêlant sa langue à la sienne, se faisant plus gourmande. Il avait posé une main sur ses fesses et l’autre entre ses cuisses, lui rendant ses baisers mêlés de salive et de leur désir grandissant. Un long gémissement jaillit de ses lèvres entrouvertes et leurs corps ondulaient à l’unisson. Ils tremblaient sous les assauts de ce doux plaisir partagé et ils voulaient tous deux le faire durer. Pour augmenter celui de son amant, Marysol se fit cochonne. Elle reprit le sexe de Daneelo entre ses doigts et exerça de petites pressions en l’y faisant coulisser lentement. Daneelo rugit comme un fauve lorsque de ses doigts trempés par sa première jouissance Marysol badigeonna sa tige dressée et forte comme l’airain. Dans son regard se lisait la délectation avec laquelle elle se livrait à ce jeu polisson, s’amusant à oindre entièrement son sexe de cette liqueur poisseuse. Comme un sculpteur qui travaille la glaise elle manipulait son membre et ses accessoires avec la dextérité d’une artiste hors paire. Brulant comme la braise. Daneelo reprit ses baisers langoureux à souhaits, il dévorait les lèvres de sa belle en alternant sensualité et voracité. Avec finesse, d’un doigt léger il parcourait lentement les contreforts doux et chauds de la petite falaise qu’elle offrait impudique à ses caresses en écartant les jambes. Il suivait délicatement le tracé de l’accueillante fente rose, effleurant le doux relief de ses crêtes et vallées intimes. Les soupirs de Marysol s’accentuèrent pour se transformer en plaintes lorsque Daneelo plongea ses doigts dans le torrent en fusion qu’était maintenant sa féminité. Tous deux frissonnaient, haletaient et vibraient aux rythmes de leurs chatteries. L’envie les consuma si fort qu’ils eurent du mal à se calmer mais ils parvinrent à monter les escaliers sans s’y laisser tomber pour se jeter l’un sur l’autre. Une fois leurs vêtements éparpillés sur le sol, ils se glissèrent sous le jet chaud de la douche, se savonnant en de douces caresses puis ils reprirent la où ils en étaient resté quelques minutes plus tôt.
    Marysol fit mine de s’agenouiller pour continuer ses gâteries mais il refusa. Il la fit se retourner, jambes ouvertes et mains contre la paroi. Tremblant de désir et malgré l’envie qu’il avait de la pénétrer il se mit à lui masser vigoureusement le sexe de son membre raidi par l’excitation. Il caressa son ventre d’une main délicate et la fit cambrer ses fesses les ajustant étroitement à son bassin. Doucement il les écarta et la pénétra de son pouce enduit de mousse au chèvrefeuille. Lentement il prit possession de son étroit fourreau et malgré le désir qui exacerbait tous ses sens il fit aller et venir son doigt entre ses chairs moites, limant de ses autres doigts le sexe lisse de Marysol, la préparant ainsi à de divines sensations. Tendrement de son autre main il tourna son visage vers lui et il se mit à l’embrasser avec passion, presque goulûment puis ses baisers se firent de plus en plus osés. Leurs plaintes raisonnaient à l’unisson, chant d’amour parfait, dans l’étroit réduit. Vaincue par l’excitation Marysol était prête à jouir, mais Daneelo coupa l’eau et l’entraîna hors de la douche. Après de torrides baisers, il positionna sa partenaire face au lavabo et Marysol sentit son sexe raide se faufiler lentement dans les soieries intimes de son fessier. Dans le miroir elle contemplait le visage tendu de son amant qui grognait de plaisir à chaque centimètre gagné dans l’étroit passage qu’il forçait maintenant de douces pression. Détendue la jeune femme resta immobile, proche de l’orgasme qu’elle souhaitait dès les premières caresses. En s’y accrochant, les doigts de Daneelo griffèrent tendrement les hanches de Marysol, il débuta ses va-et- viens tout en douceur pour enfin accélérer ses coups de reins avec rudesse. S’interrompant et reprenant ses coups de reins, Daneelo imposa son rythme à la chevauchée dont la cadence de plus en plus rapide les conduisit à la jouissance suprême. Le corps tendu comme les cordes d’un violon Marysol hurla de plaisir. Elle se détendit en savourant le flot tiède de la liqueur crémeuse qui ruissela entre ses cuisses fuselées. Le temps de récupérer son souffle Daneelo la tint serrée contre lui puis il la retourna face à lui et l’embrassa avec tendresse.
    - « Tu n’es pas un rêve petite princesse ? » Questionna-t- il très sérieusement en la regardant droit dans les yeux. Marysol ne se détourna pas de son regard mais elle resta muette. Elle se lova étroitement contre lui, enserrant sa taille de ses bras, la tête nichée contre son épaule. Paupières closes, comme pour dissimuler ce qu‘elle savait être un pieu mensonge, elle chuchota :
    - « Je resterai avec toi pour y faire un petit bout de chemin, c’est promis ! » Soulagé et satisfait, croyant avoir entendu ce qu’il désirait le plus au monde, il l’embrassa avant de se diriger sous la douche en sifflotant. Marysol essuya les larmes qu’elle avait réussi à lui cacher, avant de l’y rejoindre….Mylhenn...


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  • … Dès l’instant ou elle s’était entendue dire :
    - « Oui je viens, c’est décidé ! », elle sut que la bêtise était faite.
    Mya est impulsive et déterminée à la fois. Lorsqu’elle prend une décision elle s’y tient. Deux ans d’un bonheur sans nuages puis elle craque. La routine des jours qui passent, monotones, répétitifs, a raison de sa patience et comme toujours elle fuit sans explications. Comme un petit animal sauvage, personne ne peut la retenir. Parfois elle se terre des mois dans sa solitude avant de trouver celui qui tente un bout de chemin avec elle. Même quand elle l’a trouvé, elle a besoin d’un jardin secret où se refugier pour soulager la peine enfouie qui la ronge depuis des années.
    Alors de nouveau bien installée dans sa vie elle a ce besoin permanent d’être entourée, choyée, adulée et désirée. Elle se créer un cercle virtuel d’amis et dans une confiance toute relative s’adonne à un jeu de séduction qu’elle entretient savamment. Au cours de ses pérégrinations sur le net, concédées par un compagnon plus que complaisant, elle fait de belles rencontres. D’instinct elle sait ceux qu’elle doit éliminer et ceux qui seront là pour l’occuper un temps jusqu’à ce qu’elle disparaisse à nouveau. Parmi ces contacts, elle découvre celui qui sort du lot. Celui, qui comme elle a un besoin viscéral de croquer la vie à pleines dents, d’oublier la contrainte éprouvante des jours qui défilent inexorablement, celui qui a la faculté de la projeter dans ce qui pourrait être un havre de paix où enfin elle pourrait se fixer. Secrète et discrète, Mya aime écouter et aider ses amis, sans rien demander en échange. Depuis sa rencontre virtuel avec Dannick, elle le cajole, le console et lui apporte un soutien inconditionnel, allant jusqu’à le conseiller dans ses choix alors qu’elle à presque vingt ans de moins que lui. Petit à petit elle se dévoile et ils partagent une bulle qui devient de plus en plus étroite, presque un cocon où ils se laissent aller à des confidences si intimes que parfois elle doute que ce ne soit qu’une simple amitié de la part de Dannick.
    Au rythme de leurs connections il lui fait découvrir des lieux enchanteurs qu’il souhaiterai lui montrer, marchant à ses côtés. Lassée de lutter contre les envies à peines voilées de Dannick, ou tentée réellement par le fruit défendu dont elle se sait assez forte pour le refuser, elle accepta un beau jour de Juillet de le retrouver pour une balade dans un coin idyllique et isolé où rien ne les empêche de partir à la découverte du paysage hors des sentiers battus.
    Une rivière aux eaux bleues-vertes et claires comme de l’eau de roche, parsemée de cascades, de trous d’eau et de rochers créant de minuscules îles naturelles et blanches comme la craie ravit les yeux de Mya. Ces kilomètres de marche matinale qui les emportent au plus profond d’un vallon enchanteur, les poussent à enfin goûter un repos bien mérité. Nichés au creux d’une petite crique abandonnée des randonneurs, ils s’édifièrent une autre bulle en ces lieux ensorcelants. Le soleil dardant ses rayons brûlants, les força tous deux à s’abriter sous la frondaison fraîche, proche de la rivière. Il sortit trois bouteilles d’eau de son sac et les posa directement dans la rivière froide. La quatrième fut engloutie en quelques gorgées rapides par Mya et Dannick. Dannick ayant porté seul le gros sac à dos pendant toute la randonnée et eu égard à cette gentille attention, Mya proposa innocemment de lui masser les épaules. Elle ignora le regard qu’il lui lança et lorsqu’il fut torse nu, elle s’appliqua à assouplir ses muscles tendus. Ses mains fines lui dispensaient de légers attouchements qui tenaient plus de la caresse que d’un réel massage. Mais Dannick appréciait le contact des mains de Mya sur sa peau et surtout celui de ses jambes galbées et douces plaquées contre son dos. Il n’avait nul besoin de ce traitement de faveur, mais il laissait venir à lui l’oiseau blessé. Après un bon quart d’heure de ce délicat traitement, il estima que sa douce kiné improvisée avait elle aussi droit à une récompense pour ne s’être pas plainte une seule fois de marcher sur des sentiers caillouteux, d’avoir traversé des ronciers épineux, escaladé des à pics impressionnants et traversé la rivière glacée avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses. Mya, la fille des villes, enivrée par toutes les informations distillées en rafales sur tout ce que Dannick lui faisait découvrir, fatiguée par cette longue marche et épuisée par la chaleur, déclarait enfin forfait. Elle se laissa tomber de tout son long sur l’herbe douce qui recouvrait l’orée de la forêt. Bras et jambes écartés elle offrait ainsi sa fatigue à l’éternel.
    Dannick s’accroupit près d’elle, lui ôta ses chaussures, libéra ses extrémités de ses épaisses chaussettes et se mit à lui masser la plante des pieds.
    Autant dire que lui faisait cela en véritable pro. Elle se détendit et elle en ressenti un bien fou. Elle ne pensait qu’à une chose depuis qu’ils s’étaient arrêtés, se jeter dans l’eau fraîche et se couler sous la petite cascade qui frémissait à quelques mètres de leur havre. Sous les yeux ébahis de Dannick, elle céda à l’impulsion du moment. Beaucoup plus par défi que par envie de l’aguicher, elle ôta son petit haut à bretelles, sa brassière de sport et son short.
    Presque nue, elle se préparait à s‘immerger dans l‘eau lorsqu‘il lui fit remarquer qu’elle aurait des marques disgracieuses à cause du soleil si elle gardait le minuscule tanga qui lui ceignait les reins. Cela dit, le petit bout de dentelles vert pastel mettait beaucoup plus en valeur la rondeur de ses fesses, qu’il ne la cachait. Indécise elle hésita puis à son tour sa petite culotte rejoignit le petit tas de ses vêtements. Elle plongea dans l’eau fraîche en riant. Dannick la regardait s’ébattre telle une sirène, ses cheveux collés dans son dos et le reflet brillant des gouttes qui ruisselaient sur sa peau à chaque fois qu’elle réapparaissait sur le courant. Elle atteignit l’une des grosses pierres qui jalonnaient le long de la rivière et elle y accosta. Elle s’allongea à plat ventre sur le gros caillou blanc déjà réchauffé par les rayons de l’astre lumineux. Alors seulement elle lui fit signe de la rejoindre d’un signe de la main. Un sourire mutin illuminait son visage. Le souffle coupé, il hésita à se lancer dans l’aventure. Il avait besoin d’un peu de natation pour se remettre de cette vision proche du paradis qu’il lui avait été donné de contempler. A son tour il se mit en tenue d’Adam et il était bien content que la jolie Mya soit assez loin de lui pour ne pas voir l’effet qu’avait produit sa prestation.
    Après de longues brasses vigoureuses, Dannick s’approcha du rocher ou était perchée Mya, qui se laissa alors glisser dans l’onde tumultueuse et glacée. Elle alla se fondre sous la cascade. Se cachant et réapparaissant entre les filets d’eau qui éclaboussaient sa peau rougit par la force du courant.
    Il décida de piquer la naïade à son propre jeu et à son tour il s’insinua sous le rebord caillouteux du bassin. Il attrapa la jolie sirène par la taille, celle-ci faisant semblant de vouloir lui échapper. Pour la retenir il du la serrer plus fort, oubliant leur tenue plus que sommaire. Il la sentit se raidir contre lui, il la lâcha aussitôt. D’un regard elle lui pardonna, nul besoin de paroles.
    Ils regagnèrent la berge ensemble. Dannick enfila son caleçon et Mya attrapa le T-shirt de Dannick qu’elle revêtit prestement. Epuisés par la marche et la baignade, ils allèrent se reposer sous les frondaisons à l’abri des regards d’éventuels amateurs de nature. Allongés non loin de la crique, Mya et Dannyck oublièrent tout ce qui était alentours. Côte à côte, les yeux fermés, ils profitaient du grondement de l’eau qui les apaisait. Il s’était presque endormi lorsqu’il sentit la tête de la jeune femme se poser sur son torse. D’un sourire charmeur elle lui avoua qu’elle avait besoin d’un oreiller. Dannick ne se fit pas prier et la laissa s’installer à son aise. Elle cala sa nuque sur son épaule, son flanc abouté contre celui de Dannick. Il posa son bras le long du corps de Mya afin de lui faire un berceau protecteur. Il la sentit s’abandonner totalement contre lui, et son souffle léger lui confirma qu’elle s’était rapidement endormie.
    Détendue dans son sommeil, Mya avait placé l’une de ses jambes sur les siennes. Il ferma les yeux à son tour, se laissant aller à de douces pensées. Malgré lui il laissa courir les doigts de sa main libre sur la cuisse nue de Mya. Installée comme elle l’était, il sentait sa douce toison contre sa hanche. Elle frissonna sous ses doigts qu’il faisait le plus légers possible et les soupirs de bien être qui s’échappèrent des lèvres de la jeune femme le firent sourire. Il se risqua à remonter sa main le long de sa hanche, puis de sa taille par-dessous le T-shirt, et c’est tout naturellement qu’il frôla ses seins. Il en effleura délicatement la pointe ce qui incita Mya à changer de position. Elle posa son bras sur le torse de Dannick, se lovant encore plus contre lui. Le court vêtement qui la recouvrait ne servait plus à grand-chose car en bougeant elle avait relevé le tissu haut sur sa taille, découvrant ses fesses et bien plus encore. Dannick fut incapable de résister, il se décala légèrement, tout en gardant son bras sous la nuque de Mya, puis il se pencha sur elle et embrassa les lèvres de la belle endormie qui contre toute attente lui rendit son baiser. Eveillée sans l’être elle répondait maintenant fougueusement à ses baisers et à ses caresses, glissant ses bras autour du cou de Dannick, elle s’insinua sous lui, recherchant le contact de sa peau. Elle ne réagit pas lorsqu’il lui retira le t-shirt qu’elle lui avait emprunté et encore moins lorsqu’il se débarrassa de son caleçon. Elle se pressait contre lui en gémissant, le réclamant avec toute la fougue de sa jeunesse. Il se plaça tendrement entre ses jambes, ses genoux bloquant les cuisses de Mya, il faisait rouler sous son pouce son petit bouton d’amour tandis que la jeune femme folle de désir ondulait du bassin sous ses caresses. Dressé et dur comme un pieu son membre le brûlait et il décida qu’il était temps de faire cesser leur souffrance à tous deux.
    Ecartelée et docile, elle sentit coulisser le membre gonflé de son amant contre le fourreau lubrifié, doux comme du velours et si chaud qu’était maintenant son puits d’amour aux lèvres entrouvertes et luisantes. Elle se figea, quand il pénétra sa petite grotte détrempée. Il l‘a rassura par de petits baisers posés délicatement sur ses paupières qu‘elle gardait obstinément closes. Lorsqu’en elle, il commença ses lents va-et-vient et qu’elle s’entendit gémir comme une bête blessée, elle se mit à gigoter et à se tordre énergiquement sous lui, cherchant à lui échapper. Désespérée, car empalée comme elle était, elle ne pouvait se dérober. Il s’arrêta net, mais ne la lâcha pas pour autant. Il avait compris ce qui lui arrivait.
    La jeune femme tenta vainement encore une fois de le repousser mais sans grande conviction. Un dernier sursaut de lucidité l’empêchait de se conduire aussi mal envers son compagnon qui lui faisait tellement confiance. Elle, qui abhorrait le mensonge, ressentait ce qu’elle était en train de faire comme une véritable trahison envers celui qu’elle aimait. Pourtant Mya oublia son dilemme dès l’instant ou Dannick recommença à bouger en elle, de nouveau excitée elle se laissa guider par ses sens.
    Plus tard alors qu’il la tenait serré dans ses bras, il vit que de grosses larmes roulaient sur les joues de Mya et il comprit que si elle lui avait offert son corps, son cœur était lui ailleurs, destiné à quelqu’un d‘autre. Avec ses lèvres, tendrement, presque religieusement il fit disparaître ces diamants salés, symbole d’un sacrifice, celui de l’intégrité de la douce Mya...Mylhenn...

     

     

     

     


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    … Dannick avait du s’assoupir quelques instants, car lorsqu’il rouvrit les yeux, sa nymphe n’était plus à ses côtés. Il se demanda pendant un moment s’il n’avait pas rêvé ces tendres instants. Son regard se porta alors sur les vêtements de Mya toujours là où elle les avait posés, sauf son tanga. Pas rassuré du tout, car elle ne connaissait pas assez les lieux et pouvait se blesser ou se perdre. Il y avait tellement de dangers dont Mya ignorait l’existence qu’il passa hâtivement son jean et ne perdit pas de temps à chercher son t-shirt, il savait où le trouver. Ses chaussures de marche à peine ajustées, il se lança à sa recherche, remontant le long de la rive en amont, là où lui serait allé se réfugier pour réfléchir.
    Soulagé, il la découvrit perchée sur une énorme branche, juste au dessus de la cascade. Elle regardait au loin et ne l’entendit pas arriver. Il hésita à l’appeler, de peur de l’effrayer et de la faire chuter. Il regretta de n’avoir pas pris son appareil photo tant la vision qu’elle offrait méritait d’être immortalisée. Assise à califourchon elle avait glissé ses talons sous ses fesses afin de se faire une assise sûre, ses mains posées à plat sur le bois rugueux pour garder l’équilibre elle se penchait légèrement en avant pour apercevoir quelque chose dans l‘eau bouillonnante. Nulle appréhension dans son regard non plus. Ses longs cheveux blonds tombaient en boucles dans son dos, agités de temps en temps par la légère brise que distillait la cascade. Vêtue du t-shirt blanc de Dannick, elle ressemblait à un petit fantôme au milieu du feuillage.
    Il ne bougeait plus, la regardant tel un fan voyant son idole de près, les yeux rivés sur elle et un sourire vissé sur les lèvres. Il ne savait comment faire pour attirer son attention sans lui faire perdre l’équilibre. Ce fut elle qui le héla en l’apercevant, agile comme un cabri, elle se rétablit sur ses jambes et escalada deux branches pour redescendre le long du tronc et venir à sa rencontre. Elle avait l’air si fragile qu’il se traita silencieusement d’inconscient de lui avoir fait faire tout ce chemin pour l’amené dans son paradis, cependant elle ne paraissait pas fatiguée outre mesure puisqu’elle grimpait aux arbres. Mya le prit par la main et l’entraina vers leur campement de fortune, l’obligeant presque à courir. Elle avait soif et elle vida pratiquement la bouteille qui trempait depuis leur arrivée dans l’eau fraîche de la rivière. Il réussit à lui faire avaler une pomme et une barre de céréales, mais en se fâchant tout de même un peu. Pendant que Dannick se restaurait elle alla au bord de la rivière, prête à tenter une nouvelle baignade. Toutefois lorsqu’elle trempa son pied dans l’eau elle l’a trouva plus froide qu’à leur arrivée, elle hésita puis renonça. Elle revint auprès de Dannick, grappillant au passage une tomate qu’elle entama puis reposa. Elle ne tenait pas en place, débordante d’énergie et à la limite nerveuse. Il l’attrapa alors par un poignet et la força à se poser près de lui. Alors, de sa voix si douce, il se mit à lui parler de son paradis. Elle l’écoutait, apaisée par ses mots et le son de sa voix, buvant ses paroles. Ses yeux rivés à ceux de Dannick, Mya vivait la passion de Dannick pour ses lieux. Il aurait pu continuer pendant des heures à lui en parler sans qu’elle ne se lasse. Les yeux brillants de la jeune femme qui le fixait lui firent prendre conscience qu’il avait peut être quelque chose de plus intéressant à lui proposer pour l’instant. Il ne voulu pas la brusquer, l’attirant doucement contre lui, il l’embrassa langoureusement, lui mordillant les lèvres, lui posant de petits baisers dans le cou, aspirant l’un après l’autre les lobes de ses oreilles, les titillant de sa langue, et revenant déposer ses lèvres sur celles, chaudes et humides de Mya.
    Elle se laissa faire sans bouger mais appréciant fortement ce traitement. Il ne put résister, lui ôtant son t-shirt, il se mit à lécher la pointe de ses seins déjà bien dressée, et ses mains se glissèrent sous ses fesses l’attirant sur lui. A genoux, Mya avait les cuisses de Dannick entre ses jambes, elle en profita pour lui déboutonner son pantalon et extirper le fier membre du caleçon qui le comprimait. Dannick fit glisser la petite culotte de Mya le long de ses cuisses puis souleva ses genoux l’un après l’autre et lui retira avec délicatesse le petit bout de tissu devenu gênant. Ce fut elle qui se remit à l’embrasser avec passion. Elle sentit alors l’une des mains de Dannick qui se faufilait vers son petit jardin, pendant que l’autre caressait ses fesses rondes et fermes. Dannick jouait avec son petit bouton gonflé et gorgé de miel. Cette fois-ci elle n’eut pas d’état d’âme, elle le laissa mettre l’un de ses doigts en elle et l’agiter doucement. Gigotant comme un poisson hors de l’eau et trempée elle se dégagea de son doigt et haletante elle se posa sur le gland lisse et chaud de son amant et elle se laissa glisser. Un genou à terre et l’autre jambe posée entre celles de Dannick Mya devint un vrai petit fauve, conduisant la danse qui les mena au sommet. Essoufflés mais comblés, ils se laissèrent tomber l’un sur l’autre sur les herbes fines de la berge. Dix minutes plus tard ils étaient dans la rivière nageant et riant comme des gosses, heureux et sans contraintes. Mya savait maintenant qu’il y aurait pleins d’autre fois aussi bonnes, beaucoup d’aller-retour dans le t.e.r poussif qui la conduirait vers cette bulle qu’ils s’étaient créés. Ma.Sonia...
    Il faisait nuit noire lorsqu’ils arrivèrent au gîte où les attendait chacun une chambre. Pour une fois Mya mangea un peu et après une longue douche chaude prise ensemble, ils s’affalèrent comme des masses sur le lit, et blottis l’un contre l’autre ils s’endormirent tels des loirs. De l’autre côté du couloir, la chambre de Mya resta inoccupée.
    Comme à son habitude la jeune femme se réveilla très tôt dans la nuit. Pour ne pas troubler le repos de Dannick elle se leva et alla s’accouder au rebord de la fenêtre grande ouverte. L’obscurité prodiguait avec parcimonie un peu de fraîcheur dont elle profitait agréablement. Elle sursauta lorsque Dannick s’approcha d’elle et qu’il posa ses mains sur ses épaules. L’attirant contre lui, la soudant à son corps, il lui embrassa tendrement la nuque, et grignota le lobe de ses oreilles.
    Mya se tourna vers lui et ils s’embrassèrent longuement, là, debout dans le noir. Elle laissa glisser ses doigts sur son torse, faisant ensuite courir ses mains dans le dos de Dannick, insinuant l’une de ses jambes entre celles de son amant. A mesure que leurs baisers se faisaient plus langoureux, la respiration de Mya s’accéléra. Dannick partit à la découverte de ce corps qu‘elle semblait ne plus vouloir ériger en temple dédié à un seul croyant. Caressant ses seins aux bouts dressés et durs, les pinçant légèrement, effleurant son ventre du bout des doigts il descendit plus bas, ignorant sa toison. Il accentua sa caresse sur ses fesses, puis il parcourut ses cuisses pour remonter finalement vers son puits d’amour. Elle écarta un peu ses jambes pour qu’il puisse atteindre sa fente déjà toute humide. Il la pénétra d’un doigt, jouant avec son petit bouton, la faisant gémir. De son coté Mya posa l’une de ses mains sur le ventre de Dannick, puis descendit doucement vers son sexe déjà partant pour la ronde des délices qu’elle lui offrait. Elle le fit coulisser délicatement entre deux de ses doigts, remontant et descendant en accélérant son mouvement.
    Lorsqu’elle le sentit se cabrer, elle le lâcha et elle remonta haut sa cuisse sur la hanche de Dannick, et s’accrochant à son cou, elle s’empala sur son membre raide. Elle se mit à bouger tout doucement, roulant des hanches et plaquant son corps le plus possible contre celui de Dannick qui peinait à garder leur équilibre. Il passa ses mains sous ses fesses et la souleva pour l’emporter vers le lit où ils se laissèrent tomber encore unis.
    Il resta un moment planté en elle sans bouger puis lentement il amorça un lent va et vient, la faisant gémir. Il accéléra le rythme, son corps claquant contre celui de Mya qui criait sans retenue maintenant. Lorsqu’il sentit la jouissance proche, il se retira de son puits d’amour, la faisant basculer sur lui. Assise, les genoux repliés sous elle, Mya se laissa pénétrer en caressant son petit bouton gonflé contre le membre dressé de Dannick. Elle le chevaucha alors, telle une amazone, fière et sauvage, jouant de ses hanches de plus en plus vite pendant qu’il lui donnait de violents coups de reins. L’orgasme violent qui les secoua fut doux et puissant à la fois. Harassé par le plaisir et l’effort, il resta en elle quelques minutes, le temps de reprendre sa respiration. Elle se lova tendrement contre lui et s’endormit.
    Dans sa tête tout était très clair. Ses sentiments venaient de lui faire adopter un principe simple : on ne souffre pas de ce que l’on ignore...Mylhenn...


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