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       … Ysanne est une jeune femme d’une beauté somme toute assez classique. Blonde au visage angélique, une silhouette attirante et de très longues jambes. Infirmière dans le centre hospitalier d’une immense métropole, chaque fois qu’elle le peut, en fin de semaine, Ysanne prend le train pour se rendre en week-end dans sa famille. Durant cinq heures elle s’ennuie ferme lorsqu’elle oublie de prendre un livre. Contempler les lumières fugitives dans la nuit naissante n’est pas une distraction épanouissante. Heureusement, cette fois-ci elle aurait les quelques trois cent quatre-vingt pages de La Captive Des Dinrats pour la distraire. Pour couronner le tout, ce soir-là les wagons du train sont aménagés à l’ancienne, à savoir un couloir étroit et des compartiments fermés. Pour atteindre sa voiture, un lourd bagage à la main, elle doit se frayer un passage au coude à coude avec les nombreux passagers d’un départ de fin de semaine. Durant la dernière heure du trajet il n’y aurait pratiquement plus personne et elle pourrait détendre ses jambes sur le siège qui lui faisait face. Pour l’instant, trouver une place tient du parcours du combattant. Les gens s’écartent à peine lorsqu’elle se faufile. Surtout ces messieurs, trop contents de sentir le bref contact de sa poitrine gonflée sur leur buste ou de ses hanches contre leur ventre. Il est impossible à la jeune femme d’éviter les attouchements ou les frôlements fugaces.
    Elle finit par rejoindre le compartiment première classe qui correspondait à son billet. Avec un soupir de soulagement elle plaça son bagage dans la panière et elle se laissa tomber sur la banquette, près de la fenêtre. Le sourire innocent qu’elle arborait dissimulait les pensées coquines qui lui venaient à l’esprit. La caresse fugitive d’un bel homme, sur son épaule, l’avait troublé. Son malaise empira quand elle le vit s’installer en face d’elle. Les dernières places libres du compartiment furent occupées par un couple accompagné de leurs deux enfants. Quelques banalités d’usage furent échangées en attendant le départ du train puis chacun retourna à ses pensées. Les gamins se tenaient tranquilles, les yeux rivés à leur bande dessinée. Ysanne n’osait regarder ouvertement son vis-à-vis. La petite trentaine, le teint légèrement hâlé et des yeux d’un bleu azuréen, celui-ci ne se privait pas de la détailler minutieusement. Il semblait apprécier la finesse de ses jambes dévoilées par la jupe courte qu’elle avait passée et les rondeurs de ses seins déformant de manière prometteuse son chemisier au décolleté plongeant. Ysanne se sentait à la fois gênée et flattée par les regards insistants de l’homme.
    Elle se pencha au-dessus de son sac à mains fourre-tout placé entre ses pieds pour récupérer son livre. Aussitôt le regard de son admirateur changea de cap. Il se porta sur l’ouverture du tissu provoquée par la tension du geste. La naissance de sa poitrine était ainsi largement dévoilée aux yeux curieux de l’inconnu.
    Ysanne l’ignora. Elle parcourut distraitement quelques lignes de l’ouvrage qu’elle tenait dans ses mains, puis malgré elle, son attention se reporta sur l’homme qui maintenant jaugeait ses jambes avec une certaine complaisance. Elle se mit à les croiser et décroiser nerveusement. Ce faisant, à cause de la promiscuité des banquettes, leurs genoux se frôlaient parfois et leurs pieds dansaient le ballet du qui trouvera la bonne place le premier. Profitant de légers soubresauts du train à un passage à niveau, l’homme glissa carrément ses pieds entre ceux d’Ysanne. Le compas des cuisses de la jeune femme s’ouvrit subtilement. Rougissant, celle-ci jeta un coup d’œil aux autres passagers qui n‘avaient rien remarqué. Soudain d’humeur coquine, elle se piqua à ce jeu de la séduction. Elle disjoignit légèrement ses jambes, laissant apparaître ses cuisses fuselées jusqu’au triangle de dentelles de son string. Surpris par son exhibition sensuelle, son voisin d’en face déglutit avec difficulté. Elle arbora un sourire triomphant et elle se replongea innocemment dans sa lecture. Mais à présent, Ysanne ne pouvait ignorer la morsure brûlante du regard de l’inconnu sur sa personne. Elle en retirait même un certain plaisir.
    Les veilleuses automatiques du compartiment devaient être HS car profitant de l’obscurité prolongée d’un tunnel, l’homme caressa la peau douce de sa cuisse de ses doigts délicats. Surprise, elle resserra promptement les jambes. Il retira sa main juste avant la fin du tunnel.
    Rouge comme une pivoine, Ysanne fixait l’homme. Son regard exprimait la contrariété, mais en son for intérieur elle frissonnait en songeant aux possibilités qui s’offraient à elle avant la fin du voyage.
    Au second tunnel, encore plus long, il laissa sa main glisser sous la jupe, si loin que la frontière de la bienséance fut franchie. Rendus fous de joie par l’obscurité soudaine, les gamins piaillaient dans le noir. Ysanne, elle, parvenait de justesse à se retenir de piauler, émoustillée par le désir qui montait en elle. Depuis le départ du train, les parents des enfants rivés chacun à leur téléphone portable ne se rendaient compte de rien de ce qui se passait autour d’eux. Une correspondance les attendant à l’arrêt de la prochaine gare, les enfants et leurs parents se dirigèrent rapidement vers la sortie. Ysanne et son entreprenant compagnon se retrouvèrent seuls dans le compartiment. La jeune femme était consciente qu’elle se retrouvait à la merci de l’inconnu en restant avec lui. C’était comme si une force obscure l’y invitait. La lumière du jour baissait à vue d’œil et les veilleuses ayant déclaré forfait, il fut bientôt impossible à Ysanne de poursuivre sa lecture dans la semi obscurité ambiante. Elle rangea son ouvrage et s’adossa confortablement au dossier de la banquette. Elle s’obligea à garder les yeux fermés lorsqu’elle entendit son compagnon de voyage se lever. Il vint s’asseoir près d’elle. Elle frissonna à le sentir aussi près d’elle, mais aucune crainte ne l’habitait. Elle accepta naturellement cette proximité et elle ne vit aucun inconvénient à ce qu’il se fasse plus entreprenant. Les yeux toujours clos, elle le laissa tourmenter les rondeurs fermes de sa poitrine au travers de son chemisier. Il comprit qu’elle lui offrait complaisamment la poursuite d’un parcours agréable sur le reste de son anatomie. Ysanne dut se mordre les lèvres pour ne pas gémir lorsque la main de l’inconnu rampa vers le string déjà passablement mouillé qui couvrait sa toison blonde. Il la soumit à de délicieuses caresses qui la rendirent folle d’excitation. Elle ne se reconnaissait pas. Elle, qui d’habitude était si réservée, se livrait sans retenue à un homme qui lui était totalement étranger. Elle souhaitait plus que tout qu’il poursuive les attouchements pervers qu’’il lui faisait subir. Il lui fit rapidement atteindre le point de non-retour. Les yeux enfiévrés, pantelante, elle allait jouir lorsqu’ils entendirent se fermer la porte coulissante du compartiment voisin. Ils s’écartèrent promptement l’un de l’autre. Muni d’une lampe de poche, le contrôleur entra. Il vérifia la validité de leur billet puis, les voitures étant pratiquement désertes à cette partie du trajet, il leur proposa de s’installer dans un autre compartiment plus éclairé. Sans se concerter, Ysanne et son compagnon refusèrent l’offre d’une seule voix. L’obscurité les enveloppa à nouveau. En un rien de temps Ysanne se retrouva allongée sur la banquette, écrasée par le poids de l’inconnu. Ils s’embrassèrent avec avidité comme si leur vie en dépendait. Tantôt langoureux, tantôt bestial, leurs baisers dévoraient leur sens. Ni l’un ni l’autre n’avait de temps à perdre pour l’entrée en matière. Ysanne fut troussée comme une bergère en quelques instants. Fébrile, la jupe relevée haut sur les reins et le chemisier ouvert sur sa poitrine, elle luttait avec l’attache de la ceinture de celui qu’elle désirait comme amant. Impatient celui-ci la caressait avec passion. Dans sa précipitation, il déchira la dentelle de son soutien-gorge, mais elle n’y prêta aucune attention, trop occupée à la découverte des attributs virils de l’inconnu. Son intimité se liquéfia dès qu’il posa la main sur le haut de ses cuisses. Il appréciait la douceur soyeuse de sa peau nue sous ses lèvres et les seins d’Ysanne n’eurent bientôt plus de secrets pour sa langue. Avec force contorsions, il ôta le minuscule sous-vêtement qui le gênait pour une exploration minutieuse des lieux. Il pelota ses fesses avant de s’intéresser à la moiteur de ses replis. Ysanne gémissait de plus belle sous ses attentions sensuelles.
    Le train traversa un viaduc et la lumière puissante des projecteurs éclaira brutalement la scène torride de leurs ébats. Un brin de lucidité revint à Ysanne qui s’affola. Comment en était-elle arrivée là? Se donner ainsi à un parfait inconnu n’avait jamais été dans ses habitudes. Elle tenta de repousser son amant en l’implorant, honteuse de son comportement.
    - Non, s’il vous plaît, nous faisons une bêtise! gémit-elle en gigotant sans grande conviction afin de se libérer. Sans un mot l’homme reprit ses baisers langoureux et ses caresses. Vaincue par ses sens Ysanne s’abandonna totalement. La pénombre les enveloppa de nouveau, ce qui rendit la jeune femme doublement réceptive aux attouchements délicats que lui prodiguait l’homme. Il redescendit lentement le long de son corps, couvrant sa peau de baisers légers. Elle se retint de hurler lorsqu’il posa ses lèvres sur son intimité. Jamais elle n’avait expérimenté cette pratique et apparemment son amant d’un soir était très doué dans le genre. Elle crispait ses doigts aux coussins de la banquette et son bassin semblait doté d’une vie propre. Sa langue courtisait sa nymphe avec tellement d’application que tous ses nerfs vibraient littéralement. Il introduisit un doigt puis deux en elle, cela la rendit pratiquement hystérique. Et il ne lui fallut pas plus de deux ou trois pressions pour qu’ysanne jouisse intensément. Tétanisée, elle haletait sans pouvoir reprendre son souffle. Ishak, c’est ainsi qu’il se présenta plus tard à Ysanne, était ravi de sa prestation. Sa jolie partenaire était rayonnante. Rayonnante et reconnaissante. Lui faisant adopter une position plus confortable pour tous deux, elle se mit à le masturber tendrement puis elle se pencha en avant et ses lèvres s’emparèrent délicatement du gland luisant de sève doucereuse. De sa bouche chaude et humide elle flattait son épée de chair qui se développait de façon majestueuse. Entre palais et langue fureteuse, elle lui faisait découvrir mille gâteries qui l’assommait un peu plus à chaque va-et-vient. Ysanne se faisait plaisir tout en donnant des frissons à Ishak. Il vibrait au fond de sa gorge. Se laissant guider par son désir, elle eut un orgasme foudroyant, presque électrique. Inconsciemment elle accéléra le ballet de sa langue et à son tour, Ishak explosa puissamment, l’inondant d’un liquide chaud et pimenté qu’elle avala entièrement. Alors seulement ils se dévisagèrent. Au loin, se distinguaient déjà les lumières de la grande gare. Les panneaux publicitaires lumineux placés de loin en loin le long des rails éclairaient par intermittence le visage des deux amants. Le membre douloureux d’Ishak les ramena à la réalité. Ysanne entraîna Ishak dans sa chute, ils se moquaient que ce soit inconfortable. Elle pressa sa féminité exacerbée contre le sexe turgescent du bel inconnu dont elle ne savait que le prénom et elle s’y empala brutalement. Alors qu’il allait crocheter ses hanches pour la tenir fermement, elle attrapa ses poignets qu’elle maintint au sol. Elle lui interdisait tout contact. Le ballet sensuel de son ventre qui s’agitait avec régularité stimulait son érection et enflammait sa fougue. Il tentait de se mouvoir dans le creuset brûlant qu’était devenue les replis humides et soyeux de sa partenaire, mais celle-ci stoppa net ses mouvements. Taquine, elle abandonna les poignets de son prisonnier et sous ses yeux exaltés, elle se mit à jouer avec son clitoris. Il n’y tint plus. D’un coup de rein, il la propulsa sur la banquette et d’un même élan il la força rudement. Ysanne poussa un cri rauque et s’abandonna sans retenue ni honte aux assauts de son amant d’un soir. La tête renversée en arrière, les seins offerts à une bouche insatiable, les fesses prisonnières des paumes brutales d’Ishak, les jambes largement écartées elle avait tout d’une dépravée, mais elle n’en avait cure. Ses halètements se transformaient peu à peu en cris aigus, tandis qu’il accélérait et forcissait ses coups de reins. Elle se cambrait pour mieux le recevoir et se tenait à ses épaules qu’elle griffait sans s’en rendre compte. La violence de leur joute les fit tous deux hurler d’extase à son terme. Essoufflée, échevelée, hébétée, elle se rajusta hâtivement car l’annonce de la gare proche avait été faite depuis cinq minutes déjà. Ishak était sonné lui aussi, mais tout comme pour elle, son apparence était redevenue impeccable. Ils se rassirent côte à côte sans un mot. L’intensité de leur étreinte avait été si forte que le feu ardent s’était propagé jusqu’à leur âme. Ysanne fit semblant de dormir quand le contrôleur vint les avertir que le train entrait en gare. D’un clin d’œil complice, il laissa le soin de la réveiller à son compagnon de voyage. Les deux amants se levèrent d’un même élan, mais aucun des deux ne sembla vouloir s’éloigner.
    - Je voyage dans ce train chaque jeudi et vendredi belle inconnue, si le cœur vous en dit! Le regret de devoir la quitter perçait dans la voix d’Ishak lorsque celui-ci avait prononça ces quelques mots. Ysanne réalisa soudain qu’elle ne s’était pas présentée.
    - Je me nomme Ysanne, je n’ai pas de planning défini, mais je me souviendrai de cela lorsque je prendrai mon prochain ticket! Ainsi sa réponse se faisait promesse. Il la gratifia d’un magnifique sourire qu’elle lui rendit avant de sortir rapidement du compartiment.
    Cela fera cinq ans tout juste ce vendredi qu’Ysanne et Ishak ont convolé en justes noces…

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