• CouRTiSaNeS & LiBeRTiNeS ( VI )... CHaRLoTTe

     CHaRLoTTe

    ...Belle comme un cœur, Charlotte sait faire plaisir, aime faire plaisir.
    Mais à qui?
    Charlotte était née de père inconnu. Celui-ci s'était défilé dès que la petiote avait pointé le bout de son nez. Sa mère s'imaginait que c'était à cause de la
    couleur de leur chevelure. Toutes deux étaient d'un roux flamboyant et la petite était née avec déjà une épaisse toison frisée. La parure des sorcières. Les bigotes leur menèrent la vie dure à sa mère et à elle dans la petite bourgade de province où elles habitaient. Être une mère célibataire et rousse de surcroît, faisait de Marie-Alice une débauchée. Sa bâtarde insupportait les grenouilles de bénitier qui ne manquaient jamais une occasion de brimer verbalement la jeune femme. Celle-ci occupait un petit emploi d'empaqueteuse aux galeries-dépôts. Son patron lui avait même donné la permission de garder Charlotte à ses côtés.
    Un après-midi de printemps, elle rentra chez elle en pleurs. Ces dames avaient obligé Monsieur Millaud à la renvoyer, car il n'était pas correct d'avoir une telle
    personne parmi son personnel. L'homme était faible, il avait cédé aux horribles matrones.
    Une fois dans sa chambrette, Marie-Alice déposa Charlotte dans son parc avec un biberon. Elle passa sa plus belle robe et se coiffa comme pour le bal du Dimanche. Elle embrassa des dizaines de fois sa petite fille et disparut dans l'appentis d'où elle ne ressortit jamais.
    Charlotte, la fille de la pendue, fut confiée à l'orphelinat. Elle en ressortit l'année de ses seize ans pour devenir bonne dans une des grandes fermes de la région. Dans le seul foyer qu'elle eut jamais connu, on ne lui avait pas appris qu'il fallait se méfier des hommes. Malgré ses cris et sa résistance, la jupe troussée jusqu'au nombril, sa petite culotte déchirée, elle goûta aux délices de l'amour. Le grand Bernard lui montra son oiseau qu'il logea entre ses cuisses... plusieurs fois.
    Dès le lendemain, la petiote avait pris la poudre d'escampette.
    Après des semaines d'errance, elle fut recueillie par une jolie femme qui la prit à son service. Elle connut enfin sa part de bonheur.
    L'année de ses vingt-deux ans, Charlotte devint officiellement pensionnaire du "Aux fleurs du macadam". Délurée, la gamine, avait appris toutes les ficelles du métier grâce à sa protectrice. Les hommes étaient des porcs libidineux qui se vautraient dans la luxure et, à cause de ce que lui avait fait Bernard, elle leur ferait payer cher leur bestialité.
    Charlotte était très douée pour cela, et elle mettait du cœur à l'ouvrage. Seule à pratiquer ce que certains réclamaient pour bander et jouir, elle se faisait un
    plaisir de les satisfaire. Elle n'était pas avare de coups ni d'insultes, et ils en redemandaient toujours. Enfin la plupart...
    Comme toutes ses compagnes, elle avait des envies, et quand la chaleur de son ventre se faisait trop pressante, il lui arrivait de se caresser. Pourtant, elle préférait sentir d'autres mains que les siennes sur sa peau. N'y tenant plus, cette nuit-là, elle rejoignit le lit de ses amours.
    Roulée en boule, ensommeillée, elle tourne le dos au corps merveilleux qui se tient contre elle.
    Lascive sous les douces caresses qui ravivent peu à peu ses sens, elle se laisse glisser avec délectation vers la volupté. Une jambe entre ses cuisses, elle sent son sexe se mouiller tandis que les doigts qui malaxent ses seins prennent bien garde de ne pas l'éveiller plus.
    Les mains qui parcourent alors délicatement le haut de son corps, descendent vers ses hanches et son ventre plat. Elle vient déjà de faire longuement l'amour,
    mais elle goûte avec ferveur aux prémices d'une autre séance. Les dents qui grignotent le lobe de son oreille et les bisous qui couvrent sa nuque la font patienter.
    Sa poitrine s'affermit sous la pression des doigts qui frôlent et roulent ses tétons durcis par l'excitation naissante. Elle adore les massages, le va-et-vient des
    paumes sur sa peau nue la détende. De charmants petits soupirs de contentement s'échappent d'entre ses lèvres, et à en juger par les légères ondulations
    de son corps, elle semble apprécier, même endormie. Humide et prête à ce nouveau jeu, elle se laisse aller sur le dos tandis que cette langue sur son sexe se fait de plus en plus profonde, pénétrant son intimité visqueuse. Lentes et appliquées, les lèvres parcourent toute la longueur de ses lèvres, s'abreuvant de sa liqueur.
    Elle est prise de longs spasmes, son bassin se soulève au rythme des succions diaboliques qui la font gémir. Son corps ondule sous la pénétration lente qui accentue son plaisir. Elle se tord et se tend sous la vague qui l'emporte. Abandonnée au creux des draps chiffonnés, les cheveux en bataille et le corps en sueur, Charlotte aime ce moment de paix où elle est enfin apaisée. Cheveux roux contre tignasse rousse, les deux femmes se sentent hors du monde.
    Dès les premiers baisers, Mademoiselle Jeanne avoua son homosexualité à Charlotte. Pas par rancœur contre la gent masculine, ni par dépit. C'était juste dans
    sa nature. Tout devint simple pour Charlotte qui tomba amoureuse de cette belle femme aux yeux verts toujours si triste. Elle accepta de prendre une place au
    gynécée, car elle, ainsi pouvait se venger de ces lâches qui profitaient de l'innocence des jeunes filles. Elle adorait les entendre crier sous la morsure du fouet
    et les voir la supplier pour que de lourde, moite et inexistante leur queue devienne raide et longue. Très typée, Yhio, la jolie fleur du Viêtnam, se laissait monter
    comme une pouliche afin d'assouvir leur désir et dégonfler la baudruche. Éventuellement, elle désinfectait les plaies qui barraient leurs fesses ou leur ventre.
    Charlotte ne se laissait pénétrer que côté jardin et rien que pour les punitions.
    Parfois, Mademoiselle Jeanne aurait aimé que sa jeune maîtresse soit un peu moins brutale, car certains clients ne revenaient pas au gynécée lorsqu'ils avaient
    été reçus dans le boudoir de Charlotte.

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