• CuPiD'S KiSS...

     

    ...L'Amour rend aveugle, c’est bien vrai. Les défauts de l'être aimé disparaissent dès que votre cœur se met à battre plus fort en sa présence. Quant à ses qualités, elles augmentent en proportion des sentiments que vous lui portez. J’ai aimé. Á en mourir. Je découvrais sa noirceur jour après jour, pourtant j’étais persuadée que j’allais parvenir à le changer. Au nom de l'amour, j'acceptais tout et toujours. Lorsque j’ai enfin fini par comprendre qu’il ne cesserait jamais de me maltraiter et de m’humilier, il a été trop tard pour prendre le large. Autant dire que le quatorze février n’a jamais été la fête de l’amour chez nous. Tout au plus la fête à la maison …pour lui!
    Le petit gamin rondouillard qui bat des ailes en paradant avec son carquois empli de flèches ardentes n’a dû poser qu’un regard distrait dans notre direction quand j’ai rencontré Christian. Je recevais des roses, mais, Bonne Mère, comme j’ai haï ces fleurs pourpres qu’il m’offrait après chaque danse. Mon cerveau les a assimilées comme étant une prolongation de la douleur et de la détresse qui dirigeaient ma vie durant mes années noires. Je les ai, encore longtemps après, considéré comme un avertissement à la punition qui allait me tomber dessus. J’étais devenu pitoyable et insignifiante, puis j’ai croisé le chemin de Bébé. Sans bien savoir pourquoi lui, je me suis confiée à ses oreilles attentives dès le premier soir. Il m’a écouté, je n’avais besoin que de cela pour prendre conscience que je faisais fausse route. J’avais eu droit à une seconde chance que je gâchais en une errance inutile. Tout n’est pas si simple…
    Puis il y a eu notre première Saint-Valentin où Ash m’a offert une rose blanche. Une seule. Celle-ci servait uniquement de faire valoir à son présent. Et j’ai soudain été réconcilié avec cette fleur majestueuse dont les pétales parfumés me sont apparus comme apaisants. J’ose enfin croire que cette fois-ci Cupidon a bien fait son boulot.
    …Ce matin j’ai décidé de bouder toute la journée. De rester cloîtrée, dans mon lit, et gare à ceux qui voudront m'en déloger. Ma tenue n'a rien de sexy. Pyjama écossais en flanelle et chaussettes de laine épaisses remontées aux genoux par-dessus le bas de mon vêtement de nuit. J’ai demandé à Steven de m’installer un lecteur de DVD dans ma chambre et j’ai choisi trois films de circonstance afin de pleurer toutes les larmes de mon corps sur l’absence de Bébé.
    Onze heures quarante-cinq. Enroulée dans un plaid, deux sachets de mouchoirs en papier parfumés à l’eucalyptus déchiquetés sur le lit, le visage boursouflé et les yeux en mode lapin albinos, c’est dans ce cadre idyllique que Ma Canaille me trouve en rentrant. Comme si de rien n'était, un sourire attendri aux lèvres, zappant l'effet Francesca et Robert qui faisait de moi une fontaine, il s’approche pour m’embrasser. Trop heureux de me surprendre en totale déroute des sentiments. Le magnifique bouquet de roses poudrées qu’il me tend me fait fondre. Tout comme le baiser qui l’accompagne.
    Un homme aussi bien élevé n'embrasse pas aussi bien" aurait dit ma Sonia. Bébé est éduqué à la perfection, mais certains de ses baisers sont dignes de ceux d’un …débauché. Waouh, j'en suis toute émoustillée. Pas à cause du baiser, enfin si mais pas que. Bébé fait preuve d’un tel romantisme parfois! Son affection me fait chaud au cœur. D’autant que Mumy dit toujours que les roses de couleur rose expriment le respect de celui qui les offre pour sa bien-aimée. J’en ai les larmes aux yeux. Du coup je m’en veux d’être aussi négligée et de ne pas avoir eu confiance en lui. Je remercie Léopold et Sodishan pour ce petit miracle. Grâce à eux, mon Valentin m’a rejoint par les airs. Je me précipite tête la première dans la salle de bains puis dans le dressing et une fois apparence humaine reprise, je vais rejoindre Bébé au petit salon. Apparemment tous étaient au courant de sa venue puisqu’à mon insu, la pièce a été transformée en une salle à manger élégante où nous attend un buffet raffiné pour deux.
    Un énorme ourson en marshmallow trône sur la commode de ma chambre. J’en offrirai une patte ou deux aux neveux de Bébé car jamais je ne pourrais tout le croquer. La lingerie de luxe que j'ai reçu est enveloppé dans du papier de soie, bien à l’abri dans son carton doré. Bébé appréciera en connaisseur lorsque je la passerais.
    Mon Valentin est reparti en fin d’après-midi et une fois encore, ces tendres moments qui n’appartiennent qu’à nous, ont été magiques…

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