• DaiLy LiFe iN HeRTS...

    …Yad se confectionne une cabane en carton. Au bout de ma vie durant cinq minutes!

    Patricia m’a souvent répété qu’un enfant cela se surveille comme le lait sur le feu et je me croyais assez adulte pour gérer toutes situations avec le minot. Je me suis trompée apparemment. Papily a offert un trampoline géant à notre poussin. Tandis que Grady le monte côté jardin, Yad installé sur le gazon devant la maison, patiente en se construisant une cabane avec l’emballage. Je le surveille du coin de l’œil, tout va bien. À peine deux minutes plus tard je me décompose, sans pouvoir bouger, ni émettre le moindre son. Je viens de me rendre compte que mon fils ressort du garage, tenant dans sa petite main la serpette de jardinier dont se sert Grady pour tailler les branches. Tranchante, effilée, affûtée, danger. Je suis paralysée.
    Finalement, l’adrénaline sans doute, j’ai ouvert la fenêtre, enjambé le châssis, me suis explosé les genoux en me cassant la figure et j’ai rejoint mon fils vitesse grand V. Il s’apprêtait à découper le carton épais. En récupérant calmement l’objet de ma terreur, j’ai demandé à Yad si je pouvais jouer avec lui.
    - Oui maman, je veux une porte ici! Et péremptoire en plus le minot. J’ai appelé Grady pour qu’il taille la porte et je lui ai conseillé, assez sèchement je dois dire, de mettre les outils dangereux qu’il utilise régulièrement hors de portée de mon fils à l’avenir. Mon jeu a consisté à placer la petite voiture rouge à pédales près de l’entrée du refuge cartonné et je suis allée m’allonger. J’ai les genoux en sang, mais notre poussin possède encore tous ses doigts. Un thé et un toast ne sont pas suffisants pour me redonner bonne contenance, j’ai besoin de mes anti-inflammatoires, ma carcasse me fait un mal de chien.
    - Papa, papa, Mum a sauté par la fenêtre aujourd’hui! a hurlé Yad au retour de son père. Quelle ingratitude ce môme! Minot, je t’ai évité le handicap tout de même, aie un peu de respect pour ta mère. J’ai éclaté de rire en voyant le regard qu’a posé Bébé sur moi. Une fois les explications reçues, Ash a eu un coup de chaud rétrospectif. Grady a failli s’entendre chanter Manon en heures supplémentaires. Cependant, je suis arrivée à faire admettre à mon mari que nous sommes aussi responsables que notre employé. Yad a besoin d’apprendre qu’il ne peut pas se servir d’outils dangereux et qu’il doit demander la permission pour prendre quelque chose dans le garage. Verdure et calme sont omniprésents, mais l’Herts n’a rien de rasoir surtout lorsque Yad est dans les parages. Nous adorons notre petit garçon et c’est grâce à son père et lui que je m’applique à prendre le meilleur de ce qui m’est offert. En refusant d’ignorer l’insupportable j’ai atteint la lumière du bout du tunnel, je suis sortie du tunnel. Mon parcours de reviviscence arrive à son terme. Le secret est de ne pas faire complètement table rase des erreurs et des épreuves passées, mais au contraire de les conserver en mémoire et de les utiliser en tant que force. Ma peur envers Christian a longtemps été l’invisible et puissant lien qui m’enchaînait à mon ex-mari, mais du jour où cette paranoïa s’est estompée, l’homme a pris le pas sur le tortionnaire dans mon esprit. Il m’avait lui-même conditionné à le craindre et jamais je n’avais pu me défaire de cette crainte, même après une décennie d’éloignement. Dans mon cas, il n’était point question du syndrome de Stockholm, mais Christian ayant été mon premier amour, je conserve et conserverai en moi une infime partie de cet amour. Toutes ses longues années je me suis punie de n’avoir pu modifier le comportement de mon ex-mari. Ma thérapeute nomme ceci l’état de componction. Il est temps pour moi de laisser s’estomper ces horribles stigmates de ma chair et de mon esprit pour évoluer sereinement. Le pardon m’est et me sera à jamais impossible, mais l’armistice est signé. Je n’offre pas de seconde chance à celui qui durant de longues années m’a brisé, nulle négociation n’est possible, je lui laisse juste la possibilité de faire disparaître, en toute sérénité, le pervers qu’il était. Je ne souhaite qu’une seule chose, c’est que Marine ne connaisse d’aucune manière les horreurs dont j’ai été victime. Je crois me souvenir qu’André Gide a écrit ceci dans Les Nourritures Terrestres : « Je tombai malade, je voyageai, je rencontrai Ménalque et ma convalescence merveilleuse fut une palingénésie. Je renaquis avec un être neuf, sous un ciel neuf et au milieu de choses complètement renouvelées ». Ces mots ont été écrits pour moi, non?
    Peu, à part Maggie, ont trouvé grâce à mes yeux lors de la soirée organisée par l’office qu’administre Bébé. J’y suis allée à reculons. Petite robe noire obligée, bijoux de prix et coiffure stylée. Harnachée comme une pouliche de compétition quoi! Je ne devais pas faire honte au ‘Director of the Department’. Cela m’a coûté énormément de me joindre à ces personnes, et si je l’ai fait c’est uniquement pour mon mari qui vise une situation dans laquelle il pourra enfin exprimer son étonnant potentiel. Je le soutiens de toute mon âme même si cela m’effraie. Je comprends que ses interminables années d’études et de formations doivent être finalisées par une carrière à la hauteur de l’enseignement. Connaissant le tempérament de Ma Canaille, je suis persuadée qu’il ne prendra pas la grosse tête. Au besoin je veillerais à lui rappeler d’où il est parti. Il m’a souvent été reproché d’approuver ses soirées PPCW. Quel mal y a-t-il à passer un moment convivial entre amis et collègues en jouant aux jeux vidéo ou au poker? Quelques verres d’Octomore, des cubains d’exception, de loin en loin ce n’est pas la mer à boire non plus. PPCW? Pizzas, poker, cigares, whisky. À présent que Penjÿ n’est plus des nôtres, ce sont Kunaÿ et Lorré, ses meilleurs amis, qui veillent sur Ash avec assez de fermeté pour que mon mari n’oublie jamais sa ligne de conduite. Lorsqu’il sent qu’il perd le contrôle -ça lui arrive, oui- Bébé se rend au stand de tir et il regagne en concentration et maitrise de soi. Bon nombre de personnes s’imaginent à tort que le tir est un sport violent qui ne séduit que des déséquilibrés. Pourtant il s’agit d’une discipline relaxante qui permet de se recentrer sur l’essentiel, à savoir soi-même. Le tir de précision ne fait gagner que des points, pas de trophées ostentatoires. La seule chose dont mon mari puisse se vanter, c’est de savoir configurer son arme correctement. Ses aptitudes et son niveau professionnel ne regarde que lui.
    Ma soirée n’a pas été complètement fichue puisque j’ai lié connaissance avec Maggie, la thérapeute comportementale du service. Au plus calme de la réception, nous nous sommes isolées afin qu’elle m’explique en quoi consistait son métier. Son Français de conférencière et mon Anglais Harrap’s, nous ont permis de poursuivre une conversation des plus intéressantes d’où il ressort que grâce à une thérapie cognitive comportementale adaptée à chaque individu, celui-ci peut apprendre à changer la façon dont il gère ses émotions face aux situations de stress en service. Si j’ai tout compris, Maggie veille sur personnel que gère Ash, en analysant ses réactions et interprétations aux évènements, afin qu’il les garde sous contrôle. En gros, elle aide à canaliser les pensées perturbatrices que mangent émotionnellement -terme de psy- les agents à la vue et à la lecture de certains dossiers et enquêtes. Ce qui pourraient à court terme nuire à la qualité du travail qu’exige leur fonction. C’est complexe mais diablement captivant, du coup j’ai demandé à Ash de me trouver de la littérature sur le sujet. Non, Ash et moi ne nous sommes pas enterrés dans la cambrousse comme le pense quelques-uns de ses adjoints. En ce qui concerne notre petit coin de paradis en banlieue, Bébé et moi sommes certains de ne pas nous être trompés. Deux ou trois fois par semaine Ash chausse ses bottes -le Herts est très humide en cette saison- et part se ressourcer en forêt avec Yad après sa journée de travail. Au meilleur de ma forme, il m’arrive de les accompagner aidée de mes bâtons de marche ergonomiques. C’est au cours d’une de ces balades que nous avons découvert une ferme où les propriétaires pratiquent la vente de produits frais dans une boutique adjacente aux bâtiments agricoles. Le lait en brique étant hors de prix lorsque l’on en trouve, nous sommes devenus adeptes du lait frais. Les flans aux œufs de Yad sont une merveille culinaire à présent. Surtout lorsque c’est Céleste qui les prépare me dit Yad lorsqu’il est fâché contre moi. Cela lui arrive encore parfois, il m’aime, je suis sa mère, mais il m’en veut d’avoir eu à prendre la place de celle qui l’a mis au monde. J’adore mon fils, il est aussi compliqué dans sa tête que moi. Ce pauvre petit bout a déjà connu bien assez de malheurs sans en rajouter en lui interdisant d’extérioriser sa peine. Perdre une maman est très douloureux et je pense que c’est pour cela qu’en empathie je partage son chagrin les jours où il repense à elle. Personne, même pas Ash, ne sait qu’ils nous arrivent, blottis l’un contre l’autre, de chanter une comptine à l’intention de nos mamans disparues. Il était en mesure de comprendre alors je lui ai parlé de sa grand-mère Colette, ma maman. Je ne crois pas que la thérapeute de Yad serait enchantée de connaître ma méthode pour apaiser mon poussin, mais je m’en moque parce que cela le soulage de savoir que jamais je ne permettrai qu’il oublie sa maman. Le minot sait très bien faire la part des choses, je suis sa vraie maman et sa maman du cœur est au ciel me dit-il.
    Selon Brianna je vais enfin maîtriser pleinement l’art du thé à l’anglaise. Le nuage de lait frais voyons! Pour cela il ne me reste plus qu’à résoudre trois équations : doit-on mettre le sachet de thé ou le lait avant ou après l’eau, met-on du lait dans le Earl Grey ou seulement dans le English Breakfast Tea et combien de temps doit-on laisser infuser? Une chose est sûre selon ma nouvelle amie, depuis que je mets un nuage de lait dans mon mug de thé, je suis en passe d’entrer dans le club très fermé des initiés. Il paraîtrait qu’à présent, le must pour moi serait de connaître à la perfection comment mes hôtes prennent leur thé sans avoir à le leur demander chaque fois. Cela ne devrait pas m’être compliqué puisque je ne reçois que mes beaux-parents et Brianna. Je sais déjà que ma nouvelle amie en consomme pendant les repas. Étrange, mais je composerai avec. De mode décodage, je suis passée en mode maîtrise des lubies des autochtones. Elles me deviennent familières. Je dois admettre que depuis que je dispose de mon foyer propre, je deviens nettement plus indépendante aux Aspidies. Je commence à me sentir chez moi. Home Sweet Home.
    Il fut un temps où je devais me plier au petit-déjeuner pantagruélique que préparent Mademoiselle Françoise et Steven chez mes beaux-parents. Œufs brouillés, champignons farcis, toasts beurrés, purée de pommes de terre, saucisses et bacon, marmelade, petits pains faits maison, fruits frais et jus de fruits ne me tentaient aucunement, mais je devais patienter le temps que ces messieurs-dames aient terminé de se bâfrer, oups, se sustenter. Au Mushroom c’est nettement plus léger. Tandis que je me contente d’un petit pain et d’un thé, sans lait, Ash a droit aux œufs brouillés et toasts beurrés, aux fruits et jus de fruits ainsi qu’à des litres de thé. Madame lutte pour vous contre votre mauvais cholestérol lui répond Céleste lorsqu’il râle de trop du manque de bacon. Et puis cet homme-là n’est pas complètement privé puisqu’il se rend au pub chaque fois qu’Hylam nous rend visite, ils vont y petit-déjeuner deux fois par mois, son besoin en gras est donc largement assouvi. Et en parlant de lubies, la dernière est de dîner à dix-sept heures trente ces jours-ci. Je veux bien m’intégrer, mais là je dis stop. Sous prétexte que Bébé est en stage intensif d’exercices physiques et tirs pour un agrément, Yad et moi devons faire l’impasse sur le goûter pour passer directement au dîner. Bon j’admets que le déjeuner de Ma Canaille est un peu frugal, mais au lieu d’un sandwich il en achète deux et voilà, fringale endormie. Autant dire que cet horaire ne sera de mise que le temps de cette fichue formation et que je ne me surpasse pas question menu. Grâce au fruits & vegetables je cuisine français et personne ne s’en plaint, surtout pas Bébé. Oui, je fricasse, je rôtis et je mijote à mes heures perdues de délicieux petits plats. Cela dit, ces jours-ci, c’est tourtes, tartes salées, soupes, poissons et féculents. D’ailleurs j’en profite pour remercier sincèrement Gordon. Il tranche, découpe et apprête les ingrédients de mes recettes avant de me les livrer. Certains jours je suis de force à mener rondement le clan, d’autres non. Alors j’ai appris à relativiser et à déléguer. Je ne me prends plus -autant- la tête pour des broutilles. Je n’arrive pas à faire quelque chose, j’y reviens le lendemain. J’ai aussi la chance infinie, tant en France qu’ici, de pouvoir compter sur de belles personnes pour me seconder.
    Sans conteste j’aime mon foyer made in England, mais certains jours mes proches, mon cercle, me manquent. J’ai proposé plusieurs fois à ma Pat de me rendre visite, mais à chaque fois elle décline. Mon amie est claustrophobe et de savoir que l’Eurostar passe sous la manche, ça la terrorise. L’avion n’en parlons pas, je crois qu’elle ferait un arrêt cardiaque au décollage. Je pense que ce sont les fêtes qui approchent qui me rendent nostalgique, mais tout de même, Patricia est une seconde mère pour moi et sa présence, aussi épisodique soit-elle, m’est bénéfique et indispensable. Bébé m’a promis qu’au moins une fois dans sa vie, ma chère Pat foulerait le sol de l’Herts. Pour Pappey ce sera dans une autre vie, il est trop franchouillard.
    J’aimerai que Patricia découvre le royaume dans lequel Ash me transportait pour atténuer mon mal être. Un cocon de régénération où certes rien n’était parfait, mais offert avec tellement de gentillesse et de compréhension de la part de ses parents. Ce n’est un secret pour personne, mes débuts de cohabitation avec ma belle-mère ont été épiques, puis le temps faisant son œuvre nous avons trouvé un équilibre qui nous satisfait toutes deux. En voyant mon ancien cadre de vie au Royaume Uni, Pat devrait comprendre les raisons pour lesquelles j’ai plusieurs fois péter les plombs. Je voudrais également lui communiquer l’ambiance pub. Je ne suis pas bistrot, mais le pub au Royaume Uni est une institution et un passage obligé à toute personne désirant s’intégrer à la communauté. Celui de notre bourgade est traditionnel, familial et raffiné. Très ancien aussi. Ses tables sont en bois massif, au-dessus du bar aux dorures tarabiscotées il y a un immense miroir sur toute sa longueur. De nombreux tableaux aux couleurs défraichies recouvrent un pan de mur. Des portraits et des batailles dans la plus pure tradition Anglaise évidemment. Cliff le patron fait lui-même une cuisine typiquement régionale rien qu’avec des produits de terroir se vante-t-il. Pour le Fish & chips on y repassera, la mer étant un peu éloignée. Cela dit, pour avoir goûté à ses plats, je trouve qu’il ne s’en sort pas si mal. Il possède une excellente carte des vins ce qui est rare en banlieue et un nombre incalculable de bières artisanales. Du costaud, mal de tête assurée si l’on en abuse. Lors de notre installation Céleste nous a offert un appareil à soda. Il enrichit plus le plan de travail plus qu’il ne me sert, mais parfois l’envie de glaçons se faisant trop pressante, non, la sensation de brûlure de l’alcool dans ma gorge devenant impérieuse, je repousse l’inévitable grâce aux bulles citronnées. Cela ne m’est plus un combat de tous les jours, mais le chat veille encore et toujours dans un recoin de ma volonté.
    Je suis frigorifiée. J’ai attrapé un rhume carabiné malgré l’achat de nouveaux caoutchouc fourrés. Grâce à ceux-ci je suis devenue la star du portail de l’école. À cause de l’union Jack qui orne chacun d’eux, ces dames en sont jalouses. Cela dit, elles ne sont pas prêtes à les trouver en boutique ici, c’est mon chéri qui me les a ramenées de Londres. Bref, je n’avais plus de remèdes pour ce genre de petits tracas aussi ai-je demandé conseil à Brianna. Je n’ai pas été déçue. En échange d’un thé elle m’a apporté quelques sachets d’une poudre contenant du paracétamol que l’on mélange à de l’eau chaude. Écœurant, ultra sucrée et quant à l’efficacité, elle n’est pas encore prouvée. Le Lemsip est ni plus ni moins que l’équivalent de notre Mucomyst, mais il paraîtrait qu’il est le must du réconfort pour les britanniques enrhumés. Je ne ressens aucune amélioration après deux jours de traitement. Ce doit être une légende urbaine. J’ai un mal de tête épouvantable et mon nez est une véritable fontaine. Bébé me surnomme Dancer, du nom de l’un des rennes du père Noël, tellement mon appendice nasal est rougi par l’utilisation des mouchoirs à l’eucalyptus. Chaque soir je tiens ma vengeance en collant mes pieds gelés contre ses mollets en me couchant. L’entendre râler m’est doux à l’oreille. Seuls, le jus d’orange et le thé brûlant m’ont été souverains.
    Cela fait environ neuf semaines que je réside aux Aspidies et jamais je n’ai autant apprécié ce petit coin de Royaume Uni. Je sais que les oliviers, la lavande et mes chères cigales m’attendront toujours en Provence, alors ici aussi je me suis créée une harmonie de vie avec la nature proche. Cet endroit est si parfait que l’on y laisserait presque ses chaussures avant de franchir les premiers mètres de l’avenue principale. Mis à part les murs aux couleurs chatoyantes, la petite ville cercle comparable à celle où réside Dudley Dorsley préserve la sécurité et la quiétude de ses occupants. Tout y est vert alentours, souvent pluvieux en automne, la froidure du matin m’oblige à me vêtir de plusieurs couches de laine polaire, mais pour rien au monde je n’échangerais cet îlot dans l’île mère. Si je m’épanche aujourd’hui sur mon bien-vivre au Mushroom, c’est parce que dans quelques semaines je clorai mon itinéraire de reviviscence.

    Ils se surpassent tous pour offrir une réception royale à monsieur Phillip…

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