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       …Être à son avantage pour la Saint-Valentin, cela tente-t-il ces messieurs?

    Je conseille aux aspirants Valentins de prendre quelques notes en lisant ces lignes, je suis certaine qu’ils y découvriront bon nombre de leurs lacunes. De bourdes à éviter. Je n’ai pas la prétention de juger ces messieurs, mais d’après mon expérience, certains devraient réviser les codes de la bienséance avant de postuler pour le doux œuvre qu’exécute un Valentin abouti. Avant de rencontrer l’homme de la situation, celui qui maîtrise à la perfection les règles enchantées de la fête des amoureux, j’ai plusieurs fois été confrontée aux placebos. Sous le vernis impeccable de mes amoureux du moment se dissimulaient soit un satyre, soit un mal élevé. À chaque nouvelle relation amorcée, une petite voix dans ma tête me disait déjà qu’il y avait mieux ailleurs. Et elle se trompait rarement.
    J’étais très jeune lors de ma première soirée de La Saint-Valentin. Je m’attendais donc à ce que ce soit extraordinaire. Je me berçais d’illusions. Tout avait pourtant bien commencé. Une ambiance feutrée agréable, une petite dînette de qualité et le fait que nous soyons seuls au monde dans un cadre idyllique, ambiance le grand soir des grands soirs. Première mise en bouche si je puis dire, un baiser passionné avant de déguster les toasts au foie gras. Le must des préliminaires et, déjà un flop. En vingt secondes, Valentin avait plombé la romance. Apparemment, à découvrir sa dentition aux interstices comblées, il avait fait l’impasse sur l’existence du dentifrice et de la brosse à dents. Eléments capitales pour une Saint-Valentin réussie selon mes critères. C’est rédhibitoire, s’il n’a pas en tête cette simple règle d’hygiène. Cela m’a ôté l’envie de visiter le sous-sol. Suivant…
    Plus tard, il m’est arrivé d’expérimenter le Valentin pingre. Celui qui, à peine la dernière bouchée de tiramisu aux poires avalée prends directement la voie express en direction du temple du soleil. C’est tout juste s’il ne m’a pas reproché d’avoir passé une petite culotte. D’emblée, cela place le personnage, pour lui il s’agit uniquement de rentabiliser sa mise de fond. Je dirais sans user de vulgarité, que le seul le nombre de tir au but lui importait. Suivant.
    Il me semble me souvenir que j’ai été bien patiente lors d’une énième tentative. Le Valentin de ce soir-là était parfait. Un bouquet extraordinaire, un repas digne du meilleur relais gastronomique et une eau de toilette envoûtante. Je me sentais en confiance et en plus il avait de la conversation. J’ai usé de magie en laissant s’entrouvrir mon chemisier, je venais de créer un rustre. Point de délicatesse ni de sensualité dans ses caresses. Ce fut un pelotage en règle, du genre, est-ce que les pamplemousses sont à point? J’ai tenté de maîtriser ses gestes car je voulais lui donner une seconde chance, il me plaisait vraiment. Sacrée bourde. L'effeuillage, m’a donné à penser qu’il imitait un chien avec son jouet en plastique. Limite grognements et morsures. Ses lèvres et sa langue suppliciaient sans douceur mes seins comme si elles avaient été mandatées d’urgence par un inquisiteur pour me torturer. Quel manque d’élégance. Et pire, j’ai eu l’impression qu’il s’exerçait à la Play Station avec mes petites perles sensibles. Ce ne sont pas des crampes aux doigts qui ont fait cesser le bougre, mais mon manque de reconnaissance. Suivant…
    Le champion toutes catégories est celui qui a accumulé un nombre incalculable d’âneries. Je ne lui en ai pas voulu immédiatement car il y mettait énormément de bonne volonté. Manquant certainement de confiance en lui, il s’est remémoré les conversations qu’il avait eu avec ses copains au temps de son adolescence. Les filles aiment ceci, elles adorent cela, avec ça elles vont tomber directement dans ton lit et cetera, et cetera. Il aurait mieux fait d’ignorer cette réminiscence saugrenue. La tornade Clara dans l’oreille c’est extrêmement douloureux garçon. Il faut savoir maîtriser la science du souffle érotique avant de se risquer à l’exercice. Il a carrément éteint la bougie parfumée dans mon oreille. Les Valentines comprennent ce que je veux dire. Premier mauvais point. Comme tout bon amant qu’il croyait être, il a voulu tester sa capacité à me rendre heureuse. Fort heureusement, précis dans son parcours, il ne s’est pas trop éternisé avant de franchir la ligne d’arrivée. Je suppose qu’au départ, l’idée générale était de me donner du plaisir. La seule chose dont j’avais envie, c’était de fuir. J’avais beau me trémousser avec démesure, frétiller à outrance, il n’a pas capté que je désirais seulement échapper à la toile émeri qui blessait mon intimité. Certes une ombre de barbe c’est délicieux, mais là, son menton faisait office d’éponge à récurer. Un rasage correct avec une bonne mousse à raser lui aurait été fort utile avant de se lancer à l’aventure. Indice de satisfaction zéro, deuxième mauvais point. Opiniâtre et déterminé qu’il était, alors croyant que je l’intimidais, je lui ai offert une dernière chance. Balourd, non je ne dirais pas cela. Je pense simplement qu’il ignorait les finesses qui conduisent à l’Éden. Tandis qu’à la manière de père castor il grignotait le lobe de mon oreille, ses doigts glissant le long de ma taille, j’ai laissé mon regard s’égarer sur son exquis caleçon décoré de sublimes ananas roses. J’ai failli pouffer. L’ennui ambiant, il négligeait mes compétences, m’a permis de constater qu’il avait gardé ses chaussettes aussi. Inacceptable. Comme quoi une bonne soirée tient à peu de chose. Suivant…
    Les gros bœufs existent, je suis tombée par hasard sur l’un d’eux. Seulement je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement. Il est vrai que je m’étais aperçue de sa tendance macho, mais côtoyer un mauvais garçon de temps en temps ça donne du peps au moral me suis-je dis. Et ses défauts nous procurent d’excellentes raisons pour le quitter rapidement. Sa tendance à croire que je n’avais que peu d’options par rapport à sa grosse berline m’amusait. De même que sa façon à se précipiter vers l’entrée du quartier général en hurlant taïaut comme lors d'une chasse à courre m’avait séduit quelques semaines auparavant. En cette belle Saint-Valentin, il m’avait offert un superbe bijou ethnique et le début de soirée avait été exquis. Ses mauvaises manières s’étaient adoucies. Et il n’avait pas immédiatement forcé la porte du jardin d’Éden pour une fois. Certes il guignait sur le fruit défendu, mais ce soir-là il daigna enfin survoler l’ensemble de ma petite personne. Genre mordiller tout ce qui lui passait à portée de dents et caresser les courbes alléchantes de ma silhouette. Cela a commencé à se gâter lorsqu’il entreprit de jouer du violoncelle avec le cordon en dentelles de mon string. C’était assez désagréable. Le fantasme de la petite culotte sur le côté n'a rien de sexy, mais il a fallu qu’il tente le gaillard. Coopérative, j’étais prête à l’ôter de moi-même. D’ordinaire un déshabillage réussi se fait par consentement mutuel, mais là à peine me suis-je intéressée aux boutons de sa chemise qu’il avait déjà baisser le zip de ma robe. D’accord je lui permettais de me dévêtir, mais pas de la façon papiers cadeaux le jour de Noël. En arrachant tout. Je commençais à lui en vouloir. Je lui avais donné totale permission pour que sa main puisse explorer la partie de mon anatomie qui l’obsédait tant. Au lieu de faire le tour du quartier tout en douceur avec les légers mouvements rotatifs, cela a été l’intrusion immédiate comme s’il cherchait à se rincer les doigts à la fontaine de jouvence. Qu’il risque une entrée coquine dès que la rosée ambiante le permettait aurait été plus apprécié. Je lui en voulais encore plus. Au lieu de cela j’ai eu droit à un massage vigoureux du genou tandis qu’il m’embrassait goulûment en essayant de dégonfler mes seins. J’avais l'impression d'être le coup vite fait d'avant sa soirée entre copains. Autant dire que le bain chaud auquel s'attendait joujou d’amour a été annulé fissa. Chassez le naturel, il revient au galop, même au rattrapage il a été nul. Une remise en condition plus tard, il a gouté délicatement à ma framboise du bout de son apex, faisant ainsi rosir mes joues et haleter mon souffle, mais cela a été tout. Désirant brusquement que je lui rende la pareille, il m’a agrippé fermement par la nuque pour diriger ma tête vers son entrejambe. Il y a des manières plus séduisantes de quémander mince alors. Là je lui en voulais à mort d’autant qu’ensuite il a fait dans ma bouche, un don en nature sans avertissement. Stop, cure de désintoxe…
    Les deux années qui ont suivi, j’ai fait l’impasse sur la soirée de la Saint-Valentin.
    Puis, il m’a été donné de faire connaissance avec le Valentin Grey qui s’ignorait. Il ne connaissait pratiquement que la position du missionnaire et celle de la levrette avant notre première Saint-Valentin. Original dans son genre je dois dire. Et je le lui ai fait remarquer. C’est sans doute pour cela que désirant me prouver qu’il savait prendre des initiatives il a ruiné notre soirée. En entrant dans la chambre, je me suis rendue compte que sur la console de service il avait mis en évidence des embrases de rideaux, du scotch de chantier, un pot de crème glacée dans un seau à champagne empli de glaçons en forme de cœur et une cravache en cuir si mes souvenirs sont exacts. La frayeur que j’ai eue, il a vraiment bien choisi son moment pour sa reconversion celui-là. Je me souviens à présent, ce n’est pas la cravache, mais le Kâmasûtra positions difficiles qu’il avait déposé sur la courte-pointe qui m’a fait fuir. Suivant…
    Je dois admettre que mon ultime tentative s’est soldée elle aussi par un échec.
    De prime abord, il était beau, câlin, délicat et ses prestations se situaient dans la performance. Imaginatif également. Il savait manier la plume et le glaçon sur le chemin de Compostelle et c’était un pro du miel et de la Chantilly. Ce n’était pas le grand amour, mais avec lui j’étais souvent d’humeur badine, même lorsqu’il fondait sur moi au risque de me broyer. Son joujou d’amour mettait parfois le turbo, mais je savais m’accorder de ce petit désagrément et surtout je pouvais calmer cette ardeur jaillissante. Je lui conseillais dans ces moments-là de penser à sa logeuse, laide comme une pomme à cidre. Il savait me faire rire aussi. Je crois que c’est l’habituel qui a fini par ruiner notre relation. J’aimais sa méthode frein accélération, j’adorais même, mais au fur et à mesure que le temps passait, il devenait le copy-cat de Panpan. J’apprécie le petit coup d’un soir, c’est très amusant en en-cas, mais m’apercevoir que monsieur raréfiait ses effets de reins en fonction de mon attachement fuyant a été très déplaisant. J’ai compris que cette soirée de Saint-Valentin était notre chant du cygne.
    Friponne je l’initiais à l’acrobatie et mes hanches vibraient sous ses mains brûlantes. Tout était question d’endurance et il me récompensait agréablement de bonnes caresses à l’entrée du temple. Soudain il s’est mis à me hurler des encouragements directement au creux des tympans. Je savais d’instinct comment le faire passer à la vitesse supérieure sans qu’il n’ait besoin de puiser dans un vocabulaire de charretier afin de m’encourager. Mes mollets sur ses épaules en remuant des hanches étaient de l’ordre du créatif. Mais en ce soir de Saint-Valentin il a eu le culot d’encourager mes efforts d’un salace bouge ton cul salope, je vais fourrer ta chatte à t’en faire hurler. Elégant n’est-ce pas? Il possédait un côté pervers auquel je n’avais jamais été confronté. Je n’ai pas relevé sur l’instant, car j’étais trop émoustillé pour redescendre. Ce fut torride. Puis, au lieu de relever son niveau d’élégance, mon Valentin s’est laissé bercer par ses endorphines aussitôt le pacte conclu. Il ronflait carrément oui. Adieu mots tendres et gestes délicats qui m’auraient prouvé que j’avais été à la hauteur et lui également. Le temps de réamorcer la machine j’aurais peut-être été partante pour remettre le couvert. Un quart d’heure de sieste plus tard, il a fini de casser l’ambiance en me demandant, à moi qui ne suis en rien démonstrative, de noter sa performance. Je confirme, malgré l’envie que j’en avais, je ne suis pas allée écrire sur tous les réseaux sociaux qu’il était le pire coup de Saint-Valentin du siècle. Le goujat n’avait rien de galant, ses chances d’un bis repetita ont été définitivement anéanties dès lors qu’il a déposé le préservatif usagé sur la moquette de la chambre. Cela a été ma dernière expérience de la Saint-Valentin avant longtemps.
    Fort heureusement, j’ai enfin rencontré le véritable Valentin. Celui qui m’offre un ourson marshmallow en guimauve, qui plonge tout habillé dans le jacuzzi, qui me couvre de baisers en m’affirmant que je suis cent fois plus belle que la rose qu’il m’offre, qui m’assure yeux dans les yeux que je suis l’amour de sa vie alors que je n’ai pas usé de crème dépilatoire depuis deux mois, qui masse mes membres douloureux avec une mixture à l’odeur de putois, qui me rappelle combien je peux être peste parfois, qui me borde tendrement les journées de peine. Aimant et bienveillant au quotidien, Bébé peut bien oublier la fête des amoureux, cela m’est égal.

    Avec lui, la Saint-Valentin c’est tous les jours…

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