• I GRiT My TeeTH…

     

       …Hello, my name’s Mylhenn. I'm an alcoholic!

    C’est très douloureux mais je devais en passer pas là. C’est perturbant dans la mesure où je m’exprime en Anglais avec une voix tantôt criarde, tantôt sourde. Nous n’étions qu’une dizaine d’intervenants, mais je me suis sentie …médiocre. En être revenue au point de départ après avoir négligé de faire des efforts encore et toujours, me rend humble. Je ne gagnerais jamais la bataille. Cependant je résiste à nouveau de toutes mes forces. Autant dire que je suis aux portes de l’enfer. J’ai été devrais-je dire, dans un état lamentable pendant près d’une semaine. Et si je n’avais pas pris conscience que j’allais droit dans le mur, cela aurait pu être bien pire. Bébé a pris un congé exceptionnel de quelques jours afin de me soutenir et le pire c’est qu’il s’en veut car il n’a pas vu que je rechutais. Je suis immonde de lui imposer ça! Il est un aspect de la personnalité de Mummy que je ne connaissais pas. La miséricorde. Il a dû lui falloir une grande générosité d’esprit pour admettre que sa belle-fille est alcoolique. J’ai été mortifié par mon aveu, mais il était nécessaire. Elle n’a même pas eu l’air surprise, et pour cause!
    Madam’ gère une bonne demi-douzaine d’associations locales et parmi celles-ci il y a un groupe d’AA. Elle m’a proposé de m’accompagner à leur prochaine réunion et j’ai accepté.
    J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
    Pas sur ma misérable existence cette fois, mais pour ce que m’a accordé Mumy en me conduisant elle-même à la séance. Lorsqu’elle s’est dirigée vers le pupitre, j’ai cru à son intervention en tant que présidente qui souhaitait la bienvenue à l’assemblée. Droite dans ses bottines, avec une certaine fierté dans le regard, elle a commencé son discours par ces mots.
    - Hello, my name’s Dorothy. I’m an alcoholic ! I've been clean past twenty years and three weeks! Ses yeux ont soutenu mon regard ébahi pendant des secondes qui m’ont paru une éternité. C’est à ce moment que mes larmes ont brouillé ma vue. La première question qui m’est venue à l’esprit était tellement ridicule que cela m’a fait sourire. Qu’y a-t-il dans cette bouteille de blanc grand cru qu’elle se fait servir en toutes occasions? Je reconnais qu’il y a plusieurs boissons sans alcool proposées aux hôtes au cours des soirées et réceptions que Mummy organise, mais jamais il ne m’est venue à l’idée que c’était parce que Madam’ vit la même galère que moi. Dans alcooliques anonymes, il y a anonyme. C’est donc une immense confiance qu’elle m’accorde en m’accueillant au sein de l’association, de son association. J’ai été la dernière à prendre la parole. Juste quelques phrases timides, mais je sais qu’à présent je pourrais compter sur un appui en plus de la famille. Durant le trajet de retour Mumy m’a succinctement confié son parcours et je dois dire qu’elle a bien jonglé avant de retrouver la sérénité devant un petit verre de sherry. Avec beaucoup de volonté et un peu d’imagination je devrais moi aussi y parvenir. Ash est rassuré et nous nous sommes isolés à l’appartement de Londres afin que je puisse me remettre de tout cela. Vers la fin de la semaine dernière Ma Canaille a dû se rendre chez son concessionnaire Mercédès à Paris à cause du retard de livraison de son nouveau bolide. Moi cela ne me perturbe pas outre mesure, mais monsieur commence à trépigner et il devient un peu ronchon. Je ne l’ai pas accompagné, je suis restée à l’appartement et je me sens comme un poisson dans l’eau dans le quartier. Je passerais sous silence le fait que je me sois perdue le premier jour. Une gentille dame m’a amené au bon arrêt de bus dont le terminus est en fait à trois arrêts de notre rue. Je suis déjà allée me promener plusieurs fois en bord de Tamise et j’ai repéré quelques boutiques intéressantes dans la rue principale. J’ai découvert un salon de thé charmant et ils ont au moins une trentaine de types de thé à disposition. L’accompagnement du tea o’clock est délicieux. J’adore leurs scones fourrés à la framboise. Cela dit, je pourrais en avaler une dizaine que cela ne me ferait pas prendre un gramme. Mes analyses sont catastrophiques. Ma malnutrition devient pathologique a dit le médecin. Je serais en déficience de certains nutriments ce qui entraine une carence. Je dois rechercher d’où me vient ce besoin de me priver de nourriture. Au fond de moi je le sais, mais le temps où me laisser mourir de faim me protégeait des coups est loin à présent. Mon cerveau est ridicule, et moi donc? C’est préoccupant. Je crois que je deviens la représentation sur jambes de l’imbécilité.
    Après mai soixante-huit, il y a eu novembre deux mille dix-huit! Samedi, Bébé a vécu l’horreur en région Parisienne. Il parait que le long des champs Elysées c’était impraticable. Le restaurant qu’il nous arrive de fréquenter a été saccagé et la police utilisait des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Impensable! Mais que se passe-t-il? Sam aussi m’a raconté que tout près de chez eux il y avait des ‘‘gilets jaunes’’ -c’est ainsi que se feraient appeler les gens qui ont des revendications- qui manifestaient. Ce n’était pas brillant non plus. Des véhicules ont été abimés -pneus crevés et carrosseries rayées- et le chahut au rond-point se serait transformé en pugilat entre plusieurs automobilistes. L’un d’eux aurait sorti une machette de son coffre parait-il? C’était à prévoir j’imagine. Il y a tellement de gens qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Manifester, ils en ont le droit, mais à Paris ce serait des casseurs de l’extrême droite a dit le ministre de l’intérieur -j’espère seulement que ce monsieur est bien informé pour accuser- en conférence de presse. Si cela est avéré, c’est lamentable. Ce que j’en dit…
    Ce soir nous remontons chez mes beaux-parents, il est temps que je me mette au travail pour faire de notre ‘‘mushroom’’ un petit nid douillet. Phillip m’a dit que les travaux ont bien avancé, cela me comble de joie. Dans l’immense pagaille de ma vie ces derniers jours, il est une chose qui m’a redonné ma joie de vivre et un fou rire incontrôlable. Ash à fait un parcours de golf avec Henry et …il a aimé cela! Je crois que je l’ai un peu vexé en lui disant que c’était un sport réservé aux retraités. Il est hors de question que je l’accompagne dans la petite golfette sur le green. J’ai encore un peu de fierté moi!

    Je remercie infiniment Madam’ pour la bonté dont elle a fait preuve à mon égard…

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