• LeNDeMaiNS...

       ...Demain sera un autre jour.

    Pour moi, demain devrait être un mot de six lettres qui m'assure plein de promesses, de joies à venir et de tendresse annoncée. Dans l'instant tout n'est qu'incertitudes, chaos et angoisses. Je n'ai envie que d'une seule chose : m'enfuir pour être libre! Je suis libre, mais mon esprit ne l'est pas.
    Personne n'a pensé à cela, pourtant depuis cinq ans je suis moi aussi prisonnière. Prisonnière de mes incertitudes, de mes douleurs et de la terreur qui me bouffe jour après jour...
    C'est la pire des geôles qui soit puisque je suis libre de mes allées et venues. Ma prison est indécelable à l’œil nu. Je souffre de cet enfermement depuis le jour de son procès. La crainte du jour de sa sortie me séquestre aussi efficacement que des barreaux en acier. Quant aux cauchemars, ils ne quittent plus depuis que je me suis rendu compte de ma claustrophobie...
    Barricadé par mes émotions, aucune fuite n'est possible,  la panique m'envahit toujours un peu plus. 
    Ma cellule est très confortable car elle est prévue pour une détention à vie. Je la façonne douillette et capitonnée. 
    J'ai parfaitement conscience que mon jugement est faussé par l'intensité de mon désarroi. Il m'est impossible de brider mon instinct qui me recommande la prudence. Cette prévoyance -méfiance- maladive pourra éventuellement me sauver la vie un jour. 
    Mon inquiétude devrait pourtant être apaisée, j'ai la chance de disposer d'une meute solide pour me soutenir. Un cercle d'irréductibles qui passent leur temps à me réconforter, me faire avancer et surtout me rassurer. André dort avec son ''bâton de feu'', les filles me trouvent des vêtements passe partout et Lamine a mis sa garde personnelle à ma disposition. Je promets que je ne rejoindrais pas ma chère Sonia sans me battre. Tant qu'à y laisser ma peau, autant défendre ma vie chèrement. 
    Dans cette dérobade, j'abandonne des pans entiers de mon âme. Malgré moi , je me suis déjà délesté de ma livre de chair -Je fais référence au Marchand de Venise-Shakespeare/Être SDF cela n'empêche pas d'être cultivé- un acquittement pour lequel je n'étais redevable en rien, j'avais déjà largement payé ma dette. Je me refuse à penser de quoi demain sera fait. 
    Ma dernière fugue, mon échappée belle, je veux choisir moi-même sa venue.  
    Mon absence ne se remarquera que le temps d'un cours chagrin. Je n'ai plus peur de la mort car il n'y aura pas grand monde pour me pleurer! Je ne suis plus là depuis longtemps! 

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