• LiGHT BRiGHT MeMoRieS…

    La "Pitchounette" comme l’on me surnomme parfois est abattue, mais je vais me reprendre! 

    En soirée Bébé et moi sommes allés grossir le flot des visiteurs du premier festival des lumières organisé dans la capitale britannique. Et en effet, Londres brille de mille feux et la foule s’est réappropriée les grands sites emblématiques de la ville. Le principe des faisceaux de lumière colorée offre des œuvres d’art pour le moins flashies. Leur jardin lumineux s’inspire de Bellecour, mais les roseaux et les pivoines géantes sont trop statiques à mon goût. Ce doit être à cause des bancs disséminés en dessous!
    C’est comme si la fête des lumières s'était téléportée outre-manche en janvier. Je suis la première à reconnaître que c’est très beau, -pas magnifique comme s’exclament certains- mais le cœur n’y est pas!
    Heureux comme un gamin dans une confiserie, Bébé n'a même pas remarqué mes larmes devant cette ‘‘red phone box’’ détournée en aquarium tellement il était bluffé. Moi, l'ambiance commençait à me peser et les façades enluminées me donnaient mal à la tête. Je n'ai pas voulu gâcher son plaisir alors j'ai fait comme si. Réminiscences d’odeurs, d’images et il a suffi d’une chanson pour que soudain les battements de mon cœur s’accélèrent. Des souvenirs que je croyais profondément enfouis remontent à la surface. Ils étaient seulement restés tapis depuis ce terrible mois de Juin où ma Sosso m'a quitté. Le huit décembre deux mille onze avait été mémorable et soudain, là, tout me revient en mémoire. C’est très violent. Replongée, malgré la météo merdique dans la "chaleur" du festival des lumières, j'ai un coup de blues. D'aucuns, sans comprendre, diront qu’il était malvenu de me conduire en un tel lieu. Trop tôt, trop traumatisant? Depuis le décès de ma chérie je suis déjà retournée à la fête des lumières à Lyon. Cela ne m’a jamais autant bouleversé que ce soir. Ici, c’est une question d’ambiance, de souvenance…
    Je ne suis pas non plus aux côtés de Bébé pour lui pourrir ses loisirs. J’estime qu’il a le droit de se détendre, et il apprécie que je l'accompagne. Que les mauvaises langues se taisent, j'aime lui tenir compagnie. Certes, ses loisirs ne sont pas toujours judicieux, mais lorsque l'on passe son temps à se mettre le cerveau en bouillie pour le bien-être de la communauté, l'on a le droit de relâcher la pression de temps en temps et de la façon dont on le désire, cigares, whisky et poker compris.
    C’est simple, selon mon thérapeute, je dois résister aux assauts des ‘‘ressouvenirs’’ qui m’empêchent d’avancer. Il me faut reprendre possession de la personnalité qui me caractérisait ‘‘avant’’. Je dois en finir avec la femme soumise et sous emprise que j’étais devenue. Pour cela je dois refuser que l’on me traite comme une poupée de porcelaine. Bébé a parfaitement compris que j’étais solide avec encore quelques failles à combler sans pour autant me maintenir dans du coton. Il prend soin de moi sans m’infantiliser et je lui en suis infiniment reconnaissante.
    C’est pour cela que j’ai attendu d'être dans ma chambre pour ouvrir les vannes et laisser couler les larmes qui me brûlaient les yeux. J’ai déjà pleuré mon saoul lors du décès de Sonia, mais là il s’agit d’un rappel de douleur dont je me serais bien passée.
    Ma douce était une joyeuse jeune femme qui aspirait à une vie heureuse après un épouvantable calvaire de plusieurs années. Elle avait foi en la justice et elle en est morte. Ne vous méprenez pas, Sonia était mon amie, ma sœur, mon soutien et la compagne de mes errances. Nos jeux n'avaient rien de sexuels. Ils étaient seulement faits de vagabondages dans les traboules, de rapines à la supérette d’un quartier populaire, de courses poursuites avec les agents de sécurité de La Part Dieu, de visites à des ami(e)s installés dans un campement de S.D.F aménagé dans un terrain vague et de soirées souvenirs. Souvenirs des jours où elle passait une heure sous la douche car l'eau brûlante la soulageait de ses blessures du corps et de l’âme. Souvenirs de mon interprétation de la danse des sept voiles afin d'éviter les coups. Contrairement à moi, Sonia se reconstruisait et celle-ci entrevoyait enfin le bout du tunnel.
    - Profites de la vie Bella, elle est si courte! Elle ne croyait pas si bien dire ma Douce.
    Plus timorée, non plus réaliste je savais que rien n'était tout noir ou tout blanc. Maintes et maintes fois je lui disais de faire attention. Elle oubliait souvent son fil d'Ariane (toutes celles qui ont besoin de "protection" savent de quoi je parle) et s'en moquait. Puis un jour elle s'est retrouvée face à un agresseur et il n'y avait personne pour l’en protéger. Ce genre d’être nuisible fini toujours par retrouver sa victime. Il n’a pas été condamné puisque la justice n’a rien pu prouver. C’est monstrueux!
    Daniel était un pervers, un violeur, un immonde personnage, mais ce qu’il recherchait avant tout, c’était à récupérer l’emprise qu’il avait sur Sonia. Alors, trois ans et demi plus tard, j’ai moi-même des doutes. D’autant que trois semaines après l’agression de Sosso, une autre jeune femme a été attaquée et brutalisée à deux rues d’où a été trouvée Ma Douce. Ma chérie qui aimait tant la chaleur et les mélanges tropicaux pimentés est morte sur une table d'opération froide et aseptisée. Cela je ne peux l’admettre. Alors oui, ce soir lorsqu’ils ont diffusé la mélodie de nos moments d’oubli, j’ai craqué. Vivre au sein de la famille d’Ash me procure un isolement salutaire fait de réflexions et de quiétude. Finalement, je viens de comprendre que Mum’ possède l’empathie nécessaire pour avoir deviné qu’il me faut un espace privé pour m’y réfugier mes jours de tempête. Sa quasi obsession à ce que j’occupe une chambre personnelle n’est pas une brimade, mais un refuge qu’elle m’offre afin de prendre le temps de me refaire bonne figure sans en être honteuse. Ash m’a donné le plus doux des baisers avant de me souhaiter une bonne nuit et de cela aussi je lui suis reconnaissante. Son esprit conçoit parfaitement que pour avancer, je doive parfois faire une pause, une régression. Philipp lui, me donne l’occasion de m’initier correctement à la langue de Shakespeare et ainsi j’ai accès des textes magnifiques que, je l’avoue, je ne maîtrise pas encore à la perfection.
    "Les larmes les plus amères que l'on verse sur les tombes viennent des mots que l'on n'a pas dit, des choses que l'on n'a pas faites -Harriet Beecher Stowe-
    Cette citation reflète tout à fait ce que je ressens. De la culpabilité…

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