• LiTCHy...

    LiTCHy...

    ... Façonnée par les épreuves qui ont jalonnées une enfance misérable, Litchy a hérité d'une force de caractère peu commune. Devenue une belle jeune femme, elle rencontre celui qui la propulse malgré elle au centre d'une vendetta meurtrière. La ressemblance troublante de Litchy avec Amélia, l'épouse de son frère, pousse Lukas  Delmont, à utiliser la jeune femme comme appât afin de mettre sous les verrous un dangereux malfrat. Fenzhar Difenzo est soupçonné d'être le commanditaire du meurtre du frère cadet de Lukas Delmont, mais preuve n'en a jamais été faite. Protégée discrètement, Litchy approche cet individu peu recommandable. Son cœur vibre pour le siamois de madame Justice, mais peu à peu, le côté humain de Lukas disparaît au profit de sa vengeance personnelle. Litchy s'aperçoit avec horreur que l'homme perfide et redoutable qu'est Fenzhar ne lui est pas indifférent... En prenant part à l'affrontement qui oppose les deux hommes, Litchy a de plus en plus de mal à trancher qui de Fenzhar ou de Lukas mérite son amour... 

    Notes de l'auteur:  J'ai créé cet univers dans le seul but de me prouver que j'étais capable d'écrire plus qu'une nouvelle. J'ai besoin de toute ma concentration. Cela équivaut pour moi à tenir la barre d'un voilier en pleine tempête. J'espère que le style, le vocabulaire et le parler-écrit que j'utilise désormais plaira! 

  • LiTCHy ( I )...   ...Li-Chang-meï dites Litchy n’a de chinois que son nom de baptême. Enfant trouvée à la naissance, elle n’a aucune des caractéristiques physiques d’une asiatique. Un matin d'automne elle fut déposée à l'abri des intempéries dans un vieux panier bien dissimulé aux éventuels regards inhospitaliers. Ses vagissements attirèrent l'attention d'une passante qui la découvrit enveloppée dans les plis serrés d'un plaid sur lequel était épinglé un simple billet rose qui indiquait que sa mère souhaitait qu'elle porta ce prénom. Si cela n'avait pas été des quatre enfants dont elle avait déjà à s'occuper elle aurait volontiers accueillie cette jolie petite fille, elle qui n'avait que des garçons. Le destin en décida ainsi : Litchy serait donc une "sans famille". La pauvre gamine dut s'adapter très tôt aux règles que lui imposaient sa vie d'orpheline. Sevrée d'affection et d'intimité dès son plus jeune âge, elle devint farouche et cruelle envers celles qui partageaient son infortune. Elle se forgea un caractère hors du commun à mesure que les années passaient. Subissant stoïquement le défilé des familles d'accueil qui la reçurent un temps avant de la "rendre " à la DDASS tant elle était ingérable au sein d'une vie de famille. L'année de ses douze ans elle fut adoptée par un couple qui ne lui prodigua ni affection, ni intérêt, trop occupé par leur vie mondaine. Certes ces gens étaient riches et cultivés mais ils ne possédaient aucune fibre parentale. Ils avaient besoin d'un enfant pour que l'illusion d'une famille parfaite soit totale. Quoi de mieux qu'une adoption pour passer pour de braves et charitables personnes. Ils avaient choisit Litchy un peu comme on choisit un chiot, à savoir le plus beau de la portée. Puis après l'avoir exposer pendant un temps aux yeux de leurs relations et amis, ils l'oublièrent dans l'immense manoir qu'ils occupaient les trois mois d'été. Sous la garde de nombreux serviteurs, livrée à elle même, car ils oublièrent de l'envoyer au collège, la gamine se réfugia dans la bibliothèque familiale où elle combla sa solitude de lectures en tous genres. Dans le cocon protecteur aux centaines d'étagères, de savante, elle devint érudite. De temps en temps, oncle Georges -ancien professeur de métier- venait l'y rejoindre et lui enseignait quelques rudiments de mathématiques, d'algèbre, de géométrie et de physique. Toujours bienveillant et chaleureux, Litchy ne remarqua pas les regards vicieux du vieil homme. Elle essaya de lui résister le jour où il l'installa sur ses genoux pour se masturber et devant son peu de bonne volonté, il la menaça des pires sévices.
    Plus tard, derrière la maison sous le saule, bien à l'abri des regards, il la fit mettre à genou entre ses cuisses. Maintenant rudement sa tête en enserrant sa nuque de ses doigts gourds il lui ordonna d'introduire son membre au goût d'urine entre ses lèvres. Elle dut sucer cet esquimeau rance jusqu'à ce qu'il se vide d'un liquide visqueux sur sa robe. Litchy en eut la nausée pendant deux jours et l’odeur de cet abject pervers lui resta dans les narines pendant des semaines. Résignée, à chacune des nombreuses visites de Georges, elle cédait aux caprices de celui-ci tantôt agenouillée sur le carrelage de la cuisine tantôt sur la moquette de la bibliothèque où elle allait de moins en moins. Litchy tentait de se cacher mais le vieux pervers parvenait toujours à la trouver. Il avait découvert un nouveau jeu qui semblait terriblement lui plaire. Dépravé mais heureusement guère téméraire, cela consistait à ôter la petite culotte de Litchy qu'il faisait se pencher en avant. Puis, il caressait "sa bête" comme il nommait son membre contre la chair soyeuse de sa victime. Puis exigeait qu'elle serra ses cuisses très fort pour lui donner l'illusion d'une pénétration. Pour parachever les festivités, grognant comme un animal il se branlait entre ses fesses, et lâchait une liqueur visqueuse et chaude qui mouillait les cuisses rougies de la jeune fille.
    - " Un jour ma beauté, je te ferais goûter à la bête bien dure entre tes cuisses écartées. Bientôt tu verras... ! " Sa phrase restait en suspend et Litchy en frissonnait de peur et de dégoût. Heureusement elle comprit promptement, qu’à se laisser faire sans rechigner lui laissait l’avantage. Pendant près de deux ans elle dut subir les assauts d'oncle Georges puis celui-ci se lassa car en grandissant son corps se transforma et il n'aimait que les très jeunes filles. Litchy vit son cauchemar se terminer pour se précipiter dans le suivant car elle devint la proie d'un des commis de ferme. Henry se soulageait en elle tous les vendredi soir et dès qu'il pouvait la coincer dans un endroit désert de l'immense domaine tandis que les parents adoptifs de Litchy se gavaient de mondanités à des centaines de lieues du manoir. La première fois, ce débauché l'avait traîné au fond de la grange un soir d'orage tandis qu'elle se protégeait de la pluie. À cause du fracas de la tempête personne n'entendit ses cris.
    Celui-ci la bâillonna avec son mouchoir, puis la ficela bras en l'air au râtelier de fourrage des chevaux. Il l'avait longuement tripoter par-dessus sa robe légère, insistant sur ses seins et ses fesses, se gaussant de ses efforts inutiles pour lui échapper. Sans ménagement il avait glissé ses mains dans sa petite culotte, caressé ses fesses rudement et déchiré le sous vêtement qui le gênait.
    Comme elle se débattait encore, il attrapa une cravache et lui en asséna quelques coups sur les fesses. Litchy n'eut d'autre choix que de se laisser violer.
    Elle avait serré les dents lorsqu'Henry avait mis ses mains sales entre ses cuisses. Il avait enfoncé deux doigts au creux de son intimité et tout en les remuant il lui promettait au creux de l'oreille qu'elle allait aimer cela. Une fois son pantalon défait il empoigna son sexe raide et tendu. Pendant quelques instant il oignit cette lance de chair qu'il enfonça rudement en elle. L'ayant pénétrée il lui asséna de violents coups de reins, grognant dans son cou des mots imperceptibles et écrasant ses seins sous l'effet du plaisir.
    Litchy avait perdu connaissance lorsque son hymen avait cédé. Ainsi elle n'eut pas à hurler quand son bourreau plongea son sexe entre ses fesses, enduisant méticuleusement le fourreau étroit de sa victime de l'ambroisie visqueuse qui s'écoulait de son membre. Quand il eut terminé, il l'a détacha puis la laissa violentée et souillée sur la paille à même le sol. Á son réveil, sous une pluie battante elle alla se plonger dans l'eau glacée de l'étang et y resta jusqu'à grand nuit. Retenant ses larmes et s'interdisant de crier sous l'effet de la douleur cuisante qui irradiait dans toute son intimité, elle frictionna et récura sa chair tendre. Comme s'il avait deviné qu'elle se tairait, Henry attendit plusieurs jours avant d'aborder à nouveau sa victime.
    - Si tu ne veux pas avoir un accident tu as intérêt à garder bouche close! Tandis qu'il l'intimidait, Henry l'entraîna sous le hangar et commença à la peloter rudement. Elle se débattit pour le principe mais elle savait que même si elle y mettait tout son cœur elle ne parviendrait pas à se sauver. Cette fois ci il glissa ses doigts sous son t-shirt et titilla la pointe de ses seins avec rudesse. Litchy souhaita qu'il soit foudroyé à l'instant. Mais malheureusement son ange gardien n'avait toujours pas été nommé.
    - Enlève ta culotte et viens ici! ordonna-t-il en lui montrant une charrette tout près de lui. Elle s'exécuta lentement, s'attendant au pire. Henry bandait déjà si fort que cela lui était douloureux et à voir la répulsion avec laquelle sa jeune proie l'approchait il se décida à accélérer les choses. Il la souleva et la laissa retomber brutalement à sa hauteur sur le marchepied de la charrette, lui labourant douloureusement les cuisses sur le bois rugueux. Il lui écarta violemment les jambes, ouvrit sa braguette et prit son membre raide entre ses doigts. Il posa son autre main sur ses fesses et la poussa sur son sexe qu'il enfonça vigoureusement en elle. Il explosa instantanément en elle et lorsque la jeune fille sentit couler ce liquide chaud et visqueux entre ses cuisses elle se jura que plus jamais il ne lui ferait de mal. Ni l'un ni l'autre n'avait remarqué la silhouette grise qui les observait.
    Le destin aida Litchy à tenir sa résolution car elle fut délivrée de ses deux bourreaux à quelques jours d'intervalle.Le vieil oncle avala par mégarde du désherbant conservé dans une bouteille étiquetée vin de pays. Jeanne l'une des femmes de peines qui s'en servait pour éradiquer les mauvaises herbes du potager, le rangeait toujours soigneusement dans l'appentis. Litchy qui connaissait le dangereux produit n'avait pas bouger un cil en voyant Georges se servir un verre de la terrible mixture. Il en avait avalé une longue gorgée avant de se rendre compte de sa méprise. Il fit une horrible grimace, échappa le verre qui se brisa avec fracas sur les dalles puis il s'affala presque aussitôt. Entre deux respirations saccadées, il tentait de demander de l'aide à sa jeune victime. Le sourire effrayant de Litchy fut la dernière chose qu'il vit. Elle n'appela du secours que lorsque cessèrent les râles provoqués par la souffrance qu'entraîna l'absorption de l'infâme breuvage. Au médecin du SAMU qui l'a questionna elle répondit les yeux noyés de larmes :
    - Cela est arrivé tellement vite! Je...je n'ai pas compris tout de suite ce qui se passait! Après il était trop tard je n'ai rien pu faire!
    En état de choc, son chagrin faisait peine à voir alors personne n'insista. Pas même les gendarmes qui conclurent à un malheureux accident domestique. Quelque heures plus tard, Henry disparut et on le chercha pendant des semaines, puis l’odeur aidant, on le retrouva dans le vieux puits à sec au fond du jardin maraîcher. En chutant dans le large boyau en pierres il s’était fait, en plus de larges entailles, un grave traumatisme à la base du cou. Ce fut la conclusion des enquêteurs et aucune question ne fut posée car il était de notoriété publique que l'homme buvait beaucoup plus que de raison.
    Pourtant dans la haie broussailleuse, à deux pas du lieu de l'accident, un marteau taché de sang rouillait pluie après pluie. Litchy devint de plus en plus maussade et sa morosité éloigna les deux seules personnes qui prenaient soin d'elle avec affection. Elle s'isolait et refusait toutes sorties. Le jour de ses dix sept ans, elle dédaigna l'invitation à accompagner ses parents à la férã qu'elle aimait pourtant énormément. Le soir, au retour ceux-ci trouvèrent la mort dans un accident de voiture. Les experts en vinrent à la conclusion que le flexible qui lubrifiait le tambour des freins avait cédé. La voiture était allée s'encastrer sur les rochers dans le ravin deux cents cinquante mètres en contrebas. Parce qu'il le fallait Litchy assista à l'enterrement puis taciturne elle s'enferma dans sa chambre, refusant de se nourrir. Un notaire vint lui rendre visite et elle apprit qu'elle était émancipée. Unique héritière de ses parents adoptifs, elle mit la succession en ordre, fit son sac et disparut...Mylhenn...


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  • LiTCHy ( II )...   ...Lukas, bel homme, la quarantaine bien sonnée, repéra la gamine en train de substituer son porte monnaie à une imprudente qui l'avait laissé bien en vue au dessus de son panier de courses. Litchy sentant qu'on l'observait lâcha son larcin. Elle affronta d'un regard insolent celui qui la fixait avec insistance un sourire amusé aux lèvres. Agacée elle prit la fuite en le bousculant violemment. Vif comme l'éclair Lukas lui agrippa le poignet avant qu'elle n'ait pu s'échapper avec le portefeuille qu'elle venait de lui dérober adroitement. L'aspect et la lueur assassine qu'il découvrit dans les yeux bleus de l'adolescente le dissuadèrent de faire appel aux forces de l’ordre. Elle le défiait sans crainte et sous ses airs encore enfantins se cachait une farouche détermination. Il examina celle-ci avec attention et son visage se révéla peu à peu sous la couche de crasse qui le recouvrait. Lukas tressaillit en découvrant quelque chose de troublant dans les traits de la jeune fille. La jeune fille qui n'avait pas dû être à la fête depuis longtemps, ressemblait étrangement à une personne qui lui avait été chère. Fatiguée et affublée de vêtements plus qu'élimés sa prisonnière ne devait pas avoir plus de seize ou dix-sept ans.Soudain sa décision fut prise et il entraîna sa captive vers une grosse berline noire garée non loin de là. Aux rares personnes qui s'interposèrent en entendant les cris faussement déchirants de Litchy il déclara avec aplomb qu'il s'agissait de sa nièce qui avait fait une fugue. Litchy se débattait comme un beau diable et malgré ses protestations il ouvrit la portière et la propulsa sans ménagement à l’arrière du véhicule, s'y engouffrant à son tour. Aussitôt celle-ci tenta de s'échapper par l'autre portière, mais le chauffeur qu'elle n'avait pas vu derrière les vitres teintées de la voiture verrouilla le véhicule.
    Lukas lui intima l'ordre de se tenir tranquille puis Charles démarra dès que Monsieur le lui ordonna. Tapie à la manière d'un petit animal sauvage qui se tenait prêt à bondir, Litchy regardait fixement devant elle, calée contre le siège, droite comme un i, les mains bien à plat sur le cuir noir. Elle ne répondit à aucune des questions qu'on lui posait. Elle resta ainsi sur ses gardes pendant tout le trajet. 
    Lorsque l’automobile s’engagea dans la cour intérieure d’une grande maison bourgeoise, elle toisa son ravisseur. Seule de la curiosité se lisait dans son regard. Puis la grille de l’immense portail grinça pour se refermer après leur passage. Lukas discerna une légère ombre dans les yeux de son invitée qui frissonna malgré elle. En descendant de la berline, Monsieur donna quelques ordres à son chauffeur avant de disparaître dans la bâtisse. Litchy venait de comprendre qu'il lui serait très difficile de fausser compagnie à son hôte sans avoir étudier attentivement la disposition des lieux aussi elle suivit Charles de bonne grâce lorsque celui-ci l'en pria. Dans la spacieuse cuisine où il l'avait conduite, l'homme à tout faire du procureur Delmont lui prépara une copieuse collation qu'elle dévora promptement.
    Á son tour il tenta de la questionner mais elle resta muette. En l'observant plus attentivement celui-ci lui trouva une certaine ressemblance avec ...mais non il devait se tromper. Cependant il pensa que Monsieur avait certainement perdu la tête pour s’encombrer de cette petite. L'espace d'un instant il se vit couper le système de sécurité pour permettre à la gamine de s'enfuir mais comme il n'était pas certain de pouvoir affronter à la colère dévastatrice de son maître, Charles se contenta donc de servir à Litchy un grand verre de jus d'ananas sur lequel elle se jeta avec plaisir. Malgré ses encouragements elle resta de marbre. Il l'accompagna ensuite dans une des chambres du haut. Il lui montra la salle de bain, lui sortit un peignoir moelleux et la laissa seule. En s’éclipsant il ferma la porte à clé. La jeune femme se précipita sur la poignée en entendant le cliquetis de la serrure mais le battant refusa de s'ouvrir. Elle asséna un violent coup de pied contre la boiserie mais elle savait dors et déjà qu'elle devrait composer avec leurs règles du jeu. Peu convaincue elle alla tout de même près de la fenêtre et y découvrit un jardin entouré d'un haut mur grillagé. Dépitée, celle-ci se déshabilla et se plongea dans un bain bien chaud. Puis enveloppée dans le peignoir que lui avait préparé Charles, elle fit à nouveau le tour de sa prison dorée en furetant dans le dressing qui avait à peu près la taille de son ancienne chambre. Puis de nouveau elle se risqua à loqueter la porte mais celle-ci refusa toujours de s'ouvrir. Désappointée elle lorgna sur la confortable couverture qui recouvrait le lit.
    Que risquait-elle à se reposer un moment? Elle ôta le peignoir humide qui l'enveloppait puis s’étendit de tout son long sur l'épais matelas avec un soupir d'aise. Elle ne sentit même pas le sommeil la cueillir. Charles s'était procuré quelques vêtements pour l'adolescente qu'il confia à son maître. Lukas toqua plusieurs fois au vantail, et n'obtenant pas de réponse il déverrouilla la serrure et entra silencieusement. La vision qui s'offrit à lui le cloua sur le seuil. Litchy nue, était allongée sur le ventre, une jambe relevée sur le traversin qu‘elle tenait serrée contre elle. Abandonnée dans les bras de Morphée, la jeune fille avait un bras hors du lit, ses longs cheveux blonds pendaient sur son épaule. La belle endormie offrait une vue parfaite sur ses fesses. Mais pas que. Sa jambe remontée haut livrait aussi sa toison blonde et fine, au regard de Lukas. La vue de cette croupe aguichante provoqua un début d'ouragan dans son boxer. Il posa le sac de vêtements sur une chaise proche, et recula prestement hors de la chambre. Litchy dormit quinze heures d'affilée. Á son réveil elle bondit hors du lit en se souvint où elle se trouvait. Elle, si prudente d'habitude, fut contrariée par sa nudité.
    Aussitôt elle se précipita à la salle de bain pour récupérer ses vêtements. Elle tordit le nez avec dégoût en constatant dans quel état ils étaient. Elle se rappela alors du dressing visité la veille, dedans il y avait tout un côté avec des vêtement féminins.
    Elle en ressortit avec un slim, une chemise et une veste longue en laine fine. Tant pis pour les sous-vêtements! se dit-elle. C'est alors qu'elle remarqua le sac déposé par Lukas. Charles avait vu les choses avec générosité, mais les vêtements étaient bien trop larges pour elle. Elle esquissa un sourire en faisant l'inventaire des sous- vêtements. Elle repoussa une brassière couleur champignon agrémenté d’un abricot brodé sur l'épaule et se contenta d’enfiler une petite culotte chair, une pomme dessinée sur le côté droit.Tous les coordonnés se déclinaient dans la gamme vitamines de l’été, une vraie salade de fruits. Genre petite fille sage l'on ne devait pas faire mieux. Heureusement les mocassins souples qu’elle enfila pour remplacer ses vieilles baskets lui allaient à la perfection. Son visage se rembrunit en songeant dans qu'elle tenue elle s'était endormie. Qui avait déposé le sac? Une fois prête, elle se sentit de taille à braver l'ennemi et comme le meilleur moyen de le combattre c'est de le connaître, elle se dirigea résolument vers la porte. Cette fois-ci le battant s'ouvrit. Elle aperçut les caméras aux angles des murs du couloir mais elle s’en moqua. Telle une petite souris elle se mit à explorer discrètement l'étage. Passant de pièces en pièces, elle y jetait un bref coup d’œil. Elle évita celle près de la rampe car elle devina que c’était la chambre de Monsieur. Un portant sur lequel Charles avait disposé quatre ou cinq costumes était rangé contre la cloison. Elle descendit silencieusement le grand escalier qui conduisait au rez de chaussée, et continua son investigation discrète. Elle passa devant l’imposante porte d’entrée, mais se garda bien d'y toucher car elle savait que l'alarme retentirait aussitôt. Voyant une porte entrouverte, elle en franchit le seuil et se retrouva dans un grand bureau.
    Malgré les volets entre-tirés elle distingua divers objets de collection disposés sur les étagères, il y en avait certainement pour une petite fortune. De nombreux livres étaient disposés sur un volumineux classeur, ils traitaient pratiquement tous de questions juridiques. Sur la grande table qui servait de bureau, elle découvrit un portefeuille duquel dépassait une liasse de billets. Elle recula, ce n’était pas le moment de faire une bêtise. La jeune fille avait deviné que l'on suivait son périple pas à pas. Elle fut à peine surprise de trouver Charles dans la cuisine. Celui-ci préparait le petit déjeuner en prêtant une oreille distraite à une station de radio qui débitait un air à la mode. Elle remarqua le voyant rouge de la console de réception des caméras intérieure qui clignotait et sut que grâce au petit écran de contrôle l'homme à tout faire de Lukas avait suivi chaque instant de sa randonnée. Il se ferait d'ailleurs un plaisir de rappeler à son maître ce que voulait dire "fermer à clef".
    Le spectacle qu'avait surpris Lukas lui avait tout bonnement fait oublier de reverrouiller la serrure. Du regard Charles invita Litchy à entrer. Celle-ci abandonna son mutisme en le saluant poliment.
    Elle se risqua à lui réclamer, s'il en restait, de ce bon jus d'ananas qu'il lui avait servi la veille.
    - Á condition de connaître votre prénom jolie demoiselle! la taquina-t-il. Elle hésita quelques instants puis elle se décida :
    - Je me prénomme Litchy. Euh ... rien que Litchy je n'ai pas de vrai nom de famille! Surpris Charles ne fit cependant pas de commentaire.
    - Alors "Rien que Litchy" allez vous servir dans le réfrigérateur! se moqua-t-il gentiment. Ils s'affrontèrent un instant du regard et Litchy baissa les yeux la première. Elle n'avait lu que bienveillance et gentillesse dans celui du majordome. L'homme était grand, svelte pour la petite soixantaine qu'elle lui donnait et surtout, il possédait un regard lumineux, emprunt d'une réelle bonté. Quant à Charles, celui-ci réservait son jugement, mais l'attitude réservée de la jeune fille démontrait qu'elle avait de l'éducation, mais qu'elle avait dû en baver.
    Une heure plus tard, n'étant pas de ceux qui se faisaient servir le petit déjeuner au lit, Lukas les rejoignit. Il ralentit le pas en entendant la voix de sa jeune protégée qui répondait à Charles. Il sourit malgré lui.
    Propre, reposée, habillée décemment -quoi que- rien ne laissait deviner que la veille encore Litchy était dans la rue. Aux côtés de Charles, celle-ci pressait des oranges avec beaucoup de dextérité. Elle expliquait à celui-ci comment faire une omelette crêpe à l'ananas. Elle se tut dès que Lukas entra dans la cuisine. Charles s'empressa de servir son maître et la jeune femme put se rendre compte qu'entre eux il y avait plus qu'une relation de maître à serviteur. Une entente complice les liait et même si Charles s'adressait avec beaucoup de déférence à son patron, une affection certaine se lisait dans ses yeux.
    Litchy songea soudain au majordome de Batman. Charles était un véritable Alfred pour son hôte. Installé devant un solide petit déjeuner Lukas s'intéressa à celle qui n'avait pas bougé depuis son entrée.
    D’une blondeur naturelle à rendre jalouse les stars de cinéma périoxydées, un rien provocante dans sa pose et un vêtement qui épousait le galbe de ses formes,il l'a trouvait ravissante. D'ailleurs où avait-elle trouvé cette tunique passée par dessus son slim? Ce qu'elle avait revêtue ressemblait beaucoup à l'une de ses..., il faillit avaler sa bouchée de travers en constatant que c'était sa chemise Gucci préférée qu'elle portait. D'un foulard en guise de ceinture elle l'avait transformé en haut cintré et passé par-dessus un gilet manches longues négligemment ouvert.
    Assez transparent le tissu bleu laissait deviner les rondeurs de sa poitrine. Á la détailler ainsi Lukas comprit que s’il ne se contrôlait pas sur-le-champ, il allait être obligé de prendre une douche froide.
    Consciente de l'examen qu'il lui faisait subir, Litchy ne s'en offusqua pas. Elle savait que sa plastique produisait cet effet sur la gent masculine. Cela ne lui avait amené que des ennuis mais elle s'en accommodait. Par ce biais, il y aurait peut-être moyen de négocier son départ pensa-t-elle.
    C'est le visage avenant qu'elle vint s'asseoir en face de son hôte. Les épreuves, pas si lointaines, de sa jeune existence lui avaient appris à juger les gens rapidement. En examinant Lukas elle ne le ressentit pas comme un danger potentiel. Après un long face à face silencieux elle l'interrogea enfin :
    - Pouvez-vous me dire ce que je fais chez vous? Cela s'apparente à du kidnapping non? Lukas ne cilla pas du regard.
    - Je me nomme Lukas Delmont! Lui répondit-il tranquillement.
    - Procureur de la république! Litchy n'avait rien vu venir et pour la première fois son instinct l'avait trahi.
    Tout à coup la pièce vacilla autour d'elle et la jeune femme s'écroula sans connaissance...Mylhenn...


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  • LiTCHy ( III )...   ...Le facteur vérifia encore une fois le nom sur la boîte aux lettres puis y déposa la volumineuse enveloppe à bulles. Litchy qui le guettait depuis un bon  moment à travers les carreaux bleutés de la fenêtre du sous-sol hurla quelque chose à Charles puis se précipita hors de la maison. Près de la grille, incapable de contenir son impatience, elle marchait à grand pas de long en large.

    - Dépêchez-vous Charles bon sang! Je suis sûre que c'est le courrier que nous attendons!

    Essoufflé et rouge comme un coquelicot, Charles arriva en trottinant, un imposant trousseau de clés à la main. Impatiente Litchy le lui arracha pratiquement des doigts et ouvrit la boite aux lettres avec fébrilité. Elle en retira le précieux courrier convoité. Elle savait que Lukas ne lui en voudrait pas d'avoir déchiré le sceau d'une correspondance qui en principe lui était destinée puisqu'elle était adressée à celui-ci. Elle rompit sans précaution la bande adhésive qui scellait les bords de l'enveloppe, puis lorsqu'elle en eut extrait les documents, elle tendit l'enveloppe vide à Charles.  

    - Mademoiselle Litchy Naubert, 3, port Théodore Noël, Marina poseidon, emplacement 002 O-B2,  Desistrat/Mer! lut-elle à voix haute. Soudain son regard se noya de larmes et elle se figea. 

    - Voyons Litchy ne pleurez pas! Vous avez déjà trempé votre gâteau! 

    - Le papier ne va pas y résister Mademoiselle! Elle ne répondait toujours pas.

    - Allons ce serait dommage d'abîmer ces documents!

    Du dos de la main Charles caressa tendrement la joue de Litchy. Elle se revit quelques semaines plus tôt lorsque les deux hommes avaient organisé une fête à son intention. Éblouie, ce jour-la elle avait découvert les joies d'un repas d'anniversaire avec sa débauche de mets tous plus succulents les uns que les autres. Le plaisir de recevoir un cadeau offert par des personnes qui vous apprécient avait été une grande première pour elle. Et elle avait versé, il est vrai, toutes les larmes de son corps en découvrant le superbe framboisier qu'avait confectionné Charles pour l'occasion. Elle avait soufflé les petites bougies de ses dix-huit printemps en faisant un vœu qu'elle garda secret, espérant de tout son cœur qu'il se réalise. Comme cela lui semblait déjà loin à présent. 

    - Merci Charles je vais aller ranger tout ça! D'un pas assuré elle se dirigeait vers l'entrée arrière de la cuisine lorsque soudain elle stoppa net.

    - Charles dites-moi? Disons que... que si je ne voulais plus aider Monsieur Lukas est-ce que je devrais...vous quitter vous et lui? Elle hésitait et chuchota presque la fin de sa phrase tant la réponse à venir l'effrayait.

    - À votre avis jeune fille? La réponse évasive du brave homme la déstabilisa encore plus. Après des débuts chaotiques, elle s'était habitué à ce foyer. Car s'en était bien un pour elle. 

    Entre lukas qui lui apprenait à gérer ses colères et Charles qui la maternait comme la fille qu'il n'avait jamais eu, elle se sentait enfin en sécurité. Perdre tout cela lui serait très pénible. Voyant son air désorienté Charles s'empressa de la rassurer. 

    - Litchy croyez-vous que les sentiments s'éprouvent sur commande? 

    - Au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué, Monsieur et moi-même sommes attachés à vous! 

    - Votre présence parmi nous n'entre pas en considération dans le choix que vous avez à faire! La tirade du brave homme apaisa Litchy qui se sentit plus légère. Contrairement à ce qu'elle croyait quelques mois plus tôt, son instinct ne l'avait pas abandonné le jour où Lukas avait ramené chez lui cette va-nu-pieds qu'elle était devenue à l'époque. Même si parfois les visages grimaçants d'oncle Georges et d'henry venaient encore la hanter, elle savait maintenant maîtriser ses peurs grâce aux conseils avisés de ses hôtes à qui elle avait confié son misérable passé. 

    - Litchy Naubert! Cela sonne bien n'est-ce pas Charles? Rassérénée elle brandit son enveloppe sous le nez du majordome.

    - Oui, mieux que "rien que Litchy" c'est certain! La jeune femme pouffa de rire en se souvenant des premiers mots qu'elle avait prononcé à son arrivée.

    Elle passa une partie de l'après midi à apprendre l'épais volume du scénario que lui avait confié Lukas pour sa "mission". Elle s'accorda un tea-time en la compagnie de Charles et décida d'aller se rafraîchir dans la piscine. Les yeux fermés elle flottait sur l'eau turquoise. Son esprit vagabondait à la rencontre d'Amélia et Orhys Delmont. Litchy, aux dires de Lukas, possédait une troublante ressemblance avec Amélia mais aurait-elle assez de charisme pour attirer Fenzhar Difenzo? Serait-elle capable de s'abandonner à ce truand elle qui n'avait connu de l'amour que viols et contraintes. 

    Le premier orage de l'année éclata en toute fin de journée et la pluie torrentielle frappait avec force contre les vitres. Inévitable, la coupure de courant se prolongea et ils durent composer entre les lampes tempête et les bougies d'ambiance aux parfums exotiques afin de briser l'obscurité naissante. Pour éviter à Charles des allés-venues périlleuses dans la pénombre ils prirent leur repas dans la cuisine. Après une brève accalmie le tonnerre remit ça. Éclairés par deux lampes tempête, Lukas et Litchy étaient assis côte à côte sur le grand canapé du salon. Nerveuse Litchy feuilletait une revue people en tournant bruyamment les pages avec le secret espoir que Lukas lèverait enfin les yeux de ses dossiers confidentiels. Elle le dévorait du regard en soupirant à fendre l'âme mais celui-ci ne paraissait pas la remarquer. Monsieur le procureur semblait absorbé par son travail mais c'était sans grande conviction qu'il lisait les dépositions de témoins. De temps en temps son regard de posait sur les courbes graciles de la jeune fille, résistant difficilement à l'envie de la prendre dans ses bras. Il n'arrivait pas à se souvenir du moment ou il avait commencé à regarder Litchy autrement que comme sa jeune collaboratrice. Il s'était aperçu des regards insistants et des sourires encourageants de la jeune fille, mais il s'interdisait de donner suite à de tels sentiments même s'il était aussi troublé que la ravissante Litchy. Contrariée par le peu d'intérêt que lui accordait Lukas, celle-ci jeta sa revue sur la table basse et se leva brusquement. Elle le bouscula sans ménagement en passant devant lui. Alors seulement il parut découvrir son existence.

    - Quelque chose ne va pas Litchy? Elle soupira, haussa les épaules mais ne répondit pas. Un éclair bleuté illumina le salon et trois secondes plus tard le tonnerre résonna faisant vibrer toutes les vitres de la maison. Le fracas étourdissant affola la jeune fille qui poussa un cri strident. Apeurée elle se rassit près de Lukas.

    - Que se passe-t-il? Quelqu'un est blessé? Inquiet Charles, à moitié endormi, une lanterne à la main, déboula dans le salon. 

    - Non rassurez-vous Charles! Notre Litchy a eu peur du tonnerre! Soulagé Charles reprit le chemin de ses appartements en maugréant contre l'orage. 

    - Je n'ai pas eu peur j'ai été surprise, nuance, Monsieur je sais tout! Furibonde, Litchy quitta le salon à son tour. Quelques éclairs et grondements plus tard elle était de retour. Elle se laissa tomber sur le sofa très près de Lukas.

    - Pas peur, pas peur c'est à voir! Ironisa celui-ci. Un nouvel éclair bleuté les illumina et le claquement qui s'ensuivit donna l'impression à Litchy qu'une explosion ébranlait la maison sur ses fondements.

    - J'ai l'impression d'être dans un micro onde géant quand il fait de l'orage! Je n'ai pas peur Monsieur Delmont quoi que vous puissiez en dire! Se justifia-t-elle en se rapprochant encore de lui. 

    - Mais oui, mais oui! insista-t-il goguenard. Il rejoignit ses pochettes et glissa le tout dans son trieur puis se leva. Litchy le regardait maintenant avec appréhension. D'une petite voix elle demanda :

    - Lukas s'il vous plaît est ce que je peux ...?

    - Un micro onde hein? Allez monte avec moi espèce de peste mais tu dors dans le divan c'est compris? Elle ne répondit pas. Elle attrapa l'une des lampes tempête et se volatilisa dans le couloir au risque de se rompre le cou. Au terme d'une cavalcade débridée dans les escaliers il entendit la porte de la chambre de Litchy claquer à l'étage. Il avait à peine passé son pantalon de pyjama que l'huis trembla à nouveau dans ses gonds. La porte de sa chambre s'ouvrit à la volée livrant passage à une elfe échevelée qui courut se jeter dans son lit . Litchy éteignit la lampe qu'elle déposa à même le sol. Puis, celle-ci ôta le traversin de la tête de lit et en fit une séparation entre les deux oreillers après quoi elle rabattit le drap et la couverture sur elle.

    - Et voilà! Commenta-t-elle fière d'elle. 

    - Litchy j'ai dit le divan! Gronda Lukas furieux.

    - J'ai peur na! Vous êtes content? Elle remonta la couverture plus haut et ferma les yeux en serrant les paupières avec force pour ne pas voir les éclairs et surtout le regard noir de colère que lui lançait Lukas.

    - Et la porte ? Non mais je le crois pas ! Furibond, celui-ci grommelait quelques jolis noms d'oiseaux en allant claquer le battant de l'entrée et vint se faufiler dans le lit, s'installant le plus loin possible de la jeune femme. Dans l'obscurité, Litchy sursautait à chaque éclair et geignait dès qu'un grondement se faisait entendre. Lukas sentit que la nuit allait être longue. Afin d'apprendre à se contrôler et canaliser son énergie celle-ci avait exécuté plusieurs sauts en parachute en sa compagnie, dévalé des pistes noires après seulement quelques leçons de ski et passé des heures en plongée. Lukas ne comprenait pas pourquoi cette gamine qui de plus s'était vaillamment essayée au bull riding était autant terrorisée par un simple orage? Soudain il sentit voler le drap et le traversin et Litchy vint se blottir contre lui. Ce fut à son tour d'être effrayé. Depuis des semaines il rêvait de la tenir dans ses bras et voila qu'elle se serrait avec force contre lui comme s'ils étaient amants. Il n'osait plus bouger.

    - J'ai vraiment la trouille! Je me fais toute petite! Promis! Plaquée contre lui, la tête contre son épaule et un bras en travers de son torse, la jeune femme se calma et s'endormit rapidement, faisant fi des grondements incessants de l'orage. Les cheveux de Litchy chatouillaient son thorax, son souffle régulier provoquait mille frissons sur sa peau nue et cette main qui avait glissé sur son abdomen éveillait en lui des sensations qu'il ne connaissait que trop bien. Il essaya de la repousser légèrement mais elle émit un petit gémissement et sa main glissa plus bas, beaucoup plus bas. Lukas serra les dents et releva le bras de la belle endormie. Il ferma les yeux mais son esprit le tourmenta encore longuement. Était-il sûr de pouvoir protéger Litchy correctement? Tout cela valait-il la peine de la mettre en danger? L'orage s'éloignait, bercé par la respiration de la jeune femme, le sommeil le gagna enfin.

    - Non...ooon! Arrête! Pas la non...ooon! Les cris et les sanglots de Litchy réveillèrent Lukas en sursaut.

    - Je ne veux pas non...on! Lâche-moi...oi! La jeune femme criait, repoussant à coups de talon un agresseur invisible. Lukas la secouait, mais il ne parvint pas à la réveiller.

    - Aaaaaïe! Je ne veux pas! Aaaaah...! Elle poussa un cri déchirant et s'assit brusquement en rejetant drap et couverture. Agitée de sanglots, elle tremblait de tous ses membres. Lukas déposa la couverture sur les épaules de Litchy. Á genoux derrière elle, il la serra contre lui pour la calmer.

    - Ça va aller ma belle! Ce n'est qu'un cauchemar! Il caressait doucement les cheveux de Litchy qui maintenant se cramponnait à lui sur le lit.

    - Cha... chaque fois qu'il y a de l'orage je... je vois cette grange et... et il est là! Ces quelques mots articulés avec difficulté, firent frémir Lukas. Il venait de comprendre pourquoi elle avait aussi peur. Blottie contre lui, les pleurs se tarissaient enfin.

    - J'ai peur na! Vous êtes content? Elle remonta la couverture

    - Tu ne risques plus rien! Calme-toi! L'orage est fini et personne ne te veut de mal ici! Il la berçait doucement. Puis il l'embrassa tendrement sur le front, sur la joue et ses lèvres se posèrent naturellement sur celles de Litchy qui n'osa bouger de peur de rompre le charme. Ses mains s'étaient posées sur ses hanches qu'il effleurait doucement. Elle se laissait enlacer et goûtait avec bonheur à la chaleur de leurs corps si proches. Le désir se répandait en elle comme un puissant raz-de-marée qui électrisait chaque parcelle de sa peau. Sa langue s'enroula à celle de Lukas et elle croisa ses bras sur sa nuque. Elle s'allongea lentement, l'entraînant avec elle. Les doigts qui erraient sur la peau délicate de ses seins, la faisaient ronronner de contentement. Elle remuait sous Lukas, écartant malgré elle les jambes afin qu'il puisse s'installer confortablement. Ses baisers devenaient plus possessifs et plus gourmands. Litchy avait la sensation exquise de se consumer sous les caresses de celui-ci tant son ventre n'était plus que braises. 

    - Désolé je n'aurais pas du commencer! Excuse-moi, mais je ne peux pas faire ça! Après ces paroles, Lukas se projeta hors du lit d'un bond. Peinée mais aussi frustrée Litchy s'assit lentement. Elle voulait comprendre l'attitude de Lukas qui riva ses yeux aux siens.

    - Je ne peux pas...! commença-t-il.

    - Pourquoi? Parce que vous me trouvez trop... ingénue? Lukas hésita, soupira mais il ne dit rien.

    - Lukas bon sang j'ai envie d'être ici depuis des semaines, je sais ce que je fais! Elle, si forte l'implorait à cet instant.

    - Ce n'est pas ça, bien sûr que non! Mais si nous devenons trop proches tu auras plus de mal à le... à faire ce que... à t'occuper de....! Il hésitait, il ne trouvait pas les mots justes. Il se devait d'être ferme, pourtant lui-même ne croyait pas à son discours.

    - A combler ce déséquilibré? C'est cela que vous pensez lorsque vous m'embrassez?

    - Ce n'est pas simple tu sais! Je crois que si tu t'attaches ailleurs cela va être compliqué pour toi! Il repoussait celle qu'il aimait pour la convaincre de se jeter dans les bras d'un malfrat alors qu'il aurait voulu la serrer contre lui, dévorer ses lèvres et faire danser sa langue avec la sienne. Il aurait aimé lui aurait ôter cette chemise bien trop transparente et la pousser tendrement sur le lit. Il l'aurait écrasé de son corps, lui aurait donné la fièvre et l'aurait fait crier de volupté à chacun de ses coups de reins. 

    - Compliqué? Mais ça l'est déjà bon sang! Elle rejoignit Lukas, posa ses mains à plat sur ses épaules et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

    - Bientôt, vous aurez votre revanche Monsieur le procureur! Je suis ici pour ça non? Elle n'avait pas envie de livrer deux combats en même temps. Il sentit que Litchy était toujours déterminé à l'aider. Cependant, sans qu'il sache pourquoi, son cœur se serra lorsque sans un regard pour lui elle quitta la chambre. Les jours suivants elle l'évita, trouvant toujours un prétexte pour se soustraire à sa présence. 

    - J'ai fait l'imbécile! Dit-il à Charles lorsque celui-ci lui demanda ce qui se passait...Mylhenn... 

     


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  •    ...Juché au sommet des escaliers impressionnants du casino et revêtu d'un smoking impeccable qui épousait ses muscles à la perfection, Fenzhar observait les occupants de ses tables de jeu avec un sourire satisfait vissé aux lèvres.
    Ils étaient tous là : la princesse Lyna, qui à chaque fin de partie essaye de lui refiler sa verroterie en échange d’une dizaine de plaques supplémentaires, le jeune héritier des cosmétiques Donorant qui claque allègrement les rallonges de papa, le vieil industriel qui puise dans la caisse de l’usine pour se refaire, le célèbre jet-setter Rodney Finch qui, pour impressionner une midinette de trente ans sa cadette risque sa trésorerie déjà bien chancelante, les occasionnels qui se voient repartir avec le jackpot et cette gamine de vingt ans qui venait de lui faire une fellation digne d'une professionnelle contre cinq plaques afin de tenter de regagner son année de fac. Ce serait dommage d'ailleurs qu'elle ait du jeu, il aurait bien aimé essayer autre chose avec elle. Monsieur Max, accompagné de son harem habituel, était présent lui aussi. Cependant, pour lui tout était différent. Il avait droit à toute la considération de Fenzhar. Il n'avait jamais eu besoin de quémander et les hôtesses du casino se battaient pour le servir. Cinq cents euros de pourboire, cela ne se refuse pas. Ceux qui l’accompagnaient pour la soirée, étaient jeunes, beaux et très très riches. Monsieur Max, comme vous l'aurez compris, n'aimait que les garçons. Fenzhar Difenzo, patron incontesté des trois casinos implantés sur la côte avait toutes les raisons d’être satisfait. Á la manière d'une star de cinéma, il amorça lentement la descente des marches quand soudain son regard se figea. Il venait de repérer à la table dix-sept un groupe de jeunes gens, euphoriques au point d'en devenir gênants pour les autres joueurs. Plus riches de quinze mille euros, un sacré pactole pour eux, ils se faisaient bruyants, exubérants et démonstratifs. Un signe de Fenzhar aux membres de son service d'ordre, et le calme régnerait à nouveau. Cependant, celle qui avait réellement suscité son attention, était la très jeune femme installée à la table dix-neuf. Un homme élégant, mais déjà d‘un âge se tenait à ses côtés. Pour se vieillir, elle avait coiffé ses cheveux en un chignon austère, duquel s’échappaient quelques mèches blondes. Elle paraissait irréelle sous la lumière vive des six lustres gigantesques de la salle du casino. Simple, sa robe de soirée était certainement d’un grand couturier. Celle-ci lui sculptait une silhouette parfaite. Lorsqu’elle souriait, ses yeux bleus s’irisaient de mille facettes. Où avait-il vu des yeux semblables?
    Rares étaient ses sourires, et elle les réservait à son chaperon. D'ailleurs, elle ne semblait pas réellement se divertir à une table de jeu. Sans savoir pourquoi une idée saugrenue lui vint à l'esprit. Pourquoi n'était-ce pas lui qui escortait cette belle jeune femme? Amant, père, mentor ou garde du corps, peu lui importait. Fenzhar Difenzo venait de décider que Litchy méritait son intérêt. Discrètement, il se mit à observer la jeune femme qui, immédiatement, prit conscience du regard insistant de ce dernier. Les sens en éveil, Litchy prit bien garde de ne pas croiser son regard. Malgré un sourire de circonstance, les yeux de Fenzhar étaient glacials et sans âme. Cela lui donna la chair de poule et la jeune femme frissonna malgré elle. L’espace d’un instant, elle douta de ses capacités à aider Lukas. Celle-ci  pensait se mesurer à une hyène, mais finalement l'homme tenait plus de l'insecte venimeux que du charognard. La frôlant presque, il passa près d'elle. La cruauté et le sadisme qui se dégageaient de cet homme étaient presque palpables. Un terrible sentiment de dégoût envahit Litchy qui cependant, n’en laissa rien paraître, ignorant sa présence.
    Pendant le reste de la soirée, Litchy épia Fenzhar. Elle le vit parader parmi ses clients fortunés, souriant à pleines dents aux riches héritières, faisant de l’épate au bar en offrant du vin de Champagne aux gros gagnants et proposant des plaques gratuites à celles et ceux qui le flattaient. Elle avait conscience qu'il jouait le même jeu avec elle, essayant lui d'établir un contact du regard. Charles, puisqu'il s'agissait de lui, veillait au grain. Á trois heures trente, il estima qu'il était temps que Litchy se dirige vers la sortie. Monsieur avait ordonné qu'en aucun cas, sa jeune protégée ne devait approcher le maître des lieux. L'allée qui conduisait au grand hall était aménagée comme un salon. Un bar et des fauteuils moelleux permettaient aux gagnants d'attendre confortablement leur tour pour aller récupérer leurs gains à la caisse centrale qui se trouvait sur le côté du bar. C'était malheureusement la seule issue possible pour quitter le casino. Litchy comprit qu'elle s'était faite piégée.
    Elle ne pouvait faire autrement que de contourner les fauteuils où étaient installés Fenzhar Difenzo et sa coure composée d’une demi douzaine de personnes qui l'adulaient et lui faisaient des courbettes, fières d’être vues en sa compagnie. Abandonnant ses invités, il se leva d'un bond pour aller à la rencontre de la jeune femme.
    - Mademoiselle, je ne crois pas vous connaître? Il prit sa main dans la sienne et y déposa un léger baiser. Il ne remarqua pas que la jeune femme tremblait.
    - Je me présente, je suis Fenzhar Difenzo. Le propriétaire de ce casino! Il en profita pour la détailler effrontément de la tête aux pieds. Litchy se sentait mal à l'aise, mais elle parvint à sourire.
    - Mademoiselle Naubert, Litchy Naubert! Et voici mon oncle, Monsieur Lucien Naubert!
    Fenzhar accorda un léger signe de tête à Charles. Il dévorait Litchy des yeux. Celle-ci devait absolument se sortir de ce guêpier.
    - Votre salle de jeux est... impressionnante! Dorénavant, vous pouvez me compter parmi vos habitués Monsieur Difenso! Elle fit quelques pas en direction de la sortie, mais sournoisement Fenzhar lui barra le passage.
    - Fenzhar, vous pouvez m'appeler Fenzhar si vous le voulez Litchy! Elle faillit le pousser mais elle se retint.
    - Je vous remercie Monsieur Difenzo, je m'en souviendrai! Il est tard, je dois rentrer!
    - Déjà? Voulez-vous vous joindre à nous Litchy? Avec votre oncle, cela va sans dire! Il jeta un regard méprisant à Charles qui se tenait un peu à l'écart.
    Elle déclina poliment l'invitation, lui promettant que ce serait pour une prochaine fois, puis s'empressa de disparaître comme si elle avait une meute à ses trousses. Charles salua Fenzhar et ses invités d'un regard franc puis posément il suivit Litchy qui avait déjà franchi le seuil du casino.
    Pensif, Fenzhar les regarda s’éloigner et soudain, la mémoire lui revint. Cette beauté ressemblait à Amélia, SON Amélia.
    Le regard fixé sur le tableau de bord, toute à ses pensées, Litchy ne prononça pas un seul mot de tout le trajet du retour. Charles n’avait pas encore coupé le moteur que celle-ci s’éjecta du véhicule et se précipita dans la grande maison. Elle grimpa les marches de l'escalier, trois par trois, tout en libérant ses cheveux qui tombèrent en cascade dans son dos. Elle passa devant Lukas sans le voir. Une fois dans sa chambre, elle ôta ses vêtements comme s'ils lui brûlaient la peau. Elle se réfugia sous la douche, et seulement, elle laissa les sanglots la secouer. Elle savait maintenant que cet homme était le mal en personne. Elle avait ressenti son sadisme et malgré son eau de toilette de luxe, il transpirait le vice par tous les pores de sa peau.
    Pour le coup Lukas entra dans la chambre sans frapper, puis il se précipita dans la salle de bains. Une atmosphère de hammam y régnait tellement la vapeur était épaisse. Lukas arracha Litchy du déluge bouillant qui l’inondait. La jeune femme était rouge comme une pivoine, elle avait oublié de se servir du mitigeur. Il l’enveloppa dans son peignoir et la porta sur le lit. Quelques spasmes l’agitaient encore, mais il réussit à la calmer. Il était furieux contre lui, Litchy n’était pas encore prête à rencontrer Fenzhar. Entre deux hoquets, Litchy parvint à expliquer à Lukas que ce n'était pas de la peur qu'elle ressentait, mais un immense dégoût pour cet homme. Enjôleur et pervers à la fois, Fenzhar trompait son monde avec une telle facilité que cela l'avait effrayé. Cette confrontation l'ayant prise au dépourvu, elle avait douté un instant de pouvoir poursuivre sa mission.
    Elle ne réalisa même pas qu'il lui avait ôté le peignoir humide. Elle se laissa border comme une enfant entre les draps frais puis tout devint flou.
    Lukas se traita de toute sorte d'épithètes fleuris en descendant rejoindre Charles à la cuisine. Celui-ci s'inquiéta du bien-être de la jeune femme.
    - Je peux être utile à la petite?
    - Merci! Elle vient de s'endormir! Je suis vraiment idiot Charles! Monsieur le Procureur était dans une colère noire et la salière n'y résista pas. Elle éclata en se fracassant au sol.
    - Je suis de votre avis Monsieur! Imperturbable, Charles sortit deux tasses pour le thé et seulement lorsqu'il eut versé l'eau bouillante sur le twinnings, il lorgna du côté de son patron. Celui-ci, immobile, le considérait dubitatif.
    - Pardon, je me permets, car moi aussi, j'ai laissé Difenzo l'approcher! Mais nous n'avons pas pu l'éviter, il s'est posté vers la sortie et je suis pratiquement sûr qu'il y attendait tranquillement Litchy! Charles déposa les tasses sur l'ilôt central et s'installa sans cérémonie auprès de son patron.
    - Cette ordure la complètement déstabilisé! Vous rendez-vous compte Charles, elle est bouleversée! C'était trop tôt!
    - Monsieur, Litchy est beaucoup plus forte que vous ne le pensez! Laissez-lui le temps de contrôler ses émotions et tout ira bien!
    Lukas doutait à présent que sa vendetta personnelle vaille vraiment la douleur qu'il infligeait à Litchy . Si celle-ci n'avait pas croisé son chemin, aurait-il entamé aussi tôt cette croisade pour se libérer des chagrins enfouis et mettre Fenzhar Difenzo sous les verrous. 
    Quinze heures plus tard, tout était silencieux dans la maison lorsque Litchy rouvrit les yeux. Elle vit à la lumière que la journée était déjà bien avancée. Elle trouva ses hôtes sous le kiosque de verdure, près de la piscine, ils disputaient une partie d’échec. Un buffet froid sur la petite table basse lui rappela que le Dimanche soir Charles faisait relâche.
    - Mademoiselle veut que je lui prépare quelque chose de plus consistant? Litchy se contenta d'un copieux sandwich au fromage et d'un verre de thé glacé.
    Lukas et Charles s'affrontaient amicalement en mêlant stratégie et coup fumant, s’invectivant parfois, oubliant leur statut social. Finalement, ce fut Charles qui remporta la partie sous les applaudissements de Litchy, installée sur la balancelle.
    Sitôt la partie terminée, maître d'hôtel dans l'âme, Charles reprit ses fonctions. Il débarrassa rapidement la table basse et s'éclipsa.
    - Comment te sens-tu? Réellement? Je m'en veux, tu n'étais pas prête et...! Litchy posa son index sur les lèvres de Lukas qui était venu la rejoindre sur la balancelle.
    - Stop, Monsieur le Procureur! À la grande surprise de Lukas, Litchy s'installa à califourchon sur ses genoux et le força à la regarder.
    - Je m'en sortirais très bien avec cette crapule! C'est avec vous que j'ai des difficultés! La jeune femme passa ses bras autour de son cou et l'embrassa fougueusement.
    - Non Litchy, il suffit! Il se releva d'un bond, manquant la faire chuter.

    ...Entre le bol de céréales complètes et le jus d'orange, Charles déposa un mug de thé au jasmin sur le set de table. Les pains au lait doraient progressivement sous le grill. Lukas s'oubliait rarement, mais il allait rater son rendez-vous s'il ne descendait pas prendre son petit-déjeuner promptement. Charles gravit les escaliers qui conduisaient à l'étage et alla frapper à la porte de la chambre de son maître. Il toqua plusieurs fois à l'huis. Ne recevant aucune réponse, il appuya sur la poignée. Monsieur avait sans doute veillé très tard, préoccupé par un dossier compliqué. Ce ne serait pas la première fois, ni la dernière, que la sonnerie du réveille-matin ne l'éveillerait pas. Le battant s'ouvrit et Charles entra dans la pièce.

    - Monsieur, il est tard, il faut vous réveil...! Stupéfait devant le tableau qui s'offrait à ses yeux, il ne termina pas sa phrase. Attendrit il les contempla quelques instants avant de s'éclipser discrètement. Il n'avait plus qu'à prévenir l'agence que monsieur serait très en retard. Enlacés, pour ne pas dire enchevêtrés, Litchy et Lukas dormaient profondément...

     

     


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  •    ...Fenzhar passait d'une surexcitation incontrôlable à une totale apathie l'instant d'après. Lui, qui d'habitude contrôlait tout, se sentait impuissant. Il avait été incapable de retrouver la belle jeune femme qui ressemblait tant à son Amélia. Cette gamine ne devait pas avoir plus de vingt ans, mais apparemment, elle savait se protéger. Il incendia le régisseur de la sécurité, mais celui-ci lui répliqua vertement qu'il n'avait pas été recruté pour chasser la caille. Quant à ses sbires, ils avaient étudié les vidéo-surveillances, mais le numéro des plaques de la Mercedes ne les avait conduit qu'à une voiture de location dont le bail avait été contracté au nom de Monsieur Lucien Naubert. Il s'avéra enfin que le bonhomme, un puissant industriel était reparti dans son pays, à savoir, l'Argentine. La piste s'arrêtait dans une impasse. Personne ne le connaissait, pas même les flics que Fenzhar payait grassement. Cela le rendit fou. Et si elle était repartie avec son oncle?                                       Il aurait suffit que l'un d'eux pousse ses investigations sur les moteurs de recherches pour trouver les réponses.

    Elle lui avait dit qu'elle serait une cliente assidue, mais cela faisait déjà trois semaines qu'il attendait sa venue. D'une humeur massacrante, il ne descendait que très rarement en salle. Le soir, il s'installait dans le poste de contrôle de la sécurité et guettait l'éventuelle venue de la charmante inconnue sur les écrans vidéos des caméras qui balayaient l'entrée monumentale du "Maliana". 
    Le regard perdu dans le vague, habité par des souvenirs très vivaces qui le ramenaient encore et toujours auprès d'Amélia, douze ans plus tôt.
    Il revivait en boucle sa rencontre avec la belle jeune femme, adorable mais tellement indépendante, qui l’avait fait damner pendant deux ans. Sensuelle et tigresse, elle savait se faire désirer et s’offrait au terme d’une joute amoureuse dont il ne ressortait jamais vainqueur. Il avait cédé à tous ses caprices, allant jusqu’à lui livrer une énorme part de son cœur. Fenzhar l'avait couverte de diamants, lui avait acheté un superbe appartement au bord de la marina, et lui avait procuré un petit bolide rouge dont l’emblème est un cheval noir. Ainsi elle pouvait caracoler d’un casino à l’autre car le patrimoine de Difenzo s'était enrichi du "Madiala" et du "Matiaba". 
    Gâtée par autant de cadeaux tous plus luxueux les uns que les autres, Amélia aurait pu demander la lune à Fenzhar, qu'il se serait arrangé pour la lui procurer. Pourtant, au terme de ces années de bonheur sans nuage, elle le quitta pour refaire sa vie avec Orhys. Le jeune homme n’avait qu’un seul défaut, c’était celui d’être frère cadet du procureur Delmont, le pire ennemi de Fenzhar. Depuis des mois, celui-ci, tel un pitbull, refusait de lâcher sa proie, en l’occurrence Fenzhar Difenzo. Il espérait chaque jour le faux pas qui mettrait le propriétaire des trois plus grands casinos de la côte entre les mains de la justice. Mais Fenzhar était rusé et avait su se rendre indispensable par de nombreux services aux privilégiés qui fréquentaient ses établissements. Perquisitions, convocations et mises en examen, Lukas Delmont ne lui laissait aucun moment de répit. De contrôles fiscaux en accusations de blanchiment d’argent, Monsieur le Procureur maintenait constamment Fenzhar Difenzo sous pression. Pourtant accusé de proxénétisme aggravé, celui-ci s'était retrouvé sans condamnation, car aucune des victimes n’avaient voulu porter plainte. Lukas Delmont avait mis à jour un important trafic de cocaïne, mais sans la preuve de l'implication de Fenzhar aucune arrestation ne fut possible. Lassé du harcèlement que lui faisait subir le procureur Delmont, Fenzhar Difenzo décida d’employer les grands moyens pour se débarrasser de celui-ci. Il fit placer une bombe sous la voiture de Lukas et celle-ci fit plusieurs victimes.
    Orhys, Amélia, et Élina leur fille de dix mois étaient avaient été tués dans l’explosion, laissant ainsi le procureur Delmont en état de choc. Pourquoi avait-il prêté son véhicule à son frère, ce jour là? Et surtout sans le faire vérifier comme il le faisait à chaque fois qu'il sortait du tribunal? Pendant de longs mois, il fut incapable de poursuivre son travail. Fenzhar avait en partie réussi à l'abattre, mais il s’était condamné lui-même, car il ne remit jamais de la disparition d’Amélia. Celui-ci ayant le secret espoir de la reconquérir un jour. Depuis, il entretenait une passion morbide pour la défunte qu’il recherchait dans chacune de ses conquêtes actuelles.
    Le procureur Delmont se remit lentement et avec patience, il élabora le piège qui allait conduire le misérable assassin de sa famille derrière les barreaux. Au terme d'une préparation intense, l'appât était opérationnel. Pour arriver à ses fins, il jetait la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis ce drame dans la fosse au lion. Il appréhendait le moment où Litchy allait devoir être intime avec ce monstre. Sans état d'âme, il avait passé des jours entier à la préparer pour cette  dangereuse mission, puis en l'espace d'une nuit tout avait basculé. Cela faisait deux ans de travail méthodique qu'il était prêt à balayer depuis qu'il avait noué des liens avec Litchy. Pourquoi avait-elle accepté bon sang? Maintenant c'était elle qui l'encourageait à poursuivre. Cette gamine avait vraiment du cran.
    L’esprit à mille lieues de son casino, le regard rivé machinalement sur l’écran de contrôle situé sur son bureau, Fenzhar laissait ses souvenirs prendre le pas. Il disposait de tout un système de sécurité sophistiqué dans les salles de jeu, et il avait fait installer une caméra sur la rotonde de l’entrée afin d'en contrôler les arrivants. Deux malabars assuraient la sécurité des joueurs, mais surtout celle du patron. La prudence imposant à Fenzhar Difenzo de protéger ses arrières au cas où la maréchaussée reviendrait en force.
    Soudain, celui-ci sursauta. Une limousine venait de stopper au bas des marches de la rotonde. Six personnes en étaient sorties parmi lesquelles celle qu'il guettait depuis des semaines. Il se leva d’un bond, rajustant son nœud papillon, vérifiant encore une fois sur l’écran qu’il ne rêvait pas. Il enfila précipitamment sa veste de smoking et sortit de son bureau en courant. Litchy était escortée d’un véritable commando. Lukas n'avait pas lésiné sur le nombre de personnes qui devaient veiller sur la jeune femme. Alhandra, le jeune lieutenant de police qui dirigeait le groupe, devait spécialement garder un œil sur elle. Litchy découvrit le scélérat en haut du grand escalier. Il descendait lentement et elle devina sans trop de peine qu'il venait à sa rencontre. Ses yeux étaient rivés sur elle, appréciant sa plastique, détaillant chaque parcelle de son anatomie. La jeune femme l'ignora et se dirigea vers le bar du grand salon. La lueur qu’elle distinguait dans les yeux des messieurs présents, la conforta dans l’idée que sa tenue faisait d'elle une bombe.
    Une longue robe noire qui épousait son corps à la perfection, fendue très haut du côté gauche, laissait apparaître sa jambe et l’intérieur de sa cuisse à chacun de ses pas. Le décolleté plongeant et le dos nu du vêtement aurait pu la faire condamner pour attentat à la pudeur. Quelques paillettes argentées parsemaient le tissu, libérant des milliers d'éclairs sous les lampes des lustres. Elle avait coiffé ses longs cheveux en un demi-chignon qui se dénouait savamment sur son épaule. Quelques mèches s'échappaient de la masse blonde. Intentionnellement,Litchy n’avait pas mis de bijoux, juste un tour de cou très large, façonné de centaines de petites perles noires, agrémenté d’une rose en zirconium rouge sang. Seule touche de couleur sur l'ensemble de sa toilette, le bijou attirait les regards. Litchy se sentait totalement prête à affronter Fenzhar Difenzo sur son terrain. Assise tranquillement, son verre à la main, celle-ci repérait discrètement ses "protecteurs". Lukas lui avait ordonné de toujours les avoir dans son champ de vision.
    Elle sentit la présence de Fenzhar derrière elle. Comme si de rien n’était, elle porta le verre à ses lèvres et avala une gorgée de ruby shy.
    - « Vous me semblez bien seule Mademoiselle ? » Lui susurra-t-il en se penchant au-dessus de son épaule, sa joue touchant presque celle de Litchy. Cependant, la jeune femme resta indifférente.
    - « Votre oncle ne vous accompagne pas ce soir? Au ton de sa voix, Litchy comprit que celui-ci s'était renseigné sur ses origines. Elle ne put s'empêcher de sourire, la prestation de Charles avait été parfaite et son grimage des plus réussi. Charles aurait pu parader sous les yeux de Fenzhar, que celui-ci n'aurait pas reconnu Lucien Naubert.
    - Vos amis semblent s’amuser, vous ne les rejoignez pas ? » Poursuivit-il. Il posa ses deux mains sur le dossier du fauteuil qu‘occupait Litchy. Malgré l’envie de le tancer vertement pour sa familiarité, elle prit le temps de reposer son verre, puis elle se retourna lentement vers lui.
    Elle avait compris que celui-ci la surveillait déjà bien avant son entrée dans la grande salle. Il avait eu le temps de repérer ceux qui l'accompagnaient. Heureusement, tous étaient des professionnels et jouaient leur rôle à la perfection. Elle se composa un visage des plus avenant puis lui rétorqua aimablement

    - « Non Mr Difenzo, je ne me sens pas en veine ce soir, c’est tout ! Je préfère m'imprégner des lieux!»

    - Alors je connais une excellente façon de faire cela! Je vous en prie, venez avec moi! 
    Faisant le tour du fauteuil, il vint se placer en face de Litchy et lui tendit la main. Litchy le regarda, faisant celle qui ne comprenait pas.
    - Je vous propose une visite guidée de l'établissement! Voulez-vous? Litchy acquiesça poliment d'un signe de tête en se levant du siège qu'elle occupait. Aussitôt, il s'empara de son bras avec fermeté, comme s'il avait peur qu'elle ne disparaisse encore. Les agents qui l'accompagnaient furent immédiatement sur le qui-vive. Celle-ci remit en place une mèche rebelle de ses cheveux derrière son oreille. C'était le signal convenu pour qu'aucun d'eux ne bougent. Elle n'était pas en danger.
    Litchy écoutait Fenzhar avec attention. Elle approuvait chacun de ses propos d'un sourire timide. Elle lui permettait les plaisanteries douteuses sur les joueurs malchanceux qu’il lui soufflait discrètement au creux de l‘oreille. Elle toléra même sa façon déplacée de se comporter lorsqu'il enveloppa familièrement sa taille de son bras pour la diriger entre les tables de jeux.
    Fenzhar fit entrer Litchy dans un des cercles privés où l’on jouait gros, il lui recommanda d’être discrète. Elle comprit pourquoi en reconnaissant certains des joueurs. Il y avait le Commissaire principal Pierre Choltont. Jean Saurin, l’un des notables de la ville. Le député Nicolas Sully et deux de ses gardes du corps. Tous les saluèrent silencieusement puis continuèrent leur partie. Fenzhar la conduisit ensuite dans un salon feutré où dansaient des couples tandis que d'autres assis, conversaient agréablement baignés de l’ambiance musicale. Ils s'arrêtèrent quelques minutes en ce lieu tranquille. Fenzhar lui offrit une coupe de vin de champagne qu'elle accepta volontiers.
    La jeune femme avait la gorge sèche, le tête à tête lui devenait pénible. Elle devinait aisément l'inquiétude de ses "samaritains" car elle était restée beaucoup trop longtemps en dehors de leur champ de vision. Lukas ne serait pas content au debriefing.
    Cependant, Litchy s'était rendue compte que Fenzhar était très tactile. Aussi, en entrant dans l’ascenseur qui conduisait son étage privé, Litchy fit semblant de se tordre la cheville. Elle simula une forte douleur et se laissa choir de tout son poids contre lui. En sortant de l’ascenseur Fenzhar la soutenait avec fermeté, son corps plaqué contre le sien pour se déplacer. Trop heureux d’avoir ainsi l’occasion de poser ses doigts sur cette magnifique sirène.
    Celui-ci fut vite déçu, car aussitôt arrivé dans le bureau, Litchy déserta ses bras aussi soudainement qu’elle s’y était glissée.
    Avec fierté, il lui fit découvrir la pièce, toute de cuir et de bois habillé, qui pouvait facilement passer pour un petit appartement. Un grand bureau en occupait le centre, un canapé d’angle doté d’un bar bien fourni prenait facilement le quart de l’espace et une série d’étagères soutenait la multitude d’écrans de contrôle dont les caméras balayaient le casino de part en part.
    La porte qu’il entrouvrit lui permit de découvrir des sanitaires dignes d'un cinq étoiles, il y avait même une douche à jets. Une chambre confortable complétait l'ensemble. La fierté de Fenzhar était le panneau amovible géant sans teint qui lui permettait d’avoir de son bureau une vue d’ensemble sur toutes les tables de jeu en contrebas. Il lui demanda de le rejoindre. Litchy approcha lentement puis elle se risqua à observer les obsédés du tapis vert. Elle scrutait la salle, le regard fixe. Elle y vit Alhandra près du grand escalier ainsi que les autres agents. Il était temps pour elle de prendre congé avant qu'ils ne viennent la récupérer manu militari. Fenzhar qui la dévisageait intensément, souriait de toutes ses dents. Sardonique, il se méprit sur l'intérêt que semblait porter Litchy aux joueurs.
    - Alors, n'est ce pas jouissif que de les voir s'évertuer à se ruiner? Celle-ci ne répondit pas, mais elle le gratifia d'un sourire complice.
    - Que pensez-vous du Maliana? Je pense que vous devriez vraiment vous essayer aux jeux Mademoiselle Naubert?
    Elle laissa planer un long silence, puis jetant un dernier coup d'œil à la salle, elle se dirigea vers la sortie.
    - Pas Mademoiselle, Mr Difenzo ! Litchy, je m’appelle Litchy ! Ses yeux bleus l'envoûtèrent aussi sûrement qu'un sortilège. Elle avait frôlé son épaule d'une main légère lorsqu'il l'avait rejointe.
    - Vous possédez un magnifique joujou Monsieur Difenzo! Le flatta-t-elle.
    - Fenzhar s'il vous plaît! J'en possède deux autres, je vous les ferais visiter une autre fois si vous le désirez!
    Il venait de lui donner l'autorisation de l'appeler par son prénom, Litchy n'en revenait pas que ce fut si facile. Cependant, elle joua la carte distance car elle savait que ce serait encore plus excitant pour lui.
    - Monsieur Difenzo, mes amis vont s’inquiéter de ma disparition, pourriez-vous me reconduire? Demanda-t-elle innocemment.
    - Fenzhar! Je vous ai invité à me nommer ainsi! La reprit-il abruptement. Puis il se radoucit.
    - Bien sûr Litchy! Redescendons! Il la laissa le précéder. Les yeux de Fenzhar parlaient pour lui. Son regard exprimait une pure concupiscence et à cet instant, son esprit lui insufflait un discours bien peu sensuel.
    - Bientôt petite tigresse je te culbuterai! En étaient certainement les termes.
    Dès sa sortie de l’ascenseur Litchy le remercia chaleureusement du temps qu'il lui avait accordé. Il eut du mal à se retenir de l'embrasser, là, devant tous ces gens.
    - Hé ma grande tige, je te cherche depuis des plombes, tu étais où? Alhandra en parfaite poissonnière attrapa Litchy par le bras et la tira à elle. Fenzhar lui lança un regard noir mais s'abstint de tout commentaire.
    - Pas d'inquiétude ola bella mia! Monsieur Difenzo me faisait visiter son casino! Comme si la réponse ne l'intéressait pas, le lieutenant entraîna Litchy à sa suite en direction du groupe qui semblait n'attendre qu'elle.
    - Allez viens, on se bouge! Les hommes veulent aller au JET-ONE! Litchy ne se retourna pas pour saluer Fenzhar.
    Le départ de la jeune femme fut si rapide, que celui-ci n'eut pas l'occasion de lui demander si elle résidait en ville.
    Plus que contrarié pour le reste de la nuit, il convia l'une des hôtesses de salle à l'un des jeux pervers dont il avait le secret.
    - Petite salope, je te dresserai! 
    Sacha avait vite compris que ces paroles ne s'adressaient pas à elle, même si les coups qui pleuvaient lui étaient bien destinés.


     


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  •    ...Surexcitée, Litchy rassura Lukas. Inquiet , celui-ci avait attendu son retour avec fébrilité. Elle lui avoua qu'elle était exténuée. Côtoyer Fenzhar toute une soirée avait été pénible. Cependant, sans se l'expliquer, elle ne se sentait pas en danger avec cet homme. Seul son côté pernicieux et malsain l'inquiétait. La jeune femme passa encore une heure à décrire à son compagnon ce qu'elle avait vu puis elle s'endormit, tombant comme une masse, blottie contre lui. Lukas ne dormit pas. Ses réflexions allaient vers les jours à venir et le commissaire Choltont s'imposa à ses pensées. C'était lui qui avait conduit les enquêtes sur la prostitution et le trafic de cocaïne. Lukas savait maintenant d'où venaient les fuites. Cependant, il ne pouvait le faire arrêter sur de simples présomptions et Litchy étant sans doute, la seule à avoir vu le commissaire la veille au soir, Fenzhar ferait vite le rapprochement si celui-ci avait soudain des ennuis avec la justice. Il laissa la jeune femme se reposer et retourna vérifier une fois encore si tout était bien en place pour garantir sa sécurité.

    - Je crois qu'il est temps pour Mademoiselle Naubert, de rejoindre l'appartement de la marina! Le cœur douloureux, presque avec tristesse, Lukas prononça cette phrase à l'assemblée réunie pour un dernier briefing. La résidence luxueuse n'attendait plus que sa propriétaire. Du ponton à la terrasse high tech, tout avait été organisé pour que nul n'ignore l'aisance de la famille Naubert. Á l'emplacement 002 0B, un magnifique Riva Rama était retenu à l'anneau par son amarre. Le petit bolide des mers, conçu pour le plaisir de la vitesse, faisait toujours son effet auprès des visiteurs du port. Weber, le webmaster dépendait du service du procureur, avait ouvert un site internet sécurisé vantant la florissante entreprise Naubert à laquelle appartenait dorénavant Litchy. Société écran, créée uniquement pour servir de couverture à la jeune femme, l'institut de recherches en cosmétique réparatrice Naubert (IRCRN) avait implanté ses  laboratoires en Amérique du Sud où croissait la plupart des racines et plantes utilisées à l'élaboration de ses produits. Les travaux de recherches en cours étaient protégés et inaccessibles aux non-initiés. Lucien Naubert ne donnait jamais de conférences publiques et seule la plateforme du net distillait de rares informations. Il y était révélé aussi que la nièce de l'industriel, âgée d'une vingtaine d'années seulement, succéderait le moment venu à son oncle, PDG actuel. Chacun des clichés qui habillait les articles  avaient été validés par Lukas. Litchy et son oncle, posant tous deux sur l'escalier du jet familial était le clou du simulacre. Weber s'était amusé à forcer les avoir en y incluant une magnifique extencia en Argentine ainsi qu'un parc d'appartements, "Le Locuccia" à Miami. Cette tour existait vraiment, mais elle appartenait au puissant industriel Holt Mettid, un ami proche de Lukas Delmont, mis dans la confidence pour qu'il puisse rendre crédibles les réponses aux curieux étant lui-même PDG d'un consortium imposant. Mademoiselle Naubert pouvait dès à présent entrer en scène.

    Parfois, les pensées de Litchy s'envolaient vers l'avenir. Que lui réservait-il? Le présent, lui, était là, sous ses yeux, aussi nu qu'elle, sur ce lit où tous deux revisitaient le kamasütra tendresse. Enlacés aussi étroitement qu'une racine de lierre à ses vieilles pierres, les deux amants éludaient les promesses. Ils profitaient de ce merveilleux instant car tous deux savaient que ce serait le dernier avant bien longtemps. Leurs baisers étaient savoureux et leurs caresses les conduiraient bientôt à la fusion de leurs miels. Lukas lui fit longuement l'amour, alternant force et douceur jusqu'à l'orgasme libérateur. Ne concevant plus l'avenir sans ce petit bout de femme qui illuminait son existence, il l'exhorta à s'en tenir au scénario prévu, et à ne pas prendre de risques inconsidérés. Litchy emménagea à la marina sous la garde constante des chaperons dévolus à sa surveillance. Le concierge intérimaire de la résidence faisait son travail avec cœur en attendant que le titulaire du poste ne revienne de ses congés prolongés. L'entreprise de nettoyage s'était dotée de deux employés supplémentaires,si bien qu'escaliers, couloirs et baies vitrées brillaient comme des sous neufs . Quant au sentier des jogger, il était fréquenté à toute heure de la journée. Litchy prit possession des lieux, mais la présence de Lukas et de Charles lui manquait beaucoup. Elle avait pour toute compagnie, un garde du corps peu bavard qui faisait office de "majordome". Jacques veillait sur elle, commandait des repas traiteurs et jouait à la femme de ménage pour donner l'illusion d'être utile à Mademoiselle Naubert. Son travail consistait surtout à noter à les visites suspectes dans le bâtiment, les plaques des véhicules louches qui stationnaient trop longtemps dans l'allée bordant le port et ensuite en faire part à ses supérieurs.

    Comme prévu, Litchy devint une habituée du Maliana. Elle n'aimait pas les jeux d'argent, mais l'héritière des industries Naubert se devait de faire frissonner les adeptes du tapis vert pour intéresser Fenzhar. Certains soirs, celle-ci perdait des sommes astronomiques, d'autres, elle se renflouait et gagnait mise après mise. Elle s'immisça dans les soirées poker, dans les "dice battle" et autres défis que se lançaient les gros joueurs. Si Fenzhar avait su que les gains de Litchy servaient à renflouer les caisses noires du tribunal qui avaient servi à organiser son paraître, il serait moins resté de marbre à ses côtés. Attaché à ses pas, celui-ci l'escortait au gré de ses envies. Il la présentait à son entourage comme étant une amie chère. Tous avaient remarqué la ressemblance de Litchy avec Amélia, mais ce qui les avaient contrarié, c'était l'extrême jeunesse de cette compagne sortie de nulle part. Cependant personne n'osa le lui dire en face. Prévenant, délicat, son attitude était exemplaire envers Litchy. Il était toujours aussi tactile, mais l'affection qu'il portait à la jeune femme, ne se traduisait que par des frôlements, de tendres sourires et parfois, un baiser sur la tempe ou sur la nuque, à la naissance de son épaisse chevelure qu'il affectionnait. Litchy avait obtenu la permission de déambuler à n'importe quel moment dans les allées du casino. Elle connaissait le code de l'ascenseur qui conduisait à l'appartement privé de Fenzhar, ceci au grand dam de ceux qui assuraient la sécurité du gangster. Et pire, celle-ci pouvait garer son 4x4 Lexus rouge flamboyant dans le parking privé de Monsieur Difenzo, sous l'œil bienveillant du gardien. Fenzhar accordait de plus en plus de privautés à la jeune femme qui s'obstinait à lui donner des "Monsieur Difenzo" à chacune de ses demandes. En rentrant chez elle, chaque matin, Litchy découvrait un énorme bouquet de roses multicolores qui trônait sur le bar. Celle-ci en était arrivé au point qu'elle ne pouvait plus apercevoir une rose sans avoir envie de la déchiqueter. Le jour où, devant elle, il se laissa aller à tancer l'un de ses hommes de main pour un retard de dette de jeu qu'il avait encaissé sans avoir donné une bonne punition à celui qui l'avait contracté, elle sut qu'il ne se méfiait plus d'elle. Les consignes qu'il donna ensuite à son employé, ne laissèrent aucun doute quant à sa personnalité. Fenzhar était un homme sadique et cruel. Insensible, il prenait plaisir à faire souffrir ses victimes. En smoking, il donnait l'illusion du parfait gentleman milliardaire. En jean, baskets et sweat griffés, il était élégant certes, mais la première fois que Litchy le vit ainsi, elle le trouva impressionnant. En vêtements de ville, l'homme de la nuit lui paraissait beaucoup plus dangereux. Ses cheveux d’un noir de jais, longs et bouclés, étaient toujours retenus sur la nuque par une pince en métal représentant une tête de loup. Et lorsqu'il souriait, ses yeux aux prunelles irisées restaient sombres. Le minuscule rubis rouge sang en forme de goutte qui ornait le lobe de son oreille gauche intriguait Mademoiselle Naubert comme il se devait, mais Litchy elle, en connaissait la provenance. Elle ne posa aucune question à Fenzhar qui prit cela pour de la discrétion.

    Celui-ci profitait de toutes les occasions qui s'offraient à lui pour frôler, effleurer ou caresser la jeune femme. Celle-ci ne bronchait pas, acceptant le contact du fauve qu'elle désirait dompter. Au moins elle n'aurait pas à supporter l'hygiène déplorable d'un pervers comme Georges, ni les relents de mauvais vin qu'ingurgitait Henry. Ceux-ci se rappelaient quelquefois à sa mémoire, mais elle les occultait très vite. Litchy sentait de plus en plus le regard concupiscent de Fenzhar sur sa personne. Elle y répondait par de modestes sourires, faisant celle qui ne comprend pas. Pourtant, il allait falloir un jour ou l'autre sauter le pas et il lui en donna l'occasion. Le premier baiser qu'il lui prodigua fut moins désagréable qu'elle ne se l'imaginait, et elle y répondit sans dégoût. Avec ses lèvres, il parsema son visage de petites caresses puis à nouveau, il l'embrassa avec fougue, la serrant fort contre lui. Pour lui prouver son attachement naissant, il choisit le lieu qui lui correspondait le mieux. Le Maliana...

    Ce que Lukas Delmont avait lu en elle à leur première rencontre était la détermination. Et là, il lui en fallait. Elle abandonna son corps entre les mains de Fenzhar tandis que son esprit partait à la recherche des rares souvenirs heureux de son existence. Elle ignora cette main qui allait à l'essentiel, elle accepta les doigts curieux de Fenzhar enveloppant ses fesses sous le tissu fragile de son sous-vêtement. Apparemment, son corps inspirait son dangereux amant. Il la déshabilla entièrement puis il l'étendit sur le grand sofa de son bureau. Callée entre les coussins, elle le regardait ôter ses vêtements. Triomphant, le regard brillant et le membre haut dressé, il affichait sa superbe. Malgré sa souffance, Litchy s'offrit à lui. Fenzhar la couvrit de caresses, de baisers et l'abreuva de mots tendres. Il s'insinua entre ses cuisses, cajolant son sexe contre celui de Litchy qui, sans comprendre pourquoi, commença à se détendre. Sa respiration se fit haletante, son ventre devint brûlant et elle balança son bassin tout comme le reptile sa tête pour hypnotiser sa proie. Elle l'invitait à se fondre en elle. Aux roucoulements qui s’échappaient de sa gorge, à l'ondulation de ses hanches et aux frémissements de son ventre, il s'invita en forçant ses chairs lentement. Pénétrée et entraînée dans un chaos amoureux, ils furent tous deux embarqués pour une croisière sur les lames déchaînées du plaisir, ils atteignirent rapidement l’orgasme libérateur. Essoufflé et repu, Fenzhar la retint longuement contre lui, un sourire béat aux lèvres. Elle affichait le visage d'une femme comblée alors qu'elle n'avait qu'une seule envie, extérioriser spasmes et larmes. 

    La jeune femme resta en immersion sous le jet bouillonnant si longtemps, que Fenzhar vint la rejoindre dans la salle de bains.

    - Un souci, ma belle? S'enquit-il prévenant.

    - Non! Non pas du tout! Je rêvassais, excusez-moi! Humble, soumise et ...nue comme un ver, elle sortit du petit bassin en marbre, se laissant admirer avant de

    se couvrir d'un peignoir de bain aussi doux qu'un nuage de coton. 

    - Dès que tu seras habillée, rejoins-moi en bas! Je t'emmène déjeuner dans mon restaurant préféré! Il l'embrassa longuement puis se dirigea vers la sortie.

    - Au fait? Tu viens de gagner le droit de me tutoyer petit chaton! Un clin d'œil polisson accompagna sa répartie.

    - Oh! Je n’oserai jamais Monsieur Difenz... euh, Fenzhar!

    Épuisée émotionnellement, elle regagna la marina quelques heures plus tard. Elle se jura que lors des briefings, elle passerait sous silence ses moments intimes avec Fenzhar. C'était déjà très éprouvant pour elle, mais ce serait trop douloureux pour Lukas.


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  • Machinalement, Litchy déposa ses clefs dans le haut-de-forme en céramique disposé sur la console de l'entrée, soulagée d'être enfin de retour chez elle. Elle était exténuée et une migraine s'annonçait. Cela lui arrivait parfois et elle devait s'allonger quelques heures.
    - Petit chaton, je t'en ficherai moi du petit chaton! Elle bougonnait hors d'elle en pensant à ce surnom ridicule dont Fenzhar l'affublait à tout bout de champ. Son irritation venait aussi du peu d'affliction ressentie après s'être vautrée entre les bras de cet homme.
    Pire, ce monstre lui avait donné du plaisir. Certes, elle avait été dégoûtée, mais d'elle-même. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'abandonner ainsi aux caresses intimes qu'il lui avait prodigué. Et dire que Lukas avait spécialement affecté une psychologue à l'équipe pour que la jeune femme s'exprimer sur son ressenti lors de ces moments-la. La soulager, et échanger des informations d'un côté comme de l'autre. Madame Amyl Djanhä était une professionnelle réputée que Lukas Delmont avait recruté dans les services spéciaux. Sa patientèle étaient, pour bon nombre, des membres du gotha régional. Il était donc logique que Melle Naubert en fasse partie. Melle Naubert et ...Litchy.
    - Mademoiselle Naubert va être ravie! Sorti de nulle part, Jacques vint à sa rencontre. Il la débarassa de son trench. Litchy le regarda, la mine perplexe.
    - Litchy? Tout va bien? Vous me paraissez épuisée? Amyl est au bureau si vous voulez lui parler? Elle le rassura d'un signe de tête. Ce n'était pas à la psy ni à Jacques qu'elle devait confier son embarras.
    Compétent, son garde du corps avait pourtant un effet apaisant sur elle. Malgré des débuts difficiles, elle appréciait maintenant sa présence. Des décisions qu'elle prenait, dépendait sa survie et Jacques était à ses côtés pour jongler entre rôle et réalité.
    - Beau bouquet et joli présent! Dit-il en lui indiquant du menton la table de la salle à manger.
    Une impressionnante composition faite de Lys blanc et de fleurs d'anthurium rouge, rose et violet trônait sur le plateau en verre couleur chocolat. Dessous, un écrin rouge vif attira l'attention de la jeune femme. Celle-ci s'avança vers la table et elle vit alors l'enveloppe qui accompagnait le coffret.
    - Dites-moi qu'il n'a pas osé? Son regard chercha celui de Jacques, et elle eut sa réponse.
    - Je suppose que vous l'avez déjà ouvert? Idem pour la missive? Elle ne s'offusqua pas de cette indiscrétion. Il ne faisait que son travail.
    - Oui Mademoiselle, et je sens que vous allez aimer! Un sourire amusé égaya ses lèvres. La migraine de Litchy empira soudain. Les moments cocasses qu'ils vivaient les aidaient à dédramatiser la situation. Il la laissa seule pour découvrir ce que renfermait l'écrin.
    Elle ouvrit celui-ci avec précaution. Le bracelet, or et rubis, rutilait sur le velours noir. Malgré elle, Litchy laissa échapper une grossièreté. Sans ôter le bijou de son emballage de luxe, elle referma la petite boîte d'un claquement sec.
    "Mon petit chaton, ceci avec toute mon affection pour ce merveilleux instant passé en ta compagnie-Fenz" Lut-elle sur la jolie petite carte qui accompagnait le présent.                                                                                                                                                                                                      Les mots dansaient devant ses yeux. Elle se sentit tellement humiliée et rabaissée qu'elle déchira la missive avec rage.
    Alors, parce que Monsieur Difenzo avait apprécié sa ...prestation, celui-ci se permettait de la traiter comme une escort-girl en lui offrant une merveilleuse parure. Elle ne pouvait accepter cela. Et elle devait le lui dire de vive voix. Ses tempes et sa nuque n'étaient plus qu'un tambour dont la résonnance s'amplifiait dans toute sa tête.
    Elle avala deux aspirines, et plongea dans un bain parfumé senteur violette. Robe t.shirt près du corps, blanc immaculé; sandales, une queue de cheval, quelques gouttes de parfum et déjà, elle roulait en direction du Maliana. Jacques voulut l'en dissuader, mais elle passa outre ses conseils. Elle sentait qu'elle n'était pas en danger auprès de Fenzhar, pas ce soir. Si seulement ce bourdonnement entre ses tempes voulait bien cesser.
    Comme chaque soir de fermeture, le casino baignait dans une obscurité totale. Á l'étage, Fenzhar aimait y recevoir les gérants et les employés du "Matiaba" et du "Madiala". Le ballet des conseillers, secrétaires, avocats, agents de sécurité, croupiers et hôtesses durait une partie de la soirée. Á ses côtés, impassible, son secrétaire délivrait ses instructions. Personne ne se serait risqué à contrarié Monsieur Difenzo. On exécutait ses ordres sans discuter.
    Denzio fut surpris de voir arriver le 4x4 de Mademoiselle Litchy. Il était tard et le patron n'allait pas tarder à rentrer au manoir situé à quelques kilomètres du casino. Superbe et hautaine, la jeune femme jeta ses clefs au vigile et sans plus attendre, l'écrin dans la main, elle se dirigea vers le couloir qui conduisait à la grande salle. Le silence qui y régnait était impressionnant. Elle s'empressa de la traverser, car sans la clarté des lustres, Litchy trouva l'endroit glacial et inhospitalier.
    Elle sortit de l'ascenseur en frissonnant légèrement. Entrouverte, la porte du bureau de Fenzhar laissait filtrer la conversation qui s'y déroulait. D'ailleurs, celui-ci fort mécontent de son interlocuteur le tançait vertement.
    - Si la somme n'est pas entre mes mains demain soir au plus tard, vous savez ce qui se passera Enrico? Apparemment l'homme en question le savait car il balbutia quelques mots puis se tut.
    - Le rapport des régulateurs de fonds me signale de nombreuses anomalies, et cela, depuis plusieurs mois! Je ne veux pas savoir où est passé l'argent, je le veux en ma possession demain! C'est compris? Fenzhar parlait calmement, sans hausser le ton.
    Litchy sentit qu'à cet instant le fauve avait repris le dessus. Elle hésita, partir ou rester?
    - Oui Monsieur Difenzo, vous aurez vos quinze mille euros! Quelques secondes plus tard l'homme sortit du bureau la tête basse et croisa Litchy sans la voir.
    - Litchy, que fais-tu ici à cette heure? Entre! Maudites caméras, elle les avait oubliées.
    Elle pénétra dans la pièce non sans appréhension. Mais sa colère reprit le dessus en constatant que Fenzhar ne se levait pas à son arrivée. Se plantant devant le bureau, elle lui balança carrément l'écrin rouge. Il ignora la provocation.
    - Je choisis mes bijoux moi-même! Je ne veux pas de celui-ci! Je ne veux pas de vos cadeaux, j'ai pourtant été clair à ce sujet non? Insista-telle. La douleur qui lui vrillait la tête la poussa à élever la voix à chaque nouvelle phrase. Le calme apparent de Fenzhar aurait dû alerter Litchy qui pourtant avait été mise en garde contre les colères imprévisibles du gangster. Il prit le petit coffret qu'il glissa dans son attaché-case et toujours sans un regard pour elle, il sortit une chemise épaisse d'un des tiroirs du meuble derrière lequel il était assis et la tendit à l'homme en face de lui.
    - Cette histoire a assez duré! Argent ou pas vous m'éliminez le problème et faites disparaître ces documents, une bonne fois pour toutes! Nous en avons terminé?
    Un battement de cils de la part de son secrétaire vint clore la réunion. Sans un mot, celui-ci sortit de la pièce dont il referma la porte silencieusement. Fenzhar appréciait le mépris que la jeune femme avait pour les biens matériels. Jusqu'à présent, celle-ci lui avait renvoyé tous ses cadeaux avec un petit mot de remerciement. Il n'était pas vexé par ses refus, seulement intrigué. Cependant, maîtresse ou pas, elle ne devait jamais oublier qui commandait. Fenzhar se leva et contourna le meuble qui le séparait de Litchy. Il souriait, mais Litchy comprit qu'il était furieux. Ses yeux noirs lançaient des éclairs lorsqu'il la saisit rudement.
    - Je ne veux pas avoir à le redire alors écoute moi bien! Elle ne lui fit pas le plaisir de trembler devant lui. Il se rendit compte que Litchy n'avait pas peur, et cela l'irrita plus encore.
    - Á aucun moment, tu ne me parles ainsi devant mes employés! Il serra ses poignets si fort que des larmes roulèrent sur les joues de Litchy.
    - J'ai plaisir à t'avoir à mes côtés, mais c'est moi qui établis les règles! Il la lâcha enfin et la plaqua contre lui. Celle-ci chercha à lui échapper en le repoussant.
    - Je vais vous laissez Monsieur Difenzo! Je ne tiens pas à poursuivre cette discussion!
    - Stop petite fille! Si j'étais toi, je ne jouerai pas à cela! Par sa queue-de-cheval, il attira lentement Litchy à lui.
    Ses lèvres parsemaient de petits baisers celles de la jeune femme qui se laissait faire sans protester, incapable de bouger. Il l'enveloppa tendrement de ses bras, sa colère avait disparu.
    - C'est petite tigresse que je devrais te surnommer, tu ne crois pas?
    La fatigue, la crainte et la douleur épouvantable qui la taraudait depuis des heures, eurent raison de Litchy. Elle s'effondra sans connaissance contre Fenzhar.
    Elle rouvrit les yeux, pelotonnée sous une couette douce et épaisse. Une femme était à son chevet. La voyant éveillée, celle-ci lui enjoignit de ne pas bouger le temps d'aller chercher son hôte. Litchy entendit des pas rapides dans le couloir et la porte s'ouvrit avec fracas.
    - Comment tu sens-tu mon chaton? Essoufflé, Fenzhar s'assit au bord du lit et prit la main de Litchy dans la sienne.
    - Je ne me rappelle plus très bien comment je suis arrivée ici? Que s'est-il passé?
    Á l'agencement luxueux de la pièce, Litchy avait déjà comprit qu'elle se trouvait dans la chambre de son redoutable amant. Mais qu'y faisait-elle? Surtout vêtue d'une chemise de nuit? Et passée par qui? Soudain, la mémoire lui revint. Elle commença à s'agiter, faisant mine de se lever, mais tout tourna autour d'elle.
    - Tu as eu un malaise dans mes bras! Alors après la visite du médecin, j'ai préféré te recueillir au manoir! La gouvernante, avec l'aide d'une des femmes de chambre, t'a mise au lit! Il se voulait rassurant et l'aida à se caler contre l'oreiller. La jeune femme sembla un temps soulagée.
    - Le médecin t'a injecté un médicament pour faire baisser ta tension! Tu vas me faire le plaisir de rester allongé et de ne te préoccuper de rien! Pour info, cela fait deux jours que tu dors, petite belle au bois dormant! Cette fois-ci Litchy poussa un cri et bondit hors du lit.
    - Je dois prévenir chez moi, Jacques va appeler mon oncle et celui-ci est vite inquiet! S'il vous pl...! Elle s'affala sur le tapis avant que Fenzhar n'ait pu la retenir. Celui-ci se précipita pour la relever. Abasourdie, la jeune femme fut remise au lit. Sur ces entrefaites, sa garde-malade entra avec un plateau qu'elle déposa devant elle. Un bol emplit d'une soupe bouillante laissait échapper un fumet délicieux. Des petites coupelles de fruits frais et un verre de jus de mangue fraîchement pressée complétait le repas.
    - Goûtes à ce bouillon de poulet, cela va te donner des forces! Fenzhar, déjà prêt s'il le fallait à lui faire avaler lui-même le potage avança le bol devant elle.
    Depuis le restaurant avec Fenzhar, Litchy n'avait rien avalé. L'esprit préoccupé, elle grignota quelques croûtons dorés avec un peu de soupe. Elle mangea une moitié de kiwi et but une gorgée de jus de fruit. Fenzhar sembla contrarié de son peu d'appétit. Sur un signe de son maître, Marie retira le plateau.
    - Tu dois manger ma belle! Tu vas rester ici quelques jours pour te reposer, j'ai décidé! C'était sans appel. Il ne lui laissait pas le choix.
    Litchy imaginait l'anxiété de Lukas qui ne tarderait pas à envoyer le groupe d'exfiltration au casino s'il n'avait pas rapidement de ses nouvelles.
    - Appelles chez toi! Demandes que l'on te procure quelques affaires! Malgré les protestations de la jeune femme, il ne céda pas et lui tendit son portable.
    Bonjour Monsieur Jacques! Je suis au manoir Difenzo, pourriez-vous me préparer un sac de voyage, je vous prie!
    Le message était passé, elle allait bien. "Monsieur" Jacques connaissait le code et allait prévenir Lukas.
    - J'ai eu une baisse de tension et Monsieur Difenzo m'a proposé son hospitalité! Litchy écoutait Jacques lui énumérer ce dont elle pourrait avoir besoin, et la conversation s'éternisait trop au goût de Fenzhar.
    - Oui, comme d'habitude! Vous me l'apporterez au....! Celui-ci énervé, lui arracha le portable des mains.
    - Mon secrétaire passera prendre le sac de Mademoiselle Naubert! Il raccrocha sans plus attendre.
    - Cette habitude de materner le personnel m'ennuie petite! Tu paies ton majordome, il bosse, il sait ce qu'il a à faire, point barre! Debout, furieux, il glissa son portable dans la poche intérieure de son costume.
    La jeune femme le regardait, sidérée. Son silence alerta Fenzhar qui vit Litchy immobile, la mine déconcertée.
    - Crois-tu chaton que je mettrais une parfaite inconnue dans mon lit? Je sais depuis longtemps où tu habites et avec qui! Inutile de faire de longs discours!
    Il se rassit et déposa un chaste baiser sur le front de la jeune femme.
    Celle-ci ne put s'empêcher de frissonner. Elle n'avait pas peur de Fenzhar, seul le fauve tapi en lui l'effrayait car il était incontrôlable.
    - Tu es blanche comme un cachet d'aspirine chaton! Allonge-toi et dors un peu! J'ai à faire, mais je reviendrai te voir dans la journée!
    Protecteur, prévenant, Litchy aurait pu croire à sa générosité et à sa délicatesse. Mais seul son instinct le guidait. Elle le savait, car elle était comme lui.
    - Marie? Veillez à ce que Mademoiselle Naubert ne manque de rien, je vous prie! Dit-il en quittant la chambre. Servile, la femme s'inclina puis elle vint s'installer au chevet de Litchy.
    En descendant les marches, Fenzhar passa un bref coup de fil à Eric Lausard son avocat. Cette gamine, sortit du néant et ressemblant comme deux gouttes d'eau à Amélia ne lui disait rien qui vaille. Il devait approfondir les recherches sur ses origines.
    Litchy ferma les yeux pour ne pas voir la gouvernante à son chevet. Le sommeil la cueillit sans qu'elle s'en rende compte.
    Quand elle rouvrit les yeux, elle fut à peine étonnée de sentir Fenzhar blotti contre elle, le visage enfoui dans ses cheveux, son bras enserrant sa taille. Sa respiration régulière témoignait d'un profond sommeil. Litchy s'écarta légèrement. La pièce était dans une totale obscurité, à part le scintillement bleuté de la veilleuse du réveil. Litchy savait d'avance comment se terminerait la nuit. S'éclipser à la sauvette ne lui servirait pas à grand chose, et ce ne serait reculer que pour mieux sauter.
    - Tu ne dors plus chaton? Il se pressa contre elle et l'embrassa tendrement au creux de la nuque. Elle s'abandonna à ses caresses bien particulières. Soudain, la lumière jaillit.
    - Je ne fais jamais l'amour dans le noir ma poupée! Fenzhar ôta la chemise de nuit qui le gênait, puis il installa Litchy, nue, à califourchon sur son bassin. Ses longs cheveux défaits dissimulaient sa poitrine. Il écarta les boucles blondes avec circonspection et la tenant par la taille, il se mit à tirer du bout des lèvres, la pointe de ses seins. La jeune femme remuait légèrement, en caressant les épaules de Fenzhar. Elle avait les yeux clos.
    - Petite fille, je crois que si tu continues ainsi, nous allons oublier les préliminaires! Il la plaqua contre son torse et la fit rouler sous lui. Elle sentit son sexe qui répondait à l'appel du désir. Il grossissait à chacun des mouvements qu'elle faisait pour se nicher agréablement contre Fenzhar. Il emprunta le petit sentier humide à la recherche de l'entrée du temple qu'il trouva facilement. Entrainée par des baisers brûlants et une friction habile, Litchy écarta un peu plus ses cuisses pour lui et se laissa gagner par la volupté. Le reptile souple et ardent qu'était son membre s'enfonçait en elle. Fenzhar criait son nom, tandis qu'il allait et venait en elle avec fougue. Il était le maître et la prenait avec force.
    Sa tête placée entre les mains de Fenzhar posées à plat sur le traversin, Litchy se rendit compte que si l'envie lui en prenait, celui-ci pouvait lui ôter la vie sans qu'elle puisse se défendre. Elle remonta ses jambes, haut sur les fesses de son amant et se pendit à son cou. Elle accompagna chacun de ses rudes coups de reins par un petit déhanchement, ce qui l'excita encore plus. Lèvres et ventres soudés, ils mirent fin à la cavalcade triomphante par une succession d'orgasmes qui les laissa anéantis sur les draps défaits. Le liquide sirupeux qui s'écoulait de son intimité lui rappela soudain à qui elle venait de se livrer.
    Une fois encore, Litchy avait apprécié les performances de Fenzhar. Son corps chaud rivé au sien, l'électrisait et lui donnait envie de ...recommencer.
    Il devenait urgent qu'elle consulte Madame Djanhä.

     


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  •    ...La magnifique propriété de Monsieur Difenzo était située le long de l’avenue principale, presque au faîte de l'éperon rocheux qui dominait la ville, à quelques kilomètres du Maliana. Sur la gauche en montant, l’on découvrait un portail monumental caché par une haie de pins. L’immense grille dissimulée par les arbres séculaires protégeait l’entrée du domaine. Le service de sécurité personnel de Monsieur Difenzo laissait rarement entrer les visiteurs, et ceux-ci ne ressortaient jamais sur leurs deux jambes si d’aventure, ils étaient parvenus à y pénétrer sans invitation. Comme pour les casinos, chaque recoin du vaste parc était balayé par des caméras allumées nuit et jour. Chaque recoin, sauf le promontoire où, le patron allait s’isoler parfois, toujours en bonne compagnie. Deux vigiles, postés le long du sentier, montaient alors discrètement la garde afin que Monsieur ne soit pas dérangé.
    L'impressionnante bâtisse construite en briques rouges, était le joyau de l'immense domaine. Le parc alentour avait été aménagé en fonction du bâtiment. Fenzhar avait vu les choses en grand. Piscine, terrain de tennis et mini golf, qui n’avait de mini que le nom, étaient attenants à une salle de sport pourvue des derniers équipements à la mode. Sur le promontoire, Fenzhar avait fait fixer une table d’orientation en granit pur. Tertre duquel on découvrait un panorama époustouflant avec en contrebas, une vue unique sur le front de mer et la ville entière. Sous la frondaison trônaient en cercle d'énormes bancs en pierres de taille, recouverts d’épais coussins imperméables. 

    Cela faisait déjà deux jours que la jeune femme était l'invité de Fenzhar. Son secrétaire avait récupéré le sac de voyage de Litchy et l'avait consciencieusement fouillé avant de le lui faire parvenir. C'était dans ces moments-là que Litchy comprenait que les heures interminables passées avec Lukas et Charles, à l'élaboration du plan qui conduirait Fenzhar Difenzo derrière les barreaux n'avaient pas été de trop. Pendant deux années, il lui avait fallu s'initier aux jeux d'argent, se mettre en tête des dizaines de codes de communication, mémoriser une généalogie compliquée, apprendre à réagir rapidement en cas de problème, maîtriser parfaitement l'espagnol, langue nationale de l'Argentine, et passer des heures à entretenir sa forme. Lukas n'avait rien laissé au hasard. Si certains utilisent des messages codés, d'autres le langage des couleurs, lui avait trouvé bien mieux. L'apparence vestimentaire de Litchy était le fil rouge qui les reliait. Selon ce qu'elle portait, cela signifiait un appel au secours, la divulgation d'une information ou simplement que tout allait bien. Et, à voir son allure, c'était le cas pour l'instant.
    Se moquant éperdument des regards désapprobateurs du personnel, habillée d'un short court et d'un minuscule débardeur, Litchy luttait contre l'insupportable chaleur qui régnait déjà à mi-matinée. Elle divaguait dans les couloirs de l'immense demeure à la recherche de Fenzhar et finalement, elle se retrouva dans l'aile sud, là où se trouvait la pièce interdite. La veille, Fenzhar lui avait bien fait comprendre qu'elle ne devait jamais y entrer hors de sa présence. La porte n' était pas verrouillée, car le lieu était truffée de caméras.
    - Fenzhar? Vous êtes là? Elle entra dans la pièce qui baignait dans une semi-obscurité. Elle en fit le tour, prenant garde de ne toucher à rien et mémorisant tout
    ce qui pourrait intéresser Lukas. Le voyant rouge qui clignotait sur le bureau l'avertit qu'elle allait bientôt avoir de la compagnie.
    - Chaton, tu viens de faire une grosse bêtise et je vais devoir te punir! Silencieux maintenant, les bras croisés, Fenzhar occupait l'encadrement de la porte. Même si elle s'attendait à son arrivée, Litchy avait tressaillit au son de la voix menaçante de son hôte.
    - Mais je n'ai touché à rien Fenzhar, je vous le promets! Se défendit-elle. Elle s'avança lentement dans sa direction, son regard rivé à celui du fauve qu'elle allait
    devoir dompter. Une fois près de lui, elle glissa ses doigts sous sa chemise, déposant un baiser sur les lèvres de fenzhar qui resta de marbre.
    - Je vous cherch...! Elle n'eut pas le loisir de terminer sa phrase. Il la repoussa si violemment que, s'il ne l'avait pas retenu au dernier moment, elle se serait étalée de tout son long par terre.
    - Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans interdit d'entrer ici? Il attendit une réponse que Litchy ne semblait pas pouvoir donner.
    - Je te l'ai expliqué hier non? Ses mains enserraient les bras de la jeune femme qu'il secouait avec rudesse.
    - Tu tiens vraiment à ce que je me montre désagréable? Ses doigts s'incrustaient dans la chair tellement il serrait fort.
    - Je... je ne voulais rien... rien fai... faire de mal! Litchy hoqueta ces quelques mots, le visage ruisselant de larmes. Il la lâcha enfin et l'étreignit comme si de rien
    n'était. Il parsema ensuite de petits baisers, ses joues encore humides. Il se fit possessif, glissant une main sur les fesses de Litchy, la contraignant à caresser
    son ventre du sien. Elle se prêta d'autant plus facilement à son jeu que cela éluderait les questions. Mais elle se fit quand même réticente pour la forme.
    - Tu es loin d'être une imbécile, ma belle! Ses baisers se firent persuasifs. Il remarqua alors les marques violacées sur les bras de Litchy, mais les ignora.
    - Tu peux aisément comprendre que dans mon activité, j'ai quelques petits secrets qu'il vaut mieux que tu ignores! Ses caresses la faisaient frissonner. Il aimait
    toucher sa peau nue et elle ne put retenir une plainte de satisfaction lorsqu'il effleura sa poitrine sous son léger haut.
    - Je n'ai plus envie de te sermonner! Viens!
    Litchy savait ce que cela signifiait. Elle se laissa guider jusqu'à la chambre, et lorsqu'il en referma la porte derrière eux, elle eut soudain peur. Mais la petite perle rouge sang attira son regard. Elle n'avait pas fait tout ce chemin pour abandonner maintenant. Elle décida de tester son emprise sur Fenzhar.
    Celui-ci la souleva avec aisance et alla la déposer sur le lit. Il lui ordonna de rester immobile. Il ôta rapidement ses vêtements, et il se campa nu devant elle. Son
    sexe agité de légers battements pointait haut déjà. Il agrippa à la ceinture le short et le sous-vêtement de Litchy qui se cambra pour les laisser glisser sous ses
    fesses. Une fois les vêtements expédiés à l'autre bout de la pièce, il la contempla.
    Allongée sur le dos, les cheveux étalés autour du visage, les joues rosées, les seins pointant comme deux collines sous le débardeur en soie qu'il ne lui avait
    pas ôté, lui offraient un spectacle attrayant. Il s'intéressa à sa féminité, lisse comme une peau de pêche. Il se pencha pour tester le velouté de la peau, parcourant le ventre et le sexe de Litchy d'une main presque timide. Il se fit plus entreprenant en étendant son parcours à l'intérieur des cuisses de la jeune femme. Puis,il se laissa tomber près d'elle, l'abreuvant de baisers et de caresses.

    Litchy se contentait de faire glisser ses doigts le long de son dos et de flatter ses fesses du plat des paumes. Elle remuait son bassin, massant ainsi de son bas-ventre la dure flamberge qui cherchait à regagner son fourreau. Elle écarta inconsciemment les cuisses, sentant un doigt inquisiteur s'insinuer dans les replis liquoreux de son anatomie. Ses gémissements n'avaient rien de feints, et lorsqu'il la fit rouler sur le ventre, elle remonta instinctivement ses jambes sous elle. Fenzhar plaqua ses mains sur ses fesses et enfonça son membre palpitant en elle. Une sensation de chaleur et de friction intense l'obligea à se contrôler. Ses lents va-et-vient étaient un supplice pour Litchy qui haletait en articulant des mots sans suite.
    Elle serra ses cuisses en contractant ses muscles, enserrant très fort le membre de Fenzhar. Tous deux se raidirent sous la violence de l'orgasme qui les emporta.
    Encore emboîté en elle, Fenzhar entraîna Litchy dans sa chute. Même s'il se sentait complètement lessivé, son érection ne diminuait pas. Pourtant incapable
    de faire le moindre mouvement, il la berçait tendrement contre lui. La chaleur du corps de la jeune femme l'attirait comme un aimant et pour la première fois depuis la disparition d'Amélia, Fenzhar eut envie de prolonger cet instant de plénitude avec celle qui lui avait donné autant de plaisir. Litchy ne bougeait pas, ni ne disait mots. Elle le laissait apprécier. Au dur renflement qui se lovait entre ses fesses, elle comprit qu'elle n'en avait pas encore fini avec lui.
    - Chaton? Tu sais monter à cru? Fenzhar s'était allongé, les bras levés, les mains sous sa tête. La question n'en était pas une et Litchy le savait.
    - Je crois pouvoir me débrouiller! Elle vint se poser sur son bassin, lui faisant goûter à la douceur de son sexe au passage. Elle ôta son haut, se laissant admirer nue et fière. Puis elle approcha sa bouche et saisit entre ces lèvres humides, celles de Fenzhar. Il l'entraîna aussitôt dans le ballet improvisé de leur langue nouée l'une à l'autre. Elle se livra alors à un massage corps à corps, sa poitrine écrasant son torse, ses tétons dressés graffignant sa peau et son ventre soudé au sien. Celui-ci stoppa son baiser pour la dévisager. Il caressa sa joue, et recommença la danse endiablée de leurs lèvres.
    Sans en avoir l'air, Litchy papillonna sur son front, ses joues, son menton, puis elle titilla le lobe de son oreille droite. Elle frôlait son torse de ses doigts habiles et l'échauffait de caresses indécentes. Puis sa bouche se posa sur la petite perle en rubis. Elle aspira le lobe de son oreille, le léchant, l'humidifiant, se jouant des frissons qu'elle savait lui procurer.
    - Á quoi joues-tu? Il se redressa brutalement, manquant la faire tomber du lit. Ses yeux lançaient des éclairs.
    - Je pensais que cela te faisait plaisir, que tu aimais ça! Il y avait tant d'innocence dans le regard et la voix de Litchy qu'il renonça à se mettre en colère.
    - C'est de ma faute, j'ai oublié de te prévenir! C'est un endroit sensible, douloureux presque! Aucune de mes... amies passées n'avaient ton audace mon chaton!
    Comme pour se convaincre, Fenzhar prit le visage de Litchy entre ses paumes et déposa un doux baiser sur chacune de ses paupières, lui affirmant qu’elle n’avait rien fait de mal
    - Où en étions-nous? Un beau sourire étirait ses lèvres. Celui de Litchy ne se voyait pas, mais il était triomphant.
    D'un coup de reins, elle le chevaucha à nouveau. Elle sentait les palpitations incontrôlées du sexe de son amant sous le sien. Elle s'allongea sur Fenzhar, juste le temps d'un baiser, puis elle se redressa lentement, le laissant tripoter ses seins avec concupiscence. Elle s'empala lentement sur la colonne de chair qui défroissait ses replis intimes à chaque centimètres gagnés. Immobile, tentant de s'habituer à cette fournaise, Fenzhar lui laissa l'initiative de mener la danse.
    D'abord imperceptibles, les mouvements du bassin de Litchy prirent peu à peu de l’ampleur. Le souffle accéléré de sa jeune maîtresse répondait aux halètements de Fenzhar. Elle disposa ses mains à plat sur son torse, câla ses genoux contre ses cuisses puis commença sa sarabande. Elle s'aidait de ses mains et de ses genoux pour tournoyer et le plonger en elle de tout son poids. Il s'était interdit tous mouvements, mais lorsqu'elle leva ses bras au ciel en hurlant tel un indien sur le sentier de la guerre, il ne put s'empêcher d'accompagner du sien, les ondoiements de son bassin. Inondée de sueur, les cheveux en bataille, le souffle court, la jeune femme hurla une dernière fois son bonheur et brutal, violent l'orgasme les emporta tous deux. Elle s'affala sur lui, l'enserrant de ses bras et jambes. Leurs miellées gouttaient lentement d'entre ses plis secrets, leur respiration s'apaisait peu à peu et Litchy se laissa glisser dans une semi-somnolence bienfaitrice.
    Elle se réveilla deux heures plus tard, seule. Elle éliminait la mousse au jasmin sous le jet puissant de la douche, quand son esprit lui rappela les dernières paroles que Fenzhar avait prononcé avant qu'elle ne s'endorme.
    - Je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi ma belle petite salope! Tu me rends mes vingt ans!

    Litchy décida qu'il était temps pour elle de quitter les lieux. Dans la soirée, profitant de l'absence du maître de maison, elle commanda un taxi et regagna son
    appartement à la marina.
    Madame Djanhä eut beau lui expliquer que son cerveau naviguait entre transfert et défense, Litchy ne se sentit pas rassurée pour autant.


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  •    ...Litchy avait tranquillement préparé son bagage sous l'œil réprobateur de Marie, l'intendante du manoir. Fenzhar avait confié sa jolie maîtresse aux bons soins de la gouvernante, pensant que celle-ci serait en mesure de réprimer les facéties de la jeune femme. Mais c'était sans compter sur le caractère bien trempé de Litchy. Monsieur n'avait pas donner d'ordres laissant entendre qu'il fallait utiliser la force pour la retenir. Marie tenta de raisonner Litchy: "Monsieur ne va pas être content! Laissez-moi au moins le prévenir?" Litchy boucla son sac, puis, avec un grand sourire, elle répondit à la gouvernante: "Voilà, je suis prête!"  Devant le manque de coopération évidente de Litchy, Marie voulut l'intimider.

    - Je préviens la sécurité, Monsieur m'a donné des ordres! Et en aucun cas vous ne devez...! Menaçante, elle posa sa main sur l'avant-bras de Litchy.

    - Suis-je prisonnière? Monsieur Difenzo vous a-t-il expressément recommandé de me séquestrer? Litchy dégagea prestement son bras, puis saisissant fermement son sac, celle-ci s'esquiva à grands pas. Interloquée, Marie ne sut que répondre et sottement, elle regarda sortir la jeune femme. À son retour, Fenzhar fracassa tout ce qui se trouvait à portée de ses poings lorsqu'il apprit que Litchy avait quitté le manoir, sans même qu'il soit prévenu. 

    Très énervé, il se fit conduire à la marina par son chauffeur. C'était la première fois qu'il s'abaissait à poursuivre une mignonne, tel un amoureux transi. Mais ce n'était pas l'amour qui le guidait. Cette petite sotte ne pouvait pas lui désobéir ainsi et elle devait recevoir une leçon. Ce fut Jacques, le majordome de Mademoiselle Naubert qui le reçut. Poliment, il informa Monsieur Difenzo de l'absence de Mademoiselle. Celle-ci avait dû se rendre à un conseil d'administration imprévu et elle n'avait pas précisé la date de son retour. Exaspéré, Fenzhar écouta Jacques lui signifier les nombreuses raisons pour lesquelles il était très difficile de joindre Litchy là où elle se trouvait. Fenzhar le remercia sèchement tout en le priant de faire savoir à Mademoiselle Naubert, dès qu'il en aurait l'occasion, qu'elle était attendue au manoir à son retour. Décidément, cette pouliche n'était pas comme celles qu'il avait fréquentées jusqu'à présent. Elle avait un sacré tempérament et il allait avoir du mal à la refréner. Pourquoi le faire d'ailleurs? Rien ne l'effrayait, pire, elle revendiquait son indépendance. Elle était brillante, splendide et inventive entre ses draps. Tout comme sa chère Amélia qui se rappela à sa mémoire un court instant. Litchy, elle, était bien vivante. Jamais elle n'avait fait le moindre commentaire critique sur ses activités délictueuses et elle s'en désintéressait totalement.

    Il muselait ses précédentes petites amies avec de magnifiques cadeaux, mais rien ne semblait avoir grâce aux yeux de Litchy qui refusait tout en bloc, même le bracelet, or et rubis qui valait une petite fortune, mais qu'il avait négocié pour une bouchée de pain à l'un des joueurs malheureux du Madiala. Fantasque et délicieuse, Litchy occupait toutes ses pensées. Elle le rendait dingue et lui restituait une part de ses vingt ans. Parce qu'il devait bien se l'avouer, même s'il faisait toujours illusion, la mignonne avait à peine vingt et un ans et lui pratiquement vingt-huit ans de plus qu'elle. Fenzhar était tourmenté à l'idée que la riche héritière des industries Naubert se lasse de sa compagnie et qu'un beau jour, l'envie de disparaître lui prenne. Selon les "sources" de Maître Lausard, Litchy Naubert était bien ce qu'elle prétendait être: le numéro deux des industries Naubert. Pendant un temps Fenzhar avait cru avoir à faire à l'une de ses chercheuses d'or qui gravitaient à sa suite dans l'espoir de se faire entretenir.

    Chercheuse d'or, c'est ainsi qu'il nommait celles qui s'intéressaient d'un peu trop près à sa fortune . D'ordinaire, il les repérait très vite. Prêtes à tout, elles ne reculaient jamais devant le sacrifice de leur dignité. Elles se donnaient comme des prostitués en échange d'un chèque à trois zéros. Et pour obtenir cette gratification, Fenzhar leur en faisait baver. Celui-ci adorait regarder ces petites cochonnes se tripoter sous le faux regard concupiscent qu'il adoptait. Certaines ne se rendaient même pas compte, qu'elles se faisaient jouir elles-mêmes sans qu'il n'ait besoin de les toucher. Elles le laissaient les avilir par des pratiques immondes, rien que pour avoir le droit d'apparaître à son bras ou obtenir de somptueux cadeaux. Ces filles l'amusaient un temps, puis il s'en séparait sans états d'âme et sans "indemnités". Son meilleur souvenir, Kathleen, une allumette filiforme brune, d'une trentaine d'années. Elle venait de perdre sa famille dans un accident et débarquait tout droit de sa campagne pour se refaire une fortune lui avait-elle avoué. Elle était prête à travailler d'arrache pied pour réussir. Ce n'est pas tout à fait cela que Fenzhar lui arracha. 

    Cette petite allumeuse s'était bien vite rendu compte que ses prétentions seraient révisées à la baisse. Certes, elle avait obtenu le fameux chèque, à quatre zéros même. Seulement,si elle s'attendait à n'avoir qu'à écarter ses jolies cuisses pour une crapule, elle fut bien déçue. Elle dut sucer, avec la ferveur exigée, le sexe de cinq des gorilles de Fenzhar, avant de se laisser sodomiser par chacun d'eux dans la foulée. Ses cris ne ressemblaient en rien à des plaintes amoureuses, juste des hurlements de douleur. Monsieur Difenzo profita du spectacle, le regard venimeux et hilare, tout en bénéficiant des gâteries de Sacha qui le fit jouir, avec savoir faire. Cela avait au moins permis à Kathleen de régler ses dettes de jeu. N'ayant pas compris la leçon et croyant avoir réussi l'examen de passage pour faire partie du cercle du malfrat dévoyé, Kathleen tenta une seconde approche. La deuxième tentative avait été plus avilissante encore, Fenzhar s'était chargé lui-même de fourrer son tendre petit derrière après des préliminaires abjects qu'elle avait accepté sans broncher. Cela avec le secret espoir que la rémunération serait calculée en fonction de la performance. Fenzhar estima qu'il avait été suffisamment aux petits soins pour elle, suffisamment pour ne pas avoir à y ajouter une gratification supplémentaire. Alors Kathleen joua son va-tout, et comme aux tables de jeu, elle se ramassa en beauté. Elle eut à peine le temps de menacer Fenzhar de porter plainte pour viol, qu'aussitôt, elle alla grossir les statistiques des disparitions inexpliquées. Fenzhar se délectait au souvenir du regard terrifié de la jeune femme lorsqu'il avait sorti son arme du holster. La crapule qu'il était, avait tiré sans hésitation.

    Mais heureusement, son chaton, c'est ainsi qu'il nommait Litchy, n'avait rien à voir avec ces filles. Depuis peu, rebelle, désintéressée et mutine, sa jeune maîtresse occupait toutes ses pensées, et cela, commençait à l'inquiéter. Comme convenu avec les services qui la briffaient, Litchy resta injoignable pour Fenzhar. Cinq jours après son départ du manoir Difenzo, elle fit son apparition dans l'allée centrale du Maliana. Il était vingt-trois heures, à quelques minutes près. Le casino était bondé, mais Fenzhar la repéra immédiatement. Il fondit sur elle comme un rapace sur sa proie, dédaigneux et hautain envers celles et ceux qui tentaient de le saluer au passage. 

    - Qu'est-ce qu'il t'a pris de disparaître ainsi? Gronda-t-il. Il attrapa avec rudesse la jeune femme par l'avant-bras et la propulsa sans ménagement vers les battants ouverts de l'ascenseur de service à quelques mètres de là. Intrigués certains joueurs les suivirent des yeux, pensant que le directeur du casino avait débusqué une flambeuse qui utilisait une martingale. Aussitôt les portes refermées, de la paume de la main, Fenzhar plaqua brutalement Litchy contre la paroi en métal. Celle-ci fut nullement impressionnée par sa brutalité. Calmement, elle noua ses bras autour de son cou et l'embrassa sauvagement. Déstabilisé, celui-ci la repoussa doucement malgré l'envie qu'il avait soudain de la trousser comme une fille de ferme. 

    - Tu penses réellement que cela va me suffire comme explications? Dit-il toujours furieux. Mais elle le vit se détendre.

    - Non, mais c'est un bon début! Minauda-t-elle. Il ne put s'empêcher de sourire. Décidément, cette gamine n'avait peur de rien.

    Une fois dans la chambre attenante à son bureau, elle lui affirma plusieurs fois, être désolée de n'avoir pu le prévenir de son départ. Cela s'était fait dans la précipitation et pour comble, la batterie de son portable avait lâché. Ensuite, son oncle avait prêté le jet à un ami, si bien que leur retour en avait été retardé. Assis sur le coffre monumental qui servait de pied de lit, Fenzhar ne la quittait pas des yeux, l'écoutant avec attention. 

    - Chaton, pour la prochaine fois, je te conseille de faire en sorte que tu puisses me joindre à tous moments! Litchy savait qu'il ne plaisantait pas. Elle le vit se lever. Il se dirigea vers une console en acajou de laquelle il retira un écrin bleu de l'un des tiroirs. Il s'approcha alors d'elle et lui tendit l'objet. 

    - Je souhaite que tu essaies ce qu'il y a à l'intérieur maintenant! Intriguée, la jeune femme prit la boîte, hésitant entre dédaigner le présent ou ouvrir le coffret. Elle choisit la deuxième solution, découvrant à l'ouverture un splendide tour de cou en diamants bleu turquoise constitué de trois largeurs de perles. Chacune des petites billes bleues, de la grosseur d'une lentille, était enchâssée d'or blanc. Elle fut incapable de prononcer un mot ni de croiser le regard de Fenzhar. Immobile, elle fixait des yeux le bijou.

    - Puisque les rubis ne te convenaient pas....! Commença-t-il. Son soudain silence laissait deviner qu'il s'attendait à un peu plus de reconnaissance de sa part. 

    - Merci! Souffla-t-elle rapidement. Elle déposa machinalement un baiser sur les lèvres de Fenzhar. Le bijou brillait de mille feux et lorsqu'elle le sortit de l'écrin, elle eut la sensation de tenir un serpent entre ses doigts. Elle tentait maladroitement de cacher le sentiment qui l'envahissait: le dégoût. S'il pouvait se permettre de lui offrir ceci, c'était grâce à ses manigances malhonnêtes qui l'enrichissaient jour après jour. Cet homme brutalisait de nombreuses personnes, en escroquait d'autres sans états d'âme et exigeait des remboursements énormes pour des retards de paiement de dettes de jeux minimes. Quant aux gains journaliers que lui rapportaient les trois casinos, elle n'osait même pas y penser. 

    - Qu'est-ce qui ne va pas? Ne recommences pas tes simagrées, je te prie! Il ne lui laissa pas le temps de répondre, il poursuivit haussant le ton. 

    - J'exige que ton joli petit cou soit paré de cette merveille lorsque nous accueillerons mes invités au manoir! Compris?

    Litchy résistait difficilement à l'envie qu'elle avait de lui cracher à la face l'aversion qu'elle ressentait envers lui à cet instant. Cependant, elle ne pouvait se permettre de refuser une fois encore un des cadeaux hors de prix qu'il lui offrait. 

    - Je n'ai rien entendu? Compris, oui ou non? La jeune femme sortit enfin de son mutisme.

    - Non euh... oui! Je veux dire que oui, je le mettrais pour...! Mais de quelle réception parles-tu? Le regard de Fenzhar s'adoucit et il ne protesta pas lorsque Litchy remit le bijou dans son écrin. 

    - Dépose-le dans le coffre au manoir demain matin, et je le passerai le jour de la réception! Si tu veux bien! S'empressa-t-elle de rajouter en lui tendant la boîte bleue. Comme si cela avait été une babiole à deux francs six sous, il lança le petit coffret sur le lit pour ne plus s'y intéresser. Il entoura la jeune femme de ses bras puissants et la serra très fort contre lui. Ainsi, il faisait comprendre à Litchy qu'il était le maître. Celle-ci s'abandonna à son étreinte et aux baisers envoûtants qui s'en suivirent. Pourquoi lui cédait-elle aussi facilement? En fin de semaine, Fenzhar Difenzo présenterait officiellement Litchy Naubert à ses proches au cours d'une somptueuse garden-party. 

    Litchy jubilait intérieurement en regagnant l'immense salle de jeux du Maliana en compagnie de Fenzhar. Le sourire qu'elle arborait n'avait rien à voir avec la future réception comme le pensait Monsieur Difenzo. Seule, l'absence de la perle sang qui ornait habituellement l'oreille gauche de celui-ci lui procurait ce sentiment intense d'exultation... 


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  •  ... Elle passa une robe longue noire, outrageusement fendue sur le côté et se chaussa de tongs en cuir tressé bleues. Le coiffeur personnel de monsieur Difenzo noua ses cheveux dorés en un savant négligé fait d'une tresse aérée. Celle-ci enserrait son oreille droite pour redescendre finalement sur la gauche. Elle attisa sa féminité de quelques gouttes de parfum et elle s'apprêta à rejoindre Fenzhar. Celui-ci entra dans la chambre, oubliant de s'annoncer en frappant. Il siffla avec une grande élégance en la détaillant de la tête aux pieds. 

    - Tu vas les éblouir mon chaton! Si nous avions le temps gamine...! Fenzhar laissa sa phrase en suspend, mais Litchy en avait bien saisi l'idée générale. Il s'était approché d'elle et il fit dérouler de sa paume le tour de cou en diamants bleu turquoise qu'il lui avait offert quelques jours auparavant. 

    - Pensais-tu que j'avais oublié? Elle lui offrit un sourire énigmatique et se tourna afin qu'il puisse lui-même accrocher le bijou à son cou. Fenzhar en vérifia le fermoir puis il gratifia Litchy d'un léger baiser sur la tempe.

    - Nous sommes prêts me semble-t-il? Allons-y! Comme à son habitude, Fenzhar était vêtu de l'un de ses smokings à quelques milliers d'euros pièce. Malgré la nature sulfureuse de celui qu'elle accompagnait, Litchy ne pouvait s'empêcher d'admirer sa prestance.

    Les hôtes de Fenzhar, une quinzaine, avaient été triés sur le volet. Les dix premières minutes de la réception parurent une éternité à Litchy. Observée, jaugée, appréciée, détestée ou adulée, suivant le degré d’intimité qui liait Fenzhar à son invité, la jeune femme dû saluer chacune de ces personnes avec le plus d'amabilité possible dans la voix. Un sourire éclatant vissé aux lèvres, elle appuyait parfois négligemment sa tête sur l’épaule de Fenzhar, surtout lorsque celui-ci lui présentait l'une de ses anciennes maîtresses. Elle en compta trois parmi l'assistance. Lukas avait bien insisté sur le fait qu'elle ne devait en aucun cas engager une joute verbale avec l'une d'elle. Sensée ne pas les connaître, elle se devait de les ignorer. Cependant, il était bien difficile de se jouer de la présence de Daniella Manotti. Celle-ci ne les quittait pas des yeux. Superbe blonde aux yeux verts, Daniella aurait eu sa chance aux côtés de Fenzhar, mais l'apparition de Litchy, copie conforme d'Amélia, sur son terrain de chasse ne lui avait laissé aucune chance auprès de Fenzhar. Ceci, d'autant plus que le compte en banque de mademoiselle Naubert avait fait basculer définitivement la balance en sa faveur. Le mari de Daniella appréciait à juste raison la plastique parfaite de la nouvelle conquête du "maître", et il se sentait redevable envers la jeune femme, car celle-ci lui évitait, en monopolisant l'attention de Fenzhar, de passer pour le cornu de service.  Fenzhar emprisonnait la taille de sa jeune amie d'un bras possessif, montrant ainsi à ses hôtes que la belle était sa propriété. Gare à celui qui oserait l'approcher de trop près. Eric Lausard, l'avocat personnel de monsieur Difenzo était présent lui aussi. D'autorité il s'empara de la main de Litchy lorsque Fenzhar la lui présenta, et il lui fit un long baise-main sous l'oeil irrité de Fenzhar. Elle se retint de frictionner le dos de sa main tant les lèvres de Maître Lausard lui avait fait l'effet d'être mordu par un insecte venimeux. 

    - Allons mon garçon, je ne vais pas vous la dévorer! Inutile de me fusiller du regard! Maître Lausard seul pouvait se permettre de tels propos. Tout autre s'y serait risqué, qu'il se serait retrouvé dans un fossé les quatre membres fracturés. 

    - Éric mon ami veuillez garder vos sales pattes derrière votre dos, c'est entendu? Pendant quelques secondes, Litchy eut l'impression de voir deux fauves s'affronter sous son regard. Si Éric Lausard n'avait pas la prestance de son employeur, il n'en était pas moins dangereux. Lukas lui avait recommandé de s'en tenir éloigné le plus possible. Mais dans le cas présent, elle se devait de prendre parti. 

    - Fenz, crois-moi, il est toujours agréable de se sentir apprécié! Maître Lausard n'a fait qu'être poli, tu sais! Elle sourit à l'avocat et déposa un baiser léger sur la joue de Fenzhar. Monsieur Difenzo n'aimait pas qu'on le contrarie, mais la main qui pressait cruellement la taille de Litchy se détendit et il lui rendit son baiser. C'est avec grand peine qu'elle avait contenu un gémissement de douleur. 

    - Mon chaton, il va falloir que nous parlions en privé! Susurra-t-il doucereux à son oreille, cela sans cesser de sourire à ses hôtes. 

    - Buenos días, Señorina Naubert? Litchy se retourna lentement pour faire face à son interlocuteur. Le plus naturellement possible, elle engagea, dans la langue natale de Miguel de Cervantes Saavedra, une conversation avec l'homme le plus surveillé des polices Européennes. S'ensuivirent des tournures de phrases compliquées, parsemées d'un vocabulaire recherché. L'interrogatoire, car s'en était bien un, que lui faisait subir monsieur Claudio Aguilera se poursuivit pendant de longues minutes. Litchy n'était pas dupe, le test avait été prévu de longue date et heureusement pour elle, la jeune femme y avait été bien préparée. Charles et Lukas s'étaient relayés des mois durant afin de parfaire son accent, le vocabulaire et la culture générale du pays censé accueillir sa famille. Son élocution était parfaite.

    - Cela suffit! Litchy s'exprime mieux que toi en Espagnol mon pauvre Claudio! Pari perdu, tu me dois deux cent euros! Fenzhar avait décidé que la comédie prenait fin. Il était satisfait, son chaton avait passé l'épreuve avec succès. Dorénavant il pouvait faire totalement confiance à la jeune héritière des industries Naubert. Son ami Claudio avait confirmé le matin même l'exactitude des renseignements que Litchy lui avait fourni. Sous le prétexte fallacieux d'investissements, Claudio Aguilera, mafieux notoire, s'était renseigné auprès d'Holt Mettid qui, apparemment gérait les avoir du groupe Naubert, afin d'en obtenir des parts. Celui-ci lui fit savoir que la société n'avait nul besoin d'associés. 

    L'air mi-figue mi-raisin, le spécialiste de l'import-export frauduleux s'acquitta de sa dette, un rictus qui se voulait sourire lui barrait les lèvres.   

    - C'est la dernière fois que je fais un pari avec toi Difenzo! Tu es trop chanceux pour moi! Et il leva son verre à la santé de son hôte.

    Attentive, discrète et réservée, Litchy observait les hôtes de Fenzhar en écoutant palabres, commérages et discussions d'affaires. Guettant une réaction de sa part, son redoutable amant posait parfois le regard sur elle lorsque les conversations tournaient sur les malversations de ces messieurs. Litchy commençait à réaliser que côtoyer Fenzhar n'était pas sans conséquences sur sa personnalité. Elle s'efforçait de rester insensible lors de la narration des punitions qu'infligeaient ces racailles à leurs débiteurs. Tout comme Fenzhar, ceux-ci faisaient régner la terreur pour obtenir une obéissance totale. Litchy parvint à grand-peine à dissimuler son dégoût en écoutant Enzo Carvalho conter avec force détails le passage à tabac d'un gamin de vingt ans qui avait osé vendre sa marchandise aux portes de l'un de ses clubs. Dope, qu'Enzo lui-même avait fourni au junkie. L'assemblée s'esclaffa et en profita pour porter un toast au narrateur. Le cœur au bord des lèvres, elle entendit ensuite Jacques Fangier, l'entrepreneur véreux de la côte, expliquer comment il avait choisi les deux fillettes de douze et quatorze ans d'une prostituée roumaine qu'il voulait punir, afin de les offrir au Commissaire Choltont pour l’une de ses soirées fun. Pierre Choltont aimait chausser de très jeunes filles, les entendre pleurer et supplier le faisait jouir plusieurs fois. Fangier n'avait encore jamais été inquiété par la brigade des mœurs, car il se servait de ses appartements témoins pour héberger les pauvres filles qui l'enrichissaient de leurs lucratives activités. Sous le couvert de visites en vue d'un achat, le va-et-vient des clients passait inaperçu. Les verres tintèrent à nouveau.

    Fenzhar n'était pas en reste d'anecdotes. Toutefois, il chercha du regard l'approbation de Litchy avant d'entreprendre une narration peu reluisante. Celle-ci la lui accorda d'un léger signe de tête. Fenzhar l'embrassa tendrement sur le front avant de commencer. Il expliqua, sans états d'âme, à un auditoir captivé comment il avait finalement eu raison de la citadelle imprenable qu'était mademoiselle de Miremont. Tous ceux qui étaient présents à cet instant savaient que Fenzhar avait poursuivi cette jeune femme de ses assiduités pendant des semaines, mais que celle-ci lui résistait envers et contre tout. Puis du jour au lendemain, personne ne l'avait revu au "Maliana". Isabelle de Miremont s'était réveillée dans le lit de Fenzhar et il lui avait été impossible de se rappeler comment elle y était entrée et surtout pourquoi. Seul, Carrio l'un des barmen du "Maliana" aurait pu lui fournir les explications qui tenaient en trois lettres. GHB. Sur ordre de son patron, il avait versé la drogue du viol au fond du verre de la jeune femme avant de le lui servir. Ensuite, Fenzhar avait enfin obtenu ce qu'il estimait lui être du. Effarée et honteuse Isabelle s'était enfuie sans même récupérer ses gains de la veille. Il y en avait bien pour quinze mille euros et c'est cela qui fit autant rire l'assistance. Aucun des convives de Fenzhar ne remarqua la lueur assassine qui flamboyait dans les yeux de Litchy. Celle-ci supporta encore le récit d'une raclée infligée aux enfants d’un mauvais payeur afin d'encourager celui-ci à solder rapidement son compte. La famille, il n'y avait rien de telle pour les convaincre aisément conclut Ernest Lecointre sous les applaudissements nourris d'un public acquit à ses convictions. La ronde des souvenirs se poursuivit par l'exposé cruel des deux pouces coupés d'un petit dealer qui s’était laissé aller à piocher dans la marchandise du patron, du massacre des animaux domestiques d'une comtesse et de quelqu'autres horreurs du genre dont la meute ne se lassait pas d'évoquer. Puis soudain, Fenzhar décida qu'il était temps d'aller se détendre près de la piscine... 


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  •    ...Sans doute avec le secret espoir de reconquérir celui qu'elles n'avaient pas su garder, ces dames rivalisèrent d'originalité dans le choix d'un vêtement décontracté. Certaines donnèrent carrément dans la vulgarité afin d'attirer l'oeil de leur hôte, tandis que d'autres jouèrent avec leur ligne parfaite malgré la quarantaine bien passée. Fine mouche, Litchy avait compris d'instinct qu'elle se devait de jouer dans la catégorie bienséance. Fenzhar était d'une jalousie maladive et elle ne tenait pas particulièrement à l'exaspérer plus qu'il ne l'était déjà à cause de son intervention en faveur de maître Lausard. Où qu'elle accompagne son amant, Litchy savait rester à sa place, et cette fois encore, elle le vit sourire lorsqu'elle réapparut. Ce rictus signifiait qu'elle avait parfaitement intégré les notions de convenance et de soumission. Certes, il l'aimait triviale et coquine lors de leurs assauts amoureux, mais il appréciait qu'elle sache se comporter avec respect en public. Il l'embrassa avec voracité, laissant courir ses doigts sur les fesses de la jeune femme qui s'abandonna à son étreinte. Cette caresse était carrément une invitation au sexe pur. 

    - Le choix de ton bikini est parfait ma caille, tu vas achever ces vieilles peaux! Son rire résonna longuement. Fenzhar n’avait pu faire mieux que passer un pantalon en toile noir et une chemise-débardeur griffée de la même couleur. Des mocassins en toile complétaient sa tenue. Litchy comprit qu'elle n'échapperait pas à l'attention toute particulière qu'il désirait soudain lui consacrer lorsqu'il dégrafa sa ceinture et les boutons de son pantalon. Sa main gauche se faufila entre les jambes de la jeune femme qui essaya de se défiler. 

    - Fenz, je ne crois pas que ce soit le moment idéal, tes invités attendent et...! Hésitant, il la contempla un instant en silence, puis il la souleva dans ses bras pour la porter près du lit où il la laissa choir. 

     - Ils attendront, crois-moi chaton! J'ai envie de toi et je ne crois pas t'avoir demandé une permission? Elle se garda bien de répliquer. La lueur cruelle qui, l'espace de quelques secondes, éclaira brièvement les pupilles de Fenzhar, l'en dissuada. Négligeant d'ôter ses chaussures et sa chemise, celui-ci s'installa à genoux entre les cuisses de sa jolie maîtresse puis il baissa pantalon et caleçon d'un seul geste laissant apparaître sa vigueur toute souveraine. Litchy posa sa paume sur le renflement que façonnait ce sexe gorgé de sève onctueuse puis elle se saisit de la main de Fenzhar qu'elle porta à ses lèvres. Elle mima une fellation faisant glisser plusieurs fois l'index de son amant entre ses dents et sa langue. Fenzhar refusa l'offre.

    - Non ma belle, nul besoin de me chauffer! Je veux juste te culbuter! Et c'est ce qu'il fit après l'avoir délesté du petit bout de tissu qui protégeait son intimité. Il la pénétra rudement sans préliminaires, lui imposant sa force en se faufilant tel un serpent entre les plis secrets de son anatomie. De ses doigts avides, il maltraita la poitrine de Litchy tandis qu'il la possédait en de puissants va-et-vient. Elle se déhanchait sous lui en geignant, l'encourageant par de sensuelles vocalises. Lorsque de doux picotements la parcoururent de la pointe des seins jusqu'aux replis les plus secrets de son ventre, elle décida qu'il était temps de passer à la conclusion. Elle noua étroitement ses chevilles au-dessus des reins de Fenzhar, permettant ainsi à celui-ci de satisfaire son besoin de la couvrir profondément. Ses coups de reins s'intensifièrent jusqu'à la délivrance. L'ambroisie déborda avec force du calice soyeux qu'était le tendre sanctuaire de la jeune femme et Fenzhar s'écroula sur elle comme s'il venait de courir un marathon. Il n'avait pas remarqué qu'elle n'avait pas joui. 

    - Tu vas finir par m'achever un de ces jours! Encore essoufflé, il l'embrassa une dernière fois puis il se leva tout guilleret. Si seulement cela pouvait se réaliser pensa Litchy, puis à son tour, elle se dirigea vers la salle de bains. Lorsqu’ils rejoignirent leurs hôtes près de la piscine, Litchy fut soulagée d'entendre que les conversations tournaient enfin sur des sujets beaucoup plus légers que ceux du début de l'après-midi. Ses longs cheveux recouvraient son dos en une soyeuse toison dont l'extrémité frôlait la chute de ses reins à chacun de ses pas. Ce halo doré attira bien plus les regards sur elle que le seyant bikini short ethnique qui habillait sa plastique parfaite. Fenzhar avait croisé ses doigts aux siens, et la faisait louvoyer à sa suite afin d'aller s'installer tout près du bassin sur deux des fauteuils Hampton en rotin tressé recouverts de coussins en lin. Sur de petites tables basses, également en rotin tressé, étaient disposées des boissons maintenues au frais dans de petites glacières individuelles. Quatre serveurs faisaient le service avec discrétion. Ils avaient été recrutés parmi le personnel dévoué des casinos de monsieur Difenzo. De petits groupes s'étaient constitués à l'abri des parasols multicolores qui parsemaient l'immense terrasse, mais à l'arrivée de leur hôte, chacun essaya de se placer auprès de lui. Daniella, vêtue d'un timbre-poste rose flashy, fut l'une des premières à rejoindre Fenzhar. Tranquillement, Litchy étala une serviette de bain sur son siège et déposa son paréo sur le dossier. D'un regard elle quémanda l'autorisation de Fenzhar pour piquer une tête dans l'eau fraîche du bassin bleuté. Celui-ci lui sourit avec tendresse et elle s'élança pour effectuer un plongeon impeccable. Elle fendit l'eau avec grâce et exécuta quatre longueurs à la suite sous les yeux médusés de ceux qui n'avaient vu en elle qu'une pauvre chose fragile. Rafraîchie et à peine essoufflée, elle revint auprès de Fenzhar qui s'empressa de se lever, bousculant Daniella au passage, afin de lui tendre sa serviette. Elle s'enroula avec volupté dans les plis du tissu éponge sous les yeux concupiscents d'un Fenzhar soudain ragaillardi. 

     - Tu as de la chance que je me doive à mes invités chaton, je t'aurais volontiers entraîné à l'abri des regards une seconde fois! Lui chuchota-t-il discrètement à l'oreille. Une fois au sec, Litchy étendit sa serviette au sol pour la faire sécher. 

    - Fenz, j'aurais tendance à dire que c'est bien dommage! Susurra-t-elle avec un magnifique sourire en lui faisant un clin d'œil complice. Elle enlaça Fenzhar et l'embrassa tendrement avant de s'asseoir. Son regard se porta alors sur Daniella Manotti. Si cette dernière avait eu un revolver à la place des yeux, Litchy serait morte à l'instant. Le moins que l'on puisse dire c'est que Fenzhar savait recevoir. En fin d'après-midi, il fit organiser un barbecue géant afin de clore cette journée en toute simplicité. Déçues de n'avoir pu ranimer la flamme, ces dames passèrent une tenue plus habillée pour la soirée. Litchy, elle, noua son paréo sur son épaule et le tour de cou en diamants bleu turquoise qui enserrait sa nuque fit toute la différence. L'incident éclata alors que la soirée était sur le point de s'achever. Une coupe en main, chacun des invités y allait de ses remerciements lorsqu'un silence glacial se fit sentir. 

    - Fenzhar, auriez-vous égaré votre goutte? Ethel et moi venons de nous apercevoir qu'elle n'orne plus votre oreille? La coupe en cristal empli de champagne se brisa nette dans la paume de Fenzhar. Le liquide doré aspergea tout ce qui se trouva à portée, y compris la belle toilette de la délicate madame Fangier.  Celle-ci n'osa protester, mais le vêtement à six mille euros était bon pour finir aux chiffons maintenant. Litchy se précipita avec une serviette afin de comprimer les fines entailles d'où s'écoulaient de simples filets de sang. 

    - Laisse, ce n'est rien chaton! Il serra le poing un instant sur le tissu vichy puis jeta celui-ci sur la table. Fenzhar maîtrisait sa fureur à grand-peine. Cependant, le visage inquiet de sa jolie maîtresse le dissuada de compromettre l'harmonie de la réception. Litchy le sentait trembler de rage contre elle. Elle tenta, sans succès, de détourner l'attention de Fenzhar de celle qui venait de commettre le plus odieux des crimes. Lui rappeler Amélia, alors qu'il venait juste de la laisser s'échapper de ses souvenirs. Daniella pâlit et recula d'un pas lorsqu'il s'approcha d'elle le regard noir. 

    - Très chère, je pense que cela ne vous regarde pas, mais je vais cependant vous répondre! Il la toisa avec mépris. 

    - Parfois, il est des situations où il faut savoir se conduire avec élégance. Litchy mérite de ne pas avoir à supporter mon passé chaque fois qu'elle s'offre à moi! Jamais je n'oublierai Amélia c'est certain, mais il est temps pour moi de la laisser s'en aller pour de bon! Il conclut sa tirade en donnant un baiser fougueux à Litchy. Madame Manotti avait tenté une dernière pique et ce fut l'ultime fois où on la vit au manoir Difenzo. Grand seigneur, Fenzhar conserva au mari de celle-ci son emploi de comptable, mais au "Matiaba" à quatre cent kilomètres du "Maliana". 

    Après que cet épisode malheureux fut connu des relations de Fenzhar, nul n'osa plus lui reparler d'Amélia ni même suggérer qu'elle avait existé...



  • LiTCHy ( XII )...   ...Que ce soit au casino ou au manoir, Litchy passait maintenant le plus clair de son temps en compagnie de son vénéneux galant. Elle ne disposait que de très peu de liberté, devant justifier ses absences heure par heure auprès d'un Fenzhar de plus en plus possessif. Monsieur Difenzo avait donné des instructions à l'un de ses gros-bras, il exigeait un accompagnement de sa belle à chacun de ses déplacements. Il devenait de plus en plus difficile pour la jeune femme de faire parvenir des informations à ses chaperons. Heureusement tout avait été prévu. Sous prétexte de s'informer de la situation des activités journalières de son entreprise, elle disposait d'un numéro privé que nul crack en informatique ne serait en mesure de décoder. Ainsi, auprès de Fenzhar, elle légitimait ses appels privés par le secret professionnel qu'elle se devait de préserver à propos des activités confidentielles de l'IRCRN. Si d'aventure celui-ci surprenait l'une de ses conversations, le langage codé qu'elle utilisait avec son interlocuteur ne lui permettrait pas de saisir le contenu de ses propos. Il avait fallu près de deux ans aux membres de l'organisme privé spécialisée dans le grand banditisme que gérait Lukas Delmont pour tout mettre en place. Pour le commun des mortels, le procureur général Lukas Delmont avait abandonné le métier au lendemain de la disparition de son jeune frère et de sa famille. Il s'était carrément volatilisé sans que nul ne sache ce qu'il était devenu. Rendant Lukas responsable de cette perte, Fenzhar l'avait pourchassé pendant des mois après le décès d'Amélia. Il voulait exécuter celui qu'il considérait comme son pire adversaire et qui l'avait privé de l'amour de sa vie. Après de longues recherches infructueuses, il abandonna la traque et considéra son ennemi comme neutralisé. Le programme de protection des témoins avait parfaitement fonctionné et c'est sous une nouvelle identité que le procureur officiait maintenant. Peu de personnes connaissaient son véritable patronyme. Litchy était l'une des rares à être dans la confidence. Jacques Mercert, l'employé dévoué de mademoiselle Naubert, agent dépendant des services spéciaux de Luc Montel, avait de plus en plus de mal à localiser celle dont il était censé assurer la protection. Il s'aperçut également que lui-même était devenu la cible des sbires de monsieur Difenzo et il s'en inquiéta auprès de son supérieur.  

    Il arrivait à Litchy de rester seule au manoir durant des heures, sous l'œil inquisiteur des serviteurs de monsieur Difenzo. Elle était consciente qu'ils relevaient chacune de ses allées et venues pour en faire rapport à leur maître à son retour. Mais cela ne la gênait aucunement. Elle les ignorait et visitait l'immense bâtisse en toute impunité, prenant bien garde de ne pas s'attarder plus que de raison aux détours des couloirs et des nombreuses pièces que comptait le manoir. Fenzhar lui faisait certes confiance, mais jusqu'à un certain point et elle ne pouvait ignorer que de temps à autres, celui-ci lui tendrait des pièges. La maison était truffée de caméras et Litchy veillait à toujours rester dans le champ de celles-ci lorsqu'elle se sentait d'explorer les lieux. Parfois, elle se rendait à la cuisine pour y quémander une boisson ou un service, testant ainsi sa capacité à se fondre parmi la valetaille qui, encore méfiante se taisait à son entrée. Malgré leurs sourires et leur bienveillance, Litchy trouvait que cela sonnait faux. Elle se rappela de la dernière fois où elle avait déboulé en plein milieu de leur pause. 

    - Mademoiselle devrait appeler lorsqu'elle désire quelque chose! Marie la gouvernante lui avait clairement fait comprendre que sa présence n'était pas souhaitée dans les dépendances. 

    - Nous sommes à votre service mademoiselle Naubert! Monsieur nous a recommandé de prendre grands soins de vous, alors profitez-en! Avait renchérit, une  jolie soubrette aux cheveux blonds comme les blés. Ses propos tenaient plus de l'ordre que du conseil. Pas plus de vingt-cinq ans, un corps de liane, Laure avait dû effectuer pas mal d'heures supplémentaires avant son arrivée avait pensé Litchy. Celle-ci ne se trompait pas, à un détail près. Fenzhar, malgré l'amour qu'il affirmait éprouver pour Litchy, s'octroyait encore parfois des moments de tendresse avec la bonne. Pas plus tard que la veille, alors que Litchy était absente pour une heure où deux, Laure avait contribué au bien-être du maître. Plaquée brutalement contre le mur du couloir ouest, la jupe relevée à la taille et sa petite culotte arrachée, elle s'était laissée embrocher avec moult cris de plaisir comme l'exigeait monsieur. Une claque sur les fesses en guise de remerciements et Laure avait repris son service comme si de rien n'était. Litchy ne faisait donc aucun cas des gens de maison et son divertissement favori était de se rendre à l'improviste à l'office, de prendre un fruit dans la volumineuse coupe qui trônait au centre de l'îlot central ou une boisson dans le réfrigérateur puis de ressortir en ignorant le regard réprobateur de ceux-ci.  

    Fenzhar commit sa première erreur le jour où il invita Litchy à le rejoindre dans son bureau. Mieux protégé qu'une banque, c'était dans cette pièce que monsieur Difenzo conservait toutes les preuves de ses exactions. La jeune femme put constater que de nombreuses caméras en balayaient chaque angle. Les deux appliques bleutées du détecteur de mouvements au sol clignotaient discrètement en mode off et le coffre dans lequel Fenzhar gardait tous ses documents compromettants était ouvert. L'homme avait fait confectionner à même le tronc d'un chêne, un meuble sur-mesure dans lequel une niche secrète avait été façonnée spécialement pour accueillir le caisson en acier qui lui servait de coffre-fort. Le panneau en olivier qui faisait office de plateau avait facilement une quinzaine de centimètres d'épaisseur et pouvait faire disparaître le coffret à l'aide d'un mécanisme relié à une fine ablette informatisée de la grosseur d'un carnet de timbres. Fenzhar la gardait toujours précieusement sur lui. En cas de d'alerte, il lui suffisait d'appuyer sur n'importe quelle touche et cela reprogrammait le dispositif automatiquement, entraînant la fermeture immédiate du coffre qui disparaissait dans la masse du meuble. Ainsi, les trésors de Fenzhar bénéficiaient d'une double protection. Un code, dont il était seul à posséder la combinaison permettait la réouverture du système. L'objet, peu encombrant, pouvait facilement passer pour la clé de contact de l'un des joujoux qu'il affectionnait tant. De nombreuses fois auparavant, le procureur Delmont avait tenté de s'emparer des documents confidentiels du malfrat, mais aucun de ses collaborateurs n'étaient jamais parvenus à découvrir où ils étaient dissimulés. 

    L'intérieur du coffre contenait des reconnaissances de dette, les preuves des blanchiments d’argent pour les mafieux de la région, la liste des personnes éliminées sur son ordre et les noms des portes flingues qui menaient ses opérations à bien. Il y avait aussi un répertoire alphabétique d'écolier dans lequel Fenzhar inscrivait les petits travers de ses meilleurs clients. Sur la première ligne, à la lettre C y figurait le commissaire divisionnaire Pierre Choltont. Une liasse de certificats de décès vierges et des coupures de journaux relatant l'attentat dont la famille du procureur Delmont avait été victime recouvraient un cliché couleur d'Amélia en sous-vêtements coquins et bien d'autres dossiers qui allaient faire le bonheur du futur juge Delmont. À son arrivée Litchy remarqua que Fenzhar feuilletait un livret à onglets avec attention. Sur la couverture rouge vif était inscrit "enchères" en lettres dorées. En apercevant la jeune femme, il s'empressa de le déposer au-dessus de la pile de paperasse que renfermait la boîte en acier. Il venait à sa rencontre lorsque son téléphone se mit à vibrer. Contrarié, il répondit par un laconique "j'arrive" et demanda à Litchy de l'excuser quelques instants puis il sortit rejoindre son interlocuteur. Litchy patienta pendant une dizaine de minutes, se gardant bien de toucher à quoi que ce soit, évitant de lever les yeux vers les caméras qui pointaient leur objectif dans sa direction. En effet, la jeune femme était persuadée que Fenzhar s'était rendu au PC sécurité afin d'espionner discrètement ses faits et gestes en son absence. Cependant, elle ne devait pas paraître parfaite, car cela serait aussi suspect que de la voir fouiller dans les papiers qui jonchaient le bureau de monsieur Difenzo. Silencieux comme un chat de gouttière, Fenzhar apparut derrière elle sans qu'elle l'ait entendu s'approcher. Par ennui, elle feuilletait un registre de comptabilité sans vraiment lire ce qu'il y avait d'écrit à l'intérieur. Et cela, Fenzhar l'avait bien compris. 

    - Je peux t’aider? Demanda-t-il goguenard. Litchy prit alors un air penaud hésitant entre culpabilité et défense. Elle opta finalement pour la naïveté. 

    - Oh tu sais, moi, à part les relevés fiscaux de l'entreprise et ceux de mon compte bancaire, les chiffres ne m'ont jamais réellement intéressé! Je suis désolée Fenz, je m'ennuyais un peu! Celui-ci ne prit même pas la peine de refermer le registre. 

    - J'ai une bien meilleure idée que celle qui consiste à étudier des livres de comptes chaton! Il bloqua l'enregistrement des caméras puis il attira la jeune femme tout contre lui. Le bip de secours du capteur de mouvements s'affola lorsqu'ils se laissèrent glisser sur le tapis épais qui recouvrait le parquet du bureau. Il l'ignorèrent, celui-ci stopperait ses stridulations continues dans quelques secondes. Lèvres jointes, ils allèrent au plus pressé. Fenzhar libéra de son carcan de textile son membre déjà érigé en conquérant tandis que Litchy se contenta, elle, d'ôter le minuscule bout de lingerie qui lui servait de petite culotte. Se passant allègrement des préliminaires, Fenzhar la pénétra avec vigueur. Aussitôt, l'intensité de leur chaleur corporelle augmenta d'un cran. Lascive, Litchy se laissa envahir par de plaisants frissons et laissa à Fenzhar le plaisir de s'octroyer de lents coups de bassin récréatifs, plongeant plus profondément en elle à chaque passage. Attentif à la force de ses gémissements, il se rassasiait des mouvements de hanches de sa jeune maîtresse. La respiration saccadée et les joues rosies de la mignonne trahissaient ses sens exacerbés. Tandis qu'il savourait les effets de son savoir-faire, il songea un court instant à Amélia. Jamais celle-ci ne s'était abandonnée à ce point, et elle était dépourvue de cette imagination divertissante que possédait la coquine qui s'agitait sous lui avec ferveur. Sa regrettée Amélia venait de passer définitivement au niveau sous-sol de sa mémoire. 

    Essoufflée, en transe, la jeune femme chevauchait maintenant Fenzhar avec passion. Elle avait retiré son haut afin qu'il puisse admirer les palpitations attrayantes de ses seins. Elle se comporta en véritable tigresse, arrachant les boutons de la chemise à trois cent euros que portait Fenzhar. Il n'émit aucune protestation, lui laissant diriger la chorégraphie sensuelle de leur sarabande. Elle se démenait au rythme de ses fortes poussées en elle, tournoyant et virevoltant comme un feu follet, tantôt les bras levés haut, tantôt plantant ses ongles longs dans les épaules d'un Fenzhar radieux. Il la retenait par les hanches afin qu'elle ne se fatiguât pas trop rapidement. Elle rugissait telle une lionne en se laissant retomber sur le glaive de chair qui l'empalait. Au terme d'une cavalcade effrénée, ce fut elle qui partit la première. Tétanisée, elle comprima le sexe de son amant dans la gaine ouatée et moite de son intimité. À son tour, il fut emporté par la tempête des sens qui les submergea tous deux. Fenzhar resta soudé à Litchy. Suspendu en une apesanteur bienfaisante, leur corps, libéré de toutes tensions flottait entre euphorie et félicité. Poitrine contre torse, les bras le long du corps, la tête nichée au creux de l'épaule de Fenzhar, la jeune femme avait un sourire diabolique aux lèvres. Elle en savait assez à présent. Elle devait trouver un moyen pour empêcher fenzhar d'appuyer sur l'une des touches de la télécommande du coffre qui renfermait ses odieux secrets avant que n'interviennent les agents de Lukas Delmont alias Luc Montel...


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  • LiTCHy ( XIII )...   ...Litchy savait combien Fenzhar pouvait être immoral. Pourtant, elle n'était encore pas arrivée au bout de ses surprises. LiTCHy ( XIII )... 

    - Alors, je te convie à une petite croisière pour le week-end! Le sourire qui accompagnait cette proposition ne disait rien qui vaille à Litchy. La jeune femme venait d'avouer à son amant qu'elle s'ennuyait à mourir dans ce mausolée qu'était le manoir. Pour Fenzhar, cela n'avait pas été une surprise, car les domestiques lui avaient rapporté que sa jeune invitée tournait en rond comme un lion en cage lorsqu'il était absent de la propriété. Si cela avait été une autre que Litchy à lui faire cette réflexion, elle aurait été en bien, mauvaise posture. Pour elle, il s'était seulement contenté de lui proposer une distraction.

    - Je suis certain qu'après notre excursion, tu préféreras largement la résidence au divertissement que je te propose chaton! Pendant une fraction de seconde,  Litchy décela une lueur terrible dans les prunelles aux nuances sombres de son amant. Le yacht personnel de l'empereur du jeu était somptueux. Le "Lady of heart" possédait une vingtaine de cabines luxueuses disposées sur deux spardeck. Celle de Fenzhar se trouvait sur le pont supérieur, et il était le seul à y avoir accès. Litchy eut droit à une visite guidée complète du palace flottant et lorsqu'elle se retrouva dans la salle de réception, elle n'en crû pas ses yeux. Tout n'était que cristal, bois précieux et tissu délicats. D'exquises compositions florales habillaient les élégantes consoles disséminées avec esthétisme dans ce grand salon. Son plaisir gâché en songeant à la façon dont Fenzhar avait obtenu tout ceci, Litchy ne pouvait s'empêcher d'apprécier la beauté de l'ensemble. Une fois les invités accueillis, elle profita de la traversée, seule en compagnie de Fenzhar, isolés sur le pont supérieur, abandonnés aux petits soins d'un personnel discret. Ravi à l'approche de la soirée qui s'annonçait parfaite selon ses dires, Fenzhar entraîna Litchy dans un jeu qu'il affectionnait tout particulièrement avec elle. Tels Adam et Eve au paradis, les deux amants déambulaient nus sur la coursive. Personne n'était en mesure de les apercevoir, car la terrasse qu'ils occupaient donnait directement sur l'océan. La chaleur de leur peau nue, entretenue par les rayons ardents du soleil, les plongeaient l'un et l'autre dans un état d'intense excitation. Litchy, agrémenta leur joute amoureuse en y mêlant rébellion et soumission. Il appréciait qu'elle se fasse dominatrice, perchée à califourchon sur son bassin, effleurant son torse de ses ongles longs. Immobile, il laissait sa jolie maîtresse lui procurer une kyrielle de frissons qu'elle provoquait rien qu'en laissant courir ses lèvres sur son torse. Soudain, celui-ci se cabra comme sous l’effet d’une décharge électrique. Litchy aspirait avec légèreté l'un de ses tétons en le titillant de la pointe de son apex. Elle se trémoussait langoureusement au rythme de ses caresses linguales, réveillant ainsi le reptile qui cherchait déjà à se faufiler entre ses cuisses. Elle pressa alors son intimité contre le sexe raidi de fenzhar, infligeant à celui-ci la torture du balancier. Il râlait sous les étreintes de plus en plus soutenues auxquelles elle le soumettait. Alors qu'il atteignait l'olympe, la coquine cessa tout mouvement. Elle abandonna même sa monture, se jouant du regard stupéfait que lui lança Fenzhar. 

    - Pas de panique mon tout beau! J'ai encore mieux! Railla-t-elle en fondant, tel un rapace sur sa proie, sur le sexe luisant de son amant. Celui-ci ne put s'empêcher de lui administrer une bonne claque sur les fesses.

    - Attention mon ami! Un coup de dents malheureux et...! Elle laissa sa phrase en suspend pour reprendre la gâterie dont il raffolait. Elle l'enveloppa de ses lèvres mouillées, aspirant et suçant son membre comme si cela avait été une divine friandise. Le brutalisant entre langue et palais pour finalement le cajoler de superbes allées et venues qui le conduisaient petit à petit sur le sentier du nid humide où il se noierait avec bonheur. Litchy ne lui accorda pas ce plaisir. Son propre désir augmentait à chacun des râles qui s'échappait d'entre les lèvres de son amant, mais malicieusement celle-ci, le planta là. Elle se releva puis se dirigea nonchalamment vers le bastingage proche. Incrédule, Fenzhar se redressa, découvrant Litchy qui l'observait amusée, un verre de jus de fruit frais à la main trinquant à sa santé. Furieux, il se rétablit sur ses pieds en une fraction de seconde. Le jus de fruit et son contenant rejoignirent les vagues bleues turquoise sur lesquelles le "Lady of heart" naviguait fièrement. Fenzhar agrippa Litchy à la nuque, lui fit faire un demi-tour périlleux et la plaqua contre la paroi extérieure de la cabine. Il se pressa avec avidité contre la jeune femme. Alors, il insinua brutalement sa main entre les cuisses de sa prisonnière, prenant garde cependant à ne pas la blesser. Du plat de la paume, il la força à s'ouvrir à lui. Faisant mine de lui résister, mais juste ce qu'il fallait pour le maintenir au comble de l'excitation, elle gesticulait raisonnablement. Prise à son propre piège, il lui tardait d'accueillir en elle cette virilité exacerbée qui se trémoussait contre son ventre. Fenzhar souleva la cuisse de Litchy qu'il laissa reposer sur sa hanche, et la pénétra énergiquement. Tous deux émirent les mêmes plaintes de satisfaction. Fenzhar maintenait solidement Litchy, tandis qu'il la possédait en de vigoureux va-et-viens. Épuisés et couverts de sueur, ils haletaient de concert. Les frissons charnels qui les submergèrent leur apporta enfin la délivrance. Fenzhar retint longuement Litchy contre lui, jouissant sans limite de la douceur de son corps nu, de la subtilité de l'odeur de sa peau après l'amour et du soyeux de ses longs cheveux dorés dans lesquels il aimait par-dessus tout enfouir son visage. Amélia n'existait plus pour lui. Litchy ne savait que penser? Fenzhar était un démon fait homme, mais elle n'éprouvait aucune difficulté à se glisser entre ses bras. Pire, elle savourait leurs moments intimes et si elle n'avait pas été au fait de ses perversions, elle aurait pû tomber amoureuse de cet homme. Il recula à regret, contemplant quelques minutes encore la splendide nymphe qui lui appartenait. 

    - Désolé Chaton, j'aurais bien aimé poursuivre ce charmant tête-à-tête, mais je suis attendu! Fenzhar pinça délicatement la pointe d'un sein de sa belle, il lui fit un clin d'œil grivois puis il disparut dans la cabine. Elle le laissa se préparer afin de rejoindre ses hôtes pour un apéritif dînatoire pantagruélique que son personnel avait préparé en fin d'après-midi. Il avait expressément demandé à Litchy de ne pas se presser pour le rejoindre, car il devait parler affaires avec certains de ses hôtes. Se rafraîchissant sous le jet glacé de la douche, Litchy tenta de se rappeler de toutes les personnes que Fenzhar lui avait présentées lors de l'embarquement. Chose curieuse, une quinzaine d'hommes étaient montés à bord, mais aucune femme ne les accompagnaient. Pourtant, elle était sûre d'avoir aperçu des représentantes du sexe féminin pénétrer sur le yacht par la passerelle arrière. Pourquoi Fenzhar ne les lui avait-il pas présentées? 

    Elle passa une tenue toute simple, assez élégante toutefois pour ne pas s'attirer les foudres de son amant qui ne laissait rien passer lorsqu'ils étaient en société. Coiffée et parfumée, elle musarda encore une bonne demi-heure dans la cabine avant de partir le retrouver. Dès son arrivée, il s'accapara de sa main gauche, lui donna un léger baiser sur le front et d'autorité lui mit un verre de vin de Champagne dans la main droite. Il l'entraîna un peu à l'écart, jaugeant sa tenue sans concession. Sans doute satisfait de ce qu'il avait sous les yeux, ses lèvres se fendirent d'un large sourire. 

    - J'aimerais que tu restes discrète sur ce que tu vas voir ce soir! Tu ne t'en porteras que mieux, crois-moi! Tenant plus de la menace que de la mise en garde, Fenzhar lâcha cette tirade sur le ton de la confidence, ses lèvres n'avaient pratiquement pas bougé. Litchy ne se démonta pas. 

    - T'ai-je déjà donné l'occasion de te plaindre de moi? J'ai compris depuis longtemps que moins l'on en dit, mieux l'on se porte avec toi Fenz! Celui-ci la regarda curieusement puis il l'invita à prendre place en retrait de la piste de danse. Point stratégique s'il en fallait, d'ici, ils avaient vue sur la totalité de la salle, dance-floor y comprit. À peine Fenzhar se fut-il assis, qu'aussitôt, ses hôtes gagnèrent à leur tour les sièges moelleux environnants et la rumeur des conversations cessa. Seule la lumière diffuse de veilleuses éclairait maintenant la grande salle. Des éclairs de néons zébrèrent soudain le plafond de la piste de danse et les dalles de sol en verre s'illuminèrent à leur tour quelques secondes plus tard. Litchy s'imagina alors que Fenzhar avait prévu un spectacle afin de distraire ses hôtes. Elle termina sa coupe qu'elle déposa, vide, sur la tablette de son siège puis elle se cala confortablement contre le dossier du fauteuil. À sa grande surprise, Fenzhar se leva, il tenait un micro dans la main droite. 

    - Messieurs, nous allons commencer! Je souhaite la bienvenue à nos nouveaux associés! Quelques hommes applaudirent, certains sifflèrent avec peu d'élégance, des propos grivois fusèrent. Étonnée, la jeune femme en vit d'autres agiter haut la main, une plaque sur laquelle était inscrite un numéro. L'objet ressemblait à une raquette de tennis de table. Litchy remarqua que la totalité de l'assemblée en disposait d'une sur la tirette en bois de santal qui enrichissait chacun des sièges luxueux du grand salon.

    - Nous allons faire cela très vite, car ces dames sont impatientes d'en finir, vous me comprenez? Poursuivit-il, en laissant échapper un rire railleur. 

    - Exceptionnellement, ma compagne assiste à notre réunion, aussi, je vous invite à être plus nuancé que d'habitude dans vos commentaires! Son regard se posa sur Litchy qui comprenait de moins en moins où il voulait en venir.

    - Nos gracieuses reines de la soirée espèrent votre aide, alors un seul maître-mot: générosité. Je compte sur vous pour ne pas les décevoir! Cette fois-ci, son éclat de rire fut carrément insupportable. 

    - Bon divertissement et bonne soirée à tous! Fenzhar tendit son microphone à Richard, puis il se rassit, appréciant d'un sourire suffisant les applaudissements nourris qui saluaient son bref discours. Lorsque le calme revint, une chill out mélodie envahit la salle et une douzaine de jolies femmes apparurent sur le fond de la scène. Un tonnerre d'acclamations salua leur entrée. Litchy remarqua qu'aucune d'elles ne semblait goûter véritablement cet hommage et rares étaient celles qui souriaient. Leurs vêtements étaient élégants, mais limite vulgaires pour certaines. L'une après l'autre, elles défilèrent sur le devant de la scène, puis il n'en resta plus qu'une. Lorsque celle-ci se mit à se mouvoir au rythme de la musique, esquissant même quelques pas de danse, Litchy s'imagina assister à un défilé de mode et naïvement elle pensa que les hommes notaient la prestation du mannequin lorsque ceux-ci se mirent à agiter plusieurs fois à la suite leur tablette à chacun des passages de la jeune femme. Cinq minutes plus tard, elle disparut derrière la tenture du fond.

    - Numéro vingt-six! L'appel résonna dans le haut-parleur et aussitôt l'un des hommes se leva et quitta la salle sous les quolibets salaces de ses semblables. Une autre jeune femme vint prendre la place de la précédente, et au terme de sa prestation, un nouveau numéro fut sollicité. Captivée et désarçonnée par ce qui se passait sur la piste, Litchy essayait de saisir à quoi pouvait bien rimer ce manège. Elle sursauta lorsque Fenzhar posa sa main sur la sienne.

    - Alors ma chérie, tu t'amuses bien? Celui-ci la dévisageait fixement. Le ton goguenard qu'il avait employé mit Litchy mal à l'aise. Un troisième numéro fut appelé, puis un quatrième. Soudain Litchy réalisa ce qui se passait. Elle se tourna vers Fenzhar, constatant que celui-ci ne l'avait pas quitté des yeux, et cela, depuis un bon moment déjà. Un sourire cruel barrait ses lèvres.

    - Tu ne t'ennuies plus ma chérie? Le spectacle est-il à ton goût? Il la savait intelligente, elle avait compris toute seule et il s'en amusait.

    - Ce n'est pas possible Fenz, ce n'est pas ce que je crois? Lui dit-elle bouleversée. Elle espérait un non de sa part, mais il ne lui laissa aucun doute.

    - Sais-tu que grâce à ce système, ces gourdasses me remboursent avec de bons intérêts ce qu'elles me doivent! La nausée submergea Litchy au point que celle-ci en eut un haut le cœur. Heureusement qu'elle n'avait rien avalé, car elle se serait ridiculisée en beauté. Les modestes pancartes que ces hommes levaient à chacun des passages d'une jeune femme n'étaient pas une note qu'ils lui attribuaient, mais la somme de l'enchère qu'ils augmentaient. Entendre leur numéro était le signal qu'ils avaient remporté le "lot" pour lequel ils avaient surenchéri. 

     - Certaines n'ont que cette solution pour assainir leur compte chez moi! Alors crois-moi mon chaton, il pourrait leur arriver pire qu'écarter les jambes ou ouvrir la bouche! Litchy avait pâli et elle se sentait de plus en plus mal au fur et à mesure que Fenzhar lui expliquait les rouages de son business. Plus que le fait en lui-même, c'était le détachement avec lequel il exposait cette monstrueuse réalité qui ébranlait la jeune femme. À la fin de son exposé, elle tenta de l'affronter. 

    - Tu vends des êtres humains, tu les humilies, tu es un monstre! Je ne peux pas rester dans ces cond...! Elle allait se mettre debout pour échapper à l'ambiance pesante qui régnait, mais le regard de Fenzhar l'en dissuada. Il s'était durci sous le coup de l'exaspération. Il posa fermement un doigt sur ses lèvres de la jeune femme.

    - Tais-toi Litchy! Tais-toi ou je serais obligé de te donner une leçon et nous n'aimerions pas cela ni l'un ni l'autre ma chérie! Il ôta son doigt et elle resta silencieuse. De grosses larmes brûlantes roulaient le long de ses joues blafardes. 

    - La prochaine fois que tu t'ennuieras chez nous, tu penseras à ce que tu viens de voir et d'entendre! Il se pencha sur elle et l'embrassa tendrement. Elle demeura sans réaction, au bord de l'évanouissement. Elle allait devoir s'endurcir encore et elle prit conscience à cet instant qu'il allait lui falloir bien plus que de la détermination pour être capable de poursuivre sa mission et atteindre son objectif. Faire arrêter cette pourriture qu'était Fenzhar Difenzo. Elle ne trouva pas d'autre mot pour qualifier l'individu vicieux et pervers qu'il était.

    Fenzhar venait de confier à Litchy qu'il avait imaginé cette excellente méthode pour que les malheureuses, qui n’avaient plus les moyens de liquider leurs dettes de jeux faramineuses, puissent le rembourser. Il les obligeait à avoir des relations sexuelles avec ses clients les plus fortunés en recherche d'émotions fortes. Elles n'hésitaient jamais longtemps entre avoir les membres fracturés ou participer aux enchères. Cela se passait sur le "Lady of Heart" afin de leur ôter toute possibilité de fuite. Ainsi, non seulement, il récupérait son du, mais s'y ajoutait de confortables intérêts. Fenzhar avait avoué à Litchy que son meilleur souvenir était une certaine Lysanne Bonfort, fille d'un industriel connu. Celle-ci lui devait plus de trente mille euros, et elle lui en avait rapporté cinquante-cinq mille. Certains de ses clients dépensaient des fortunes pour posséder, l'espace d'une nuit, l'une de ces filles. Ils pouvaient faire avec elle tout ce qu'ils n'osaient jamais demander à leur épouse. Maître Lausard en personne encaissait les "commissions" sous l'œil vigilant de Richard Delgado, l'ombre de Fenzhar. L'homme surgissait de nulle part dès que son patron requérait ses services. Il se chargeait d'offrir une compensation de la part de monsieur Difenzo, aux malchanceux qui n'avaient pas eut de succès lors des enchères en leur proposant de jolies hôtesses pour se divertir et des boissons à volonté, le temps du reste de la croisière. Quand aux heureux gagnants, une fois la taxe acquittée, ils rejoignaient tranquillement leur cabine pour profiter au maximum de leur gain. Celles qui, dans l'intimité du lieu, se risquaient à attendrir leur acquéreur ou à se refuser à lui étaient bien vite recadrées. Une boisson aromatisée au GHB réglait rapidement le problème. Parfois, la force était utilisée, car pour certaines pratiques, il fallait que la dame soit bien éveillée. 

    Abattue, le visage décomposé, Litchy se fit reconduire à la cabine de Fenzhar par l'un des domestiques. Son amant était allé s'assurer que tout se passait bien auprès des sbires qui veillaient au grain pour lui. Lausard et Delgado lui apprirent qu'il venait de s'enrichir de la modique somme de trois cent soixante mille euros. Il songea alors au " Palatino" sur lequel il lorgnait depuis plus d'un an. Peut-être que mademoiselle Naubert pourrait investir? Tout joyeux à cette pensée, il accéléra le pas pour rejoindre Litchy. Bientôt le "Palatino" serait baptisé de sa franchise et deviendrait le "Maniava". Fenzhar Difenzo était heureux, tout lui souriait ces derniers temps. Cette nuit-là, Litchy se refusa à lui, il lui avait été impossible de s'abandonner à ses caresses. Celui-ci n'avait pas insisté, car il avait constaté combien elle était ébranlée par ce qu'elle avait découvert sur ses activités. 

    - Je t'accorde ce seul et unique joker ma chérie! Mais ne t'avise plus de jouer à ça avec moi! Le ton de Fenzhar n'avait même pas été menaçant, toutefois Litchy avait parfaitement compris le message... 


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       ...La soirée d'inauguration du "Maniava" eut lieu plus tôt que prévue, et cela, sans que Litchy n'ait eu à y investir le moindre euro. Après avoir essuyé
    plusieurs fins de non-recevoir de la part du groupe Naubert qu'il avait tenté d'approcher, par l'intermédiaire de Lucien Naubert en l'occurrence,
    Fenzhar avait finalement choisi d'hypothéquer le "Madiala" et le "Matiaba" pour la modique somme de cinq millions d'euros afin de s'offrir son
    quatrième casino. Comme un gamin à qui l'on refuse un joujou, plus on lui résistait, plus il insistait pour l'obtenir. Après des semaines de palabres,
    une éternité pour Fenzhar, monsieur Dardand, l'ancien directeur du "Palatino" avait cédé à l'appel du gain. L'incendie de sa villa sur la côte d'azur
    avait aussi beaucoup contribué à accepter l'accord qu'on lui proposait. Aussitôt le contrat de vente signé, il appliqua les mêmes méthodes que pour
    ses trois autres établissements. Sa garantie serait remboursée rapidement.
    Fenzhar exigeait de plus en plus la présence de Litchy lors de ses déplacements. Ceci, depuis qu'elle lui avait dit s'ennuyer.
    Par conséquent, il devenait de plus en plus difficile à la jeune femme de se rendre aux briefings que Lukas organisait chez madame Djanhä. Prétextant
    que sa maîtresse commençait à être reconnue, monsieur Difenzo ordonna à Richard de conduire Litchy à ses rendez-vous chez sa "psychiatre". Plusieurs
    fois, il tenta de la dissuader de poursuivre ses consultations, mais à chaque fois celle-ci répondait que ses responsabilités dans la société étaient une
    charge éprouvante et qu'elle devait en parler à une personne neutre. Il n'insistait pas, mais revenait régulièrement à la charge.
    La jeune femme dut se rebeller le jour ou son amant tenta de s'immiscer dans ses affaires par le biais d'investissements conséquents qu'il lui proposa
    tout net. Il posa aussi bon nombre de questions indiscrètes sur le fonctionnement de la compagnie ce qui agaça Litchy au plus haut point.
    - Je ne me suis jamais permis de te questionner sur tes "transactions" alors s'il te plaît ne t'intéresse pas à mes affaires! Le regard noir de sa jeune maîtresse
    l'avait fait sourire.
    - De toute façon, je n'aurais la majorité au conseil d'administration qu'au décès de mon oncle! Et je n'envisage pas de changer quoi que soit au
    fonctionnement de la société! avait-elle déclaré sûre d'elle. Le regard que lui avait lancé Fenzhar ce jour-là avait fait comprendre à Litchy que
    dorénavant, elle serait surveillée plus étroitement encore. Subrepticement, afin de détourner son attention, elle laissa alors à la vue de Fenzhar
    de faux rapports et compte-rendus des conseils d'administration auxquels elle était censée assister lors de ses briefings avec Luc Montel et son staff.
    Weber Larsen était très doué pour jeter de la poudre aux yeux dans lesdits rapports. Fenzhar patientait, grâce à la future madame Difenzo il serait
    encore plus riche. Lorsqu'il devenait nécessaire qu'elle se ressource loin de ce cloaque répugnant qu'était la communauté criminelle dans laquelle
    évoluait Fenzhar, Charles grimé en Lucien Naubert venait l'attendre à l'aéroport afin de la conduire pour quelques heures à la villa qu'occupait
    Lukas et Charles. Elle ne dévoilait rien de son intimité avec Fenzhar, mais elle rapportait chacun des faits et gestes du gangter, elle mettait un nom
    sur tous ses complices et se faisait un point d'honneur à décrire tout ce qu'elle voyait. Une fois le debriefing terminé, elle se détendait sans arrières-pensées
    auprès de ses deux mentors, jouant aux échecs avec l'un et cuisinant avec l'autre. Tant qu'elle devrait se tenir aux côtés de fenzhar, il était hors de
    question que Lukas la prenne dans ses bras lors de ses séjours à la résidence. Elle aurait été incapable de repartir.
    Pendant ce temps, le jet faisait un aller-retour en direction de l'Amérique du Sud, aiguilleurs du ciel obligent. On ne savait jamais ce dont étaient
    capables les sbires de Fenzhar Difenzo. Litchy réapparaissait lorsque l'appareil regagnait le tarmac, tard dans la nuit. Les plans de vols étant privés,
    personne ne pouvait pister la jeune femme.
    Pour la seconde fois Fenzhar avait proposé à Litchy de l'accompagner sur le "Lady of heart" et pour la seconde fois, elle avait dû assister à l'avilissement
    des femmes qui avaient cédées imprudemment à l'appât du gain au "Maniava". Elles n'étaient que huit cette fois-ci, mais toutes en dessous des vingt-cinq
    ans et filles de richissimes chefs d'entreprise dont le père avait mis fin à leurs dépenses excessives en leur allouant un petit budget mensuel.
    Parmi elles, se trouvait Marielle Clément. Papa avait serré les cordons de la bourse depuis le jour où celle-ci s'était offert un bijou Cartier d'une valeur
    de cinquante-quatre mille euros. Certes monsieur Clément en avait les moyens, mais Marielle devait apprendre la valeur de l'argent aussi dès le lendemain
    de cet achat coup de cœur, celui-ci récupéra les cartes de crédit et le carnet de chèques de sa fille chérie. Elle devrait se contenter de dix mille euros
    d'argent de poche par mois et rien de plus. Estimant la somme insuffisante, Marielle s'était mis à jouer gros et ses gains du début devinrent pertes
    démesurées. C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée dans une situation plus qu'humiliante.
    Pour la somme exorbitante de vingt-cinq mille euros et ceci pendant le reste de la croisière, la magnifique brune était propriété exclusive d'Éric Lausard.
    Lorsque celui-ci, le regard concupiscent, s'était approché d'elle, Litchy avait vu la jeune femme esquisser un pas en arrière, puis s'enfuir sur le pont.
    L'homme, âgé d'une soixantaine d'années avait belle allure. Bien qu'il occupât une fonction abjecte au service de Fenzhar Difenzo, sa démarche était
    empreinte d'une certaine noblesse. Maître Lausard prenait grand soin de sa personne, ses ongles parfaitement manucurés en témoignaient.
    Litchy aurait même juré que celui-ci avait subi une opération de chirurgie esthétique. La répugnance qu'avait éprouvée Marielle à son égard, venait
    du regard vicieux et fourbe qu'il arborait. Cela révélait sa véritable personnalité dès que l'on croisait son regard.
    Désirant se soustraire un moment à l'ambiance pesante qui régnait dans le grand salon du "Lady Of Heart" Litchy traversa la coursive qui conduisait
    au spardeck supérieur. Elle y aperçut Marielle à l'écart des autres passagers. Tétanisée, celle-ci s'agrippait si solidement au bastingage que ses phalanges
    s'en trouvaient blanchies. Blême, les yeux brillants et le regard absent, la jeune femme ne s'était pas rendu compte de la présence de Litchy à ses côtés.
    La maîtresse de Fenzhar s'était faufilée discrètement auprès de Marielle, croyant pouvoir la réconforter.
    - Il faut lui en mettre pleins les yeux à ce vieux cochon et il ne vous ennuiera pas longtemps! commença-t-elle.
    Marielle sursauta au son de sa voix. Elle se tourna lentement vers Litchy et la dévisagea une dizaine secondes en silence. Lorsqu'enfin, elle sembla
    reprendre vie, c'est le regard venimeux qu'elle répondit à Litchy.
    - Pourquoi me dire cela? Vous êtes la petite amie de l'ordure qui profite de mes dettes de jeu pour s'enrichir non? Elle avait craché ses mots avec un
    tel mépris que Litchy en fut piquée.
    - C'est exact, je suis la compagne de monsieur Difenzo, mais je n'en suis pas pour autant dénuer de conscience! Protesta-t-elle.
    - Je désirais simplement être...! Celle-ci tenta de se justifier, mais ne termina pas sa phrase. Cela aurait été inutile, car à la place de la jeune femme
    qui lui faisait front, elle aurait répondu de même. Elle salua Marielle d'un sourire puis s'éloigna.
    - Qu'aviez-vous d'autre à me conseiller? Litchy stoppa net.
    - Ayez l'air vicelarde et adoptez une tenue vulgaire ainsi, vous serez rapidement débarrassé de ce lapin! Cependant, je ne saurais que trop vous demander
    d'être prudente. Cet homme est pire qu'un cobra, il vous hypnotise et attaque l'instant d'après! Recommanda-t-elle sans se retourner. Délibérément,
    Litchy passa sous silence les jeux pervers auxquels s'adonnait Éric Lausard. Elle estima qu'il était inutile d'inquiéter plus cette pauvre fille.
    Litchy rejoignit Fenzhar et le regard mauvais qu'il lui lança à son arrivée ne lui dit rien qui vaille. D'instinct, elle se fit humble.
    Présent à leur table, Eric Lausard commençait à s'impatienter, mais Marielle arriva quelques minutes après Litchy. Elle avait substitué sa mini-jupe
    par une autre très longue, fendue entièrement sur le côté gauche, dévoilant ainsi sa cuisse à chacun de ses pas. Ses talons aiguilles affinaient le
    galbe de ses mollets et rendaient sa démarche chaloupée. Pour tout haut, elle n’avait qu’un gilet transparent passé par dessus une brassière ajourée noire,
    révélant ainsi sa poitrine généreuse. La peau dorée de son ventre et de ses reins attirait les regards et attisait les convoitises.
    Parmi les hôtes de Fenzhar des propos grivois fusèrent à l'attention de maître Lausard.
    - Ben mon salaud tu ne vas pas t'ennuyer! disait l'un.
    - Hé Lausard si tu as besoin d'aide? proposait l'autre.
    - Ne nous fais pas une crise cardiaque mon cher Éric! Conclut Fenzhar. Il n'allait pas laisser passer une aussi belle occasion de tourmenter son défenseur.
    Litchy avait remarqué la pâleur soudaine de Marielle et surtout que la jeune femme tremblait comme une feuille en précédant Lausard lorsqu'ils
    quittèrent l'assemblée.
    Une nouvelle fois Litchy surprit le regard de Fenzhar sur elle. Il la scrutait de ses yeux noirs avec tant d’insistance qu’elle se sentit mal à l’aise. Elle
    lui fit son plus beau sourire, mais il ne le lui rendit pas. Il semblait uniquement se concentrer sur la blague épicée que lui racontait l'un de ses clients.
    Sans s'inquiéter plus, Litchy le laissa à ses mondanités et sortit prendre l'air. Elle en avait assez de cette meute à l'affût. Cependant, une demi-heure
    plus tard, loin d'être rassurée, elle jugea préférable de retourner dans la luxueuse cabine de Fenzhar pour le cas où il se serait mis à sa recherche.
    Monsieur Difenzo avait ouvert en grand la baie vitrée de la terrasse qui donnait sur l'océan. Tournant le dos à la jeune femme, assis sur l'un des
    fauteuils, les pieds posés sur l'autre, il tenait son cigare à la main laissant les cendres choir sur le sol.
    Immobile, torse nu, la brise du soir agitant les mèches de ses cheveux bruns bouclés dénoués. Ainsi, il avait l’aspect d’un félin. Un félin guettant sa
    proie plus exactement. Litchy comprit qu'il ne ressortirait pas, car il avait passé son pantalon de pyjama en soie noire.
    Elle comprit que quelque chose clochait lorsqu’il ne se leva pas pour l’accueillir. Il ne tourna même pas la tête de son côté et resta silencieux.
    Le cœur de Litchy battait à toute vitesse. Celle-ci s’approcha bravement de lui et déposa un baiser léger sur la joue droite de Fenzhar qui la laissa
    faire sans réagir. Elle prit son cigare qu’elle déposa dans le cendrier et enjamba ses cuisses comme il aimait. Elle glissa ses mains sous sa nuque puis
    l’embrassa tendrement. Litchy le sentit se raidir, puis froidement, il lui lança :
    - Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans "ne t’approches pas d'elles"?
    Il se leva brusquement la faisant presque chuter, mais elle parvint à se retenir au fauteuil. Son poing la cueillit violemment à la pommette droite,
    Sonnée, Litchy s’affala entre la porte-fenêtre et le fauteuil. Fenzhar la redressa brutalement par les cheveux.
    Il crocheta sa taille d’un bras puissant et la força à relever la tête en maintenant cruellement sa nuque de ses doigts vigoureux.
    Litchy découvrit une telle rage dans les yeux de Fenzhar qu'elle frissonna. Sa joue la faisait souffrir, son corps était meurtri, mais elle parvint à rester
    maîtresse d'elle-même. Le fauve ne lui faisait plus peur, car elle savait pourquoi il était furieux.
    - Fenz, s’il te plaît, lâche moi, tu me fais mal! Lui dit-elle en essayant de se libérer de son étreinte. Mais il la serra plus fort encore, incrustant ses doigts
    dans ses cheveux afin d’approcher son visage plus près du sien.
    - Richard m'a rapporté qu'il t'avait vu en grande conversation avec la fille Clément! Je veux des explications et vite, sinon...? Menaça-t-il.
    Sa voix chevrotait sous l'effet de la colère.
    - Qu'avais-tu à raconter à cette fille? Devant la réponse qui tardait à arriver, il repoussa Litchy violemment contre la cloison de la cabine. Celle-ci
    en eut pratiquement le souffle coupé sous le choc.
    - Arrête s'il te plaît! Je v.. vais t’expliquer! Litchy respirait difficilement en hoquetant. La main déjà levée, prête à la gifler, s'abaissa.
    - J'ai eu pitié d'elle voilà! Je tentais de lui faire admettre que ce n'était pas la fin du monde, elle était prête à sauter par dess...! Elle mentait effrontément,
    mais Fenzhar ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase.
    - Pourquoi crois-tu que cela se passe en pleine mer? Ses doigts agrippaient maintenant les épaules de Litchy et il la secouait à chacun des mots qu'il
    prononçait.
    - Ici elles n’ont aucune chance de se défiler, alors à l’avenir évite de te mêler de mes affaires, tu saisis? Tu n’adresses plus jamais la parole à l’une
    de ces chialeuses, ok? Il la lâcha brusquement et elle faillit basculer une fois encore.
    - Quand je t’interdis quelque chose, tu obéis! Tu as compris? Des larmes de douleur dans les yeux, Litchy le fixa du regard et elle hocha la tête en
    signe de soumission. Pourtant, cela ne suffit pas à Fenzhar.
    - Je veux une réponse claire chaton! Dit-il en l'attrapant par le bras.
    - Oui , oui je te le promets, je ne le ferais plus! râla-t-elle tandis qu’il lui tordait le poignet.
    Il détendit ses doigts puis l’attira contre lui comme si de rien n'était.
    - Il semble me souvenir que tu étais dans de bonnes dispositions lorsque tu as franchi le seuil de ma suite! dit-il sarcastique.
    - Un petit câlin s'impose! Il l'embrassa à pleine bouche, tout en explorant la rondeur de ses fesses d'une main conquérante.
    Meurtrie et humiliée Litchy se refusa à lui. Il l'empoigna alors sauvagement. Se débattant celle-ci réussit à se soustraire à son étreinte, néanmoins
    c'était sans compter sur l’agilité de Fenzhar qui parvint à agripper sa robe. Il tira sur le tissu qui se déchira de haut en bas, déstabilisant Litchy. Elle
    culbuta sur la couchette ce qui permit à Fenzhar de se laisser tomber de tout son poids sur elle. Il enserra ses poignets, et ramena les bras de la jeune
    femme au dessus de sa tête. Celle-ci gigotait sous lui, tentant de le blesser en lui administrant de violents coups de pied. Elle ne réussissait qu'à lui
    offrir une meilleure prise. De la paume de sa main, il visita la chair tendre de son intimité, arrachant sa petite culotte en dentelles au passage.
    Rampant sur la jeune femme, il prit place entre ses cuisses qu'il écarta brutalement de ses genoux. Il la maintint fermement sous lui, le temps de
    libérer son sexe du pantalon de pyjama qui l'emprisonnait. Dressé fièrement, le pilastre de chair qui l'empala fit hurler Litchy. Fenzhar la regardait
    droit dans les yeux. Elle serra les dents, acceptant la brûlure du membre dur à chacun des coups de reins qu'elle recevait. Elle restait silencieuse,
    se gardant bien de détourner son regard de celui de Fenzhar. Ses yeux s'emplissaient de larmes tandis que les pénétrations qu'il lui infligeait étaient
    de plus en plus douloureuses. Ses lèvres s'intéressaient tantôt à celles de sa proie, tantôt à ses seins gracieux. De temps en temps Fenzhar griffait légèrement
    ses cuisses de ses ongles impeccables, lui montrant ainsi qu’il avait la parfaite maîtrise de ses gestes et que s'il le désirait, il pourrait lui faire encore
    plus mal. Croyant l'avoir domptée, il se mouvait en elle en conquérant. Litchy décida qu'elle n'allait pas lui accorder le plaisir d'être son bourreau.
    Aussi, lorsqu'elle se mit à geindre doucement, surpris, Fenzhar s'immobilisa net. Elle se cambra sous lui et commença à faire danser son bassin. Il
    lâcha ses poignets et glissa ses mains sous les fesses de la jeune femme, la forçant ainsi un peu plus. Elle passa ses bras autour du cou de Fenzhard
    et se colla contre son torse, lui imprimant un léger balancement de côté. Elle faisait comprendre à son redoutable amant qu’elle voulait le chevaucher
    à son tour. Litchy, se retrouva à califourchon sur Fenzhar, les mains posées à plat sur le torse musclé de son amant. Ses cheveux lui faisaient un halo
    doré autour du visage, dissimulant le vilain hématome qui prenait une belle couleur pourpre sur son visage. En le découvrant, Fenzhar regretta
    son geste.
    - Je suis désolé chaton! Pourquoi diable a-t-il fallu que tu me désobéisses? Il effleurait avec tendresse la contusion qui ornait la joue de Litchy. Elle
    frémissait de colère sous l'attouchement, mais elle prit bien garde de ne pas le lui montrer. Il lui laissa enfin diriger leurs ébats. Empalée sur Fenzhar,
    elle se redressa sur ses genoux, puis se laissa pénétrer à nouveau par le sexe raidi à l'extrême de l'homme qui la violait quelques minutes auparavant.
    Elle faisait rouler ses hanches avec indolence, puis avec célérité l'instant d'après. Elle pratiqua ce petit manège en virtuose pendant de longues minutes.
    Grognant et geignant monsieur Difenzo n'avait plus rien d'un meneur d'hommes, juste un homme. Il se cramponnait à sa taille, déjouant ainsi
    les lois de l'appesanteur afin d'éviter une chute douloureuse à Litchy. Elle avait relevé ses bras, les mains derrière sa nuque, lui offrant la vision féerique
    de ses seins qui bougeaient au rythme de sa sarabande.
    Elle ne lui laissait pas un instant de répit, se dérobant puis se soumettant l'instant suivant. Fenzhar râlait de satisfaction sous elle et il fut rapidement
    emporté par un puissant orgasme, aux répliques dévastatrices. D'un spasme bestial, il libéra en elle sa semence brûlante...


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  •    ...Euphorique, enveloppé par un nuage de béatitude, Fenzhar reprenait sa respiration, goûtant de ses paumes la douceur des fesses de Litchy qui
    s'était laisser aller contre son torse, la tête nichée dans son cou. Celui-ci ne s'était pas aperçu que sa jeune maîtresse avait été à des lieues d'apprécier
    l'exercice. D'ailleurs, Litchy n'avait pas eu à simuler le plaisir tant il était attentif au sien propre à ce moment-là.
    - Chaton, tu m’étonnes chaque jour un peu plus! Litchy se redressa pour le toiser. Pendant une poignée de secondes, elle discerna plus que de l'affection
    dans les yeux noirs qui dévoraient son visage.
    - Il me semblait qu'à l'origine ce devait être une correction non? Litchy se garda bien de répondre, car elle avait compris que ce qu'il affectionnait
    chez elle, était sa totale soumission. Elle se contenta d'un sourire timide puis reprit sa pose initiale.
    - Je pensais te corriger, mais en définitif, c'est toi qui m'as dompté! Il laissa courir plusieurs fois ses mains du bas du dos à la nuque de la jeune femme
    puis il roula sur lui-même, l'entraînant avec lui.
    Coincée sous le corps musclé de Fenzhar, qui curieusement n'était pas pesant, Litchy eut tout loisir de l'observer. En faisant abstraction de tout ce
    qu'elle avait appris sur le criminel, l'homme qu'elle avait sous les yeux, lui paraissait presque inoffensif. Fenzhar, proche de la cinquantaine, prenait
    grand soin de son apparence. Aucune ride ne barrait son front. Celui-ci n'ayant jamais abusé des alcools forts qu'il servait à ses clients, avait un
    grain de peau parfait, ceci révélé par un rasage de près. Même son sourire était promesse de bonheur à cet instant. Fenzhar étreignit Litchy avec force
    puis déposa un chaste baiser sur le bout de son nez. Il prit une profonde inspiration et lâcha la bombe qui terrassa Litchy.
    - Je ne te le dirais qu'une seule fois chaton: je t'aime! Litchy se rendit compte que le regard de Fenzhar exprimaient une réelle inclination envers elle.
    Incapable de répliquer quoi que ce soit, elle se contenta d'un battement de paupières et d'un sourire qui se voulait ému. Mais en son for intérieur,
    elle se sentait légère et se contemplait en train de se trémousser frénétiquement autour du brasier incandescent de la victoire. Subitement, Fenzhar
    se détacha de Litchy. Maintenant étendu sur le dos, tournant son visage vers elle, il fixa la jeune femme allongée à son côté. Tout à coup, son expression
    se fit dure et douloureuse à la fois.
    - Si jamais tu envisages de me quitter un jour, je te tuerai! Lâcha-t-il le plus sérieusement du monde. Le cœur de Litchy manqua un battement, mais
    celle-ci resta de marbre. Perplexe devant le manque de réaction de sa jeune maîtresse, il renchérit:
    - Je suis sérieux! Je n'en ai pas eu le courage pour Amélia, sa mort était un accident, mais si à ton tour, tu me tournes le dos, je n'hésiterai pas une
    seconde! Dans la bouche de Fenzhar, ces propos ne sonnèrent pas comme une menace, mais bien comme une promesse. Il ferma les yeux et s'endormit
    paisiblement, du sommeil du juste. Litchy était stupéfaite. En quelques mots, cet homme venait de lui avouer qu'il l'aimait, qu'il n'hésiterait pas à
    l'exécuter si elle le quittait puis, il s'était endormi comme si de rien n'était.
    La soirée avait été fertile en émotions et tout se mélangeait dans la tête de la jeune femme. Immobile, elle fixa machinalement le holster de Fenzhar
    posé sur la console tout près du lit. La crosse en ivoire de l'arme brillait sous l'effet de la clarté de la veilleuse. Tel un papillon de nuit, attiré par la
    nitescence d'une lampe, le regard de Litchy s'accrochait au modeste rayonnement. Elle laissa son esprit vagabonder un pont au-dessous, là où se
    trouvait la suite d'Éric Lausard. Préoccupée, ses pensées allaient auprès de la pauvre Marielle qui allait devoir s'acquitter de ses dettes d'une façon
    atroce. La respiration paisible de Fenzhar berçait Litchy, mais celle-ci résista à la torpeur qui l'envahissait. Avec précaution, afin de ne pas réveiller
    Fenzhar, elle se redressa lentement puis elle se mit debout. Une fois sous le jet puissant de la douche, Litchy s'obligea à supporter le ruissellement de
    l'eau froide sur sa peau nue. Sa joue la faisait souffrir, mais la douleur insupportable qu'elle ressentait venait de ce qu'elle avait enduré de Fenzhar.
    Cela et le fait qu'elle devrait tout dissimuler à Lukas sous peine de le voir entrer dans une rage folle et compromettre la mission.
    Litchy se sécha et passa le premier vêtement tiré de la penderie. Elle trouva encore le moyen d'être à son avantage avec la chemise en soie noire de
    son amant. Attrapant une brosse sur la tablette dans la salle de bains, elle alla ensuite s'asseoir silencieusement sur la bergère près du lit.
    Celle-ci coiffa longuement ses longs cheveux humides, laissant son regard courir d’un point à l’autre de la pièce sans parvenir à le fixer.
    Nu, abandonné aux bras de Morphée, son cruel amant dormait profondément, nullement troublé par sa mauvaise conscience. Son corps musclé
    et puissant était parfait, il ressemblait à l’une de ces statues grecques que Litchy avait vues il y a très longtemps dans un musée. Ses cheveux mi-longs,
    noirs de jais, étalés librement sur le drap bleu lui donnait un aspect bestial. Elle cessa de démêler ses mèches lorsque ses yeux se posèrent sur Fenzhar.
    Dans le prolongement de son regard, elle aperçut le holster. Á aucun moment, elle se demanda ce qui la poussait à faire ceci. Litchy se releva avec
    souplesse et s’empara de l'arme à feu. En silence, elle fit sauter l’attache du holster, dégagea l’arme de son étui, ôta le cran de sûreté puis sans
    réfléchir visa Fenzhar à la tête. Tétanisée, elle imita parfaitement trois impacts, relevant le canon de l’arme à chaque tir.
    Soudain, le sinistre objet lui échappa de la main. Les yeux de Litchy venaient de croiser ceux, amusés, de Fenzhar qui l'observait tranquillement. Sans doute
    était-ce le déclic du cran de sûreté qui l’avait éveillé?
    Le personnel ayant oublié d'augmenter la climatisation pour la nuit, il régnait une température étouffante dans la cabine. Pourtant, Litchy grelottait.
    Elle vit Fenzhar se mettre debout et parcourir les quelques pas qui le séparaient d'elle. Sans quitter la jeune femme des yeux, il ramassa l'arme, la
    jetant négligemment sur la bergère qu'occupait Litchy cinq minutes plus tôt.
    - Vas-tu me dire ce qu'il t'es passé par la tête bon sang? Aucune animosité ne transparaissait dans la voix de Fenzhar. Il attira la jeune femme à
    lui, la maintenant tendrement contre son torse. Ne parvenant pas à se calmer, Litchy claquait toujours des dents, et même si la tenue de Fenzhar
    n'imposait pas le respect, elle était terrorisée. De grosses larmes roulèrent sur ses joues et les sanglots qu'elle réprimait depuis le début de la soirée
    éclatèrent brusquement. Déconcerté Fenzhar ne savait qu'elle attitude adopter.
    - Avoues chaton que tu as tout de même de drôles d'initiatives non? Sa question n'en était pas une, ce n'était rien qu'une constatation. Entre pouce
    et index, il releva le menton de Litchy afin de capter le regard de celle-ci. Elle était toujours secouée de violents spasmes, cependant ses pleurs diminuèrent
    en comprenant que Fenzhar ne la corrigerait pas pour cet instant d'égarement.
    - J'ai été si méchant que cela ma douce? Au point que tu veuilles m'abattre? Il la fixait de ses yeux noirs, mais il n'y avait pas de colère en lui.
    - Non c'est... ce n'est pas... pas ça! Hoqueta-t-elle.
    Elle savait que cet homme pouvait éliminer un gêneur le sourire aux lèvres, regarder ses sbires tabasser un gosse un verre à la main et vendre de pauvres
    créatures comme si elles n'étaient que du simple bétail. Le truand venait de la surprendre alors qu'elle le visait avec sa propre arme, simulant une exécution
    sommaire. Litchy était incapable faire la part des choses en le voyant aussi calme.
    - J’ai vu… vu l’arme, je l’ai saisis m…mais je ne voulais pas tirer su..sur toi Fenz, je... je jouais à faire semblant! En voulant se justifier, elle ne faisait
    qu'insinuer le doute dans l'esprit de Fenzhar. Cependant, celui-ci était tenté de la croire.
    - C'est bon chaton, je désengage toujours la première balle du chargeur quand je pose mon arme! J'en aurais été quitte pour une belle frayeur si le
    coup était parti inopinément! Il lui laissait finalement le bénéfice du doute. Le gangster serra sa jeune maîtresse contre lui et lui donna un baiser
    langoureux. Les lèvres glacées de Litchy ne réagirent pas à la caresse. Elle se contenta d'offrir un pauvre sourire à l'homme qui la pressait sans pudeur
    contre sa nudité.
    - Tu me désobéis, tu te distrais curieusement et tu dérobes mes chemises hors de prix! Je te félicite chaton! Le regard soudain égrillard de Fenzhar
    ne laissa aucun doute à Litchy quant aux intentions de celui-ci. Elle venait d'échapper au pire aussi lorsqu'il lui ôta sa chemise, elle se garda bien
    de protester. C'était peu cher payé par rapport à ce qui aurait pu lui arriver.
    Il la saisit de la façon dont un jeune marié fait franchir la porte de leur domicile à son épouse. Fermement, avec des envies inavouables plein la
    tête. Litchy accepta sans condition les assauts répétés de son amant. Elle s'abandonna aux étreintes plaisantes dont il la couvrait. Soudain excitée,
    d'entre ses lèvres s'échappaient de sourds gémissements d'encouragement pour ce troublant compagnon qui la terrorisait une demi-heure auparavant.
    Soudés l'un à l'autre, ils jouissaient tous deux de cet accouplement qui n'en finissait pas. Lui, désirait prouver sa force et son endurance. Elle, se
    soumettait au plaisir pour adoucir le rude chemin qu'il lui restait à parcourir avant d'envoyer cette pourriture derrière les barreaux...


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