• LiTCHy ( III )...

    ...Le facteur, remplaçant sur la tournée, vérifia pour la énième fois le nom sur la boîte aux lettres.
    Litchy le guettait depuis un bon moment au travers des carreaux bleutés de la fenêtre du sous-sol.
    - Charles, le courrier! Hurla-t-elle à l’attention du majordome. Une volumineuse enveloppe à bulles dans la main, l’employé des postes avait sonné à la grille.
    - Il y a un recommandé! S’égosilla-t-elle à nouveau et elle se précipita hors de la maison.
    - Dépêchez-vous Charles s’il vous plaît! Je suis sûre que c'est le courrier que Lukas attend! Litchy faisait les cent pas le long du portail. Essoufflé et rouge comme un coquelicot, Charles arriva en trottinant, un imposant trousseau de clés à la main. Le portail était en panne et il fallait l’ouvrir manuellement. Impatiente Litchy le lui arracha pratiquement des doigts et ouvrit au facteur. Elle parapha rapidement le carnet de remises et récupéra l’enveloppe avec fébrilité. Elle tourna machinalement la clé côté fermeture, oubliant de remercier le facteur. Elle examina attentivement les tampons apposés sur l’enveloppe et elle poussa un soupir de soulagement. Elle rompit sans précaution la bande adhésive qui scellait les bords de l'enveloppe, puis elle retira fébrilement les documents qu’elle contenait. Elle tendit les clés et l’emballage vide à Charles.
    - Mademoiselle voyons, cela ne se fait pas! Tout en sachant pertinemment que les documents étaient destinés à la jeune femme, pour le principe, Charles l’avait grondé gentiment en la voyant s’approprier un courrier destiné à monsieur Delmont.
    - Mademoiselle Litchy Naubert, 3, port Théodore Noël, Marina Poséidon, emplacement 22B Desistrat/Mer! lut-elle à voix haute. Elle répéta son nouvel état-civil une bonne dizaine de fois en détaillant la carte d’identité flambant neuve, le passeport tamponné de nombreux visas, un livret de famille aux noms de Camille et Rodrigo Naubert-Gomez. Elle y apparaissait en tant qu’enfant unique et orpheline de surcroît. Litchy savait que Lukas était influent dans bien des services, mais là, il s’était dépassé. Elle tenait dans ses mains toute une kyrielle de documents administratifs la concernant alors que jamais elle n’avait mis les pieds dans un quelconque service. Des larmes brillaient dans ses yeux lorsque son regard s’arracha de cette identité sous laquelle elle ne se reconnaissait pas encore. Litchy Naubert allait bientôt devoir affronter un homme puissant et malveillant, mission pour laquelle on lui demandait tant d’efforts. Qu’étaient devenues Lichang Meï et Litchy Halluin? Elles avaient disparu au cours des deux années passées auprès de Lukas et Charles. Les larmes n’étaient pas dû aux regrets, mais au contraire, à l’occasion qu’on lui donnait de tout recommencer.
    - Allons petite, ce ne sont que des papiers! Trop émue elle se sentait incapable de répondre au majordome qui avait compris d’où venait son trouble. De minuscules perles brillantes roulèrent sur ses joues et elle ne chercha pas à les cacher. L’homme s’approcha de Litchy et du dos de la main il caressa tendrement la joue de la jeune fille.
    - Je sens que cela va se terminer comme pour votre gâteau d’anniversaire! Elle ne put s’empêcher de sourire en se remémorant la scène à laquelle il faisait allusion.
    Quelques semaines plus tôt, en secret, les deux hommes lui avaient organisé une superbe fête pour ses vingt ans. Ce jour-là, elle avait découvert le faste d'un repas familial avec sa débauche de mets tous plus succulents les uns que les autres. Le plaisir de recevoir un cadeau offert par des personnes qui vous aiment avait été une grande première aussi. Et elle avait versé, il est vrai, toutes les larmes de son corps en découvrant le superbe framboisier qu'avait confectionné Charles pour l'occasion. Elle souffla pour la première fois sur les bougies d’un gâteau d’anniversaire. Il avait fallu que deux étrangers entrent dans sa vie pour qu’elle ait une vraie famille. Malgré ce sourire, quelque chose semblait encore la tourmenter.
    - Je vois un nuage au-dessus de cette jolie tête ma petite? Dites-moi ce qui vous tracasse Litchy? Tout comme Lukas, Charles s’était attaché à la jeune fille et la savoir triste lui était très pénible. Elle hésita longuement avant de se confier.
    - Charles, je ne sais pas trop comment expliquer cela sans vous fâcher? Disons que je change d’avis. Que je ne veuille plus apporter mon aide à Lukas. Devrais-je… serais-je obligée de vous quitter? La réponse l’effrayait tellement qu’elle avait chuchoté la fin de sa phrase.
    - À votre avis jeune fille? Entre Lukas qui lui apprenait à gérer ses colères et Charles qui la maternait comme la fille qu'il n'avait jamais eu, elle se sentait enfin en sécurité. C’était sa famille. Perdre tout cela lui aurait été très pénible. Son regard se voila. Charles s’empressa de la rassurer.
    - Voyons Litchy, croyez-vous que les sentiments s'éprouvent sur commande? On s’apprivoise, on s’apprécie et hop au placard du jour au lendemain? Les battements de son cœur s’étaient enfin apaisés. Litchy savait que la suite lui plairait.
    - Monsieur et moi-même sommes attachés à vous! Le choix que vous avez fait et que vous ferez n’est en aucun cas une condition à votre présence parmi nous! C’est bien entendu ma petite? La tirade du brave homme rassura définitivement Litchy. Son instinct ne l’avait pas abandonné le jour où elle s’était confiée à ses hôtes. Il arrivait que les visages grimaçants d'oncle Georges et d'Henry viennent encore la hanter, mais dans ces moments-là, elle maîtrisait ses pensées à la perfection grâce aux conseils avisés de Charles et de Lukas. Le cœur plus léger elle remonta vers la maison en chantonnant.
    - Litchy Naubert ! Cela sonne bien n’est-ce pas? Mieux que ‘‘rien que Litchy’’ non? La taquina Charles qui la suivait. Sans se retourner, La jeune femme pouffa de rire en se souvenant des premiers mots qu'elle avait prononcé à son arrivée. Comme il était déjà loin le jour où elle avait posé le regard sur la photographie qui lui avait fait perdre connaissance. Elle s’y était reconnue trait pour trait. Le choc avait été terrible. Lorsqu’elle avait repris conscience, Lukas lui avait expliqué qu’il s’agissait de l’épouse de son frère jumeau, Amélia. Ils avaient été tués dans l’explosion criminelle du véhicule que Lukas avait prêté à Orhys. Lukas s’était juré de mettre leur assassin derrière les barreaux, et cela faisait déjà trois ans qu’il patientait lorsqu’était apparue Litchy. Celle-ci, après une semaine de réflexion, avait accepté d’aider le procureur à tenir sa promesse. Une bonne partie du plan de celui-ci reposait sur sa ressemblance avec Amélia Delmont. Litchy avait eu la nausée la première fois qu’elle avait ouvert le dossier criminel de Fenzhar Difenzo. Il était le diable en personne et elle allait devoir supporter une pénible promiscuité avec cet homme. Malgré le soutien en hypnose de madame Djanhä, parviendrait-elle à s’abandonner à ses caresses? Parce que c’était bien de cela qu’il s’agissait, se donner à une crapule et s’accommoder de sa conduite ignominieuse.
    Litchy passa deux heures à se mettre en tête l'un des épais volumes de préparation que lui avait confié Lukas. Ensuite il y eut le cours d’espagnol puis la séance d’entraînement physique particulièrement musclé. Son professeur de krav maga devait avoir un compte à régler avec toute la gent masculine de la terre pensa-t-elle. Elle était ressortie du cours complètement cassée.
    Cela faisait deux ans qu’elle travaillait d’arrache-pied à préparer sa mission et il y avait encore tellement de détails à se mettre en tête. Cela était très éprouvant, mais elle se sentait utile. Lorsqu’enfin elle eut terminé ses exercices de la journée, elle s'accorda un Tea-time en la compagnie de Charles puis alla se rafraîchir dans la piscine. Les yeux fermés elle se laissa flotter sur l'eau turquoise. Son esprit vagabondait. Amélia Delmont. La ressemblance de Litchy avec la belle-sœur de Lukas était troublante. Ce ne pouvait être sa mère, et pourtant elle y avait vraiment cru en regardant le cliché, mais Amélia avait tout au plus une douzaine d’années de différence avec Litchy. Sa sœur? Non plus. Tout comme elle, Amélia était orpheline, ses parents faisaient partie des cent soixante-dix victimes d’un crash aérien, elle avait dix ans au moment des faits. Litchy avait eu du mal à se remettre de cette facétie de la génétique. Ses mystères sont insondables et parfois ils jouent de bien vilains tours. Amélia avait été une magnifique jeune femme, elle qui se considérait comme un vilain petit canard, aurait-elle assez de charisme pour attirer le regard de Fenzhar Difenzo? Dans la négative, est-ce que sa ressemblance avec son ancienne petite amie suffirait pour approcher l’homme qui, lui disait-on, était entouré de racailles de la pire espèce. Ce qui la tracassait surtout c’était leur cohabitation. Pendant ses mois d’errance, Litchy s’était adonnée une fois ou deux au sport préféré d’oncle Georges. Une question de survie pour elle. Les hommes pour qui elle s’était rabaissée n’en avaient pas demandé plus. Là, il s’agissait de devenir la maîtresse attitrée d’un dangereux malfrat. Elle devrait lui être soumise alors qu’elle s’était affranchie de toutes contraintes, elle qui n'avait connu de l'amour que viols et cruautés. Cela avait forgé le côté obscur de sa personnalité. Elle tentait de le dissimuler, mais il était tapi au fond d’elle prêt à ressurgir en cas de besoin. L’homme qu’elle allait côtoyer était un pervers de la pire espèce et il avait une façon très particulière de se conduire avec les femmes. Jusqu’à présent, seule Amélia avait pu dompter le fauve. Litchy était bien consciente que sa vie ne vaudrait pas grand-chose si l’on venait à découvrir qu’elle poursuivait les investigations du procureur Delmont.
    Le premier orage de l'année éclata en toute fin de journée et la pluie torrentielle frappait avec force contre les vitres. Inévitable, la coupure de courant se prolongea et ils durent composer entre les lampes tempête et les bougies d'ambiance aux parfums exotiques afin de briser l'obscurité ambiante. Pour éviter à Charles des allés-venues périlleuses dans la pénombre ils prirent leur repas dans la cuisine. Après une brève accalmie le tonnerre remit ça. Éclairés par deux lampes tempête, Lukas et Litchy étaient assis côte à côte sur le grand canapé du salon. Nerveuse Litchy feuilletait une revue people en tournant bruyamment les pages avec le secret espoir que Lukas lèverait enfin les yeux de ses dossiers confidentiels. Elle le dévorait du regard en soupirant à fendre l'âme mais celui-ci ne paraissait pas la remarquer. Monsieur le procureur semblait absorbé par son travail mais c'était sans grande conviction qu'il lisait les dépositions de témoins. De temps en temps son regard de posait discrètement sur les courbes graciles de la jeune fille, résistant difficilement à l'envie de la prendre dans ses bras. Il n'arrivait pas à se souvenir du moment où il avait commencé à regarder Litchy autrement que comme sa jeune protégée. Il s'était aperçu des regards insistants et des sourires encourageants de la jeune fille, mais il s'interdisait de donner suite à de tels sentiments même s'il était aussi troublé que la ravissante Litchy. Contrariée par le peu d'intérêt que lui accordait Lukas, celle-ci jeta sa revue sur la table basse et se leva brusquement. Elle le bouscula sans ménagement en passant devant lui. Alors seulement il parut découvrir son existence.
    - Quelque chose ne va pas Litchy? Elle soupira, haussa les épaules mais ne répondit pas. Un éclair bleuté illumina le salon et trois secondes plus tard le tonnerre résonna faisant vibrer toutes les vitres de la maison. Le fracas étourdissant affola la jeune fille qui poussa un cri strident. Apeurée elle se rassit près de Lukas.
    - Que se passe-t-il? Quelqu'un est blessé? Inquiet, vêtu d’une robe de chambre, une lanterne à la main, Charles déboula dans le salon.
    - Non rassurez-vous Charles! Notre Litchy a eu peur du tonnerre! Soulagé Charles reprit le chemin de ses appartements en maugréant contre l'orage.
    - Je n'ai pas eu peur j'ai été surprise, nuance, Monsieur je sais tout! Furibonde, Litchy quitta le salon à son tour. Quelques éclairs et grondements plus tard elle était de retour. Elle se laissa tomber sur le sofa près de Lukas. Trop près.
    - Pas peur, pas peur c'est à voir! Ironisa celui-ci. Un nouvel éclair bleuté les illumina et le claquement qui s'ensuivit donna l'impression à Litchy qu'une explosion ébranlait la maison sur ses fondements.
    - J'ai l'impression de me trouver dans un micro-onde géant quand il fait de l'orage! Je n'ai pas peur Monsieur Delmont quoi que vous puissiez en dire! Se justifia-t-elle en se collant à lui.
    - Mais oui, mais oui! insista celui-ci goguenard. Il rejoignit ses pochettes et glissa le tout dans son trieur puis se leva. Litchy le regardait maintenant avec appréhension.
    - Lukas vous n’allez pas me laisser seule? S’il vous plaît est ce que je peux ...? Demanda-t-elle d’une petite voix.
    - Un micro-onde hein? Allez montes avec moi espèce de peste mais tu dors dans le divan c'est compris? Elle ne répondit pas. Elle attrapa l'une des lampes tempête et se volatilisa dans le couloir au risque de se rompre le cou. Au terme d'une cavalcade débridée dans les escaliers il entendit la porte de la chambre de Litchy claquer à l'étage. Il avait à peine passé son pantalon de pyjama que l'huis trembla à nouveau dans ses gonds. La porte de sa chambre s'ouvrit à la volée livrant passage à une elfe échevelée, vêtue d’une chemise de nuit trop courte et transparente qui courut se jeter dans son lit. Litchy éteignit la lampe qu'elle déposa à même le sol. Puis, celle-ci ôta le traversin de la tête de lit et en fit une séparation entre les deux oreillers après quoi elle rabattit le drap et la couverture sur elle.
    - Et voilà! Commenta-t-elle fière d'elle.
    - Litchy j'ai dit le divan! Gronda Lukas furieux.
    - J'ai peur na! Vous êtes content? Elle remonta la couverture plus haut et ferma les yeux en serrant les paupières avec force pour ne pas voir les éclairs et surtout le regard noir de colère que lui lançait Lukas.
    - Et la porte ? Non mais je le crois pas ! Furibond, il grommelait quelques jolis noms d'oiseaux en allant claquer le battant de l'entrée et vint se faufiler dans le lit, s'installant le plus loin possible de la jeune femme. Il éteignit sa lampe. Dans l'obscurité, Litchy sursautait à chaque éclair et geignait dès qu'un grondement se faisait entendre. Lukas sentit que la nuit allait être longue. Afin d'apprendre à se contrôler et canaliser son énergie Litchy avait exécuté plusieurs sauts en parachute en sa compagnie, dévalé des pistes noires après seulement quelques leçons de ski et passé des heures en plongée. Lukas ne comprenait pas pourquoi cette gamine qui de plus s'était vaillamment essayée au bull riding était autant terrorisée par un simple orage? Soudain il sentit voler le drap et le traversin. Litchy vint se blottir contre lui. Ce fut à son tour d'être effrayé. Depuis des semaines il rêvait de la tenir dans ses bras et voilà qu'elle se serrait avec force contre lui comme s'ils étaient amants. Il n'osa plus bouger.
    - J'ai vraiment la trouille! Je me fais toute petite! Promis! Plaquée contre lui, la tête contre son épaule et un bras en travers de son torse, la jeune femme se calma et s'endormit rapidement, faisant fi des grondements incessants de l'orage. Les cheveux de Litchy chatouillaient son thorax, son souffle régulier provoquait mille frissons sur sa peau nue et cette main qui avait glissé sur son abdomen éveillait en lui des sensations qu'il ne connaissait que trop bien. Il essaya de la repousser légèrement mais elle émit un petit gémissement et sa main glissa plus bas, beaucoup plus bas. Lukas serra les dents et releva le bras de la belle endormie. Il ferma les yeux mais son esprit le tourmenta encore longuement. Était-il sûr de pouvoir protéger Litchy correctement? Tout cela valait-il la peine de la mettre en danger? L'orage s'éloignait, bercé par la respiration de la jeune femme, le sommeil le gagna enfin.
    - Non...ooon! Arrête! Pas la non...ooon! Les cris et les sanglots de Litchy réveillèrent Lukas en sursaut.
    - Je ne veux pas non...on! Lâche-moi...oi! La jeune femme criait, repoussant à coups de talons un agresseur invisible. Lukas la secouait, mais il ne parvenait pas à la réveiller.
    - Aaaaaïe! Je ne veux pas! Aaaaah...! Elle poussa un cri déchirant et s'assit brusquement en rejetant drap et couverture. Agitée de sanglots, elle tremblait de tous ses membres. Lukas arracha la couverture du lit et la déposa sur les épaules de la jeune femme. Le courant était revenu, il alluma la lampe de chevet. Á genoux derrière elle, il la serra contre lui pour la calmer.
    - Ça va aller ma belle! Ce n'est qu'un cauchemar! Il caressait doucement les cheveux de Litchy pour apaiser sa peur. Celle-ci se retourna pour se cramponner à lui.
    - Cha... chaque fois qu'il y a un gros orage je... je vois cette grange et... et il est là! Ces quelques mots firent frémir Lukas. Il venait de comprendre le pourquoi de son cauchemar. Blottie contre lui, les pleurs de Litchy se tarirent d’eux-mêmes.
    - Tu ne risques plus rien! Calme-toi! L'orage est fini et personne ne te veut de mal ici! Il la berçait en l'embrassant tendrement sur les tempes. Puis ses lèvres allèrent de son front à ses joues. Litchy se pendit à son cou comme si elle allait perdre l’équilibre. Les lèvres de Lukas se posèrent naturellement sur les siennes. Elle n'osait bouger de peur de rompre le charme. Il effleura ses hanches de ses mains douces, relevant haut la chemise de nuit et sa langue se faisait exploratrice. Litchy se laissait emporter par la vague de chaleur qui embrasait son corps. Le désir se répandait en elle comme un puissant raz-de-marée. Elle noua sa langue à celle de Lukas et elle goûta avec satisfaction à ce baiser qui la faisait frissonner de plaisir. Elle entraîna Lukas dans une chute lente, écartant d’instinct les cuisses afin qu'il puisse s'installer confortablement entre. Peau contre peau, elle ronronnait de contentement, les doigts de Lukas erraient sur la peau fine de ses seins et il lui léchait doucement les tétons. Il reprit ses baisers possessifs et gourmands. Elle remuait lentement des hanches sous lui, l’obligeant à se faire plus lourd pour profiter de cet enlacement délicieux. Tous deux avaient la sensation exquise de se consumer sous leurs caresses respectives. Le ventre de Litchy n'était plus que braises incandescentes, tandis le sexe de Lukas cherchait désespérément à s’extirper de la ceinture de son pyjama.
    - Non Litchy, je n'aurais pas dû commencer! Excuse-moi, je suis profondément désolé! D’un bond Lukas se projeta hors du lit. Déconcertée Litchy n’avait pas bougé d’un pouce. Elle le fixait du regard sans comprendre.
    - Je ne peux pas faire…! Commença-t-il. Il cherchait les mots les moins susceptibles de la blesser.
    - Tu es très désirable Litchy, mais je suis plus âgé, je dois être raisonnable pour deux! Lui-même ne croyait pas à son discours. Elle s’était assise au bord du lit et le regardait froidement à présent.
    - Pourquoi? Parce que je suis trop innocente? Pas assez expérimentée à votre goût peut-être?
    - Ce n'est pas ça, bien sûr que non! Comment allait-il faire comprendre à cette magnifique jeune femme qu’il s’était éloigné d’elle à cause d’une pudibonderie mal placée, sans la peiner? Il aurait aimé lui ôter cette chemise transparente, la serrer dans ses bras, l’écraser de son corps enfiévré, la posséder avec douceur et tendresse, lui offrir le premier orgasme de sa vie, au lieu de cela il était en train de justifier l’injustifiable. Il l’avait cruellement peiné en la repoussant.
    - Je ne veux pas que tu t’attaches trop à moi! Cela va compliquer ta tâche crois-moi si tu encombres ton esprit de cette nuit! Il s’enfonçait lamentablement et il le savait.
    - En fait, combler ce déséquilibré est la seule chose que vous attendez de ma part n’est-ce pas? Elle n’allait pas lui faire le plaisir de l’implorer. Elle se leva dignement enroulée dans la couverture et elle se dirigea lentement vers la porte de la chambre. Elle se ravisa soudain, revenant près de lui elle l’embrassa tendrement sur les deux joues, de grosses larmes s’échappaient de ses paupières.
    - Croyez-vous monsieur le procureur qu’après vous avoir obtenu justice je resterai ici alors que rien ne m’y encouragera? J’espère juste ne pas vous décevoir. Bonne nuit, je vous le promets, je ne vous ennuierai plus! Elle sortit de la chambre rapidement et referma la porte. Lukas eut le cœur serré lorsqu’il l’entendit sangloter dans le couloir tandis qu’elle regagnait sa chambre. Un éclair monstrueux illumina l’extérieur et l’intérieur de la maison. Le fracas du tonnerre fit trembler les murs et résonna longuement. Lukas était prêt à rejoindre Litchy.
    - Je suis une grande fille monsieur Delmont, grâce à vous je n’ai plus peur de l’orage! Hurla celle-ci à travers le mur comme si elle avait deviné l’intention de Lukas.
    - J'ai fait l'imbécile hier soir Charles, et je ne sais pas comment me faire pardonner! Lukas prenait le petit déjeuner en compagnie de son majordome et il venait de lui raconter ce qui s’était passé la veille au soir.
    - je confirme, monsieur est un âne! Lui répondit Charles la mine joviale…

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