• LiViNG ToGeTHeR…

     

       ...En attendant que le pavillon soit prêt à nous accueillir, Bébé et moi -depuis son retour de Cologne- sommes confortablement installés dans le petit salon de l’étage pour vaquer à nos travaux d’écritures. Dorothy est en rogne alors tout le monde s’est mis aux abris.
    Je retravaille les premiers chapitres de ‘‘Chouquette & Bébé’’ en vue de la future publication. Certaines des ‘‘pépites’’ que j’ai écrites disparaissent au fil des corrections, pour d’autres, j’en améliore le texte original de façon à ce que la lecture en soit plus décente tout en conservant l’originalité de mon style.
    Ma Canaille joue du clavier en vitupérant contre son homologue Allemand. Celui-ci a omis de lui envoyer le mail de confirmation pour la clôture de l’affectation dossiers si bien que mon petit chéri se retrouve avec tout un listing qui ne le concerne plus. J’adore lorsqu’il se laisse aller à des propos de paysans! Des grossièretés dans sa bouche c’est comme …il n’existe rien de comparable! Il lui arrive parfois d’utiliser le mot de Cambronne en Français et c’est irrésistible avec son accent. En s’apercevant du sourire moqueur que j’arbore, puis du rire franchement goguenard qui s’échappe de mes lèvres, il me promet des représailles à la juste valeur de mes railleries dès qu’il aura passé ses coups de fil dans son bureau. Ses menaces affectueuses produisent l’effet escompté. Des ailes de papillons taquinent ma tête et mon ventre. Sa présence me réconforte et me ravie jour après jour. Cela fera bientôt trois mois que nos alliances brillent de concert et rien n’est venu bouleverser nos vies. Je suis HEUREUSE et je l’exprime à qui voudra le lire. Bien que nous ayons déjà traversé plus de bons que de mauvais moments ensemble, et cela depuis sept ans, chacun des pas que je fais à ses côtés reste une marche vers l’inconnu. Toutes nos soirées -la plupart car il s’absente parfois- sont des plongeons dans un monde moelleux de quiétude. Mon tendre chéri n’est pas l’homme parfait qui transparaît dans la plupart de mes écrits, mais cela y ressemble fort. Sa mallette de tir s’égare souvent dans le meuble à chaussures, il oublie ses chaussettes sur la banquette en pied de lit, il dissimule ses dossiers aux yeux indiscrets dans l’armoire à toilette, -Barbara les repose régulièrement sur le bureau- ses costumes envahissent mon dressing et la salle de bains est en mode vide grenier après son passage tous les matins, mais pour rien au monde je ne voudrais que cela cesse. Grâce à Bébé je vis enfin sans me retourner à tout bout de champ.
    Dans une autre vie j’ai composé un texte paru sous le titre Apesanteur. Je considère cela comme de la pornographie pitoyable à présent. Fallait-il vraiment que je sois mal pour me livrer à de tels sottises. Pourtant, ce n’est pas une excuse, il y a cinq ans de cela, ces mots exprimaient un appel à la sérénité et à l’apaisement auxquels j’aspirais tant. Je n’ai rien obtenu, -que chagrin, déception et mésestime de ma personne- merci Bonne Mère, de l’homme pour qui ils avaient été écrits. Il ne les lisait pas comme il l’aurait dû et n’en retenait que la platitude et la grossièreté afin d’y trouver son plaisir. Il encourageait cette littérature médiocre en m’affirmant que par catharsis elle me soulageait de mon mal-être. Et pendant longtemps, j’ai cru pouvoir assumer ce verbiage dégradant. Comme j’ai pu être idiote!
    Je ne suis vraiment pas fière de mon comportement de l’époque. Cet épisode malheureux m’a fait plus de mal que de bien car des années plus tard j’en suis encore affectée.
    Ce mauvais assemblage de mots m’a pourtant offert une gamme de possibilités d’écriture et l’amour que j’éprouve pour mon petit mari m’a guidé vers une mélodie de douceur et de bonheur. La voici.
    …Chaque fois que Bébé me provoque de son sourire ravageur cela me fait fondre. Je reconnais la convoitise dans l’éloquence muette de son regard. Elle fait naître la tentation et le feu intense de la passion dans mon ventre. Une fois les portes de notre chambre closes, nous sommes isolés dans un monde accueillant et libérateur. Un écrin calfeutré, parfumé aux fragrances des parfums dédiés à nos polissonneries ardentes, dont la lumière est tamisée par des leds chatoyants. L’été, les fenêtres ouvertes laisse passer la brise du soir -l’air frais du matin aussi- qui nous berce de son souffle léger. En hiver, vantaux vitrés rabattus et rideaux tirés conservent une douce chaleur à nos attraits révélés. L’effeuillage à la façon d’Alice Sapritch que je lui offre n’a d’égale que son striptease à la Dany de Vito. Ce tendre moment de complicité, prémices du ballet amoureux à venir, nous tire des larmes de rire.
    J’aime la façon qu’a Bébé d’assouvir nos désirs intenses, engloutissant jusqu’à nos âmes dans la félicité que nous en retirons. Je raffole de la chaleur de ses baisers sur ma nuque devenue réceptive et tellement sensible que cela m’en fait vaciller. Je lutte de toutes mes forces contre les merveilleuses sensations qui m’envahissent, espérant ainsi retarder le moment où je m’abandonnerais à la béatitude. Afin que dure ses délicieux préliminaires, je m’esquive…
    Surpris puis comprenant qu’il s’agit d’un jeu, il se fait encore plus présent en cajolant mes courbes, en plongeant son visage dans ma chevelure, en goûtant de sa langue enfiévrée aux effluves parfumées de ma peau qui vibre sous ses douces caresses. Ce n’est pas le respect qui me fait me taire, mais uniquement la concentration dans laquelle je suis plongée pour jouir des attentions dont il me comble. Je voudrais lui exprimer avec ferveur combien j’ai envie de lui, combien mon besoin de me donner à lui est intense et combien j’ai hâte de danser de tout mon corps sous ses coups de reins. Sa respiration s’accélère et se fait rauque tandis qu’il récite les mots électriques qui enflamment définitivement mes entrailles et mon intimité. Je sens la rigidité de son membre tendu, prolongeant notre plaisir en s’attardant sur mon ventre, à la recherche du bain de miel qui soulagera notre impétuosité. Le brasier intense qui nous a consumé n’est déjà plus qu’un délicieux souvenir lorsque nous nous endormons enlacés dans une étreinte quasi éternelle…
    Histoire de chahuter Mon Fripon, j’allais lui faire lire cette envolée lyrique dans le but d’en obtenir une récompense bien méritée. Oups, pour les câlins il va falloir attendre! Phillip se livre à un cache-cache endiablé avec son épouse invivable. Mum’ est en pétard à cause de cartons d’invitation mal conçus par l’imprimeur. Ceux-ci devaient être prêts pour mardi prochain!
    Elle ne décolère pas depuis le début de l’après-midi. Á son retour, Bébé est un rien contrarié en découvrant son père assis en face de moi. Celui-ci est venu nous rejoindre dans l’espoir de se faire oublier de son épouse acariâtre. Ma Canaille avait une tout autre idée que papoter avec son père pour occuper la fin de l’après-midi, il fait bonne figure, mais son regard en dit long. Je ne comprends pas pourquoi Mumy évite le petit salon, elle s’y installe rarement, autant dire jamais, et le laisse carrément aux bons soins des employés qui comme nous en ont fait leur point de ralliement. Certes, un côté de la pièce donne sur la balustrade qui surplombe le grand escalier, mais une belle cheminée, -dont la première flambée a eu lieu mardi- des meubles cosy, deux divans hyper douillets et une ambiance chaleureuse font que cette pièce est l’une des préférées des membres de la famille. Il y a aussi un bow-window aux épais coussins en velours de soie vert sous-bois -l’endroit est génial, Ash et moi y avons fait les fripons un soir- duquel l’on aperçoit l’entrée principale du parc. Les tentures épaisses en tartan aux attaches celtes donnent de la chaleur à l’ensemble. Certains jours, esseulée, je m’y camoufle pour lire tranquillement. Des plantes vertes dont je serais bien incapable de dire de quelle espèce il s’agit croissent d’une jarre en céramique à l’autre en recouvrant la balustrade. Lors de ma première visite au sein de la famille, j’ai cru qu’il s’agissait de fleurs en plastique. Puis Ash m’a expliqué qu’une fois par semaine, Philippine fait briller les feuilles à l’aide d’un spray pour végétaux! Finalement nous avons réussi à éviter Mumy jusqu’à l’heure du diner au cours duquel elle s’est bien rattrapée.
    J'y crois pas, une heure et demi au téléphone pour réconforter son frère…

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