• INSTaLLaTioN

    … La porte du cachot se referma en grinçant sinistrement sur ses gonds et Danaë comprit que son visiteur avait autre chose en tête que lui faire la conversation. Elle se démena pour se libérer de ses chaines mais le cerbère de Reckhart avait bien fait les choses. Les poignets enserrés dans des bracelets d’acier rivetés au mur la jeune femme était incapable de se défendre. Ses bras relevés au dessus de la tête la laissait à la totale merci de celui qui maintenant s’approchait d’elle. À la lumière de la torche qu’avait laissée le garde, Danaë vit Reckhart s’avancer lentement et se délecter de l’effroi qu’il lisait dans ses yeux. Elle tenta de lui asséner un coup de pied lorsqu’il fut près d’elle mais il esquiva habilement la bourrade.
    – « Du calme petite sauvage ! » Railla-t-il.
    Il l’a plaqua brutalement contre le mur glacé et humide. L‘une des pierres de l‘édifice vint lui cogner le bas du dos et elle ne put s‘empêcher de gémir sous l’effet de la douleur. Elle détourna son visage à temps pour éviter le baiser qu’il allait lui donner et il alla buter le front contre le mur.
    – « Petite chienne ! » Éructa-t-il en lui saisissant la nuque, la forçant à lui faire face. Reckhart pesait de tout son poids contre elle et la main qu’il avait glissée sous sa chemise la fit tressaillir de dégoût. Il posa ses lèvres sur celles obstinément fermées de Danaë. Celle-ci se démenait comme un beau diable mais elle ne réussissait qu’à se blesser contre la paroi rude du cachot. Elle ouvrit la bouche pour crier lorsque l’homme lui pinça méchamment la pointe d’un sein. Reckhart put enfin apprécier la saveur de ses lèvres et la douceur de sa peau, parcourant avidement son flanc du plat de la main. Il colla sa langue à la sienne et revint sur sa poitrine dont il emprisonna un sein de ses doigts possessifs. Secoué par un haut le cœur elle gémit de nouveau.
    – « Je vois que tu commences à comprendre ! » Dit-il goguenard. Emprisonnant à nouveau de ses lèvres avides celles de la jeune femme il la tortura presque avec douceur, il lia sa langue à la sienne et mordilla en de petites bouchées le pourtour ourlé de sa bouche.
    Déconcertée la jeune femme cessa de se débattre un instant. Alors il releva la chemise de Danaë à hauteur d’épaules, et se mit à lécher et sucer par petites lampées ses tétons érigés par le froid. Il couvrit les globes laiteux de ses seins avec ses mains puis se serra étroitement contre elle en gloussant de satisfaction. En percevant la bosse qui gonflait le tissu de son pantalon contre son ventre elle comprit alors qu’il ne se contenterait pas de quelques baisers et caresses. Elle se tordit comme un ver de terre pour qu’il enlève ses sales pattes de sa poitrine et cesse ses dégoutants enlacements. Le vêtement glissa sur les doigts de son bourreau qui soudain frustré le fendit tout du long. Danaë s’agita fébrilement en tous sens espérant sans doute échapper à son tortionnaire. Il mit l’une de ses mains autour de son cou et de l’autre il agita son index de droite à gauche lui faisant comprendre ainsi que se débattre ne lui servirait à rien. Soudain docile elle le vit soulever sa jupe qu’il coinça entre sa taille et la ceinture du vêtement. Il agrippa en même temps son jupon et sa petite culotte et fit lentement coulisser les deux tissus. Il dégagea sa taille puis son bas ventre et enfin ses cuisses qu’elle serra frénétiquement. Le paysage se faisant agréable, il hésita à poursuivre cet effeuillage pour s’intéresser à la fine toison qui s’offrait à sa vue. Danaë qui maintenait toujours ses jambes accolées, gigota comme un poisson hors de l’eau. Perdant patience Reckhart tira rudement sur les fins vêtements qui une fois ceux-ci retirés il jeta dans la poussière du cachot. Danaë haletait de rage et de frayeur mêlées. Roulée sur son ventre sa jupe ne la protégeait plus des regards lubriques de Reckhart. Il l’enlaça d’un bras solide à la taille et plaça son autre main sur les poils soyeux de son intimité. La jeune femme cria à cet odieux contact et essaya de se libérer mais il l’étreignit encore plus étroitement. Ses poignets la faisaient terriblement souffrir à force de se débattre et de s’y suspendre mais encore une fois elle se projeta en avant espérant éjecter sa main. Il éclata de rire et ses lèvres se joignirent à celles de la jeune femme. Dans un sursaut de colère elle le mordit cruellement. Furieux celui-ci abandonna son précieux tapis et la gifla de toutes ses forces.
    – « Espèce de sale petite garce ! Attends tu vas voir ! » La menaça-t-il. Danaë savait que ce n’était pas des paroles en l’air. Elle le vit alors dégrafer son pantalon et l’énorme chose qu’il en sortit la fit frémir. Sans pudeur Reckhart fit coulisser son sexe entre ses doigts une ou deux fois puis il s’appliqua à frotter lentement le puissant membre contre le ventre de la jeune femme qui laissa échapper des larmes d’effroi.
    – « Tu sais enfin ce qui t’attends ! » gronda-t-il.
    Elle tenta vainement de le repousser mais excédé par cette lutte inutile il inséra l’un de ses genoux entre ses cuisses et la crochetant fortement par la taille il y insinua le monstre de chair déjà dégoulinant du plaisir à venir. En de puissantes poussées il pressa plusieurs fois son sexe contre celui de la jeune femme qui sanglotait à présent. Ses lèvres s’emparèrent de celles de Danaë qui cessa soudain de lutter. Elle resta inerte contre lui et il lui sembla même qu’elle répondait à ses baisers. Abusé par ce soudain revirement celui-ci se détendit quelques secondes, juste le temps qu’il fallut à Danaë pour se libérer de son membre. Elle releva son genou qui heurta violemment la dague de chair de son agresseur. Il glapit sous l’effet du choc et la repoussa sauvagement. La tête de Danaë heurta le mur la laissant à moitié assommée. Reckhart materna avec précaution ses bijoux de famille et constatant que tout était encore en service, il profita de l’engourdissement temporaire de la jeune femme pour se presser contre elle. Il passa son bras gauche sous la nuque de sa prisonnière afin de ne pas l’étourdir plus qu’elle ne l’était déjà, puis de son autre main il entama l’exploration en règle de l’intimité de la jeune femme. Il palpa avec délice son ventre puis descendit lentement du plat de la main jusqu’à sa douce toison. Son esprit lui commandait de posséder cette petite pouliche bestialement pendant qu’elle était inerte, mais sa raison l’obligea à se modérer. Il enfouit ses doigts dans le chaud et gluant passage qui allait le conduire au paradis, du moins l’espérait-il. Danaë reprit lentement connaissance et tressaillit sous l’assaut des doigts enjôleurs de Reckhart. Limant presque tendrement le creuset où il désirait plonger son membre en feu il se mit à embrasser langoureusement Danaë qui laissa échapper un soupir d’aise et remua son bassin imperceptiblement
    – « Tiens tiens, ma petite tigresse joue à la vierge effarouchée, mais il me semble bien sentir un petit minou tout mouillé sous ma main ! » Railla-t-il en poursuivant ses caresses.
    Danaë fut piquée au vif par ses propos et surtout vexée que son corps la trahisse ainsi. Loin d’être vierge elle avait eu quelques amants et les avait toujours choisi mais ce que cet homme lui faisait subir n’avait rien d’un jeu amoureux. Cependant son bon sens et la chaleur qui investissait lentement son ventre lui fit comprendre que plus vite il en aurait terminé avec elle, plus vite elle serait libérée de ses abjectes étreintes. Elle ne lui ferait plus le plaisir de gémir sous ses coups de reins et poussa même l’hypocrisie jusqu’à relever haut une jambe contre la hanche de Reckhart pour que ce qui devait se passer se fasse rapidement. Méfiant celui-ci hésita un instant puis son désir reprenant le dessus il se remit à torturer les lèvres de sa tendre proie. Soudain son sexe trouva la voie de la félicité. Danaë n’avait pas imaginé un seul instant que ce répugnant traitement lui plairait et une plainte désespérée s’échappa d’entre ses lèvres lorsqu’il la pénétra centimètre après centimètre. Les douces frictions du membre de son terrible amant, qui se frayait un passage entre ses chairs, la conduisaient irrémédiablement à la jouissance. Le brasier qui consumait maintenant son ventre contrastait avec la brique froide qui rudoyait ses fesses à chaque poussées de Reckhart. Comprenant que la belle ne lui ferait plus de difficultés, celui-ci s’intéressa de nouveau à ses seins qu’il mordilla avec volupté. N’y tenant plus il la souleva par les fesses, écartant largement les cuisses de la jeune femme qui s‘abandonna totalement à son plaisir. Tant qu‘à être violée autant en profiter se dit-elle amèrement. Reckhart donna un puissant coup de reins et s’enfonça profondément en elle. Avec vigueur il fit de rapides va et viens en elle et dans une ultime pénétration il jouit d’un long frisson, libérant sa semence dans le ventre de Danaë. Celle-ci cria de plaisir sous la vague brulante de la liqueur qui envahit ses entrailles lui distillant à son tour un puissant orgasme. Sa robe retomba sur ses cuisses souillées lorsque son terrible amant se retira et une…
    Le carillon de la pendule fit sursauter M’lys. Elle abandonna sa lecture et machinalement elle glissa le marque page entre les feuillets cent trente deux et cent trente trois.
    – « Fallait-il vraiment que je m‘ennuie ? » se dit-elle en jetant l’ouvrage sur la table basse.
    – « Une vraie daube ! » Bougonna-t’elle en se levant. Dehors la pluie tombait drue et les éclairs striaient encore le ciel au loin. Malgré les dix sept heures qu’affichaient les aiguilles de la grosse horloge du salon l’obscurité qui régnait à l’extérieur était quasi totale. Depuis le début de l’orage M’lys s’était installée sur le canapé avec le premier écrit qui lui était tombé sous la main. » Danaë et le pirate » était sans doute très captivant pour les adolescentes en recherche de sensations mais la jeune femme n’adhérait pas du tout à ce genre de littérature. D’ailleurs elle se demanda d’où pouvait bien provenir ce recueil de la collection Harlequin lorsqu‘elle repensa à la nièce de la concierge friande de ces mièvreries. Sans doute l’avait-elle oublié l’avant-veille au soir lorsqu’elle était venue se réfugier chez M’lys pour éviter une énième dispute avec sa tante. M’lys se dirigea vers la cuisine en soupirant et entreprit de se faire un thé. Debout, son mug fumant à la main, le front appuyé contre le vitrage froid de la fenêtre elle regarda tomber la pluie à la lumière des réverbères. Pour s’abriter rapidement, ignorant les véhicules qui fort heureusement roulaient lentement à cause de la chaussée glissante, les rares passants traversaient l’avenue en courant. À chacune de ses expirations la buée embrumait le vitrage que la jeune femme essuyait fréquemment d’un revers de manche. Elle ferma les yeux et laissa son esprit vagabonder librement. Il la projeta quelques semaines en arrière lorsque sur un coup de tête elle avait tout plaqué. Tout, consistait en un travail barbant dont elle n’avait nul besoin pour vivre, d’un appartement à peine meublé qu’elle n’avait jamais voulu agencer et d’un petit ami présent seulement pour la bagatelle…Mylhenn...


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  • ReNCoNTRe

    … De bonne heure, comme tous les samedi matin, Volodhia faisait le plein de provisions au comptoir bio du quartier chic où il habitait. Ainsi la corvée se trouvait menée rondement, les produits acquis étaient excellents pour sa santé et surtout il ne risquait pas d’y rencontrer les commères de la ville. En toute tranquillité celui-ci choisissait ses fruits et légumes avec soin. Praticien de renom Volodhia Lourmarin aimait se détendre en faisant son marché. La cinquantaine naissante il représentait un excellent parti pour les femmes encore disponibles de la bonne société mais il jouissait d’une solide réputation de célibataire endurci. On lui prêtait nombre d’aventures houleuses qui se soldaient à chaque fois par une séparation. Attiré par le rayon des fruits exotiques, il guigna sur les goyaves, les ananas et les litchis. Toutefois son choix se porta sur les mangues bien mures. Un sachet en papier emplit de raisins grecs au trois quart dans une main, le regard fixé sur les ananas dont il avait aussi envie il se saisit distraitement d’une mangue sur le présentoir du dessus. Sa main se posa alors sur des doigts fins et longs qui prenaient un fruit en même temps que lui. Surpris il lâcha sa prise malencontreuse en s‘excusant. Son pouls s’accéléra lorsqu’il découvrit à qui appartenait cette main soignée. Aux yeux des gens qui la croisaient, M’lys était fascinante. Ni provocante ni parfaite sa beauté attirait cependant les regards. La trentaine audacieuse, grande, mince, de superbes cheveux blonds mi-longs couvraient ses épaules. Son visage fin était éclairé par de grands yeux bleu-gris qui lorsqu’elle souriait paraissaient plus grands encore. M’lys avait revêtu sa tenue préférée pour aller faire ses courses. Jeans baskets pour le confort et saharienne Burberry par-dessus un petit pull en mohair bleu anthracite pour le chic. Elle leva les yeux sur Volodhia et le gratifia d’un sourire éclatant en lui tendant le fruit convoité.
    – « Rien que pour ce beau sourire je vous la laisse ! » dit-il en ignorant son geste.
    M’lys avait apprit à décrypter certains comportements lors de ses lointains cours de psychologie. Elle comprit qu’elle ne le laissait pas indifférent mais désabusée par sa dernière relation elle préféra couper court en remerciant poliment Volodhia d’un bref signe de la tête. Elle glissa la mangue dans sa corbeille puis elle s’éloigna. Il la regarda disparaître entre les rayons tandis qu’elle se dirigeait d’un pas tranquille vers l’étal de la poissonnerie. Piqué par le peu d’intérêt qu’elle lui avait manifesté il cessa de l’observer en la traitant mentalement de bêcheuse. Il compléta ses achats par une terrine d’aubergines, une demi-douzaine d’œufs et un sachet de pain de seigle sous vide. Puis rapidement il prit l’allée centrale qui conduisait aux caisses. Vu l’heure les clientes commençaient à affluer aux abords des étals, il était temps pour lui de sortir s’il voulait éviter les têtes connues. Ayant déposé ses courses dans le coffre de son véhicule il en claqua le hayon puis alla s’installer derrière le volant. Il avait l’index sur le bouton de démarrage lorsque les portes coulissantes du magasin livrèrent passage à M’lys. Celle-ci en sortit pour se diriger vers l’arrêt 3 ter du tramway. Sans trop savoir pourquoi il démarra à regret. En plongeant sa cuillère dans la mousse de mangue qu’elle s’était concoctée, M’lys repensa aux indiscrets yeux verts qui l’avaient longuement détaillé le matin même alors qu’elle sortait de la grande surface. Elle avait senti la chaleur du regard de Volodhia dans son dos et elle dut bien se l’avouer, cela ne l’avait pas laissé indifférente.
    Les jours passants, l’agréable souvenir de cette brève rencontre avec l’inconnu s’estompa de sa mémoire. Trois semaine plus tard, le hasard de son carnet de mondanités lui réserva une surprise. Chaque année la municipalité de la ville organisait un gala de bienfaisance au profit d’une association et tous les notables et les commerçants de la ville y apportaient leur contribution. M’Lys se devait d’être présente à la soirée en tant que représentante de sa corporation et cette sortie tombait à point pour lui changer les idées.
    Élégant dans la simplicité, Volodhia portait un costume d’une coupe toute simple mais confectionné par un grand couturier qui mettait en valeur son physique d’athlète. L’intensité du vert aigue marine de ses yeux rehaussait son port altier. Désabusé dès le début de la soirée il s’ennuyait ferme. Le directeur de la clinique avait choisi le plus charismatique de ses chirurgiens pour l’évènement et rien n’était venu dispenser Volodhia de cette obligation. Soudain, il aperçut une silhouette vaguement familière et il ressentit un picotement à la base de la nuque. Trop éloignée encore pour qu’il distingue parfaitement ses traits, son regard fut attiré par de longues jambes galbées mises en valeur par une robe noire qui épousait à la perfection un corps longiligne. Quelque chose en cette jeune femme lui sembla familier mais il fut incapable de se rappeler quoi. Puis l’incrédulité fit place à la fascination, M’lys était encore plus belle que dans son souvenir et il la détailla sans vergogne. Elle avança dans sa direction et le salua poliment d’un signe de tête en passant près de lui. Il en était sur elle ne l’avait pas reconnu et sa marque de politesse n’était rien de plus qu’une des civilités parmi celles qu’elle distillait aux autres invités. Mortifié par le comportement de la jeune femme il assista au déroulement de la réception en prenant bien garde de ne plus se retrouver sur son passage. Pendant les deux heures suivantes, gracieuse et aimable elle passa de groupe en groupe pour distiller de façon affable les commentaires qu’exigeait la bienséance. Estimant avoir largement donné sa contribution à l’évènement en la remise d’un chèque conséquent au nom de sa société elle exprima au microphone sa reconnaissance envers les bénévoles de l’association. La jeune femme salua enfin l’assemblée avec courtoisie avant de se diriger vers la sortie. De retour chez elle M’lys fit le point sur sa soirée et estima n’avoir pas perdue son temps. Elle avait fait de nouvelles connaissances grâce à ses relations et certains de ces contacts pourraient lui être d’une grande utilité à l’avenir. Fatiguée mais le sommeil tardant à venir, elle prit une bonne douche puis revêtue de son pyjama fétiche elle s’écroula sur le canapé. Elle attrapa le premier livre qui lui tomba sous la main et s’aperçut qu’il y avait au moins six recueils de la collection Harlequin sur sa table basse. M’Lys sourit en pensant à sa petite voisine qui, maintenant elle en était sure, devait se cacher de sa mère pour lire ce genre de bêtises.
    … Flory réussit à fausser compagnie à ses ravisseurs à la faveur de la nuit… En véritable chien de chasse, Swatt la poursuivit et la rattrapa au petit matin. Telle une esclave, les poignets liés, la corde attachée au pommeau de la selle de son poursuivant la princesse Flory de Goulven fut amenée au prince Rowan de Montval son époux. Dans la grande salle du palais, sous les yeux effarés des serviteurs, Swatt la poussa rudement en direction de son maître et Flory alla s’affaler aux pieds de celui-ci. Rowan se leva tranquillement de son siège et s’approcha de la jeune femme à moitié étourdie au sol. Il lui intima l’ordre de se relever. Comme celle-ci ne le faisait pas assez rapidement il la saisit vivement par les cheveux pour la plaquer contre son torse. Flory savait qu’il était inutile de se rebeller car ce serait bien pire encore. Elle avait le souvenir du retour de Gwénaelle, le visage en sang et le dos arraché par les lanières du fouet que lui avait administré personnellement monseigneur. La servante avait juste pris un morceau de pain aux cuisines pour sa mère. Qu’en serait-il de celle qui était devenue la princesse Flory de Montval à cause d’un monstrueux traité qui liait sa famille à celle des De Montval. Une famille où de génération en génération les seigneurs avait droit de vie et de mort sur leurs épouses. Rowan se pencha sur son visage et il posa ses lèvres sur celles de Flory qui tenait les siennes obstinément closes. Il voulait lui démontrer ainsi qui était le maître et où était sa place. Il tira violemment sur l’épaisse crinière rousse de la jeune princesse et dès que celle-ci descella ses lèvres pour crier il lui donna de nouveau un baiser et cette fois ci elle ne put l’empêcher de mêler sa langue à la sienne et d’apprécier la douceur de ses lèvres. Flory se débattit mais il la bloqua de ses bras puissants tandis qu’il continuait de torturer sa bouche endolorie. Elle savait que le pire était à venir en sentant contre sa cuisse l’horrible serpent qui se faufilait dans les plis du pantalon de son bourreau. Il la souleva aussi facilement qu’un oreiller de plume et il se dirigea vers ses appartements avec son léger fardeau.
    – « Que l’on ne me dérange pas ! Je veux être tranquille avec mon épouse ! » Ordonna-t-il à son serviteur dévoué.
    – « Soyez tranquille Monseigneur, personne ne franchira votre porte ! » Le rassura Swatt.
    Il referma le battant d’un coup de talon et reposa Flory au sol. La jeune femme tremblait de tous ses membres en restant immobile, s‘imaginant ainsi qu‘elle disparaîtrait à ses yeux.
    – « Tu m’as privé de ma nuit de noce petite furie, alors maintenant tu choisis ma princesse ! » Rowan caressa tendrement la joue de sa femme.
    – « Soit tu es obéissante et dévouée ! »
    – « Soit tu continues à faire ta prude et voilà ce qu’il va se passer ! » Enchaina-t-il.
    – « Moi seul passera un bon moment tandis que toi un mauvais quart d’heure ! » Conclu-t-il.
    – « Et quand je dis quart d’heure, ce sera beaucoup plus long, crois moi ! » Il accompagna ses paroles d’un clin d’œil grivois lourd de sous entendus. Flory frissonna sous la menace et se recula légèrement.
    – « Je vois que tu as compris ! »
    Il la planta sur le seuil de la porte et alla s’étendre sur l’épais matelas de sa couche. Tout sourire il tapota plusieurs fois de sa main sur la toile épaisse de la couverture qui recouvrait son lit.
    – « Approche ! » Ordonna-t-il brutalement en voyant qu‘elle ne réagissait pas. Flory frémit au son de sa voix et sans s’en rendre compte elle recula dos à la porte. Indécise elle hésitait entre affronter son dangereux mari ou prendre la fuite. Seulement elle n’ignorait pas que personne ne lui viendrai en aide et que de nombreux gardes arpentaient les couloirs.
    Comme monté sur ressort Rowan se releva d’un bond, son regard était terrifiant.
    – « Je n’y penserais même pas si j’étais toi ma jolie ! »
    – « Approche et déshabille toi ! » Aboya-t-il. Ignorant l’apparente paralysie de sa jeune épouse il ôta sa chemise, ses chaussures et son pantalon. Nu comme un ver il se retourna vers Flory qui frissonna en découvrant ce dont les servantes parlaient à mots couverts mais avec satisfaction. L’immobilité et la mauvaise volonté de Flory provoquèrent sa colère et elle fut impuissante à l’empêcher de lui arracher ses vêtements tout en la maintenant sur le grand lit où il l’avait poussé rudement. Nue à son tour elle avait de plus en plus de mal à se soustraire aux élans possessifs de Rowan. Il la bloqua sous son corps lourd et musclé puis écartela sauvagement ses cuisses. Il posa brutalement ses doigts sur les lèvres intimes de la douce Flory qui hurla et se tordit comme une enragée à ce contact.
    « Je t’ai prévenue petite lionne ! » Rowan riait comme un dément en immobilisant d’une main les poignets de sa proie, il frotta son sexe turgescent sur sa fente qu’elle essayait de dérober à ses attouchements en gigotant dans tous les sens. Il passa sa main libre sous les fesses de la jeune femme et dans un grognement abominable il réussit presque à la pénétrer. Sa gelée chaude et abondante inondait son membre qui fort heureusement glissa allant buter contre l’aine de Flory. Dans un dernier sursaut de combativité elle parvint à libérer un de ses poignets mais cela ne lui servit pas à grand-chose. Elle griffa profondément son assaillant à la joue mais celui-ci n’y prêta aucunement attention et il continua à la violenter. Il se cala sur elle tenant fermement ses poignets des deux mains et il jouait du bassin, la limant avec application et s’enfonçant chaque fois un peu plus entre les berges mouillées de la rivière qu’elle savait ne plus pouvoir protéger encore longtemps. Il lâcha l’un de ses poignets et s’empara de son sexe dur comme la pierre et le guida sans difficulté au plus profond de sa victime. Flory crut qu’elle allait s’évanouir, la brûlure fut insupportable et plus encore cette sensation de déchirure lorsqu’il commença à se mouvoir en elle. Elle sanglotait à chaque coups de reins et le suppliait d’arrêter. Ses larmes
    l’aveuglaient et elle avait du mal à respirer. Plus elle se débattait, plus il s’enfonçait profondément, elle était au bord de la nausée. Ses gémissements n’avaient rien de ceux d’une maîtresse amoureuse mais ressemblaient aux plaintes d’un animal blessé. Elle se cabra à l’un de ses coups de reins plus rudes que les autres, libérant le monstre de son antre. Elle laissa échapper un long hurlement lorsqu’il la pénétra de nouveau, sa liqueur visqueuse avait souillée ses cuisses et elle….
    Les yeux de la jeune femme se fermèrent tous seuls et le livre glissa de ses doigts. M’lys s’endormit aussitôt. Lorsqu’elle rouvrit les yeux le soleil de la mi journée tapait déjà dru sur les carreaux vitrés et la fenêtre ouverte du salon lui déversait aux oreilles le tapage du flot continu des voitures sur le proche périphérique. Elle se leva d’un bon en pensant à ses rendez-vous de la journée, puis se rassit en criant de douleur. Depuis quelque jours son dos la faisait souffrir et maintenant sa jambe droite se mettait de la partie. Avoir dormi dans le sofa pourtant confortable n‘avait pas arrangé les choses…Mylhenn...

     


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  • UN aMouR De MéDeCiN


    ...Les visites se succédaient à un rythme soutenu depuis neuf heures du matin. Le professeur Lourmarin commençait à saturer. Toujours le même rituel après ses deux heures d’opération : visite aux patients de la veille pour un contrôle des soins et rencontre avec les futurs opérés du lendemain. Mais ce matin tout allait mal, l’un des internes avait inversé les dossiers de la tournée et son infirmière en chef était absente. Pour couronner le tout, les six externes qu’il chapeautait semblaient être devenus complètement crétins. Ils avaient choisi spécialisation rhumatologie pour leur internat mais ils restaient muets à chaque question que leur posait le professeur Lourmarin. Excédé celui-ci les renvoya à l’amphithéâtre lorsque l’un d’eux lui présenta le scanner d’une arthrose du genou au lieu de celui d’une prothèse de hanches. Heureusement il ne lui restait plus que deux patientes à voir et tant pis pour le règlement il serait seul pour une fois. Radiographies en main il rassura Madame Lambert, lui certifiant que dans une quinzaine de jours son genou serait comme neuf après une infiltration. Il laissa échapper un soupir de soulagement en poussant le battant de la porte de la chambre 347. Dernier examen et dans quelques minutes il pourrait enfin souffler. M’Lys Morbond était arrivée la veille au soir, souffrant de violentes douleurs dans le dos et dans la jambe droite. Il s’interrogea en lisant le nom de famille sur la couverture du dossier d’entrée. Le patronyme lui était familier mais il était incapable de mettre un visage dessus. Recroquevillée sous l’effet de la souffrance sa future patiente ne répondit pas à son salut, elle se contenta de tourner vers lui un visage noyé de larmes. Volodhia sursauta en reconnaissant la jeune femme qui l’avait snobé peu de temps auparavant. Se devant de respecter la procédure, il lui demanda de confirmer son identité avant de l’examiner. Elle hoqueta ses réponses et supplia le chirurgien de la soulager. M’Lys avait reconnu Volodhia mais pour l’instant il était le dernier de ses soucis. Celui-ci vérifia que la perfusion de morphine passait bien avant de pratiquer un examen complet du membre inférieur de sa patiente. Elle gémissait sourdement à chaque fois qu’il posait ses doigts sur le dessus de sa jambe et elle se mordait les lèvres jusqu’au sang dès qu’il pressait légèrement le muscle de sa cuisse. Une infirmière entra précipitamment dans la chambre.
    – « Désolée pour le retard professeur mais Monsieur Digorra nous a créé quelques soucis et je viens seulement de recevoir le dossier IRM de Madame Morbond ! » S’excusa-t-elle essoufflée en lui tendant les clichés de l’IRM et du scanner passés tôt dans la matinée. Il en étudia aussitôt les détails avec soin au néon mural. Quelques minutes plus tard, un sifflement de triomphe s’échappa de ses lèvres.
    – « Faites ouvrir ma salle d’opération Brigitte, je veux que tout soit prêt dans une demi heure ! » Ordonna-t-il à l’infirmière qui attendait au garde à vous depuis son arrivée. Puis il s’adressa à M’Lys :
    – « Vous avez une hernie discale doublée d’une vertèbre légèrement déplacée ! Je suis obligé d’opérer immédiatement ! » Il lut l’angoisse dans les yeux de la jeune femme, alors chose que jamais il n’avait fait auparavant, il s’assit sur le bord du lit, il prit la main fine de sa patiente entre les siennes et il la réconforta du mieux qu’il put. En salle de réveil, trois heures et demi plus tard M’Lys émergea de l’anesthésie. Elle avait du mal à garder les yeux ouverts, sa vue était légèrement brouillée et une redoutable nausée lui soulevait l’estomac. De temps en temps elle discernait un visage qui se penchait sur elle et l’insupportable voix cotonneuse qui allait avec cette figure floue.
    – « Réveillez-vous Mademoiselle Morbond ! Allez M’Lys vous avez assez dormi ! Mademoiselle Morbond c’est fini la sieste ! » Elle sentait les mains caoutchoutées de l’infirmière du service post opératoire qui vérifiait sa tension et qui au passage la stimulait en secouant très légèrement son bras.
    La litanie revint pendant près d’une demi-heure puis enfin elle finit par ouvrir les yeux et voir ce qui l’entourait. Elle trouva peu réjouissant d’être en ces lieux et les plaintes d’un homme avec les deux bras dissimulés sous d’énormes pansements lui donnèrent envie de retourner au plus vite dans sa chambre.
    Dix minutes à peine revenue du bloc, le professeur Lourmarin vint lui rendre visite. Il avait juste passé sa blouse blanche par-dessus son costume de ville et les effluves de son eau de toilette chatouillèrent les narines de M'Lys.
    – « Je tenais à vous voir avant de partir ! » Dit-il avec un grand sourire.
    – « Le plus difficile est passé ! Je reviens demain matin, vous serez plus éveillée pour parler de la suite ! » Il formula les ordres d’usage à l’interne et demanda expressément qu’on le prévienne si un problème se présentait. Les jours suivant le professeur Lourmarin débutait sa tournée par la chambre 347 et prenait sa pause uniquement après y être revenu. Le personnel commençait à émettre quelques opinions mais nul n’osa attaquer de front. Les premiers pas furent éprouvants mais M’Lys serra les dents ayant hâte de sortir de son lit. Elle commença par le tour du lit, puis de la chambre et quatre jours plus tard lorsqu’elle se sentit prête pour le marathon elle arpenta le couloir. Le professeur Lourmarin décida qu’il était temps que le kinésithérapeute entre en scène. Les premières manipulations eurent lieu sous l’œil vigilant du chirurgien. Ensuite ce furent les exercices en piscine et là encore Volodhia était présent. Trois semaines après l’opération M’Lys était pratiquement sur le départ. Elle avait pris l’habitude de voir débouler Volodhia sur la terrasse vers treize heures trente au moment de sa pause. Pendant une heure ils papotaient comme de vieux amis, partageaient les affres de leur situation sociale et surtout échangeaient tels des gosses des fou rires peu discrets. Ceci faisait le bonheur du personnel car il y avait un peu relâche quand le patron était détendu. La veille de son départ M’Lys n’eut pas envie de sortir. Sans bien savoir pourquoi elle se sentait triste et elle versa sa larme dès que l’infirmière lui eut remis ses papiers de sortie. Effarée elle réalisa qu’elle s’était un peu trop attachée au professeur Lourmarin. Elle ne l’avait pas revu depuis la veille et il n’était même pas venu lui dire au revoir. Déçue, elle s’apprêtait à monter dans le taxi quand elle entendit son nom que l’on criait à tue-tête de l’autre côté de la rue.ghvrugvrthtyj8ty718y
    – « Mademoiselle Morbond, attendez s’il vous plaît … Mademoiselle Morbond attendez ! J’ai un courrier à vous remettre ! » Essoufflée la secrétaire du Docteur Lourmarin la hélait en agitant au dessus de sa tête l’enveloppe qui lui était destinée.
    – « Je suis allée dans votre chambre mais vous veniez de partir ! » Expliqua-t-elle en rattrapant M‘Lys. Ayant enfin repris sa respiration elle lui tendit la missive. Surprise M’Lys se saisit de la lettre en la remerciant. Une fois assise confortablement elle décacheta l’enveloppe et en retira une feuille couverte d’une écriture fine et régulière. Dès la lecture des premiers mots un large sourire étira ses lèvres, elle était rassurée. Le professeur Lourmarin avait eu à gérer deux interventions compliquées et il s’excusait de n’être pas venu la saluer avant son départ. Pour se faire pardonner il lui proposait pour la semaine suivante une soirée au START UP le dernier cabaret à la mode. Dans le rétroviseur elle vit les yeux éberlués du chauffeur lorsqu’elle posa ses lèvres sur la feuille. Les jours suivants défilèrent avec une lenteur exaspérante malgré les séances de kiné, les visites de ses amies et les sorties piscine. Vint enfin le grand soir. Les Chaussures, la robe, les boucles d’oreille et même la pince argentée qui ornait ses cheveux avaient été choisies avec soin. Lorsque Volodhia sonna à l’interphone M’Lys ne tenait plus en place, il ne lui fallu que quelques minutes pour le rejoindre cinq étages plus bas.
    – « Je sais que je suis un peu en retard, mais inutile de vous rompre le cou ! » Plaisanta-t-il en la saluant. Soudain M’Lys fut presque intimidée devant la prestance de son cavalier. Elle se reprit bien vite désirant profiter de la soirée qu’il lui offrait. Ils retrouvèrent rapidement leur complicité et le cadre idyllique du cabaret les enchanta. Ils assistèrent au spectacle qu’ils trouvèrent excellent et le repas fut délicieux. Gourmands mais pas déraisonnables, ils partagèrent d’appétissants entremets dans la même assiette à dessert. Accompagnées de deux coupes de champagne rosé, commandées pour l’occasion, ils dégustèrent quelques cuillerées de fondant au chocolat noir, de sorbet citron vert/framboises fraiches et de crème brulée. Ils allèrent ensuite se fondre parmi le groupe des couples qui occupaient déjà le dance floor. Gauches et empruntés ils semblaient embarrassés de devoir se côtoyer d’aussi près. Malhabile, de sa main gauche, Volodhia s’empara de la main droite d’M’Lys qu’il releva à hauteur d’épaule tandis qu’il déposa sa main droite sur sa taille. Timidement la jeune femme déposa sa main gauche sur le bras de son partenaire puis ils se joignirent à la chorégraphie des autres danseurs. Petits à petit leurs pas s‘accordèrent, leurs gestes devinrent harmonieux et leurs corps s’apprivoisèrent. Oubliant tout ce qui n’était pas eux, M’Lys et Volodhia s’abandonnèrent au plaisir de la danse puis finalement elle accrocha ses bras autour du cou de son cavalier tandis que celui-ci laissa glisser ses deux mains sur sa taille. D’humeur taquine le DJ improvisa un quart d’heure slow et c’est tout naturellement que le couple s’enlaça étroitement. Tendrement Volodhia plaça ses mains sur les fesses de sa partenaire sans que celle-ci y trouve quelque chose à redire. La jeune femme se lova contre lui et elle noya ses yeux dans le regard de son cavalier. Ils se laissaient guider par les mélodies et les autres danseurs qui comme eux se mouvaient sans progresser d’un pas. La mélopée de la chanson se termina et dans la pénombre les couples maintenaient toujours leur étreinte. Sans réfléchir M’Lys effleura de ses lèvres celles de son cavalier. Comme s’il n’attendait que cet encouragement, Volodhia scella ses lèvres à celles de la jeune femme lui donnant un baiser fougueux. Bousculés par les danseurs qui se trémoussaient à l’unisson des accords du dernier tube à la mode, ils quittèrent la piste rapidement. Malgré l’air conditionné il faisait chaud et la musique tonitruante les incommodait presque; d’un commun accord ils décidèrent de quitter le restaurant. Dehors il ne faisait guère plus frais mais au moins ils étaient au calme et c’est main dans la main qu’ils se dirigèrent vers le port. Elle pensait à ce baiser qu’ils avaient échangés et cela la tracassait un peu.
    – « Je suis désolée Volodhia, je n’aurais pas du vous … » M’Lys hésita à poursuivre sa phrase.
    – « Moi je ne le suis pas croyez-moi ! » Enthousiaste il continua :
    – « Nous ne sommes plus des enfants M‘Lys, vous me plaisez et je sais que je ne vous suis pas indifférent alors il n’y à rien à ajouter ! » Les yeux brillants et le sourire aux lèvres ils firent une longue promenade dans la vieille ville, égrenant quelques paroles mais sachant qu’ils n’avaient pas besoin de parler pour se comprendre. Au terme de cette excellente soirée Volodhia raccompagna M’Lys chez elle. Elle ne lui fit pas l’affront de proposer un dernier verre car elle avait envie de faire les choses correctement avec lui.
    Tout bascula en une fraction de seconde : l’enserrant comme dans un étau, les bras puissants de Volodhia l’enlacèrent puis sa bouche emprisonna la sienne. M’lys fut submergée de plaisir tandis que sa langue de Volodhia se liait à la sienne. Une douce langueur s’empara de la jeune femme, un frémissement irrépressible se déployait au plus profond de son intimité. Lorsqu’il la lâcha, étourdie et pantelante elle réalisa qu‘aucun homme n‘avait éveillé le désir en elle depuis bien longtemps. Sa sensualité était restée en suspend et un seul baiser de Volodhia l‘avait ravivé. Il lui sembla alors que seul cet homme pourrait apaiser l‘incendie qu‘il avait allumé en elle. Cependant elle se refusa à s‘abandonner dès le premier soir. Elle se haussa sur la pointe des pieds et nouant ses bras autour du cou de Volodhia elle lui donna un baiser délicat puis d’une voix aussi assurée que possible elle lui confirma avoir passé une excellente soirée. Habitué à supporter les avances des conquêtes faciles que lui conférait sa situation, et la conclusion inéluctable qu’il en découlait, il fut agréablement surpris du comportement de sa jeune invité. Celle-ci lui avait fichu une sacré érection avec ses baisers mais il pallierait à cet état par une bonne douche froide. Elle le congédiait poliment après une sortie très plaisante et un au revoir bien délicieux, cela le conforta dans le fait que cette beauté était tout à fait ce qu’il recherchait chez une future compagne. M’lys après un dernier signe de la main claqua la porte du vestibule et s’affala contre le battant en bois qu’elle avait refermé un peu trop vivement. Elle inspira une bouffée d’air qu’elle expira lentement. Jamais encore elle n’avait osé faire cela, mais Volodhia ne ressemblait pas aux hommes qu’elle fréquentait d’habitude. Elle était d’ordinaire peu sure d’elle mais l’envie de le connaitre mieux avant de se jeter dans son lit avait guidé sa conduite. M’Lys avait à peine fini de prendre une douche qu’elle perçut les vibrations significatives d’un appel. Elle enfila son peignoir à la hâte et se saisit de son portable. En reconnaissant la voix de Volodhia elle frissonna de plaisir.
    – « Bonne nuit belle dame ! » Minauda celui-ci.
    – « Je voulais entendre le son de votre voix avant de m’endormir, c’est possible ? » Quémanda-t-il. Manon resta silencieuse quelques secondes puis elle répliqua sur le même ton :
    – « Bonne nuit Monsieur, cela m’est très agréable aussi de vous entendre ! » Ils raccrochèrent en même temps. Le lendemain matin un coursier lui livra un imposant bouquet de roses de couleur rose foncé parsemé de quelques boutons non éclos. Avec un sourire radieux sur les lèvres, elle décacheta l’enveloppe qui accompagnait le bouquet. « En remerciement de cette belle soirée en votre compagnie » Le carton était signé Volodhia. Ravie elle relut à haute voix les mots inscrits sur le petit carton puis elle se jeta sur son livre des significations. Joyeuse, après sa lecture elle se mit à danser autour de la table du salon comme si sa vie dépendait de cette sarabande. Pour une fois elle avait tout juste, sa réserve avait payé : les roses de couleur rose sont l’expression du bonheur et de la tendresse et de la grâce, le symbole de l’épanouissement de la beauté de la femme. Rajouter des boutons signifie l’émergence d’un sentiment d’amour. M‘lys était aux anges, elle pouvait enfin se laisser aller à ses sentiments….Mylhenn…


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  • CouP De FouDRe

    ...Presque trois mois déjà qu’M’lys avait laissé tomber son sac dans le grand hall d’entrée tout près de la rangée de boites aux lettres. La jeune femme se sentait enfin chez elle au milieu des oliviers et des mimosas disséminés dans un immense parc. La copropriété baignait dans les senteurs provençales et le champ des cigales, faisant le bonheur de ses occupants. Tout naturellement elle avait repris sa place dans l’agence immobilière familiale jusque la laissée en gérance et petit à petit celle-ci se faisait à sa nouvelle vie. M’lys commença à s’intéresser aux dossiers que lui avait fait passer sa secrétaire mais ce matin son esprit vagabondait ailleurs. Il lui était difficile de vérifier le nombre d’appartements vacants dans son parc locatif car Volodhia occupait totalement ses pensées. Volodhia qui, jour après jour, se façonnait une place précieuse dans sa vie et son cœur. Elle ne le voyait que très peu à cause de sa situation mais à chacune de leur rencontre il trouvait le petit plus qui lui faisait plaisir. M-Lys lui assurait que sa présence était déjà beaucoup mais la sachant rare il compensait par de petites attentions. La dernière en date était ce bouquet de fleurs fraîches qui lui parvenait tous les deux ou trois jours. Perdue dans ses réflexions et les yeux posés sur les œillets odorants du matin elle ne s’était pas rendue compte que sa secrétaire était entrée dans le bureau et qu’elle s’adressait à elle.
    – « Andrée ? Pardon je ne vous avais pas entendue ! » M’lys sursauta en constatant la présence de son employée à ses côtés.
    – « Que me disiez-vous ? »
    – « Avez-vous pensé à remettre le rendez-vous de Monsieur Roibont ? » Répondit son assistante en souriant. Ensuite elle déposa une pile de courriers à parapher devant M’Lys. Depuis quelque temps sa patronne était souvent dans la lune et Andrée devait veiller un peu plus au grain.
    – « Vous avez annulé deux fois déjà et il commence à s’impatienter ! » Fit-elle remarquer.
    M’Lys se concentra alors sur son travail. Elle venait de se rendre compte qu’elle devait mettre un sacré coup de collier si elle voulait rattraper son retard.
    – « Donnez moi ses coordonnées, je m’en occupe ! Puis vous me sortirez le dossier Laffrey, je ne suis plus très sure de vouloir d’eux comme locataires ! Et … un café s’il vous plait, je dois me réveiller ! » Dès que sa secrétaire l’eut laissée elle se concentra sur les documents en cours.
    Tard dans la journée elle rentra chez elle épuisée mais satisfaite car elle avait mis tous ses dossiers à jour. Machinalement elle appuya sur le voyant rouge du répondeur du téléphone fixe qui clignotait. Elle mit le haut parleur en reconnaissant la voix de Volodhia. M’Lys se repassa le message une seconde fois afin d’être sur d’avoir bien compris. Oubliant sa fatigue elle alla jeter pêle-mêle son maillot de bain, sa trousse de toilette et quelques vêtements dans un sac de voyage. Après un saut rapide sous la douche elle
    enfila de jolis sous-vêtements, sa jupe la plus courte, des sandalettes et une chemisette en soie. Elle venait à peine de finir de se coiffer que Volodhia sonnait à sa porte.
    – « Waouh tu es délicieuse ! » S’exclama-t-il en frôlant ses lèvres des siennes. M’Lys le remercia en lui donnant à son tour un rapide baiser.
    – « Prête ? » demanda-t-il en s’emparant de son sac.
    – « Oui ! Où allons-nous ? » Elle bouillait d’impatience de savoir leur destination.
    – « Surprise veut dire une chose agréable à laquelle on ne s’attend pas, donc patience et tu verras ! » répondit-il mystérieux.
    – « Ce n’est pas juste, je veux savoir, tout de suite ! Allez dis moi ? » Minauda-t-elle.
    – « Non non non ! Même avec ses grands yeux brillants, cette moue boudeuse et cette tenue alléchante je ne cèderai pas! » Intraitable il la poussa gentiment vers la porte, admirant ses longues jambes au passage. Il faisait presque nuit lorsqu’ils sortirent du restaurant, la chaleur étouffante de la journée c’était dissipée pour faire place à une légère brise marine qui agitait les feuilles des palmiers qui longeaient l’avenue principale.
    – « Deux heures trente de route ma chérie et tu vas découvrir le paradis ! » Lui promit Volodhia en s’installant au volant de son véhicule. M’Lys ne le questionna plus, elle savait qu’il désirait réellement lui faire plaisir alors assise sur le siège passager elle se contenta de converser gaiement tandis qu’il démarrait. Salués par les branches fantomatiques des pins dans l’obscurité secouées par un léger mistral, ils étaient arrivés tard dans la soirée. Perdu au milieu de nulle part, entre garrigue et forêt, M’Lys avait sous les yeux un magnifique petit abri construit en rondins massifs. Sur le côté du chalet, un bassin tout en pierres de taille servait de piscine naturelle. Au dessus de l’eau régénérée en circuit fermé flottait un léger brouillard produit par la combinaison de l’eau fraiche et de la température ambiante.
    – « C’est ici que je viens me ressourcer ! » Lui dit Volodhia en la faisant pénétrer dans un petit cocon confortable. Seulement deux petites ouvertures en guise de fenêtres donnaient sur l’arrière de la cabane rustique. Lorsqu’il tira le panneau de toile épaisse, apparut une immense baie vitrée qu’il ouvrit en grand. Malgré l’heure tardive, M’Lys put se rendre compte du panorama qui s’offrirait à elle le lendemain matin. Un grand lit occupait presque un quart de la pièce principale. Elle alla s’y assoir pour ôter ses chaussures tandis que sous son regard ébahi Volodhia se déshabilla entièrement avant d’aller se jeter dans le réservoir d’eau glacée. Elle frissonna malgré la chaleur qui régnait en le voyant plonger ainsi. Elle frappa sa tempe de son index plusieurs fois en le regardant.
    – « Tu verras demain en pleine chaleur si tu ne vas pas apprécier aussi ! » Assura-t-il avant de replonger sous l’eau. Le laissant à ses ablutions, elle entreprit de se déshabiller à son tour. Elle ne garda que sa petite culotte avant de s’allonger sur la couche plus que confortable en attendant Volodhia. Celui-ci la trouva profondément endormie lorsqu’il la rejoignit mais il ne la réveilla pas. Il se contenta de se pelotonner contre elle et s’assoupit à son tour. M’Lys bailla avec volupté, les cigales stridulaient leur chant et le soleil chauffait la baie vitrée qui renvoyait la clarté lumineuse sur ses paupières, ce qui l‘avait réveillé. Elle perçut la douce chaleur du corps de Volodhia contre le sien et pendant un court instant elle se demanda comment elle avait atterri ici. Puis la mémoire lui revint. Elle se tourna lentement et avec ravissement elle contempla la perfection masculine qui se trouvait à ses côtés. Grand, viril, un torse musclé et des hanches étroites, elle le trouvait parfait. Volodhia ouvrit soudain les yeux. Il s’accouda sur le matelas et lui donna un long baiser sensuel. Alors M’Lys se serra contre son corps ferme et chaud, elle savait que ce qui allait suivre était inévitable. Elle sentit une main glisser sur ses seins, errer sur son ventre puis se faire un passage sous le fin tissu couleur pêche qu’elle portait. Elle tressaillit, perdue entre fantasme et réalité, tandis que sa langue entrainait la sienne dans un tourbillon vertigineux de désir. Enfin elle se risqua à explorer le corps de Volodhia d’une main timide, caressant son torse, ses hanches et remontant sur ses épaules. Puis du bout des doigts elle attrapa le sexe de Volodhia qu‘elle cajola de sa paume. D’un pouce elle en frôla l’extrémité douce comme la soie. Elle le sentit frémir et vibrer mais brusquement il se dégagea et se mit à genoux, la faisant rouler sur le dos.
    – « Attention tu joues avec le feu ! » Prononça-t-il à voix basse. Immobile il laissa son regard courir sur le corps de la jeune femme, s’attardant sur ses seins parfaits aux pointes dressées, sur ses cuisses fuselées et ses longues jambes fines. Ses yeux se posèrent quelques minutes sur le haut des cuisses de la jeune femme qui loin d’être gênée les écarta légèrement. Prenant l’invitation au geste il s’autorisa à la délester de son minuscule sous vêtement et suivit lentement du bout d’un doigt le petit canyon qui l’attirait irrésistiblement. La fixant intensément il plongea ses doigts entre les plis chauds et humides de son intimité qu’il visita par petites touches. M’Lys gémissait sourdement et souhaitait plus que tout qu’il la prenne à l’instant. Lorsqu’il commença à bouger en elle en de longues poussées M’Lys s’abandonna à la vague qui l’emportait. Ses coups de reins se firent plus intenses et plus profonds comme s’il voulait effacer la trace de tous les autres. Ils firent l’amour ainsi lovés l’un dans l’autre une bonne partie de la matinée se laissant guider par leurs plaintes et leur désir qui semblait ne jamais vouloir s’assouvir. La chaleur étouffante poussa Volodhia à se lever afin de tirer l’épais panneau de toile et brancher l’air conditionné. Ils déjeunèrent nus, cloitrés dans la pénombre bienfaisante où seul le concert des cigales, la cascade du bassin et le mistral dans les pins vinrent troubler leur quiétude. Profitant de ce que le sentier qui longeait la pinède était encore ombragé, Volodhia emmena M’Lys profiter du panorama. En contrebas de leur chalet elle aperçut une dizaine de bungalows comme le leur, tous très éloignés les uns des autres. La plupart semblaient inoccupés alors son compagnon lui expliqua que rares étaient ceux qui venaient se perdre en ces lieux en dehors des vacances. Lui-même avait du avertir le gérant afin qu’il mette en route le circuit électrique, qu’il aère l’ermitage et emplisse le réfrigérateur pour deux jours. M’Lys profita de la balade car elle savait que dès le lendemain il leur faudrait penser au retour. Du haut d’un à pic Volodhia lui fit découvrir la vallée qui s’étendait sur des kilomètres. Le petit village de vacances était niché à flanc de montagne et ainsi les estivants pouvaient bénéficier d’une vue hors pair.
    Au retour ils ôtèrent bien vite leurs vêtements et se rafraichirent dans l’eau claire du bassin puis Volodhia s’installa sur la grosse pierre centrale, s’abandonnant au farniente. M’Lys l’observa un temps puis les yeux brillants de convoitise elle escalada le rocher à son tour. Caressante et provocante elle se pressa contre lui, corps contre corps, effleurant ses lèvres des siennes. En sentant son membre déjà dur contre son ventre, elle se trémoussa légèrement sur lui puis amusée elle agrémenta ces préliminaires en le laissant explorer sa fontaine prête à l’accueillir, mais il se contenta d’en dessiner négligemment les contours. Il lui arracha un cri de plaisir doux comme un miaulement en frôlant le petit bouton rond rose framboise qui roula sous ses doigts puis soudain il cessa tous mouvements. Assoiffée de jouissance elle l’embrassa fougueusement mais il resta de marbre. Alors s’agenouillant, elle emprisonna les cuisses de Volodhia entre ses jambes repliées, posant ses mains en arrière sur son torse. Elle massa lentement son bas ventre de ses fesses fermes et abandonnant un instant son torse elle s’empara du sexe de son amant pour le placer entre les berges humides de sa féminité. Reprenant sa pose, la masse soyeuse de ses cheveux effleurant les pectoraux de Volodhia, elle se frictionna avec ardeur sur le palis de chair dur comme l’ébène. Il jouait avec ses seins qu’il caressait avec force, titillant les pointes de ses pouces. N’y tenant plus elle s’empala enfin s’imposant un rythme plus violent en se servant de ses pieds comme appui. Elle se déhanchait, son sexe enserrant et étreignant en de fortes pressions celui de son amant. Percevant le souffle rauque de Volodhia à son oreille, signe que la jouissance était proche, elle étouffait ses plaintes et ses cris entre ses lèvres pour se concentrer sur ceux de son amant. Orgasmique et puissant un plaisir intense monta au creux de son ventre, elle sentit Volodhia emporté à son tour, s’enfonçant encore plus en elle comme s’il voulait y entrer tout entier. Hagards, étourdis ils s’immobilisèrent étonnés de l’intensité de cet instant. M’Lys se laissa choir sur le côté puis paresseusement ils se rassirent côte à côte, reprenant leur souffle et calmant les battements de leur cœur. Volodhia la vit exécuter alors cette chose incroyable qu’il n’avait jamais vu faire par aucune de ses maitresses. M’Lys récupéra un peu de la laitance qui marbrait encore ses cuisses sur son majeur et son index pour les porter ensuite à ses lèvres. Simulant une voluptueuse fellation, le regard rivé à celui de son amant, elle lécha ses doigts avec gourmandise. Joueuse, délurée, impudique, sensuelle, polissonne ou coquine, Volodhia était à cet instant bien incapable de dire lequel de ces qualificatifs irait le mieux à M’Lys. Cependant il était certain d’une chose, la richesse de ses sentiments pour la jeune femme était en constante progression…Mylhenn…


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  • DeSTiNéeS

    …Pratiquement scellée au flanc de Volodhia, elle avait posée sa tête au creux de l’épaule de son compagnon, un bras négligemment déposé en travers de sa poitrine. La pointe dressée de ses seins graffignait son torse au rythme de sa respiration lente. Elle avait relevé haut sa jambe droite sur les cuisses de l‘homme, l’autre collée au corps de celui-ci. Loin de se douter de l’effet qu’elle lui faisait, M’Lys dormait paisiblement, épuisée par le voyage du retour qui avait été fertile en émotion. La peau veloutée de celle-ci faisait un effet bœuf à Volodhia et s’il s’était écouté il l’aurait invité d’un coup de rein à le chevaucher. Raisonnable il se contenta de la dorloter en caressant du bout des doigts sa colonne vertébrale. M’Lys souriait dans son sommeil, sans doute en repensant à la surprise que lui avait réservé son amant. Quand à l’entrée de la ville il avait bifurqué sur le périphérique et qu’il s’était dirigé vers la colline aux pins, M’Lys avait été stupéfaite. Elle pensa que pour une fois celui-ci avait mal lu les panneaux indicateurs, mais le sourire malicieux qu’il lui renvoya lorsqu’elle l’en avertit la conforta dans le fait qu’il lui cachait quelque chose. Une dizaine de kilomètres plus tard, Volodhia s’engagea dans un chemin rocailleux bordé de pins parasols. Il longea une haie de cyprès parfaitement entretenue derrière laquelle la jeune femme pouvait apercevoir une enceinte en grillage blanc fixée sur une petite murette qui faisait le tour de la propriété. Volodhia ralentit et sortit du vide poche une télécommande qu’il actionna pour ouvrir un grand portail. Il avança lentement puis vérifia dans le rétroviseur que les lourds battants en bois se refermaient correctement.
    – « Voici mon cadeau ! » dit-il à M’Lys en lui indiquant du regard un pavement ombragé vers lequel il avança précautionneusement en suivant le dallage pour arriver devant une bâtisse qui ne se révéla à ses yeux que lorsqu’ils eurent franchi une forêt d’arbousiers. M’Lys découvrit alors, dissimulée au creux des arbres une magnifique maison de style provençale au crépis byzantin décoloré. Il stoppa son véhicule devant le garage accolé à la maison et invita M’Lys à le suivre. Abasourdie par la vue de l’ensemble, elle resta immobile, doutant encore que ce ne soit pas un rêve. Volodhia vint lui prendre la main, la forçant ainsi à avancer vers la grande porte cochère protégée par un avant toit. Dès que l’huis se referma derrière eux, la fraicheur des lieux se fit immédiatement sentir. Emerveillée M’Lys découvrit un intérieur simple et bien conçu. Devant elle un grand couloir séparait les pièces du bas, il conduisait à une fantastique verrière aux vitres teintées qui recouvrait une piscine à l’eau bleue océan. Sur sa gauche un escalier en bois vernis conduisait à l’étage. Sur sa droite le salon ouvert accueillerait leurs invités confortablement. En avançant elle repéra la cuisine attenante au salon et un grand bureau pour Volodhia en face. Entre les escaliers et le bureau il y avait une porte et en l’ouvrant elle pénétra dans les toilettes du bas. Elle referma le battant et poursuivit la visite jusqu‘à la piscine recouverte. Des plantes grimpantes envahissaient les treilles prévues à cet effet et confectionnaient ainsi un écran végétal qui protégeait le bassin du soleil tout en conservant la luminosité. Extasiée elle allait de découverte en découverte et Volodhia muet la suivait sans mot dire se contentant de l’accompagner. Des bains de soleil en osier recouverts d’épais coussins bicolores jaune et blanc étaient posés au bord de la piscine. Dans le fond de l’enceinte une lourde table en fonte agrémentée de deux chaises en fer forgé couvertes elles aussi de coussins bicolores attendait d’éventuels occupants pour un dîner en amoureux. Elle bifurqua vers la cuisine qu’elle gratifia d’un coup d’œil juste le temps de se rendre compte que tout l’électro ménager était neuf. M’Lys entraîna Volodhia à l’étage, volant plus qu’elle ne marchait en gravissant les larges marches. Tout comme au rez-de-chaussée il y avait un grand couloir lumineux, éclairé par deux grandes fenêtres munies de bow-window et le sol recouvert de tomettes à l’identique. Les pièces étaient de bonnes proportions, il y avait celle qui serait leur chambre puis la salle de bain muni d’un jacuzzi et d’une douche pouvant facilement accueillir une équipe de foot entière. La chambre d’ami, aussi confortable que la leur, quoi qu’un peu plus petite donnait au dessus de la verrière. Finalement la jeune femme se jeta au cou de son compagnon et lui murmura un merci à l’oreille comme si elle craignait qu’en élevant la voix tout cela disparaisse. Volodhia la serra contre lui et l’embrassa avec tendresse sur le front.
    – « Viens il y a encore quelque chose dehors que tu vas aimer ! » Affirma-t-il en l’entraînant à sa suite.
    Incrédule M’Lys hésita, elle était déjà tellement gâtée. Il lui dévoila alors dans le fond du jardin bien à l’abri d’une gloriette végétale un petit boudoir de plein air. Une table ronde en marbre scellée à même le sol, étoffée de deux bancs disposés en demi cercle était masquée par la verdure comme abritée dans un nid arborescent. S’en était trop pour elle, la gorge nouée, les larmes qui coulaient en silence malgré elle sur ses joues la jeune femme tremblait d’émotion.
    – « Voila pourquoi j’étais aussi souvent absent ces derniers temps ! » Commença-t-il en s’approchant d’elle. Volodhia l’entoura de ses bras et déposa un tendre baiser sur sa nuque.
    – « Je voulais que tout soit parfait ma chérie ! » Poursuivit-il en l’embrassant de nouveau.
    – « Crois-tu que nous pourrions rester ici ce soir ? » demanda-t-elle presque timidement.
    – « Mais tu es ici chez toi, tu restes si tu le désires, tout est prêt pour s’installer alors … ? » celui-ci laissa sa phrase en suspend espérant qu’elle ferait le bon choix. Non seulement M’Lys accepta de rester à la villa pour la nuit mais pour le reste de leur vie.
    Les jours suivants furent éprouvants avec un rapide déménagement, la mise en location de leur appartement respectif, les changements d’adresse et tout ce dont ils durent s’occuper avant d’être définitivement installés mais malgré cela la jeune femme vivait sur un petit nuage. Il ne manquait plus que l’officialisation et son bel amant voulait faire les choses bien. Volodhia avait convié quelques-uns de ses amis à l’UPSIDE pour leur présenter M‘lys. La discothèque des samedis branchés était bondée lorsqu‘ils y entrèrent. Une foule compacte s’agitait déjà sur le dance floor au rythme de la musique tonitruante du DJ. Les sphères kaléidoscopiques faisaient miroiter leurs rayons bleutés sur les danseurs quasi en transes. À cause de cette véritable marée humaine Volodhia était incapable de voir si ses invités étaient la où non. Il agrippa M’lys par le bras et adroitement la dirigea vers l’un des escaliers qui conduisaient aux mezzanines. Ils y seraient plus au calme et finiraient bien par apercevoir les autres. Assis sur une confortable banquette, protégés par une barrière transparente ils pouvaient tout à loisir observer les fêtards qui s’en donnaient à cœur joie en contrebas. Malgré les accords débridés du dernier mix en vogue, la mezzanine était plongée dans une semi obscurité quasi reposante. Encore très peu fréquentée à cette heure ci l’allée qui longeait les banquettes était déserte. Seuls quelques couples qui tout comme M’lys et Volodhia désiraient commencer leur soirée en douceur se tenaient éparpillés au gré des nombreuses places. M’lys et Volodhia goûtaient ainsi au calme tout relatif d’un début de soirée prometteur. La jeune femme scrutait la foule sans trop savoir qui chercher puisqu’elle ne connaissait pas encore l’entourage de Volodhia. Celui-ci avait passé un bras possessif mais délicieusement tendre autour de sa taille et s’appliquait à distiller de merveilleux petits baisers dans son cou, juste sous le lobe de son oreille. Détendue M’lys commença à se trémousser, les sens en éveil, son corps répondant à l’appel des accords de la musique qui se faisait langoureuse à présent. Après un énième baiser Volodhia se proposa d’aller chercher une boisson fraiche. Après son départ M’lys se leva à son tour pour se rapprocher de la balustrade, elle remuait son bassin langoureusement en mesure et dansait sur place. La fourmilière en bas lui donnait le tournis. Lorsque Volodhia revint elle se saisit du verre qu’il lui tendait et but une gorgée de jus d’orange, puis deux. Elle grimaça légèrement au gout amer de la vodka mais rapidement échauffée par l’alcool elle se détendit, moins inquiète de faire connaissance avec celles et ceux qui côtoyaient Volodhia régulièrement. Posant son verre sur la plus proche des tables basses elle recommença à se trémousser les yeux mi clos, les mains posées sur la rambarde. Ses cheveux brillaient aux flashes intermittents des lasers, sa robe la moulait comme une seconde peau, ni trop courte ni trop longue celle-ci laissait apercevoir et deviner juste ce qu’il fallait. La silhouette de la jeune femme remua Volodhia plus qu’il ne l’aurait désiré à cet instant. Il savait que ses invités risquaient de débarquer à tout instant mais il ne put résister à l’envie qui l‘obsédait depuis un moment. Celui-ci s’approcha de sa jeune compagne et plaqua son corps contre le sien. Appliquant son bas-ventre contre ses fesses, il accompagna l’ondoiement de ses hanches et posa sa main libre sur son abdomen, ressentant la chaleur de son corps à travers le tissu léger de la robe de soirée. Elle tourna légèrement son visage vers celui de son compagnon et lui indiqua du menton un endroit plus discret. Il posa son verre à son tour et suivi M’lys. Après tout ils étaient la pour faire la fête non ? Dissimulés par les plis du paravent de la mezzanine ils étaient hors de vue des occupants des banquettes. Volodhia se tenait de nouveau derrière elle mais installée cette fois ci les pieds sur le premier barreau de la rambarde, M’lys caressait de ses fesses la bosse impressionnante qu’elle sentait dans le pantalon de celui-ci. Une main sur sa taille, il remonta le bas de sa robe de l’autre. Indifférente au grouillement des danseurs en contrebas elle le laissa insinuer sa main sur ses fesses qu’il caressa lentement puis contournant les dentelles fines de son string il plaça son membre encore emprisonné entre ses fesses. M’lys eut soudain très chaud et seuls dans une chambre elle lui aurait volontiers arraché son pantalon. Il glissa ses bras autour de ses hanches puis en remontant il effleura ses seins par-dessus sa robe. Elle sentait son désir monter et lorsqu’il glissa ses doigts entre ses cuisses elle frissonna de plaisir. Soudain dans un sursaut de raison elle eut l’impression que tout le monde pouvait voir sous sa robe. Elle fut vite rassurée, elle ne sentit aucun regard se lever vers eux et ils devaient à peine se deviner dans les spots lights. Côté mezzanine ils étaient trop en retrait pour que l’on puisse les surprendre. Elle se retourna un instant, juste le temps de passer ses bras autour du cou de Volodhia et de l’embrasser tendrement en caressant son ventre contre son érection assez conséquente maintenant. Invisibles pour la foule, elle s’enhardit et détacha sa ceinture et fit descendre le zip de sa fermeture. Collée-serrée elle se remit à danser les bras autour de son cou et ses lèvres soudées aux siennes. Oubliés les invités et tant pis s’ils rataient le rendez-vous.
    – « Tu es sur ? Maintenant ? » Demanda-t-elle dans un souffle.
    Volodhia ignora ses questions et replaça M’lys face à la barrière transparente puis il passa une main entre ses jambes, la forçant à les desserrer un peu plus, écartant son string avec adresse. Limant tendrement sa fente trempée il massa ensuite sa petite fleur du bout des doigts, faisant haleter la jeune femme qui se cambra en arrière. À la limite de la jouissance elle fit passer l’une de ses mains derrière elle et par l’échancrure de son pantalon ouvert elle l’insinua dans le caleçon de Volodhia pour se saisir de son sexe chaud et humide. Au contact de cette barre de chair qu’elle souhaitait en elle, M’lys jouit d’un seul coup, rejetant sa tête en arrière contre l’épaule de Volodhia. Il la laissa reprendre son souffle puis libérant de son caleçon son membre dur comme la pierre il s’enfonça en elle d’un puissant coup de bassin. Alors elle oublia les amis qui pouvaient arriver à tout instant, elle ignora qu’ils pouvaient être surpris et surtout elle se ficha complètement que l’on pouvait les apercevoir d’en bas. Pénétrée jusqu’à la garde elle vibra aux mouvements lents et puissants de son amant. Presque immobile, traversée par des sensations intenses de plaisir à chacun de ses coups de reins elle enserrait étroitement le sexe de son compagnon à chaque spasme de jouissance. Elle se cambrait de plus en plus, le ressentant au fond de son ventre, laissant son corps se reposer sur le sien. Malgré la musique elle discernait à son oreille les halètements et les gémissements incontrôlés de Volodhia. Elle sentait qu’il allait jouir, elle le désirait intensément. Les râles discontinus de Volodhia et le frottement de son sexe sur le sien alors qu’il la limait avec application la fit gémir à son tour. Lorsque dans de longs spasmes il se mit à jouir en elle, M’lys se retint de crier sous l’assaut dévastateur de l’orgasme puissant qu’il lui provoqua. Chancelants ils se rajustèrent en vitesse car les banquettes se remplissaient rapidement autour d’eux. Avant de la laisser aller faire un brin de toilette Volodhia embrassa M’lys avec tendresse et la remercia. Elle ne comprit pas ce qu’il voulait dire mais elle savait que s’il ressentait la même chose qu’elle, cette nouvelle expérience avait du être fabuleuse. Son ventre la brûlait encore et elle souhaita que la soirée se finisse très vite, elle avait envie de jouer les prolongations. Ils firent la fête une partie de la nuit et M’Lys apprécia la plupart des amis, collègues et familières de son compagnon. Elle fit l’unanimité parmi le groupe. Elle avait essayé d’avoir un petit mot gentil pour tout le monde et fut étonnée lorsqu’Elsa une magnifique brune qui s’avéra être l’ex compagne de Volodhia lui demanda si elle connaissait vraiment celui-ci. Le regard de la jeune femme semblait emprunt d’inquiétude et s’attarda longuement sur elle. Mal à l'aise, M'Lys s'empressa de rejoindre son compagnon. Lorsque son amant les avait aperçu ensemble, elle lut une extrême contrariété dans ses yeux et il détourna la tête pour se soustraire à son regard  interrogatif. Comme mordue par un serpent à sa vue, Elsa quitta M’Lys rapidement non sans lui avoir jeté un regard plus qu’étrange. Elle rejoignit l’un des confrères de Volodhia qui lui avait demandé de l’accompagner.
    M’Lys sursauta lorsque son compagnon qu’elle n’avait pas vu approcher lui demanda abruptement ce que voulait cette gourde. Celle-ci préféra lui mentir car elle ne voulut pas entrer dans leur histoire. Cependant le regard qu’Elsa avait porté sur sa personne l’indisposait encore et elle le versa au compte de la jalousie. Ils rentrèrent au petit matin, M’Lys était charmée et ravie de la fête. À peine eut-il claqué la porte derrière eux qu’il la pressa contre le mur en crépis du couloir. Il dégrafa prestement sa robe, la lui arrachant presque. M’Lys s’employait comme elle le pouvait à défaire les boutons du pantalon de Volodhia qui finirent par céder tant l’ardeur qu’elle y mettait était puissante. Leurs baisers étaient intenses, envahissant la douce intimité de leur bouche, leurs langues se cherchaient et se nouaient avec passion. Ils gémissaient d’aise et de plaisir. Dans sa fougue elle ignorait les griffures des crêtes du revêtement qui striaient la peau de ses omoplates et de ses fesses. Impatiente de sentir en elle le membre viril de Volodhia qu’elle avait libéré de son carcan de tissu elle faisait rouler son bassin contre celui de son amant. Par ce petit jeu elle éprouvait ses sens par le mélange d’un brin de sensualité, d’un rien de volupté et de beaucoup de concupiscence. Sur son ventre elle appréciait la caresse du fabuleux bâton de chair luisant et moite qui était destiné à ses nymphes gonflées de désir. Impatiente et frissonnante sous les caresses elle releva l’un de ses membres inférieur sur le bassin de Volodhia, elle écarta largement ses jambes pour qu’il s’enlise enfin dans la liqueur qui inondait son entrecuisse. Il émit un gémissement lorsqu’elle se saisit de son membre qui s’égarait trop haut. Elle le fit glisser entre ses doigts, tout palpitant dans sa paume, irradiant sa chaleur au creux de sa main. D’une forte poussée il s’enfonça en elle, un spasme traversa son ventre lorsqu’il commença à se mouvoir, glissant à chaque passage sur son petit bouton exacerbé par le frottement de plus en plus intense. Volodhia ne retenait plus ses halètements et ses coups de reins la transperçait jusqu’au fond de son intimité. Bien ancré en elle il sentait les replis de sa chair intime recouvrir totalement son membre énorme. Sa gaine le serrait avec force et rien que pour cette sensation il aurait hurlé comme un loup et c’est-ce qu’il fit quand la vague les emporta tout deux...Mylhenn.


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  • La FiN D'uNe RoMaNCe 

     

       ...L’ambulance roulait à vive allure, toutes sirènes hurlantes, se frayant un passage hasardeux entre les véhicules qui encombraient le périphérique à l'heure de pointe. Le corps parsemé de contusions violacées, M’Lys donnait du fil à retordre aux membres du SAMU qui essayaient vainement d'endiguer l’hémorragie interne qu'ils avaient diagnostiquée. Le respirateur la maintenait en vie, mais il avait bien du mal à faire entrer suffisamment d'oxygène dans ses poumons. De larges entailles se superposaient à des ecchymoses anciennes sur son ventre et ses cuisses. L'urgentiste avait constaté une fracture du crâne et plusieurs côtes cassées. Le fou qui avait fait cela s'était acharné sur sa patiente. Le pire se révéla au bloc. Sous leurs yeux effarés, apparut clairement l'empreinte et la griffe d'une chaussure de luxe sur les reins de la jeune femme. Un filet de sang s'écoulait d'entre ses jambes. Ils comprirent qu’ils n’étaient pas loin de la perdre lorsque le bip du moniteur cardiaque se mit en mode alerte. Heureusement, ils avaient eu le temps de repérer d'où provenait l'hémorragie. M'Lys sortit de l'hôpital deux mois plus tard. Les séquelles étaient nombreuses et une partie d'elle était morte. Cependant, elle désirait se débarrasser le plus vite possible de la corvée qui l'attendait. 

       ...Avec beaucoup de courage, elle était retournée à la villa afin de récupérer quelques objets. Elle empaquetait les bibelots qui lui tombaient sous la main sans grande conviction tout en essayant de s'expliquer pourquoi elle en était arrivé là. Comment un homme aussi tendre que Volodhia avait-il pu se transformer à ce point en bête sauvage? Progressivement sans doute, car elle avait accepté les bourrades, les taloches et les mornifles sans piper mots, mettant cela sur le compte de l'énervement. Ce n'était pas de la violence, juste un geste impossible à retenir. Et parfois, elle était si benête qu'il avait raison de la remettre à sa place. D'ailleurs, il en était tellement désolé après et il savait si bien se faire pardonner en lui offrant un bouquet, un bijou ou un voyage idyllique... L'ex-épouse de son compagnon avait pourtant essayé de lui faire comprendre à maintes reprises que Volodhia était malade. La première fois qu'elle la mit en garde, M'Lys répéta à celui-ci à mots couverts les propos d'Elsa, son regard s'était assombri, et sa mâchoire crispée. Son poing avait raté de peu les phalanges de la jeune femme.

    - Qu'est-ce que cette conne t'a encore raconté? Tu ne comprends pas que c'est une crétine, elle est jalouse de toi ma belle chérie!

    Plus tard, alors qu'elle essayait une nuisette dans la boutique de lingerie d'Elsa , celle-ci lui avait "conseillé" de faire ses bagages rapidement en voyant l'ecchymose qui recouvrait sa hanche. Il lui avait promis d'aller consulter, alors elle lui faisait confiance. Elsa ne devait pas s'inquiéter. Le soir même, lorsque ses chevilles rencontrèrent malencontreusement les chaussures de ville de Volodhia, M'Lys ne réagit toujours pas. Leur nuit fut torride. Ensuite... Volodhia s'était disputé avec son interne, Volodhia n'avait que des incompétents pour le seconder, Volodhia avait été obligé d'annuler un rendez-vous important à cause d'une opération qui n'en finissait pas, Volodhia était contrarié, il n'avait pas obtenu le poste qu'il convoitait. Tout lui était prétexte à se défouler sur elle et chaque fois, il promettait de ne plus recommencer. L'enfer se prolongea jusqu'à ce jour où il perdit tout contrôle. L'un de ses patients âgés s'était éteint sur la table d'opération et son esprit malade en avait rendu M'Lys responsable. 

       ...Machinalement, elle s'empara d'une feuille de journal avec laquelle elle s'apprêtait à envelopper un vase en porcelaine décoré d'angelots lorsque son regard fut attiré par les lettres rouges énormes d'un gros titre. 

    - Un chirurgien incarcéré pour coups et blessures - 

    "Nous apprenons avec stupéfaction l’arrestation du professeur Lourmarin, éminent chirurgien en rhumatologie. Si les faits étaient avérés, il risquerait jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. Volodhia Lourmarin est soupçonné d’avoir frappé sa compagne avec intention de lui donner la mort. Le criminel se serait volontairement acharné sur sa victime à la suite d'une dispute conjugale. Depuis la parution des faits, les langues se sont déliées et plusieurs témoins affirment avoir souvent aperçu la compagne du professeur Lourmarin couverte d' ecchymoses. L’ex épouse du spécialiste avait déjà porté plainte contre lui plusieurs fois pour des faits similaires avant leur divorce prononcé il y a deux ans. La justice n’avait pas jugé utile d’entendre le rhumatologue à l'époque. Le pronostic vital de la victime reste à ce jour, très engagé. Incarcéré dans une maison d'arrêt du sud de la France, Volodhia Lourmarin fait savoir par l'intermédiaire de ses avocats qu'il..." 

    M’Lys lâcha le feuillet et lança un regard consterné sur les cartons déjà prêts à être enlevés. Avait-elle réellement besoin de tout cela? Pourquoi devrait-elle s'encombrer de ce qui lui rappellerait ses illusions brisées? Ses cicatrices seraient amplement suffisantes pour maintenir le souvenir de ce passé douloureux. 

    - Cette petite conne est énervante! Mes responsabilités sont lourdes alors je n'ai pas besoin d'une chialeuse dans mes jambes! Elle n'est pas morte, de quoi se plaint-elle? Je ne vais pas perdre quinze ans de ma vie pour si peu! C'est en ces termes que Volodhia Lourmarin essayera de convaincre le juge de sa bonne foi. 

    En rendant les clés à l'agence immobilière, M'Lys fut soulagée d'un grand poids. Dans quelques mois, il y aurait l'épreuve du tribunal, mais elle avait confiance.  


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