• My BaD Boy...


    Depuis vendredi après-midi, je suis en mode sérénité. Mon grand méchant loup nous a paraît-il concocté un agréable week-end à deux. Bébé et moi c’est avant tout une rencontre, une très belle rencontre. Je le crois réellement amoureux de moi car pour me supporter il faut posséder une sacrée dose d’énergie. Nous avons cohabité pendant plus d’un an et croyant avoir découvert mieux ailleurs je me suis enfuie lâchement pour une chimère qui ne m’a procurée que désillusions. J’aimais être auprès de lui, mais je ne crois pas que je l’aimais suffisamment pour envisager autre chose que me laisser porter par sa générosité et sa bienveillance. Il ne m’en a jamais fait grief, et malgré quelques petites aventures, -elles n’étaient pas moi- il a attendu patiemment le bon moment pour me faire entrer à nouveau dans sa vie. En début de ce nouveau parcours nous étions comme deux inconnus qui venaient de se rencontrer. Je me sentais honteuse de mes agissements. Ash est impétueux et passionné, pourtant par correction, il n’a jamais essayé de briser le rempart que j’avais érigé autour de moi depuis ma déception amoureuse. Sa constance lui a donné la patience d’attendre que je sois prête pour les galipettes. Depuis nous nous sommes bien rattrapés.
    Observant jour après jour le désarroi permanent qui m’habitait depuis des mois, Ash a pris la meilleure des décisions. Me redonner un nouvel horizon afin d’oublier ma mésaventure. Moi j’appellerais ceci ma bêtise. J’ai certes ma part de responsabilité dans ce dénouement, mais je ne parviens pas à assumer mon choix. Parce qu’en définitif c’est de cela qu’il s’agit. Mon choix de couper court en répondant sans avoir pris le temps de réfléchir à une seule question. Ceci après une relation virtuelle de presque trois ans. Et je crois que c’est mon instinct qui a répliqué à ma place. En définitive je sens que j’ai choisi, que nous avons choisi la bonne option. Jamais je n’aurais été en capacité d’approcher cet homme et je lui en veux d’avoir compris ceci bien avant moi. J’ai toujours été sincère avec lui, mais je sentais les doutes qui l’assaillaient. Pourtant, il n’y avait que des non-dits de ma part. J’avais honte de ce que j’étais. Un thérapeute m’a dit un jour que pendant un temps j’ai dû probablement souffrir d’un dédoublement de personnalité. J’en ai bien vite été convaincue en relisant les premiers chapitres que j’ai écrits. Il m’était impossible d’employer le ‘‘je’’. Le ‘‘elle’’ que j’utilisais pour décrire les atrocités dont j’avais été victime, me protégeaient de la violence de mes souvenirs. Ce n’est que lorsque Bébé s’est dévoué à ma cause pour la seconde fois que j’ai cessée mes tergiversations en narrant mon quotidien à reconstruire.
    Pour me soustraire aux rappels incessants de mon lointain et récent passé catastrophique, Mon fripon m'a donc enlevé et installé en famille. Sa famille.
    Passé le choc des retrouvailles avec Madam’, je vis assez bien mon installation dans le pays des Aspidies. Je n’ai qu’à me laisser porter par leur mode de vie et cela me convient la plupart du temps. Je suis gâtée par le personnel, le père de bébé apprécie ma compagnie à tel point qu’il me propose souvent de jouer aux dames avec lui. Je suis vexée de ne pas savoir jouer aux échecs, il adore cela aussi. J’ai l’immense privilège de m’installer dans son imposante bibliothèque. Le hic, c’est que je ne maîtrise pas assez l’anglais pour me risquer à parcourir de très bons auteurs. Dorothy n’est pas une mauvaise personne, mais le passé professionnel de Philipp l’a formaté au parfait paraître et elle s’en tient à présent à ce que la bonne société lui a enseigné toutes ces années. Mum’ a bon fond mais elle est cassante de politesses, rigoureuse et intransigeante. Pourtant sous son aspect manche à balai dans le fondement, la mère de Bébé est une personne sensible et généreuse. Seulement, elle passe énormément de temps à s’en cacher.
    Sa famille est son univers et elle le protège bec et ongles. Je suis la peste qui a mis le grappin sur son fils et elle veille à ce que je ne le fasse pas souffrir et surtout elle fait attention à ce que je ne lui fasse pas honte. Elle est dure avec moi car elle sait que pour son fiston je suis celle avec qui il veut s’engager sérieusement. Je sais qu’elle a compris que pour moi ce n’était encore que je ne ressentais encore qu’une profonde affection faite d’incertitude pour Ash. Alors, comme cela a été fait pour elle, Madam’ a pris mon éducation en mains et à ce niveau les sentiments n’entrent pas en compte.
    Ce confort protecteur me convient la plupart du temps dirais-je. Parfois j’aimerais me promener en chaussettes dans les couloirs, déguster mes scones sur le canapé, boire un thé en cuisine ou sauter à pieds joints dans les flaques les jours de pluie. Je dois m'imposer sans la heurter et ce n’est pas en salissant ses tapis avec mes bottes que je pourrais parvenir à me faire accepte telle que je suis. Lorsque ces envies me deviennent primordiales, Bébé nous éloigne du cocon étouffant du foyer de la reine-mère.
    J’ai aussi des rapports très conflictuels avec le petit dernier de la fratrie: Sodishan. Il n’a qu’une année de différence avec Bébé, mais on l’a toujours considéré comme le petit. Il passe son temps à prouver qu’il existe, je pense même qu’il a un QI largement au-dessus de la moyenne. Il m’en veut parce que grâce à moi ou à cause de moi, Bébé a eu l'immense privilège de choisir sa petite amie. On a choisi pour lui l’épouse d’Hylam et Sodishan est dans l’obligation de fréquenter une certaine Janet avec laquelle il n’a pas d’affinités. Donc, pour faire court, tout ce beau monde sera présent ce week-end et j’éprouve trop le besoin d’étaler mon beurre sur les deux côtés de la tartine comme aurait Maë Lynette, pour rester zen en leur compagnie.
    Un isolement thérapeutique m’est nécessaire si je ne veux pas péter un câble et c’est pour cela que Bébé a prévu de me conduire dans la cambrousse profonde et verdoyante de l’Hertfordshire. Je m’attendais à un hôtel genre petite maison dans la prairie nichée entre champs aux herbes sèches, bosquets rabougris et forêt épilée à la tronçonneuse. ‘Pas de luxe, juste un joli dépaysement’’ avait dit Bébé. L’endroit est fabuleux… Il y a effectivement une superbe chaumière en rondins à côté de laquelle nous attend le propriétaire des lieux. Une fois la clé reçue et le bâtiment contourné, nous apercevons une quinzaine de bungalows disposés ça et là autour du lac artificiel. Comme dans un cocon, les abris sont retranchés les uns des autres par de hautes haies. La météo n’est pas des plus clémentes, mais la perspective de deux jours de farniente au coin du feu nous réjouis. Dès que Bébé est en mode congé, ce n’est plus le même homme, il redevient humain. Fini l’uniforme costard cravate, oublié le rasage impeccable, laissé au vestiaire le langage châtié d’homme de loi et envolé les dossiers dans lesquels il est toujours vissé.
    L'endroit est charmant et propre, aménagé de façon à ce que les hôtes y soient totalement autonomes. Le réfrigérateur armoire est plein à ras bord de laitages, de fruits, de légumes, de surgelés et de produits sous vide. Presque de quoi soutenir un siège. Bébé est enchanté à l'idée de faire popote avec sa petite femme. Une fois notre bagage ouvert et la cheminée allumée nous allons faire quelques pas à l’extérieur. Plusieurs sentiers conduisent au bord du lac, et aux pontons où sont amarrés des barques de loisirs. Je suis impatiente de goûter aux joies de la navigation. Ce sera pour demain car là il est tard.
    Il est de notoriété publique que les chats n'aiment pas l'eau, pourtant mon gros matou m’a rejoint dans la baignoire à remous sans appréhension. Il a même ronroner de plaisir. Allez savoir pourquoi l’eau était à peine tiède lorsque nous en sommes sortis. Bébé est espiègle et affectueux, moi je suis joueuse et débordante d’initiatives alors il se pourrait que la combinaison de nos deux tempéraments y soit pour quelque chose. Monsieur muscles m’a offert une belle promenade sur le lac, puis nous sommes allés prendre une boisson chaude à l’auberge du village avant de remonter dans notre cocon. Nous avons passé la soirée, lovés l’un contre l’autre près de la cheminée. Bébé est aussi doué que moi pour faire la vaisselle, et nous nous sommes acquittés de cette tâche ménagère avec force …fous rires.
    Après de tels bonheurs à deux, nous n’avions aucune envie de rentrer en ville…

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