• RéCePTioN...

       ...Assise sur l’un des vieux bancs du jardin public, Mildrid regardait sans réellement les voir les pigeons qui voletaient aux abords des bassins. Son esprit vagabondait ailleurs. Depuis un bon moment déjà, elle avait abandonné sa lecture et le livre qu’elle tenait entre ses mains ne lui servait plus qu’à se donner une contenance. Figée, un sourire aux lèvres, elle laissait vagabonder ses pensées entre sylphes et démons, entre tendresse et luxure, entre rêve et réalité. Elle songeait à leurs promenades dans le labyrinthe de pins nains, elle rêvassait aux nombreuses fois où Aurélien l’avait conduite à la petite cabane au plus profond du parc, mais surtout elle avait en tête leur instant relaxation du week-end dernier. Aurélien avait une définition bien particulière du mot relaxation. Il l’avait rejoint dans la salle de bains puis dans l’immense vasque qui leur servait de baignoire. Bien plus tard, le chauffe-eau ne distribuant plus que de l’eau froide, ils durent se résoudre à sortir du caldarium qu’était devenue la salle d’eaux. Mildrid n’était que passion pour son mari et il lui rendait cet attachement avec une quasi dévotion. Celui-ci débordait de fantaisie, et son imagination lui inspirait d’extravagants divertissements auxquels elle adhérait à chaque fois avec enthousiasme. Dernièrement, ils avaient parcouru les sentiers escarpés d’une cité médiévale et bien à l’abri dans ce qui avait été l’une des salles d’armes de la citadelle, Aurélien avait réinventé l’étreinte du lierre pour elle. Unis par cette connexion ardente, ils n’avaient fait plus qu’un. Elle aimait le sexe tendre et bouillonnant à la fois, il procurait un plaisir aux sensations violentes. Il arrivait aussi que, grâce à la complicité amusée de la dévouée associée de son mari, Mildrid entre à pas feutrés dans le spartiate bureau qu’occupait Aurélien à l’agence. Dès qu’il percevait sa présence, son travail était le dernier de ses soucis. Il n’avait d’yeux que pour sa visiteuse. S’ensuivait alors un jeu de séduction où tous les coups étaient permis. Elle le charmait en cambrant les reins, laissant tomber sa chevelure en cascade dans son dos. Bien vite elle se retrouvait allongée sur le tablier du meuble parmi les classeurs, dossiers et plans éparses qui encombraient la table de travail. La partie était perdue pour elle lorsqu’il soulevait sa robe pour mordiller et égratigner ses cuisses et son ventre. Dans ces moments-là, aucun des deux ne désirait jouer les prolongations. Ils visaient juste les vibrations d’harmonie qui les amèneraient aux secousses fulgurantes de la volupté. Elle repartait, un sourire lumineux aux lèvres, lui abandonnant les fragrances de son parfum en guise de récompense. 

    Ce soir ils allaient fêter la première année de ce bonheur tranquille en compagnie de leurs amis et clients proches. Elle sursauta lorsque la pensée de l’évènement se rappela à son esprit. Un coup d’œil à sa montre et elle se leva promptement. Il ne s’agissait pas d’être en retard car elle voulait se faire belle pour que son mari soit fier de la présenter à ceux de leurs hôtes qui ne la connaissaient pas encore.
    Elle se précipita vers sa voiture et démarra en trombe. Il était presque dix-sept heures trente et les premiers invités arriveraient à dix-neuf heures. Qu’est-ce qu’il lui avait pris de flâner aujourd’hui? Elle devait surveiller les employés du traiteur, superviser la mise en place de la table sur la terrasse et veiller à ce qu’Aurélien ne soit pas trop en retard. La jeune femme savait qu’il prendrait une douche et s’habillerait rapidement, mais que le temps qu’il mettrait pour décrocher de son univers serait beaucoup plus flottant.
    Il ramenait rarement du travail chez eux, mais parfois à l’heure du dîner, il était encore perdu dans ses calculs d’agencement. Mildrid s’apercevait vite qu’elle parlait dans le vide. Elle le rejoignait et se rappelait à lui d’un long baiser langoureux. Il oubliait instantanément ses massifs aux arabesques compliquées. Amusée, elle imagina un bref instant la tête de leurs hôtes si elle se livrait à ce genre de facétie devant eux. Elle savait que la plupart aurait les yeux braqués sur elle, la jeune femme qui avait détourné Aurélien de ses mauvais penchants. Elle méritait que l’on s’intéresse à elle. Ils avaient beau être leurs amis, un an en arrière, aucun d’eux n’aurait parié cher sur leur union. Aurélien de vingt ans l’aînée de Mildrid, avait un passé assez agité. Avant de rencontrer sa jeune épouse il avait multiplié les conquêtes et les comportements à risque. Comme certaines des épouses de ses clients semblaient plus apprécier l’homme que le paysagiste, il en avait profité plus que de raison. Il s’en était toujours tenu au rite de passage lorsque celles-ci se faisaient trop entreprenantes. Il cédait à leurs sollicitations, une seule fois et au revoir madame. Toutes sans exception avaient accepté d’être culbutées à l’arrière de son pick-up où, à même le gazon pour certaines. L’unique longue relation qu’il avait connue se mesurait en mois. Trois exactement. L’élue aurait bien réussie à s’accommoder des coups de canif au contrat, mais Aurélien s’était vite sentit piégé par le quotidien et il avait mis fin à la liaison. Il préférait papillonner de droite et de gauche. Puis du jour au lendemain il s’était assagit pour les beaux yeux de sa belle. Cette soirée serait la confirmation devant témoins des promesses qu’il lui avait faites. Outre le fantastique buffet, Mildrid avait trouvé la tenue parfaite pour impressionner leurs convives.
    Le petit éclair bleu se gara devant le portail du garage dans un nuage de graviers. Aurélien allait râler une fois de plus. Elle se propulsa hors du véhicule tel un boulet de canon, se précipita dans le hall d’entrée en faisant claquer la porte derrière elle. À cause de cette fichue circulation il ne lui restait plus beaucoup de temps pour se préparer mais elle fut soulagée en voyant que les tables avaient été superbement dressées selon ses ordres. Les senteurs parfumées des fleurs coupées embaumaient les lieux et le grand salon d’été était déjà prêt à recevoir confortablement les hôtes pour l’apéritif de bienvenue. Un dernier coup d’œil en cuisine pour vérifier que tout se passait bien, et elle gravit deux par deux les marches du grand escalier.
    Une fois dans la chambre, elle ôta rapidement ses vêtements et se précipita sous la douche, protégeant sa chevelure d’une charlotte ridicule, mais efficace. La puissance du jet à peine tiède ne parvint pas à la détendre totalement. Elle attrapa la première serviette qui lui tomba sous la main et s’essuya sommairement. Elle la reposa sur le porte-serviette et nue comme au jour de sa naissance elle entra dans le dressing. Elle ouvrit la penderie avec enjouement pour en sortir sa jolie robe. Soudain elle se sentit observée.
    Appuyé contre le chambranle de la porte, le regard intéressé, Aurélien la détaillait des pieds à la tête. Elle répondit à son sourire et frissonna de tout son être comme à chaque fois qu’il contemplait sa nudité. Il s’approcha lentement d’elle et l’embrassa tendrement. Légèrement excitée par son regard appuyé, Mildrid plaqua son corps contre celui de son mari et, les bras noués autour de son cou elle l’embrassa langoureusement, effleurant et mordillant agréablement sa langue. Hébété il fut incapable de répondre à ses avances tant son corps se gorgeait des émois qu’elle venait de lui transmettre. Elle haletait. Se souvenant in extrémis que leurs hôtes n’allaient pas tarder, ils se séparèrent à contre-cœur, mais l’excitation d’Aurélien était maintenant visible.
    - Une bonne douche froide et cela te soulagera mon chéri! Lui dit-elle en le poussant sans ménagement en direction de la salle de bains. Elle riait aux éclats. Aurélien lui tira plusieurs fois la langue avant de disparaître dans la cabine aux parois opaques.
    Elle avait passé une guêpière gris perle satinée dont la dentelle ajourée du soutien-gorge laissait apparaître la peau hâlée de ses seins. La culotte, délicieusement tendue par la rondeur de ses fesses était faite de la même dentelle fine. Des bas gris fumée complétaient la parure. Elle les avait fixés aux jarretelles de la guêpière en les tendant au maximum. Assise sur le lit, elle faisait glisser ses mains de ses cuisses à ses mollets en de voluptueuses caresses puis elle croisa et décroisa plusieurs fois les ses jambes, faisant crisser la soie de ses bas.
    Satisfaite de l’image que lui renvoya la psyché lorsqu’elle se mit debout, elle enfila ses escarpins à talons aiguille. Ils n’étaient pas vertigineux, mais ils mettaient joliment ses jambes en valeur. Une légère cambrure pliait ses reins ce qui la rendait plus désirable encore. Trop de prestance pour une pouliche sauvage dirait sa meilleure amie. Svelte et élancée, elle se trouvait pourtant de nombreuses imperfections, mais le regard admirateur que posait constamment son mari sur elle lui donnait peu à peu confiance en elle. Là, elle se trouvait magnifique. Mildrid allait attraper sa robe posée sur le lit lorsqu’elle entendit un sifflement admiratif. Elle se retourna et découvrit son compagnon entièrement nu qui l’observait d’un œil concupiscent.
    Malgré elle, ses yeux se portèrent sur son membre viril et elle constata que celui-ci donnait des signes évidents de satisfaction.
    - Non pas de ça mon chéri, nos invités seront là dans une demi-heure ! Dit-elle fermement. Ses yeux démentaient sa détermination.
    - Et alors? C’est nous qui invitons, ils attendront ! Répondit-il malicieusement.
    - Nous leur expliquerons que c’est la faute de cet affriolant ensemble si nous sommes en retard ! poursuivit-il en s’approchant d’elle les yeux brillant de convoitise. Elle tenta sans grande conviction de lui échapper, puis elle se laissa finalement enlacer. Les yeux emplis de feu et de passion, elle se sentait comme une jeune vierge que l’on offrait en sacrifice. Tremblante et prête à défaillir. Elle murmura un tendre je t’aime à son oreille et elle se serra plus fort contre lui. C’était cela son véritable cadeau d’anniversaire. Faire l’amour avec son mari alors qu’ils étaient attendus par une nombreuse assemblée. Il posa ses paumes sur les fesses de sa bien-aimée et se mit à l’embrasser d’un baiser intense. Leurs lèvres s’épousaient à la perfection et leurs langues s’unissaient intimement de toute la fougue de leur amour. Les sens exacerbés, ils désiraient tous deux en finir rapidement, mais la tentation de prolonger le contact ardent de leur corps fut la plus forte. Aurélien poussa doucement Mildrid contre le mur le plus proche et il s’enivra de son parfum fruité en la couvrant de caresses et de baisers. Il ne voulait pas ruiner la lingerie qu’elle s’était offerte, aussi d’un geste qui aurait pu paraître obscène voire grotesque, il écarta délicatement le tissu arachnéen de la petite culotte. Il la faisait vibrer de ses doigts agiles, prenant garde de ne pas la conduire trop tôt à la volupté. Elle le tourmentait plaisamment, ne lui offrant son intimité que pour de brèves caresses. Elle gémissait doucement en se cambrant dangereusement à cause de ses talons aiguille. Sa main s’était délicieusement emparée de son sexe et c’est lui qui râlait à présent. Leur union était l’incarnation même de l’expression plaisir des sens. Instinctivement, il fit osciller son bassin pour amplifier la caresse lente et apaisante qu’elle lui prodiguait. Elle s’agrippa à ses épaules, souleva une jambe et enroula son mollet autour de ses fesses. Souffle court et narines palpitantes elle s’abandonnait. Turgescent à son paroxysme, l’énorme bâton de chair la pénétra brutalement. Elle hoqueta le souffle coupé, s’agrippant plus étroitement à son mari. Elle ne ressentait aucune douleur, juste une puissante poussée qui la faisait se sentir entièrement possédée. Il joua un temps de la frustration du retrait puis de la jouissance de la pénétration en des mouvements tantôt amples, tantôt rudes car il désirait profiter encore un peu des exquis petits cris de plaisir de sa femme.
    Une bourrade plus brutale que les autres déclencha le premier orgasme. Tétanisée, Mildrid mordit l'épaule de son amant pour ne pas hurler. Aurélien se mit à la pilonner de toute la puissance de ses reins. Vigoureuse chevauchée au cours de laquelle elle se sentit d’avantage empalée. Alors elle hurla le nom de son homme, le supplia d’arrêter, le pria d’aller plus fort, geignant son plaisir, soupirant sa jouissance, râlant à chaque orgasme. C'était comme une vague impétueuse qui l'emportait toujours plus loin. Aurélien noya le feu de son ventre en explosant en elle. Il poussa un terrible grognement. Terrassés, à bout de souffle, les deux amants respiraient bruyamment. Elle aimait ces dernières cajoleries après l’orgasme lorsqu’encore enfoui en elle, il s’imprégnait de son ambroisie libérée. Point n’était besoin de mots dans ces moments-là. Ils ne revinrent à la réalité que lorsque le sexe d’Aurélien s’échappa de sa gaine soyeuse. Un dernier baiser et il se précipita dans la salle de bains. Rêveuse, Mildrid avait besoin de plus de temps pour passer à autre chose, elle ressentait encore en elle la vigueur de son mari. Elle ôta sa petite culotte car tout comme ses chairs intimes, les fragiles dentelles étaient trempées. Elle alla la déposer dans le panier à linge. Heureusement, ses bas eux, n’avaient pas souffert.
    - Je serais en retard mon cœur, mais il me faut moi aussi faire un brin de toilette ! Dit-elle à Aurélien. Celui-ci était déjà prêt à rejoindre leurs invités.
    - D’accord, mais presse-toi, ils doivent être pratiquement tous arrivés! Je descends! Répondit-il en lorgnant sur la semi nudité de sa femme. C’est alors qu’il remarqua ses légers tressaillements tandis que celle-ci faisait sa toilette intime.
    - Les délices de l’orgasme sont interminables ma chérie! Lança-t-il malicieusement avant de s’éclipser. Elle savait qu’il était inutile de lui répondre, car il avait raison. Il lui faudrait bien une petite heure encore avant que ne cessent les chatouillis qui échauffaient son bouton d’amour.
    Elle se maquilla légèrement avant de mettre ses boucles d’oreilles et la superbe manchette en or qu’il lui avait offert le matin même. Elle ajusta sa robe de soirée sur sa silhouette filiforme et pour une fois elle ne se trouva aucun défaut. Un sourire coquin illuminait ses lèvres tandis qu’elle finissait de se coiffer. Elle n’avait pas remplacé la petite culotte souillée et elle le ferait discrètement savoir à Aurélien au cours de la soirée. L’un comme l’autre goûtait à ce libertinage qui les entraînait bien souvent au-delà de leurs envies.
    Ses longs cheveux dorés retombaient en cascades sur ses épaules nues. Gracieuse et sensuelle elle descendit les marches sous les yeux éblouis de leurs hôtes. Elle rejoignit Aurélien qui ne put s’empêcher de la prendre immédiatement dans ses bras. Il l’embrassa sur le front, mais ses lèvres étaient brûlantes. Cela faisait à peine une heure qu’il l’avait honoré de ses attentions et il se languissait déjà de remonter à l’étage. Une danse opportune lui permit de découvrir à quel point sa femme était malicieuse. Il dut longuement patienter avant de prendre soin de sa charmante épouse car la réception se prolongea jusqu’à tard dans la nuit. Tout le monde s’accordait à dire que cela était très réussie.

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