• ReLeCTuReS...

    BiS RePeTiTa PLaCeNT... 

    Bis Repetita Placent se dit d'une chose qui, plus elle est répétée, plus elle plaît.                                                                                                                        Partant de ce principe, je vous propose, dans cet onglet, une relecture de certains                                                                                                                    des articles que vous avez aimé, ainsi que les deux versions de textes déjà retravaillés...

     

     

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    - De L’uN… 

       ...Un soir de fin Février, Myrella, son sac de voyage à la main léger comme une aile de papillon, grimpa dans le T.G.V d’un pas décidé. Elle y avait jeté pêle-mêle quelques vêtements chauds, l’un de ses vieux t-shirt usé jusqu‘à la trame mais dont elle ne se séparait jamais, son nécessaire de toilette et caché "Pouf" sous sa polaire blanche, celle qui l‘immunisait contre les souvenirs douloureux. Son t-shirt jaune, celui qui était si large qu’il ne pesait pas sur sa peau bleuit par les coups il y a quelques années de cela, elle l’avait laissé sur l’oreiller bien en vue dans la chambre avec un petit mot à l’attention d’Aschyanno. La jeune femme n’avait pas prémédité son départ mais tellement seule depuis des semaines dans ce grand appartement elle décida qu’il était enfin temps pour elle de remonter à la vie. Dante était là, bien au chaud dans sa mémoire, bien présent dans son cœur et les deux semaines qu’elle avait déjà passées en sa compagnie venaient régulièrement troubler son sommeil. Elle ne formula aucuns regrets ni justification dans le peu de mots qu’elle inscrivit sur le papier bleu, seulement son besoin de voir Dante, de le toucher pour être sûre qu'il soit réel. Myrella savait que malgré son chagrin, son dévoué compagnon comprendrait, il avait déjà toléré tellement de choses de sa part. Lorsqu’elle descendit du train son regard capta immédiatement celui de Dante qui l’attendait, et elle ne le lâcha pas des yeux jusqu’à ce qu’il fût près d’elle. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour l’embrasser sur les joues, mais lorsqu’il enserra tendrement sa taille, elle posa ses lèvres sur celle de Dante et ce doux baiser s’éternisa dans un chaud ballet de leurs langues emmêlées qui aimanta leurs corps et les transporta si loin qu’ils en oublièrent où ils se trouvaient.

    - « Tout de même il y a des chambres d’hôtel pour cela ! » entendirent-ils prononcer d’une voix furieuse tout près d’eux. Ils s’écartèrent l’un de l’autre en souriant à la femme qui avait articulé ces paroles acerbes. Puis main dans la main ils étaient sortis du hall de la gare. Dante, tout comme Myrella avait goûté à l’ambroisie, cette nourriture réservée aux dieux de l’olympe, et maintenant ils souhaitaient tous deux le dessert. Assise sur le siège arrière de la voiture de Dante alignée dans le parking du sous-sol de la gare, Myrella frissonnait de tout son être.

    Malgré la coquette tunique bleue en mohair à manches longues, malgré ses leggings en laine aux fils torsadés épais comme une peau d’orange et malgré ses bottines fourrées, Myrella avait la chair de poule à chaque fois que Dante l’effleurait de ses doigts légers à travers ses vêtements. Il attira la jeune femme à lui pour un baiser passionné qui la laissa pantelante, puis il mordilla sa lèvre inférieure par petites pressions de ses dents. Il chercha de nouveau sa langue, la titillant jusqu’à l’en faire gémir, comme s’il voulait la dévorer. Myrella follement excitée, le ventre en feu, répondait à ses baisers, l’encourageant à devenir encore plus entreprenant. Elle se débarrassa de ses chaussures et de son legging avec dextérité puis elle enjamba Dante qui insinua l’une de ses mains entre ses cuisses la faisant pratiquement jouir en frôlant sa fente en fusion par-dessus le tissu de sa petite culotte trempée. Il glissa l’autre main sous la tunique et goûta à la douceur de ses seins nus durs et chauds sous ses doigts. Elle laissa échapper des plaintes rauques lorsqu’il entreprit de la pénétrer d’abord d’un doigt puis de deux, puis de faire rouler son pouce en appuyant légèrement sur son petit bouton rose, tout en faisant un léger va et vient dans le fourreau étroit qui accueillait ses doigts longs et fins. Elle se cambra puis n’y tenant plus, elle jouit une première fois en criant sa volupté. Encore frissonnante elle dégrafa le pantalon de Dante, libéra du boxer son membre raide et impressionnant puis écartant sa petite culotte elle s’empala sur lui en prenant bien soin de descendre le plus lentement possible le long de ce sexe dur qui labourait sa petite chatte. Ecartelée, offerte elle gémissait sans discontinuer sous les coups de langue de Dante qui suçait la pointe de ses seins, léchant et mordillant ses mamelons durcit par le désir. Il rabaissa la tunique de Myrella, posant ses mains sur sa taille et reprit ses baisers endiablés, lui meurtrissant les lèvres. Il commença à faire osciller le bassin de Myrella en la cramponnant par les hanches, et lui imposa un va et vient rapide sur son sexe énorme. Ils se regardaient droit dans les yeux et elle hurla lorsqu’il libéra, la mâchoire crispée, les jets puissants de sa semence brûlante en elle. Essoufflés et couverts de sueur, Dante et Myrella restèrent quelques minutes immobiles, imbriqués l’un dans l’autre puis Myrella se souleva. Dante la retint le temps d’un baiser puis la laissa reprendre une apparence plus présentable. Il se rhabilla à son tour avant d’aller s’installer derrière le volant et dès que Myrella l’eut rejoint il démarra. Elle prit la main droite de Dante dans sa main gauche et ne le lâcha plus, passant les vitesses avec lui. 

    D’un commun accord, pour leurs retrouvailles, ils avaient choisi de s’isoler en Provence, ces lieux dont Cézanne disait : - « Quand on est né là-bas, c’est foutu, rien ne vous dit plus ! ». Les deux amoureux se soûlaient des rayons de l’astre lumineux qui commençait à s’exercer pour la belle saison, des senteurs que la terre exhalait aux prémices du printemps, des couleurs et des contrastes que leur offrait la végétation qui ébauchait son renouvellement. Indifférents à l’hiver qui s’effritait déjà, ils profitaient des collines, des champs d’oliviers et des villages perchés. Les étendues de lavande, le cri des marmottes et le chant des cigales viendraient plus tard dès que le soleil se ferait plus chaud. Ils avaient crapahuté dans le massif de la Sainte-Baume dont la barre rocheuse abrite une forêt unique car elle recèle des hêtres, des ifs et des noisetiers qui poussent d’habitude bien plus au Nord. Ils allèrent visiter la crypte de la basilique gothique de Saint-Maximim-la- Sainte-Baume où se trouve le sarcophage de Marie-Madeleine, enfin celui qu’on lui attribue expliqua Dante à Myrella. Ils avaient ensuite poussé jusqu’au Garlaban où Dante avait loué un refuge perdu dans un vallon profond où des sources oubliées coulent en minces filets d’eau. Isolés au plus près de la nature ils baignaient dans un bonheur sans nuages. Ils occupaient leurs journées de randonnées et de joutes amoureuses, puis ils remplissaient leurs soirées de repas poissons légumes de saison que leur fournissait Aubin à qui appartenait le petit mas. Epuisés par leurs longues marches dans le massif, ils se laissaient tomber dans le volumineux et douillet canapé qui se trouvait devant la cheminée. Dante choisissait toujours l’angle du divan où confortablement installé il lisait ou préparait la marche du lendemain. Immanquablement Myrella venait le rejoindre, joignant ses fesses contre la cuisse de Dante, posant ses cuisses en travers de celles de son compagnon qui très prévenant la laissait s’enrouler contre lui telle une liane. Elle le tenait par la taille et posait sa tête contre son épaule puis restait ainsi immobile, calée contre son corps. Il déposait de temps en temps un baiser sur ses cheveux et caressait distraitement la cuisse de Myrella qui était à portée de sa main. Il tournait les pages de son livre mais inéluctablement ses baisers se faisaient plus chauds, plus dirigés et ses lèvres finissaient par atteindre leur but. Alors il abandonnait sa lecture pour des jeux sensuels et torrides qui les conduisaient à un corps à corps voluptueux. Les jours défilaient les uns après les autres et Dante surprenait de plus en plus souvent Myrella perdue dans ses songes, le regard triste et il lui sembla qu’elle pleurait en cachette. Lorsqu’elle se croyait seule elle laissait parfois échapper de longs soupirs chargés de tristesse et sa souffrance devenait palpable. Aussi un soir, accablé de doutes, de craintes et de peine, Dante se risqua à lui poser la question :

    - « Il te manque tant que çà ? »

    Surprise elle le dévisagea et pendant un bref instant ses pupilles s’illuminèrent puis elle détourna son regard et il la sentit se raidir contre lui.

    - « Je suis bien ici avec toi, mais loin de la ville je m’étiole un peu tu sais ! » L’entendit-il répondre faiblement.

    - « J’ai besoin de mon coiffeur, de faire du shopping, de me perdre dans la foule et ma minette va bientôt ressembler à la fourrure de cette couverture ! » Plaisanta-t-elle sans grande conviction. Myrella cherchait à se justifier mais cela sonnait faux alors elle lui parla alors de rentrer quelques temps pour vider l’appartement qu’elle partageait avec son ancien compagnon, de passer chez elle récupérer quelques affaires et retourner voir ses amis. De fil en aiguille elle lui avoua son chagrin, des larmes dans les yeux. Elle était très heureuse avec lui mais elle voulait retrouver un peu de sa liberté et revoir Aschyanno, savoir s’il lui avait pardonné sa trahison. Dante comprit qu’il devait la laisser partir s’il voulait la garder et ce soir-là, pour la première fois depuis son arrivée ils ne firent pas l’amour. Dante alla se coucher le premier et Myrella le rejoignit tard dans la nuit. Elle avait ressenti le besoin de prendre « Pouf » et de le serrer contre elle. Cette peluche était le gri-gri qui lui ôtait tous les poids et la souffrance dont elle se chargeait inutilement. Myrella en prenait un soin infini car ce bout de fourrure rose et bleu ciel avait trop de fois séché ses larmes. Elle frissonnait encore parfois en se rappelant qui le lui avait mis dans les bras. Jamais elle ne s’en était séparée, même aux plus mauvais jours de sa vie, même dans ses pérégrinations aux antipodes et même sous les quolibets d’Aschyanno qui s’était bien vite rendu compte que c’était un morceau d’elle-même. Elle garda son vieux t-shirt et s’installa sur le bord du lit, le plus loin possible de Dante. A l’aube il dut étirer son bras pour la trouver dans le lit. La jeune femme dormait allongée sur le ventre les bras repliés sous sa tête tournée de son côté, son t-shirt relevé haut sur son dos. Elle avait une jambe qui pendait hors du matelas et le drap qui avait glissé ne laissait rien à l‘imagination. Accoudé sur son oreiller Dante observa un moment Myrella et il apprécia la vue de ses petites fesses rondes et la cambrure de ses reins. Ses longs cheveux cachaient son visage et ses épaules se soulevaient légèrement au rythme de sa respiration, Dante la trouvait magnifique ainsi abandonnée au sommeil. Il posa un doigt sur sa peau nue et y dessina de petites circonvolutions puis il descendit sur ses fesses qu’il cajola de la paume. Il rampa auprès de la jeune femme et glissa son bras sous sa poitrine pour enserrer un sein dans sa main et de l’autre main il remonta sa jambe sur le lit. Il savoura le velouté de sa peau en effleurant ses cuisses puis ses fesses de la pointe de son index se gorgeant du spectacle de son corps alangui. Il atteignit enfin ce qu’il convoitait et entreprit d’en choyer délicatement chaque repli sentant gonfler son petit bouton sous ses doigts. Il imprimait de longs va et vient avec son annulaire entre les berges de cette rivière qui ruisselait de son miel. Myrella soupira d’aise un sourire vissé sur ses lèvres mais n’ouvrit pas les yeux, Dans sa paume il sentit la pointe de son sein se durcir alors il était temps de pénétrer la belle endormie. Il recouvrit son corps du sien et fit glisser son bras sous son bassin puis souleva ses fesses. Son membre dressé depuis un moment était douloureux alors électrisé il s’insinua dans ce petit fourreau délicieux qui s’ouvrait à son passage. Myrella gémissait doucement et accompagnait au ralenti les coups de reins de Dante puis sous l’effet des caresses et des baisers qu’il lui prodiguait elle accéléra le rythme en criant sauvagement son désir de jouir. Elle décupla le plaisir de Dante qui ravit de son orgasme se laissa emporter à son tour par la déferlante de ses sens. Il resta quelques minutes peau à peau et lorsque son sexe se retira de lui-même de sa gaine si chaude il roula sur le côté entraînant Myrella sur lui. Elle lova sa tête contre son épaule, ses seins soudés au torse de Dante et ses bras le long de son corps. Elle se caressait doucement contre la cuisse de Dante qu’il avait glissé entre ses jambes et elle sentait son sexe se raidir à nouveau sous son ventre. Elle leva son visage vers lui et répondit sans conditions à ses baisers.

    Dante n’avait pas froid mais il grelottait en regardant le train s’éloigner, Myrella lui disait au revoir de la main et lui envoyait de doux baisers en soufflant dans sa paume. Lorsque le convoi prit de la vitesse il lui adressa un dernier signe de la main et se dirigea rapidement vers la sortie du quai. Au mépris du qu’en dira-t-on ses larmes se mirent à couler le long de ses joues et lorsque les digues cédèrent ses hoquets se transformèrent en sanglots douloureux qui lui arrachaient le cœur…

    - A L’auTRe…

       ...Elle fit le voyage du retour le cœur lourd en songeant qu’une fois encore elle avait abandonné Dante pour de mauvaises raisons. Le front appuyé contre la vitre froide elle regardait défiler le paysage sous ses yeux embués. Seule dans le compartiment Myrella avait sorti « Pouf » de son sac et le tenait coincé entre ses bras croisés mais cela ne l’aidait pas à y voir plus clair. Elle ne se sentait chez elle nulle part et lorsqu’elle était avec Aschyanno elle voulait Dante et dès que Dante était à ses côtés c’était d’Aschyanno qu’elle rêvait. Pourquoi n’arrivait-elle pas à se décider ? Aschyanno aura peut-être fait le choix pour elle cette fois ci mais cela ne la soulageait pas pour autant. Pour couronner le tout, il pleuvait à verse quand le train s’arrêta en gare. Elle n’eut pas envie de se mêler aux gens pressés qui rentraient sur le tard par le métro, ni à ceux qui coincés comme des sardines dans le tramway dégageaient des odeurs de chiens mouillés. Le taxi la déposa en bas de la copropriété et elle n’eut qu’à s’engouffrer dans l’ascenseur. Avec un peu d’appréhension elle tourna la clef dans la serrure et entra sans difficulté dans le vaste couloir puis comme à son habitude elle se délesta de son sac au beau milieu du corridor. Par expérience elle savait que le chauffage était coupé alors elle alla le relancer et se dirigea vers la cuisine pour se préparer son premier thé de la soirée. Même la douche brûlante qu’elle s’infligea ne la soulagea pas de ce poids qui l’oppressait de plus en plus. Encore humide elle avait passé une des chemises préféré d’Aschyanno. Après un deuxième passage dans la cuisine ou elle grignota trois grains de raisin et un pain au lait, elle alla s’installer sur le canapé avec le second thé de la soirée. Un bref instant elle fut tentée d’y rajouter un peu de vodka pour se détendre mais elle y renonça, elle avait réussi à s’en passer pendant quatre semaines, elle pouvait bien encore ce soir faire un effort. Myrella déposa son mug sur le visage de Vergès qui pour une fois s’enorgueillit d’une belle auréole dorée. Aschyanno laissait trainer ses revues de partout et la table basse n’échappait pas à l’envahissement. Pour se sentir moins seule elle alluma la TV et la musique d’NRJ fit trembler les baffles, elle se rappela qu’Aschyanno ne savait pas regarder un film sans mettre le surround. Elle baissa le son et se laissa tomber sur les coussins moelleux du canapé. Hésitante Myrella se demandait ou s'allonger. Elle voulait s'étendre dans son lit mais elle trouvait affligeant de dormir dans ce même lit qu’elle avait déserté pour rejoindre Dante, alors elle choisit le canapé. Enveloppée dans sa couverture, « pouf » lui servant d’oreiller elle jeta un regard distrait sur l’écran et ses yeux se fermèrent malgré elle. Curieusement ce fut le silence qui la réveilla, elle ouvrit les yeux et découvrit l’attaché case d’Aschyanno au sol à côté de la table basse. Son cœur se mit à battre plus vite et elle se releva d’un bond mais ses jambes refusaient de la porter. Elle n’eut pas à se lever car elle vit Aschyanno dans l’encadrement de la porte, il devait l’observer depuis un certain temps déjà. Nulle trace de colère dans son regard, aucun ressentiment ne transparaissait dans sa voix et son sourire n’était pas feint. Il esquissa quelques pas dans sa direction avant de la gronder gentiment.

    - « Tu as fait fort pour ton retour ma Chouquette, on ne s’ennuie jamais avec toi ! » Dit-il en s’asseyant à côté de Myrella qui le regardait de ses grands yeux bleus. La jeune femme fit semblant de ne pas comprendre ce qu’il voulait dire et elle lui rendit machinalement son baiser sur les lèvres. Comme si de rien n’était, il l’attira contre lui, la saisit par la taille et la fit glisser sur ses genoux. Myrella ne chercha même pas à le repousser, elle passa ses bras autour de son cou et embrassa spontanément Aschyanno sur la joue.

    - « J’ai failli me viander dans l’entrée à cause de ton sac qui trainait par terre, tu me saccages la revue dont j’ai besoin demain et pour finir je vois que ma Cerutti rayée est toujours ta préférée ! » Enuméra-t-il amusé en glissant tendrement sa main sous son cou. Myrella savait qu’elle n’avait rien à craindre d’Aschyanno mais elle sursauta et tressaillit au contact de ses doigts si prêts de sa gorge puis elle s’écarta vivement de lui. Il comprit que ce simple geste de tendresse lui rappelait des moments douloureux et il s’en voulu de ne pas s‘en être souvenu.

    - « Désolé j’avais oublié, pardonne-moi ! » S’excusa-t-il. Elle lui sourit et revint se pelotonner contre lui.

    - « Ce n’est rien Dante je …. ! » Elle venait de commettre un énorme lapsus et même si elle stoppa net sa phrase en se mordant la lèvre inférieure il était trop tard pour se reprendre. Elle sentit les muscles d’Aschyanno se contracter et il la repoussa doucement. Il n’y eut aucune forme de mécontentement dans sa voix, rien que de l’amertume dans ses paroles.

    - « Je suis tolérant Myrella, mais laisse-le en dehors de cet appartement tu veux bien ? » Ses yeux noirs plongèrent dans les siens et elle se sentit tellement sotte qu’elle essaya de se justifier.

    - « Tu sais bébé je n’ai pas fait … ! » commença-t-elle en posant sa main sur les siennes.

    - « Assume Myrella, tu veux faire un choix fais-le mais en attendant j’ai droit à du respect et je ne veux plus t’entendre prononcer son nom en ma présence ! » Déclara-t-il calmement en martelant chacun des mots qu’il prononçait. Elle acquiesça d’un signe de tête et se leva pour se donner une contenance mais elle ne savait pas où aller, alors il se leva à son tour l’attira contre lui et sans un mot la serra très fort.

    Les larmes lui brûlaient les paupières et le visage de Dante traversa fugitivement son esprit. Alors il la souleva et la porta jusqu’à leur chambre, il la laissa choir sur le lit et se coula près d’elle. Myrella ne réagit pas lorsqu’il passa ses doigts sous la chemise et qu’il se mit à lui caresser les seins. Elle ne réagit pas plus au baiser torride qu’il lui donna, ni lorsqu’il glissa l’une de ses jambes entre les siennes. Ce fut seulement lorsqu’il insinua sa main dans sa petite culotte qu’elle tenta de le repousser puis finalement elle le laissa faire détournant la tête et fermant les yeux comme si cela pouvait la transporter ailleurs. Il comprit facilement devant le peu d’enthousiasme de Myrella, voir même sa passivité qu’elle n’y mettrait pas du sien. Il savait ce qui se passait dans la tête de sa compagne et il était impuissant à combattre les sentiments qu’elle éprouvait pour son rival. Il se rassit et manifesta son désarroi par ses paroles :

    - « Ok chouquette je n’aime pas les parties à trois alors quand tu seras capable de le laisser en dehors de ce lit nous y ferons autre chose que dormir ! » Il disparut dans la salle de bain en claquant la porte qu’il rouvrit pour la refermer silencieusement. Même en colère il veillait à ne pas lui faire peur et elle ne put s‘empêcher de sourire. Deux minutes plus tard il ressortit de la salle d’eau torse nu et vociféra :

    - « Et enlève ma chemise bon sang, ce n’est pas une chemise de nuit ! » Puis de nouveau il se volatilisa dans la salle d’eau. Myrella ôta ladite chemise avec rage et la balança sur la moquette puis elle s’allongea sous les draps. Dès qu’il rejoignit la jeune femme, Aschyanno remarqua la chemise au sol mais s’abstint de tout commentaire. Il la ramassa et la plaça sur un cintre dans le dressing non sans jeter un regard furieux à Myrella qui ferma les yeux pour ne pas le voir. Il s’étendit près d’elle, déposa un baiser sur son épaule nue et éteignit la lumière.

    A genou, la cuisse de Dante entre les siennes, Myrella tenait d’une main délicate le membre dressé et dur de celui-ci. Elle léchait son gland turgescent avec des petits lapements imitant un chaton qui boit son lait. Son autre main bien à plat sur le ventre de Dante, elle se redressait de temps en temps puis dictait un mouvement de balancier à son corps, caressant ainsi sa minette sensible sur la peau douce de son amant. Attentive à ses gémissements et tressaillant sous les effleurements de ses doigts sur ses seins, elle jetait parfois un regard à son compagnon pour surveiller la montée de son plaisir. Elle s’allongeait sur son torse, gardant serré dans sa paume le pieu qui l’empalerait plus tard, puis elle lui offrait ses lèvres en un baiser interminable ou leurs langues se joignaient, se savouraient et se délaissaient pour permettre à leurs lèvres de se fondre en un voluptueux ballet. Lorsqu’elle le sentait au bord de la jouissance elle le cajolait du bout des lèvres redescendant jusqu’à son membre suintant de sa semence prête à jaillir. Elle le léchait, le mordillait et le faisait vibrer avec sa langue, accompagnée par les cris de Dante. Lorsqu’enfin il ne put plus rester sage, il l’attrapa par la taille et la fit rouler sous lui. Elle ronronnait de plaisir anticipé, elle gigotait comme une anguille pour se faire couvrir façon petite chienne et elle accrochait ses mains à ses épaules. D’un puissant coup de rein il s’enfonça profondément en elle, glissant sans peine dans ce doux antre de velours inondé de son miel. Il étouffa un cri sauvage dans ses cheveux dorés et la serra plus fort encore, bloquant ses épaules pour l‘immobiliser. Il n’eut pas besoin de jouer du bassin bien longtemps car aussi chauds que la braise l’un et l’autre ils montèrent au firmament en même temps.

    Myrella se sentit aspirée dans un gigantesque tourbillon, puis elle sursauta violemment en ouvrant grand les yeux. Elle comprit qu’elle venait de faire un rêve, un de ceux qui l’emmenait tout droit entre les bras de Dante. Même dans son sommeil elle succombait à ses étreintes et l’orgasme qui l’avait secoué quelques instants plus tôt avait été bien réel. Elle dormait auprès d’un homme et recherchait les étreintes d’un autre. Sur le point de se réveiller, Aschyanno se retourna et vint plaquer étroitement son corps chaud contre celui de la jeune femme, alors Myrella posa sa tête sur son torse, frôla doucement sa joue de sa main puis déposa un baiser sur ses lèvres qu’elle aimait plus que tout caresser des siennes et il se rendormit apaisé. Etouffant un sanglot, Myrella ne put retenir les larmes qui roulaient en silence sur ses joues. Le sommeil tant désiré ne venait pas, alors elle se projeta loin de cette chambre, loin des bras affectueux qui l’enserraient, loin de ce cœur qui battait sous son oreille et très loin d’Aschyanno qu’elle aimait beaucoup trop pour le faire souffrir ainsi. Au petit matin seulement ensommeillée elle se roulait dans les herbes folles aux abords de la crique, enlacée telle une liane au corps de Dante dont elle dévorait de baisers ses lèvres et elle revivait de mille promesses.

    Il faisait grand jour lorsqu’Aschyanno se réveilla, Myrella était étendue au-dessus des couvertures et avait posé sa tête sur son flanc, l’un de ses bras en travers de son ventre. Il vit que des traces de larmes barbouillaient encore ses joues et comprit que son sommeil avait dû être agité. Il se dégagea sans la réveiller, puis se leva silencieusement. Aschyanno la contempla un instant puis se pencha sur ses fesses où il déposa un baiser furtif puis il se précipita sous la douche avant que les choses ne dégénèrent. Il aurait eu envie de la serrer dans ses bras, de la cajoler pour lui faire oublier ses tourments, de lui faire découvrir son érection naissante et de la chevaucher pour l’entendre lui dire encore, encore, encore bébé.

    En sortant de la salle de bain il découvrit le lit déserté de son occupante et son peignoir avait disparu. Il s’empressa de s’habiller, évitant de penser à la jolie nymphe qui devait préparer son premier thé de la journée dans la cuisine. Il ne lui en voulait même pas de son escapade avec cet homme dont elle semblait être vraiment amoureuse, au fond de lui il savait qu’elle l’aimait. Il se souvint alors de son retour lors de sa première incartade, avec son air coupable, troublée par son aveu, mal à l’aise sous ses regards mais intègre dans ses sentiments. Myrella lui avait parlé de Dante, de ce qu’elle éprouvait pour lui, de ce qu’elle ressentait près de lui, de son incapacité à choisir lequel elle voulait pour continuer sa route et surtout elle lui avait demandé pardon de lui imposer ces allées et venues qui les affectaient l’un et l’autre. Il n’ignorait pas que si une autre fille lui avait fait subir cela, la solution aurait été trouvée dans l’instant, mais Myrella était un petit rayon de soleil, son rayon de soleil malgré son corps marqué au fer rouge, malgré ses peurs irraisonnées et malgré ses souvenirs qui la rongeaient et l’empêchaient d’avancer. Après un passage éclair dans son bureau pour y récupérer quelques dossiers qu’il glissa dans son attaché case, Aschyanno rejoignit Myrella. Il posa son porte document sur le bar et s’approcha de la jeune femme qui pressait une orange. Les cheveux en bataille, le visage ravagé par la fatigue et son vieux peignoir sur le dos, elle trouvait encore le moyen d’être désirable au possible. Il l’attira à lui et l’enlaça tendrement. Myrella répondit à son baiser et le laissa glisser ses doigts sous le peignoir dont la ceinture s’était dénouée. Il effleura la pointe de ses seins puis s’enhardit et sa main se retrouva sur une fesse à la douceur soyeuse. Elle se suspendit à son cou, joignant ses mains sur sa nuque et … la bouilloire se mit à siffler les faisant sursauter tous les deux. Aschyanno rajusta les bords du peignoir, renoua la ceinture puis il embrassa Myrella sur le front.

    - « Je dois y aller je suis en retard ! Je rentrerai de bonne heure ce soir ! » Promit-il en l’embrassant une dernière fois. Elle ne lui fit aucun reproche, n’émit aucune plainte mais quelque chose dans son regard s’était éteint. Il s’empara de sa mallette et sortit comme un voleur. Après son départ Myrella expédia sans ménagement le verre de jus d’orange qui se brisa dans l’évier. Le presse agrume allait prendre le même chemin lorsque son regard se porta sur la gazinière. Elle s’empressa d’éteindre la flamme sous la bouilloire qui émettait un nuage de vapeur digne d’une centrale nucléaire. Agacée elle quitta la cuisine sans prendre son thé et s’achemina vers le dressing pour s’habiller. Un peu d’air lui ferait du bien.

    Aschyanno délaissa l’ascenseur et descendit l’escalier en courant. Il pensait à la jeune femme qu’il avait quitté trop rapidement et il se traita mentalement d’imbécile en comprenant soudain que ce jus d’orange elle ne le pressait pas pour elle mais pour lui. Dans le parking il déverrouilla la portière de la voiture, lança machinalement son attaché case sur le siège passager et il s’apprêta à s’installer derrière le volant. Mais il claqua la portière, verrouilla le véhicule et traversa en courant le parking en sens inverse. Il grimpa les volées de marche en un temps record, ouvrit la porte, s’engouffra dans le couloir et referma le battant du pied.

    Myrella le vit débouler tel un diable de sa boîte. Assise sur le canapé pour se chausser elle n’avait sur elle que ses bas noir et ses sous-vêtements couleur chair. Sa robe prune en cachemire trônait sur le canapé à côté d’elle. Elle reflétait une telle sensualité qu’il resta à la regarder en silence, soudain intimidé, attendant son approbation pour la rejoindre.

    - « Tu as oublié quelque chose bébé ? » demanda-t-elle malicieusement en ôtant ses bottines qu’elle décocha au milieu du salon. Comme s’il n’attendait que cela, tel un faucon qui plonge sur sa proie, il fondit sur elle. Son blouson voltigea dans la pièce et atterri sur la bibliothèque, ses chaussures survolèrent la chaise à bascule pour finalement pulvériser le grand vase sur la console. L‘un comme l‘autre ignorèrent le fracas lorsque les morceaux s’éparpillèrent dans tous les sens. Aschyanno n’avait qu’une seule envie, se faufiler dans les replis soyeux de sa tendre amie et Myrella ne souhaitait qu’une chose, sentir la chaleur envahir son ventre sous les coups de reins de son bébé. Elle se débarrassa de ses sous-vêtements, l’accueillit entre ses cuisses et se lova contre son torse. Aschyanno dégrafa son pantalon qu’il abaissa en même temps que son boxer à mi cuisses et crochetant Myrella par les hanches il la pénétra sans plus attendre. Tels deux animaux ils grognèrent de plaisir partagé et leurs sens exacerbés les conduisirent droit à l’orgasme. Ils restèrent longuement blottis et figés les yeux dans les yeux puis Aschyanno desserra un peu son étreinte.

    - « Désolé mais tu me rends fou et je suis un idiot, je t’aime Chouquette, je t’aime je t’aime … ! » Prononça-t-il en lui couvrant le visage de baisers.

    - « Pourquoi désolé, j’en avais autant envie que toi ! Je t’aime aussi mon bébé mais je ne sais pas le montrer ! » Lui confia-t-elle en lui rendant ses baisers.

    Elle titillait la naissance de son cou du bout de sa langue puis elle appliquait ses lèvres sur celle d’Aschyanno en le mordillant tendrement. Soudain elle prit conscience que pas une seconde son esprit ne s’était évadé vers Dante, elle s’était donnée sans réserve à Aschyanno. Alors vint la réponse, tellement simple, qu’elle attendait : elle aimait Dante, elle aimait Aschyanno.

    Dante était un artiste, un être pur qui se nourrissait de ses rencontres et de ses lectures alors qu’Aschyanno était pragmatique et empli d’idéaux tendant toujours à la perfection. Myrella comprit qu’elle avait besoin de la combinaison des deux pour aller de l‘avant. Mais le moment n’était pas encore venu de leur faire part de ses conclusions. Elle se soudait à lui en gigotant, désirant lui montrer que pour elle le divertissement n’était pas fini. Aschyanno avait lui aussi quelques idées en tête pour prolonger les réjouissances.

    - « Si nous allions poursuivre cette…conversation dans la chambre, ce serait plus confortable non ? » proposa-t-il en glissant une main entre ses cuisses.

    - « Mais tu n’avais pas une réunion importante ce matin ? » Se risqua-t-elle à lui rappeler inquiète.

    - « Souviens-toi belle tentatrice, c’est moi le patron alors ils m’attendront. De toute façon je connais le dossier par cœur et c’est pour la fin de la matinée ! » Et il conclut la discussion en se levant promptement, il la souleva par la taille et déposa en travers de son épaule comme un sac de pomme de terre puis il prit la direction de la chambre où il l’a catapulta sur le lit. Sa chute brutale la fit rebondir sur le matelas et elle rit aux éclats. Aschyanno chercha à se rappeler depuis combien de temps il ne l’avait pas vu ainsi et en y réfléchissant il se demanda si elle avait vraiment été aussi heureuse un jour avec lui. De l’entendre rire, de voir ses yeux brillants d’excitation et surtout de contempler ses longues jambes gainées de noir il se sentit de nouveau prêt à l’honorer. Il ôta prestement ses vêtements, refusant qu‘elle retire ses bas tellement cela l‘émoustillait, et s‘allongea près d‘elle. Il commença à promener lentement un doigt autour de sa poitrine offerte dont les pointes rigides appelaient sa bouche. Il se noya dans son regard et leurs langues se mélangèrent avec beaucoup de sensualité. Puis il la couvrit de baisers parcourant sa peau doucement, tendrement et longuement. Les soupirs de Myrella accentuaient ses envies et il goûtait avec sa langue la moindre parcelle de sa chair si tendre. Elle ondula son corps lorsqu’il atteignit son bijou précieux, humide d’envie, qu’il aspira de sa bouche avide. Sa tête basculait de droite et de gauche glissant ses doigts entre deux coups de langues au milieu de sa fente ouverte. Il montait et descendait le long de son corps trempé de sueur lorsqu’elle le supplia de venir en elle. Il l’embrassa à pleine bouche et la pénétra de son sexe gonflé et elle soupira d’aise lorsqu’il se mit à aller et venir très lentement entre ses reins. Elle l'accompagnait dans la cadence saccadée de ses mouvements du bassin en gémissant comme une chatte qui ronronne. Aschyanno sentant son plaisir sur le point d’exploser, se retira. Il s’étendit à ses côtés pour reprendre la ronde de leurs langues. Elle prit le visage d’Aschyanno à deux mains, le regarda intensément puis souleva sa jambe pour ouvrir le chemin de sa caverne d’amour au sexe d’Aschyanno. Elle se mit à califourchon sur lui et son membre trouva le chemin entre les pétales de sa fleur éclose, il s’insinua lentement en elle et s’enfonça soudain avec vigueur. Elle cria sous la violente poussée de ce bâton rigide qui lima avec énergie son petit bouton juste là où les sensations sont si intenses. Myrella chevauchait Aschyanno en joignant ses mains aux siennes, tremblant et s’agitant à la même cadence que son amant.

    Elle sentait le désir de celui-ci s’accroître et atteindre son paroxysme dans d’ultimes tensions qu’il libérait en grognant bestialement à chacun des coups de reins qui le propulsaient toujours plus profond dans son sexe serré. Il abandonna les mains de sa jolie maîtresse pour aller poser les siennes sur ses fesses rondes et elle releva ses bras en hurlant sa jouissance. Submergé par l’extase, Aschyanno gicla en elle en de violentes saccades brûlantes puis il la fit rouler sur les draps, la coinça sous lui et la maintint serré contre lui très longtemps.

    - « Tu es la reine ma Chouquette ! » Dit-il simplement.

    Essoufflée, échevelée, couverte de sueur et épuisée, Myrella réalisa soudain qu’elle ne pourrait jamais choisir entre ses deux amours car si elle se séparait de l’un ou de l’autre ce serait une véritable amputation. Aschyanno avait enfin saisi qu’il la perdait à cause de ses absences répétées, alors elle osa imaginer que Dante serait lui aussi prêt à faire quelques concessions pour vivre encore longtemps ces moments magiques qui les unissaient à chaque fois qu’ils se retrouvaient. Apaisée elle laissa Aschyanno la border comme une enfant dans leur grand lit et elle dormait déjà lorsqu’il posa « Pouf » contre son oreiller…

     


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       … Par un bel après midi d’été, Dorhn flânait dans les rues de la vieille ville, son appareil photo à la main guettant le cliché qui pourrait faire la différence. Il immortalisa la fontaine aux jets bouillonnants, il éternisa les bâtiments aux parures de végétation, il perpétua le souvenir d’une balade aux découvertes extraordinaires. Alors qu’il cheminait tranquillement dans une allée piétonnière, accompagné de ses pensées, son regard tomba sur le déhanchement attirant d’une gracieuse nymphe aux cheveux d’or qui arrivait en sens inverse. Il l’admira sans retenue, quelques minutes seulement, appréciant la plaisante démarche de la ravissante jeune femme qui progressait nonchalamment dans sa direction. Elle était vêtue d’une robe couleur chair si ajustée que de loin il aurait pu penser qu’elle cheminait nue sous la veste diaphane de dentelles bleu tendre qui superposait le vêtement. En le contournant, elle laissa planer un doux parfum d’iris et de jasmin vanillé sur son passage. Sans doute que le regard de Dorhn avait été trop appuyé et moins discret que ceux de ses congénères, car la jolie dame le gratifia d’un sourire éclatant en le dépassant. Elle alla même jusqu’à lui infliger un examen détaillé de la tête aux pieds comme quelques instants plus tôt, Dorhn l’avait fait pour elle. Cela dura juste le temps de le croiser. Il se retourna un bref instant pour la suivre des yeux, un sourire canaille déposé sur ses lèvres. Une belle rencontre sans suite, qui le mit de bonne humeur. Dorhn, la petite cinquantaine, un corps d’athlète, appréciait les jolies femmes et plus jeunes que lui de préférence. Celle-ci en était un magnifique spécimen.
    Dorhn continua sa promenade, le cœur léger, il explorait sans véritable but les allées et les ruelles peu fréquentées, séduit par l’architecture moderne des nouveaux immeubles et émut par les statues jouxtant les résidences plus anciennes. Ses pas le ramenèrent tout naturellement au centre de la vieille ville, lorsqu’il repéra soudain sa gracieuse rencontre assise à la terrasse ombragée d‘un petit troquet, une eau pétillante posée devant elle et le regard perdu dans ses songes. Il l’a reconnut immédiatement à l’éclat doré de ses cheveux mi longs et à sa robe qui semblait encore plus courte lorsqu’elle était assise. Il parcourut les quelques mètres qui le séparait d’elle en musardant devant les vitrines, puis s’installa tranquillement à la table voisine de celle de la jeune femme. Baigné de son doux parfum, il évitait de l‘observer, se contentant d’accepter sa présence aussi discrète soit-elle. En sirotant un perrier bien frais, il faisait défiler les photos de son numérique pour éliminer les clichés qu’il savait déjà ne pas vouloir garder. Soudain il sentit un regard qui l’étudiait méthodiquement et machinalement ses yeux se portèrent sur sa jolie voisine. Leurs yeux se croisèrent et la tension qu’il ressentit dans ce regard n’avait rien à voir avec de la curiosité. La jeune femme se leva et le sourire dont elle le gratifia ressemblait fort à une invitation à la suivre. Elle le frôla le bras de Dorhn de sa cuisse en passant près de lui, ayant l’excuse des tables serrées sous l’ombrage, puis elle disparut derrière la murette qui conduisait au sentier menant au canal. Dorhn se leva à son tour, et spontanément ses pas le conduisirent vers le vieux chenal où de nombreux saules tire-bouchon faisaient une haie ombragée à celles et ceux qui auraient pu se laisser tenter par la balade le long des rives. Tous les bancs étaient inoccupés sous les arbres majestueux, car il faisait si chaud que les badauds avaient abandonné le lieu pour aller se rafraîchir sous la brise aérienne des ventilateurs installés sur les terrasses des cafés. Dorhn continua sa marche, le soleil ne lui faisait pas peur, quand il vit devant lui sa jeune inconnue s’enfoncer sous les frondaisons d’un saule gigantesque. Il ne put se retenir de le photographier. Aussitôt après, il se glissa à son tour à l’intérieur du feuillage, rejoignant la drôlesse qui ne parut nullement surprise de son apparition sous la cathédrale de verdure qui les abritait des regards indiscrets.
    Elle avait admirablement bien choisi le temple de leur tête à tête. Le saule avait un tronc court avec de nombreuses branches basses et noueuses, de longues lianes vrillées tombaient en ramures, formant un épais rideau qui les protégeait des regards indiscrets d’éventuels flâneurs. Sans un mot la ravissante jeune femme s’avança vers Dorhn et ses mains se faufilèrent adroitement sous sa chemise en lin. Lyleth puisque tel était son prénom, fermant les yeux, s’abandonna un instant au contact raffiné de la peau délicieusement douce qu’elle découvrait sous ses doigts. Elle se nicha alors tout contre lui et effleura sensiblement les reins de Dorhn de ses doigts graciles, puis elle griffa légèrement de ses ongles la peau de son dos en suivant sa colonne vertébrale, atterrissant sur ses omoplates qu‘elle câlina lentement. Elle refit le parcours en sens inverse et appliqua ses mains sur la taille de Dorhn qui se trouvait déjà au paradis. Hardiment Lyleth le regarda dans les yeux, quémandant d’une œillade coquine la permission d’aller plus loin. Ce qu’elle y lut l’incita à continuer son jeu de la séduction. Elle abandonna sa taille le temps de lui ôter ses lunettes de soleil qu’elle glissa dans la poche de sa chemise, puis reprenant la pose, elle avança son visage près du sien, lui soufflant doucement sur les paupières, puis les effleurant de ses lèvres. Elle titilla ses joues de sa langue, frôlant ses lèvres et venant léchouiller son menton. Elle remonta vers sa bouche, pinçant ses lèvres dans les siennes puis elle insinua alors sa langue humide dans la bouche de Dorhn, la mêlant à la sienne, l’enroulant dans un mélange de leur salive, la goûtant avec délectation. Enfin, elle mordilla avec délicatesse la pulpe ourlée des lèvres de Dorhn qu‘elle sentait frissonner sous ses doigts toujours placés sur sa taille. Dorhn trouva qu’elle était la copie conforme d’un petit fauve qui humait sa proie et cela commençait à franchement lui plaire.
    Elle le repoussa brusquement, lui faisant comprendre de ne pas bouger….. Il resta planté là à regarder cette nymphe qui décidément avait de la suite dans les idées.
    Subitement elle se saisit de l’une des branches à portée de ses mains en levant haut les bras. Elle commença à simuler une danse du ventre très réussie en roulant des hanches et du ventre de gauche et de droite, et d’avant en arrière. Elle lâcha un moment son appui et se défit de la légère tunique en dentelle qu’elle lança sur l‘un des bois, puis elle dégrafa à son tour la robe qui atterrit au même endroit. Dorhn parvint à rester immobile en découvrant ses seins ronds et fermes qu’elle caressa pour en exciter les pointes. Vêtue simplement d’un petit slip blanc très coquin, elle se mit à ondoyer telle une liane le long de l’épais tronc du saule, offrant impudique, ses fesses au regard captivé de Dorhn qui devait bien se l‘avouer avait de plus en plus de mal à garder son calme. Libertine et sensuelle, la belle Lyleth l’invitait à apprécier une danse à laquelle il ne pourrait résister bien longtemps. Elle imprimait à son bassin un mouvement lascif, caressant le tronc de l’arbre avec son ventre, imitant les tendres poussées d’un amant imaginaire, et aussitôt après elle se déhanchait en écartant largement ses longues jambes. Elle s’installa alors face à lui, ôtant ses sandales pour escalader les deux premières branches basses. Elle disposa l’un de ses pieds bien à plat sur le bois souple et plaça l’autre sur la deuxième branche ayant ainsi les jambes largement écartées. Ses cuisses ouvertes laissaient apparaître une vision délicieuse au pauvre Dorhn qui ne bougea toujours pas, attendant son approbation. Elle se livra pour lui, à un fantastique simulacre de strip-tease au cours duquel, Lyleth câlina sa petite fleur et effleura l’entrée de sa grotte aux délices, se délestant de sa petite culotte au risque de s’étaler malencontreusement aux pieds de Dorhn. Celui-ci n’en pouvait plus. Son boxer était devenu bien trop étroit pour contenir son membre transformé en un pieu gonflé et dur qui lui faisait mal à chacune des pulsations de son cœur. Il s’approcha enfin d’elle, posant ses mains sur ses hanches pour la maintenir sur son perchoir, il embrassa fougueusement l‘intérieur de ses cuisses, provoquant ainsi les premiers émois de la belle. Pour plus de stabilité, Lyleth passa l‘une de ses jambes sur l‘épaule de Dorhn, et cala ses bras, les coudes repliés sous les branches, le laissant enfin prendre l‘initiative de la suite du divertissement. Il caressa l’intérieur de ses cuisses, puis se mit à y faire courir sa langue. Il débuta alors son ascension vers le plaisir qu’il voulait lui donner. Il insinua la pointe de sa langue le long de sa petite fente toute lisse et douce et tout en léchant tendrement cette douceur mielleuse, il passa ses mains le long des hanches de Lyleth qui gigotait un peu, effleurant son ventre se dirigeant vers ses seins dont il pinça les pointes dressées. Tout en douceur et en tendresse, il écarta les parois de la vallée des délices qui devenait une vraie fontaine à laquelle il s’abreuvait avec félicité. Lyleth se tordait sous ses assauts et gémissait d’impatience. Découvrant sa petite fleur, il y écrasa sa langue, léchant et suçant ce petit bouton rose, puis s’enfonça de plus en plus profondément dans la petite grotte accueillante de la jeune femme qui gémissait sous les assauts répétés. Ses mains abandonnèrent ses hanches pour se glisser entre ses cuisses, remontant jusqu’à la vallée humide. Il insinua un doigt dans son intimité détrempée et l’y enfonça lentement. Tandis que Dorhn s’activait en elle, la respiration de la jeune femme se faisait plus saccadée. De l’autre main Dorhn partit explorer l’entrée secrète, gardée par l’anneau magique qui une fois investi laissa son doigt s’enfoncer dans les plis qui conduisaient au creux de ses reins. La combinaison magique fut explosive, et lorsque les lèvres de Dorhn emprisonnèrent sa petite fleur, les contractions de son ventre, le balancement de ses hanches et le raidissement de son corps entier annonça l’orgasme violent qui saisit Lyleth. Elle cria de bonheur, puis apaisée et détendue elle se laissa glisser contre Dorhn. Elle passa ses bras autour de son cou et se colla à lui posant sa cuisse sur la hanche de son amant. Elle l’embrassa avec passion. 
    Il lui rendit son baiser, puis il la retourna dos à lui. Il fit courir des doigts le long de son dos nu effleurant par petites touches sa peau délicate. De ses paumes il frôla ses fesses, puis il alla poser ses doigts sur ses hanches, redescendant sur son ventre pour s’arrêter enfin sur le fruit lisse et doux qu’il courtisa, les sens exacerbés. Il flatta d’un doigt sa petite fleur déjà bien trempée. Ses yeux étaient posés sur sa croupe alléchante, et ses pensées se lisaient sur son visage comme dans un livre ouvert à la page des amours interdites du Baron et de la servante. Dorhn dévorait la silhouette de la belle du regard avec des flammes dans ses prunelles. Même de dos, Lyleth avait conscience de cette fouille visuelle détaillée. La brûlure qu’elle ressentait encore au creux de son ventre ne faisait qu’accentuer le désir qui la consumait. Attiser par les sensations qu’il ressentait en caressant le sanctuaire de sa partenaire, le désir de Dorhn devint incontrôlable. Lyleth se cambra et lui présenta son petit anneau tous détendu des attouchements précédents, anneau que Dorhn accepta avec ferveur. Son pantalon et son boxer sur les chevilles, il agrippa les hanches de Lyleth, posant son sexe raide contre les fesses de la jeune femme, le laissant à l‘orée de l‘étroit tunnel qu‘il convoitait. Puis il caressa à nouveau son dos et ses fesses, se mettant même à limer de son pouce cette petite fleur qu’il appréciait tant. Alors tout doucement, d’un mouvement léger du bassin, il enfonça son membre en elle par petites touches, commençant son va-et-vient lentement et puis à mesure que l’excitation le gagnait, ses poussées se firent plus puissantes et il se libéra en elle, la serrant si fort qu’elle avait du mal à respirer. A son tour Lyleth le rejoignit dans ce plaisir si particulier. Serrés l’un contre l’autre, ils sursautèrent en entendant des voix, en regardant à travers les ramures ils distinguèrent des passants qui arrivaient, il devait être tard car le soleil disparaissait presque à l’horizon. Ils se rhabillèrent en hâte et sortirent de leur abri.
    Cependant Dorhn ne put se résoudre à quitter et voir disparaître sa jeune et jolie camarade de jeux. Rien de pressant ne le forçait à rentrer chez lui. Il proposa à Lyleth de l’accompagner dans un gîte à la sortie de la ville. Il connaissait les lieux pour y avoir déjà logé lors de ses réunions de chantier. Les chambres étaient aussi intimes que leur arbre et ô combien plus confortable. Il fut agréablement surpris lorsque celle-ci accepta.
    Ils s’installèrent donc au gîte, dans la dernière chambre restante. Comme deux ados qui avaient fait une fugue, ils n’avaient aucuns bagages mais cela était tellement inutile dans leur situation. Il y avait tout ce qu’il fallait dans la salle de bain et la première chose qu’ils firent, ce fut de prendre une bonne douche car entre la canicule et leurs exploits tantôt, cela était plus que nécessaire. Ils restèrent longuement sous le jet tiède et puissant, se badigeonnant de mousse et riant comme des gosses. Sous la cascade improvisée, propice aux confidences, ils firent mieux connaissance, mais point n’était besoin pour l’instant de se raconter leur vie respective. Après ce délicieux moment, ils se séchèrent et se rhabillèrent. Ils firent alors l’effort de rejoindre leurs hôtes dans la grande salle, pour un repas qui serait le bienvenu. Maria et Jeannot connaissaient Dorhn depuis des années et ils furent heureux de papoter avec ce client, presque un ami, qu’ils appréciaient énormément. Lyleth se tenait légèrement en retrait, elle participait tout de même à la conversation et aucune question gênante ne vint troubler la paisible veillée. Ces gens étaient discrets et sympathiques, voilà pourquoi Dorhn était venu en ce lieu. Il était très tard lorsqu’ils regagnèrent leur chambre, mais ils étaient si heureux de cette soirée. Dorhn s’était même offert le luxe d’une partie d’échecs avec l’un des clients qui en était féru. Lyleth assise à ses côtés sur le bras du fauteuil suivait la partie en silence et semblait vivre un moment unique. Elle avait posé sa main sur la cuisse de Dorhn et le caressait avec tendresse.
    Sans complexe ni gêne, ils ôtèrent leurs vêtements et s’écroulèrent épuisés sur le grand lit moelleux. Dorhn vint naturellement s’allonger contre Lyleth qui se colla à lui. Les yeux fermés, leur respiration à l’unisson, écoutant le chant des grillons qui leur parvenait à travers la fenêtre légèrement entrouverte, ils s’endormirent sereinement. Ce fut la lumière de la lampe qui réveilla Dorhn, il se leva pour l’éteindre et allumer la veilleuse, il en profita pour ouvrir grand les battants de la fenêtre laissant ainsi entre l’air frais de la nuit. Il regagna rapidement le lit où Lyleth n’avait pas bougé. Accoudé près d’elle, il l’observa un moment dans la pénombre, et se demanda si ce serait de la méchanceté que de la réveiller maintenant. Son dilemme fut interrompu par la main de la jeune femme qui se mit à caresser son cou puis son torse. Elle se joignit à lui, le poussant délicatement pour qu’il s’allonge sur le dos et elle s’installa d’autorité, les genoux entre les cuisses de Dorhn qui se laissa faire, ravi. Elle se pencha de tout son long sur lui, caressant son torse de sa poitrine, elle se mit à l’embrasser, d’un de ces baisers dont elle avait le secret, puis abandonnant ses lèvres, elle alla mordiller le lobe de son oreille gauche, enfin Lyleth se redressa titillant doucement les tétons de Dorhn qui se dressèrent illico. Elle y passa sa langue afin de bien marquer son empreinte sur cette partie du corps de son amant. Il pensa de nouveau à un petit fauve en la voyant investir totalement chaque parcelle de sa peau. Les mains de la jeune femme vinrent ensuite caresser ses flancs, glissant sous ses reins, descendant lentement sur ses fesses puis remontant sur son ventre pour finalement venir emprisonner son membre dans ses doigts. Il râla de plaisir. Elle s’amusa à y faire quelques va-et-vient rapides, puis elle suivit le contour de son gland humide du bout de l’un de ses doigts. Elle approcha son visage de son membre et elle souffla doucement sur les gouttes qui perlaient, alors elle releva son visage vers lui, le gratifiant d’un regard espiègle, puis elle alla saisir dans sa bouche le bel instrument qu’il lui offrait de toute la force de son désir. Elle joua alors de sa bouche et de ses lèvres sur la peau si sensible, faisant tressaillir de plaisir son amant à chaque coup de langue, mordillant, aspirant , croquant et emprisonnant avec souplesse son sexe qu’elle tenait fermement dans ses doigts, l’empêchant ainsi de se laisser aller à l’orgasme trop tôt. Dorhn grognait et se cambrait sous ses attouchements, il gémissait sous la pression de ses doigts, sa respiration devenait saccadée mais sans pitié elle ne lui permit pas de retrouver son souffle, sa langue tournait et virevoltait l’entrainant au bord de l’explosion. Il dut reprendre le contrôle sous peine de se libérer entre ses lèvres et ce n’était pas réellement ce qu’il avait en tête. Il l’allongea sur lui, la caressant jusqu’à lui en donner des frissons, mordillant ses seins et cherchant l’entrée du puits secret de ses doigts aventureux.
    Lyleth ouvrit alors les jambes, lui livrant le passage sans attendre. Il bascula sur lui-même entraînant sa partenaire sous lui, lui murmurant qu’il la désirait à cet instant. Elle l’accueillit entre ses cuisses, se caressant avec son membre, et ses yeux rivés dans ceux de Dorhn, elle plaqua ses hanches contre les siennes, faisant glisser son membre en elle lentement, retenant son souffle et refermant ses cuisses sur le bassin de son amant, croisant ses jambes haut sur ses reins, verrouillant ainsi la force de ses poussées. Excitée, elle roulait des hanches pour caresser sa petite fleur sur le sexe dur et gonflé de Dorhn qui commença ses mouvements, les accélérant au rythme de sa respiration. Ses coups de reins se faisaient plus violents, les mains posées sur les seins de la jeune femme dont il suçait les pointes dressées. Lyleth haletait, les mains crispées sur le dos de Dorhn, elle ne retenait plus ses gémissements, se cambrant le plus possible pour qu’il aille toujours plus profond en elle. Il plongeait dans son puits de plus en plus vite et de plus en plus fort, libérant soudain sa semence avec force, elle se crispa poussant un cri qu’il étouffa sous ses lèvres, son orgasme l’emporta avec une telle violence qu’il lui fallut du temps pour que son souffle s’apaise. Il s’allongea alors sur le dos et la cala contre lui au creux de ses cuisses, sa tête sur son torse, il posa ses mains sur ses fesses, la gardant comme dans un nid douillet et ils s’endormirent sans un mot. Le contact de leur corps était à lui seul un dialogue qu’ils poursuivraient plus tard...Mylhenn...Début 2014...


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       ... Son APN en bandoulière, Dorhn musardait au gré des ruelles du vieux quartier de la ville. Par ce bel après-midi d'été, il espérait le cliché qui 
    ferait la différence parmi ceux de ses collègues lors du briefing. Les jets bouillonnants de la fontaine couverte de mousse, produisaient d'imperceptibles 
    arcs-en-ciel qu'il immortalisa pour la forme. Les jeux d'ombres et de lumière qui se dessinaient sur les façades recouvertes de vigne rouge de la 
    maison des vétérans pourraient éventuellement lui façonner un panneau pour son salon dont il n'avait pas encore commencé la décoration. En 
    effet, Dorhn avait déménagé depuis peu à la suite d'une peine de cœur. Pourtant, depuis son arrivée dans ce petit village de Provence, il ne parvenait 
    pas à avancer. Peu de livres, de vêtements et de vaisselle avaient été déballés. Et si les meubles étaient en place, c'était uniquement parce que les déménageurs 
    y avaient contribué. Dorhn avait besoin de cette transition avant d'avancer.
    Perpétuer le souvenir de découvertes extraordinaires était la seule raison pour laquelle il cheminait le long de l'allée piétonnière en pleine canicule. 
    Soudain, à l'extrémité de la ruelle, la silhouette gracieuse d'une jeune femme attira son regard. Il se figea. Appréciant la démarche plaisante de 
    celle-ci, un léger sourire se dessina sur ses lèvres et il l'observa sans retenue. Progressant nonchalamment dans sa direction, l'attrayante créature 
    était vêtue d'une robe légère dont le corsage ajusté enveloppait ses charmes et la jupe virevoltait au rythme de ses déhanchements. Elle dépassa Dorhn, 
    laissant planer un délicat parfum dans son sillage. Il reconnut aussitôt la fragrance de Serge Lutens, senteurs d'orient mêlées aux fleurs de citronnier, 
    qu'utilisait l'une de ses collègues. Cette belle rencontre l'avait mis de bonne humeur. Il s'était retourné un bref instant, la suivant des yeux, le temps 
    de la voir disparaître au bout de l'allée puis il avait repris sa marche.
    Dorhn, la petite quarantaine, un corps qu'il entretenait avec soin, appréciait les jolies femmes. C'est sans doute pour cela que Maïra avait mis un 
    terme à leur relation. Elle en avait eu assez d'entendre toujours la même excuse lorsqu'elle surprenait le regard appuyé de son compagnon sur l'une 
    de ses congénères. "C'est professionnel ma chérie, je ne vois cette personne que comme un éventuel modèle!" Maïra croyait en la sincérité de Dorhn, mais 
    un jour, il y eut le premier dérapage, puis le second deux mois plus tard. La belle Annie avait été celle de trop et cela avait précipité son départ. Dorhn 
    comprit, mais trop tard, qu'il tenait vraiment à Maïra. 
    Dorhn explora le sentier qui conduisait au donjon en ruine de la forteresse qui surplombait le vieux bourg. Séduit par l'assemblage des vieilles pierres 
    qui résistaient encore au temps qui passe, il ajouta plusieurs clichés à sa carte mémoire. Il se risqua sur un pont branlant et découvrit que la rivière 
    censée couler au-dessous devait être assêchée depuis bien longtemps. Pourtant, en regardant bien, il aperçut un mince filet d'eau qui courait entre 
    les rochers et les broussailles. Il devait certainement y avoir une source, d'où le nom du village. Ses pas le ramenèrent au centre de l'agglomération 
    dont les rues désertes étaient dévorées par la flamme incandescente de l'astre solaire. Il emprunta une rue où les immeubles modernes jouxtaient 
    des bâtiments anciens. Deux statues démesurées, gardiennes de l'entrée du parc verdoyant au centre-ville, luisaient d'un éclat presque fluorescent. 
    Son APN crépita plusieurs fois. Seulement couvert d'un short cargo et d'une chemisette sans manches, Dorhn commençait à trouver la chaleur insupportable. 
    Le besoin de s'hydrater lui devenait plus que nécessaire. Il repéra un charmant petit troquet à la terrasse ombragée vers lequel il se dirigea immédiatement. 
    Sirotant une boisson fraîche à petites gorgées, il s'adossa confortablement au fauteuil bistrot sur lequel il était assis. Après une dizaine de minutes 
    de détente, il se saisit de son APN posé sur la table, et entreprit de faire défiler les nombreux clichés qu'il avait réalisé. Concentré sur sa tâche, il ne 
    remarqua pas que quelqu'un était venu s'installer à la table voisine de la sienne. Son odorat le ramena à la réalité. Une effluve citronnée taquinait 
    ses narines, ce ne pouvait être que... 
    À quelques centimètres de lui, assise avec grâce, le regard perdu dans ses songes, se tenait l'inconnue du sentier. Détaillant les éclats dorés, entre 
    miel d'acacia et miel de châtaigner, de sa chevelure aux mèches rebelles, il la trouva encore plus séduisante. Le bleu, quasi gris-perle, de ses yeux 
    l'envoûta aussi sûrement que les incantations d'un maître vaudou. Il trouva si sensuelle la façon dont elle porta son verre à ses lèvres qu'il aurait 
    presque qualifié celui-ci d'érotique. Le mot passion traversa soudain son esprit plus que concupiscent et il maîtrisa avec peine la pulsion qui le poussait 
    à aborder la jeune femme à des fins inavouables. Interceptant son regard, la jeune femme se mit à le détailler sans vergogne. 
    Elle le salua d'un imperceptible clignement de paupières, puis celle-ci porta un toast silencieux dans sa direction en levant son verre devant elle. 
    Dorhn ne savait quel comportement adopter et il lui sourit tout simplement. Tandis que les battements de son cœur piquaient un sprint dans sa poitrine 
    et qu'une agréable sensation de chaleur envahissait tout son être, il la vit se lever. Celui-ci fut très déçu. En passant près de lui, la promiscuité des 
    tables lui donna l'occasion de frôler de sa cuisse le bras de Dorhn. Un frisson le traversa des pieds à la tête. Elle s'excusa machinalement d'une voix 
    douce puis elle se dirigea vers le sentier conduisant au canal. Dorhn la perdit de vue une fois les frondaisons passées. 
    Sans réfléchir, il se leva à son tour et ses pas le propulsèrent vers le vieux chenal où de nombreux saules tire-bouchon faisaient une haie d'honneur 
    aux rares promeneurs du moment. Sous les arbres majestueux, le long de la berge, tous les bancs étaient inoccupés, preuve de l'extrême chaleur qui 
    régnait. Soudain, Dorhn aperçut celle qu'il suivait. Elle venait de se faufiler dans le feuillage épais d'un saule ancestral. Il en fit un rapide cliché 
    avant de s'engouffrer à son tour sous la cathédrale de verdure. Il y faisait frais grâce aux longues lianes vrillées qui tombaient en ramures, formant 
    un rideau touffu qui les protégeait naturellement des regards indiscrets d’éventuels flâneurs. Elle se tenait adossée au tronc court et noueux. Dans 
    ses prunelles, il ne lut pas la peur, mais l'envie. Il réalisa qu'il ne devait pas être le premier qu'elle invitait ainsi. Les branches basses du salix babylonica 
    offraient de nombreuses possibilités et elle entendait bien les lui faire découvrir. Dorhn tenta de se présenter, mais elle plaça un doigt en travers 
    de sa bouche lui intimant ainsi l'ordre de se taire. Ravissante et enjouée, elle s'approcha de lui, puis adroitement elle entreprit un déboutonnage 
    en règle de la chemise en lin de celui-ci. Ses doigts délicats effleuraient la peau de son torse et il frissonnait au contact léger qu'elle prolongeait 
    délibérément à chaque boutonnière. Lentement, elle lui retira sa chemise, la déposant sur l'une des branches basses à sa portée. D'une œillade, elle 
    quémanda la permission de poursuivre. Sans attendre la réponse, elle fit courir la pulpe de ses doigts sur les flancs sensibles de celui qu'elle avait 
    instauré amant du jour. Dorhn tressaillit et émit un gémissement rauque lorsque, glissant ses doigts sous son vêtement, du bout des ongles, sa séductrice 
    flatta ses reins. Il l'attira tout contre lui, noyant son visage dans l'épaisse chevelure de celle-ci. Elle le repoussa gentiment, et toujours sans un mot, 
    elle dégrafa sa robe puis l'ôta. Celle-ci rejoignit la chemise de Dorhn sur la penderie improvisée. Impudique et sûre d'elle, elle le bravait du regard. 
    Le corps dressé en i, elle tendit légèrement son pied droit devant elle. Tels deux tentacules, elle leva ses bras progressivement au dessus de sa tête tout 
    en tournant ses poignets en de légers mouvements. Son regard était fixé sur le visage de Dorhn. Elle se mit à ondoyer habilement du ventre comme 
    le font les danseuses orientales, puis elle descendit ses bras devant son visage et les croisa avec élégance sans stopper le mouvement de ses poignets. 
    Le mouvement lascif de son bassin hypnotisait Dorhn qui avait bien du mal à réprimer l'envie de poser ses paumes sur les hanches de la danseuse. 
    Lorsque les bras de celle-ci se trouvèrent à hauteur de ses hanches, elle renouvela son envolée. Les rares rayons de soleil qui parvenaient à traverser 
    l'épaisseur du feuillage les enveloppait d'un halo mordoré et le corps presque nu de la jeune femme ressemblait à une créature échappée des champs 
    Élysées. Elle maîtrisait parfaitement l'art difficile qu'elle avait choisi pour le fasciner. Au lieu d'un vulgaire strip-tease, elle lui offrait un véritable 
    spectacle. Bien campée sur ses pieds, elle écarta légèrement les jambes, puis détendue, elle joua de ses genoux, les bras encadrant ses hanches en parenthèses, 
    générant les tremblements caractéristiques de cette chorégraphie compliquée. Son corps entier se mit à vibrer sous le regard admiratif de Dorhn. Cela 
    faisait bien longtemps que celui-ci n'avait pas ressenti l'appel de la chair avec une telle intensité. La démonstration de la jeune femme se termina 
    en apothéose, le laissant tout comme elle, hors d'haleine. Ayant rapidement repris son souffle, elle s'avança vers lui puis son visage près du sien elle 
    effleura ses paupières de ses lèvres. Ce fut le tour de ses joues puis de ses lèvres qu'elle pinça délicatement de ses dents. Tandis qu'elle se serrait avidement 
    contre le torse dénudé de Dorhn, ses mains câlinant ses épaules, elle joignit sa langue à celle du bougre pantelant qu'il était devenu, tentant désespérément 
    de lui dissimuler l'érection qui rendait désormais son boxer trop étroit. Mais n'y tenant plus, les sens exacerbés, Dorhn l'enlaça à son tour. Il l'embrassa 
    avec passion, flattant des paumes les fesses couvertes d'une lingerie arachnéenne de sa jolie partenaire. Malicieuse, celle-ci pressa son ventre contre 
    la virilité douloureuse de Dorhn. La respiration saccadée de la jeune femme faisait écho aux pulsations de son cœur, rapide et débridée. Voyant 
    qu'il hésitait encore à lui prouver son ardeur, elle prit l'initiative de diriger leurs ébats. Avec douceur, elle le délesta de son short puis de son boxer, 
    puis elle se dépouilla prestement du petit bout de tissu qui recouvrait encore ses charmes. Ainsi nus, ils auraient pû paraître triviaux, mais leur nudité 
    n'avait rien de choquant. Tendrement, elle se pelotonna contre lui. Gémissant d'impatience elle releva haut sa cuisse, revendiquant avec force le 
    besoin qu'elle avait de cette étreinte, se soumettant à une délicieuse caresse. 
    La brulûre exquise des sens qui se propageait en eux multipliait leurs sensations charnelles. Lorsque Dorhn s'agrippa à ses hanches, le désir qui la 
    consumait la fit se cambrer, et elle s'empala d'elle-même sur le sexe turgescent de son compagnon. De lents, ses va-et-vient se transformèrent en de 
    de puissantes poussées qui les conduisirent rapidement à l'ivresse d'un fabuleux orgasme. Blottis l'un contre l'autre, ils laissèrent le temps s'écouler. 
    Des voix se firent entendre, ce qui les fit sursauter. Ils se rhabillèrent en hâte, distinguant des promeneurs non loin d'eux au travers des branchages 
    qui les abritaient. 
    - Je me prénomme Lyleth! Lui dit-elle en souriant. Cette révélation sonnait comme un cadeau d'adieu. Dorhn la vit disparaître au travers du feuillage 
    sans qu'il n'ait eu le temps de répondre. Mélancolique, il récupéra son APN suspendu à l'une des branches du saule, réalisant qu'à part ce prénom, 
    il ne savait rien d'elle. Dès le lendemain, celui-ci commença à défaire ses cartons et emplir le frigidaire. 
    La semaine suivante, à ses moments de libre, il longeait le canal avec le secret espoir de tomber sur celle qui, il devait bien se l'avouer, l'avait déchargé 
    de la faiblesse qui le rongeait depuis que Maïra l'avait quitté. Il ne compta plus le nombre de fois où il croyait reconnaître la silhouette gracile de 
    Lyleth. Dans le parc, au détour d'une rue, à la terrasse d'un café ou dans le magasin de fruits et légumes dans lequel il s'approvisionnait, Dorhn 
    se réjouissait soudain, croyant reconnaître Lyleth. Dépité, l'instant d'après, il s'apercevait de son erreur. Lors de ses errances, il exécuta bon nombre 
    de clichés incroyables dont il fit des tirages noir et blanc des plus beaux. Encadrés avec esthétisme, il dissémina ceux-ci sur les murs blancs de son 
    appartement. Le temps aidant, il n'avait pas encore tout à fait renoncer à la retrouver, mais la belle Lyleth était moins présente à sa mémoire. 
    Fabien Jacquet était le journaliste people du moment. Sa série d'articles sulfureux sur les clubs libertins de la côte étaient très en vogue. Ayant été 
    séduit par le travail de Dorhn lors d'un festival de country, il s'assura de sa coopération par l'intermédiaire de la maison de presse qui les employait. 
    Ils se donnèrent rendez-vous au "Boudoirs & Bougeoirs", un club échangiste sélect où seuls les habitués avaient droit d'entrée. Les nouveaux devaient 
    montrer patte blanche, et obligatoirement être parrainés par au moins deux anciens. Après un briefing succinct au cours duquel le propriétaire des 
    lieux expliqua à Dorhn et Fabien qu'ils devaient observer une totale discrétion envers les clients, ceux-ci déambulèrent dans les "ruelles" ouatées 
    du club. Le dress code et l'ambiance feutrée n'avait rien à voir avec ce qu'imaginait Dorhn. Jacquet connaissait bien son sujet et restait très professionnel. 
    Il n'y avait rien de malsain dans ses questions. Deux couples acceptèrent de s'isoler un moment pour lui apporter quelques réponses. Discret, Dorhn 
    joua de son APN uniquement pour immortaliser le décorum moelleux ainsi que l'ambiance polissonne qui régnait. Rien de vicieux ni d'obscène ne 
    vint agresser son objectif. Les hôtes du journaliste lui confièrent qu'eux venaient là pour assouvir un fantasme commun et raviver la flamme du 
    désir. Ils expliquèrent ensuite, qu'avides de sensations nouvelles, certains tentaient la première fois. Mis en confiance par des procédés conviviaux, 
    ils se laissaient guider vers l’alcôve coquine. Certains couples illégitimes venaient pour y vivre leurs fantaisies en toute quiétude sans le risque d'une 
    rencontre malheureuse. D'autres couples, amants d’un moment, étaient là pour enrichir leur expérience à la découverte de nouveaux plaisirs inédits. 
    En terminant l'entretien, Sacha désigna un homme d'une quarantaine d'années à ses interlocuteurs en précisant que celui-ci ne venait au "Boudoirs 
    & Bougeoirs" que deux ou trois fois par an, s'offrant ce qu'il appelait ses voyages exotiques. Fabien remercia chaleureusement Sacha et son amie ainsi 
    que l'autre couple. Il s'apprêta à quitter les lieux, car il avait largement de quoi étoffer son article. Dorhn le suivait de près, recueillant à la dérobée 
    les derniers clichés qui lui paraissaient intéressants. 
    Soudain, la musique d'ambiance cessa et le tintement léger d'une clochette attira les regards vers une scène modeste mais très éclairée. 
    - Chers hôtes, accueillons chaleureusement les élèves de l'école de danse de mademoiselle Grenna! Le show de ce soir est intitulé "Malice et délice". 
    L'animateur attendit que cesse les applaudissements puis il poursuivit d'une voix enjouée: 
    - Soyez attentifs, vous y découvrirez certainement l'inspiration pour une fin de soirée agréable! Je vous souhaite un bon divertissement! 
    Dorhn et Fabien se consultèrent du regard, et d'un commun accord décidèrent de profiter du spectacle. Après tout la soirée leur était offerte, pourquoi 
    n'en profiteraient-ils pas? Un tintement de clochette résonna une nouvelle fois, puis une musique langoureuse et envoûtante s'échappa des hauts-parleurs. 
    Apparues d'on ne sait où, sept danseuses orientales occupaient maintenant l'estrade. Elles étaient vêtues d'un costume semblable en tout point. Un 
    bustier à paillettes vert et or bordé de grappes de perles de verres, rondes. À chaque extrémité des grappes, un sequin de métal doré lançait des éclairs 
    sous la lumière des projecteurs. Une jupe longue, faite de plusieurs épaisseurs de mousseline, de la même couleur que le bustier, fendue sur les côtés, 
    était maintenue à la taille par une large ceinture ornée de motifs géométriques brillants de mille feux. Un bijou de tête et des bracelets fins complétaient 
    la tenue de scène. Féminines par excellence, dès que se firent entendre les premières notes d'une mélodie 
    exotique et envoûtante, les exécutantes entamèrent de gracieuses arabesques des bras et du corps. La chorégraphie, était parfaitement adaptée au 
    au lieu. La fluidité des déplacements était l'invitation au voyage qui conduisait au cœur de la sensualité. Chaque partie de leur corps était mise 
    à contribution. Cela devint un réel plaisir pour toute la salle que d'admirer ce ballet, tantôt saccadé et rythmée, tantôt ondulant et fluide puis enjouée 
    et dynamique. 
    Dorhn observait le spectacle avec attention. Une impression de déjà vu s'imposa à lui, mais il ne parvenait cependant pas à se rappeler à quel moment 
    il avait déjà assisté à un tel spectacle? Trente minutes plus tard, sous les applaudissements nourris des spectateurs, les danseuses disparurent dans 
    l'obscurité. 
    - Mesdames et Messieurs, j'ai l'immense joie de vous présenter l'instigatrice de ce show! Applaudissez mademoiselle Grennaaaa! 
    Émoustillés par les danses sensuelles qui les avaient distraits, ce public de choix fit une ovation à la danseuse professionnelle. La lumière se ralluma. 
    Tous découvrirent une splendide jeune femme, affublée d'un costume flamboyant. Ses cheveux blonds, lissés, encadraient son visage et retombaient 
    de chaque côté de ses épaules. Elle ne portait aucun bijou si ce n'était le foulard incrusté de minuscules petit grelots qui enserrait sa taille. Tous se 
    turent dès qu'elle eut salué l'auditoire d'une courte révérence. Une douce pénombre baigna alors la scène, puis, magique et lanscinante, la musique 
    se fit entendre. 
    Le corps tendu à l'extrême, la séduisante artiste leva avec grâce son pied droit devant elle tout en remontant ses bras au dessus de sa tête. Le mouvement 
    sensuel de ses poignets captivait l'assistance. Elle fixait son regard droit devant elle, un doux sourire aux lèvres. Elle agita lentement son bassin de 
    gauche et de droite puis d'avant en arrière, évitant de cambrer ses reins pour une imitation parfaite de la danse du cobra. Les sonnailles de sa ceinture 
    faisaient écho à la mélodie qui guidait ses ondoiements. Elle prit assise sur ses pieds, les jambes légèrement écartées. Ses genoux entamèrent un vibrato 
    époustouflant jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que trémulation...
    Sonné, comme s'il avait reçu un violent coup de poing dans la poitrine, Dorhn le regard fixe n'en croyait pas ses yeux. Son sang emprunta l'accélérateur 
    à particules qu'étaient devenues ses artères et son cœur se mit à battre la chamade. En pleine confusion, il sentit qu'il allait perdre l'équilibre, et 
    ce n'est qu'au prix d'un terrible effort de volonté qu'il réussit à faire disparaître la sensation de vertige qui l'avait envahit. Ses tremblements ne cessèrent 
    que lorsqu'il porta enfin ses yeux sur la jeune femme qui se tenait sur la scène. 
    Mais pourquoi diantre, ne l'avait-il pas reconnu immédiatement? 
    Celle qui se produisait devant ses yeux médusés, n'était autre que Lyleth. SA Lyleth. Celle qu'il avait recherchée pendant des semaines. Le costume de 
    scène, l'ambiance et le rayonnement multicolore des spots réglés au minimum avait masqué l'identité de celle qu'il croyait ne jamais revoir. Mais, 
    comment oublier ses courbes parfaites qui l'avait séduit dès le premier regard qu'il avait porté sur elle. 
    Dorhn réarma son APN et alla s'asseoir au sol tout près de la scène, dans un angle mort afin de ne pas déranger les autres spectateurs. 
    En virtuose qu'elle était, Lyleth évoluait avec un charme fou, elle donnait une vie propre à ses épaules qu'elle remuait avec élégance, puis les trémoussements 
    qu'elle infligea à son buste échauffèrent les esprits. Le ballet de ses bras et de ses mains ne faisait qu'accentuer le côté lascif de son art. Et enfin, oscillant 
    d'avant en arrière, Lyleth fit bouger son ventre au rythme de la musique. Ce déhanché dont l'amplitude dépassait tout entendement pour les novices, 
    provoquait les tintements des minuscules clochettes accrochées à sa taille. Sa démonstration se termina sur un tonnerre d'applaudissements. 
    À peine essoufflée, celle-ci s'inclina dans une pose respectueuse puis disparut aux yeux du public transporté. 
    Encore subjugué par sa découverte et par le spectacle auquel il venait d'assister, Dorhn ne réagit pas immédiatement à la disparition de Lyleth. Ce 
    ne fut que lorsqu'il prit conscience que les hôtes du club reprenaient là où ils en étaient restés avant le show qu'il revint à la réalité. Sa première 
    réaction fut de chercher la jeune femme des yeux, mais il ne la vit nulle part. Il repéra Fabien en charmante compagnie. Celui-ci serrait de près une 
    petite rousse avenante qui le couvrait de caresses sensuelles. Sans remords Dorhn l'abandonna à son sort. 
    Se déplaçant d'alcôves en niches, de boudoirs douillets en salons confortables, il finit par découvrir celle qu'il s'efforçait de retrouver. 
    Entourée d'une cour d'admirateurs, Lyleth était tout sourire. Une coupe de champagne rosée en main, elle portait un toast en l'honneur de l'assemblée. 
    Dorhn s'approcha presque avec timidité. Lyleth le repéra instantanément. Son sourire se fit plus avenant et elle leva son verre dans sa direction.
    - Oserais-je vous demander de venir trinquer à cette belle soirée avec nous monsieur... Monsieur? 
    - Dorhn! Dorhn Grémont, pour vous servir! Accepteriez-vous ma compagnie? D'un signe de tête, elle lui signifia que sa requête était acceptée. Déçus, 
    ses prétendants les abandonnèrent à leur tête-à-tête. Il était bien établi que lors de ces réunions, jamais une présence non désirée n'était imposée. 
    Tous avaient immédiatement compris que Lyleth désirait s'isoler avec cet homme. Sûre d'elle, Lyleth conduisit Dorhn à l'étage, dans une douillette 
    alcôve dont elle referma avec soin les rideaux épais derrière elle. 
    - Ainsi personne ne viendra nous déranger! Dit-elle avec un regard espiègle. Dorhn se dit soudain que celle-ci devait être une habituée des lieux. 
    Il ne savait qu'en penser. Toutefois, il comprenait à présent le comportement détendu de la jeune femme lors de son approche sous le saule. Après tout, 
    peu lui importait qu'elle soit une adepte du libertinage, du moment qu'elle accepte de l'initier. Peut-être que, si Maïra et lui avaient connu cette 
    possibilité, leurs chemins ne se seraient pas séparés? Non, l'heure n'était plus aux regrets, il avait Lyleth près de lui et il entendait bien lui devenir indispensable 
    quitte à la partager avec d'autres. Et s'il avait bien compris le principe, lui aussi aurait le droit de regarder ailleurs. Tout à ses réflexions, il ne vit 
    pas que la jeune femme le fixait intensément.
    - Mon style de vie vous choque Dorhn? Demanda-t-elle soudain inquiète. 
    - Je crois que je vais très vite l'adopter chère Lyleth! Répondit-il avec un large sourire. Elle posa une main sur la poitrine de Dorhn et le gratifia d'un 
    tendre baiser que celui-ci lui rendit avec la même tendresse. 
    - Cher partenaire, je vais vous apprendre quels sont nos codes! Le regard ensorcelant, elle l'attira près d'une banquette recouverte de coussins moelleux. 
    Dorhn s'abandonna à son enseignement avec délectation. 
    - Tout d'abord mon ami, il faut se vouvoyer! Vous vous rendrez vite compte, que cela accroît le désir! Tout en s'exprimant, elle se dévêtit avec aisance, 
    lui offrant la vue d'un corps parfait. Mais il le savait déjà. 
    - Ensuite, il faut abandonner tout embarras face à la nudité! Avec prévenance, elle entreprit alors un effeuillage empreint d'érotisme en ôtant adroitement 
    les vêtements de Dorhn. Il n'y avait rien de vulgaire dans ses gestes et nulle concupiscence ne se lisait dans son regard. 
    - Pour terminer cette première leçon, sachez qu'en ces lieux tout est respect de l'autre! Observez les règles de convenances et vous serez apprécié! Voyant 
    que Dorhn ne comprenait pas l'allusion, elle le poussa gentiment sur le siège confortable derrière eux, puis elle se laissa glisser à son tour sur les 
    coussins douillets. 
    - Puis-je espérer monsieur un peu de votre attention? Tout à coup, il saisit la nuance. Le libertinage n'était en rien de la perversion. Certes, il était 
    question de sexe, mais surtout de partage. Personne n'obligeait à rien, et si l'on essuyait un refus, l'on s'adressait à celle ou celui qui accepterait enfin 
    de s'abandonner au affres de la volupté dans un recoin discret. Cela pouvait aussi se décliner en celles et ceux. Nul besoin de revisiter sauvagement 
    le kamasütra, parfois, il suffisait de quelques caresses ou de baisers langoureux pour parvenir à la félicité. Dorhn enlaça Lyleth, et lui donna enfin 
    le baiser passionné qu'elle attendait.
    - Je crois madame avoir découvert les mantras du libertinage grâce à vous! Lyleth scruta son visage avec intérêt. 
    - Je vous écoute monsieur! 
    - Cela se résume en trois phrases! Elle resta silencieuse, attendant qu'il poursuive. 
    - Tout est permis, rien n'est obligatoire! Ne jamais forcer son ou sa partenaire! Ne pas se vexer en cas de refus! Énuméra-t-il fier de lui. 
    - Vous êtes un excellent élève Dorhn! Mais arrêtons de philosopher! Souvenez-vous combien vous étiez fougueux sous le saule? J'attends de vous monsieur, 
    que vous me transportiez au faîte du plaisir! Tout était dit, il venait d'obtenir la permission tant désirée. Ils naviguèrent longuement entre jouissance 
    et euphorie et flirtèrent avec passion et extase. Impatiente, elle l'avait accueilli avec bonheur pour finalement atteindre l'ivresse d'orgasmes quasi 
    sismiques. À présent, encore cambrée sous la puissance de l'ancre de vie de Dorhn, Lyleth haletait, incapable de reprendre son souffle. Une fois sa 
    virilité détendue, le feu de ses sens assouvi, celui-ci goûta avec ravissement à la torpeur dans laquelle il baignait. Lyleth s'apaisa à son tour. Épuisée, 
    elle allait s'assoupir lorsqu'il lui confectionna un nid douillet de sa personne. Ils restèrent ainsi, peau contre peau, ne faisant plus qu'un, soudés 
    par l'onctueux velouté d'amour qui les avait projeté au plus haut de la vague. Le dialogue silencieux de leurs corps les berça avec complaisance, les propulsant au-delà du septième ciel...

    * L'original de ce texte est dans l'onglet "Contenu pour adultes".


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  •    ...( I )...Sa tasse de thé brûlant dans la main droite, Aeydan s’était accoudé au bastingage du yacht pour apprécier le ballet des bateaux de pêche au loin. Il était 
    très tôt, six heures trente à peine. Les épais nuages qui obscurcissaient le ciel maintenaient le port dans une semi-obscurité bienfaisante. Même en vacances, 
    celui-ci aimait se lever aux aurores afin de profiter de la quiétude des lieux. Paix toute relative, car, du vol de mouettes qui suivait les pêcheurs s'échappait des 
    piaillements stridents. Au loin, les moteurs diesel des embarcations emplissaient la baie de leurs grondements. Et les premiers klaxons résonnaient déjà au cœur 
    de la ville. Malgré tout, Aeydan se ressourçait en toute sérénité aux fragrances salées que la brise marine lui renvoyait du large. Détendu et relaxé, il réfléchissait 
    à certains dossiers en suspens. Il ne parvenait jamais à décrocher totalement. Parfois, son esprit vagabondait à des milliers de kilomètres, là où résidaient famille 
    et amis. Il y avait si longtemps qu'ils les avait quitté que l'éloignement transformait petit à petit ses souvenirs en douce rêverie. 
    Alors qu'il portait sa tasse encore fumante à ses lèvres, Aeydan aperçut une frêle silhouette qui avançait mécaniquement le long du quai. La démarche incertaine, 
    une jeune femme se déplaçait péniblement en zigzags. Encore une qui ressortait ivre du Seagull pensa-t-il. La boîte de nuit du port avait très mauvaise réputation 
    car, malgré la loi stricte, l'on y servait de l'alcool aux très jeunes et quelques drogues illicites y circulaient souvent à l'arrière. Malheureusement, le patron était 
    le neveu d'un député très médiatique, alors... 
    Médecin-administrateur d'un service d'urgences, Aeydan accueillait régulièrement des femmes dans le même état que celle-ci lors de ses gardes. Il ne lui était 
    pas possible de porter toute la misère du monde sur ses épaules, mais incapable de détourner le regard, il se mit à observer attentivement sa progression. 
    Il comprit qu'il y avait bien plus qu'une soirée arrosée en découvrant la tenue de la jeune femme. Celle-ci se rapprochait dangereusement du bord du ponton aux 
    amarres. Maintenant, il distinguait clairement les sanglots désespérés qui s'échappaient d'entre ses lèvres. Le peu de tissu qui la couvrait encore était en lambeaux, 
    et l'un de ses pieds n'était plus chaussé. D’une main couverte de sang, elle protégeait son visage tuméfié d'un agresseur invisible. De vilaines griffures striaient 
    ses bras et l'une de ses épaules. Dans un dernier sursaut d'énergie, Hélie se projeta en avant, se laissant choir dans le ressac où l'eau glacée l'aspira en quelques 
    secondes. Elle n'avait pas essayé de lutter contre le courant. Aeydan avait deviné ses intentions, mais le temps qu'il pose sa tasse sur la rambarde et ôte ses 
    chaussures, la jeune femme avait déjà sauté. 
    D’un plongeon impeccable, il fendit la vague. Il rejoignit en quelques brasses l'endroit où Hélie avait coulé. Après plusieurs essais, il parvint à crocheter celle-ci par 
    un poignet et la remonta à la surface. Aidé de l'un de ses marins, il la hissa sur la jetée. Elle toussait en recrachant l’eau salée qu’elle avait avalé et entre deux 
    quintes, elle insultait ses sauveteurs d'une voix essouflée. Hystérique, elle repoussa la couverture dans laquelle on voulait la réchauffer. Elle se releva en gesticulant, 
    frappant à l'aveuglette tous ceux qui tentaient de la calmer. Aeydan comprit qu'il allait falloir être brutal s'il voulait la maitriser. Il la gifla le moins cruellement possible. 
    Soudain inerte, elle s'écroula contre Aeydan qui la souleva sans difficulté. 
    Une fois sur le BIRBAL, elle se laissa doucher comme une enfant, acceptant même que son sauveteur l'ausculte. Celui-ci avait découvert qu'un nombre impressionnant 
    d'ecchymoses et de griffures recouvrait le corps émacié de la jeune femme. Horrifié, il constata qu'une poignée de ses cheveux avait été arrachée juste derrière 
    son oreille droite. S'était-elle fait agresser sur le parking? L'état de la robe que portait Hélie lui donna à penser qu'il pouvait s'agir d'un viol. Pourtant, cela n'expliquait 
    pas la maigreur, ni les hématomes anciens qui parsemaient les cuisses et le bas du dos de sa patiente. 
    En état de choc, revêtue de l'une des chemises d'Aeydan, Hélie, immobile et le regard vide, contemplait sans la voir, la tasse de chocolat chaud qu'on lui avait servi. 
    Le médecin se décida finalement à lui injecter un léger lénitif afin de la soulager. Sédatée, mais surtout épuisée, elle s'endormit tranquillement. 
    Affolée, celle-ci se réveilla en pleine mer. Une terrible crise d'angoisse la submergea lorsque Aeydan refusa de la reconduire à terre. Il tenta de la réconforter en 
    lui expliquant qu'elle serait mieux sur le yacht que dans un service bondé en psychiatrie. Parce que c'est ce qui allait lui arriver après une tentative de suicide. 
    Révoltée, elle hurla et implora. Puis, prostrée, elle s'imposa un mutisme total durant plusieurs jours, refusant même de se nourrir. 
    Sans pouvoir expliquer pourquoi, Aeydan avait pris en main la destinée de cette inconnue, et à force de patience, il parvint à briser la carapace qu'elle s'était forgée. 
    S'apprivoisant enfin, par bribes, elle lui livra le calvaire journalier auquel la soumettait un compagnon brutal. Elle s'était enfuie après la dernière correction qu'il lui 
    avait infligé. Comme elle ne trouvait d'aide nulle part, elle avait eu l'idée de mettre fin à ses jours. Aeydan était sonné à chacune de ses confessions et enfin en 
    confiance, elle lui révéla son nom de famille. 
    Dégouté, il se rendit compte en les contactant, que la plupart des membres de la famille de la jeune femme était au courant de sa situation. Pourtant aucun d'eux 
    ne lui avait proposé d'aide. Poussant plus loin ses recherches en tant que praticien, il découvrit qu’une douzaine de mains courantes pour mauvais traitements 
    avaient été déposé à l'encontre du compagnon d'Hélie. Il obtint les rapports de trois médecins urgentistes pointant du doigt les nombreux passages d'Hélie dans 
    leur service. Les dossiers avaient été classés sans suite. Il comprenait à présent le geste désespéré de sa patiente. 
    Les jours suivants, Aeydan eut à jongler entre angoisse, ataxie et crises de colère. C'est là qu'il se rendit compte que la jeune femme était en manque. Se droguait-elle 
    pour supporter son calvaire? C'est avec un regard innocent qu'elle lui affirma n'avoir jamais pris de stupéfiants. Aeydan en doutait réellement...
    Irritable et agressive lors de ses crises, elle exigeait D'Aeydan qu'il la reconduise à terre. Elle recommença à refuser toute nourriture et menaça de se jeter par 
    dessus bord. Le médecin comprit qu'il devait traiter Hélie comme l'une de ses patientes. Pour cela, une halte au prochain port s'imposait. Elle avait besoin de 
    médicaments qu'il ne possédait pas sur le yacht. Hélie devrait aussi se soumettre à un examen médical, Aeydan souhaitant l'avis de l'un de ses confrères. 
    Un magnifique sourire éclaira le visage de la jeune femme lorsqu'il lui annonça qu'ils allaient à terre, mais elle se renfrogna bien vite en comprenant qu'il l'accompagnerait. 
    Il demanda à être présent dans le cabinet du médecin de la “clinique du parc”. Il s'avéra qu'Hélie n'avait de séquelles en dehors des marques de coups. Le praticien 
    recommanda l’aide d’un professionnel pour lui faire évacuer les traumatismes qui provoquaient ses cauchemars. Il la trouva d'une extrême maigreur aussi, lui prescrit-il une ampoule de vitamine D tous les quinze jours pendant deux mois, ainsi qu'un anxiolytique léger au coucher. En confidence, il laissa sous-entendre que la protégée d'Aeydan souffrait d'un manque, mais sans analyses sanguines, il ne pouvait se prononcer. Celle-ci refusa catégoriquement le prélèvement. Le clinicien jugea inutile de la solliciter plus qu'elle n'en pouvait supporter. Sur le trajet de retour au BIRBAL, Aeydan offrit quelques vêtements plus seyants qu'un t-shirt de marin et 
    un legging à la jeune femme. Elle le remercia en lui promettant de le rembourser dès qu’il la ramènerait au pays. 
    Après une courte promenade, ils revinrent au BIRBAL. Prétextant un mal de tête naissant, la jeune femme alla s'isoler dans sa cabine. Au moment où le capitaine 
    allait lever l'ancre, Aeydan s'aperçut de la disparition d'Hélie. 
    Avec l'aide de son personnel et de la police, Aeydan passa une partie de l'après-midi à rechercher la jeune femme. Finalement, l'un des marins la retrouva dans l'un 
    des petits bars du port ouest de l'île. Aeydan comprit immédiatement de quel manque souffrait Hélie lorsqu'il entra dans le débit de boissons. Installée à l'écart 
    des autres clients, léthargique, les yeux clos et un sourire béat sur les lèvres, la jeune femme était adossée à la banquette, les jambes posées sur le siège. 
    Devant elle, un verre et une bouteille de vodka vides. Ivre morte, elle avait encore la force d'ingurgiter à même la bouteille qu'elle tenait dans sa main droite, force 
    rasades d'alcool. 
    Aeydan fondit sur elle, et, malgré ses protestations, il la souleva brutalement, et la déposa comme un vulgaire sac de pommes de terre sur ses épaules. 
    - Qui va payer ses consommations? Hurla le barman en se précipitant à la suite d'Aeydan qui sortait de l'établissement.
    - Estimez-vous heureux que je ne prévienne pas les autorités! Répondit celui-ci sans prendre le temps de se retourner. 
    Hélie se débattait en protestant vigoureusement, mais le médecin la maintenait solidement. Il la déposa sans ménagement sur le siège arrière de la jeep et prit 
    place à ses côtés. Le chauffeur démarra en trombe. Excédé par les cris et les gesticulations désordonnées de la jeune femme, Aeydan l'extirpa manu militari de 
    la jeep à leur arrivée au port. Une fois à bord, il ordonna au capitaine d'appareiller immédiatement. 
    En pleine crise d'hystérie, Hélie détruisait tout ce qui trouvait sur son passage dans la cabine où Aeydan l'avait enfermé. Celle-ci vociférait menaces et insultes 
    à son encontre. Elle s'égosilla bien inutilement, car Aeydan employa les grands moyens pour modérer ses excès. Il activa l'eau froide de la douche et la maintint 
    toute habillée sous le jet. Interloquée, elle suffoqua un bref instant, puis elle se mit à hurler de plus belle. Mais le médecin tint bon. Tout aussi trempé qu'elle, il la 
    plaqua contre lui pour l'apaiser. Alors ses cris se transformèrent en pleurs et elle laissa enfin échapper sa colère. 
    Une heure plus tard, vêtue seulement d'un t-shirt et emmaillotée dans une couverture en polaire, dans la grande couchette de la cabine d'Aeydan, Hélie dormait 
    profondément. À ses côtés, rassurant, il l'aida à surmonter le premier cauchemar. Aux suivants, il décida de lui administrer Stilnox et aotal. 
    Trois semaines plus tard, Aeydan avait repris son travail aux urgences. Il gardait précieusement en mémoire les rares sourires d'Hélie et surtout le doux souvenir 
    de cette étreinte sauvage qui les avait brièvement unis. La jeune femme s'était abandonnée à de voluptueuses douceurs entre ses bras pour finalement s'apaiser 
    au terme de douloureux sanglots. Grâce à lui, admise dans une clinique spécialisée, celle-ci commença une cure de désintoxication et l'un de ses amis avocat accepta 
    de prendre en charge le dossier d'Hélie dès que celle-ci irait mieux. 
    Pourtant, deux jours plus tard, on lui apprit que la jeune femme avait disparu du centre sans explications. Jamais il ne la revit...

    ...( II )...Après quelques jours d'errance, Hélie était finalement rentrée chez elle. Elle expérimenta le plaisir des retrouvailles, ce qui se solda par la mise en détention 
    de son compagnon violent. Moins privilégié, Hélie dut passer par la case soins intensifs puis par un service de rééducation fonctionnelle. Totalement détruite, 
    elle envisagea une fois encore le suicide. Finalement, elle opta pour l'expatriation. L'Amérique du Sud lui procura cette paix tant recherchée pendant un temps. Au 
    cours de ce voyage, elle avait empli son esprit de tonnes de souvenirs. Entre expériences inoubliables et rencontres extraordinaires, elle n'aurait qu'à piocher 
    dans son entrepôt mémoire pour se replonger au cœur des bons moments. 
    Immobile sous le panneau Gate 28 de l'aéroport, son sac à ses pieds, Hélie observa une dernière fois la fourmilière des voyageurs le regard bien à l'abri derrière 
    les énormes lunettes noires qui lui mangeaient le visage. Elle se rendit au "service" pour signaler son retour, puis elle disparut dans la masse des anonymes. 
    Le quotidien reprenait ses droits, les coups en moins. 
    Habituée à sa liberté, elle ne ferait que passer au foyer dans lequel on lui avait trouvé une place, car elle devait y partager une chambre. 
    Lorsque Sonia entra dans la pièce, Hélène la salua d’un signe de tête, ne voyant pas l’intérêt de se lier avec une personne qu’elle ne côtoierait que quelques jours. 
    Jours qui devinrent des mois. Alors que Sonia reprenait emprise sur son destin, Hélie s’enfonçait, refusant de s’intégrer à une société qui l’avait abandonnée 
    aux griffes d’un monstre à l’aurore de ses vingt ans. Petit à petit, sa détresse s'insinuait sur son corps et dans son esprit. Elle ne fréquentait que très rarement 
    le foyer à présent, lui préférant la chaleur toute relative d'un squat de quartier. Au sein de cette petite communauté, elle s'était fait des amis, et elle se sentait 
    en famille parmi eux. Elle retrouvait un semblant de sérénité devant un thé à la menthe en compagnie de Fortunée, Misa, Brigitte, Grégoire et quelques autres. 
    Parfois, Fortunée leur confectionnait des gâteaux au miel ou de bons petits plats de son pays natal sur la vieille cuisinière récupérée aux encombrants. Lamine 
    se procurait les bouteilles de gaz exceptionnellement tombées du camion. Hélie affectionnait le lieu, mais de temps en temps elle prenait le chemin du FAHRENHEIT. 
    Un bar lounge dont l'annexe faisait office de night-club. L'on y accédait par un tunnel naturel et les places étaient très demandées. 
    Hélie parvenait sans peine à y accéder, car son admission dépendait de son amitié avec l'un des videurs. Un coup de tampon fluorescent dans la paume gauche, 
    un baiser prometteur et elle franchissait le portique sans encombre. 
    Ce soir-là, la salle était bondée, ce qui était normal pour un samedi soir. L'alcool et la musique lui permettaient de se vider rapidement la tête. Les premières heures 
    de la nuit, lui étaient toujours très pénibles. Désinhibée après quatre ou cinq vodkas, elle pouvait se lâcher sur le dance floor. Hélie attirait les regards autant par 
    sa vitalité que par sa tenue vestimentaire. Elle mettait autant d’énergie dans sa gestuelle que dans l'obstination à refuser tout cavalier. Il était impossible de 
    ne pas remarquer sa silhouette gainée de noir qui virevoltait aux rythmes endiablés des tubes à la mode. Tantôt lascive les bras levés au firmament, tantôt se 
    trémoussant sans retenue. L'homme la couvait des yeux depuis un bon moment déjà lorsqu'il se décida enfin à l'aborder. Il parvint à l'approcher au moment où le 
    DJ, prenant sa pause, casa le premier slow de la soirée. Ashankar attrapa la jeune femme par la taille et s’empara de son poignet avec douceur. Hélie sursauta, 
    prête à frapper celui qui s'imposait ainsi à elle. Pourtant, quelque chose dans le regard de l'homme la dissuada de rosser l'indésirable. 
    S’ensuivit un ballet torride où soudés l’un à l’autre, Ashankar et Hélie oublièrent tout ce qui n’était pas eux. Le reste de la nuit se passa en rocks fougueux ainsi 
    qu'en chorégraphies savantes. À l'heure de la fermeture, Ashankar ne put se résoudre à quitter sa cavalière. D'autant que celle-ci avait de plus en plus de mal 
    à se maintenir sur ses jambes. Difficile de ne pas remarquer l'addiction à la vodka de sa cavalière. Lorsqu'il lui proposa de la raccompagner, elle accepta immédiatement. Ashankar lui plaisait beaucoup. Il était poli, cultivé, drôle, beau garçon qui plus est. Il lui sembla même que sa voix, virile et suave à l'oreille, assoupissait ses maux. Sans doute l'alcool qui brouille mon jugement pensa-t-elle en souriant bêtement. 
    Elle s'installa sans appréhension sur le siège passager du véhicule de luxe de son cavalier d'un soir. Elle se moquait de savoir si l'homme qui la raccompagnait était 
    un tueur en série ou un fervent pratiquant de séances SM. La raccompagner où d'ailleurs? Au centre? Au squat? À vrai dire, elle n'avait qu'une envie, c'était se 
    rendre dans un bar de nuit afin de se saouler à mort pour oublier qu'au matin, ce serait un autre jour. 
    Les mains sur le volant, Ashankar lui demanda où il devait la déposer. Hélie ne put s'empêcher de rire, elle se pencha sur lui pour l’embrasser sur la joue.
    - Où tu veux beau gosse! Sereine, elle se laissa aller contre le cuir du dossier en poussant un long soupir de satisfaction, puis elle ferma les yeux et l'alcool fit son 
    office. Elle se laissa glisser dans un mauvais sommeil d'où ses démons viendraient bien assez tôt la tirer. 
    Devant le désarroi de sa passagère, Ashankar sut ce qui lui restait à faire. 
    Ni le ronronnement du moteur, ni le rehausseur de sécurité à l'entrée du garage ne la réveillèrent. Il se gara trois étages plus bas. Hélie dormait à poings fermés. 
    Il dut se résoudre à la porter jusqu'à l'ascenseur de service non loin de son véhicule, puis traverser le palier pour accéder à la porte de son appartement. 
    Il déposa la jeune femme sur le lit dans la chambre d'amis, lui ôta ses chaussures et la recouvrit d'un plaid en mohair. Le lever du jour étant proche, il actionna le store électrique afin que la lumière ne perturbe pas son sommeil. 
    Il venait à peine de s'endormir lorsqu'il entendit les cris d'Hélie. Ses hurlements déchirants entrecoupés de sanglots convulsifs lui firent craindre le pire. Celui-ci 
    se précipita dans la chambre. Il trouva Hélie en panique, recroquevillée contre le mur, tremblant de tous ses membres. Il s'en approcha lentement pour ne pas l'effrayer. 
    De grosses larmes roulaient sur les joues de la jeune femme tandis qu'elle psalmodiait des mots sans suite. La voix d'Ashankar la calma peu à peu, et à force de 
    persuasion, elle retourna s'allonger. Elle était parcourue de frissons et grelottait sans pouvoir se contrôler. Il l'enveloppa d'une épaisse couverture et s'allongea 
    tout contre elle afin de la protéger de ce cauchemar qu'elle ne parvenait pas à faire disparaître même une fois éveillée. Ses larmes semblaient ne jamais vouloir 
    se tarir. Alors il la berça d'un conte hindou ou il était question du vent, d’un oiseau et d’un homme sage qui les apprivoisait. Elle n'en comprenait pas les paroles, 
    mais les intonations savoureuses de la langue natale d'Ashankar l'apaisèrent enfin. Finalement, elle parvint à se rendormir. 
    Ashankar savait qu'il ne se rendormirait pas aussi alla-t-il prendre une bonne douche. Une fois habillé, il décida de préparer un copieux petit-déjeuner. Son invité 
    avait bien besoin de vitamines pour se remettre. Ce n'est pas le poids plume qu'il avait soulevé quelques heures auparavant qui allait le contredire. La petite épicerie 
    de quartier de la rue était ouverte alors il décida d'aller y chercher des agrumes.
    À son retour, une demi-heure plus tard, Hélie s'était volatilisée...

    ...( III )...Parfois, son instinct de survie reprenant le pas sur sa raison, Hélie quittait le foyer sans prévenir. Elle chaussait ses grosses lunettes noires, puis disparaissait 
    dans la foule des badauds du centre-ville. Il lui arrivait de sauter dans un bus, ignorant qu’elle en était sa destination. Bus qu’elle désertait dès qu’elle apercevait 
    le contrôleur. Malheur à ceux qui la dévisageaient plus qu'il n'était nécessaire, elle devenait un petit animal sauvage, griffant et mordant si on la serrait de trop 
    près. Au hasard de ses pas, elle rapinait des fruits sur les étalages ou provoquait les vigiles de l’hyper marché du centre. Elle réussissait toujours à échapper 
    aux agents de sécurité. Elle aurait aimé renouveler l'expérience détention, mais quelque part elle comprenait que là aussi elle ne serait pas forcément en sécurité. 
    En fin de compte elle finissait toujours par traverser l’ancien parking à ciel ouvert encombré de gravas, de ronces, de planches et de vieux matériaux du bâtiment 
    D des barres HLM désafectées. Ainsi elle rejoignait la coure des miracles, SA coure des miracles. Elle y était acceptée avec bienveillance et chaleur. 
    Bienveillance, car elle s'était adaptée sans problème au petit groupe malgré sa jeunesse et son éducation. Tous s'étaient rendu compte quelle n'était pas de leur 
    milieu. Ils accueillaient parmi eux la seule SDF capable de leur payer une consultation chez un médecin ou une nuit à l'hôtel à l'aide d'une carte bancaire. Au fil des 
    semaines, elle s'échappa de plus en plus souvent de la maison d'accueil pour errer le long des rues désertes la nuit. 
    Sa meilleure amie, son double, Sonia la rejoignait parfois au squat. Elle la suppliait de regagner le foyer d'où elle serait renvoyée si elle ne suivait pas le règlement 
    à la lettre. On ne la renvoya pas, elle quitta d'elle-même ce refuge pour retrouver sa famille du squat. Avoir sous les yeux, ces hommes et ces femmes que la vie 
    avait molesté la renvoyait à sa propre déchéance. Mais la petite communauté se serrait les coudes afin de garder un semblant de dignité. 
    Sonia était sa bouée, sa confidente, son infirmière, mais elle devenait trop sérieuse à son goût. Elle ne la voyait plus que le week-end. Deux jours pendant lesquels 
    sa douce se laissait tenter par ses folies urbaines. Lamine, chien parmi les chiens aux yeux d'Allah, lui apprit quelques trucs pour échapper à la dureté de la rue, 
    à savoir comment se défendre. 
    Hélie plongea alors dans un univers où elle se sentait enfin à l’aise. Des semaines durant elle arpenta le pavé, se nourrissant d'un rien, dormant à la belle étoile, 
    et utilisant les bains-douches municipaux lorsqu'elle se sentait trop sale. Le pire, c'est qu'elle avait les moyens de s'offrir une chambre d'hôtel, mais non, il lui fallait 
    toucher le fond pour remonter à la surface. Une fois ou deux, elle répondit aux avances amicales d'une relation d'un soir, uniquement pour avoir le plaisir de faire 
    sa toilette sans avoir à faire le pied de grue dans une file d’attente. Hélie la SDF savait rester coquette malgré les aléas de son existence. Les échantillons de la 
    parfumerie du centre commercial dans laquelle elle zonait parfois lui permettait d'entretenir sa peau et son moral. Les mauvais jours s'annonçant, elle réintégra 
    la chaleur du squatt. Par ennui elle s'essaya aux herbes folles d'Anne et Myriam. Comme il lui sembla qu'elle faisait moins de cauchemars en augmentant la dose, 
    elle doubla sa consommation. L'enfer qui s'ensuivit la conduisit droit aux urgences. De retour au squat, elle tint bon une quinzaine de jour puis replongea de plus 
    belle, pour finalement se retrouver sans savoir comment elle était arrivée là, dans une ville inconnue. Hagarde, la mémoire défaillante, elle resta deux jours sur un 
    banc du jardin de ville avant qu'on ne la remarque. Son ange gardien se préoccupa de sa santé chancelante et la fit admettre dans un centre de soins. 
    Patricia lui laissa sa liberté, mais dorénavant, elle veillerait de loin sur elle. En regagnant le squat, Hélie avait compris la leçon. Le DRINK’IES venait d'ouvrir ses portes, 
    aussi décida-t-elle qu'il était temps de se changer les idées. Hélie déroba un petit flacon de Guerlain à la parfumerie, mais deux boutiques plus loin, elle s'acheta 
    une tenue hors de prix pour l'occasion. La brune piquante et la blonde pimpante entrèrent dans la bar, bien décidées à s'amuser. Sonia trouva rapidement chaussure 
    à son pied tandis qu'Hélie, malgré les nombreux verres ingurgités, ne parvenait pas à se détendre. Agitée, nauséeuse, angoissée, elle sentait venir la crise. 
    Elle fit signe à Sonia qu'elle sortait un moment puis elle se dirigea vers la sas. C'est alors qu'elle l'aperçut au bar, devisant agréablement avec des amis un verre 
    à la main. Indécise, elle hésita puis elle opta pour la fuite, bousculant celles et ceux qui ne s'écartaient pas assez vite de son chemin. Lorsque le vent glacial lui 
    fouetta le visage, elle put enfin respirer normalement. Elle reprit lentement le contrôle d’elle-même. Ses mains cessèrent de trembler, mais son corps entier fut 
    parcouru de longs frissons. Elle avait oublié de revêtir son manteau. Elle avait son sac en bandoulière et n'avait aucune envie de repasser par le bar. Tant pis, pour 
    son manteau, en marchant vite elle se réchaufferait, d'autant qu'elle connaissait un raccourci pour se protéger du froid. Les deux passages des traboules qui 
    lui servaient parfois de chambre conduisaient directement à l'allée du chantier désert près du squat. Elle s'éloigna du DRINK’IES pour se fondre dans l'obscurité 
    de la ruelle adjacente au bar. Des pas rapides se firent entendre derrière elle, une main se posa sur son épaule. Elle poussa un cri strident et se retourna prête 
    à se défendre. 
    - Je ne commettrais pas l'erreur de te laisser partir cette fois! Soulagée, elle reconnut Ashankar. Celui-ci lui tendit son manteau qu'il avait récupéré. 
    - Sonia sait que tu es avec moi, alors je t'enlève! Boudeuse, elle monta dans la voiture de son ravisseur et celui-ci la conduisit dans la rue qui menait au terre-plein 
    jouxtant le squat. 
    - Hélie, tu vas me faire le plaisir de récupérer ton balluchon! Je te donne un quart d'heure! La jeune femme allait protester, mais elle se retint. Celle-ci venait de 
    réaliser qu'il avait toujours su où la trouver. Ce qu'il confirma quelques instants plus tard en lui offrant la sécurité de son appartement. 
    Toute les possessions d'Hélie tenaient dans un grand fourre-tout de l'armée, quant à ses richesses, elles se bornaient à un portefeuille Guess dans lequel ses 
    papiers d'identité côtoyaient carnet de chèque et carte bancaire. SDF, mais nanti. Lorsqu'elle remonta auprès d'Ashankar, celui-ci lui confia qu'il était au fait de 
    toutes ses péripéties, de tous ses débordements ainsi que de son hospitalisation. Il lui révéla aussi la nature de sa profession, ce qu'elle encaissa sans broncher. 
    Un quart d'heure durant, il lui expliqua ce qu'il attendait d'elle, déclarant qu'il avait confiance en elle. Les dérapages seraient acceptés à l'unique condition que ce 
    soit elle qui les assument. À cet instant, la jeune femme prit conscience que pour la première fois depuis des lustres, on lui parlait comme à une adulte. Ash n'avait 
    pas employé ce ton protecteur que prenaient avec elle tous ceux qui étaient censé la soutenir et l'épauler. Il ne lui fit pas de promesses extraordinaires, mais 
    en son for intérieur, elle était certaine qu'il prendrait soin d'elle. La caresse de sa main sur sa joue et le baiser léger qu'il déposa sur ses cheveux en étaient la preuve. 
    Ce n'est que lorsque qu'il lui donna la clef de l'appartement qu'elle réalisa la chance qu'on lui offrait. Son sac traîna dans l'entrée plusieurs jours durant, puis elle 
    laissa Ash le remiser dans la penderie. Entre ses cours, la préparation de ses plaidoyers et sa formation, Ashankar était absent une partie de la semaine. Toutefois 
    celui-ci consacrait tous ses week-end à Hélie. Au cours de l'un d'eux, il lui fit une belle surprise en la conduisant chez la personne qui l'avait recueillit quelques mois 
    auparavant. L'apprentissage du vivre à deux se passait mieux qu'Hélie ne l'aurait espéré. Et elle se sentait enfin protégée de la bête qui, bientôt, chercherait à l'atteindre...

    ...( IV )...Lorsque les cauchemars survenaient, elle avait toujours la solution de se rendre au squat. Lorsque Ashankar était présent, il la soulageait en lui rapportant 
    les contes et légendes de son pays, parfois, il la berçait de son peu de souvenirs d'enfance. Il la rassurait sur son avenir. Au fil des semaines, Hélie se délesta de 
    son trop-plein de malheurs ainsi que des souffrances qu'elle avait endurées. Les gifles, les coups, les sévices, les corrections et le harcèlement moral qu’elle 
    subissait quotidiennement l'avaient laissé meurtrie, et couverte d’ecchymoses. Terrorisée à l'idée que son bourreau et quasi meurtrier sorte un jour de prison, 
    Hélie refusait la vie. Le pire était lorsque la jeune femme se revoyait quelques années en arrière, au pays de ses racines qu'elle avait du quitter pour être protégée. 
    Le choix avait été extrêmement douloureux, et elle avait abandonné une partie d'elle-même en se soustrayant à la vindicte de ceux qui lui voulaient du mal. Pour 
    échapper au monstre qui la poursuivrait dès sa sortie de prison, il le lui avait promis devant le juge, elle se terrait comme un animal. D'autant que son dangereux 
    compagnon avait de nombreux amis qui auraient volontiers appliqué leur propre justice envers elle. La peur au ventre, Hélie retrouvait le scélérat dans ses pires 
    cauchemars, et les menaces proférées faisaient le reste. Elle s'obligeait à se coucher à heures régulières comme le lui avait recommandé sa thérapeute, pourtant 
    elle passait des nuits entières éveillée, essayant vainement de vaincre ses terreurs, puis au petit matin elle s'écroulait, heureuse d'être encore là. 
    Ashankar lui fit la promesse d’être toujours là pour elle. Cela même si un jour leur chemin se séparait. Jour après jour, il la guida, l'encouragea, l'aida à affronter ses 
    peurs, la protégea de ses erreurs et sauvegarda le peu d’estime qu’elle avait encore pour elle. Il n'imposait rien. Il ne se mettait jamais en colère, ou alors si peu, 
    lorsque les extravagance d'Hélie se multipliaient. Aucun reproche ne franchissait ses lèvres lorsqu’il apprenait qu’elle était sortie en pleine nuit, pas de remontrances 
    quand il devait la récupérer au squat, il ne haussait jamais le ton quand, en pleine crise de colère, elle éclatait les verres contre les murs et jamais il ne fit une 
    seule remarque sur les journées où elle restait prostrée après ses coups de folie. Ce qui aurait pu passer pour de l'indifférence n'était que l’expression de sa totale 
    confiance en elle. Elle se devait de faire ses propres choix, des expériences plus ou moins heureuses et quelques erreurs pour pouvoir commencer à se reconstruire. 
    Il le lui avait affirmé. Pendant un temps, Ashankar se coupa totalement de ses amis pour se consacrer à elle, ce qui la fâcha. Alors il lui offrit un portable, ainsi, elle 
    aurait la possibilité de s’ouvrir au monde tout en restant en retrait. Peu à peu, elle accepta les soirées pizza/ jeux vidéos et les veillées poker entre collègues, puis 
    elle s'autorisa les sorties au grand jour en compagnie d'Ash. Vinrent ensuite les tendres week-ends au creux du lit douillet d'Ashankar qu'il lui ouvrit définitivement 
    dès le premier câlin. Il se révéla un amant doux et attentionné. Hélie apprit ainsi que faire l'amour était une façon d'offrir plutôt que de prendre. Elle se laissa porter 
    par ses attentions, promesses d'affection véritable et de jouissances. 
    Les absences répétées d'Ashankar la laissait livrer à elle-même. Elle avait sa famille du squat qu'elle invitait parfois à l'appartement. Ils vidaient le chauffe-eau 
    en un temps record et transformaient aussitôt la salle-de-bains en étuve. En sauna et en champ de bataille aussi, car telle une nuée de sauterelles, ils prenaient 
    vraiment possession des lieux. À leur départ, tout était remis en place par une Maddy furibonde qui aspirait et récurait à tout vat. Á ses retours, Ashankar 
    faisait semblant de ne s'apercevoir de rien, seule la disparition de quelques-uns de ses cigares de qualité l'exaspérait. 
    Nonobstant une vie commune sans heurts, elle gardait toujours en tête qu'Ashankar n'était qu'un homme avec ses imperfections et ses qualités. 
    Elle installa une messagerie privée sur son portable, par le biais de laquelle elle se confia à un ami virtuel. Un ami, qui au fil des mois devint de plus en plus présent 
    à son esprit. Elle envisagea de le rencontrer et, un "peut-être que" se profila à l'horizon. Petit à petit, elle commença à se détacher d'Ash s'en s'en rendre compte. 
    Hélie et Ashankar se tinrent côte à côte une année durant. Elle dut réapprendre tous les gestes du quotidien et se faire à l'idée qu’un jour elle arpenterait les 
    chemins de la liberté sans appréhension. En attendant, il lui imposa la présence de Maddy afin de limiter ses débordements et surtout de veiller sur sa santé 
    devenue chancelante depuis peu. Hélie eut encore à subir une épreuve cruelle, sa magnifique Sonia ne l‘accompagnerait plus dans ses délires. Sa douce amie, la 
    belle brune l‘avait définitivement quitté. Déchirée par cette disparition soudaine, Hélie tomba vraiment malade. Épuisée, déprimée, découragée, elle se laissa sombrer 
    dans une dépression à la suite d'une pneumonie récoltée au squat où elle s'était réfugiée à la perte de Sonia. Rejoindre celle-ci lui avait paru la meilleure des solutions. 
    Hélie se refusait obstinément à perturber le sacerdoce prenant d'Ashankar, car, une fois, une seule, elle lui fit négliger son travail et ruiner un dossier. Il ne l’en 
    avait aucunement blâmé, mais elle se jura que jamais plus cela ne se produirait. Et elle tint parole. Mais la vodka rôdait encore et toujours dans son cercle d'intimes. 
    Ils leur arrivaient parfois de rester des heures silencieux. Elle, derrière son petit écran à papoter sur sa messagerie, et lui, assis à même le sol, calé confortablement 
    contre l’un des grands coussins posé sur la mezzanine, ses livres disposés çà et là. Unis et solidaires, pourtant, ils étaient déjà bien loin l'un de l'autre. Il étudiait, 
    tentant de se rappeler parfaitement, le contenu des cinq livres du code pénal et les décrets en conseil d‘état. Souvent Hélie l’épiait discrètement, se demandant 
    pourquoi un homme tel que lui, intelligent et pourvu de tant de gentillesse et de bonté, l'avait choisi elle, le vilain petit canard? La concentration d'Ashankar était 
    très relative. Celui-ci aussi espionnait sa compagne qui, sereine et reposée, retrouvait figure humaine. Il aimait tellement ses sourires si rares. Il aurait voulu la 
    garder prisonnière de ses caresses, il aurait voulu qu'elle abandonne ses peurs, il aurait voulu qu’elle soit heureuse tout simplement. 
    Sans s'en rendre compte, attirée par un lointain mirage, Hélie s'éloignait toujours plus d'Ashankar. 
    Parce qu’il lui était plus facile d'exprimer sa colère, ses peurs et son mal-être à ce quasi inconnu, Hélie se sentit tellement en phase avec cet homme qu'elle osa 
    un jour lui avouer les sentiments qu'elle éprouvait à son égard. Déstabilisée par la possible remise en liberté de son bourreau, elle se sentait protégée à distance. 
    Sans pouvoir se l'expliquer, les heures passées en compagnie de cet amant virtuel l'apaisaient. Leurs dialogues coquins la rassuraient. Un jour, il lui suggéra de 
    quitter Ashankar, elle ne se sentait pas prête à cela, elle le fit pourtant. Malheureusement pour elle, elle perdit le yin en tentant de rejoindre le yang. Ses deux 
    piliers étaient complémentaires, lorsqu'elle en abandonna un, elle se sentit mutilée. 
    Elle eut à subir encore bon nombre d'épreuves, parmi lesquelles la plus terrible fut la libération de celui qui la maltraitait. Sa famille du squat évolua et elle vécut 
    la dissolution de leur communauté comme une trahison. De maison de repos en centre de soins, de sauts d'humeur en accalmies, des Apidies aux lavandes, de 
    Charybde en Scylla, ce qui devait arriver, arriva. Leurrée par trois années d'illusions, elle fut abandonnée par son second pilier. Elle ne put résister ni à la tristesse 
    ni à la colère qui l'envahirent. Pendant longtemps, elle se débattit entre ses deux sentiments puis un jour elle s'aperçut qu'enfin elle parvenait à avancer et à reconstruire sur les ruines de son passé. Ashankar n'avait jamais cessé de prendre soin d'elle. Dorénavant, ils avancent de concert et Hélie a retrouvé son équilibre. Elle n'est pas encore prête à arpenter les chemins de la liberté, mais elle a enfin en sa possession la topographie du parcours. L'espoir est bien présent...Mylhenn.


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       ...Johanna, quatorze ans et dix mois, aurait été surprise en fâcheuse posture si quelqu’un était entré dans l’ascenseur qu'empruntait le personnel de l'hôpital.
    La jambe gauche ceignant les reins de son petit ami du moment, elle s'abandonnait au coït avec ravissement. Pour elle, chaque occasion était bonne. Pantalon et 
    boxer baissés aux chevilles, le gamin, à peine plus âgé qu'elle, la besognait avec ferveur. Que ce soit en mode escargot ou en accélérations marteau piqueur, il la faisait geindre de plaisir. 
    Il tripotait ses seins avec autant de finesse que le permettait la promiscuité de leurs corps enlacés. Plus exactement, il les écrasait de ses longs doigts, tandis 
    qu'elle lui faisait un lavage intégral de la bouche avec sa langue. Johanna adorait le sexe et elle se livrait à ces jeux avec un plaisir évident.
    Celle-ci avait commencé quelques mois plus tôt avec le Butler de la famille. 
    La première fois que Monsieur Henri l’avait surprise, la main dans sa petite culotte, sur le grand canapé familial, il avait souri. Rouge comme une pivoine, la petite 
    n'avait pas bronché. La seconde fois qu'il l'avait vu se masturber hardiment devant une série rose, c'est elle qui avait souri. 
    La troisième fois, se mordillant les lèvres et fermant les yeux, elle s'impatientait, le plaisir tardant à venir. Nullement gênée par le regard du majordome, elle se caressait vigoureusement. Lorsque celui-ci s’approcha, elle ôta la main qui faisait rosir de plaisir sa nymphette. Sans hésitation, elle tendit ses doigts noyés de suc velouté en direction de l'homme puis, de deux ou trois rotations du poignet, elle l'invita à participer aux festivités. Il hésita, puis Henri vint s'asseoir près de la gamine. 
    Celle-ci attendit son bon vouloir. Il lui sourit gentiment et lui fit un clin d'œil prometteur.
    - Petite, vous savez que j'aime faire mon travail correctement! Dit-il calmement. Johanna le regarda sans comprendre. 
    - Vous voulez du plaisir et je vais vous en donner! Mais pas au rabais petite! Il l'aida à s'allonger, lui remonta haut sa robe, puis la délesta de sa petite culotte trempée. 
    En apercevant la vulve gonflée de la gamine, il eut instantanément une superbe érection. Plus tard peut-être se dit-il. 
    Il déposa délicatement sa main sur la toison virginale de l'adolescente qui sursauta. Son regard croisa celui imperturbable de l'homme. Confiante, elle se détendit 
    et écarta un peu plus les cuisses. Alors tout doucement, il plongea deux doigts dans la mouillure tiède de son intimité offerte. Johanna hoqueta de bonheur. C'était 
    un ravissement pour elle. Henri, efficace dans ses caresses, la fit gémir sans retenue. Comblée, elle manifesta sa jouissance par une série de vocalises qui enchanta 
    son généreux philanthrope. 
    - Vous savez petite, je ne voulais pas vous choquer, mais cela m'aurait fait plaisir de lécher vos doigts mouillés! La prochaine fois peut-être? Henri laissa sa phrase 
    en suspens. Le sourire espiègle de Johanna lui donna sa réponse. 
    La fois suivante, sa petite culotte à la main, Johanna avait rejoint le Butler à la buanderie. Henri fit son ouvrage avec générosité, et il quémanda une faveur qu'elle 
    lui accorda par curiosité. De son apex gourmand, celui-ci lécha sa pulpe onctueuse avec délectation. Cela valu un second orgasme à la gamine. 
    Puis, chaque fois que les parents de Johanna s'absentaient, celle-ci rejoignait Henri. Rapidement, ces simples caresses devinrent ennuyeuses à la gamine. Elle 
    comprit qu'Henri, lui aussi, attendait maintenant autre chose de ces tête-à-tête. Il lui enseigna donc la façon de le satisfaire lui, sans quelle perde sa virginité. 
    Mais Johanna regardait de plus en plus, avec convoitise, ce membre que sa langue et ses lèvres faisaient enfler et durcir. Elle imagina alors le sexe turgescent du 
    Butler se faufilant entre ses chairs humides. Cela la fit frissonner d'envie. 
    La première fois où il la pénétra, sans briser son hymen, elle fut déçue. Certes, la chaleur de l'élixir liquoreux qui avait noyé l'entrée de son intimité l'avait émoustillé, 
    mais son plaisir n'avait pas été total. Elle resta sur sa faim, le Butler aussi. 
    À force d'insister, elle réussit à convaincre Henri, du moins le croyait-elle. Pour l'occasion, celui-ci choisit le seul lieu où la petite serait en confiance. Si cela n'avait 
    tenu qu'à lui, il l'aurait prise en levrette contre le mur du couloir depuis belle lurette tellement il avait envie d'elle. Fellations et frotti-frotta ne lui suffisait plus. 
    Heureusement pour elle, la gamine était raisonnable, et il s'était assez fait tirer l'oreille pour qu'elle s'imagine l'avoir poussé, elle, à la tentation. Elle ne se rendait 
    même pas compte qu'elle l'allumait depuis des mois. Au moins il ne commettrait pas le crime de la possèder de force puisqu'elle s'offrait. 
    Le Butler la déflora avec douceur sur son lit de petite fille. Attendant que le désir la consume, il frotta longuement son sexe contre celui de la gamine. Tremblante, 
    de désir, celle-ci fermait les yeux. Il patienta le temps qu'elle inonde sa féminité, puis, évitant de l'écraser de tout son poids, Henri s'insinua lentement en elle. 
    Butant contre ce petit bout de chair qui faisait d'elle une enfant, il stoppa sa pression. 
    Johanna n'osait pas bouger de peur que cesse le plaisir qui l'envahissait peu à peu. Elle ouvrit les yeux et son regard rencontra celui du Butler qui lui sourit. Elle lui 
    rendit timidement son sourire.
    - Çà va faire mal? Questionna-t-elle soudain crispée. 
    - Vous désirez être femme? souffla-t- il à son oreille. Elle hocha la tête. 
    - Alors je suis sûr que vous allez apprécier! Elle attendit la suite avec un peu d'appréhension. 
    Elle parvint à se détendre et ses muscles s'étirèrent pour accueillir confortablement le membre vigoureux du majordome. Commançant à mouvoir ses hanches, ce 
    fut elle qui sollicita ses coups de reins. La sentant prête, avec précaution tout de même, il s'insinua plus profondément en elle puis se rétracta lentement. Peu à 
    peu, il donna plus d'amplitude aux mouvement de ses reins et d'une secousse plus puissante que les autres il plongea profondément en elle. 
    - Cela va aller petite, le plus difficile est passé! La rassura-t-il en découvrant le visage crispé de la gamine qui s'était raidie sous lui. 
    Il déposa un baiser sur le front de Johanna puis il entama un mouvement régulier de piston qu'elle accompagna rapidement de petits cris. L'homme allait et venait 
    dans son ventre à un rythme volontairement lent, concentré sur le mouvement de ses reins qui ondulaient. 
    Les yeux grands ouverts, il fixait la gamine. Celle-ci lui révélait son bonheur d'être femelle sous ses coups de reins puissants. Elle l'encourageait à se montrer plus 
    vigoureux encore. Quand il fut sur le point d'atteindre la jouissance, il s'immobilisa. Ses yeux brillèrent de contentement en voyant la petite, haletante, le visage 
    rougi par la fureur de leurs ébats et le regard halluciné. Une décharge le parcourut des pieds à la tête. Son corps couvert de sueur frémit tout entier, puis ses yeux 
    se révulsèrent et de violents spasmes secouèrent le bas de son corps. Entraînée par ces secousses qui se succédaient à l'infini, Johanna jouit à son tour. Ravie, 
    elle piaula de satisfaction. La gamine avait adoré. Elle en redemanda. Dès que l’instant s’y prêtait, elle retrouvait le butler et appréciait ses rudes attentions. 
    L'homme se délectait de la regarder gigoter sous lui, riant de plaisir. Elle le remerciait souvent de l'avoir initié à une telle pratique. En fait, chaque fois que ses parents 
    s'absentaient. Puis, vint le jour où la gamine exigea encore plus. Il lui fit connaître les frissons que procurait une sodomie bien pratiquée. Lors de ses congés, il lui 
    faisait réviser ses leçons et l'élève dépassa bientôt ses espérances. Mais elle en voulait toujours plus. 
    Un après-midi, alors qu'il culbutait celle-ci avec vigueur, son petit derrière bien en mains, elle lui fit une demande surprenante. 
    - Monsieur Henri, je voudrais que vous me serviez mon petit-déjeuner au lit demain matin! 
    - Ce n'est pas raisonnable petite, vos parents seront présents! Il tenta bien de la dissuader de cette folie, mais elle insista. 
    - Et alors? C'est ce qui va donner du piment au thé que vous me servirez non?!
    - Non, je ne peux pas faire cela, c'est impossible! Se récria-t-il.
    - Si vous le ferez Henri! Autrement...! La gamine ne termina pas sa phrase. Le majordome saisit la menace. 
    - Très bien, je viendrais lorsque madame et monsieur seront à la bibliothèque!
    - Non! Vociféra la gamine. 
    - Lorsqu'ils consultent les journaux, le monde entier pourrait bien s'écrouler qu'ils ne s'en apercevraient pas! Son regard noir le transperça puis Johanna remua 
    langoureusement les fesses, désirant reprendre là où ils en étaient restés. Pour la première fois, Henri demeura de marbre. Son érection envolée, et pour cause, 
    il se préparait à quitter la gamine capricieuse. Celle-ci allait finir par lui faire avoir des ennuis avec ses exigences insensées. 
    - Très bien, puis que vous êtes froussard, ce sera après mon cours de français, dans la salle d'études! Décontenancé, le butler allait répliquer que ses parents se 
    trouveraient dans la pièce à côté. Tous deux comptables, ils exerçaient à domicile en matinée. Ils ne se rendaient à leur cabinet qu'en début d'après-midi. 
    - C'est non négociable mon petit Henri! À ce moment précis, Henri compris que la gamine devenait incontrôlable. Johanna obtint donc gain de cause. 
    À peine son précepteur était-il sorti de la salle d'étude, qu'elle ôta son sous-vêtement. Un léger boléro couvrait sa poitrine, laissant son ventre et ses reins nus. 
    Une courte jupe plissée couvrait tout juste ses fesses. Elle avait compris depuis longtemps que pour exiter un homme il fallait en montrer beaucoup, mais dissimuler 
    l'essentiel tout en laissant un accès facile. Pour le coup, Monsieur Pinatel avait eu du mal à garder son calme en déclinant ses règles de grammaire. 
    Henri lui savait de quoi il retournait. Il était tourmenté par la proximité des parents de la petite que cela ne semblait pas inquiéter outre mesure. Elle lui fit son plus 
    beau sourire lorsque celui-ci entra dans la pièce. Il prit bien garde de refermer la porte correctement et resta immobile quelques instants près des battants. 
    - Je m'impatiente Henri! Son sourire avait disparu. Force fut pour lui d'approcher Johanna qui s'offrit à un pelotage en règle. Le butler caressa son ventre, sa hanche, 
    le creux de son dos, puis il revint sur son ventre avant de remonter sous le boléro. Elle gloussa d'aise lorsque celui-ci captura un sein doux comme une peau de pêche. 
    - Je vous en prie, doucement petite, pas de cris! supplia-t-il soudain alarmé par le craquement du plancher dans la pièce voisine. 
    - Détendez-vous Henri! Pour cette fois-ci, nous resterons près du guéridon! Pour cette fois-ci, avait-elle dit? Elle perd l'esprit pensa-t-il en frissonnant. 
    Elle attrapa fermement sa main et le conduisit vers le petit meuble. Elle s'y installa sans pudeur, jambes écartées et veston relevé puis elle ouvrit promptement 
    la braguette du brave Henri qui se sentit pris au piège. Son cœur battait à se rompre dans sa poitrine et la panique n'était pas loin de le gagner. 
    - Henri, vous me décevez! Je m'attendais à mieux de votre part! Ironisa-t-elle en s'emparant du sexe flasque du majordome. Piqué au vif par la réflexion blessante, 
    il se mit à la caresser voluptueusement tout en guettant les bruits extérieurs. Il savait que s'il parvenait à accéder au petit bouton rose niché à l'entrée de ses 
    lèvres intimes, ce serait gagné. Elle aurait très vite un orgasme. Mais malheureusement pour lui, ce n'était pas ce qu'elle désirait.
    - Comment dois-je vous le dire Henri? Je vais devenir vulgaire! Baisez moi! Ordonna-t-elle brutalement. Elle avait presque crié. Triturant son sexe en de savantes 
    caresses, elle parvint à faire bander le malheureux Henri qui s'insinua dans l'étroit passage avec un certain ravissement. Il fut bien forcé de l'admettre. Accueillant, 
    chaud, humide, un vrai régal. Un court instant, il en oublia où il se trouvait. Enfin comblée, la gamine râlait sous le piston énergique qui torturait sa féminité. Implacable 
    dans ses coups de reins, comme s'il désirait la punir de ce qu'elle venait d'exiger de lui, il se fit brutal. Ni l'un ni l'autre ne se rendirent compte que le petit guéridon 
    sur lequel ils se tenaient tremblait dangereusement à chacun des va-et-vient musclés du majordome. Dans une posture de soumission totale, la croupe ballottée 
    au rythme des coups de reins de l'homme, elle laissa échapper un hurlement terrible lorsque ses chairs incandescentes furent noyées par la jouissance. Il venait 
    d'expulser en elle de longs jets liquoreux. Le petit guéridon céda sous la pression de leurs corps tétanisés et s'abattit dans un fracas épouvantable. 
    Johanna gloussa d'un rire effrayant. Submergé par l'horreur d'être découvert, Henri parvint tout de même à se rajuster en un temps record. 
    La gamine s'était relevée promptement, avait baissé son boléro de façon à cacher sa poitrine et lorsque ses parents, affolés, entrèrent en trombe dans la pièce, 
    elle tenait gentiment le majordome par l'épaule, le regard inquiet.
    - Vous allez bien monsieur Henri! Sonné, celui-ci acquiesça d'un signe de tête. 
    - Papa, maman, Henri est un vrai kamikaze savez-vous? La gamine inventa alors la plus improbable des histoires que ses parents gobèrent sans problème. 
    Il en ressortait qu'Henri avait voulu monter sur le guéridon pour arranger les pendants du lustre en cristal. C'est alors que le meuble avait cédé sous son poids. 
    Elle avait crié de frayeur en voyant chuter le majordome. Inquiets pour Henri, ni le père, ni la mère de Johanna ne jetèrent un œil au lustre dont la tenue des pendants 
    était parfaite. Ils ne demandèrent pas non plus à leur fille pourquoi celle-ci se trouvait encore dans la salle d'étude. Plus fort encore, ils ne virent pas la petite culotte 
    en dentelles blanches qu'elle avait laissé sur le bureau. 
    Après cet intermède, le Butler décida qu'il était temps pour lui de passer la main. Bon nombre de ses congénères ne se feraient pas prier en voyant cette petite 
    brunette aux cheveux courts, aux lèvres gourmandes et à l'œillade embrasée. Son corps aux formes déjà voluptueuses pour son âge lui permettrait d'attirer bon 
    nombre de victimes dans ses filets. Lui se sentait trop vieux pour poursuivre ce jeu-là. 
    Johanna n'insista pas, elle avait compris que le Butler ne la ferait plus grimper aux rideaux. Elle se rabattit alors sur l'un des garçons de cuisine avec lequel elle s'adonna à sa passion. Pimenter ses relations sexuelles en exigeant de Paul qu’il trouve l’endroit idéal où ils risquaient le plus d’être vus soudé l’un à l’autre comme deux animaux. Celui-ci ne se fit pas prier, d'autant que la gamine qu'il trouvait très délurée pour son âge, se passait volontiers de préliminaires. Sa seule exigence était 
    de connaître le grand frisson dans un lieu public. Paul l'avait étreint dans le vestiaire d'un restaurant. La fois suivante, elle avait accompagné de ses gémissements 
    ceux de la star du film porno qu'ils étaient allés voir. Paul l'avait prise en levrette entre deux rangés de fauteuils. Elle s'était même fait sodomiser par un vigile dans 
    les toilettes luxueuses du centre commercial. Elle avait été comblée. Sa mère, la croyant en retard, patientait de l'autre côté de la cloison, au rayon bijouterie. 
    Elle rencontra Georgio lors d'une soirée familiale. Celui-ci la fit s'égosiller lors d'un accouplement dément dans la cuisine de leur hôte. Aussi, lorsque Simon, lui avait 
    proposé par défi, l’ascenseur de l’hôpital, elle battit des mains comme une petite fille à qui l’on venait de promettre un jouet.
    Celui-ci y mettait tout son cœur, mais la peur d’être surpris en pleine action commença à le tarauder et bien vite Johanna compris que ce serait un échec.
    Ding pong... la sonnerie de la porte de l’ascenseur retentit. Le gamin sursauta et abandonna illico la nymphette excitée de Johanna. Il finissait à peine de se rajuster 
    lorsque les battants s'ouvrirent. Il s'éjecta de l'ascenseur sans demander son reste. 
    La quarantaine bien avancée, l'infirmier s'engouffra dans l'ascenseur et appuya sur la fermeture des portes puis sur quatre. Alors seulement, il daigna regarder Johanna. Elle le fixait tranquillement, évaluant son potentiel. Grand, musclé, le visage avenant, il devait pouvoir remplacer Simon. Après tout ce ne pouvait pas être pire. Elle se fit aussitôt aguicheuse. 
    - Ton petit copain n'a pas fini le travail correctement hein? Ça te dit de continuer avec moi? Et il lui fit un clin d'œil coquin. Johanna ne répondit pas, mais elle donna 
    son approbation d'un signe de tête. Alors, Olivier bloqua l'ascenseur sur stop entre deux étages. La gamine vint se coller à lui, il l'embrassa avec avidité, la laissant 
    pantelante. Jamais un baiser ne lui avait procuré autant de bien-être. Il passa ses mains sous sa jupe et fut agréablement surpris de constater qu'elle ne portait 
    pas de petite culotte. 
    - Tu te balades souvent cul nu? Sans vraiment attendre de réponse, il l'embrassa à nouveau.
    - Oooops, je l'ai oublié dans la poche du pantalon de mon copain! S'esclaffa-t-elle. Olivier glissa sa main entre les cuisses de la gamine qui glapit de satisfaction. 
    - Tu m'as l'air d'être sacrément effrontée! Il caressa doucement la tendre intimité de Johanna, et reprit ses baisers voluptueux. Lorsqu'il fit mine d'abandonner 
    ses attouchements celle-ci resserra ses cuisses sur sa main. 
    - Non! S'il te plaît, continue, je serais très gentille avec toi ensuite! Elle l'avait pratiquement supplié. 
    - Tu sais que nous n'avons pas trop de temps là! Devant sa mine boudeuse, il reprit ses agaceries entre ses jambes et aussitôt la gamine reprit le sourire. 
    Il parvint tant bien que mal à déboutonner son pantalon, dessous, il ne portait pas de caleçon. Johanna releva sa jambe et d'humeur joueuse, par de petites rotations 
    du bassin, elle massa le sexe de l'homme de sa féminité humide. Olivier apprécia et son appendice y gagna quelques centimètres. Alors qu'il allait répondre avec bienveillance aux sollicitations répétées de Johanna, il eut soudain un doute. 
    - Dis-donc, tu me parais bien jeune! Tu es majeur au moins? 
    - J'ai eu dix-huit ans il y a trois semaines! affirma-t-elle sans sourciller en le regardant droit dans les yeux. Un reste de défiance subsista dans l'esprit d'Olivier, 
    pourtant, celui-ci en oublia tout ce qui n'était pas ce joli petit lot qui s'offrait si gentiment à lui. 
    Il attrapa l'adolescente par la taille, la souleva avec facilité tandis qu'elle s'agrippait à ses épaules. Il la déposa sur l'une des barrières latérales de l'ascenseur, puis 
    il releva son t-shirt humant la peau chaude et parfumé de sa poitrine. Il mordilla tendrement ses mamelons, puis l'embrassa fougueusement. 
    Adossée à la paroi froide de l'ascenseur, celle-ci l'accueillit entre ses jambes. Il câlina son ventre quelques instants, puis ses lèvres s'intéressèrent à l'intérieur 
    de ses cuisses. Johanna plongea ses doigts dans la chevelure d'Olivier quand la langue de celui-ci s'attarda sur son clitoris. Elle ferma les yeux et bascula légèrement 
    la tête en arrière. 
    - Non, non, noooon pas maintenant! gémit-elle en sentant la volupté l'envahir.
    Elle se cabra, refusant l'orgasme qui se préparait. Tétanisée, elle croisa les jambes autour des reins de son partenaire. Retrouvant son sang-froid, elle caressa la 
    joue de l'homme, déposa un léger baiser sur son front.
    - J'ai envie de te cajoler un peu! Tu veux bien dis? Il la regarda sans trop comprendre puis soudain un sourire éclaira son visage.
    - Si c'est ce à quoi je pense, avec plaisir! Il l'aida à descendre, flattant ses fesses au passage. 
    Excitée, la gamine se mit à genoux devant lui. Elle approcha ses lèvres du sexe d'Olivier, puis d'une main douce elle lui infligea un va-et-vient très lent. Elle ne voulait 
    pas que celui-ci jouisse entre ses doigts. Enfin, elle se mit à lécher avidement ce membre qui durcissait encore entre ses lèvres, aspirant d'un apex gourmand le 
    fluide qui s'en échappait. Grisé, l'infirmier la fit se relever. Son souffle s'était passablement accéléré. Il plaqua johanna contre la paroi, passant son bras sous sa 
    jambe qu'il maintint haut relevé, puis il la pénétra brutalement de son sexe tendu. Ainsi empalée, la gamine couina. Ses coups de reins se firent rudes, presque 
    douloureux pour l'adolescente qui l'encourageait à être plus brutal encore. Se souciant peu d'attirer des voyeurs, elle criait fort ses directives, acceptant la puissance 
    des va-et-vient tantôt rapides, tantôt lents de leur cavalcade. Elle se cambrait, exigeant toujours plus de ce plaisir bestial qui la soulevait enfin. Leurs corps tressaillirent, lorsque la vague les submergea. Johanna ne retint pas son hurlement lorsque la semence tiède d'Olivier noya ses profondeurs brûlantes. Tous deux hagards, ils dérivèrent dans le brouillard cotonneux qui les enveloppa. 
    Repue, les jambes tremblantes, la gamine s'affala contre son amant. Elle resta immobile pendant quelques secondes, puis se pencha en avant afin de déposer un 
    délicat baiser sur le membre d'Olivier qui reprenait lentement sa taille initiale. Ensuite, elle rajusta sommairement sa jupe et son haut, ignorant les traînées luisantes 
    qui maculaient l'intérieur de ses cuisses. 
    - Waouh, c'était trop bon! Tu es doué tu sais! Ce compliment fut les dernières paroles qu'elle lui adressa. 
    Abasourdi, l'infirmier remonta machinalement son pantalon. Il venait de comprendre qu'il ne l'intéressait déjà plus. Celui-ci aurait pourtant bien voulu poursuivre 
    l'entretien, ailleurs, après son service. Des filles comme elle, il en avait rarement rencontré. Elle réactiva l’ascenseur sur on. 
    Lorsque la porte s'ouvrit, elle en sortit sans un regard pour celui qui venait de la satisfaire aussi délicieusement. 
    Elle venait de décréter que dorénavant elle ne jetterait son dévolu que sur des hommes près de la cinquantaine. Eux au moins, savaient lui donner ce qu'elle recherchait au fil de ses orgasmes: le plaisir parfait...


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    … Sa tasse de thé brûlant dans la main droite, Ashmir s’était accoudé au bastingage du yacht pour regarder les pêcheurs au loin. 
    Il était très tôt, six heures trente environ, mais le jeune homme, même en vacances, aimait se lever aux aurores afin de profiter du silence du port à cette heure ci. 
    La paix toute relative des lieux lui apportait sérénité et quiétude.
    Il se ressourçait aux fragrances que la brise marine lui envoyait du large, détendu et relaxé il réfléchissait aux dossiers en suspend de ses patients avec une parfaite maîtrise de soi et surtout il laissait vagabonder son esprit vers sa famille et les amis qu’il avait quitté depuis si longtemps. 
    Il portait sa tasse encore fumante à ses lèvres lorsqu’il aperçut la silhouette furtive d’une jeune femme qui avançait mécaniquement le long du quai. 
    Elle se déplaçait péniblement et semblait ivre tant sa démarche était incertaine. Sa tenue attira définitivement le regard d’Ashmir et il comprit, dès que celle-ci se rapprocha de lui, qu’elle sanglotait éperdument. 
    Le peu de vêtements qu’elle avait sur elle étaient déchirés et ses bras étaient couverts de griffures. Elle tentait de cacher son visage tuméfié d’une main couverte de sang. Hélène se dirigea vers le front de mer en accélérant soudain ses pas, et Ashmir devina immédiatement ses intentions. Il posa sa tasse sur le bois de la rambarde et se précipita en direction de la jeune femme. 
    Elle se laissa tomber comme un poids mort dans l’eau froide et elle s’enfonça lentement sans se débattre sous la surface agitée par les vagues. 
    D’un plongeon impeccable Ashmir fendit la vague et il rejoignit la jeune femme en quelques brasses, réussissant à la crocheter par les lambeaux de sa chemise.
    Il la remonta sur la jetée, aidé de deux marins qui avaient vu choir la jeune femme dans la vague. 
    Elle toussait en recrachant l’eau salée qu’elle avait avalée et entre deux quintes elle insultait copieusement ses sauveteurs. 
    Ashmir remercia les deux hommes et il souleva Hélène dans ses bras la portant sans difficulté jusqu’au BIRBAL. 
    Après une bonne douche, afin d’éliminer l’eau salée sur ses blessures et enveloppée dans une grande couverture en polaire blanche, Hélène plus calme buvait le chocolat chaud que lui avait fait préparer Ashmir. 
    Elle lui raconta son calvaire auprès de la brute qui la battait jour après jour, elle lui expliqua pourquoi elle s’était enfuie et jetée à l’eau.
    - "Ce sera la dernière fois !" lui affirma-t'elle le regard sombre avant de s'endormir comme une masse sous l’effet du somnifère qu’il avait versé dans la grande tasse avant de lui donner la boisson chaude.
    Hélène se réveilla en pleine mer, effrayée et vulnérable, elle eut beau crier, tempêter, hurler, supplier, imposer et implorer, Ashmir refusa de la ramener à terre. 
    Il avait, sur un coup de cœur, pris la destinée de la jeune femme en main. Pour tous vêtements, elle du se contenter de l’un des T-shirt du jeune homme et l’une des femmes de chambre lui trouva un maillot de bain.
    Elle resta prostrée dans la cabine d’Ashmir, refusant de se nourrir et de parler à qui que ce soit. Celui-ci venait la voir de temps en temps mais n’exigeait rien. 
    Il savait qu’elle avait subi un grand traumatisme, aussi il lui donna le temps de se laisser apprivoiser.
    Ashmir avait averti les autorités et la famille d’Hélène de son « rapt ». Dégoûté, il apprit que tous étaient au courant de la situation abominable d‘Hélène. 
    Elle avait subi des années ce calvaire sans que personne n’y trouve à redire. En poussant plus loin ses recherches, cela lui était facile en tant que praticien, il découvrit qu’une douzaine de mains courantes avaient été déposées à la gendarmerie pour mauvais traitements à l’encontre de la jeune femme. 
    Il dénicha les rapports de trois médecins urgentistes mettant en garde leurs confrères sur le cas d’Hélène, mais aucun n’avait levé le petit doigt lors de ses passages dans leur service. 
    Il comprenait maintenant le geste de la jeune femme, désespérée et sans personne vers qui se tourner, elle avait fini par croire que seule la mort pouvait la délivrer de ce cauchemar. La patience d’Ashmir paya car la jeune femme apparut sur le pont trois jours plus tard, affaiblie, affamée, vulnérable mais combative. 
    Echevelée, blanche comme du coton, épuisée par le jeûne qu’elle s’était imposée, ressemblant à une mendiante avec sa tenue, Hélène exigea qu’il la reconduise à terre. Ashmir refusa catégoriquement.
    Il ne l’emmènerait à terre que lorsqu’elle aurait abandonné définitivement l’idée de se supprimer et il l’obligea à faire un tour sous la douche et à prendre un repas consistant. Hélène dut se rendre à l’évidence, Ashmir ne cèderait pas d’un pouce et il réussissait à la contraindre sans violence.
    Abandonnant pour un temps toutes velléités de combat elle accepta de partager le repas d’Ashmir après avoir prit une douche. 
    Le problème des vêtements se posa encore et il du lui donner l’un des t-shirt que le capitaine du BIRBAL avait acheté pour l’une de ses filles. Ashmir n’allait pas puiser indéfiniment dans sa garde robe et celle de son personnel pour habiller Hélène. Une halte au prochain port s’imposait. Il devait aussi la soumettre à l’examen médical de l’un de ses confrères, aussi décida-t-il que le lendemain matin il ferait escale. 
    Connaissant suffisamment le littoral, il savait où accoster pour trouver ce dont il avait besoin pour sa protégée. 
    Après le repas, il annonça à Hélène qu’il la conduirait à terre, la jeune femme le remercia et un sourire malicieux illumina son visage. 
    Etendue confortablement avec un oreiller sous sa tête, vêtue d’un large maillot jaune poussin et enroulée dans la grande couverture blanche en polaire qui ornait la spacieuse couchette d’Ashmir, Hélène s’endormit rapidement. Lorsque survint le premier cauchemar, elle trouva Ashmir attentif à ses côtés, la rassurant et l’aidant à se calmer. Il passa la nuit à la tranquilliser et à l’apaiser après chaque mauvais rêve et chaque tourment. Il du sommeiller un moment car lorsqu’il ouvrit les yeux, Ashmir trouva Hélène aboutée à son corps, la tête nichée contre l’une de ses épaules et une main négligemment posée sur son thorax. Il n’osa pas la réveiller car elle dormait à poings fermés, alors il resta immobile à l’examiner dans son sommeil. 
    Une profonde écorchure barrait sa joue, une ecchymose imposante ornait une partie de sa mâchoire et ses bras étaient zébrés de longues égratignures. 
    Il préféra ne pas voir ce que cachait la couverture car il en aurait sans doute pleuré. Hélène du se sentir observée car elle ouvrit les yeux et son regard croisa celui d’Ashmir. Elle lui sourit et s’étira comme un chat, Ashmir en profita pour se redresser.
    Il eut toute les peines du monde à lui faire avaler un jus de fruit avant de descendre à terre, et pour la dernière fois espéra-t-il, Hélène emprunta quelques atours qui lui faisaient une tenue acceptable. 
    Ashmir ne la lâcha pas des yeux une seule seconde et dans le cabinet du médecin de la “clinique du parc” il demanda à être présent. Elle n’avait pas de séquelles en dehors des marques de coups, mais le praticien 
    recommanda l’aide d’un professionnel pour lui faire évacuer le traumatisme qui provoquait ses peurs et ses angoisses. 
    Hélène avait enfin ses propres vêtements qu’il lui avait offert gentiment, la jeune femme lui avait promis de le rembourser dès qu’il daignerait la déposer dans un endroit civilisé. 
    Après une longue promenade ils revinrent au BIRBAL et Ashmir laissa Hélène se reposer dans la pénombre de la cabine, le yacht lèverait l’ancre dans l’après midi.
    Le capitaine allait quitter le port lorsqu’Ashmir s’aperçut qu’Hélène avait disparu, celui-ci savait qu’elle avait de la ressource mais ils étaient sur une petite île, elle ne passerait pas inaperçue. 
    Deux heures plus tard il entrait dans le bar où elle s’était installée, il la trouva ivre morte assise à l’écart les jambes posées sur la chaise d’à côté, une bouteille de téquila déjà bien entamée devant elle et l‘autre vide couchée sur la table. Il piqua droit sur elle, il la souleva sans difficulté malgré ses protestations et la posa comme un vulgaire sac de patates sur ses épaules. 
    Hélène eut beau se débattre et protester il la maintint ainsi jusqu’à la voiture ou il la déposa sans ménagement sur le siège arrière. 
    Elle ne broncha pas pendant le court trajet qui les amena au BIRBAL, mais elle refusa de sortir du véhicule une fois arrivée. Ashmir excédé l’en extirpa manu militari et la conduisit dans sa cabine, auparavant il avait donné l’ordre au Capitaine d’appareiller immédiatement.
    Ashmir poussa la jeune femme sous la douche toute habillée, la maintenant sous le jet glacé malgré ses cris et la serrant contre lui lorsqu’enfin elle laissa échapper ses pleurs et sa peine. 
    Chacun de ses sanglots lui arrachait le cœur, aussi lorsqu’elle se pendit à son cou il ne refusa pas le baiser qu’elle lui donna, il y répondit même avec passion. 
    Ashmir se permit cette étreinte uniquement parce qu’il avait comprit qu’Hélène n’avait trouvé que ce moyen pour se libérer de ses terribles angoisses. Du moins se donna-t-il cette excuse. 
    Leurs vêtements trempés, abandonnés sous la pluie fine de la douche qui coulait encore, Ashmir et Hélène se tenaient, blotti l’un contre l’autre, sur le grand lit d’Ashmir. Elle avait glissé l’une de ses jambes entre celles d’Ashmir et remontée l’autre sur sa hanche, elle se pressait contre lui, ses deux bras passés autour de son torse. Elle l’embrassait comme si sa vie en dépendait, avide de sensations, fougueusement et ne lui permettant de respirer que de brefs instants. 
    Elle ondulait des hanches, lui faisant comprendre qu’elle le désirait et qu’elle le voulait en elle maintenant. Le jeune homme ne se fit pas prier, il la pénétra doucement et l’exaltation aidant, il remua en elle de plus en plus rapidement et profondément. Elle gémissait faiblement sous ses coups de reins, mais elle ne cessa pas ses baisers pour autant. Elle se balançait au rythme des mouvements d’Ashmir, caressant sa douce fleur contre le membre en feu de son amant. 
    Ses gémissements se firent cris lorsqu’il accéléra ses poussées, elle suivait son tempo d’un balancement sensuel qui les amena à la jouissance. 
    Elle s’abandonna à la volupté sans condition, laissant échapper de ses paupières des larmes d’apaisement. Il resta en elle, immobile, car il savait que c’était de cela dont elle avait besoin. S‘approcher de la vie et s’y accrocher. Ils passèrent le reste de la soirée nichés l’un contre l’autre, imbriqués l’un dans l’autre, étendus l’un sur l’autre. Elle avait un tel besoin de sa présence et de ses étreintes qu’il les lui accorda sans réserve. 
    Pendant quelques mois il l’aida à avancer, à se défendre, à faire punir son bourreau puis, du jour au lendemain, Hélène disparut sans un mot d'explications... 


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  • TROIS ANS PLUS TARD : Hélène avait des souvenirs pleins la tête d’expériences inoubliables et de rencontres extraordinaires.
    Elle en avait emmagasiné des tonnes afin de n‘avoir pas à penser à autre chose lorsque le quotidien reprendrait ses droits.
    Elle avait posé son sac à ses pieds et debout, immobile dans la gigantesque salle d’attente de l’aéroport, cachée derrière ses énormes lunettes noires qui lui mangeaient le visage, elle regardait les gens se presser aux portes d’embarquement. Elle n’était pas envieuse, elle avait eu sa part de voyage, maintenant le temps lui durait de reprendre le cours de sa vie, pour cela elle devait se rendre une dernière fois à l’ambassade pour signaler son retour puis se fondre dans la masse des anonymes. Elle irait au foyer, mais comme d’habitude elle n’y resterait pas longtemps car elle était maintenant habituée à sa liberté et la rue était sa famille. Le soir même elle s’installait à « La colline aux papillons ». Seule condition pour être reçu immédiatement, elle devait partager sa chambre avec une autre pensionnaire.
    Lorsque Sonia entra dans la pièce, Hélène la salua d’un signe de tête, ne voyant pas l’intérêt de se lier avec une personne qu’elle ne côtoierait que quelques jours.
    Des jours qui devinrent des semaines puis deux, puis trois puis quatre mois. Alors que Sonia reprenait emprise sur son destin, Hélène s’enfonçait de jour en jour, refusant de s’intégrer à une société qui l’avait abandonnée aux griffes d’un monstre à l’aurore de ses vingt ans. Sa détresse était inscrite au fer rouge dans son cœur et sur sa peau.
    Ce soir la, Hélène n’avait pas réussi à entraîner Sonia dans sa quête de l’oubli. C’est donc seule qu’elle se rendit au squat pour y passer un moment avec ses nouveaux amis. Elle aimait cette ambiance bohème, ces instants de liberté volés à ses angoisses et ses moments de quiétude devant un thé à la menthe. Fortunée n’avait pas fait ses bons gâteaux car il n’y avait plus de miel, et surtout plus assez d’argent pour en acheter, mais demain serait un nouveau jour. Hélène s’attarda deux bonnes heures en ce lieu qu’elle affectionnait, puis elle prit le chemin du FAHRENHEIT. Elle savait qu’elle n’aurait aucun mal à s’y faufiler, c’était l’un de ses amis qui officiait dans le hall. Elle paya son admission et le coup de tampon fluo dans sa paume gauche grâce à un baiser plus qu’appuyé au dit ami. Celui-ci l‘autorisa à franchir le portique qui
    donnait accès à l’immense discothèque bondée comme tout les week-ends. Alors elle commença sa ronde de l’oubli en buvant trois tequilas d’affilé, puis désinhibée elle se mit sur la piste de danse pour évacuer le stress qu’elle ressentait aux dernières heures de la nuit. Hélène attirait les regards par sa vitalité et sa tenue. Impossible d’ignorer cette jeune femme qui mettait autant d’énergie dans sa gestuelle que dans son obstination à refuser tout cavalier. Impossible de ne pas remarquer cette silhouette gainée de noire qui virevoltait aux rythmes endiablés des tubes à la mode. Tantôt lascive les bras levés au firmament, tantôt les mains prêt du corps elle se donnait à la musique sans retenue. Sodishan couvait des yeux la jolie blonde depuis un bon moment déjà lorsqu’il se décida à l’approcher.
    Il se faufila entre deux éconduits qui insistaient pour rester près d’Hélène et se glissa tout contre elle juste au moment où le DJ, prenant sa pause, casa le premier slow de la soirée. Il attrapa la jeune femme par la taille et s’empara de son poignet avec légèreté. Hélène dévisagea Sodishan un bref instant et elle accepta son invitation quelque peu forcée. S’ensuivit un ballet torride où soudés l’un à l’autre, Sodishan et Hélène en oublièrent tout ce qui n’était pas eux. De rocks fougueux en chorégraphies savantes, ils arrivèrent ensemble à l’heure de la fermeture. Sodishan ne put se résoudre à quitter Hélène et lorsqu’il lui proposa un dernier verre chez lui, elle accepta immédiatement. Paco n’était plus qu’un lointain, très lointain souvenir et Sodishan lui plaisait beaucoup, il était poli, cultivé, drôle et qui plus est beau garçon. Sans appréhension elle s’installa sur le siège passager du véhicule de luxe de son galant d’un soir et elle se laissa aller contre le cuir du dossier en poussant un long soupir de satisfaction.
    Les mains sur le volant, Sodishan lui demanda si cela était bien ce qu’elle voulait. Hélène ne put s’empêcher de rire et elle se pencha sur le jeune homme pour l’embrasser sur la joue. Elle ferma ses paupières et dès le premier ronronnement du moteur elle s’endormit. Sereine, elle confiait sa vie à cet inconnu sans chercher à en savoir plus sur lui. Sa malheureuse expérience lui avait appris à juger les hommes.
    Sodishan la caressait des yeux, devinant son désaroi, mais il savait qu’il avait gagné la confiance de ce petit fauve. Il gravit les trois étages du parking souterrain afin de se garer près de l’ascenseur et même le moteur coupé, Hélène ne se réveilla pas. Doucement il fit glisser Hélène du siège, l’éveillant juste le temps de parcourir les quelques mètres qui le conduisait à son appartement. Une fois la porte refermée, il porta la jeune femme sur son lit, lui ôta ses chaussures et sa robe, la recouvrit et la laissa dormir paisiblement. Comme le lever du soleil était proche, il tira les volets afin que la lumière du jour ne la réveille pas.
    Endormi sur le grand canapé, Sodishan fut tiré de son sommeil par les cris d’Hélène, des hurlements déchirants, entrecoupés de sanglots convulsifs, il se précipita dans la chambre pour voir ce qu’il lui arrivait. Il trouva la jeune femme complètement paniquée, assise contre le mur et tétanisé par la peur lui sembla-t-il. De grosses larmes roulaient sur ses joues et elle tremblait de tous ses membres.  Il s’approcha lentement d’elle pour ne pas l’effrayer plus et s’accroupit à ses côtés.
    - C'est la dernière fois, c'est la dernière fois, c'est la derniè...! Elle psalmodiait ces mots sans pouvoir s'arrêter. Il comprit qu’elle venait de faire un horrible cauchemar, alors à force de mots tendres et de caresses sur la joue, il la persuada de revenir s’allonger. Elle n’avait pour tout vêtement que ses longs cheveux blonds et sa petite culotte en dentelles noires, Hélène était parcouru de frissons et elle grelottait sans pouvoir se contrôler. Sodishan s’allongea près d’elle pour la réconforter, essayant de lui faire exprimer ce qui la terrorisait autant. Il ne réussit qu’à obtenir d’autres larmes qui semblaient ne jamais vouloir se tarir, il l’attira contre lui, la maintint contre son corps puis la berça de savoureuses paroles dans sa langue natale. Elle écouta ce conte hindou ou il était question du vent, d’un oiseau et d’un homme sage qui les apprivoisait. La mélodie des mots et la voix apaisante de Sodishan eurent raison de ses tourments. Il traduisait à mesure et au fil de ses paroles, Hélène commença à se détendre, à lâcher prise, et oublier pour un temps ce qui l’avait épouvanté. Elle se rendormit quelques minutes, Sodishan en profita pour aller chercher de quoi faire un petit déjeuner agréable. Lorsqu’il revint, Hélène avait disparu.
    Comme à son habitude elle s’était volatilisée pour ne pas avoir à donner d’explications.
    Il arrivait à Hélène de chausser ses grosses lunettes noires, puis de quitter le foyer sans prévenir, pour aller se perdre dans la foule. Parfois elle sautait dans un bus en ignorant qu’elle était sa destination, bus qu’elle désertait dès qu’elle apercevait les contrôleurs. Dans ses moments là, elle se laissait aller à son instinct, devenant un petit animal sauvage, griffant et mordant si on l’approchait de trop près.
    Elle rendait les coups mais pas à la bonne personne. Au hasard de ses pas elle rapinait des fruits sur les étalages et provoquait les vigiles dans l’hyper du quartier. Elle n’avait nul besoin de voler, seulement elle s’imaginait que derrière les barreaux elle serait à l‘abri des représailles, cependant elle réussissait toujours à échapper aux agents de sécurité. C'est en s’enfuyant devant un énième roussin, qu'elle traversa l’ancien parking encombré de gravas, de ronces, de planches et de vieux matériaux du bâtiment. Ainsi elle découvrit le squat, déboulant dans la coure des miracles, accueillie avec curiosité et bienveillance.
    Au cours de ses errances de la nuit, s’échappant quelques heures de la maison d’accueil pour aller marcher dans les rues désertes, elle allait sans peur retrouver ses amis pour un bain d’amour désintéressé. Parfois Sonia venait l’y rejoindre, mais elle apparaissait surtout pour la ramener au foyer d’où Hélène risquait de se faire renvoyer. Sonia eut droit à la description de Sodishan au moins quatre fois dans la journée qui suivit la rencontre d‘Hélène avec le jeune homme, puis Hélène n’en parla plus. Petit animal blessé, elle avait trouvé un havre au squat et s’y rendait maintenant régulièrement, elle en oubliait même de rentrer au foyer. L’avantage était, qu’elle laissait dans cet antre des peines, une partie de ses douloureuses épreuves, ne se sentant pas le droit de se plaindre, car elle y percevait trop de renvois à ses propres angoisses.
    A avoir sous les yeux, à chaque instant de la journée, des sans abris rejetés par la société mais heureux de leur liberté, elle en oubliait un peu ses tourments. Elle cohabitait avec Fortunée, mauricienne, qui avait été jetée à la rue par son mari pour qu’il puisse installer une belle rousse au foyer conjugal. André, vieux routard qui cherchait la stabilité tout en étant libre, lui il rapportait les provisions du marché gare. Les gamines, Anne et Myriam, trop accros aux herbes folles se terraient en ses lieux pour assouvir leur passion. Elles ne sortaient du squat que pour aller se ravitailler. Papa maman les croyant toujours à la fac financent toujours l‘approvisionnement. Grégoire et Brigitte, deux chômeurs en fin de droit et allègrement débarqués par leur proprio un beau jour de Mars, et enfin Misa, la petite trentaine, qui n‘avait nulle par où aller, la rue était sa famille depuis sa sortie de l‘hôpital. Dépistée séropositive, les siens ne voulait plus d’elle. Depuis peu, son ami Victor avait rejoins la troupe. Hélène quitta donc définitivement le foyer pour s’établir au squat. Sonia lui devenait trop sérieuse, trop "installée", trop vivante. Elle ne la voyait plus que le week-end où enfin sa douce se laissait aller aux mêmes errances qu’elle dans l’espoir de la préserver.
    Hélène fit la connaissance d’Amhed, épicier du quartier qui apportait ses invendus au squat et elle sympathisa immédiatement avec lui. Un soir il débarqua avec l’un de ses copains et elle découvrit Lamine, chien parmi les chiens devant son éternel, typé à en crever pour une meuf en chaleur comme il disait, et débordant de confiance en lui. Comme à son habitude, il renifla la chair tendre et il engagea la conversation.
    Hélène l’aimait beaucoup mais pas à ce point, elle avait compris qu’il reviendrait régulièrement à la charge, mais elle s‘amusait de le voir essayer encore et toujours. Il venait au squat avec la dernière conquête du jour dans l’espoir de la rendre jalouse mais il dut se rendre à l’évidence, Hélène ne ferait jamais partie de son tableau de chasse. Il cessa ses plaisanteries graveleuses, ses sous entendus et ses invites le jour, la nuit plus exactement, où il assista à un des cauchemars d’Hélène. Ne sachant pas où aller pour conclure avec Raïssa il s’était mit dans la vieille cabane de chantier et ce furent les plaintes et les cris de la jeune femme qui le réveillèrent. Alors que les autres n’osaient pas l’approcher tellement elle était violente dans ces moments là, Lamine la prit dans ses bras et elle ne le repoussa pas. Ému par ses larmes, son désespoir et sa peine, il réussit à lui faire exprimer son mal être, et surtout à lui faire dire ce qui la rongeait encore et toujours. Il la laissa s’endormir contre lui et sommeilla à son tour jusqu’au matin.
    Inutile de dire que Raïssa avait décampé, mais que Lamine y avait gagné en grandeur. Hélène plongea alors dans l’univers de la rue et elle s’y sentait à l’aise, un second dépaysement dans son propre pays. Elle zona ainsi pendant plusieurs mois et elle connaissait tous les bains douches publics car elle voulait bien vivre en marge, mais pas question de se laisser aller. Parfois elle répondait aux avances d’un lutin uniquement pour avoir le plaisir de se doucher sans faire la queue dans une file d’attente. N’ayant pas de soucis d’argent elle aurait pu prendre une chambre à l’hôtel mais elle s’y refusait. Toujours coquette, Hélène la SDF ressemblait à une parfaite petite madame tout le monde, vous l’avez certainement croisé mais jamais imaginé d’où elle venait. Elle commença à goûter aux herbes d’Anne et Myriam car il lui semblait qu’elle faisait moins de cauchemars, seulement elle ne se rendait pas compte que cela la conduisait droit en enfer. L’enfer elle connaissait tellement bien qu’elle s’y sentit à l’aise, de retour chez elle, augmentant les prises de jour en jour elle se retrouva aux urgences. De retour au squat elle tint bon une quinzaine de jour puis replongea de plus belle, pour finir complètement paumée sur le banc d’un jardin de ville. Elle y resta étendue une nuit entière et une partie de la journée suivante avant que quelqu’un ne se préoccupe de sa santé et de son histoire. Pendant trois semaines elle resta chez son ange gardien et lui promit d’être plus raisonnable. A chaque débordements, Sonia appelait Pat qui venait la chercher, jusqu’au jour où elle la fit admettre dans un centre de soins. A sa sortie elle avait compris la leçon et ne toucha plus au poison mais elle refusa la stabilité et retourna au squat.
    Un Samedi soir, Hélène décida d’aller faire un tour au DRINK’IES, pour se mettre la tête à l‘envers. Elle passa donc de l’état de guenilles à celui de bombasse et demanda à Sonia de l‘accompagner.
    L’après midi même elle avait failli se faire gauler par un des vigiles à La Part Dieu. Sonia avait fait diversion mais cette fois ci Hélène l’avait échappé belle et il leur fallait fêter çà. Elle cherchait les geôles de Saint-Quentin mais était heureuse d'échapper à la maréchaussée. Elle-même ne comprenait pas ses agissements.
    Le bar lounge était bondé lorsqu’elles y entrèrent mais elles parvinrent à trouver une place assise sans difficulté. La belle brune et la blonde incendiaire avaient le choix parmi un présentoir plus qu’alléchant ce soir là. Sonia se retrouva bientôt en tête à tête avec un magnifique spécimen de la gente masculine, abandonnant Hélène à la cour envahissante d’un blondinet m’as-tu vu. Malgré les nombreux verres déjà descendus Hélène ne se détendait pas et sentait venir la crise. Elle décida donc de sortir, elle se leva et elle l’aperçut alors accoudé au bar devisant agréablement avec ses amis. Indécise elle hésita à aller le saluer puis elle opta pour la fuite. Sodishan la repéra des yeux et leva son verre à sa santé puis il lui fit signe de le rejoindre. Hélène lui fit un signe amical de la main et se dirigea vers la sortie presqu’en courant, bousculant tout le monde sur son passage. Une fois dehors elle pu enfin respirer normalement, adossée au mur de la façade elle reprenait lentement le contrôle d’elle-même, ses mains cessèrent de trembler et les frissons qui la parcouraient stoppèrent à leur tour. Elle n’avait plus envie de retourner dans le bar et elle s’en éloignait lorsqu’elle entendit des pas rapides derrière elle, une main se posa sur son épaule. Prête à gifler l’indésirable, elle stoppa net son geste en reconnaissant Sodishan.
    - Je t’ai laissé filer une fois jolie fille, je ne ferais pas la même erreur ce soir! lui dit-il en passant un de ses bras autour de sa taille. Hélène s’abandonna alors sans condition à ce quasi inconnu, toutefois elle refusa de retourner dans le bar avec lui. Elle le laissa la guider à travers les rues qu’elle connaissait par cœur et se retrouva au parking où il garait son véhicule. Elle ne comprit pas immédiatement pourquoi il voulait la faire monter dans la voiture alors que son appartement était trois rues au dessus. Une fois derrière le volant il lui demanda l’adresse du squat, Hélène rechigna à la lui donner mais elle finit par le guider jusqu’à une ruelle adjacente. Elle tergiversa beaucoup avant d’aller y chercher ses affaires, mais elle finit par céder à Sodishan qui tenait à ce qu’elle s’installe à son appartement. Elle réalisa qu’il avait toujours su où la trouver et il ne s’en cacha pas lorsqu’elle lui posa la question, il attendait le bon moment, c‘était aussi simple que cela. Au squat elle n’éternisa pas les au revoir car elle savait qu’elle y reviendrait souvent.
    Encore indécise, elle fit un grand détour pour rejoindre le lourd Chevrolet ou l’attendait Sodishan qui avait respecté son besoin de préserver le secret de la cachette de ses amis. Une fois aux côtés de Sodishan elle posa son sac à ses pieds et elle le regarda, il lui sourit et passa l’une de ses mains sur sa joue en signe d’apaisement. Il ignora les larmes qu’elle avait versées pour ne se concentrer que sur la douceur de sa peau, et scellant ses lèvres à celles d’Hélène, il lui donna un vrai baiser, lui promettant la paix pour les prochains jours à venir.
    A peine la porte de l’appartement refermée, Hélène jeta son sac au sol et vint enlacer Sodishan en une étreinte torride où elle lui fit comprendre qu’être seulement allongée près de lui cette nuit ne suffirait pas à calmer son anxiété. Il se révéla un amant doux, attentif et impatient à la fois, Hélène se laissa porter par ses caresses, les sens exacerbés par la découverte d’un nouveau partenaire. Il faisait grand jour lorsqu’elle s’éveilla, étendue sur le côté, les fesses pressées contre le ventre de Sodishan. Sa tête reposait sur le bras de son compagnon, elle sentait le souffle chaud de sa respiration dans son cou et il avait posé une main sur sa hanche. Elle fut surprise de ne pas s’être réveillée dans la nuit et elle se serra encore plus fort contre lui. Elle sentit sa main se déplacer jusqu’à sa fesse qu’il se mit à caresser avec douceur. Tandis qu’il déposait pleins de baisers sur sa nuque, son cou et ses lèvres, Hélène glissa sa jambe entre les cuisses de Sodishan et posa l’autre, relevée haut sur le bassin du jeune homme. Il l’avait enlacé, câlinait ses seins et lui donnait baiser sur baiser auxquels Hélène répondait par un doux balancement de ses hanches.
    Elle appuyait son petit fruit lisse contre le membre de Sodishan en de petits mouvements circulaires, le jeune homme sembla fortement apprécier le câlin puisqu‘il se mit à titiller sa petite fleur de ses doigts habiles.
    Il allait et venait adroitement, s’enfonçant petit à petit dans la rivière ou coulait déjà le miel chaud du plaisir à venir. Hélène gémissait sous ses attouchements et elle se tordait de désir sous la pression des doigts de Sodishan entre ses cuisses. Il la pénétra très lentement et ressorti aussitôt pour de nouveau plonger en elle, lui infligeant ce traitement plusieurs fois avant de la soumettre à un vif va et vient.
    Tantôt elle geignait, tantôt elle criait et Hélène se laissait bercer par les coups de reins de plus en plus violents de son compagnon. Les râles de Sodishan se mêlèrent à ceux d’Hélène lorsqu’il explosa en elle, répandant une chaude cascade d’amour en son antre délicieux. Hélène se crispa et la jouissance la faucha à son tour. Sodishan l’allongea sur lui, leurs sexes encore soudés, le visage d’Hélène juste sous le sien, leurs mains unies, étourdis de plaisir et de sensualité. Les jours suivants Hélène dut apprendre à vivre à deux, apprentissage rendu très simple dans la mesure où elle n’avait qu’à se laisser guider pas Sodishan.
    Elle fit de nombreux cauchemars, mais Sodishan était toujours présent pour la soulager, après chaque crise il lui égrenait les contes et légendes de son pays, il lui racontait son enfance, il la rassurait sur son avenir et il la câlinait à lui en couper le souffle. Un soir que ses peurs la taraudaient plus que d’habitude, Hélène lui raconta les brimades et les souffrances qu’elle avait endurées. Les gifles, les coups, les sévices, les corrections et le harcèlement moral qu’elle subissait quotidiennement la laissait meurtrie, pleine d’ecchymoses et commotionnée. Par bribes, entrecoupés de plaintes et de sanglots, Hélène lui livra les réponses à son mal être. Elle ne voulait plus de liens, plus d'attaches car cela faisait trop mal lorsque l'on devait les trancher.
    Pour être protégée, elle avait du tailler dans ses racines et couper les ponts avec son ancienne vie. Le choix avait été extrêmement douloureux. Elle avait du abandonner sa famille et ses amis pour échapper au monstre qui la poursuivrait à sa sortie de prison. Celui-ci le lui avait promis devant ses juges et il avait de nombreux amis prêt à prendre la relève. Le scélérat savait qu’il lui livrait un indicible supplice dans les menaces perverses qu’il avait proféré. Hélène était maintenant persuadée qu'il la trouverait et comme la première fois personne ne viendrait à son aide.
    Sodishan lui fit alors une promesse, celle d’être toujours là pour elle et il la tenait, jour après jour il affrontait les démons d’Hélène, il l’encourageait, il la protégeait lorsqu’elle faisait des erreurs et il sauvegardait le peu d’estime qu’elle avait encore pour elle. Sodishan la guidait mais n’imposait rien, jamais il ne se mettait en colère et ce qui aurait pu passer pour de la négligence, pire, de l’indifférence, n’était que l’expressionde sa totale confiance en elle. Les extravagances d’Hélène se multipliaient par période, surtout lorsque le jeune homme devait la délaisser pour son travail. Aucuns reproches lorsqu’il apprenait qu’elle était sortie en pleine nuit, pas de remontrances quand il devait aller la chercher au squat, nulles critiques quand elle éclatait les verres contre les murs et jamais une seule remarque sur les journées où elle restait prostrée après ses coups de colère. Hélène se fâcha contre Sodishan car il s’était coupé totalement de ses amis et collègues pour se consacrer uniquement à elle. En retour il lui offrit un portable et lui laissa la possibilité de s’ouvrir au monde tout en restant en retrait. Petit à petit elle accepta les soirées pizza/ jeux vidéos, les sorties au milieu de la foule, les nuits discothèque, les veillées poker et les week-end câlins dans la campagne de son amie. Les absences répétées de Sodishan ne lui pesaient pas puisque dès qu’il avait cinq minutes il appelait. Souvent seule mais jamais oubliée, Hélène savait qu’à son retour il saurait la réconforter et jamais elle ne lui parlait de ses craintes et peurs lorsqu’il était loin, elle se refusait à perturber un sacerdoce prenant. Une fois, une seule elle lui fit négliger son travail et louper un dossier, elle se jura que jamais plus elle ne recommencerait. Il ne l’en avait jamais blâmé, Sodishan devinait son mal être et rentrait parfois plus tôt que prévu pour la soutenir. Même sans parler, lui à son bureau et elle derrière son écran, ils étaient unis et solidaires. Parfois Hélène l’épiait sans qu’il le sache et elle apercevait en lui tellement de gentillesse et de bonté qu’elle se demandait si elle n‘était pas en train de rêver. Dès que Sodishan sentait son regard, ses dossiers n’avaient plus beaucoup d’importance. Comme elle, il avait parfois besoin de s’isoler pour réfléchir, mais Hélène savait qu’elle pouvait le rejoindre dès qu’elle le voulait. Souvent elle s’approchait silencieusement et l’observait, assis à même le sol, calé confortablement contre l’un des grands coussins posés çà et là sur la mezzanine. Les jambes fléchies et légèrement écartées dans une pose décontractée, il posait toujours ses dossiers et ses livres contre ses cuisses et en étudiait le contenu et les textes avec concentration. Il essayait de se rappeler, les textes de loi, les articles et paragraphes des cinq livres du code pénal et les décrets en conseil d‘état. Mais comme lui aussi guignait discrètement dans la direction de sa compagne, il avait du mal à se concentrer. Lorsqu’Hélène était reposée et sereine, elle reprenait apparence humaine et la beauté de la jeune femme le rendait fou d’elle. Il aimait son sourire si rare ces derniers temps, il aurait voulu la garder dans ses bras, il aurait voulu qu’elle le suive, il aurait voulu qu’elle abandonne sa peur, il aurait voulu qu’elle soit heureuse tout simplement. Hélène eut encore à subir une épreuve cruelle, sa magnifique Sonia ne l‘accompagnerai plus dans ses délires. Sa douce, Sonia la belle brune l‘avait quitté. Déchirée par cette disparition et affligée par la possible remise en liberté de son bourreau, Hélène tomba malade. Epuisée, déprimée et découragée, elle se laissa sombrer dans une dépression où rejoindre sa Sonia aurait été la meilleure des solutions. Heureusement Hélène n’est jamais seule, même lorsque Sodishan n’est pas là, elle a un ange gardien et elle lui en fait baver. Pas par méchanceté mais parce qu’elle peut exprimer avec lui ce qu’elle n’ose pas dire à Sodishan pour ne pas l’inquiéter ni le déranger. Cela fait un an que Sodishan et Hélène vivent côte à côte, un an pendant lequel Hélène a du réapprendre tous les gestes quotidiens, a du composer avec le rude emploi du temps de Sodishan, a du se ménager un espace de liberté et surtout un an où elle se fait petit à petit à l’idée qu’un jour elle arpentera les chemins de la liberté sans appréhension.
    Pourtant cette histoire ne se finit pas aussi bien que vous pourriez le penser. Certes Hélène est de nouveau avec Sodishan mais loin de sa Provence natale. Pour se protéger elle a abandonné ses "Lyonnais" et pour noyer un immense chagrin elle se laisse couler dans un univers qui n'est pas le sien. Ses amis du squat ont tous pris un chemin différent. Sa gentille Pat n'est plus la pour lui donner l'illusion qu'elle était importante à ses yeux.
    "Lui" est de nouveau en couple avec une "elle" à qui il montre son affection plusieurs fois par moi sans que cela dérange les voisins. Rien n'a changé pour Hélène.
    Ah si. Elle a appris en deux ans et demi que les promesses et les regrets pouvaient faire plus mal que les coups...

     


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  •    ...Johanna, seize ans et neuf mois, aurait été surprise en fâcheuse posture si quelqu’un était entré dans l’ascenseur du personnel. Sa jambe gauche ceignant les reins de son petit ami, elle se faisait astiquer avec un plaisir évident. Elle n’avait plus de petite culotte et lui avait baissé son pantalon et son boxer à ses chevilles. Il la besognait avec application, tantôt en mode escargot, tantôt en marteau piqueur. La gamine geignait de plaisir sous les coups de boutoir de ce gosse à peine plus vieux qu’elle ! Il tâtait ses seins à pleines mains, les écrasants de ses longs doigts, pendant qu’elle lui faisait un lavage intégral de la bouche avec sa langue. Johanna adorait le sexe. Elle avait commencé très tôt avec le Butler de la famille.

    Johanna avait à peine quatorze ans lorsque Mr Henri l’avait surprise sur le grand canapé familial la main dans sa petite culotte en train de se masturber vaillamment devant une série rose. Rouge comme une pivoine, se mordillant les lèvres et fermant les yeux, elle attendait un plaisir qui tardait à venir. La diablesse ne devait pas en être à son coup d’essai. Nullement gêné par le regard du majordome, elle lui fit un grand sourire lorsqu’il s’approcha. Elle l’invita aux festivités, ôtant ses doigts de sa chatte malmenée. Il s’assit à ses côtés et glissa sa main sur ce temple encore vierge, il s’y activa plus efficacement, elle était déjà toute mouillée ce qui lui facilita la tache. Il la caressa longuement et lorsqu’il introduisit ses deux doigts jusqu’à l’hymen qu’il ne voulait pas encore briser, en effectuant un mouvement de rotation, elle cria son plaisir en jouissant dans la main de son professeur. Ensuite, chaque jour elle exigeait de son Butler qu’il lui fasse minou.

    Il lui avait d’abord enseigné comment satisfaire un homme sans perdre sa virginité puis il l’avait défloré en douceur. Elle avait adoré lorsqu’il lui avait enfoncé son membre dur et long, la légère douleur passée elle s’était donnée à fond, l’encourageant à accélérer. Ensuite dès que l’instant s’y prêtait il défonçait la petite chatte de son élève avec délectation. Il adorait quand elle gigotait sous lui en riant de plaisir, le remerciant de lui avoir fait découvrir de tels jeux. Il lui avait même appris la douceur d’une sodomie bien pratiquée. Il lui faisait réviser ses leçons chaque semaine en défonçant son mignon petit cul lors de son congé hebdomadaire. Puis l’élève dépassa le maître auquel elle accorda de moins en moins ses faveurs. Mais il y avait une petite bonne qui la remplaçait alors il n’y eut pas de drame.

    Depuis la gamine avait appris à voler de ses propres ailes et elle baisait dès qu’un homme lui plaisait. Ces messieurs ne se faisaient jamais priés. Sa drogue, c’était quand ils fourraient sa petite chatte. Accro elle ne pouvait pas passer une journée sans s’être faite ramoner par un bon gros pieu bien raide. Brunette, cheveux courts, lèvres gourmandes et regard de braise, elle attirait les hommes comme des mouches. Son corps était digne de servir de modèle pour des créateurs de mangas.

    Ces derniers temps elle avait trouvé un trip qui la faisait grimper très vite, et cela même avant que ne commencent les préliminaires.
    Elle demandait à son partenaire du moment qu’il la fasse jouir dans un lieu public. Avant chaque liaison, elle exigeait de celui ci qu’il trouve l’endroit idéal où ils risquaient le plus d’être vus attachés l’un à l’autre. Georges l’avait tringlé dans le vestiaire d’un restaurant, Christian l’avait prise en levrette dans un cinéma, Mika l’avait sodomisé dans un des placards à balai du Grand hôtel de la ville, Georgio l’avait fait hurler de plaisir dans la cuisine de leurs hôtes. Quand Simon lui proposa l’ascenseur de l’hôpital, elle battit des mains comme une petite fille à qui l’on promettait un jouet. Simon y mettait tout son cœur mais la peur d’être surpris en pleine action l’empêchait de bander efficacement. Pourtant c’est lui qui avait choisi le lieu de leurs ébats. Il la ramonait mais elle commençait à s’ennuyer. Son pieu n’était plus assez dur à son goût. Son plaisir diminuait lorsque: ding pong, la sonnerie de la porte de l’ascenseur retentit. 

    Son amant sursauta et se retira illico presto de sa chatte. La porte s’ouvrit. Le petit gars frisa la crise cardiaque lorsqu’un homme entra dans l’ascenseur, il s’empressa de remonter son pantalon et disparu rapidement. Johanna prit son temps pour ramasser sa petite culotte et alors qu'elle s’apprêtait à sortir l’intrus lui demanda amusé   - Tu restes avec moi, ma belle?                                                                                                                                                                                                                                         - Je crois que ton copain n’a pas fini le travail! insista-t'il. Le ton de sa voix n'avait rien de pressant. Juste une invitation. Elle évalua rapidement le potentiel de son futur partenaire et mit la petite culotte qu’elle tenait encore dans sa main à l'intérieur de la poche de son veston blanc d’infirmier. Elle se colla à lui pour l’embrasser goulûment. Enfin un qui allait la baiser comme elle aimait. Dès que les portes se refermèrent, l’homme appuya sur le bouton du cinquième, puis il bloqua l’ascenseur entre deux étages, chose que n’avait pas pensé à faire le pauvre Simon. Il déboutonna son pantalon et le baissa comme son prédécesseur, mais lui ne portait pas de sous vêtement. Johanna sourit en découvrant l’instrument idéal pour la stimuler. Il la fit se déshabiller intégralement et il se branlait doucement en la regardant. Une fois nue, elle pris la direction des opérations. Elle se mit à genoux et écarta les doigts de l’homme, puis elle prit son sexe dans sa bouche. En quelques coups de langues l’objet de sa convoitise doubla de volume et l’impressionnant bâton ne demandait plus qu’une chose, fourrer une petite chatte bien mouillée. Sa petite chatte bien trempée. Elle se releva, collant son corps bouillant contre son partenaire pratiquement halluciné par le savoir faire de cette donzelle.

    S’accrochant à son cou, elle l’entoura de ses cuisses et chercha le bourgeon turgescent de sa future machine à plaisir. Elle le trouva rapidement, se limant d’abord les lèvres en bougeant lentement. Puis elle enfonça doucement le sexe de l’homme sur sa chatte trempée. Elle continua en le faisant glisser en elle et ne bougea plus. A lui de s’investir maintenant. Il commença par effleurer son bouton, et par petites secousses il s’enfonçait de plus en plus loin dans son ventre. Elle gigotait en roucoulant, serrant ses muscles pour mieux le sentir,elle se mit à pomper du bassin pour l’exciter encore plus, se masturbant le clitoris sur son membre dur comme le bois. Puis elle le glissa par petites secousses en elle rentrant et sortant son pieu de sa chatte. Sans crier gare il sentit arriver le jet puissant qui inonda ses cuisses. Ils crièrent leur plaisir tous les deux en même temps. La seconde mi-temps promettait d’être beaucoup plus festive. Le vieil ascenseur poussif de l’hôpital possédait des lanières au plafond pour que les brancardiers s’y accrochent pendant le transport des patients. 

    Il souleva la jeune fille nue et elle s’accrocha au cuir, puis elle posa les pieds, jambes écartées sur les rampes de soutient. Ainsi il pourrait la prendre sans qu’elle ait à se déplacer. Il se glissa entre ses jambes et se mit à lécher sa chatte avec force succion pour la faire mouillée encore plus, puis il l’a pénétra brutalement sans la préparer. Elle cria mais pas de douleur. Il s’activa en elle pour faire couler cette fontaine dont il puisait le jus pour lubrifier le second trou où il désirait se rendre. Il passa alors derrière elle et il câlina doucement de son bourgeon le tunnel étroit qu’il convoitait. Elle était juste à sa hauteur, elle gémissait de plaisir et il attrapa ses seins, l’enlaçant et titillant ses pointes durcis par l’orgasme à venir. Il mignotait son ventre, sa poitrine, ses cuisses et toutes les parties de son corps qu’il pouvait toucher. Folle de désir elle le supplia de la prendre ce qu’il fit dans l’instant. Il entra son gland puis enfonça d’avantage sans qu’elle y trouve quoi que ce soit à redire. Il entra son pieu entièrement dans ce tunnel serré et confortable. Pendant qu’il ramonait son mignon petit trou elle se mit à geindre comme une bête avant de pousser un hurlement de jouissance. A son tour il lâcha sa semence en plusieurs décharges. Elle reposa aussitôt les pieds par terre avec souplesse, abandonnant les sangles et caressa la queue flasque et déchargée de son amant.                                                                                                                                                                                                    - C’était parfait mon petit gars! Il devait bien avoir vingt ans de plus qu’elle. Elle activa alors l’ascenseur sur on et se rhabilla sans un mot.                                                    Lorsque la porte s’ouvrit elle sortit sans un regard pour lui. Il l’a regarda partir le pantalon encore sur les chevilles. Elle lui avait laissé sa petite culotte... 


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    Je ne suis pas torride, ni sensuelle, ni magnifique.
    Je n'ai pas un corps fabuleux, mais un ventre plat et un savoir faire prodigieux. 
    Je suis loin d'être un mannequin, mais de ma souplesse je compble cette imperfection.
    Je suis moi et seulement moi. J'ai des courbes je ne les dissimule pas.
    J'ai de belles formes et grâce à cela j'obtiens de tendres caresses. 
    J'adore mon t-shirt jaune citron, mais toujours avec un ti tanga coquin dessous.
    Je sors souvent de la maison sans maquillage et,
    J'oublie même parfois de mettre ma petite culotte.
    Je suis fofolle, chiante, têtue, souvent de mauvaise foi, câline et pleine de fantaisie. 
    Je peux crier, pleurer er sourire l'instant d'après.
    J'essaie d'embobiner eu susurrant des mots cochons.
    Comme une chatte je me fais féline pour me glisser entre des bras rassurants.
    Je ne fais jamais semblant d'être celle que je ne suis pas.
    Je suis qui je suis: moi!
    Je sais que l'on peut m'aimer un jour et me blâmer le suivant.
    Je ne veux pas faire de promesses mais celles que je fais je les tiens. 
    Je dis toujours la vérité, même au risque de me faire condamner.
    Mais je suis fière de ce que je suis et cela je ne le changerai pas...


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    Nos regards, un bref instant au milieu de la foule, se sont croisés... 
    Nos yeux se sont cherchés le reste de la soirée...
    Sa main à frôlé la mienne en prenant le toast convoité...
    Son premier sourire m'a chaviré lorsqu'il s'est approché...
    Nos corps, se sont complètés dès le premier pas de dance esquissé...
    Une œillade incendiaire pour un lendemain plein de promesses nous a lié...

    Et les semaines ont défilé.....

    Sur la terrasse du " Aux amoureux " il se tenait la mine angoissée...
    Alors qu'au loin il me vit arriver, son visage s'est animé...
    Il se leva au-devant de moi, courant comme un forcené...
    Il me serra si fort contre lui, comme si j'avais voulu lui échapper...
    Mes mains dans les siennes, il s'employait à me subjuguer...
    Il comprit que je lui étais déjà acquise, nul besoin de parler...

    Et notre vie à deux a commencé...

    À chaque instant de la journée, ses yeux sur moi sont posés...
    Par tous les baisers qu'il me donne, je suis transportée...
    Pour toutes les caresses octroyées, mon corps frissonne et je suis emportée...
    Lorsque sous les coups de nos joutes amoureuses tremble le canapé...
    J'ai le secret espoir qu'un jour prochain, il me demandera de l'accompagner...
    Pour le reste de nos jours, d'amour baigné...


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