• SaDNeSS...

     

       …Quatre ans aujourd'hui que tu m'as quitté, et mon cœur est toujours aussi douloureux! Je t'aime ma douce, jamais je ne t'oublierai...

    Le PRiNCe CHaRMaNT

    Dan n’avait d’yeux que pour Sonia.
    Son regard intense la couvait tandis qu’il passait tendrement sa main sur sa joue.
    Elle en avait des frissons lorsque ses beaux yeux verts se posaient sur elle.
    Elle y lisait le merveilleux amour qui devait la combler le restant de ses jours.
    Un amour qui se faisait univers tellement elle était reconnaissante pour le divin cadeau qu’il lui offrait. Elle était au centre de toutes ses attentions et Dan ne se lassait jamais de lui prouver son affection. Six mois d’un bonheur précieux où pleuvaient cadeaux, bouquets géants, week-end cocoon et bijoux.
    Pour protéger cet amour, il trouva une petite maisonnette avec jardin en banlieue, loin bien loin de la fac où elle poursuivait brillamment ses études. Bien à l’abri, dans ce pavillon, Dan usait d’une galanterie d’un autre temps. Il cuisinait chaque Dimanche pour les repas en famille avec les parents de Sonia, offrait des fleurs à sa mère et de son temps pour bricoler avec son père. Jour après jour, il se rendait indispensable.
    Puis il y eut les inévitables cafés du matin pour bien démarrer la journée, les trajets en commun pour faire des économies, les déjeuners ensembles parce que selon lui le travail et les études les éloignaient, le retour à deux pour être certain qu’elle soit de retour à une heure convenable, mais cela il ne le lui avoua pas. Dan passe son temps aux côtés de Sonia. Il est vénéré comme un dieu à présent. Il a toujours une plaisanterie aux lèvres, un sourire à la Georges Hamilton, un secret à dévoiler ou un conseil inestimable à prodiguer. Les mois passent, et sans s’en rendre compte Sonia se retrouve isolée. Elle se meurt à petit feu dans sa prison dorée. Les jours se succèdent aux semaines, sans surprises. Elle ne sait pas comment il s’y est pris, mais il réussit à la convaincre d’abandonner une carrière prometteuse. Elle se souvient juste que Dan commença à montrer les dents puis hausser le ton lorsque se précisèrent les modalités d’un emploi.
    - Je ne te donne pas suffisamment d’argent? Je ne te gâte pas assez? Avait-il grondé en adoptant ce regard noir qu’il prenait de plus en plus pour s’adresser à elle. À cause de ce travail, tu négligersa encore plus l’entretien de la maison lui dit-il afin de finir de la convaincre. Il parle de mariage, de foyer, d’enfants… une grosse colère et elle cède.
    Désormais, c’est le repas devant la tv chaque soir, le dîner chez Marthe et René tous les dimanches -sournois, il ne l’éloigne pas encore de ses parents- trois semaines de vacances lune de miel dans un hôtel au bout du monde et retour à l’ennui. Plus de copains, plus d’amies, plus de visites inopinées, il lui interdit toutes relations avec des personnes qui selon lui la montent contre leur mode de vie.
    Sonia est son bijou qu’il protège dans l’écrin hermétique qu’est devenu le petit pavillon.
    Les mois défilent, le mariage sans cesse reporté, Dan décide de tout. Alors Sonia brave les interdits.
    À sa première entrevue avec un chasseur de tête pour un entretien d’embauche dans une grande société, il lui dévisse pratiquement le cou tellement la gifle qu’elle reçoit la laisse groggy. Il s’en excuse aussitôt, précisant toutefois qu’elle ne s’aventure pas à recommencer l’exploit. Sonia invite une amie à déjeuner, lorsque Dan l’apprend il est trop tard pour annuler. Il se fait charmant, enjôleur, le mari parfait. À peine Léa a-t-elle franchi la porte que Sonia est projetée contre le mur de la cuisine. Les poings de Dan lui apprennent qu’il ne faudra jamais plus à l’avenir désobéir à monsieur.
    Régulièrement le prince charmant dévoile sa véritable nature. Tout lui est prétexte.
    Dix fois, elle se résout à le quitter, dix fois, il revient se faire pardonner.
    Viennent les fêtes de Noël ou Sonia se confie à sa mère. Avec beaucoup de douceur Marthe conseille alors à Sonia de mettre un peu d’eau dans son vin. La vie n’a jamais été un roman d’amour à perpétuité, cela se saurait. Les bleus sur les bras de sa fille n’ont donné aucune matière à penser à Marthe.
    Comment aurait-elle réagi en découvrant l’étendue des dégâts dans le dos de Sonia? Les coups de cravache que lui administrait Dan lorsqu’il lui en prenait l’envie avaient laissé de monstrueuses cicatrices sur sa peau.
    Les sévices continuent puis un jour Sonia est hospitalisée, une pommette fracassée et un bras cassé. Pour tous ce sera un accident.
    - Qu’as-tu fait pour l’énerver? Voilà ce que disent ses parents lorsque Sonia leur confie sa détresse. Elle comprend enfin que le secours ne viendra pas de sa famille et que son calvaire ne se terminera que si elle y met fin elle-même.
    Courage, gendarmerie, injonction, jugement, insultes, chantage, menaces, renoncer à sa famille, nouvelle vie, délivrance, fin des atrocités. Une nouvelle vie commence enfin pour Sonia.
    La mort s’invite au rendez-vous quelques mois plus tard.
    Aujourd’hui, c’est dans le champ des oliviers au bord du grand canal que je vais pleurer ma Sonia. Je suis la seule à m’y rendre, car c’est moi qui ai hérité de ses cendres. Le mistral les fait tourbillonner entre les troncs séculaires et mon cœur est gris comme un matin de Novembre…

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