• Se VoiR...

     

       …Il est sorti le cinq juillet en fin de matinée. Je suis terrorisée!
    Le pire c’est lorsque j’ai appris que Pat me trahissait en livrant des informations sur mon compte à un soi-disant ami du net. Cela m’a désolé à un tel point que j’en ai eu des nausées. De ce qu’elle m’a avoué elle tente de le rassurer car il paraît que je lui mènerais la vie dure. Je traduis aussitôt par monsieur se fait de plus en plus insistant pour s’immiscer dans mon quotidien et celui de mon amie par la même occasion. Nous ne pouvons pas nous connecter sans qu’aussitôt il se manifeste en messagerie. Cela devient pesant. J’apprécie, j’aime, cet homme, mais son comportement m’indispose. Christian attendait de moi que je lui relate chacun de mes faits et gestes. Dom est en train de prendre le même chemin et j’en suis effrayée. Je ne le supporte plus, d’où mon besoin de disparaître quelques temps. Je ne sais comment exprimer ceci dans le temps, mais il en ressort que Ma Nanouche commence à s’inquiéter des sentiments qu’il lui dit éprouver pour moi. Elle trouve qu’il insiste énormément pour obtenir des infos sur ma vie sous prétexte de m’aider. Elle est désolée mais elle m’a dit qu’elle s’était ‘‘peut-être’’ laisser aller à quelques confidences. Franchement je l’aurais volontiers giflé. Je veux m’améliorer avant de pouvoir approcher cet homme. Elle n’a pas à lui livrer mon quotidien tourmenté bon sang! Pour sa défense elle m’assure qu’il se fait très insistant.
    J’ai coupé les ponts avec Pat, j’en ai assez que l’on me flique…
    Avait-elle besoin de lui dire que ces derniers jours c’est le pompon? Oui je suis à bout, mais j’ai des excuses. Le ‘‘dingue’’ est libre depuis le cinq Juillet. Je suis certaine qu’il me cherche. Alors oui je suis retournée au squat dès mon retour d’Angleterre -la mère de Bébé est pas possible- , là au moins je me sens en sécurité. Il a fallu, manque de bol, que je tombe à Saint-Jean sur Jérem, le fils de Pat. Le moins que l’on puisse dire est que je n’étais pas à mon avantage. Celui-ci m’a aussitôt offert de me conduire chez sa mère, mais je me refuse à leur imposer mes galères. Et puis je m’amuse avec les potos. Eux au moins ne se prennent pas la tête pour des broutilles. Je m’en fou, on ne vit qu’une fois!
    J’aimerais retourner avec Bébé, mais c’est pénible, ses parents sont trop rigides. D’ailleurs le tandoori était très en colère lorsque je me suis carapatée. Il s’est fait une raison et je pense qu’il veille sur moi de loin…
    Avec les potos, nous avons fait les quatre cents coups à la Part-Dieu ce qui a failli nous conduire chez la bleusaille. Nous sortions d’un magasin avec un article emprunté pour le déposer dans une autre boutique. Nous avons aussi interverti des étiquettes et sacrée marrade au passage en caisse. Les délinquants que nous sommes avons même brisé une petite jarre aux Lafayette. C’est Brigitte qui a déconné aussi. Bref nous avons attiré le regard bienveillant des agents de sécurité.
    Je me moque de me retrouver en cellule, là au moins je serais hors d’atteinte. Les gros bras de Christian ont dû être incapable de le renseigner et il doit en être dingue. L’on m’a proposé un voyage, mais finalement j’ai refusé. C’était trop de contraintes pour moi. Et puis je dois me ‘‘reprendre’’ m’a-t-on dit, alors stop je préfère Lyon.
    Les ‘‘amis’’ sont parfois… bref je pensais que certaines amitiés étaient indéfectibles, mais aujourd’hui j’ai compris que si l’on ne faisait pas comme l’autre voulait, cela devenait vite invivable. Je vais clore mon Netlog façon bulldozer. Marre.
    Ce n’est pas pour rien que Lamine me surnomme Seb. Je suis une cocotte-minute il paraît. Je bous et j’explose. Ce n’est pas ça, c’est juste que j’ai appris à frapper où cela blesse. J’aurais peut-être dû rester avec Ash, c’était sympa nos soirées à l’étage. Il est très câlin mon tandoori. Cela aurait tranquillisé beaucoup de monde. Lui le premier. J’aime bien Dom, pourtant je ne sais pas si c’est l’âge, mais je le trouve trop sérieux, trop vieux? Non ça n’est pas ça, je le trouve trop intelligent pour une fille comme moi. Je l’idéalise m’a-t-on dit. Et j’ai peur d’une désillusion. Son acharnement à vouloir à tout prix me sauver m’effraie un peu. Je ne suis pas prête pour le genre de vie qu’il voudrait m’offrir. Je me sens étouffée rien qu’à l’idée de devoir cohabiter quelques heures avec celui-ci. J’aurais aimé le rencontrer un week-end de début septembre et puis lorsque Pat m’a avoué qu’ils conversaient ensemble dans mon dos, je suis devenue limite hystérique. Je ne veux pas d’un homme qui me fasse la morale à notre premier rendez-vous. Je sais qu’a un moment ou un autre il va vouloir faire son psy et ça, pas question. Je suis consciente que je suis imbuvable, mais je ne demande rien à personne.
    Cela fait quelques jours que je dors dans ma voiture et je commence à ressembler …à rien. J’ai les clés de l’appart, une carte bancaire, mais je n’ai point goût. Incapable de me bouger, même lorsque je me fais traiter de racaille dans la rue. Oui, une connasse qui se croyait supérieure et je l’ai remise en place. Vu mon aspect physique elle m’a insulté, moi je n’ai fait que lui répondre.
    Je suis folle de rage contre Pat pourtant elle me manque, C’est l’une des seules qui ne m’a jamais menti et voilà qu’elle se laisse influencer par un homme qu’elle ne connaît même pas! Je l’ai envoyé bouler comme un vieux tampon. Bien sûr que je la crois lorsqu’elle m’affirme que Dom est très pressant pour obtenir son adresse et pour la rencontrer et parler du ‘‘problème’’ (moi) et des risques que j’encourre à errer en ville.
    De quoi je me mêle?
    Il n’est pas menaçant certes, mais le refus de Pat à lui livrer l’information l’a prodigieusement agacé me dit-elle et je la crois. Il s’est vendu comme n’étant pas un minable, tentant de l’effrayer en envisageant la terrible catastrophe qui me guette si je persiste à me mettre en danger. Elle ne comprend pas tout, mais un jour il envisage une visite à la Part-Dieu pour me surprendre tandis qu’il affirme ne pas vouloir me surveiller???. Je crois que le fait de disparaître comme cela de son horizon l’a terriblement secoué, mais il n’a pas à s’en prendre à ma Nanouche. Qu’elle idée, elle aussi, d’engager la conversation avec lui. Pour en finir il s’obstine de plus en plus à lui demander son adresse ou une piste me dit-elle encore. Il lui dit qu’il m’aime vraiment et qu’il veut se battre pour moi. Patricia a même tenté de le dissuader de poursuivre cette relation qui ne mène nulle part, ce à quoi il répond par des noms de villages susceptibles d’être celui où réside Pat. Déstabilisée par le ton suppliant qu’il prend pour lui arracher un rendez-vous, elle a préféré couper court.
    Voulant préserver mon souhait de ne pas communiquer son adresse elle a flippé et cette connexion difficile est l’une des dernières, voir la dernière. Il lui a dit qu’elle n’était pas gentille, qu’il ‘‘dérouillait’’ à cause de moi, que personne ne lui fait confiance et qu’il mérite plus de considération. Pat en a été malade depuis deux jours et en plus son fils est parti pour un an au Cambodge, cela l’affecte beaucoup. Je crois qu’en définitive, ne sachant plus comment s’en sortir, elle a supprimé son Netlog. Enfin je crois que c’est à ce moment-là.
    Depuis ce sordide intermède je suis désorientée par les aveux de ma Pat et je ne lui parle plus, ma colère ne retombe pas…

    « TeRRoRiSée...Ma DouCe... »

    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :