• SouFFriR à DeuX...

     

    ...Installé à son bureau, Bébé a du mal à se concentrer sur son travail. Ses pensées galopent jusqu'à la chambre d'hôpital où il m'a conduite. Ce qu'il a en tête est à des années lumières des pages manuscrites qu'il doit consulter en urgence.
    Ce séjour dans un cocon aseptisé me rend nerveuse et mélancolique.
    Bébé a beau faire un Chouquette-sitting intensif dans ma chambre, il a compris que je pleure chaque fois qu'il s'en va. Juste avant de me rendre dans le service, alors qu'il cherchait les clés de son bolide, je m'étais blottie contre lui et lui avait murmuré inquiète :
    - "Bébé, est-ce réellement utile?"
    Il sait que je suis courageuse, mais que j’ai besoin d'être réconfortée. Il devine que si je fais ma capricieuse c'est parce que j’ai peur. Peur de la douleur…
    Perfusions d'antitrucs et potions contre-machins, soins en clinique, mais je ne suis pas en état d'en apprécier la qualité. Certaines médications du traitement sont extrêmement douloureuses et comme à chaque fois, cette brûlure dans mes veines est un véritable supplice. La douleur lâche prise sur mes vertèbres, mes épaules et mes articulations mais maintenant cette torture s'étend jusqu'au plus profond de ma chair. Je suis une torche vivante.
    Il aimerait pouvoir me cajoler, me prendre entre ses bras, déposer de tendres baisers sur mes tempes à défaut de prendre ma place. Il aimerait tant que j’accepte l’aveu de son amour pour moi en même temps que ses encouragements. J’ai besoin de son soutien et pourtant je me hais de me voir aussi diminuée en sa présence.
    Stairway to heaven? ...Perhaps, later!
    Succube à mes heures, j’adore jouer à l'otocinclus, insinuant mon apex sur les replis soyeux du donjon bandé qu’est sa virilité. Chacune des parcelles de sa peau ambrée m’est familière et mes lèvres mouillées les torturent tendrement. Je chéris les instants où, à son tour, il honore mon corps de ses attouchements et de bien plus encore. Il raffole de ces effeuillages tendres et émouvants où seule compte la joie d'ajuster son corps au mien. Se frayant un passage entre les dentelles gris perle de mon soutien-gorge, il goûte à mon décolleté. Chaque fois que je désire ses faveurs, je le laisse courtiser ce tanga qui me va si bien. Même dénudée je parviens encore à garder un certain mystère.
    Tout comme moi Bébé sursaute en émergeant du songe coquin qui nous permet de nous détacher de la réalité. Éprouvé, mais convaincu du bien-fondé des larmes qui inondent mes joues à chaque fois qu'on me branche cette fichue perfusion, il laisse couler les siennes. Lui, le flegme personnifié, ne souhaite cette douleur à personne, pas même à son pire ennemi. Si, il ferait volontiers une exception pour le salaud qui a bouffé ma jeunesse.
    Il s’excuse une dernière fois pour la brutalité de sa princesse blonde auprès du personnel soignant. Moi, sa tendre chérie, j’ai griffé l’infirmière qui a posé ma perfusion, j’ai jeté un haricot en alu à la tête de l’aide-soignante. Je l’ai raté de peu.
    Bébé admet enfin que je ne suis pas une patiente facile, heureusement il me ramène à la maison. Je râle durant tout le trajet.
    Je n'ai pas pu me concentrer sur mon livre dont je n’ai lu que quelques pages, les programmes tv étaient "nuls" à mourir d’ennui, regarder le plafond aurait certainement été plus distrayant. Impossible d’écrire puisque mes doigts refusaient de m’obéir et pas question de faire les cent pas dans le couloir. Le regard des autres sur la pauvre chose que j’étais en ces lieux m’horripilait. J’avais l’impression d’être redevenue une petite fille…
    Ma Canaille m’écoute avec philosophie. Il m’adore alors il laisse passer l’orage avant de m’annoncer que Madame Mère est passée lui rendre visite afin de prendre de mes nouvelles. J’en reste comme deux ronds de flan, les yeux grands comme des soucoupes! Je pourrais passer mon temps à me plaindre, mais je ne le ferais pas. Tant qu’il sera à mes côtés je vais serrer les dents et tenter de sourire, de paraître mieux. Lorsqu’il est à mon chevet, ses compétences sont perdues pour ceux qui en ont besoin et cela je ne peux l’admettre. Mes larmes ne s’échapperont de mes yeux qu’après son départ.
    Une fois encore j’ai affronté l’épreuve avec succès…

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