• VaLeNTiNe’S Day…

    …L’on me prend certainement pour une illuminée, mais je campe sur mes positions!

    À voir, des semaines avant et quinze jours après, la profusion de suggestions fantaisistes d’annonceurs publicitaires, la Saint-Valentin a toujours été pour moi une fête commerciale.
    Gâtez votre Dulcinée avec …un épilateur? Une friteuse? Une cafetière à expresso? Bon, il est vrai qu’il y a le haut de gamme genre le manège à bijoux, le parfum Jean-Paul et le magnifique séjour à Center truc! Sorti de tout cela, le rêve est un peu limité. Au vingt et unième siècle c’est à croire que la plupart de ces messieurs sont incapables d’avoir une idée originale. C’est pour cela que des années durant, j’ai haï cette fête avec sa débauche de bottes de roses hypocrites et dégoulinantes de sentiments avariés qui, dès le surlendemain, finissent dans la poubelle faute de soins.
    Le plus beau cadeau de Saint-Valentin que l’on puisse recevoir n’est pas, à mon sens, un bijou hors de prix en forme de cœur ou un séjour ‘‘all inclusive’’ aux Seychelles. C’est encore moins la mise à sac de la carte gold d’un compagnon trop généreux. Cette fête remonte à la fin du Moyen-âge à la cour du Roi d’Angleterre. Rien de Gaulois donc! Il s’agissait d’une fête pour célibataires où les hommes tiraient au sort le nom d’une demoiselle qui devenait leur ‘‘Valentine’’ pendant une semaine. Ils envoyaient des mots doux anonymes à leur dame. Rien d’autre. Amour et amitié au sens large. Bébé a toujours respecté la tradition, me faire plaisir sans pour autant ruiner son compte en banque. Je ne supporterai pas…
    En attendant je commence à trouver le temps particulièrement long pour ce fichu déménagement. Il n’y a toujours pas de date prévue. D’ailleurs mon pigeon voyageur n’est jamais là, ce qui fait qu’aucune surprise ne m’est tombée du ciel ce matin. Comme par exemple les cartons de certains de mes trésors que j’attends depuis quatre jours. Un ‘‘j’arrive ma chérie’’ par mail signé d’un cœur animé, c’est déjà mieux que rien. Quinze heures sept, enfin là! Un bisou à la va-vite sur le front et plus ou moins l’ordre d’aller préparer un léger bagage pour nous deux. Si possible des tenues décontractées pour le week-end. Dois-je lui rappeler que nous ne sommes que jeudi. Ma Canaille ouvre la portière passager et je prends place. Je ne sais toujours pas où nous allons et il m’est interdit de poser des questions…
    Cinq mois se sont écoulés depuis que nous avons visité notre petit cottage en forme de champignon, et ce que je découvre aujourd’hui est surprenant. Je comprends mieux à présent pourquoi cela a été aussi long! Bébé a exigé que l’on ne m’informe pas de tous les travaux et il a réussi le tour de force de me tenir éloigné du chantier suffisamment longtemps pour que je ne m’aperçoive pas de ce qui se tramait à l’extérieur. Il est vrai que je commençais à trouver louche le fait que chaque fois que je désirais me rendre sur place, celui-ci ait toujours une excuse pour m’en dissuader. Mon dernier souvenir, c’est le jour où Hailie est venue me chercher pour me conduire à Londres. Un break dans un salon de thé ne peut pas faire de mal m’avait-elle convaincu. Ce jour-là, je devais aller déposer des cartons d’ustensiles et de vaisselle dans le garage de la maison avec Phillip. Je suis ébahie en découvrant ce qui a été réalisé à mon insu.
    La barrière et le petit portail sont repeints d’un vert sapin particulièrement flashy, les briques ont été nettoyées sur l’ensemble de la façade du sol au faîte de la cheminée, quant au gazon de l’enclos il a disparu au profit de pavés autobloquants nuancés en trois tons de gris. L’entrée, avec sa porte Française aux vitres colorées, est une réussite. Les piétons qui se rendent au ‘‘fruits & vegetables’’ vont admirer notre petit champignon, çà c’est certain.
    Bébé ne sait donc pas que, franchir la porte du foyer familial en portant son épouse dans les bras peut porter malheur si ledit foyer n’est pas entièrement mis en ordre et prêt à accueillir ses occupants? Cela ne le préoccupe pas outre mesure puisque comme dans les films romantiques, mon Pain d’Épices me soulève de ses bras musclés -heureusement, je pense que mes jambes ne m’auraient pas soutenu en entrant- et toque à la porte du bout de sa bottine.
    Oui, je le confesse, je pleure à chaudes larmes! Je suis si bouleversée qu’il me faut un peu de temps pour me calmer. D’ailleurs, il me semble bien avoir aperçu aussi quelques perles brillantes dans les yeux de Ma Canaille.
    Une douce chaleur règne à l’intérieur et la cheminée est rougeoyante de bûches. Qui l’a allumé? Les personnes qui ouvrent la porte pour permettre à mon cher mari d’en franchir le seuil avec sa li’le Chouquette dans les bras. Céleste et Grady nous souhaitent la bienvenue puis s’éclipsent rapidement.
    Cramponnée au moucharabieh, je contemple notre chez-nous où tout est parfaitement en place, du canapé à l’îlot de cuisine, du vaisselier au réfrigérateur américain! Ma Canaille avoue alors m’avoir menti sur ses absences des derniers jours, mais il se justifie en disant que c’était pour la bonne cause. Les meubles sont exactement là où je l’avais prévu. J’ose à peine franchir la déclivité qui conduit au salon. Bébé me couvre de baiser tous les dix pas. Il apprécie mon bonheur. En traversant la cuisine, entre la salle de bains et la volée de marches qui conduit à l’étage, j’aperçois une porte. Je suis surprise, il n’y a pas de pièce de ce côté-ci? Curieuse, j’ouvre et je découvre qu’un petit monte escalier a été insérer dans ce peu d’espace. Celui-ci est tellement réduit que l’installation d’un monte-charge n’était pas envisageable. Une table élévatrice habillée, si. J’en suis ravie. Tout est parfait, y compris le prolongement en terrasse de la cuisine et le bow-window. En jetant un coup d’œil rapide par la baie vitrée aux battants coulissants, je remarque que l’abri de jardin est en cours de rénovation. Çà aussi c’est une surprise. Décidemment, c’est un sachet de mouchoirs que j’aurais dû prendre. Je me sens comme vidée. Bébé me fait don d’une seconde ‘’Petite Paix’’. J’emploie ce terme car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ses ‘‘largesses’’, contrairement à ce que l’on a voulu me faire croire par le passé, ont toujours été totalement désintéressées. Il m’a toujours offert sans rien en attendre en retour. Son plus beau cadeau restera son dévouement envers moi. Et cela dès le premier regard posé sur la petite personne égoïste que j’étais alors. J’ai très peur parfois, peur de ne pas mériter ma métamorphose, peur de le décevoir. Avec l’aide efficace de manutentionnaires, des livreurs, de certains des employés de Mum’, de Grady et de Céleste Bébé m’a concocté une Saint-Valentin de princesse. Je suis aux anges. Je ne pouvais espérer mieux. J’ai eu plus…
    À l’étage, notre chambre est magnifique. Le dressing s’apparente plus à une boutique mixte qu’à une penderie. Oups, je crois que Bébé possède le double de vêtements que moi. Quant aux chaussures, à nous deux ce doit être une extension de ‘‘Chaussland’’, surtout lui! Mumy a dû ressentir un pincement au cœur lorsque la garde-robe de Ma Canaille a pris la route. Je compatis sincèrement -je jubile- moi je ne me suis aperçu de rien vu que l’on m’a promené dans le Londres by day & night pendant plusieurs jours. La préparation d'un bagage pour le week-end était un leurre, Canaille de mari! Toutefois, il m’avait semblé que les tiroirs à vêtements de Bébé étaient soudain bien dégarnis. Il arrive parfois que le personnel soit en congé, je n’ai pas posé de questions.
    Le royaume de Bébé -son poste de travail- est une pure merveille. Tout ce que j’avais préparé sur plan a été respecté. En résumé, cuir et bois, Ash adhère-adore. Sa cave à cigares est bien en vue sur le meuble mini bar qui accueille ses bouteilles de Bruichladdich I.B, son whisky préféré. J’ai dégoté des verres sympas que j’ai fait graver au nom d’A-Jaï -je lui fait don d’un brin de narcissisme- puisqu’il n’offre cette boisson qu’en famille. Le présent que lui a fait Phillip est très …paternel! Ce sont quelques-unes de ses figurines hindoues dont celle d’un Ganesh en bois de santal rouge. Autant dire un morceau de lui-même. Les deux Chesterfields déposés sur un tapis épais sont semblables à deux trônes. J’ai comme l’impression que tout cela donne soudain des idées à mon fripon. Selon nos codes, il est obligatoire que son bureau soit baptisé. Nous sommes le jour de la Saint-Valentin après-tout? Bref, Bébé est un coquin.
    J’ai juste jeté un œil aux deux petites chambres qui donnent côté jardin. Elles ont été refaites mais elles ne sont pas meublées. Rien ne presse. Nous accueillerons des invités dans notre nid coquet que lorsque Bébé et moi y aurons pris nos marques. Je suis épuisée moralement. Je vais me souvenir longtemps de cette Saint-Valentin.
    Le temps que je me refasse une beauté, avant de passer à table, Bébé a déposé un long écrin rouge personnalisé à mon prénom sur l’îlot. Je pensais pourtant avoir été déjà bien assez gâtée, mais c’était sans compter sur la gentillesse d’esprit de mon mari. Saint-Valentin oblige, je découvre une ravissante rose en or sur garniture de soie en ouvrant la boîte. Unique et romantique…

    Il m’arrive d’avoir envie de me pincer, mais j’ai tellement peur de me réveiller…

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