• FouS RiReS à L’eNTeRReMeNT…

       …Nous avons été exhumé de dessous la couette avec force encouragements! 

    Tous ont bien caché leur jeu et brouillé les pistes. Vendredi devait être une journée de repos au calme pour Ma Canaille et moi afin d’être en forme pour le lendemain. Au lieu de cela, elle s’est transformée en l’opus VI de die hard. Afin de m’induire en erreur, l’on m’avait demandé de préparer un sac de rechange pour Ash qui devait être jovialement ‘‘malmené’’ pour l’occasion. Soi-disant. Parce qu’alors que nous nous attendions, Bébé et moi, à un black thursday by night agité, nous n’avons rien vu venir. Cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, ils ne sont pas genre à laisser passer l’opportunité de s’amuser. Réveillés par un concert de sonnailles, Ma Canaille et moi avons rejoint la Dream Team qui nous attendait au grand complet sur la terrasse. Ils portaient tous des lunettes de soleil smiley, ils avaient revêtu une longue tunique -couleurs différentes- sur laquelle était inscrit Chouquette & Bébé forever. Coiffés de casquettes treck -différentes couleurs également- et chaussés de tongues, ils avaient l’air… flippant. Un arc-en-ciel rien que pour nous me suis-je dis ensuite! Je n’espérais pas une telle complicité entre nos ami(e)s et la famille de Bébé. Aussi rapide voulais-je dire. Sam est le spécialiste de l’organisation et j’ai soudain réalisé qu’il avait dû contacter tous les participants par mail afin de planifier un happy Friday mémorable. Il est peu commun que les futurs conjoints participent à cette tradition de concert. Rien n’arrête Sam lorsqu’il s’agit de faire les quatre cents coups! Ils ont bien volontiers abandonné le concept de la ‘‘Bunny’’ sortie d’un chapeau géant et de son lap dance au profit d’une grande journée ludique. Bébé m’a fait remarquer qu’ils ont simplement été dans l’incapacité de se départager pour apprécier les ‘‘tortures’’ traditionnelles auxquelles ils allaient nous soumettre. Et je pense que Ma Canaille a raison. Sam aime beaucoup Ash, mais c’est surtout moi qu’il désire taquiner. Quant à Fortunée, depuis qu’elle a appris que nous allions nous marier Bébé et moi, elle n’a qu’une idée en tête, tourmenter personnellement mon futur mari.
    Bébé a dû revêtir une tunique rose sur laquelle était inscrit ‘‘Bébé it’s me’’, quant à moi elle était jaune poussin avec un superbe ‘I’m his Chouquette’’. C’est dans cet équipage que nous sommes allés tous prendre le petit déjeuner au port, chez Gaston. Avant d’avoir droit au thé et à une brioche, Bébé et moi avons dû faire la quête sur la place munis d’une vieille basket afin de récolter des fonds pour le devenir des cigales. Je tendais la chaussure aux passants tandis que Ma Canaille récitait un laïus bien idiot. Moment festif lorsqu’un des clients de la terrasse -sans doute déjà un Ricard de trop à son actif- nous a accusé de faire partie d’une secte et menaçait d’appeler la gendarmerie. Il n’a pas esquissé le moindre sourire lorsque nous lui avons expliqué de quoi il retournait. Cul serré, vieux chnok! Pécule, six euros! Notre thé à peine bu, -un saladier de taille moyenne pour deux- nous avons été soumis à deux pitreries au terme desquelles le gagnant infligerait un gage au perdant.
    Suivant les directives d’Hylam, j’avais une heure, avec la complicité du propriétaire de la paillotte de la grande rue, déguisée en infirmière sexy, pour vendre des préservatifs -cinquante centimes d’euros- aux couples sans enfants qui venaient commander à emporter ou s’installer aux tables. Il me fallait les convaincre du bienfondé de ma démarche et je gagnais un point chaque fois que je réussissais à placer la marchandise. Les fonds récoltés ont été de neuf euros cinquante. Dix-neuf points! J’ai eu droit à un tonnerre d’applaudissements lorsque je me suis faites jeter par un monsieur d’une cinquantaine d’année accompagné d’une petite jeunette plutôt délurée. M’est avis que ces deux-là…
    Pendant ce temps, Forty -la reine des chameaux- assistée de son groupe, a fait passer une chemise manches courtes à carreaux noir et blanc à mon Bébé puis elle l’a ligoté sur une chaise le long de la plage. Elle a ensuite déposé un carton tirelire à ses pieds sur lequel était inscrit un message fort sympathique: ‘‘mettez cinquante centimes d’euro dans la tirelire et vous aurez le droit de découper trois carreaux de ma chemise’’. Le temps imparti était d’une heure aussi. Bébé s’est retrouvé rapidement torse nu pour le plus grand plaisir des passantes. Vingt-deux points, onze euros! Celui-ci avait gagné donc il devait me choisir un gage parmi ceux que la Dream Team lui proposait sur le carnet de gages. Mon Fripon a jugé que le test des goûts me serait le moins difficile. Belle erreur, surtout en sachant que nous allions déjeuner ensuite! Nous nous déportons chez les tantines. -restaurant fermé à la clientèle pour cause de mariage- Celles-ci avaient préparé un plateau chargé de ramequins recouverts d’un torchon propre afin d’en dissimuler le contenu. L’on m’a installé dans l’une des deux chaises d’enfants que proposent les tantines aux parents lorsqu’ils sont accompagnés d’un tout petit. J’ai eu droit au bavoir puis à la séance photo d’usage. Mon Fripon était hilare, je me vengerais! Je vais passer la description de ce que j’ai ressenti à chaque becquée, mais sachez que j’ai souffert des préparations ‘‘heureuses’’ qu’ont concocté Mamaiette et Mam’adeine sur les conseils de mon cher Sam. Des doublés à la saveur surprenante. Je me vengerais de lui aussi.
    Genre? Sucre roux et persil, marshmallow et bleu d’auvergne, fromage blanc et wasabi, compote et haricots verts, oignons crus et miel, ketch up et confiture de framboise. Le pire: nutella et moutarde forte. Toutefois je m’en suis tiré haut la main en découvrant chaque ingrédient. Il m’a fallu un litre entier de Perrier pour me débarrasser de tous les goûts testés. Vous le comprendrez aisément, j’ai fait l’impasse sur la salade de tomates, les grillades et la pastèque du déjeuner.
    Sans réaliser que leur accoutrement les désigne d’office comme les gagnants d’un concours de pitres, nos ‘‘tortionnaires’’ se sont montrés très imaginatifs pour les gageures de l’après-midi. Maillot de bains obligatoire pour Ma Canaille et moi. Deux épreuves nous attendent pour nous rendre encore plus ridicule que nous ne le sommes déjà. Je n’aime pas trop me montrer en tenue de bains, mais je n’ai pas droit au paréo sur le port où je dois faire signer des certificats de virginité à tous les messieurs que j’ose aborder. Les jeunes sont coquins, les trentenaires sont gaulois, avant cinquante ans ils sont polissons et après ils sont carrément grivois voire grossiers. Bref, j’ai vingt-six signatures dans le temps qui m’a été imparti.
    Bébé doit rapporter des signatures de femmes sur son dos avec traces de rouge à lèvres à l’appui pour valider. Tu parles, elles se sont précipitées les nanas… trente-six signatures -Forty fournissait le feutre- et autant d’empreintes multicolores. Un véritable Picasso le dos de Bébé. Fortunée en a rajouté une couche en me disant que certaines se mettaient du lipstick exprès pour biser ma Canaille, grrr! Elles ont été déçues celles qui sont arrivées après les vingt minutes… Cela dit, sous les huées des galapiats qui nous martyrisent, Bébé m’a donné un super baiser pour me prouver, s’il en est besoin, que c’est moi sa chérie.
    Je me trouve totalement idiote lorsqu’allongé sur une serviette ils me recouvrent de sable mouillé, immortalisant le moment où ils décorent la silhouette de sirène qu’ils m’ont créé de signes cabalistiques et de coquillages. Ils ne sont pas peu fiers de leur imagination débordante. Une montagne de sable, très pesante, de laquelle je dois m’extirper afin d’aller sauver en cinq minutes chrono, le dauphin en plastique d’une petite fille, -fort compréhensive je trouve- accroché au cinquième flotteur. Le pire c’est que Pat, qui adorait Alerte à Malibu en son temps, exige que je me munisse de la bouée canard qu’elle me tend et que je coure façon sauveteur sur la plage avant de me jeter à l’eau. La vidéo va égayer nos soirées entre copains, j’en ai le présentiment. Cela se paiera! Pierrot guettait sur le jet ski pour le retour. Point trop n’en faut non plus, je dois me marier, pas me noyer…
    La grande sportive que je suis avait besoin de plus de dix minutes pour atteindre son objectif, aussi me voilà habillé en bonne sœur, en train de proposer, moyennant finances, des sextoys aux vacanciers et comble de l’horreur, je dois leur en expliquer le fonctionnement. Entre arrow, smile makers, gostbuster, mini lover, fifi le rabbit, patchy Paul, Lyla II -mon préféré- duckie le légendaire petit canard et les célèbres love balls de cinquante nuances je crois bien avoir fait de nouvelles adeptes du concept. J’ai récolté cinquante-deux euros. Croyez-le si vous voulez, un espagnol m’en a acheté un pour sa chérie. Oui véridique. La question que vous vous posez? D’où lui est venue toute cette collection? Je répondrais juste que l’une de mes hôtes grossit sa tirelire en proposant ces jouets lors de réunions entre copines.
    C’est au tour de Bébé de prouver qu’il est un bon sauveteur. Lamine et Myriam m’ont enlevé et installé dans le bateau pneumatique des enfants à deux cents cinquante mètres de la plage. Par sécurité, sous l’œil attentif des sauveteurs qui commencent à nous trouver envahissants avec nos défis à la noix, les deux compères me tiennent compagnie assis sur le jet ski. Mon chéri a trente minutes pour me sauver. Sur un paddle. L’affaire se corse quand auparavant il doit collecter un coquillage, un seau de plage, un ballon, une pelle en plastique, une foutah et… une passoire! Il doit emmener le tout sur le paddle -il a réussi, il n’y avait pas trop de vagues- et déposer les objets dans le pneumatique. Dans un monde parfait, je m’assois sur la planche et nous repartons. Peut-être y serait-il parvenu si je n’avais pas piqué une tête tellement je riais? J’ai eu du mal à remonter d’où la perte de temps… Ma Canaille a écopé d’un dernier gage et pas des moindres. Une fois changé, le gage était de vendre son caleçon de bains aux enchères. Il existe vraiment de grands malades sur cette terre: ceux qui ont enchérit -ils avaient assisté au défi- et celui qui a déboursé trente-cinq euros pour un vêtement porté, mouillé et qui en vaut quinze chez décath! Cela a été une belle partie de rigolade.
    Total de la cagnotte de la journée: cent treize euros. Pas mal pour les amuses gueules de l’apéro!
    Pour clore cette journée démente, Bébé et moi avons dû prouver que nous entretiendrions la flamme jour après jour pour l’éternité. Pour cela, en trente minutes, lui affublé de vêtements féminins, soutien-gorge y compris et moi déguisé en trouffion -devinez qui leur a fourni l’uniforme?- nous avons dû récolter dans les commerces du quartier une liste d’objets vitaux à notre amour. Des mouchoirs pour essuyer des larmes de bonheur, du poivre pour pimenter notre couple, des préservatifs afin de fusionner en toute sécurité, des allumettes pour attiser quotidiennement le feu du désir, du rouge à lèvres pour écrire un message tendre sur le miroir de la salle de bains chaque matin, un loup de satin afin de nous jouer de la jalousie, un roman érotique pour ne pas nous contenter de la routine et un livre de cuisine afin de combler, plus tard, notre appétit de vieilles gens! Autant vous dire que trente minutes c’était bien court, mais grâce à une vacancière qui lisait le célèbre ouvrage de E.L James sur la plage, nous avons tout collecté dans les temps! Le plus difficile nous a été d’être convaincants Bébé et moi en énumérant en quoi nous seraient utiles ces objets comme je viens de le faire plus haut.
    Nous avons alors été invité à signer le diplôme de futurs mariés qui autorisait notre union le lendemain. Après une bonne douche bien méritée, nous sommes allés nous poser dans l’un des restaurants branchés que nous apprécions tous.
    - It w’s a happy mess, was n’t it? Conclura ma Canaille en ingurgitant un whisky bien mérité. Ils nous ont chahuté et se sont amusés à nos dépends, mais loin de nous de leur en vouloir. Nous nous souviendrons longtemps de cette journée -nos connaissances aussi- de couillonnades, de pitreries et de gages loufoques auxquels nous nous sommes prêtés avec autant de bonne humeur qu’eux. Bébé et moi sommes heureux de savoir que tous nous aiment assez au point de sacrifier leur dignité pour nous le prouver. Vingt-deux heures tapantes, ils nous séparent sans pitié. Je dors à ‘Phébus’’ et Bébé à ‘‘L’îlot’’. Il faut être raisonnable car demain nous partons de bonne heure pour le domaine.

    Aussi mort l’un que l’autre, ce soir l’éloignement ne nous a pas contrarié plus que cela…

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