• I'LL PaSS...

     

       ...J'ai accepté de sortir de la rue pour suivre celui qui, de par sa gentillesse et son soutien, m’a délivré de mes phobies.
    Ensuite, par méfiance, par peur panique ou pusillanimité, mais surtout en grande partie par ennui, je suis devenue une "virtuelle".
    Cachée, en sécurité derrière mon écran, j’exprimais mes douleurs, mes frayeurs et toute l’horreur de mon quotidien passé à qui voulait le lire. Puis un jour, un "virtuel" s'est faufilé dans mon univers et au fil de nos connections je me suis mise à l'idéaliser. Il s'exposait et mettait sa vie en suspend pour moi. Ses amies chères ne comprenaient pas son dévouement envers moi, mais il me retenait au bord de la falaise. Pour lui, par effet de catharsis disait-il, j'ai écrit des textes érotiques qu'il corrigeait. Il me composait des récits et des poèmes, cela me flattait énormément. Moi la paumée, la geignarde, craignant de voir apparaître l’ombre du monstre, je venais de découvrir l'ami idéal. Pendant trente-quatre mois d'une amitié virtuelle indéfectible (du moins le croyais-je, mais je suis tellement naïve ) nous avons échangé des milliers de mots, pensant tous deux que c'était l'amour véritable qui pointait le bout de son nez. Nous nous complétions, terminant souvent la phrase commencée par l'autre, riant des mêmes bêtises, allant jusqu'à inventer un langage bien à nous et des surnoms hors du commun. Nous nous endormions virtuellement dans les bras l'un de l'autre, nous revisitions le Kâmasûtra virtuel aux aurores ou avant le petit-déjeuner, souvent jusqu'à tard dans la soirée. Nous étions devenus un couple virtuel s’entend, parfois connectés des journées entières.
    Bébé ne me manquait plus puisque mon ‘‘virtuel’’ m’accompagnait à tous moments. Seuls au monde dans nos "bulles", nous nous adonnions à de tendres moments, à des jeux coquins, à de belles engueulades aussi. Il m’hypnotisait de sa vision heureuse d'un futur proche ensemble. Nos jeux en messagerie privée nous satisfaisaient, et je me suis faite petite chienne pour assouvir nos fantasmes. Je dis bien NOS fantasmes. Cela ne prêtait pas à conséquence puisque c’était virtuel! Sauf que… Patient, réconfortant, j'exigeais toujours plus de sa patience. Nous avions créé un monde parfait où la réalité s'était éclipsée au profit du virtuel. Puis un jour, ce monde s'est écroulé. Mon ‘‘virtuel’’ s’est éclipsé car il savait pouvoir dépasser la souffrance d’une séparation, moi pas.
    Une nouvelle carrière naissante, la lassitude de l’attente que je lui imposais et le peu de confiance qu’il m’accordait ont détruit son attachement aussi rapidement que nous nous étions rapprochés! Bien qu’irrémédiablement amoureuse, j’ai refusé pour la énième fois de le rencontrer, je ne me sentais pas encore prête à détruire l'image embellie de l'homme parfait qu'il était devenu pour moi. Et dire que pour un inconnu, j'en ai pris conscience trop tard, j’ai quitté Bébé.  
    Je n'avais aucune envie de montrer mes cicatrices, de faire entendre ma voix de crécelle, ni de le laisser pousser mon fauteuil les jours où je reste bloquée, les membres endoloris par cette foutue maladie. Jamais je n’ai menti, mais je ne me suis pas livrée totalement et à moins d'être devin il ne pouvait combler les blancs. Le jour où il m’a largué, je me suis prise une grande claque et j'ai compris qu'il avait raison : le virtuel est malsain.
    Nos écrits étaient truffés de diverses émotions bien réelles. Mais ce que nous ressentions n'était pas enrichi par un contact physique. Dans une relation, se "tripoter" est nécessaire à la bonne marche des choses. Nous avions certes du désir, toujours du plaisir à nous retrouver au fil de ce dialogue ininterrompu, mais, tout était faussé car virtuel, totalement virtuel!
    Depuis ce fiasco, j’évite de me lier à qui que ce soit sur la toile. Si par le plus grand des hasards il me vient à l’idée de rencontrer un correspondant, ce sera sous la "protection" efficace de Bébé qui m’accompagne partout.
    Si vous vous engagez dans une relation virtuelle, rappelez-vous bien de ceci : rien ne vaudra jamais sa main sur vos fesses en montant l'escalier qui conduit à la chambre Messieurs-Dames! Et si le-la déshabiller virtuellement vous fait de l'effet, imaginez ce que cela pourrait être en l'ayant blotti(e) contre vous?

    Personnellement, mon choix est fait...

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  • Commentaires

    2
    Samedi 27 Février 2016 à 12:58

    yes Tout ici est du vécu! Merci du commentaire!

    1
    Jeudi 25 Février 2016 à 17:06

    WAOUH !! Quel courage pour écrire ce texte que tu nous offres !! qui plus est très bien écrit !! Tu as su nous mettre en garde contre le virtuel sans pour autant le renier !! Tu as trouvé en ce qui me concerne la juste mesure  des relations virtuelles !! quand tu parles de claque je te comprends fort bien !!

    Et je te souhaite vraiment de vite faire une parenthèse sur cette période de ta vie pour en ouvrir une beaucoup plus réelle et beaucoup plus belle !!!

    Amicalement

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